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Accueil du site > Actualités > Société > Une sortie scolaire hélas si ordinaire…

Une sortie scolaire hélas si ordinaire…

Il faut toujours qu'ils ramènent leur fraise !

Vidéo en contre-point :

Histoire vraie :

Voici le récit détaillé et véridique d'une sortie scolaire, hélas bien ordinaire dans nos structures qui accueillent des adolescents en perte de repères. J'ai noté en direct les faits et gestes d'un groupe qui est allé ramasser des fruits afin de préparer puis vendre des confitures. Cette activité permettra de financer la réception des familles lors d'un apéritif dînatoire convivial.

Rien de ce qui va suivre n'a été travesti, amplifié ou transformé pour les besoins de cette histoire. Tout s'est déroulé comme je vais vous le narrer. Je connaissais le groupe et avais l'intuition que certains allaient nous jouer quelques farces à leur manière. Les vacances d'été ne les ayant certainement pas assagis. Hélas, mon pré-sentiment était le bon et la sortie mérite de devenir une farce pour l'édification de tous ceux qui pensent que le métier d'enseignant est de tout repos ….

Sept heures cinquante cinq, la sonnerie bat le rappel. La troupe est clairsemée. Sur les 22 élèves inscrits dans ces deux troisièmes de Segpa, ils étaient 14 à être présents à l'heure du laitier. Les quatre qui arrivèrent en retard, dont le dernier avec un bon quart d'heure de dépassement furent les héros principaux de notre aventure fruitière. À force de toujours leur donner raison, on finit par en faire des êtres ingérables. La suite le prouvera une fois encore.

Avant de partir, il fallut faire le compte des autorisations signées. Le chat était maigre, la motié des dix huit élèves présents avait rempli cette formalité administrative. Le téléphone fut nécessaire pour prévenir des familles qui n'avaient même pas été mises au courant par leur rejeton. Naturellement, les cinq héros de la saga à venir étaient encore de ceux-là.

Le rang se forme. Un tumulte se fait du côté de nos lascars. La matinée va être compliquée. Il est déraisonnable voire impossible de les mettre ensemble. Il y a dans le lot deux énergumènes qui sont incapables de parler sans hurler ni glisser une série insupportable de jurons et d'insultes. Naïvement, nous espérions qu'ils avaient changé, mûri le temps des vacances. Et puis, il est impossible d'en laisser un ou deux, au nom du droit de chacun, ennuyer tous les autres.

Lorsque nous arrivons à l'arrêt du tramway, il a fallu déjà menacer et crier après nos charmants élèves, ce petit groupe de garçons qui occupe toute notre énergie.. Ils agissent dans l'ignorance des autres, se bousculent, jouent et vocifèrent comme des enfants de 5 ans. C'est ainsi depuis qu'ils sont scolarisés ici.

Le tramway arrive, les élèves se répartissent au hasard des places libres. Notre noyau dur fait cercle dans le soufflet du véhicule. Ils y retrouvent un plus grand, la casquette en équilibre sur le crane. Ils se saluent par quelques rites gestuels et entament une conversation passionnante. Leur aîné vient de sortir de garde à vue. Ils l'admirent. La discussion tourne uniquement autour de ce sujet si apaisant.

Le tramway se remplit au fil des stations. Personne n'ose venir rompre le cercle de nos joyeux caïds. Ils effraient, ils font le vide autour d'eux, sans menace ni regards hostiles. Simplement leur capacité à ignorer les autres est à l'œuvre. Ils sont en marge tout simplement du commun des passagers.

Nous descendons après trente minutes de trajet. Il faudra attendre le bus plus de trente cinq minutes. Une sortie, c'est aussi se confronter aux difficultés de transport, à la réalité d'un réseau qui est centralisé comme partout ailleurs. Nous avons la curieuse idée d'aller cueillir des fraises à la campagne !

Ma collègue propose des carambars à la troupe pour passer le temps et leur faire plaisir. Chacun se précipite sur le bonbon. Un papier finit son parcours aux pieds d'un de notre cercle des poètes. Naturellement, il ne l'a pas fait express, ça tombe sous le sens et j'ai bien tort de lui demander de le ramasser. Pensant que dans le lot, il y a des jeunes qui n'ont pas mangé ce matin, j'achète des pains viennois. Tous acceptent avec joie ce petit en-cas. Tous ? Non, nos amis ne mangent pas de ce pain là …

Après plus d'une heure quarante de trajet et d'attente, nous arrivons enfin à la ferme. Les groupes se forment, les élèves se placent par affinités. Nous laissons nos cinq lurons ensemble. Il n'est pas question d'en imposer un aux autres, leur comportement n'est pas des plus agréables avec leurs pairs.

Les petits groupes se mettent en action. Nos amis jouent. Ils ne cessent de se déplacer, de crier, de prendre une fraise ici ou là. Ils ne peuvent respecter les consignes. Ils ramassent n'importe quoi. Dans leur seau, je découvre de tout : fruits non mûrs, feuilles, tiges. Ils se sont lancés des fruits au visage, ils ne peuvent faire comme les autres qui agissent avec méthode.

Il faut élever le ton. Un des garçons me fait un geste non équivoque. Une petite altercation explose au milieu du champ. Puis le cirque recommence. Les autres seaux se remplissent, pas le leur. Finalement, fatigués d'entendre les propos sans queue ni raison de leurs condisciples, deux de nos amis décident d'eux-mêmes de s'isoler et d'aller avec l'équipe qui ramasse des framboises. Ils se conduiront beaucoup mieux tandis que le noyau dur, les trois trublions de choc n'arrêtent pas une minute de nous causer du tracas.

Quand les seaux sont pleins, nous arrêtons la cueillette. Le temps du rassemblement pour la pesée des fruits par le maraîcher, nos poètes se lancent dans une tirade de jurons et d'insultes racistes. Je ne peux laisser passer et déclare que le « C'est le bougnoule ! » que je viens d'entendre vaudra un rapport à son auteur. Naturellement, je n'ai rien compris.

Nous retournons au village voisin pour faire à l'envers notre trajet retour. Nous arriverons bien en retard au collège, vers une heure au lieu de midi. Les élèves ne s'en offusquent pas. C'est en attendant le bus que se déroule le dernier incident. Il y a des WC publics sur la place de l'église. J'accompagne un premier élève ; Puis le cercle des inséparables souhaite y aller à son tour.

Je laisse passer seulement deux élèves. Quand ils reviennent, je demande au deux suivants d'y aller à leur tour. Puis, je relâche mon attention pour aller consigner sur un papier les éléments de l'échange d'insulte. Bien mal m'en a pris. C'est un policier municipal qui vient me chercher.

Nos cinq énergumènes sont sous la garde de son collègue. Trois d'entre eux avaient enfermé les deux autres dans les WC. Les deux pauvres malheureux pris au piège avaient tambouriné sur la porte à grands coups de pieds. Rien de très ordinaire pour eux. Naturellement, ils avaient oublié leur nom et leur adresse devant les représentants de l'ordre.

Je les invitai à retrouver la mémoire mais là encore, un de ces charmants garçons prétendit le plus sérieusement du monde qu'il avait oublié son adresse. Je donnai l'adresse du collège pour que les agents envoient un rapport. Il faut parfois fixer une limite. L'accumulation est exténuante, l'impunité l'est tout autant. Je pense que dans le lot, trois garçons sont parfaitement incapables de quitter les limites du collège en conservant un comportement simplement humain. J'espère que des mesures seront prises par l'administration ou je me verrai contraint de priver les autres élèves de sorties.

Il y eut encore, avant l'arrivée du bus, une crise de nerf de l'un de ces petits messieurs. Il me tutoya, me menaça, me toisa, me défia avec la plus parfaite perte de contrôle sur lui-même. Une crise de nerf pour faire oublier le reste ou pour mettre un point final à une sortie ordinaire. Nous faisons vraiment un métier de tout repos.

Ordinairement leur.


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48 réactions à cet article    


  • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 11:51

     durae.leges.sed.leges


    Qu’il est bon d’avoir des certitudes comme les vôtres.

    Tout est blanc e le reste est obscurément noir ...

    Ils sont méchants, fichus, inéducables !
    Mais savez-vous que dans le lot, il y a de bons blancs de peau ?

    Que vous faudra-il trouver alors comme explication ?

    Quant à moi, je dois être un parasite puisque je travaille en pure perte pour la société. 
    J’en suis ravi

    Merci de m’avoir ouvert les yeux

  • velosolex velosolex 14 septembre 2012 13:29

    Nabum

    Il est vrai qu’en lisant votre billet, le film qu’on se construit d’instinct a pour décor celui des banlieues. En l’occurrence, la réaction de durae est pertinente, tout autant que ses remarques.

    Mais sans mauvais jeu de mots, il est vrai qu’une histoire pareille peut très bien se passer aussi dans le département du Lot,

     « Mais savez-vous que dans le lot, il y a de bons blancs de peau »

    De fait, tout groupe prend une tendance naturelle d’intelligence et de structuration, indépendamment des lois qu’on lui suggérera, plus en osmose avec « l’air du temps », que celle des programmes de toutes sortes.

    C’est un fait que la colère des banlieues, sans doute mal structurée, et ses attitudes autistiques de rap teigneux et de violence, déborde de son moule, comme une pâte qui gonfle. Les rappeurs de banlieue deviennent les maitres à pensée de toute une génération en mal de repère. Les blacks et les fils d’émigrés sont sans doute les plus exclus, en rapport à une société où ils n’ont plus leur place, mais toute une frange de gamins, parfaitement blancs et provinciaux, sont à l’avenant.

    On n’évitera de trop en parler, de peur de montrer la portée des dégâts, révélant dans un pays que notre culture elle même n’est plus pour eux qu’un vernis de mauvaise qualité, auquel ils cherchent un substitut : Rejet des valeurs de culture française, régression, fascination pour une autre qui est étrangère, et pour ces exclus qui ont un alibi pour exprimer leur malaise, car eux au moins ont une excuse : ils sont colorés, leurs parents viennent d’ailleurs.

    Psychologie à deux balles ? Peut-être. Mais tout se loge dans l’espoir. Et il n’y a rien de tels que les jeunes pour intuitivement sentir les choses, même s’ils auront parfois du mal à en donner une représentation. La colère et la provocation, et les passages à l’acte seront donc leurs mode de reconnaissance, dans une société où ils ont intégré,sans doute trop hâtivement, qu’ils n’avaient pas leur chance.

    Durae a raison de mettre en parallèle le sort des paysans il y a cent ans, qui, s’ils étaient bien plus pauvres, avaient de l’espoir, et en tout cas ne remettaient pas en cause les avantages de l’éducation, pour progresser dans la société. De même, les enfants du vietnam, écoutant de façon religieuse à 80, dans des classes surchargées ( mais le mot n’existe pas là bas), un instituteur ou un professeur, qui n’a pas à se battre pour se faire respecter et commencer son court.

    Je vois votre article comme un modèle d’anthropologie, auquel on n’aurait tort de ne pas chercher tous les sens, mais ils sont si multiples, que je passe le clavier à d’autres

    ...


    • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 15:49

      velosolex


      Certes mais la nunace dans son propos eut été souhaitable.

      Il est si facile de pointer du doigt des communautés quand ce sont les conditions sociales qui font ces misères comportementale.

      Certains de ceux qui vivent au même endroit ont tendance à tomber dans les mêmes travers (heureusement pas tous) quand ils sont conjugués à une faiblesse culturelle forte, des valeurs perdues et des parents décridibilisés par la société elle-même

      Ce n’est pas de la démagogie, c’est une vérité que l’on mesure un peu plus chaque jour.

      Nous sommes en première ligne comme les policiers du reste. Et les analyses de ce qui est décrit ici doivent être multiples et nuancées. Merci

    • nounourse nounourse 14 septembre 2012 15:06

      Vous faites une lecture bien bizarre de cet article !
      Je n’y vois aucune allusion à des questions dépendant du multiculturalisme, j’y vois un récit qui m’interroge sur des questions d’éducation, sur le rôle de l’institution scolaire, sur la question de la gestion de l’échec scolaire, sur la réaction de la société face à ses jeunes.... Enfin sur tout un tas de choses, mais rien qui n’ait de rapport avec les questions d’immigration.....
      Sans doute faites vous des projections qui vous appartiennent ? mais visiblement vu les autres commentaires vous n’êtes pas le seul !


    • Phaeton 14 septembre 2012 15:18

      Bonjour,


      La france n’a pas attendu les immigrés pour médiatiser le comportement ahurissant de certains de ses habitants. Il suffit de se rappeler des « apaches » du début du siècle dernier.

      http://da.wikipedia.org/wiki/Fil:Le_Petit_Journal_-_Apache.jpg 

      La seule différence, de taille pour moi, c’est le sentiment anti-francais des certains jeunes d’origine étrangére. Mais j’estime qu’ils payent collectivement déjà plutôt bien la bêtise d’une minorité

      Après tout c’est eux qui n’ont pas de patrie, je ne les envie pas...


    • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:27

      Teotl


      L’ironie vous sied à merveille ...

      Mais fait-on ?

    • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:32

      Phaeton


      Au-delà des intentions qui ne sont pas toutes louables, votre remarque est hélas fondée.

      Que faire et que dire face à ce qui relève :
      - de la provocation
      - de la manuipulation religieuse
      - de la bêtise 
      - d’un désamour réel et d’une perte de repères


      Ne simplifions pas je vous en conjure ou nous irons à la catastrophe. Je sais que deux camps antagonistes attendent la déflagration.

    • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:39

      nounourse (


      Curieusement il n’est de pire borgne que celui qui n’entend que d’une oreille !

      Étrange non ?

    • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:44

      Teotl


      Je fais erreur et je me trompe depuis plus de 30 ans sur le terrain !

      J’en suis ravi.

      Une vie professionnelle à mettre au rebut.

    • non667 14 septembre 2012 14:48

      quand vous donner quelque chose (vous vous mettez débiteur ) à quelqu’un a qui vous ne devez rien vous n’en donnerez jamais assez  ! même la bmw ,le chateau la place de directeur que vous n’avez pas ne les satisfairont pas !et au contraire augmentera leur mépris pour eux bons = c... !


      • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:28

        non667


        J’avoue ne pas saisir le sens exact de votre périphrase.

        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 septembre 2012 16:40

          Quand on a un certain niveau d’inéducation on considère que ceux qui sont gentils à votre égard sont juste des pigeons à plumer sans remords.




        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 septembre 2012 16:38

          Et moi qui croyais que l’école servait à apprendre à lire et à écrire , voilà qu’on essaie de leur apprendre en plus à cueillir des fraises !

          Résultat : surmenage des élèves entraînant un état de stress extrème !

          Moralité : vous êtes un bourreau d’enfants.


          • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 16:40

             Alois Frankenberger


            Et j’ai mis certains en hyper glycémie !

            L’académie va me tomber dessus !

          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 septembre 2012 16:44

            Je crains que vous n’ayez franchi toutes les lignes rouges et que désormais vos jours dans l’enseignement sont comptés !

            Vous avouez même que vous avez sanctionné certaines de ces innocentes victimes : vous êtes un monstre abject qui nous rapelle les pires heures de notre histoire.


          • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 17:10

            Alois Frankenberger


            Je pense que vous n’avez pas compris !

            Il était question d’une saillie ironique. Je suis inquiet effectivement ! Le niveau ne monte pas ...

            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 septembre 2012 18:45

              Evidemment que j’avais compris que vous pensiez qu’il y avait un très léger problème, mais d’autre part, quand on saitt qu’on a affaire à des énergumènes, on les garde en classe et on n’organise pas des excursions qui vont tourner à la corrida.

              C’est une simple question de bon sens.

              D’ailleurs si vous parvenez à les faire lire, écrire et comprendre ce qu’ils ont lu vous aurez déjà fait un travail extraordinaire.





            • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 18:54

              Alois Frankenberger


              Enfin le vrai débat

              Au moment du départ, j’ai voulu les garder avec oi au collège pour laisser partir les autres, ceux dont on n’entend pas parler ici et qui méritent de faire des sorties, qui supportent ces individus à longueur de journée.

              Mais ce n’était pas possible. L’administration ne supporte pas les régimes d’exception. Pourtant c’est évident et il suffit d’en interdire deux de sortie pour que tout soit normal. Mais nous crevons de notre principe d’égalité, de droits pour tous quand certains n’ont aucun devoir.

              C’est ça qui me place dans une colère folle plus que vos injonctions à rester en classe. 

            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 septembre 2012 20:46

              Je ne voulais pas vous froisser, mais je vous suggérais simplement, dans VOTRE intérèt d’éviter de leur fournir des occasions de vous mettre en difficulté dans un milieu extrascolaire.

              Imaginez un instant qu’ils se seraient retrouvés face à des membres d’une bande rivale et qu’ils auraient commencé à s’entre tuer en pleine ville : devinez sur QUI ce serait retombé ?

              A l’impossible nul n’est tenu, alors pour VOUS et pour VOTRE carrière, de grâce, contentez vous de leur apprendre à COMPRENDRE ce qu’ils lisent et ce sera déjà un IMMENSE exploit.

              Je ne voudrais pas être à votre place pour tout l’or du monde.


            • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 20:54

              Alois Frankenberger


              Rassurez-vous, à côté de Barratier vous restez dans les clous. Mais vous ne connaissez pas nos conditions scandaleuses qui relèveraient du conseil d’état s’il y avait des gens courageux parmi les élus de notre département. Mais ceci, vous ne pouvez le savoir. J’en ferai un billet

              Bonne soirée à vous

            •  C BARRATIER C BARRATIER 14 septembre 2012 19:26

              Curieuse sortie dans laquelle on commence par s’asseoir sur la règle : Les 4 en retard ne devaient pas être attendus, quand c’est l’heure on part, et les enfants se trouvent dans le cas de ceux dont le professeur est absent à l’école. Papiers non signés, on ne part pas ! sinon pourquoi le faire ? Tout ce temps pour téléphoner aux familles, est ce bien sérieux, Les professeurs ne sont ils pas payés pour faire classe et pas pour faire poireauter.

              Ce comportement était apparemment prévisible par l’enseignant. Une sortie temps perdu. Il n’y a pas à apprendre à ramasser des fraises à des km du collège.Qui paye le tram ? Le contribuable sans doute. Du gaspillage car il paie déjà le cours ! Et il n’y a même pas de vrai cours.

              Connaissez vous ce qui est envisagé pour améliorer l’école ? Rien qui ressemble à cela. Ce que vous faites n’entre pas dans une refondation. Vous vous êtes trompé de programme ce jour là, cela peut arriver à tout le monde. Et je prends votre témoignage comme un appel au secours, car c’est vous qui êtes là dedans.
              Voir ici en table des news :

              « Ecole publique : Enfin une refondation qui la conforte ? »

               http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=217

               


              • Pie 3,14 14 septembre 2012 20:15

                Avant de jouer les donneurs de leçon, vous devriez peut-être vous renseigner sur ce qu’est un élève de SEGPA. A ma connaissance, c’est un bon CLIS, c’est tout dire...

                 


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 20:38

                C BARRATIER


                J’aime les donneurs de leçon, ils font souvent d’excellents professeurs

                Monsieur, notre Segpa est hors du college, éloignée de plus de 1km, nous ne disposons donc pas de moyen de surveillance pour garder les élèves retardataires.

                Nous avons pris le temps d’appeler les parents pour les prévenir puisque leurs enfants n’avaient pas transmis le papier. C’est une pratique courante en Segpa.

                Vous devez être de l’élite, là où tout va bien et où, suivre la règle est facile. Venez nous voir, nous en discuterons après.

                Merci pour ce mépris que vous me servez à chaque visite. Le mieux est de ne plus venir chez l’imbicile que je suis !

              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 20:40

                Pie 3,14


                Merci de venir à mon secours

                Ce monsieur est d’un mépris incroyable, ce n’est pas la première fois qu’il me prend de haut. Je devine le professeur sur-diplomé qui prend de haut tout ce qui n’est pas à son niveau.

                Il est inutile de s’adressez à lui, nous sommes à l’image de nos élèves. C’est ainsi qu’il doit nous dédaigner ...

              • Pie 3,14 14 septembre 2012 21:07

                Votre contradicteur aime bien jouer les instituteurs sévères. Il a enseigné il y a très très longtemps et certainement pas dans une SEGPA.

                Il est aujourd’hui retraité, toujours concerné par l’Education Nationale ( cf : refondation, probablement militant PS, très remonté contre l’école privée, un profil classique d’enseignant vieille école).

                Il est aussi péremptoire, autoritaire, désagréable et incapable d’apprécier un témoignage racontant une expérience inconfortable qui dit beaucoup du quotidien de certains enseignants.

                Pour ma part, j’ai bien aimé ce texte sans langue de bois ni jérémiades qui se contente de décrire la difficulté du métier face à des enfants fracassés.


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 21:37

                Pie 3,14


                Vous avez sans doute raison mais peu m’importe

                Je ne souhaite plus répondre à ce personnage.
                Je réponds systématiquement à tous les commentaires même quand sont ceux sont le fait d’opposants parfois sévères. Mais cette fois, voilà un monsieur qui n’aura que mon silence face à sa condescendance méprisable.

                Je vous remercie encore de votre soutien et de votre volonté d’apaiser ma peine face à des attaques qui viennent bien trop souvent de notre propre proféssion qi est loin d’être aussi unie qu’on veut bien nous le faire croire.

                Merci

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 10:33

                Barratier n’a pas vécu l’école où un élève de 3eme peut tenir tête à un Principal jusqu’à l’obliger à faire sortir le reste de la classe

                ... ou encore Mr Barratier a-t-il eu le plaisir de faire un rodeo-bagnole en banlieue à la poursuite d’un élève qui se barre de l’établissement ?

                Il me semble qu’aujourd’hui beaucoup de chefs d’établissement se planquent dans leur bureau, et certains se déshydratent, preparant leur discours pour expliquer à un prof comment tenir sa classe histoire de lui mettre la pression et lui faire comprendre qu’il ne doit surtout lui demander de l’aide.

                Il est envisageable que Mr Barratier fasse partie de ceux qui nous ont laissé un sacré bordel à géré et comme n’ont pas vraiment la conscience tranquille il faut bien qu’il se défaussent.


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 10:41

                tf1Goupie 


                J’ignore définitivement qui est ce personnage insignifiant.

                Je l’ai évacué de ce lieu avec autant de mépris qu’il a su en plusieurs fois me montrer !

                Laissons le, voulez-vous à son orgueil et sa mauvaise foi.

                merci

                Au rugby par contre, il aurait découvert les valeurs du châtiment ...

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 11:00

                Vous avez plus d’indulgence que moi !

                Ne vous méprenez pas, j’enseigne dans un de ces collèges de plus en plus rares où les enseignants disent venir avec plaisir venir faire le métier qu’ils avaient prévu à savoir : enseigner une discipline.

                Je connais très mal les SEGPA, et je pense que très peu de gens en France savent ce que c’est.

                Je pense que nous sommes dans des situations très différentes et honnêtement je n’aimerais pas trop être à votre place.

                Et donc je suis assez admiratif de votre motivation.


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 11:13

                tf1Goupie 


                Sachez que moi aussi je vais au travail avec plaisir mais que je me rendais à cette sortie avec crainte !

                Oui les Segpa sont très mal connues et si délaissées

                pensez que nous n’avons pas de manuels scoalires !

                je voudrais cette année inscrire un petit groupe de 3° au brevet version technologique mais que je vais faire chuter les statistiques du collège et que pour faire vraiment travailler ces élèves sans ouvrage ça me demande un travail de galérien

                Nous avons demandé des prêts aux LP voisins et la solidarité n’est pas de mise dans ce pays

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 11:39

                ça me fait penser que j’ai vu hier soir au 20H, sur ma chaine préférée, s’afficher dans les Titres en page Une une phrase choc du genre : « Les conditions de travail s’aggraveraient-elles pour les enseignants ? ».

                Il était temps que ça se sache !! .... néanmoins ce n’est pas encore très audible sur Agoravox.

                Pour vos manuels scolaires l’information paraitra dans 5 ans quand le secret d’Etat aura été levé !

                Blagues mises à part, dans mon collège on galère également pour les manuels scolaires, certaines disciplines n’en n’ont pas changé depuis 5 ans ou pire.

                Il y a des enseignants, ces sales parasites, qui vont jusqu’à passer une bonne partie de leur temps (de glandage) à faire des copier-coller qu’ils passent à la photocopieuse (elle marche pour l’instant) pour chaque classe, chaque année.

                Mais attention au photoco-pillage.


              • C'est Nabum C’est Nabum 14 septembre 2012 20:41

                durae.leges.sed.leges


                Merci

                Un peu de distance dans ce monde de brutes.

                Que c’est agréable

              • Chupa chups Chupa chups 14 septembre 2012 23:07

                L’expérience de Summerhill est intéressante. Mais il faut aussi en voir les défauts. A summerhill, on a laissé à des enfants parfaitement ignares une liberté sans précédent, avec justice, et sans coercition. Voilà la très bonne partie de l’histoire : les résultats ne se sont pas fait attendre. Les enfants étaient joyeux, contents, assidus. Mais le niveau d’éducation était faible. Pourquoi ? L’école a oublié un contrepoids essentiel à la liberté : la responsabilité individuelle. Summerhill est né dans des idées mi-libérales, mi-socialistes. De ce fait une grosse erreur a été faite. La responsabilité collective. Ainsi, l’élève n’avait pas l’envie de culture. A quoi mon travail pourrait-il bien servir ? A moi, au groupe ? Qu’est-ce que je gagne si je travaille ? Et si je ne travaille pas, de qui est-ce la faute ?

                L’école française elle fait la même erreur dans l’autre sens. Elle ne laisse aucune liberté aux élèves (mais vraiment rien, je n’exagère pas.) mais, lorsque celui-ci ne réussi pas, lui fait porter absolument tout le chapeau. Que gagne l’élève en échange de son travail ? Rien. Des nombres. C’est improductif au possible ; une véritable fabrique de crétins.


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 07:14

                Chupa chups


                L’école est un lieu de non droit pour l’élève. Il vit dans une absence presque totale de liberté et de recours. Il se trouve face à une autorité indiscutable.

                Face à cette évidence, les élèves ont découvert que ce pouvoir était fictif car ne reposant plus sur un consencus général. Petit à petit, la dictaure du maître s’est émiétée et ce sont eux qui ont pris le pouvoir réel de l’obstruction, du refus de travail, de l’indiscipline avec la complicité active de leurs parents.

                Mais l’apparence demeure et chacun joue sa partition : le prof qui tient un pouvoir d’opérette, les élèves qui n’ont aucune liberté en apprence ... C’est une farce entrenue par les dois qui font semblant de croire qu’il y a encore une autorité magistrale.

                Que faire ?


                Chnger toutes les règles du jeu.
                SE pencher un peu (pas trop ) sur la pédagogie institutionnelle et former les adultes à la pédagogie de guérilla urbaine (je ne plaisante pas)

                À méditer

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 09:08

                Un lieu de « non-droit » ??

                Au contraire il y a tout un arsenal de règles protégeant l’élève, et donc pour le protéger on le bride également.
                Par exemple l’élève n’a pas le droit d’insulter une autre personne, agent de service, prof ou élève.
                C’est contraignant, mais censé rejeter la loi du plus fort.

                Vous auriez du dire un espace de non-liberté, ce qui est extremement différent


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 09:12

                tf1Goupie 


                J’accepte la nuance ...

                Méfions-nous de l’apparence de liberté et de droit quand au quotidien la réalité s’exprime tout autrement.

                Paradoxalement, les élèves ont compris et ont pris le pouvoir de manière insidieuse.

                Il serait bon de revoir le fonctionnement des classes au lieu de prévoir des lois pour la galerie qui ne fonctionnent JAMAIS

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 09:58

                C’est là qu’on peut avoir des points de vue différents : ce n’est pas parce que la réalité s’exprime d’une manière décevante que les lois sont mauvaises.

                Moi je pense que l’on a simplement laissé aux enfants prendre l’habitude de refuser ou « déformer » les règles.
                Le cliché des « élèves en souffrance » déculpabilisant en est un exemple.

                Les lois sont indispensables à l’expression de la liberté.
                Je suis un grand amateur de Rugby et je trouve que c’est un bon exemple : dans ce sport il est indispensable que la loi soit appliquée avec une extrême sévérité pour que les joueurs puissent s’exprimer ... sinon c’est le chaos.

                Bref je ne pense pas que les lois soient pour la galerie. Elles ont perdu de leur sens, mais les profs en sont en partie responsables.
                On pourrait avoir une approche à l’allemande où le rapport prof-eleves est plus apaisé ; mais la culture française plus contestataire ne le permet peut-être pas.



              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 10:35

                tf1Goupie 


                Ami rugbyman bonjour !
                J’ai consacré une grand epartie de ma vie à ce sport et j’ai entraîné à très bon niveau (F1-2)

                J’évoque les lois sur l’insute et la menace par exemple. Nous sommes quotidiennement victimes de ce genre de pratiques langagières qui sont banales qu’on finit par ne plus les remarquer.
                Mais si un jour, pour dire stop, vous allez au commissariat pour déposer une plainte, vous serez surpris du refus de la prendre en considération.

                Alors, la loi sert à quoi ?

                Aux faits très graves quand ils ont dégénéré. Mais c’est hélas trop tard !

              • tf1Goupie 15 septembre 2012 11:16

                D’abord je m’incline : je n’ai joué qu’en universitaire pendant 3 ans ...

                Mais c’est un sport que j’adore et qui est pour moi une référence en matière de gestion de classe : je distribue les cartons jaunes , parfois rouges ...
                Vous connaissez le principe : il faut laisser le jeu se dérouler le plus possible.

                Après il faut que les règles soient comprises et que l’arbitre soient respecté ... ce qui n’est plus cas en France.

                Ensuite je me rends compte que j’avais mal compris ce que vous appeliez : loi.
                Moi je parlais des régles intérieures à l’établissement. J’ai très rarement besoin de l’application de la Loi française dans mon travail. Quand on en arrive là c’est déjà grave.

                Normalement, vous ne devriez pas à avoir à porter plainte auprès de la Police et je ne suis pas sûr qu’ils aient la réponse à votre besoin, je n’en sais pas assez.

                Beaucoup de problèmes sont de la responsabilité du Chef d’Etablissement, responsabilité qu’il assume rarement.
                Je trouve d’ailleurs très désagréable d’avoir à contracter moi-même mon assurance professionnelle (Autonome de Solidarité) ... je ne suis pas sûr que je vais la prendre cette année.


              • C'est Nabum C’est Nabum 15 septembre 2012 12:19

                TF1 Goupil


                Je pense moi aussi que la classe doit vivre des valeurs du Rugy.
                Le groupe prime sur l’individu, des travaux se font en commun, la recherche de stage concerne toute la classe et il n’est pas question qu’un camarade reste sur le tapis.

                Nous sommes d’accord à la condition d’utiliser le vocable règle pour la classe.

                Quant à ma plainte, elle était symbolique naturellement pour signifier explicitement que l’injurre n’était pas un mode de communication dans la classe.

                L’administration est à plus d’un km de notre segpa et elle s’en moque totalement. Il ne faut pas compter sur eux ...

                Nous sommes dans une situation scandaleuse, inadmissible mais si commode pour plein de gens. Alors, la ségrécation géographique explique quelques dérèglements supplémentaires.

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