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Une nouvelle mesure pour l’emploi des jeunes

Pour la fin de l’année, les missions locales se sont engagées auprès de l’état pour signer prés de 10 000 engagements de mission pour des Services Civiques (SC). Bien que les motivations qui ont conduit à cette mesure sont louables, les modalités de mise en œuvre, ainsi que les conditions méritent qu’on se penche dessus. Un petit zoom sur cette mesure.

De quoi s’agit-il ? Le Service Civique est une mesure prise par le gouvernement en ce début d’année 2010 pour aider à sortir de la crise. L’objectif est de valoriser le parcours des jeunes pour faciliter leur accès à l’emploi, tout en leur permettant de réaliser une mission d’intérêt public auprès d’une association, d’une ONG, d’une collectivité territoriale…

L’engagement dure entre 6 et 12 mois et permet à celui qui s’engage de bénéficier d’une « gratification » de base de 441 euros par mois. Il est possible, sous certaines conditions de toucher jusqu’à 641 euros par mois. La mission a une durée qui va de 24h à 48h, la durée moyenne (cf site du Service Civique, rubrique FAQ) étant de 35 heures. Cette gratification ne peut pas être cumulée avec les allocations chômage, ou le RSA. Mais elle peut tout à fait se cumuler avec des études ou un job. Pour ceux qui ont des journées de 40 heures…

Pour l’année 2010, l’objectif une fois la mesure mise en place est de réaliser 10 000 engagements. Par la suite, l’état table sur un modeste objectif de 75 000 SC par an. En comptant bien évidement sur le concours des missions locales et des points informations jeunesses, qui sont déjà largement sollicités pour mettre en place le RSA jeune, le plan Rebond, les contrats CIVIS… ce, avec des moyens amplifiés certes, mais uniquement pour l’année en cours. Il semble évident que nous serons sorti de la crise d’ici là.

Le SC en tant que tel est une mesure, qui, dans un monde parfait, servirait de tremplin à des jeunes tout en leur donnant un moyen de subsistance. Moyen de subsistance qui devient essentiel lorsque l’on constate que le chômage des jeunes frôle les 25% des actifs de 15 à 24 ans ; contre 6% des 50 ans et plus (statistiques 2009 - avant crise - de l’Observatoire des Inégalités). La plupart de ces jeunes n’ayant le droit à aucune rémunération, qu’ils soient en situation de rupture familiale, ou pas :

- Les droits au RSA jeune ne s’ouvrent qu’après deux ans d’expérience professionnelle au cours des trois années passées. Avec 34% des actifs de 15 à 24 ans qui occupent un emploi précaire, je vois mal comment, et surtout en combien de temps, un jeune peut parvenir à débloquer ces droits là.

- Les jeunes ont la possibilité de signer un contrat d’accompagnement CIVIS, qui permet d’ouvrir droit à 1800 euros (exceptionnellement en cette année de crise : 900 euros l’an passé) réparti sur l’année. Autant dire qu’il faut penser à se serrer la ceinture.

- Pour toucher l’aide au retour à l’emploi (ARE), il faut avoir travaillé un minimum (6 mois), qui malgré tout n’est pas toujours facile à atteindre.

Autrement dit, la « gratification » de 2.29 à 6.67 euros de l’heure sera bienvenue pour quantité de jeunes actifs, qui finalement, n’ont pas mieux.

Cette mission sera, aux dires de l’état, reconnue grâce au passeport orientation et au livret de compétence. Heureusement d’ailleurs qu’il y aura cette reconnaissance, permettant à des jeunes de faire leurs premières armes dans le monde du travail, pour ensuite vendre cette expérience lors d’entretiens d’embauche. Deux points sont à remarquer :

1 : Les deux portefeuilles de compétences, ne sont toujours pas officiellement mis en place par les pouvoir public. Et quand bien même ils le seraient, les entreprises, cabinets de recrutement et autre, n’en ont jamais entendu parler.

2 : Les missions que les jeunes auront à réaliser doivent être très spécifiques : (vu sur le site officiel) : coordination de la campagne de pommes pour la fabrication de jus de pommes, aide à la resocialisation et re-scolarisation des enfants Haïtiens… bien que je ne doute pas de l’aspect humain et citoyen de ces missions, l’intérêt professionnel peut être dur à déterminer.

Quand bien même, un jeune qui sort de ses études pour ensuite réaliser une mission de ce type, aura-t-il plus de facilité à décrocher un premier emploi stable, que le jeune qui sort tout juste des études, avec des connaissances « fraiches » ? La question mérite d’être posée.

Par ailleurs, étant donné qu’il est assez difficile de vivre avec un SMIC actuellement en France, je vois mal comment un jeune, consommateur par nature, pourrait s’en sortir entre son loyer, ses charges, un peu de nourriture quand même, avec, au grand maximum 640 euros ! Ces missions ne sont donc destinées qu’à des jeunes ayant des parents pouvant les aider ou les entretenir ? Il fallait bien évidement une mesure de plus pour lutter contre la précarisation des familles aisées, qui, heureusement, ne seront pas imposés sur ces revenus là. C’est évident que les parents des jeunes en difficulté seront eux aussi présent, surtout dans les quartiers dit « sensible » où le chômage est le plus élevé.

Chacun est juge de la pertinence, de l’utilité, et des modalités d’application de cette mesure. Cependant était ce bien le meilleur moyen de lutter contre les problèmes qui touchent la jeunesse : précarisation, absence de perspective, absence de repère, difficultés sociales parfois extrême, difficultés à obtenir un emploi valorisant… ?


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9 réactions à cet article    


  • Vladimir KOMAROVSKY 25 août 2010 16:06

    carreau
    Il fallait bien évidement une mesure de plus pour lutter contre la précarisation des familles aisées.

    A partir de quel revenu, considérez-vous qu’une famille soit aisée ?
    Personnellement, si je devais déclarer un SCV avec mes revenus, cela ne changerait rien.

    Cependant était ce bien le meilleur moyen de lutter contre les problèmes qui touchent la jeunesse : précarisation, absence de perspective, absence de repère, difficultés sociales parfois extrême, difficultés à obtenir un emploi valorisant… ?

    Certaines de ces activités pour les jeunes en déroute auront un suivi pour leur permettre de mettre un pied à l’étrier mais pour d’autres de ces jeunes, c’est un plus à un CV et une manière de travailler tout en continuant des études.

    Où voyez-vous le problème lorsque des stages 35 h par semaine sont payés même parfois en dessous de 400 Euros.

    Ma fille de 16 ans va effectuer un SCV de 25 H payés 627€ M + frais de bouffe+ frais déplacement sur 24 mois auprès de jeunes handicapés (cours de MATHS pour primaires) tout en continuant ses études.

    Vous omettez de préciser que des points de retraite seront donnés aussi.

    J’ai l’impression que vous n’aimez pas le SCV. Avez-vous d’autres solutions en remplacement ?
    Service Civique | Accueil 
    Le Volontariat international en entreprise - 


    • Carreau_G 26 août 2010 13:44

      Mr Komarovsky,

      Le problème principal que je vois au SC, c’est qu’il n’est pas régit par le code du travail. Ainsi beaucoup de questions sont à poser en matière de rupture d’engagement, et autres droits divers et variés qui semblent acquis pour tous les travailleurs (par exemple quelqu’un qui travaille peut toucher le RSA en parallèle si ses revenus sont trop faible). C’est ce qui permet de payer les jeunes qui signent un SC sous le SMIC. Et je ne suis pas convaincu que lutter contre la précarité avec de la précarité soit une solution.

      Dans une situation comme celle d’un étudiant, ça peut effectivement être intéressant. Bien que si il signe, par exemple, un contrat de 24 heures par semaine avec un des nombreux mandataires qui propose du soutien scolaire à domicile, il touche 200 euros de plus (Smic horaire x 96 heures). J’ajouterais que, l’étudiant qui travaille en plus de ses études à statistiquement moins de chance de réussir (CF les statistiques de l’UNEF).

      Pour ce qui est de la rémunération d’un stage, elle est effectivement basse, mais la valeur aux yeux d’une entreprise d’un stage réalisé chez eux et d’une expérience, même de 12 mois, au sein d’une association quelle qu’elle soit, cette valeur n’est pas la même. Et les possibilités de recrutement à long terme non plus.


    • Carreau_G 26 août 2010 13:45

      De plus bien que le SC peut être intéressant pour des étudiants, c’est sur sa valeur pour des jeunes en rupture scolaire ou ayant finit leurs études que je m’interroge. Là effectivement des solutions existent :
      - Le CAE passerelle qui a pour objectif de proposé un contrat d’un an en association ou dans une collectivité territoriale, pour faire spécifiquement acquérir des compétences utiles au secteur privé. Un stage est même prévu au cours du contrat, sur un poste équivalent dans une entreprise privé. Une partie de la rémunération est prise en charge par l’état, comme pour tout contrat aidé.
      Le CIE qui est un contrat aidé avec une prise en charge partiel du salaire par l’état, qui doit spécifiquement se dérouler en entreprise privé.

      Pour ces deux types de contrat, la valeur sera, de fait, reconnue par les entreprises du secteur privé. Les fonds alloués au SC n’aurait il pas été mieux utilisés en proposant une plus grande prise en charge de ces contrats.

      Et ce ne sont que deux des nombreuses mesures qui aurait pu être valorisé : contrat de professionnalisation, augmenter le nombre de formations du plan CAF, aider au financement de permis de conduire…
      Ma crainte principale est que cette mesure soit un « pis allé », qui permette simplement de masquer les problèmes de précarité, de chômage, et généralement de sous-emploi des jeunes. Qui, les premiers, essuient les plâtres de la crise.


    • Vladimir KOMAROVSKY 26 août 2010 11:47

      Carreau

      Je remarque votre texte n’attire pas les foules. A croire que la jeunesse serait devenue une quantité non qualifiable.


      • Cogno2 26 août 2010 12:16

        Ben franchement, ce genre de mesurette est un cataplasme sur une jambe de bois, ça ne résoud rien du problème de fond, on n’a aucune idée de l’impact que ça aura, c’est du reculer pour mieux sauter, je dirais juste : une de plus.
        Ca va en aider quelques uns, soit, mais à quel prix ?

        En plus, ça ne parle ni d’islam, ni d’israël, ni de Sarko, donc bon... ça intéresse moins de monde.


      • Cogno2 26 août 2010 12:20

        Ca va en aider quelques uns, soit, mais à quel prix ?

        J’insiste la dessus, combien va couter l’hypothétique création de poste ?


      • Cogno2 26 août 2010 12:19

        Cependant était ce bien le meilleur moyen de lutter contre les problèmes qui touchent la jeunesse : précarisation, absence de perspective, absence de repère, difficultés sociales parfois extrême, difficultés à obtenir un emploi valorisant… ?

        réponse en un mot : non.

        C’est du bluff, de l’esbrouffe, quelqu’un a été payé très cher pour pondre ça.

        Ca me fais penser à ces effets d’annonce : nous avons créer 1000 emplois à tel endroit....oui, c’est bien, mais il y a 100000 demandeurs à cet endroit, on se vante pour 1%, ben ce truc, c’est pareil, 10000.... je me marre.


        • BA 26 août 2010 12:50

          A la page 1 des statistiques officielles, nous pouvons constater que le chômage augmente en France métropolitaine (sans compter les départements d’outre-mer).

          Le chômage atteint un nombre total de 4 573 700 personnes.

          Catégorie A (actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi) : 2 676 600

          Catégorie B (actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite courte) : 532 100

          Catégorie C (actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite longue) : 755 100

          Catégorie D (sans actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi) : 251 300

          Catégorie E (sans actes positifs de recherche d’emploi, en emploi) : 358 600

          Catégories A, B, C, D, E (ensemble) : 4 573 700

          Variation sur un mois : + 0,2 %.

          Variation sur un an : + 10,4 %.

          Si on ne compte que les catégories A, B et C, cela donne 4 208 300 chômeurs.

          Variation sur un mois : + 0,2 %.

          Variation sur un an : + 8,2 %.

           

          http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle2-POI745.pdf


          • Natariege 26 août 2010 16:53

            Encore une mesure qui ne répond pas au probléme.
            En france nous avons besoin de vrai emploie, avec de vrai produit et des petits ouviers pour monter des pièces.
            Pas de mesures poudre aux yeux ou encore comme certain politique qui affirme que la france à besoin d’ emploies de haute technologie, à croire qu’on a un élévage de blouses blanches et que celui qui n’a pas les facultés intellectuelles pourra entrer dans un labo ???

            Ca commence peut être par de l’éducation tel le vieux slogan des années 80
            « Vos amplettes sont nos emploies ».
            C’est vrai maintenant on a plus le droit de le dire. sinon on se fait traiter de patriote économique la c’est très grave, le patriote économique qui en plus aime son pays veut mettre dans la mouise les pauvres chinois et les pauvres patrons français qui ont des intérest hors de france (en chine).

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