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Accueil du site > Actualités > Société > Université : diagnostic et thérapie(s)

Université : diagnostic et thérapie(s)

A peine trois mois après l’adoption du texte de loi relatif aux libertés et responsabilités des universités, la grogne étudiante prend de l’ampleur, témoignant d’une opposition naissante à une réforme visant à moderniser une université confrontée à des difficultés endémiques. La méconnaissance du contenu de la réforme et le manque d’information concernant l’état réel du système universitaire sont les ferments de l’incompréhension étudiante qui entoure ce sujet. L’urgence d’un check-up s’impose pour éviter à terme l’autopsie.

De multiples commissions ont eu, au cours des dernières années, la tâche de réunir et consulter les différents acteurs du monde de l’enseignement supérieur afin de dresser un bilan des forces et faiblesses de notre système de formation. L’une d’entre elles, reposant sur les témoignages de près de 20 000 participants et chargée de formuler des propositions issues des 120 débats sur le thème « Université-Emploi » dans 29 académies, associés à la consultation de 29 organismes et l’intervention de plus de 2000 internautes, a rendu en juin 2006 un rapport faisant un portrait alarmiste de la situation du système universitaire français et de son inadéquation à la conjoncture économique de notre pays. Le constat est sans appel : 20% des étudiants sortent de l’université sans diplôme tandis que 11% sont au chômage 3 ans après l’obtention de leur diplôme. La réalité est vraisemblablement pire encore, dans la mesure où une forte proportion de jeunes cumulent les emplois précaires (70% des 18-24 ans bénéficient de contrats précaires) et ne figurent pas dans les statistiques du chômage. Certes, excepté pour les jeunes ayant suivi certaines formations professionnelles, en l’absence de diplôme d’études supérieures, les perspectives de trouver rapidement un emploi sont encore plus sombres (22% des moins de 24 ans sont au chômage), mais l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur demeure globalement à un niveau qui n’est pas satisfaisant. Ainsi, comme le dénonce Marie Duru-Bellat, enseignant-chercheur à l’université de Bourgogne, dans L’Inflation scolaire, les désillusions de la méritocratie : « En France, il y a seulement vingt ans, 15% d’une classe d’âge allaient à l’université. Aujourd’hui ils sont 40%. Cette massification s’est faite sans qu’on adapte les formations et sans réfléchir aux débouchés des diplômés ni aux compétences dont on dote vraiment les jeunes. Alors bien sûr, la valeur relative des diplômes existe bien : il vaut mieux un bac +3 qu’un simple bac. Mais le problème, c’est leur valeur intrinsèque. Ils ne suffisent pas à s’insérer sur le marché du travail. »

Pathologie et déficiences chroniques. Ce triste état de fait est pourtant régulièrement dénoncé à la fois par certains membres du corps enseignant mais aussi par les responsables des principaux groupes industriels et d’entreprises de différents secteurs. Comme il est mentionné dans le rapport du cercle Vinci, de nombreux témoignages tels que celui de Michel Godet, responsable de la chaire de prospective du CNAM, indiquent clairement que l’on se dirige vers une pénurie de jeunes professionnels bien formés et un trop-plein de diplômés généralistes. Pourtant, on continue depuis des années à former des étudiants dans des filières saturées sans les informer des débouchés et, finalement avec beaucoup de lâcheté, sans se préoccuper véritablement des capacités d’absorption du marché de l’emploi de jeunes diplômés en surnombre. Ainsi, le succès de certaines filières dont nul n’a pris soin de contrôler les effectifs a conduit à des situations telles que la quasi-totalité des jeunes diplômés ne pourra exercer un métier en relation avec leur formation initiale. A titre d’exemple, la France regroupe le quart des étudiants européens en psychologie et délivre 4 à 6 fois plus de diplômes de psychologues que le marché ne peut en absorber. Pour ceux-là, nul doute que la recherche d’un emploi en rapport avec leurs compétences prendra l’allure de mission impossible. Cette perspective a naturellement suscité des inquiétudes grandissantes auprès des concernés à tel point que la Fédération française des psychologues et de psychologie a lancé en 2006 une pétition réclamant que la sélection placée jusque-là au niveau Master 2e année (bac+5) soit ramenée au niveau Master 1ère année (bac+4) de façon à limiter l’engorgement de la filière. Il est instructif de noter que cette proposition formulée par une corporation en prise directe avec le problème d’insertion des jeunes diplômés, reprise l’année suivante dans le projet de loi sur l’autonomie des universités, a provoqué une massive levée de boucliers de la part des organisations syndicales étudiantes, soucieuses de défendre le « principe d’absence de sélection » à l’université (cela semble une farce). Une absence de sélection qui trop souvent garantie l’égalité d’accès pour tous aux listes de demandeurs d’emploi de l’ANPE...

Outre cet échec de l’université en matière d’insertion professionnelle, d’autres études pointent du doigt certaines dérives voire certaines injustices dans le domaine de l’égalité d’accès aux études supérieures. Ainsi par exemple, comme le souligne le député Laurent Wauquiez dans le rapport de juillet 2006 sur les conditions de vie étudiantes, « le système de bourses se caractérise par une relative iniquité, en aidant les deux extrêmes : les plus démunis (par le biais des bourses sur critères sociaux) et les ménages les plus aisés (par le biais des aides fiscales) ; mais en sacrifiant les intermédiaires, à savoir les classes moyennes modestes ».

L’inégalité en matière de moyens est elle aussi criante lorsqu’on compare les budgets des universités et ceux des grandes écoles. Comment admettre que le budget par étudiant à l’université (6 850 € en 2005, 7 210 € en 2006) soit en moyenne égal à seulement la moitié de celui d’un étudiant en école d’ingénieur (13 220 € en 2005) ou en classe prépa (13 560 € en 2006) et même inférieur à celui d’un lycéen (10 170 € en 2006) ce qui fait de la situation française un cas unique au sein des pays de l’OCDE en consacrant plus de moyens à la formation d’un élève du secondaire que d’un étudiant à l’université ? Cette question est pourtant fondamentale car cet écart de moyens entre les universités et les grandes écoles renforce le déficit d’image des formations universitaires auprès des étudiants et des recruteurs. Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que les universités françaises ne brillent pas par leur position d’élites dans les classements internationaux. Ainsi, si l’on s’appuie sur une récente étude de Henry Tulkens du département des Sciences économiques de l’université catholique de Louvain, qui tente d’établir un classement des universités et grandes écoles au niveau mondial en tenant compte de leurs diversités et spécificités (donc a priori plutôt plus favorable pour les universités françaises que ne l’est le classement de Shangaï), la première université française n’apparaît qu’en 82e position et seulement 3 figurent parmi les 200 premiers établissements listés (on remarque également que 7 des 10 institutions françaises mentionnées sont des grandes écoles dont la première se classe en seulement 10e position au niveau mondial).

Pour compléter le tableau de la situation actuelle de l’université, on pourrait également mentionner les difficultés que connaît la recherche française pour retenir ses meilleurs éléments sur le sol national, le manque de visibilité à l’international de nos universités, le faible nombre de brevets déposés par les universitaires et plus globalement le peu de transfert technologique des laboratoires universitaires vers les industries, l’absence de véritable politique de gestion des ressources humaines des personnels, etc.

Cependant, la seule prise en compte des échecs de l’université en matière de formation et d’insertion professionnelle, thème naturellement au plus près des préoccupations des étudiants, aurait légitimement dû inspirer depuis longtemps une réforme profonde du fonctionnement de l’université et de ses missions. Alors à l’heure où l’université se prépare à connaître une évolution majeure par la mise en application de la loi du 10 août 2007, quels sont les points qui suscitent l’inquiétude chez certains étudiants et quels sont les principaux axes de cette loi tantôt attendue impatiemment par les uns, tantôt décriée avec force par les autres ?

Les moyens de la réussite. Les moyens consacrés à l’enseignement supérieur sont, de toute évidence, insuffisants. Il apparaît essentiel de permettre aux universités d’atteindre des niveaux de ressources comparables à ceux de leurs homologues étrangères. Il est évident que l’on ne peut obtenir les mêmes résultats lorsque l’on dispose d’un budget annuel de 110 000 € par étudiant (cas de l’université de Princeton aux Etats-Unis) ou de 3 300 € comme c’est le cas de l’université Paris-IV-Sorbonne qui incarne pourtant une position symbolique parmi nos universités. Néanmoins, augmenter significativement le budget des universités dans un contexte où la réévaluation des droits d’inscription est un sujet tabou et où l’effort de l’Etat ne peut se faire que dans un cadre budgétaire strict, s’apparente à chercher la quadrature du cercle. En réalité, les solutions existent, mais elles impliquent de profondes mutations qui doivent dépasser les prises de position idéologiques.

Prenons l’exemple des droits d’inscription : il semble naturel de considérer que leur augmentation conduirait à une augmentation de l’inégalité d’accès aux études supérieures. Cependant, cet argument ne tient plus si l’on associe à l’augmentation des droits une refonte complète du système de bourses de sorte à accroître significativement le nombre de bénéficiaires et atténuer les effets de seuil dénoncés par le rapport Wauquiez. Cependant, le sujet reste sensible et l’heure ne semble pas venue de mener le débat sur l’éventuelle opportunité d’une augmentation des droits d’inscription. Sur ce point, la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités n’attribuant pas la liberté aux universités de définir le montant des droits d’inscription, ceux-ci restent fixés par décret ministériel conformément aux dispositions prévues par l’article concerné de la loi précédemment en vigueur.

En l’absence d’une augmentation des droits d’inscription, quels sont donc les outils qui pourraient permettre d’accroître les ressources de nos universités ? Actuellement, l’université est financée à hauteur de 83% par l’Etat et les collectivités territoriales, les 17% restants étant répartis entre les droits d’inscription (9%), la contribution des entreprises (6%) et d’autres sources variées (2%). En comparaison, la part cumulée de l’Etat et des droits d’inscription ne représente que 21% du budget de l’université d’Harvard, l’essentiel des ressources provenant des dons privés, de la contribution des entreprises et d’une politique d’investissement extraordinairement efficace. Les plus grandes universités mondiales favorisent ainsi la création en leur sein de fondations et d’entreprises qui ont le triple avantage de permettre le transfert de compétences vers le privé, d’inciter à l’innovation et la prise de risques et aussi de constituer une source de revenus considérable pour l’université elle-même.

Le système de financement des universités françaises n’est plus adapté à la conjoncture internationale et l’engagement financier de l’Etat, bien qu’essentiel naturellement, ne peut plus suffire aux besoins que réclame un système de recherche et d’enseignement supérieur performant. Dans cette optique, la loi du 10 août 2007, loin de constituer un recul en termes de moyens mais en permettant une plus grande autonomie de gestion et en incitant à diversifier les sources de financement, offre la possibilité de moderniser profondément nos universités en s’inspirant des modèles étrangers. Y voir un désengagement de l’Etat revient à instruire un procès d’intentions et finalement à se priver de nouveaux moyens en préférant conserver un système de financement qui a montré ses limites.

En outre, la loi du 10 août favorise la mise en œuvre d’une véritable politique stratégique de la part des équipes dirigeantes. Ce point est sûrement l’un des éléments centraux de la nouvelle université. L’équipe dirigeante sera désormais resserrée, élue par les personnels et les étudiants autour d’un véritable projet et délibérément ouverte vers les acteurs du tissu économique local. Ce choix d’un rôle décisionnaire accru du conseil d’administration est naturellement dicté par l’autonomie plus grande des universités qui devront faire face à des responsabilités nouvelles et qui devront donc faire preuve d’une réactivité et d’un engagement plus important de leurs responsables. Néanmoins, cette nouvelle forme de gouvernance ne réduit pas pour autant la représentativité du personnel au sein de l’équipe dirigeante de l’université dont les membres (à l’exception naturellement des membres extérieurs) sont élus par les différentes catégories du personnel des universités. Lors des élections, l’importance du choix des représentants sur leur projet sera par conséquent renforcée et responsabilisera à la fois les élus mais aussi les personnels dont le vote influera directement sur les choix stratégiques de l’établissement.

Un diplôme pour un emploi. L’autre point essentiel de la nouvelle loi concerne les nouvelles missions confiées à l’université. Désormais, les missions du service public de l’enseignement supérieur sont : 1) la formation initiale et continue, 2) la recherche scientifique et technologique et la diffusion et la valorisation de ses résultats, 3) l’orientation et l’insertion professionnelle, 4) la diffusion de la culture et l’information scientifique et technique, 5) la participation à la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, 6) la coopération internationale. L’intégration de la mission d’orientation et d’insertion professionnelle parmi les prérogatives de l’université est d’une portée considérable. Cela signifie que les universités auront dorénavant l’obligation d’informer les étudiants sur les perspectives d’emploi offertes par les formations universitaires et le devoir d’adapter les formations au marché de l’emploi. Des études statistiques devront être publiées régulièrement et le lien entre l’université et le monde professionnel devra être renforcé. Ce dernier objectif a notamment été cité de façon récurrente parmi les recommandations formulées par de nombreuses commissions au cours des dernières années. L’accent mis sur la formation continue et le système des VAE (validation des acquis de l’expérience) devra aussi entretenir cette proximité université-entreprises.

De nombreux autres points qui figurent dans le texte de loi sont aussi de nature à améliorer la qualité de vie étudiante. Qu’il s’agisse de la possibilité pour les universités de rémunérer les étudiants sur des critères académiques et sociaux, de la création d’un bureau d’aide à l’insertion professionnelle, de l’assistance offerte pour la recherche de stages, de la formation, éventuellement qualifiante, des représentants élus des étudiants, tous ces éléments devraient selon moi être considérés avec la plus grande attention pour juger des conséquences d’une réforme aussi importante pour l’avenir de nos étudiants et de notre société future.

Bien sûr les étudiants sont des acteurs centraux de l’université et doivent en conséquence assumer leur rôle dans la construction de l’université de demain. Ce rôle, ils le revendiquent souvent à raison en dénonçant les multiples imperfections d’un système universitaire qui les oublie parfois un peu. Je crois comme beaucoup qu’il reste beaucoup à faire, par exemple concernant l’évaluation des enseignants, le statut des doctorants ou la promotion de l’action associative au sein de l’université. Néanmoins, il faut veiller à ce que la fougue et le désir de s’investir, de débattre et de se faire entendre ne conduisent pas à la situation paradoxale où l’immobilisme semble la seule perspective de consensus dans un contexte où chacun souhaite le changement.

L’université est une chance. Le slogan n’est pas de moi mais de la CPU (conférence des présidents d’universités). Pour ma part je dirais plutôt :

L’université a une chance : l’opportunité de se rénover.

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Université : diagnostic et thérapie(s)

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104 réactions à cet article    


  • Leveque 15 novembre 2007 14:37

    Excellent article. Un diagnocstic pointu des problémes de l’université.

    Par ma part j’insisterais sur deux aspect : l’augmentation des frais de scolarité n’a qu’un sens symbolique. Car ils ne suffiront pas à financer convenablement l’université.

    Le vrai défi, c’est de remettre l’Université à sa vrai place civile : entre le lycée et le travail !!

    C’est aussi de mieux connecter le lycée au monde de l’entreprise où les sources de financement seront présente.

    En même temps d’investir l’argent ( y compris du contribuable) dans ce qui a un sens. C’est à dire limiter l’accés au filiéres en fonction des débouchés connus. C’est le drame de la France de voir des générations entiéres s’engouffrer dans des filiéres sans avenir, d’y gacher leur jeunesse, et de les voir ensuite trainer, dans la précarité, de CDD en concours administratif.

    Personnellement j’ai choisi l’informatique et je ne le regrette pas. si j’avais choisit l’Histoire (comme je le voulais) je serais dans une situation professionnelle trés différente.

    En vérité le diagnostic est fait depuis longtemps. il n’est pas mystérieux. Ce qui est beaucoup plus dur c’est de faire admettre aux « gens » et aux jeunes, que l’université n’est pas un mondre à part, dans lequel on s’épanouit culturellement au frais du contribuable, mais plutot un investissement pour son avenir professionnel. Il doit donc être un investissement rentable. pour l’état comme pour les étudiants.


    • tyze 15 novembre 2007 15:27

      Allez tous en informatique !!! Perso j’ai fait des études d’informatique (j’ai aussi été tenté pas l’histoire...) et aujourd’hui cette discipline me débecte complètement. En fait en discutant avec des gens qui ont suivi le même genre de cursus, le constat est toujours le même : j’ai un bac+5 et ce que j’ai appris à l’école ne me sert quasiment à rien au quotidien. Si le but essentiel de l’université est de former des gens les plus adapatés possible aux conditions du marché du travail alors l’université n’a plus de raison d’être tout simplement... Des formations école/entreprise en alternance à la sortie du bac suffiront amplement et l’état fera beaucoup d’économie.

      Je comprends et je partage la colère de tous ces étudiants en grève face à ce genre de discours sans ambition et déprimant... Personellement, c’est plutôt à travers ce genre de discours utilistariste que je ressens la « clochardisation » (intélectuelle) de l’université.


    • Leveque 16 novembre 2007 11:44

      Si tu sa fait un bac + 5 en informatique, tu dois avoir un CDI et être assez bien payé comme je le suis. Dans un monde ou la précarité et le chomage régne, ce n’est pas rien. Tu devrais être reconnaissant à l’université de t’avoir donné l’occasion de faire ses études là, porteuse et génératrice d’emploi.

      Au lieu de cela, tu te lamente sur tes propres erreurs d’orientation, de choix profesionnel en les mettant sur le dos de l’unversité.

      Manque d’ambition, clochardisation de l’université ? Ma vision à moi ne consiste pas à créer des intellectuels par millions qui réfléchiront sur le sens monde pendant qu’ils pointent à l’ANPE, mais des jeunes diplomés capable d’intégrer le monde du travail....

      C’est le genre de détail qui vous échappe complétement ça, que les jeunes fassent des études pour travailler et non pour « s’enrichir intellectuellement ».


    • Pinpin 16 novembre 2007 14:17

      Alors l’enrichissement mercantil serait plus important que l’enrichissement intellectuel ?

      Si l’université se doit de former convenablement à l’insertion professionnelle, elle se doit avant tout de rendre les étudiants plus intelligents, même si cette notion est un peu vague. Des gens instruits et capables de réfléchir seront certainement aussi utiles à la société (et même plus) que des techniciens programmeurs autistes de leur tâche et d’une superficialité totale, lobotomisés par leurs écrans.

      Mais visiblement, essayer de construire une société de citoyens éclairés a l’air trop compliqué aux yeux de certains, il parait plus simple d’élever un troupeau de travailleurs décérébrés qui enrichiront quelques individus peu scrupuleux maîtres du monde.


    • bertrand 78 15 novembre 2007 15:02

      Pour ma part( moi qui n’est pas mis les pied d’en l’un de ces etablissements) je pense que tout votre raisonnement est biaisé a la base.

      Faut il vraiment former les gens uniquement pour qu’ils s’integrent dans le monde du travail ??Est-ce que le seul but dans la vie est de travailler ?? Je suis personnelement issus d’une filiere technique et ai abordé le monde du travail a Bac+2, les etudes ne m’interressant pas car trop eloignées du concret qui est l’un de mes caractere dominant.Les années ont passées en faisant mon petit bout de chemin dans la vie professionnelle et je pense qu’avec un peu de sagesse qui vient avec l’age et la curosité, mon plus gros refus de cet enseignement etait qu’il voulait juste m’aprendre(et mal car avec 20 ans de retard dans les technologies) ce qui serait mon futur travail.

      Je pense que le role de l’ecole devrais etre d’epanouir les jeunes esprit en leur offrants le maximun de connaissances dans les domaines ou ils sont curieux et/ou doués.Au lieux de cela ont persiste a les former pour tenir une place dans un travail.Est-ce vraiment une finalité dans la vie ??Plus les années passent et plus j’en doute


      • heyben 15 novembre 2007 18:53

        Si les « jeunes » mettent 50ans à s’épanouir, on leur finance des études pendant 50 ans ?


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 15 novembre 2007 15:03

        Analyse approfondie des problèmes de l’Université, qu’on ne peut séparer des problèmes de la Recherche, où sévit l’exploitation de pauvres post-doc rétribués avec des cacahouètes. L’autonomie des établissements est une bonne chose, tant que les mandarins n’y concentrent pas trop de pouvoir.

        Diversifier les sources de financement : oui, d’accord, mais d’où vient l’argent ?
        - du privé, et on va favoriser les départements liés au développement de produits ou de services, ou des universités « viviers » des jeunes aristocrates de demain (genre Paris-Dauphine).
        - du public national : pas grand-chose à attendre, on compte nos maigres sous
        - des programmes européens, qui ne sont pas extensibles.

        Comme les sources de financements sont restreintes face au grand nombre des universités, on institue fatalement un système de concurrence entre Universités.

        Ce n’est pas forcément mauvais en soi, si c’est bien géré par des Présidents d’Université dynamiques et stratèges (il y en a), après tout, le monde de la recherche est habitué à cette concurrence (amicale, cela va de soi...).

        Mais on comprend le malaise des étudiants, pour qui l’UNEF et Pécresse ont signé des accords « dans leur dos » (pendant leurs vacances, en fait), qui végètent dans des chambres de bonnes insalubres, mangent des conserves, vont dans des amphis dévastés et taggés, et qui se disent que leur université va se retrouver dernière du classement. Comme rêve d’insertion sociale, on fait mieux.

        Et il y a quelque chose dont personne ne parle, c’est l’orientation avant l’université, dès le lycée. Faire des études de psychologie, ou d’histoire, ce n’est pas forcément pour faire psychologue ou historien, mais quand on est jeune, on peut le croire. Une simple information sur les débouchés de chaque branche serait d’une grande aide.

        Après tout, si socialement, l’Université est bien placée entre le lycée et la travail, elle n’est pas entièrement une machine à produire du travailleur.


        • Le péripate Le péripate 15 novembre 2007 15:06

          Difficile de se prononcer sur la partie « diagnostic ». Admettons.

          Mais cher auteur, vous êtes extrémement « leger » sur la partie « thétapies » !

          Passons sur l’autonomisation.

          Mais sur le financement, vous vous contentez d’évoquer les « modèles étrangers ». Qu’avez vous à répondre à ça, qui me semble présenter un point de vue plus équilibré, plus réaliste surtout.

          http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2007/11/les-universits-.html

          le blog de Olivier Ertzscheid Enseignant-chercheur (Maître de Conférences) en Sciences de l’information et de la communication.


          • Mescalina Mescalina 15 novembre 2007 17:31

            « personne n’est capable de prédire du marché du travail au-delà d’un horizon 4 ou 5ans. »

            Bien sûr, peut être qu’il faudra dans 4-5-70 ans 4 fois plus de psychologues pour soigner les psychopates alarmistes faussement humanistes comme vous...

            « cela dégagera des fonds publics pour améliore la qualité des filières plus éloignées des préoccupations des entreprises (l’Histoire, les langues mortes, la sociologie etc) »

            Le problème est : voulons nous continuer, sous couvert du « j’fais c’que j’veux j’suis en démocratie », à former 4 fois plus d’étudiants que nécessaires dans certaines filières ??? A part générer des futurs chômeurs et des aigris ? C’est ça votre truc ????? Et bien ce n’est pas le mien.

            « dérive ultralibérale, celle qui a pour but de fabriquer de bons petits sujets des entreprises, obéissants, dépourvus de tout sens moral, formatés à être des exploiteurs - exploités jetables et corvéables à merci. »

            Merci Arlette, ça fait toujours bien rire.

            « Il faut être naïf, ou stupide, ou aveuglé par un fanatisme militant pro-sarkozyste pour faire confiance à cette réforme-là de l’Université. »

            Il faut être très naif ET très stupide (communiste anarchisant, juste pour le plaisir de l’écrire, vous voyez ce que je veux dire) pour être aussi déconnecté de la réalité.

            Juste ok sur le formatage. Ce n’est pas le but de la FAC. Mais c’est tellement simpliste à caser comme argument, ce n’est pas le sujet. Entendre « Il faut virer l’entreprise de la FAC » me fait frémir. Ils sont sensés faire quoi après, nos petits révolutionnaires ? Tout cela est franchement ridicule.


          • Fred 15 novembre 2007 18:37

            Pourquoi mettre encore plus d’argent dans des filiales bouchées qui forment trop de monde par rapport au marché du travail ? La France forme un tiers des étudiants de psycho d’Europe ; je veux bien que nous soyons les plus déprimés au monde et que nous ayons besoin de psychologie voir même de psychanalyse mais là c’est une autre formation mais quand même à quoi ça sert de laisser rentrer autant de gens si à la sortie ils se retrouvent au chômage.


          • heyben 15 novembre 2007 19:03

            J’aimerais connaître le nombre d’étudiants en psycho déprimés. :D


          • Le péripate Le péripate 16 novembre 2007 08:13

            Coopération, Calmos. Coopération. Voilà un nouveau mot de vocabulaire. Bonne journée.


          • Michael Texier 16 novembre 2007 09:20

            Cher Léon,

            Sur deux aspects plus ou moins directement évoqués dans la loi, vous exprimez certaines inquiétudes et vous déclarez mettre votre main à couper que vos prévisions plutôt pessimistes se vérifieront dans un proche avenir. Permettez-moi de vous dire que les engagements pris par le gouvernement risquent de faire de vous un manchot. smiley

            Sur le thème des droits d’inscription et du système de bourses. Je suis personnellement assez sceptique - et je l’ai déjà évoqué par ailleurs - quant au fait qu’une augmentation des droits puisse apporter une contribution significative au problème du financement des universités. Pour moi, ce n’est pas par les droits d’inscription qu’il faut chercher un moyen d’augmenter significativement le budget de l’enseignement supérieur. Néanmoins, je prenais cet exemple pour montrer que même concernant les droits d’inscription, les positions idéologiques ne sont pas souhaitables. Pour ceux qui ont lu le rapport Wauquiez, il apparaît évident que le montant des droits et les critères d’attribution et le montant des bourses sont 2 sujets intimement connectés. Ainsi une augmentation des droits associée à une refonte du système de bourses ne conduit pas nécessairement à un accroissement des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur.

            Bon, sur ce point vous pariez que les orientations gouvernementales n’iront pas dans le sens d’un accroissement du nombre et du montant des bourses.

            Première main perdue : le gouvernement vient de s’engager à délivrer dès cette année 10000 bourses suplémentaires et le montant des différentes bourses sera globalement augmenté.

            Vous supposez ensuite que l’autonomie des universités est un moyen pour l’état de se désengager. C’est d’ailleurs l’argument principal des anti-loi Pécresse.

            Autre main coupée : Le budget 2008 prévoit une augmentation très significative de la dotation de l’état aux universités qui représente 400€ par étudiant. Ce chiffre concerne uniquement la partie enseignement et l’on doit par ailleurs ajouter les crédits suplémentaires à destination de la recherche. On peut toujours considérer que cela n’est pas assez mais je trouve assez fascinant de constater que c’est lorsque l’on augmente les crédits que la contestation se manifeste. Le sous-financement des universités n’est pas nouveau mais l’on devrait tout de même prendre acte du fait que la loi Pécresse ET le budget correspondant à la dotation de l’état (+50% en 5 ans) correspondent à une volonté de renforcer les moyens à destination des universités. C’est un effort peut-être insuffisant mais en tous cas sans précédent.

            Enfin, vous évoquez le fait qu’il serait impossible de prévoir quel sera le marché du travail dans 4 ou 5 ans. Je ne nie pas qu’il est difficile de faire des prévisions hyper fiables dans ce domaine, mais il en revanche très simple de constater la situation actuelle. J’ai pris l’exemple des psychologues car il est dramatiquement significatif. Inutile d’être Nostradamus pour prévoir que les étudiants actuellement dans cette filière auront beaucoup de mal à trouver un emploi en rapport avec leur formation.

            Sans faire du diplôme à la demande du marché, il faut prendre en compte ses évolutions et capacités d’absorption. Sans quoi l’Université ne remplit pas sa mission selon moi.

            « Il faut être naïf, ou stupide, ou aveuglé par un fanatisme militant pro-sarkozyste pour faire confiance à cette réforme-là de l’Université ».

            Je ne pense pas être naîf, j’espère ne pas être stupide et je sais que je ne suis pas aveuglé par un quelconque fanaatisme. J’essaie de considérer la situation sans dogmatisme et de m’en tenir aux faits. Les faits sont là : les engagements du gouvernement et le contenu de la loi vont dans le bon sens. Et c’est déjà ça.


          • Le péripate Le péripate 16 novembre 2007 11:09

            Vous n’avez pas répondu aux arguments de votre collegue dont je présentais le blog plus haut. J’en conclu qu’il est plus pertinent que vous.

            Je le cite « Le risque, très clairement, c’est que le tissu universitaire français ne se réduise comme une peau de chagrin. Seules resteront les universités suffisamment importantes et attractives et malines pour attirer tous ces mécènes et donateurs. Les autres seront simplement, à moyen terme rayées de la carte ou tellement inexistantes et de seconde zone, que leurs diplômes ne vaudront plus rien »


          • Traroth Traroth 16 novembre 2007 16:43

            Donc pour vous, les rapports économiques ne peuvent être que des rapports d’exploitation. On voit le profil ultralibéral des sarkozystes. C’est terrifiant !


          • Michael Texier 16 novembre 2007 16:47

            @ Le péripate,

            J’ai lu attentivement l’article auquel vous faites référence et je suis ravi de l’opportunité que vous me donnez de pouvoir répondre à certains arguments qui sont formulés par l’auteur.

            Avant toute chose, je note que la seule lecture de la première phrase illustre parfaitement les approximations et le parti-pris (ou l’humour diront d’autres) qui émaillent le reste du discours. En effet, on y apprend que Mme la ministre de l’enseignement Supérieur et de la Recherche se nomme désormais « Valérie Pécheresse » et que la loi LRU (relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) signifie « Loi sur la Recherche et l’Université ». Confusion qui témoigne peut-être d’une certaine méconnaissance du contenu d’une loi dont l’auteur n’a visiblement même pas retenu le titre. Passons.

            Dans la première partie du texte, l’auteur déclare ne pas avoir d’opposition de principe à un financement diversifié des universités : « Des dons, des fondations ... pourquoi pas. Je ne fais pas sur cette question de blocage idéologique... »

            Pour résumer, sa première critique porte sur le fait que le financement des universités par les entreprises risquerait à terme de « réduire le tissu universitaire » en raison de l’hétérogénéité du tissu industriel sur le territoire. Cet argument consiste à dire qu’en vertu du principe d’égalité, il faudrait freiner certains partenariats universités-entreprises car ils risqueraient d’être exagérément profitables à ces universités en termes de moyens et de renommée. En somme, il faudrait s’assurer que toutes les universités soient égales « par le bas » et que surtout aucune d’elles ne se distingue.

            D’autre part, je doute qu’il n’y ait sur le territoire français aucune zone dont l’activité économique ne puisse être rapprochée de l’université. Si tel était le cas, il conviendrait de se poser la question de la justification de la présence d’une université dans un tel désert d’activité. A ce propos, l’auteur prend pour exemple Poitiers, j’aimerais qu’il se renseigne sur les partenariats entre l’Université de Poitiers (ou l’école d’ingénieurs ENSMA) avec Dassault Industries ou la SNECMA par exemple... Je ne crois pas que les étudiants ou les chercheurs de cette université n’aient à s’en plaindre.

            Ensuite, l’auteur se lance dans une logorrhée décrivant la mission d’un enseignant ou d’un chercheur pour qui, selon lui, l’excellence est un critère indéfinissable. Et bien je suis désolé, mais pour moi, même sans employer le terme d’excellence, je considère que de nombreux critères sont en mesure de nous permettre d’estimer la qualité du travail d’un enseignant-chercheur et au minimum d’en reconnaître la motivation et l’implication.

            J’ai moi aussi une très haute idée de la mission qui est confiée aux enseignants-chercheurs. En contribuant à faire progresser et à transmettre le savoir, les enseignants-chercheurs ont la lourde responsabilité de construire l’avenir. C’est une tache qui ne peut être assumée avec légèreté, pour laquelle on ne peut s’investir à moitié. J’entends par là que cette responsabilité repose autant sur l’engagement que sur la réussite, les deux étant les conditions menant à ce que certains appelleront l’excellence.

            L’auteur estime à ce propos que l’on ne peut pas valoriser l’excellence car [il] « n’a pas choisi ce métier pour être le meilleur ouvrier du mois ». Moi non plus. Mais je ne vois rien de condamnable à ce que l’état, ou l’université, témoigne de sa reconnaissance à ceux qui s’investissent pleinement dans leur mission.


          • Le péripate Le péripate 17 novembre 2007 10:40

            Merci de cette réponse. Ayant quitté l’Université moi-même il y a bien longtemps, je veux bien reconnaitre que ces débats me sont pour le moins difficile à suivre.

            Mais j’ai cependant du mal à croire que la contestation étudiante serait purement idéologique...

            Le débat continue....


          • Grosquick 15 novembre 2007 15:55

            Bonne analyse de l’auteur

            @bertrand 78 A mon sens, tout dépend de ce que l’on attend de l’université :
            - Si c’est une recherche de culture générale, alors effectivement, les entreprises privées n’ont rien à y faire
            - Par contre s’il s’agit de se former efficacement pour accéder à un emploi, il me semble que faire intervenir des entreprises au sein de l’université est une bonne chose


            • jzk 15 novembre 2007 16:24

              Après il y a une chose aussi, c’est que l’Etat n’est pas responsable de tous les maux de l’université. C’est aussi aux étudiants à réfléchir sur leur orientation et à savoir pourquoi ils vont à l’université et quel est leur objectif par la suite.

              Combien d’étudiants j’ai pu voir, en fac « parce qu’il faut faire des études », ou tout simplement pour faire plaisir à papa mais qui n’ont aucune idée de leur intégration très proche dans la vie professionnelle.

              Evidemment, si papa et maman ne finançaient pas eux même le cursus universitaire et tout ce qui va avec (appart, alimentation, argent de poche...), les étudiants réfléchiraient beaucoup plus à leur avenir. C’est dingue, dans un endroit où l’on est censé réfléchir, moi je n’ai rencontré en majorité que des gens qui ne savaient pas pourquoi ils étaient là et ce qu’ils feraint plus tard.

              J’ai plutôt l’impression avec ce type d’article de voir des étudiants qui se réveillent enfin, à l’approche de l’échéance « va bien falloir bosser pour gagner sa vie » nous faire leur crise d’adolescent comme quoi on ne s’occupe pas assez d’eux.

              Et oui, la vie est difficile, bienvenue dans le monde. Le réveil après fac est douloureux, tout le monde est passé par là, seulement certains, ceux qui comme moi ont dû se financer eux même leurs études, ont préparé leurs formation pour avoir une insertion professionnelle cohérente. Difficile quand on se réveille après 5 années d’études supérieures sans plan vraiment défini...

              Après ceux qui pensent que l’on ne va pas à l’université pour travailler me font bien rire... On en fait quoi alors de ces gens intelligents ? On va les payer à « penser » c’est cela ? Mouarf, bienvenue dans la Vie.


              • Voltaire Voltaire 15 novembre 2007 16:43

                Article qui analyse assez bien le problème, même s’il comporte quelques inexactitudes.

                Il est en effet trompeur de citer un pourcentage de jeunes de moins de 24 an au chômage, car celui-ci représente en fait le pourcentage de jeunes sans emploi,les chômeurs représentent seulement 8-9 % des effectifs d’ensemble de ce groupe d’âges, dont une grande partie n’est pas économiquement « active » parce que scolarisée...

                De la même façon, même si le taux de chômage est élevé dans l’année qui suit la sortie de l’université, celui-ci décroit assez rapidement, et les chômeurs diplômés de l’enseignement supérieur sont rares (mêmes si en effet certaines filières posent problème). C’est l’une des raisons qui pousse les autorités à accroitre le nombre d’étudiants dans le supérieur.

                A cet égard d’ailleurs, le chiffre de 40% d’une classe d’âge atteint en France est assez médiocre par apport à nos compétiteurs ; ceci est à relié avec le financement par étudiant pour la France très inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Comme l’indique l’auteur, nous finançons trop l’enseignement secondaire par rapport au supérieur, trop certaines filières du supérieur par rapport aux autres, et globalement pas assez le supérieur. A cela s’ajoute le très faible niveau de financement des étudiants eux-mêmes de leurs études, j’y reviendrai.

                Il est aussi utile de mentioner de nouveau que la loi votée cet été n’a en réalité que peu d’influence sur la situation des étudiants. Celle-ci a pour principal objet de permettre une meilleure guvernance de l’université. En accroissant l’autonomie de fonctionnement des universités, elle limite un peu les lourdeurs administratives qui paralysent depuis longtemps les initiatives des chercheurs et enseignants, mais n’influe pas sur les moyens réels ou l’enseignement aux éudiants. Le principal article contesté par les grévistes, concernant la possibilité de fondations d’universités et l’éventuelle « privatisation » de celles-ci est une vaste plaisanterie. IL n’y a aucune tradition de financement privé en France, et ce n’est pas un texte qui va changé les mentalités. Au mieux, ces fondations récolterons quelques millions d’euros pour leurs bâtiments et équipements, mais cela n’aura aucune influence sur les contenus des enseignement.

                Cette loi, dont certains articles mériteraient d’être revus d’ailleurs, ne résoud donc pas les problèmes principaux des étudiants, ni pour leurs conditions de vie, ni pour les débouchés professionnels des filières, ni sur la question de l’échec en premier cycle.

                Sans rentrer ici dans le détail, on pourrait néanmoins envisager plusieurs mesures d’urgences en attendant la poursuite de réformes de structures et l’accroissement des moyens.

                Sur le logement étudiant tout d’abord, il est évident que les moyens sont dramatiquement insuffisants, mais la solution s’inscrit dans le problème plus général du logement en France ; Néanmoins, on pourrait envisager dans l’immédiat l’attribution, sous conditions de ressources, d’une prime à l’aide au logement en fonction du coût des loyers (en région parisienne par exemple), comme c’est le cas pour Londres.

                Le problème de l’échec en premier cycle est fortement lié à la nécessité, pour de nombreux étudiants de milieux défavorisés, de travailler en dehors des cours ; Ceci diminue considérablement les chances de réussites. l’établissement de prêts à taux zero, garantis par l’Etat, permettrait de contrebalancer la frilosité des banques qui réservent leurs meilleurs taux aux étudiants de quelques filières ou aux jeunes qui ont une caution parentale... Cette solution doit être rapprochée au fait que l’enseignement supérieur doit être considéré, par l’étudiant, comme un investissement. Il n’y aurait rien de scandaleux de proposer, à terme, des augmentations de droits d’inscription, si la qualité de l’enseignement, les conditions d’enseignement et les débouchés étaient de bon niveau. Mais il ne faut pas inverser le problème : ces augmentations sont envisageables uniquement après que l’Etat ait fourni l’effort financier suffisant pour remettre à niveau l’enseignement universitaire ; ce n’est qu’à cette condition que les étudiants pourront ensuite être sollicité financièrement. On ne peut êre d’accord pour investir de façon personnelle que si cet investissement est rentable... De la même façon, il est temps que le ministère des finances considère le financement de l’enseignemet supérieur et de la recherche comme un investissement, puisque tous les éléments démontrent leur rentabilité pour l’économie d’un pays...

                En ce qui concerne le manque de débouchés de certaines filières, il semblerait indispensable d’imposer, en dernière année de chaque cycle, des éléments liés à la professionalisation de la formation. Cela peut être aussi bien des stages, formations en gestion de projet ou communication (« soft skills ») ou autres alternatives, mais l’essentiel est de donner à l’étudiant, quelque soit son objectif professionnel, des armes qui lui permette d’être plus facilement opérationnel dans le domaine qu’il a choisi.


                • Nicolas de Pape 15 novembre 2007 17:01

                  Très bonne analyse. Mais dès qu’on parle de fondation, mécénat, sponsoring, M. Bruno Julliard répond que « faire rentrer l’entreprise dans l’université est intolérable ». Pourquoi ces syndicats enseignants et étudiants ont-ils si peur de l’entreprise ? Il faudra bien un jour qu’ils y entrent pour y travailler. Côté minerval, je pense qu’on peut demander à un étudiant à la fois de travailler en même temps que ses études et emprunter pour payer un minerval triplé. Mais sans entrer dans les excès US sauf à réformer complètement le système des bourses. On entend aussi l’idée de créer des Fondations d’anciens étudiants ayant fait fortune. Harvard et d’autres universités placent également des sommes d’argent considérables et font fructifier des Fonds. On pourrait imaginer également que les chercheurs universitaires déposent des brevets dont un partie des royalties alimenteraient l’université (je crois que cela se pratique outre-Atlantique). Sur les classements des universités, plus il y en aura, mieux ce sera. Mais quel que soit le critère utilisé, je ne crois pas que les Univs françaises se placeront très souvent dans le top 10. Enfin, il me semble que les profs qui ne publient rien ou les chercheurs qui ne découvrent rien devraient être pénalisés.


                  • heyben 15 novembre 2007 19:14

                    M Julliard fera de la politique, pas besoin de connaître le monde du travail, il se fera connaître de lui même pour lui graisser la patte. ;)

                    « On pourrait imaginer également que les chercheurs universitaires déposent des brevets dont un partie des royalties alimenteraient l’université (je crois que cela se pratique outre-Atlantique). »

                    C’est la cas, sauf qu’on ne dépose que très peu de brevet.

                    Pour la fin, presque d’accord, sauf que je dirai « les enseignants-chercheurs qui ne font que leur enseignement » devraient être pénalisés. (ya une nuance)


                  • Traroth Traroth 15 novembre 2007 17:08

                    Je ne partage que partiellement votre analyse et pas du tout les conséquences que vous en tirez. Oui, la formation professionnelle et la R&D (appellons un chat un chat) peuvent entrer dans le champ d’activité de l’université, mais le problème, c’est qu’on veut qu’elle ne fasse plus que ça, et ça, c’est inacceptable. Rappellons d’abord brièvement ce qu’est l’université : l’endroit où on produit, conserve et transmet le Savoir. Vouloir la réduire à une annexe de l’entreprise est une erreur. Même si, comme je l’ai dit, ça fait aussi partie de son rôle. Les conséquences que vous tirez, sans les démontrer, de votre constat (ça reste implicite), c’est que la réforme actuelle est bonne, et là, on ne peut plus du tout vous suivre.

                    L’autonomie des universités signifie d’abord une baisse des budgets que l’Etat va leur consacrer, à charge aux universités de « trouver des partenariats », c’est à dire de se mettre dans une position de dépendance par rapport au financement privé. Financement qui viendra donc des entreprises. A terme, outre le risque de privatisation pure et simple des universités, il existe un risque réel de dérive du rôle des universités vers le rôle d’annexe des entreprises que j’ai déjà mentionné, avec des logiques de rentabilité (au revoir, recherche fondamentale et filières n’ayant pas d’intérêt économique immédiat), de marques (voir ce que dit Naomi Klein sur les chaires sponsorisées dans les universités américaines dans « No Logo »), de « on n’a pas le droit de dire ça d’IBM », de formations jetables, etc.

                    Une remarque supplémentaire : les problèmes de l’Université française sont quand même assez largement dus à des années de négligence et de budget insuffisant. Il ne me semble pas évident qu’encore plus de négligence, même si on appelle ça de l’autonomie, soit la solution...


                    • heyben 15 novembre 2007 19:17

                      la R&D = l’endroit où on produit, conserve et transmet le Savoir. Après ajouter un débouché aux élèves, ce n’est pas ignoble, à mon avis.


                    • Traroth Traroth 16 novembre 2007 16:02

                      La R&D, l’endroit où on produit, conserve et transmet le savoir, il fallait oser le dire. Si vous ne comprenez pas la différence entre recherche fondamentale et recherche appliquée, on ne peut pas faire grand chose pour vous.


                    • Traroth Traroth 16 novembre 2007 16:10

                      J’ajouterais que les fonctions de conservation et de transmission du savoir, ça risque d’être folklorique si on confie ça aux entreprises ! Conserver du savoir non directement valorisable est un « frais fixe », même pas la peine d’y compter, et l’enseignement... la transformation en l’espace de queslques années des stages en esclavage moderne montre bien ce que ça peut donner...


                    • Traroth Traroth 16 novembre 2007 16:10

                      J’ajouterais que les fonctions de conservation et de transmission du savoir, ça risque d’être folklorique si on confie ça aux entreprises ! Conserver du savoir non directement valorisable est un « frais fixe », même pas la peine d’y compter, et l’enseignement... la transformation en l’espace de queslques années des stages en esclavage moderne montre bien ce que ça peut donner...


                    • mat 17 novembre 2007 23:24

                      Ouf, enfin un commentaire sensé... Entre le positivisme sans critique (idolatrie sarkozyste ?) de l’auteur de l’article et le non à toute réforme, il ya peut etre un juste milieu...


                    • TALL 15 novembre 2007 17:10

                      Les jeunes d’aujourd’hui font tout à l’envers.

                      Moi, je trouve qu’il faut d’abord dépaver les rues, se bagarrer avec les CRS, foutre un bordel pas possible jusqu’à faire fuir Sarko en Allemagne. Et puis seulement après, on analyse le problème pour savoir ce qui n’allait pas. C’est en tout cas comme ça qu’on a fait en 68 dans mon lycée et ça s’est très bien passé. smiley

                      Vivement mai 2008 ! Allez, reerrroulez, jeunesssssse !


                      • Sigma Sigma 15 novembre 2007 18:03

                        c’est en Mai 68 que les étudiants criaient CRS SS CRS !!!!SS ,et les CRS Belges répliquaient Etudiants Diants Diants !!!!


                      • TALL 15 novembre 2007 18:28

                        Ben oui, et qu’est-ce qu’on peut répondre à ça ? smiley

                        C’est imparable smiley


                      • brieli67 15 novembre 2007 19:38

                        nous on était tout juste des ados boutonneux qui rougissaient à la moindre parcelle de chair exposée. Nous étions heureux d’avoir été soustrait au sort commun de la majorité d’entre-nous les 13-14 ans soustrait aux pattes des bouchers des cuisiniers des couturières aux manches des aide-comptables...

                        Ces jeunes adultes sont plus grands plus beaux plus forts... ils ont presque tous un passé familial tourmenté. Mais ils s’emmerdent royalement au lycée. Pour la paix sociale ils boivent ils fument ils baisent et on ne leur apprend toujours pas à discuter.

                        Récemment j’ai du constater dans mon entourage qu’un de ces jeunes lascars de 16 ans doit tenir compte de l’avis de sa copine et celui de ses beaux parents potentiels ! Avec gros chantages matériels et affectifs à l’appui... Nous parce que plus nombreux et ayant la possibilité de trouver un petit boulot et un hébergement nous pouvions dire merde aux parents et à la société. Eux non ! Sinon c’est la zone la cloche comme nous disions.

                        Si confontrations il y a et il y en aura j’ai peur pour ces jeunes. Ils seront confrontés non à des CRS avec CAP de boucher ou de cuisinier ou de coiffeur ayant appris à obéir au chef mais à un bacc ou un bacc plus deux avec des muscles superaffutés un rottweiler poussé à briller individuellement dans cette flicaille.

                        Sinon en Allemagne je connais nombre de cadres bancaires qui ont des cap de l’hotellerie des chirurgiens avec des cap de mécanicien des pharmaciennes de fleuriste.... et des juristes devenus paysans bio. Ce diplome basique leur a permis de vivoter de trouver plaisir à étudier et finallement accéder à leur métier de rêve à 35-4o ans.

                        Faut laisser du mou aux jeunes et non les parquer de 15 à 3o ans loin des statistiques des chomdus et des nécessiteux de la société. Halte la un étudiant n’est pas un parasite. Qu’on lui laisse le temps d’inventer le Futur notre Futur.

                        mAI 2OO8 en France les bobos grisonants en goguette oui sortent de leurs quartiers résidentiels kidnappent les djeunes des banlieux pour discuter débattre et faire la fête sur les campus.... Rêvons rêvons... mais qui sait « Sous les pavés la plage »


                      • Gilles Gilles 15 novembre 2007 17:10

                        Étonnamment l’auteur aborde peu la mission essentielle de l’université, son essence, qui est... la recherche, autant appliquée que fondamentale. En fait ce n’est pas si étonnant, car même si bien documenté l’article ne parle que des thèmes favoris rabâchés par les médias grands public et reste très superficiel. Il est rare de voir des articles qui abordent en profondeur les implications sur la recherche, et pourtant la réforme bouleverse les méthodes.

                        Un point à développer. L’auteur dit :

                        « Cependant, cet argument ne tient plus si l’on associe à l’augmentation des droits une refonte complète du système de bourses de sorte à accroître significativement le nombre de bénéficiaires et atténuer les effets de seuil dénoncés par le rapport Wauquiez. »

                        Bien sûr.... il faudrait donc qu’au moment où l’on décide de libérer les droits d ’inscription (ce qui arrivera un jour ou l’autre), il faudra fixer les nouveaux barèmes des bourses. Je ne suis pas sûr que l’agenda prévu soit celui-ci.

                        Comme, les meilleurs facs et les meilleures grandes écoles finiront un jour par demander quelques milliers d’euros, voir plus de 10,000 par an (regarder HEC déjà), on peut légitimement se demander si les bourses permettront un accès effectif à ces facs aux étudiants issus de milieux modestes ou même des classes moyennes.

                        Sinon, ce sera le repaire des fils des classes supérieures, des rentiers....comme au bon vieux temps, avant la redistribution des richesses vers la « masse ». Les autres seront parqués dans des facs de seconde catégorie, sans lustre et dédiées principalement vers la formation professionnelle à l’échelon local grâce à leur partenariat avec les entreprises du crû qui leur sous traitent la formation de leurs salariés (déjà quelques facs ne servent qu’à ça)

                        Je suis prêts à parier que le système de bourse accroitra le cloisonnement social.

                        Ah mais, c’est vrai, j’oubliais, les classes sociales n’existent plus et de toute façon un étudiant sans pognon n’a qu’à bosser ou emprunter pour payer ses longues études dans des facs hors de prix et arrêter de faire chier le bon concitoyen payeur par ses gesticulations et ses revendications de fainéant.


                        • Michael Texier 17 novembre 2007 08:19

                          @ Gilles,

                          Je n’ai volontairement pas abordé la problématique de la Recherche dans cet article car l’actualité est marquée par la contestation étudiante face à la loi LRU et j’ai donc centré mon propos sur la mission de l’Université qui concerne directement les étudiants : la formation.

                          C’est certain qu’il y a matière à débat concernant la Recherche à l’Université. C’est un thème qui me tient particulièrement à coeur et j’y consacre personnellement une énergie proportionnelle à la passion qu’elle suscite chez moi. Peut-être un prochain article...


                        • mat 17 novembre 2007 23:29

                          Bien sûr.... il faudrait donc qu’au moment où l’on décide de libérer les droits d ’inscription (ce qui arrivera un jour ou l’autre), il faudra fixer les nouveaux barèmes des bourses. Je ne suis pas sûr que l’agenda prévu soit celui-ci.

                          Remarque importante ! L’auteur fait preuve d’une incroyable naïveté sur le sujet !


                        • Traroth Traroth 15 novembre 2007 17:13

                          Vous partez du principe que l’Université ne peut avoir qu’un seul but. Pourquoi l’un exclurait l’autre ?


                          • Traroth Traroth 15 novembre 2007 17:14

                            Vous partez du principe que l’Université ne peut avoir qu’un seul but. Pourquoi l’un exclurait l’autre ?


                            • Yohan Yohan 15 novembre 2007 17:33

                              Toujours étonnant de voir à quel point l’entreprise fait encore figure d’épouvantail chez nous. Pourtant, quand les écoles veulent se faire briller, elles n’hésitent pas à se prévaloir des partenariats qu’elles nouent avec les entreprises. Si vous voulez que l’école reste dans sa bulle de quête spirituelle, culturelle et intellectuelle, Alors, faites preuve au moins d’honneteté et dites à vos étudiants qu’ils resteront sur le carreau à la sortie et que le parcours du combattant commence après. Sûr que vous aurez à la longue de moins en moins d’adeptes


                              • Yohan Yohan 15 novembre 2007 17:43

                                D’ailleurs, on fait fausse route avec ce savoir supposé vouloir notre bien, que seul l’Education Nationale détiendrait. Et puis, qu’est-ce que savoir ?. Le savoir s’acquière de multiples manières (lecture, radio, conférences, en situation, en foad,...) et toute la vie durant. Surtout, comme dit ma fille, aller à la fac, si c’est pour entendre un type débiter son cours sur un ton monocorde et dire à la fin, « je vous recommande mon livre aux éditions TRUCMUCHE », autant rester à la maison pour se nourrir en autodidacte. Et, autant commencer par apprendre un métier


                              • Xavxav 15 novembre 2007 17:45

                                Je partage votre point de vue sur la description de la situation. Cependant, il serait intéressant d’expliquer pourquoi l’université est si éloignée de l’environnement économique et les filières choisies par les étudiants si éloignés du marché du travail. Est-ce qu’un simple manque de moyen ? Je pense qu’il faudrait creuser un peu plus cette question avant d’espérer trouver des solutions pertinentes.

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Texier M


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