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Une mémoire à ne pas retrancher

Ravivons toutes les flammes

Vidéo nécessaire : 

En direct de ma Segpa

Le onze Novembre devrait être désormais le jour de la commémoration de tous les morts au combat car tel fut le bon vouloir du président Sarkozy. Son successeur lui a emboîté le pas tel un bon petit soldat qui ne réfléchit guère. Voilà bien une manière très politicienne de noyer le poisson (poison tout autant) et de mêler en une même célébration ceux qui n'ont rien demandé à ceux qui ont choisi le métier des armes.

Trouvant la potion bien amère, j'ai décidé de faire honneur à ceux qui sont tombés durant ce carnage monstrueux, cette guerre de l'absurdité et de la folie des chefs. J'ai ainsi, sans attendre la directive de mes supérieurs, consacré une semaine de classe à nos poilus en permettant à mes élèves de découvrir quelques lettres de ces pauvres sacrifiés aux délires des puissants.


 Vous devez bien vous imaginer que mon choix porta vers les bannis, les proscrits, les oubliés de la médaille et de la gloire. Ceux-là ne doivent pas compter sur nos amateurs de défilés et de discours creux pour retrouver cette dignité qu'on leur a alors refusée. Ils sont aussi les plus humains de cette aventure, ceux qui ont eu peur, qui ont eu froid, qui ont refusé cette pure abjection. C'est à mon sens le devoir de mémoire de l'école de leur restituer cet honneur qui leur fut dérobé !

Ils s'appellent Charles, Eugène ou Henri. Ils ne sont pas arrivés au bout de cette horreur. Ils ont laissé une femme et des enfants qu'ils ne virent jamais grandir. Ils savaient qu'ils allaient mourir et c'est leur dernière lettre qu'ils nous offrirent comme un message d'amour et de raison. Le premier est mort faute de soins appropriés ; s'il est facile d'envoyer des hommes au feu, il est bien plus compliqué de panser les plaies de ce déluge de feu. Le second et le troisième furent fusillés comme s'il fallait ajouter cela à la longue litanie des souffrances et des deuils.


 Ils sont les oubliés des commémorations, des monuments aux morts et des remises de médaille. Ils sont pourtant la seule part d'humanité dans cette ronde macabre. Ils ont réagi en humains et non en robots lobotomisés. Ils se sont dressés contre la plus effroyable boucherie militaire ou ont fui une réalité insupportable.


 Jamais ils ne seront réhabilités. Un seul soldat a bénéficié de cette grâce posthume à l'occasion des grimaces officielles. Un parmi tant d'autres, une manière encore de diviser et distinguer les individus bien après leur trépas. C'est la seule manière que connaissent les hommes de pouvoir pour rester en place ; jouer de l'injustice et de l'inégalité.


 Alors, le temps d'un travail scolaire, les sacrifiés ont retrouvé dignité et vie, respect et vie. Ils furent les compagnons de mes élèves, des arrières-grands-pères qu'ils auraient pu avoir et qui leur ont confié un message de paix. Jamais je n'ai vu mes élèves aussi attentifs et sérieux. Ils ont compris le message de ces hommes, un message qui mettra hors d'eux les va-t-en-guerre, les adorateurs du drapeau, les fous de l'ordre et de la discipline de fer.


 Ce fut une belle semaine, un travail précieux qui a fait grandir mes élèves. Ils ont écrit, lu, cherché des documents, regardé et commenté des images du front, compris qu'elles étaient factices et que rien ne pouvait restituer la monstrueuse réalité qu'ont connue ces pauvres soldats. Ils ont travaillé à deux pour ne pas être seul avec cette angoisse et ce frisson. Ils ont bien plus appris qu'en suivant les récits glorieux des héros magnifiques.

Je laisse une fois encore nos responsables à leurs manières déplacées. Les morts de la grande guerre, les sacrifiés, les fusillés, les disparus, les volatilisés, les escamotés, les gazés, les ensevelis, les éviscérés, les décervelés, les mutilés, les abandonnés ne seront jamais des soldats morts pour la France, des héros tombés au combat. Ils sont une génération sacrifiée, un long cortège de souffrance et de douleur, de peur et d'angoisse, de folie et de lâcheté. Mêler leur souvenir aux soldats de carrière est une nouvelle occasion de nier leur mémoire. J'ai essayé modestement de raviver ces petites flammes qu'on a voulu éteindre.

Respectueusement leur.

2009_01_21_cimetiere_douaumont_inside.jpg

Verdun,

Le 18 mars 1916,

 

Ma chérie,

Je t'écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S'il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m'a coûté mon pied gauche et ma blessure s'est infectée. Les médecins disent qu'il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j'ai été blessé.

Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d'attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile. Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n'étions plus que quinze mille environ. C'est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m'arracha le pied gauche. Je perdis connaissance et je ne me réveillai qu'un jour plus tard, dans une tente d'infirmerie. Plus tard, j'appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à l'assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le Général Pétain.

Dans ta dernière lettre, tu m'as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d'il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu'il n'aille jamais dans l'armée pour qu'il ne meure pas bêtement comme moi.

Je t'aime, j'espère qu'on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m'as fait passer, je t'aimerai toujours.

Adieu

Soldat Charles Guinant

FMV01.jpg

Lettre d'Henri Floch fusillé pour l'exemple à Vingré.

Le caporal Henri Floch était greffier de la justice de paix à Breteuil.

 

Ma bien chère Lucie,

Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé.

Voici pourquoi : Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m'ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi.

Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu'il y a dedans.

Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l'âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l'embarras dans lequel je vais te mettre...

Ma petite Lucie, encore une fois, pardon.

Je vais me confesser à l'instant, et j'espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore la vie sauve. C'est la fatalité

Ma dernière pensée, à toi, jusqu'au bout. Henri Floch

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Le 30 mai 1917



 Léonie chérie,


J’ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd’hui témoigner de l’horreur de cette guerre.

Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd’hui, les rives de l’Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s’écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l’odeur est pestilentielle. 
Tout manque : l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n’avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.
Nous partons au combat l’épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d’un casque en tôle d’acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l’attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d’un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie. 
Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j’avançais les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d’accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l’épaule j’errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s’étendait à mes pieds. J’ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s’emparant de moi.
Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l’état major. Tous les combattants désespèrent de l’existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n’a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre. 
Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J’ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d’aider les combattants à retrouver le goût de l’obéissance, je ne crois pas qu’ils y parviendront.
Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d’une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l’aube, agenouillé devant le peloton d’exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t’infliger.
C’est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd’hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner. 
Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l’exemple est réhabilitée, mais je n’y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre. 
Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.
 Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.



Eugène ton mari qui t’aime tant

 


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36 réactions à cet article    


  • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 10:14

    schweizer.ch


    Voilà qui est dit et qui change fondamentalement le problème à n’en point douter.

    Si ça vous soulage au moins, vous l’avez fait. Vous pourriez aussi me traduire en conseil de guerre, je vous devine capable de la faire au nom de la mémoire de votre grand-oncle.

    Et que savez-vous des miens ? Nulle famille n’a échappé à ce carnage et ce n’est certaineemnt pas une raison pour l’oublier comme l’ont décidé nos chers élus.

  • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 10:43

    schweizer.ch 


    Je crains que nous n’avons plus rien à nous dire !

  • LE CHAT LE CHAT 26 novembre 2012 11:06

    une vaste boucherie où l’inhumanité était la règle , après la 1ere guerre façon industrielle , celle qui opposa nordistes et sudistes aux States ..


    • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 11:10

       LE CHAT


      La guerre de sécession fut à ce titre d’une modernité désarmante (hélas ce n’est qu’une formule de rhétorique ... Elle a mis le pied à l’étrier aux suivantes et surtout elle a donné au fil barbelés une dimension qui se retrouvera lors de celle de 14-18

    • LE CHAT LE CHAT 26 novembre 2012 11:07

      Le cas numéro deux me fait penser au sort des prisonniers soviétiques des allemands qui ont été libérés par l’armée rouge ......


      • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 11:13

        LE CHAT


        Il estbien difficle de savoir ce qui est vrai ou faux dans cette lettre Mais c’est un témoignage glaçant et seule l’issue est malheursement certaine. C’est terrible ! Tout comme le fut le sort des prisonniers soviétiques ...

      • thierry3468 26 novembre 2012 11:14

        Belle initiative de choisir les bannis, les proscrits, les oubliés de la médaille et de la gloire pour le 11 novembre qui vénère traditionnellement les « héros » de la guerre....
        Il ne faut jamais oublier tous ces soldats sacrifiés et parfois fusillés pour l’exemple ....La guerre est moche pour tous . 


        • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 13:20

           thierry3468


          Il se trouve pourtant des gens pour s’indigner de ce qui ne me semble que justice.

          Ce monde est ben curieux pour s’offenser ainsi et user d’un lagage véhément sur un sujet qui me semblait aller de soi. Merci de m’enocurager par ce commentaire.

        • files_walker 26 novembre 2012 15:27

          A l’auteur. 

          Je n’aurais qu’un mot : Bravo ! 

          • sirocco sirocco 26 novembre 2012 15:55

            @ l’auteur

            En évoquant ceux qui, durant la Grande Guerre, ont été fusillés à titre d’exemple, pour qui j’éprouve comme vous de l’empathie et un profond respect, vous abordez le côté positif, le plus juste de cette décision présidentielle faisant du 11 novembre le jour de commémoration pour tous les soldats « morts pour la France ».

            Il ne faudrait pas oublier que cette décision présente également des aspects beaucoup moins reluisants et donc plus discutables. Ainsi (pour ne citer que quelques exemples) sera honorée le 11 novembre la mémoire des morts « en service »
            - qui ont été descendus alors qu’ils bombardaient des populations civiles au Vietnam ;
            - qui ont utilisé la torture en Algérie ;
            - qui ne sont pas revenus d’Afghanistan (ceux-là ne sont pas morts pour la France mais pour les intérêts américains dans la région).

            Et d’autres se préparent...


            • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 15:59

              sirocco


              Cette décsion me scandalise car pour moi le 11 novemebre célèbre d’abord ceuc qui sont morts par la conscription et la mobilisation. Ils n’avaient pas fait le choix du métier des armes.

              Les confonfre avec ceux qui ont choisi en conscience ce métier est une insulte à leur mémoire.

              Beaucoup est à dire encore sur ce sujet mais je constate que vous partagez mon indignation !

            • Soi même Soi même 26 novembre 2012 18:20

               C’est un bon début pour commémoré le centenaire de cette tragédie de commencer avec les sujets qui fâche notre grandeur National !


              • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 18:29

                Soi même


                Il faut avouer que la Grandeur Nationale on a bien du mal à y croire quand on analyse objectivement les résultats sur le terrain des conflit armés depuis 1870 J’ai bien du mal à trouver des victoires probantes sur le terrain et même en 1918 le succès est bien délicat à prononcer.

                Mais ceci est une autre histoire ...

              • Brontau 26 novembre 2012 18:38

                Bonsoir Nabum.

                 Il y avait eu sur France Inter, il y a très longtemps, quand on pouvait encore l’écouter sans trop se salir les oreilles, une très belle émission sur ce thème, suivie je crois par la parution d’un livre de lettres envoyées à leurs proches par ces « sacrifiés », ces damnés, ces victimes expiatoires de la folie et de l’inhumanité de certains hommes. Toutes aussi poignantes les unes que les autres. Je ne puis, hélas, donner de références.


                • jaja jaja 26 novembre 2012 18:41

                  C’est « Paroles de Poilus » je pense....


                • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 18:47

                  Brontau


                  Pour France Inter, vous avez raison, il y a une dégradation terrible depuis quelques temps.
                  Heureusement il reste Bunel

                  Merci pour votre remarques même sans référence

                • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 18:48

                  jaja 


                  Heureusement, nous avons JAja qui vient à notre secours Merci

                • Shawford Shawford34 26 novembre 2012 18:49

                  Vous me parliez de la discipline exemplaire pour écrire votre article quotidien, Nabum, quand s’y ajoute en plus une qualité rare, l’abonnement y est obligatoire, je ne manquerai dès lors plus à l’appel.

                  Je ne sais quand vous l’avez proposé à la modération, mais si c’est dans les jours qui précédent, je vous tire a fortiori mon chapeau : car rien de tel que d’échapper à l’agenda qui enserre les mêmes baveux opportunistes que vous condamnez ici à juste titre, et comme pour un hommage encore plus appuyé à ceux que vous mettez ici en exergue.
                  Et quelle douleur d’ailleurs, sachant qu’en quelques lignes à peine on est instamment replongés dans toute l’horreur de cette grande guerre.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 19:18

                    Shawford34


                    J’en rougis !

                    Je fais mon petit bonhomme de chemin, j’écris tous les jours et le rsque est grand de ne pas être toujours à la hauteur. Quant à l’actualité, elle n’est pas une obsession. Pourtant désormais je trouve assez souvent ma place en ce lieu.

                    Oui, ces lettres sont bouleversantes et ont rendu la classe intelligente et émouvante le temps de ce travail. Quel bonheur ...

                  • ARMINIUS ARMINIUS 26 novembre 2012 18:59

                    Le film de Stanley Kubrick,« Les Sentiers de la Gloire » dénonçait le scandale de ces « fusillés pour l’exemple »...ce film a été longtemps censuré en France pour ne pas sabrer le moral des appelés en Algérie...que de chemin parcouru pour les anciens combattants : en 1918 quelques breloques pour ceux qui avaient vu l’horreur de trop près, quelque commisération pour les gueules cassées...
                     1941, retour de Stalag, accueil transparent et pas d’accompagnement ni psychologique, ni financier, pareil pour les rescapés d’Indochine et pas mieux pour les appelés d’Algérie, peu de reconnaissance, pas-ou peu- d’accompagnement ni de réinsertion,abandon d’où drogue et alcoolisme comme pour le Vietnam aux US : les perdants ont toujours tort...
                    Par contre pour l’Afghanistan on a probablement gagné : séjour de débriefing à Chypre, cellules de soutien psychologique pour des soldats dont c’est pourtant le métier...à oui en Indochine aussi c’était des pros, la position de Dien-Bien-Phu en fut la preuve (un peu trop) éclatante.


                    • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 19:22

                      ARMINIUS


                      J’ai pensé à ce film ! Qu’il fut si longtemps censuré en France attste de notre incampacité à aborder ces sujets sereinement. Vous pouvez d’ailleurs apprécier le premier commentaire d’un rare qualité française ...

                      L’armée nationale ne s’honore pas des ses faits de gloire qui sont forts rares ni de toutes ses zones d’ombre si nombreuses. Mais silence, si la dame est meutte elle doit aussi être un peu sourde.

                    • Laurent C. 26 novembre 2012 21:07

                      Bonsoir Nabum,

                      Je comprends votre indignation sur cette commémoration. Un mélange pas très glorieux des les morts entre les conscrits de 14 et tous les autres morts « pour la France » des autres guerres.

                      Ce qui me chagrine, c’est ce mélange de toutes les guerres en une seule si unique en son genre.

                      Ce qui me fait pleurer, c’est qu’en voulant honorer tous les morts « pour la France », on ne veut pas réhabiliter les fusillés pour l’exemple.
                      Mais on oublie aussi ceux qui sont « juste » mort après, le lendemain, un mois après ou plus tard, ............. de leurs blessures. Ceux là n’ont pas le droit à être inscrit sur les monuments aux morts.
                      On oublie, dans nos images d’Epinal que les gueules cassées, on les appelait les BAVEUX et d’autre mot encore moins glorieux.
                      On ne parle jamais de tous ceux qui sont devenu complétement fou.

                      Pour moi, honorer, le 11 novembre tel qu’il est, c’est penser à tous ceux qui n’auront jamais droit à nos pensées.
                       
                      Perso, je ne fais pas la différence entre un conscrit , un civil innocent et un militaire de carrière.
                      Ils sont tous morts « pour la France », parce que d’autre on décidé de leur vie.

                      ps : votre dos va mieux ?? Parce que moi ouille !!!


                      • C'est Nabum C’est Nabum 26 novembre 2012 22:12

                         Laurent C.


                        Je crois que le précédent président avait l’art de tout pervertir et il a une fois encore arranger l’histoire à sa manière.

                        Oui je suis indigné et je fais contrairement à vous une différence entre les conscrits et les volontaires. Mais c’est un détail.
                        L’essentiel serait la réhabillitation des fusillés.

                        Mais qui en aura le courage ? Pas le président actuel sans doute.

                        Mon dos va mieux. Merci
                        J’espère que vous suivrez le même chemin ...

                      • TSS 26 novembre 2012 23:34

                        Mon beau père qui fut un miraculé des mutinés de 17 (dans les designés ,il ne fut pas pris)

                        et qui revint avec une jambe esquintée (pas top pour un charpentier) m’expliquait que,dans

                         les tranchées les allemands en avaient assez tout comme nous et que quand ils le pou-

                        vaient ils s’entraidaient ... !!

                         


                        • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 2012 07:06

                          TSS


                          Hélas ce n’est que trop vraie La misère, la douleur, la peur n’ont pas de patrie

                        • TSS 26 novembre 2012 23:41

                          Pour ma part je suis un ancien d’Algérie ,j’ai refusé une decoration et je n’ai pas adhéré à la

                          FNACA . J’étais engagé volontaire, les conscrits n’avaient rien demandé ...eux.... !!


                          • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 2012 07:08

                            TSS


                            merci de faire vous aussi cette distinction !
                            Je suis heureux de trouver un appui parmi ceux qui pour des motifs différents ont fait ce choix.

                          • SuperConnard 27 novembre 2012 05:31

                            @ L’auteur :


                            L’amalgame que vous faites en confondant les soldats professionnels et les politiques qui décident des missions qui leur seront confiés est écoeurant.

                            Discuter des motivations réelles derrière les déploiements de l’armée française est une chose, et vous avez parfaitement raison de le faire, mais n’oubliez jamais que ces soldats s’engagent pour vous défendre. Pour défendre votre sécurité, vos droits. Blâmez les politiques si vous estimez qu’ils ne font pas leur travail (je le répète il est sain que vous vous posiez la question) , mais n’enlevez pas à ces hommes et femmes la noblesse de leur engagement. 

                            • C'est Nabum C’est Nabum 27 novembre 2012 07:10

                              SuperConnard


                              Où avez-vous lu que je retire la force de leur engagement ?

                              Je prétend que la distinction est fondamentale et que l’amalgamme est une insulte aux poilus. Je veux bien admettre une cérémonie pour les soldats qui en notre nom meurent dans les différents pays en ébulition mais que celà ne se fasse pas dans l’effacement pur et simple d’une mémoire nécessaire.

                            • njama njama 2 décembre 2012 15:49

                              Le 11 Novembre devrait être désormais le jour de la commémoration de tous les morts au combat

                              Un Mémorial Day à la française !
                              Hollande surfe sur l’ultime IMPOSTURE IDEOLOGIQUE de l’ancien chef de l’État dont il se fait le servile enfant de choeur en bon paroissien de la religion républicaine.

                              11 Novembre 2011 Hommage à Tous les Combattants
                              Discours du Président de la République Française « Nicolas Sarkozy »

                              « Les générations qui commencèrent cette guerre l’avaient regardée venir d’abord comme une fatalité, puis comme une nécessité. Toute une jeunesse qui souffrait d’une forme de désespérance et d’un manque d’idéal, avait même fini par la regarder comme une rédemption.
                              Elle cherchait une mystique.
                              Elle épousa celle du sacrifice.

                              Péguy avait écrit :
                              « Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
                              couchés dessus le sol à la face de Dieu (...),
                              Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre,
                              Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés »

                              Cette jeunesse partit avec ses aînés le cœur presque gai vers le grand massacre.
                              Péguy mourut aux premiers jours de la guerre, dans les premiers combats, debout sous la mitraille, d’une mort de poète, dans un geste héroïque et naïf.
                              Quelques jours après, Alain Fournier, son ami, l’auteur du grand Meaulnes, sera foudroyé à son tour.
                              La guerre devait être fraîche et joyeuse ..."

                              Bon sang, mais c’est bien sûr !
                              La jeunesse elle s’emmerdait, et finalement la guerre fût une bonne chose car elle avait trouvé sa « mystique du sacrifice »  !

                              Même Charles Peguy, ce mystique républicain et nationaliste qu’il cite n’aurait pas osé aller jusque là, cette espèce de mystique de la guerre qui n’est autre qu’une mystique du sang !

                              La triste réalité, c’est que de 1871 à 1914 on leur a bourré le moût aux petits français dans les écoles de la république avec »la revanche" !


                              Ce 11 novembre vous en faites une grande ratatouille, qui mélange toutes les guerres de 1870 et d’avant, de 1914, de 1939, les guerres coloniales, qui veut noyer toutes les victimes dans une même date comme les croyants pleurent les morts le même jour.

                              HONTE AU PS d’être rentré dans ce délire idéologique ! dans cette grande imposture intellectuelle.

                              Non, monsieur Hollande les morts d’’Afghanistan et d’ailleurs n’ont RIEN à voir avec ceux de 14-18 !

                              J’irais pisser sur vos fleurs posées par la République sur le monument du 11 novembre, qui est aussi celui de ceux de la guerre 14-18 ! en signe de mépris à cette trahison de la Raison, de l’Histoire, de simple bon sens, et ... je n’en doute pas, tous les morts de la Grande Guerre en rigoleront ...


                              • C'est Nabum C’est Nabum 2 décembre 2012 17:03

                                 njama


                                Me^me si jen’userai pas des mêmes termes je suis entièrement d’accord avec vous Ce jour de mémoire est une imposture et surtout une insulte à la mémoire des poilus.

                                Sarkozy avait l’habitude d’instrumentaliser l’histoire, les socialistes n’ayant aucune idée, prennent la suite sans réfléchir !

                              • njama njama 2 décembre 2012 20:26

                                Hollande est tout à fait dans la continuité des idioties de Sarkozy. Il dit selon l’article lepoint.fr cité :

                                "C’est vrai qu’une loi a été votée et qu’aujourd’hui nous célébrons aussi la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France« , a dit François Hollande à la presse.

                                Il aurait pu abroger cette loi, ou ne pas la suivre, ... en raison de la grande polémique qu’elle avait déjà suscitée. C’est du moins ce que l’on pouvait penser, ou espérer.

                                A l’inverse il enfonce le clou, puisqu’un décret du 3 octobre prévoit, sous l’autorité de Kader Arif, de coiffer la mission du centenaire et de célébrer à la fois 1914 et le 70e anniversaire du débarquement allié de 1944 ...

                                Heureusement, quelques édiles de la nation ont réagi, il est encore temps de réagir contre ce projet, contre cette grande confusion, ce mélange des genres, n’en déplaise au PS, et au Gouvernement :

                                 »Plusieurs élus, comme Christian Namy, président divers droite du conseil général de la Meuse, ou Yves Daudigny, président du conseil général de l’Aisne, ont dénoncé un « non-sens » et ont appelé le gouvernement à renoncer à ce projet de double célébration de 1914 et 1944.

                                "Les deux guerres sont dans des logiques extrêmement différentes. Une commémoration est aussi un moment pédagogique", affirme l’historien Nicolas Offenstadt.

                                1914-2014 : régression mémorielle  ?

                                «  En les plaçant sous le même sceau administratif, la singularité des conflits risque d’être dissoute au prix d’un brouillage qui met sur le même plan des guerres qui n’ont rien à voir entre elles  », explique-il. Qualifiant l’initiative gouvernementale de «  véritable régression mémorielle  », il ­regrette «  une incompréhension de la spécificité d’un centenaire, qui surtout, pour un tel événement, n’a rien à voir avec les anniversaires décennaux, comme l’a montré le bicentenaire de 1789  »

                                Nicolas Offenstadt, maître de conférences à l’université Paris-I,
spécialiste de 1914-1918.



                              • C'est Nabum C’est Nabum 2 décembre 2012 20:30

                                 njama


                                N’espérons rien du PS

                                Ce parti et ses memebres sont incapbles d’envisager les symboles et la porté d’un rituel ou d’une commémoration.

                                Je désespère d’une nation qui fait bien peu de cas des leçons de l’histoire !

                              • 435 fusillés pour l’exemple dont une grande partie de corses et de breTons chair a canons.....qui ne comprenaient pas la langue francaise sur ordre DE BADERNES...BAUDRUCHES...SENILES QUI DONNAIENT LEURS ORDRES DE 100 KMS DU FRONT...BIEN AU CHAUD ET BIEN NOURRIS DANS DES BLOCKHAUS EN BETON........

                                chantons ensemble pour eux « la chanson de craonne »
                                 plutot que de rejoindre les descendants d’élus qui les ont envoyé a la mort horribles...déchiquetés dans les TRANCHEES

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