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Accueil du site > Actualités > Société > Une prison sans société !

Une prison sans société !

Ces dernières semaines, la prison s’est trouvée au centre du débat public. Le restera-t-elle comme l’ont souhaité, le 14 novembre, les Etats généraux de la condition pénitentiaire ? Rien n’est moins sûr. Il me semble que le citoyen français a fait l’objet d’un "matraquage" où grandes consciences, médias, Observatoire international des prisons (OIP) et son président Gabriel Mouesca, et détenus eux-mêmes qui ont répondu en masse à un questionnaire, se sont relayés pour tenter de nous convaincre de l’indignité de l’enfermement dans notre pays. Dans ce concert humaniste à sens unique, le réalisateur Bernard George a pris une large part avec le documentaire "Prisons : la honte de la République", diffusé sur Canal Plus - qui devient de plus en plus la chaîne du sport bavard et de la subversion chic.

Peut-on encore, après ce déluge de mots, de compassion et d’autisme intellectuel, émettre une réplique ? Il ne s’agit en aucun cas de célébrer la prison. Elle représente une nécessité dans un monde imparfait et personne ne peut entretenir un rapport joyeux avec l’exécution de la peine. Ce qui me frappe tout d’abord, c’est que des utopistes ont rêvé d’une société sans prison. On a aussi, souvent, reproché aux réalistes qui se résignaient à l’enfermement de le détacher atificiellement du tissu social et de considérer la prison comme un univers à part, sans lien avec l’humanité et la vie environnantes. Autrement dit, les idéalistes, eux, affirmaient à juste titre que le pénitentiaire ne pouvait être analysé que si sa relation avec l’amont - l’existence d’avant la prison - était clairement mise en évidence. Or les contempteurs de la prison d’aujourd’hui adoptent exactement la même démarche, mais à rebours. Pour pouvoir mieux accabler le monde pénitentiaire, ils l’ont détaché artificiellement de la société qui le justifie, des crimes et des délits qui l’ont suscité. De la sorte, on peut se permettre de proférer un certain nombre d’absurdités qui toutes tendent à faire croire que la prison secrète par elle-même des violences, des malfaisances et des inhumanités. Pétition de principe facile à tenir puisqu’on a décidé d’oublier que d’abord, la violence, la malfaisance et l’inhumanité sont nées hors de la prison pour y être enfermées afin de protéger les citoyens. Je sais bien qu’à un certain niveau de compassion partielle et partiale, on n’ose même plus rappeler de telles contraignantes banalités. Mais, puisque personne ne les dit, puisque les commentaires évacuent soigneusement tout ce qui serait de nature non pas à justifier l’indignité matérielle et humaine, parfois, de la prison mais à légitimer l’existence de celle-ci, force est de devoir énoncer qu’on ne se trouve jamais enfermé par le fait du hasard, que la détention provisoire est permise en France, en dépit de la présomption d’innocence, pour des motifs techniques, et que les prisons sont pleines de condamnés pour des faits graves, crimes et délits.

Cela ne signifie pas qu’il convienne de se débarrasser de cette population par l’indifférence. La décence des lieux qui l’abritent doit demeurer une préoccupation fondamentale. Mais, de grâce, qu’on nous épargne les "scies" sur la prison école du crime, quand à l’évidence la leçon a été apprise avant. Sur la prison responsable des suicides, quand ces êtres et leurs troubles de la personnalité devaient, à cause de leurs agissements, être incarcérés. Sur la prison " créatrice de bataillons de délinquants pour demain ", quand les délinquants ont dû être enfermés dès aujourd’hui. Ce n’est pas la prison qui fait le délinquant ou le criminel. Elle est faite pour le délinquant et le criminel. Au moins Bernard George, à qui on doit "les bataillons de délinquants", a-t-il l’honnêteté d’avouer qu’il a réalisé un film "clairement à charge" et qu’on ne peut donc prétendre tirer aucune lumière décisive des morceaux soigneusement choisis qu’il nous propose, récits, entretiens et misérabilisme dont rien ne garantit l’authenticité du fond et qui omettent l’essentiel : la raison de la présence en prison.

Rien ne serait pire que fermer son coeur et son esprit à cette réalité pénitentiaire en s’avouant qu’on s’en moque et que bien d’autres exigences et sollicitudes sont prioritaires. Seulement, qu’on ne demande pas à l’enfermement de réaliser des miracles là où la liberté a échoué. Qu’on ne lui demande pas d’éduquer quand toutes les instances en amont ont failli sur ce plan, et parfois même au grand désespoir des familles impuissantes. Qu’on ne demande pas à la prison de corriger l’humain mais de le sanctionner et, quelque temps, de préserver la société. Cela n’est pas contradictoire avec deux impératifs qui paraissent assez simples à réaliser. D’une part, profiter de ce temps pénitentiaire pour procéder à une formation, à une alphabétisation, élémentaires et minimales. D’autre part, faire le maximum pour traiter la multitude des troubles de la personnalité qui n’abolissent pas la responsabilité pénale mais exigent de l’analyse et des soins.

Il va de soi que pour rémédier à l’insupportable surpopulation qui rend la vie collective difficile, voire ingérable, il faut construire de nouvelles prisons et remettre en état celles d’aujourd’hui. J’entends bien l’argument classique qui soutient qu’il y aura ainsi un "appel d’air" pénitentiaire et donc davantage de détenus. J’avoue n’être pas convaincu par cet apparent bon sens qui se fonde sur l’idée fausse que les magistrats, pour les détentions provisoires comme pour les condamnations, seraient trop répressifs. Je ne le crois pas. Il n’y a pas d’autre solution que de construire pour tenter de mettre en oeuvre une vie en prison où la dignité puisse être davantage respectée parce que le lieu offrirait un espace suffisant.

C’est loin d’être tout. J’ai déjà écrit un billet sur l’heureuse initiative d’un contrôle extérieur sur le fonctionnement pénitentiaire. Ce regard externe, qui pourrait être confié au médiateur de la République, n’aura d’efficacité que si ce dernier ne manque ni de moyens ni de légitimité. Il bénéficie de la seconde pour exercer sa vigilance démocratique et s’occuper du contrôle général des prisons, il disposera à coup sûr des premiers.

Au sortir de l’enfermement, dans ce sas parfois si malaisé à franchir entre la prison et la vie libre, dans cette période délicate où, faute de soutien, la résolution du libéré est susceptible de fléchir, il serait utile de multiplier les structures associatives qui aideraient ceux qui souhaitent l’être et donneraient ce "coup de pouce" pour favoriser une destinée honnête.

Enfin, il faudrait réunir population pénale et personnel pénitentiaire pour qu’une politique efficiente veuille bien les prendre en charge, l’une et l’autre. Je suis persuadé qu’on n’intéressera la société française aux prisons - qui l’inquiétent et à la fois la rassurent - qu’en parvenant à présenter au citoyen la globalité d’une situation, où le sort matériel, financier et humain des surveillants sera associé à la restauration de la dignité des détenus. Ne s’occuper que de ceux-ci, c’est aller à l’échec. Cette politique qui prendrait la prison pour un tout lié à la société aurait d’autant plus de chances de réussir que le questionnaire empli par beaucoup de prisonniers montre que leurs revendications n’ont rien d’exorbitant et sont de bon sens.

Aussi, je crois que la campagne développée ces dernières semaines, parce qu’elle a parlé des condamnés sans évoquer les crimes, parce qu’elle a préféré les facilités du coeur hémiplégique à l’honnêteté d’une interrogation dure et lucide, parce qu’elle a oublié la société, non seulement n’a pas convaincu mais a fait régresser une cause légitime si on l’appréhende en son entier.

Mais on a du mal à résister aux grands mouvements d’indignation collective, et le réel est tellement compliqué !


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51 réactions à cet article    


  • (---.---.232.170) 22 novembre 2006 14:02

    Que le criminel le soit avant d’aller en prison, d’accord, mais ça ne repond toujours pas à la question de savoir d’ou vient la criminalité. Génétique ? sociétale ? De plus c’est un phénomène addictif.

    Prison et mauvais traitement sont indissociables, comment donner un minimum de confort à des criminels alors que des gens meurrent de faim dans les rues, personne ne l’acceptera jamais ou tout au moins tout le monde s’en fout complètement.

    Les prisons sont une réponse à la criminalité et la criminalité est une réponse à quoi ?

    Des expériences significatives existent, il faut approfondir, mais ne pas éviter d’aller aux sources de la criminalité.

    http://www.justice.gouv.fr/minister/DAP/Etablissements/Casabianda.htm


    • ropib (---.---.27.229) 22 novembre 2006 16:55

      Certes. Mais il s’agit de cohérence de la société. On ne peut pas brûler toute notre énergie à intégrer des personnes ayant des dysfonctions comportementales. Pour le coup je suis d’accord avec l’auteur : une société se doit d’intégrer en fonction de valeurs qui rejettent de par leur existence ceux qui ne les reconnaissent pas.

      Alors la question du choix est pertinente. Avons-nous conscience de faire le choix de notre société ?


    • La Taverne des Poètes 22 novembre 2006 14:11

      Le succès important et inattendu de la série « Prison breaks » (sur M6) démontre que les gens sont fascinés par le monde pénitentiaire. Mais le peu de succès des articles qui parlent de la prison tend à supposer qu’ils la préfèrent en fiction que dans leur conscience de la réalité.

      C’est pourquoi la campagne que vous citez a sa raison d’être. La société oublie la prison...


      • La Taverne des Poètes 22 novembre 2006 14:14

        Petit bémol : on voit en ce moment une publicité sur le métier de surveillant de prison...


      • philippe (---.---.7.198) 22 novembre 2006 14:17

        Merci pour votre commentaire.La société oublie la prison mais pour être réformée la prison ne peut oublier qu’elle est rendue necéssaire par les transgressions graves dont la société a été victime. Ce n’est pas par un apitoiement sélectif qu’on parviendra à élaborer une véritanle réforme pénitentiaire mais par la prise en compte lucide de tout.


      • philippe (---.---.7.198) 22 novembre 2006 15:44

        Oui, en effet.C’est tellement bien,et en même temps surprenant, que cela semble presque incongru.Pourtant, il faut favoriser cette démarche.Aucun métier n’a à avoir honte de soi, bien au contraire en l’occurrence.


      • ropib (---.---.27.229) 22 novembre 2006 16:47

        « La société oublie la prison... »

        Le problème c’est qu’on a tendance à croire qu’il n’existe qu’une seule société. Et que les prisonniers une fois mis de côté vont se retrouver sevrés de leur rapport « violent » ou en tout cas amenant une certaine instabilité. Mais il n’y a pas de sevrage, car le prisonnier est un humain et par là social et qu’il crée alors une nouvelle société.

        La prison c’est tout simplement l’oubli. Elle a été faite justement pour qu’on l’oublie et elle-même oublie le reste de la société.

        Dans un monde industriel où la tâche existait pour elle-même, un prisonnier dé-construit et aux rapports sociaux ultra hiérarchisés par l’institution carcérale pouvait retrouver une place (au moins théoriquement). Aujourd’hui la dé-socialisation que propose la prison est tout simplement une vraie plaie.


      • Antoine Diederick (---.---.224.2) 23 novembre 2006 00:40

        @LA TAVERNE

        Le succès important et inattendu de la série « Prison breaks » (sur M6) démontre que les gens sont fascinés par le monde pénitentiaire.

        Oui, et peut-être mme une certaine fascination morbide et cruelle. Ce qui biaise le débat citoyen sur cette question...


      • Antoine Diederick (---.---.224.2) 23 novembre 2006 00:43

        Merci pour cet article mesuré. Le souci d’une réforme est à mon sens la bonne voie.

        Ces réformes devraient aussi être évoquées en Belgique suite à des problèmes apparus , il y a peu , ds la gestion des établissements pénitenciaires.


      • Marsupilami Marsupilami 22 novembre 2006 15:47

        Bon article. Mais même s’il est vrai que les prisons ne doivent pas être des lieux de plaisir et de loisirs pour led délinquants et criminels qu’on y expédie pour les mettre hors d’état de nuire et les inciter à méditer aux conséquences de leurs actes anti-sociaux, trop de ces établissements pénitentiaires sont des pourrissoirs surpeuplés indignes de la République et néfastes pour la réinsertions des détenus. Bilger n’insiste malheureusement pas assez là-dessus.


        • Pierre (---.---.186.173) 22 novembre 2006 16:37

          « Elle représente une nécessité dans un monde imparfait et personne ne peut entretenir un rapport joyeux avec l’exécution de la peine. Ce qui me frappe tout d’abord, c’est que des utopistes ont rêvé d’une société sans prison. »

          J’ai arrêté de lire après ça. Vision toute étriquée qui renvoit Foucault (non, pas Jean-Pierre) à une condition d’utopiste, qui fait de la prison une nécessité a priori dont on ne peut débattre. Est-il légitime d’attendre d’un Avocat Général qu’il ait lu « Surveiller et punir » ?


          • philippe (---.---.7.198) 22 novembre 2006 18:19

            Vous avez eu tort d’arrêter de lire.Si mon sujet avait été l’utopie d’un monde sans prison-et j’ai lu MF-, je l’aurais abordé autrement en citant des exemples d’absolue certitude d’inhumanité si la prison n’avait pas enfermé ces personnalités.Dans ce billet, j’ai montré comment l’angélisme et le cynisme réaliste se rejoignaient en faisant de la prison un objet d’étude détaché de la société.Sans l’exposé de ce qu’elle a subi, la relation de ce qu’ils subissent est aberrante.C’est comme un carton rouge qui éluderait la violence qui l’a provoqué.


          • ropib (---.---.27.229) 22 novembre 2006 19:03

            Un carton rouge contre qui ?

            D’autre part les micro-sociétés ne possèdent pas toutes de prison, comment fonctionnent-elles ? Excusez-moi mais il y a trop de trous et trop d’a priori dans votre article.

            Je pense que la première des choses serait de définir ce qu’est une prison. En effet un centre éducatif fermé ou un camp de concentration ne sont pas vraiment des prisons par exemple. Dans ces conditions, encore une fois je suis désolé, je ne vois pas comment vous voudriez ouvrir un débat. Je pourrais tout autant dire « Y en a marre de ces gauchistes qui laissent les criminels dans la rue ! » ou « Y en a marre de ces droitistes qui ne s’occupent pas des causes du désordre ! »... je me demande d’ailleurs si ce n’est pas un peu ce que vous cherchez.


          • Pierre (---.---.186.173) 23 novembre 2006 09:16

            Vous êtes libre du choix de vos sujets d’études. Et moi je suis libre de ne pas lire quelqu’un qui fait de la prison (encore dans ce commentaire) un horizon indépassable a priori. Basée sur de tels présupposés, la discussion ne m’intéresse pas beaucoup.


          • Philippe (---.---.192.105) 23 novembre 2006 11:18

            Je ne la qualifierai pas d’horizon indépassable mais de contrainte necéssaire.Vous n’avez plus envie de dialoguer puisqu’apparemment il faut être d’accord avec vous pour que les échanges vous apparaissent bénéfiques.Mais juste une question que je me permets de formuler après une expérience « criminelle » de dix ans:que faire des accusés déclarés responsables sur le plan mental, auxquels on impute des crimes gravissimes et dont la mécanique intime les conduirait à des agissements du même type en liberté ? Faudrait-il laisser la société être victime de ces dévastations à venir, crimes de sang, viols, etc ?


          • El_Che (---.---.33.228) 23 novembre 2006 11:40

            @ROPIB > D’autre part les micro-sociétés ne possèdent pas toutes > de prison, comment fonctionnent-elles ?

            De manière simple : châtiments corporels pour les fautes « légères », banissement temporaire ou définitif pour les cas graves. Dans une micro-société primitive, être banni est une double punition : morale, par privation de lien avec ses semblables (humains, famille), et vitale par les risques qu’elle fait encourir (animaux sauvages, tribus ennemies, etc..)

            La prison n’est qu’une forme civilisée de banissement..


          • ropib (---.---.27.229) 23 novembre 2006 15:51

            « La prison n’est qu’une forme civilisée de banissement.. »

            La prison n’est pas un bannissement mais un enfermement. De plus que veut dire « civilisée » ? Si vous sous-entendez plus digne, plus morale... c’est à voir. Si vous voulez dire plus organisée dans une société socialisée de manière plus abstraite je ne suis pas d’accord : la prison est un choix et non une solution unique.


          • ropib (---.---.27.229) 22 novembre 2006 16:38

            Heu... vous parlez de la prison ou de la condamnation ? Personne ne remet en cause la condamnation mais il est clair que d’autres solutions que la prison sont possibles : la peine de mort, le bagne, l’exil, la torture, le lavage de cerveau, la médication psychiatrique... Je crois que sans faire aucune comparaison vous démontrez être dans une approche idéologique. Vous ne faites aucun cas non plus de la durée d’emprisonnement, des différents environnements etc.

            Bref vous condamnez des gens qui le sont déjà, autant aller dans un tribunal c’est plus constructif. Votre approche est morale et n’aboutit simplement à rien du tout, vous auriez fait le même texte s’il s’était agit du goudron et des plumes.


            • philippe (---.---.7.198) 22 novembre 2006 18:05

              Je ne comprends rien à votre commentaire.J’ajoute que les substituts à la prison que vous proposez sont ou indignes ou absurdes.


            • ropib (---.---.27.229) 22 novembre 2006 18:50

              Je ne propose pas l’adoption de telles pratiques d’une part. D’autre part je ne vois pas en quoi elles sont absurdes attendu qu’elles ont été utilisées de par l’histoire avec souvent bien plus d’efficacité que la prison.

              Il faut bien comprendre que si on doit discuter du bien fondé de la prison (et a fortiori si on veut conclure que c’est ce qu’il y a de mieux !!) il faut la comparer à ce qui existe par ailleurs. C’est pas de bol mais nous ne vivons pas dans une société dont l’ordre a été défini par une supériorité que nous ne saurions remettre en cause : la prison est un choix parmi d’autres réponses au problème de l’ordre.

              La position de l’auteur me semble être condamnation=prison, il argumente ainsi la condamnation en considérant la prison comme allant de soi. Il n’y a en tous cas pas d’étude sur ce qu’est la prison, son histoire, sa place dans la société, ce en quoi elle pose problème... même pas ce en quoi elle répond à un problème.


            • nietzsche (---.---.65.204) 22 novembre 2006 22:22

              Article, qui me dérange au plus profond,

              A l’heure ou certains pays du monde envisage,de pensé a reproposé la peine de mort( devant l’echec incontestable d’exemple disuasif assé convaiquant),

              Nous, Francais, alons une fois de plus, en contre courant de la vie sociétale, et ce n’est pas rétrogradé que de dire celà !

              Le monde évolut, bien ou mal,et nous devons faire évoluer nos lois pour palier en conséquance, et je vous pose la question au* niveau violence,crime,escroquerie,ect... somme nous dépassé devant la recrudécence,ou bien l’inversse ?

              C’est sans appel,vous le savez aussi bien que moi (les medias et la presse nous gaves avec sa).

              La peine de mort n’est pas une fin en soi mais plutot un example des plus concluent !!

              De plus les prisons Francaise sont « surbooker » un scoop pour personnes.

              Cela redonnera des creintes au prétandent criminel, et de la crédibilé un temps soi peu a cette justice ci male en point. ne croyez vous pas ?

              nietzsche


            • Antoine Diederick (---.---.204.6) 23 novembre 2006 01:04

              commentaire digne d’un bourgeois du 19 eme siècle....m’enfin...

              Non à la peine de mort !


            • seb59 (---.---.180.194) 23 novembre 2006 11:00

              « Non à la peine de mort ! »

              Pourquoi ? Ca me semble une sentence plus que dissuasive :

              « si tu tues/violes, la société se debarasse de toi »


            • ropib (---.---.27.229) 23 novembre 2006 15:58

              " Ca me semble une sentence plus que dissuasive :

              « si tu tues/violes, la société se debarasse de toi »"

              C’est une sentence qui n’est que dissuasive : elle n’est en rien constitutive. Le problème qui se pose aujourd’hui est avant tout un problème de cohésion : ce que nous cherchons collectivement en fondant une société. La peine de mort n’est pas intéressante car elle nie l’articulation individu/société jusqu’à la nécessité de l’investissement personnel (voir la démocratie qui est une orientation choisie pour des raisons d’efficacité).


            • (---.---.232.170) 22 novembre 2006 23:56

              alors parceque les prisons ça marche pas on veux remettre la peine de mort !!!, c’est désespérant... Tiens j’vous en balance une : Plus de propriété privée, dévalorisation de l’argent, 90% de criminalité en moins, c’est aussi une solution radicale, elle vous plait pas mieux celle là, elle peut fait réfléchir aussi, mais c’est peut-être ça qui gène...


              • (---.---.157.46) 23 novembre 2006 11:33

                L’auteur à fait une faute (d’orthographe). smiley Allez, en prison ! smiley ...en attendant son jugement, dans quelques mois ou quelques années (30% des prisons) ! smiley

                Comme ça il pourra voir comment c’est les prisons françaises... il a pas bien vu on dirait ! smiley


                • El_Che (---.---.33.228) 23 novembre 2006 11:50

                  >Comme ça il pourra voir comment c’est les prisons >françaises... il a pas bien vu on dirait !

                  Je ne suis pas toujours d’accord avec « l’auteur », comme vous le dites, mais de par son métier il me semble assez qualifié pour parler des prisons. Oserais-je suggérer l’usage de Google et la lecture de son blog ?


                • Philippe (---.---.192.105) 23 novembre 2006 12:13

                  J’avoue n’avoir pas bien compris votre commentaire.J’ai cru saisir que vous faisiez référence aux 30 % de détenus provisoire sur l’ensemble de la population pénale.J’ai expliqué dans mon billet que la détention provisoire est autorisée pour des critères techniques et qu’en même temps elle ne doit pas porter atteinte à la présomption d’innocence.Contradiction difficile à assumer.


                • ropib (---.---.27.229) 23 novembre 2006 16:05

                  « la détention provisoire est autorisée pour des critères techniques et qu’en même temps elle ne doit pas porter atteinte à la présomption d’innocence.Contradiction difficile à assumer. »

                  Par là vous voudriez dire que la prison n’est qu’une contrainte technique d’un côté et de l’autre une vraie réponse à un problème collectif ? Et que la difficulté est juste psychologique pour l’admettre ? Ca me fait penser aux trois singes... sauf que là y en a que deux : « je ne vois rien, je n’entends rien, et je parle » en espérant que la réalité va suivre. Il est vrai que la réalité est un consensus... mais là nous en sommes loin.


                • Philippe (---.---.192.105) 23 novembre 2006 17:28

                  Il ne s’agit pas d’imaginer.Pour la détention provisoire, c’est la procédure pénale qui en définit les critères d’application-ou bien pour les necéssités de l’instruction ou pour la gravité- et elle n’est pas jugée incompatible avec la présomption d’innocence.


                • ropib (---.---.210.187) 24 novembre 2006 01:12

                  @Philippe

                  Je ne m’y connais pas en droit, désolé. Vous dites « elle n’est pas jugée incompatible avec la présomption d’innocence » alors que, si j’ai bien compris, c’est exactement la forme de la condamnation : prison d’un côté, prison de l’autre. La loi est la loi bien sûr, on peut nommer différemment deux choses identiques et y voir, de par la différenciation du langage, une différence suffisante, mais c’est un peu abscon. Après on manipule des mots sans que la remarque ne soit plus jamais faite, c’est assez pratique.


                • philippe (---.---.69.71) 24 novembre 2006 08:48

                  Nous ne parlons plus des condamnés.Avant leur jugement éventuel, les mis en examen peuvent être laissés libres par le juge d’instruction.Ils peuvent être placés sous contrôle judiciaire.A sa demande, le juge des libertés et de la détention peut ordonner leur détention provisoire.Le scandale principal d’Outreau, c’est que ce provisoire a infiniment duré pour des mis en examen clairement déclarés innocents par la suite.


                • dana hilliot dana hilliot 23 novembre 2006 12:07

                  quelqu’un dans les commentaires évoque au sujet de votre texte une confusion entre condamnation et prison.

                  Vous regrettez que le débat sur l’état des prisons françaises occulte un autre débat, relatif aux conduites qui sont condamnées par la société.

                  Mais quel est à votre avis l’objet des débats obsédant sur la délinquance et ses causes ? Et ne parle-t-on pas beaucoup, notamment à l’occasion du projet de loi sur la « prévention » (et les guillements s’imposent) de la dite délinquance ?

                  je ne comprend bien où vous voulez en venir. Certes les prisons accueillent des gens qui, pour de multiples raisons, ont été condamnés. C’est une tautologie non ?

                  D’autre part, on a l’impression à vous lire que la société française serait divisée en deux : les délinquants et les personnes honnêtes, et que chacune de ces deux parties obéiraient à des causalités, des déterminismes différents. Or, je suis désolé mais le délit, ça peut concerner chacun d’entre nous un jour ou l’autre. La prison est l’affaire de tous, parce que chacun d’entre nous peut y avoir affaire un de ces jours.

                  Ça me fait penser à certains types de débats sur les troubles mentaux, de la dépression jusqu’à la folie. Si on part du principe que le délinquant ou le fou c’est l’Autre, déterminé par je ne sais quel causalité héréditaire ou génétique comme on dit maintenant, on risque de s’engager tout droit vers un type de société extrêmement inquiétant.

                  Il faut donc distinguer les deux approches : la prévention de la délinquance et des délits, et les conditions de détention. Il me semble que c’est ainsi que le débat pubic s’organise (et je ne crois pas que les lignes de partage gauche/droite sur ces sujets soient si marquées que cela). Les propositions que vous faîtes à la fin de votre texte concerne le premier débat. Mais je crois qu’il est dangereux de mêler les deux champs de questionnement.


                  • El_Che (---.---.33.228) 23 novembre 2006 13:35

                    « La prison est l’affaire de tous, parce que chacun d’entre nous peut y avoir affaire un de ces jours. »

                    Que c’est bien dit !

                    Il suffit en effet de se mettre au volant d’une voiture pour risquer de se retrouver au zonzon, et ce même sans aucune espèce d’intention de nuire à son prochain.

                    J’oubliais, aussi : prendre une fonction élective, diriger une école primaire, une entreprise expose de plus en plus les gens à des peines de prison, en raison de cette foutue tendance des gens, importée des USA, à toujours vouloir faire payer quelqu’un (au propre comme au figuré), dès que quelque chose de néfaste se produit.

                    A-t-on pour autant un comportement « déviant » dès les départ, comme le sous-entend l’auteur de l’article ?


                  • Philippe (---.---.192.105) 23 novembre 2006 14:56

                    Merci pour votre commentaire critique.Ce qui vous semble une évidence-des condamnés en prison-, à partir du moment où cela n’est pas dit dans une enquête purement compassionnelle sur la prison,égare les esprits et crée une émotion facile.Les mêmes dont on nous répercute la parole sont peut-être des assassins au sens judiciaire.Relier les deux univers explicitement est la seule manière d’être honnête.Enfin je crois qu’en effet, en dehors des aléas du hasard administratif au sens large, le monde se divise entre une majorité d’honnêtes et une minorité de transgresseurs.Cela n’interdit pas de mettre de l’ambiguité dans le jugement de celle-ci.On n’est pas criminel ou délinquant par hasard, pour les délits et crimes graves.Cela n’arrive pas à tout le monde.Je peux concevoir crimes et délits, je neles commets pas.Ce n’est pas mépriser ceux qui succombent.


                  • ropib (---.---.27.229) 23 novembre 2006 16:17

                    « Je peux concevoir crimes et délits, je ne les commets pas.Ce n’est pas mépriser ceux qui succombent. »

                    Un petit peu si. Car vous catégorisez (dans ce discours, j’imagine parfaitement que ce n’est pas votre unique point de vue sur la question) tout le monde de la même manière. Comment arrive-t-on en prison ? Il y a certes les tueurs, et il y en a d’autres. On ne peut pas dire « prison pour tous ». D’ailleurs la justice ne le fait pas, il y a parfois juste des amendes ou d’autres peines d’un autre ordre. Votre division du monde en deux n’existe pas puisque justement sur ce point nous ne sommes pas d’accord et je crois pourtant être honnête (l’honnêteté ne va-t-elle pas plus loin que la loi) ou au moins j’essaye de l’être.

                    Je veux que la question soit posée : la prison est-elle une réponse adaptée à la problématique de la condamnation et à ce qui constitue notre société ? Pour ma part je pense qu’elle fait partie des réponses mais qu’elle est bien trop utilisée, faute d’avoir chercher des alternatives plus constructives.


                  • Philippe (---.---.192.105) 23 novembre 2006 17:04

                    La prison fait partie d’un éventail pénal infiniment large et adapté.Je dis simplement que pour certaines agressions, certains crimes, de graves infractions sexuelles, la prison est la seule sanction adaptée et à la dangerosité et au risque sérieux de renouvellement.On n’édicte pas un travail d’intérêt général ou une suspension du permis pour des assassinats.J’aurais été ridicule et irresponsable si je n’avais pas requis, deux fois, de la prison contre Emile Louis.On voit que vous avez une vison très théorique-et donc aisément angélique-de la criminalité.Moi, j’ai beaucoup de victimes dans la tête et le coeur.


                  • ropib (---.---.210.187) 24 novembre 2006 01:31

                    @Philippe

                    Je suis aussi technicien dans mon domaine. Et parfois l’expertise implique des biais de pensée, finalement je dirais que la technique c’est le pré-pensé. Je ne dis pas ça nécessairement pour vous (je ne sais pas), je dis simplement que l’expertise existe dans un système et que l’expert aura toujours du mal à remettre fondamentalement en question un système car son point de vue se trouve à l’intérieur de celui-ci.

                    Par rapport à votre exemple : que fait Emile Louis en prison ? A quoi sert Emile Louis en prison ? A quoi sert la prison pour Emile Louis ? A quoi sert la prison pour nous avec Emile Louis dedans ? Que font les autres prisonniers autour d’Emile Louis ? Emile Louis sortira-t-il un jour ? Si Emile Louis sort, que se passe-t-il ? Comment fonctionne l’organisation sociale de la prison ? La prison est-elle bien considérée comme un châtiment par les condamnés ? Est-elle bien prise pour autre chose qu’un châtiment par les gardiens (qui sont honnêtes) ? Bref quel rapport gain/cout (économique mais plus généralement social) avons-nous et existe-t-il d’autres solutions et quels en sont les rapports gain/cout ? Comme vous le dites il me faut des informations pour juger bien, sinon je juge comme je peux et je dis que ça semble plutôt brinqueballer à la limite du dysfonctionnement.

                    Vous avez « beaucoup de victimes dans la tête et dans le coeur ». Je vous dirais que vous faites un métier courageux et je vous félicite. Mais ce n’est pas vraiment le débat. Encore une fois vous parlez de condamnation (et en l’occurence de châtiment qui se comprend du point de vue de la victime) et plus de prison.


                  • philippe (---.---.69.71) 24 novembre 2006 08:42

                    Vous oubliez une chose, c’est que depuis longtemps je juge absurde cette division française entre la technique et l’humain.L’humain doit être un élément constitutif de la technique.C’est la grande leçon d’Outreau en matière judiciaire.La technique n’enferme pas, elle offre une compétence qui ne prend du sens que si elle ouvre et élargit.


                  • Tarouilan (---.---.167.241) 23 novembre 2006 12:34

                    Pas si vite........ je peux moi, beaucoup plus que d’autre, parler de la prison..... séjour de 152 jours....à la Santé... lourde faute pour l’état... erreur judiciaire beaucoup plus grave qu’à Outreau..... indemnisation ridicule... j’ai été jusqu’en cassation... ma vie détruite... obligation absolue, hélas, d’en faire une affaire médiatique... prochainement... j’aurais besoin de la synergie de tous... sur ce forum, pour me conseiller... je vais prochainement développer mon affaire ici, en espérant des contributions qui pourront m’être utile...

                    Pour revenir à la prison, il faut totalement et de fond en comble, repenser cela...

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