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Une ferme dans une copropriété

Comment faire coexister la ville et la campagne ? Comment fournir de la nourriture aux habitants des villes ? Comment créer des emplois nouveaux et participer ainsi à la relance de l'économie ?

Un exemple précis avec une ferme urbaine installée sur les toits des immeubles.

 

Résidence les Cédres, Marseille, mars 2019, un vendredi :

Yasmina Dupont est une charmante jeune femme d'origine franco-marocaine. En sortant de chez elle, ce matin, elle dépose son récipient normalisé personnel devant le composteur collectif. Puis, elle part travailler.

Angélique et Mehdi sont un couple d'horticulteurs urbains, gérant la ferme de la copropriété des Cèdres. En arrivant, comme chaque matin, Medhi se charge de trier les déchets des récipients déposés par les habitants. Puis, il monte sur les toits de la copropriété pour faire l'entretien des plates-bandes installées sous les serres. Pendant ce temps, Angélique fait le tour des "animaux" de la ferme : le clapier où vivent une cinquantaine de lapins et les 10 ruches installées sur les toits. 

Ensuite, Mehdi et Angélique se mettent au travail pour réaliser l'activité principale du vendredi. Avant de partir en week-end (l'ensemble de la ferme est automatisée pour l'arrosage et la nourriture des animaux), ils doivent confectionner les cent paniers des membres de leur AMAP. Selon la récolte de la semaine, et les commandes particulières de certains des membres du collectif, ils confectionnent les paniers qui sont déposés dans les récipients normalisés de chacun. Puis, les récipents normalisés sont déposés dans les boîtes aux lettres de chaque copropriétaire adhérent.

Fin de journée, Yasmina rentre du travail et ouvre sa boîte aux lettres. Elle y découvre ces trois kilos de légumes et de fruits, le pot de miel et le demi-lapin qu'elle a commandé sur internet pour son ragoût de dimanche. "Tiens, les radis sont particulièrement beaux en ce moment" se dit-elle. Un petit mot d'Angélique accompagne le panier "coucou, Yasmina, je n'ai plus de courges comme tu me l'as demandé, il faut attendre deux semaines, bon week-end".

 

La ferme des Cèdres a été installé en 2016 sur les toits de la copropriété. Elle produit des légumes (tomates, salades, radis, poivrons, concombres, haricots, ...), des petits fruits (fraises, framboises, ...), des lapins et du miel. Elle comporte 700 mètres carrés de serres chauffées par les surplus des ventilations mécaniques des immeubles. Dans les jardins de la copropriété, sur l'emplacement d'une ancienne aire de jeux pour enfants, d'une surface de 400 mètres carrés, a été installé un composteur à quatre compartiments, un lombricomposteur et un clapier automatisé. 

La ferme a des charges très faibles. Elle ne paie ni son eau (on utilise l'eau pluviale récupérée dans la copropriété), ni le chauffage des serres, ni des intrants puisque l'engrais nécessaire aux plantes provient des composteurs et du lombricomposteur. La nourriture des lapins provient aussi des déchets ménagers fournis par les habitants. La litière de ces petits mammifères est utilisée aussi comme engrais. La ferme paie des baux symboliques à la copropriété car il est admis que celle-ci fournit des services utiles au collectif.

L'AMAP des Cèdres regroupe une cinquantaine de copropriétaires et une cinquantaine de voisins proches de la copropriété. Ceux-ci ont droit à un panier, qui varie selon les saisons, quarante semaines par an pour un abonnement mensuel de 40 euros. Ces quatre milles euros mensuels constituent une source régulière de revenus pour Angélique et Mehdi. Mais, elle est complétée par la vente des lapins, du miel et des surplus de légumes. La gestion des commandes se fait directement sur internet.

 

Grâce à l'utilisation du toit de la copropriété des Cèdres, deux personnes ont trouvé un travail pérenne et correctement payé : ils peuvent prendre leurs congés et leurs week-end. Les habitants ont gagné en qualité de vie : une partie de leurs déchets ménagers (les déchets organiques) sont récupérés localement ; ils trouvent une partie de leur nourriture sur place, produite de manière biologique. Cette ferme urbaine est aussi une formidable manière d'éviter l'émission de carbone dans l'atmosphère en le stockant dans les déchets et dans la terre. Ecologie, économie et qualité de vie font ainsi bon ménage.

 

source image : écohabitation


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13 réactions à cet article    


  • reprendrelamain reprendrelamain 17 mai 2012 11:08

    Un peu de prospective citoyenne et solidaire, çà fait du bien...merci.


    • foufouille foufouille 17 mai 2012 11:59

      « Ceux-ci ont droit à un panier, qui varie selon les saisons, quarante semaines par an pour un abonnement mensuel de 40 euros. »

      plutot cher pour du hors sol
      les lapins ont besoin de paille, aussi


      • Bilou32 Bibi32 17 mai 2012 20:14

        C’est un peu cher en effet, 40 paniers de 3kgs pour 480 euros...


      • foufouille foufouille 17 mai 2012 12:05

        ca fait pas non plus 4000
        a moins que les lapins viennent de nulle part et ne manges que des legumes
        il y a aussi les cotisations a prendre en compte


        • Walid Haïdar 17 mai 2012 13:12

          Pour faire un geste écologique, tu pourrais commencer par manger ta moustache et tes lunettes. Et puis je sais pas, paye toi un coup de rouge histoire d’être un peu moins aigri devant toute note d’optimisme. On dirait un rat mort qui gémit dès qu’on lui parle d’espoir.


        • foufouille foufouille 17 mai 2012 13:28

          les legumes ca pousse dans la terre
          pour les lapins, faudrait que tu en eleves, tu verrais a quoi ca ressemble
          tu auras donc du fumier a moins de faire comme les industriels et donc de les elever sur une grille en fer
          c’est donc pas magique et tres approximatif
          et encore moins ecolo


        • foufouille foufouille 17 mai 2012 13:56

          plutot que des lapins, il vaut mieux des poules et un coq
          elles peuvent manger les restes des habitants, viande comprise
          les legumes abimes du marche ou les restes d’un restaurateur
          le coq permet la reproduction et des vollailes a manger, meme si c’est interdit de les vendres sans abattoir
          elles pondent des oeufs tout les jours
          un apport de graines restera necessaire
          ca fera moins de pailles et de sac de 25kg a monter sur le toit
          toit qui devra etre prevu pour supporter tout ca
          voire renforce et vegetaliser
          (il pleut pas tout le temps non plus)


          • Bilou32 Bibi32 17 mai 2012 20:17

            Tu as raison, nourrir des lapins aux déchets, c’est délicat... Risques de troubles digestifs mortels... Les poules par contre çà bouffe tout !


          • foufouille foufouille 17 mai 2012 23:06

            oui mais ca se sent
            je leur ai file de la viande tres salee = oeuf salee


          • Mougeon Mougeon 17 mai 2012 17:27

            Et les panneaux solaires, on les mets ou s’il n’y a plus de place sur le toit ?


            • foufouille foufouille 17 mai 2012 17:58

              tu peut mettre une eolienne a la place
              ca servira a remonte l’eau aussi


            • Bilou32 Bibi32 17 mai 2012 20:26

              2 personnes à temps plein pour 1100 m2, avec deux salaires correct , je pense qu’ils ne se tuent pas au boulot. Pour nourrir en (toute petite) partie 100 clients... En effet, on conseille 50 m2 de jardin pour nourrir une seule personne. Mais l’initiative est intéressante. Ceci dit le système des jardins ouvriers me semble plus « valable ».


              • Kairos 20 mai 2012 23:55

                Sortir 4000 € mensuel sur 700 m2 ? En Hollande peut-être...
                Compostage sur l’aire de jeux des gamins ?
                Stocker l’eau pluviale, ça ferait pas mal de tonnes en haut de l’immeuble (surtout à Marseille, faudrait des grandes cuves).
                Les ruches à la rigueur, mais limité par le nombre de fleurs dans les alentours.
                La ville c’est pas fait pour l’agriculture, point.

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