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Accueil du site > Actualités > Société > Urgences françaises, de Jacques Attali

Urgences françaises, de Jacques Attali

On ne sort pas premier de Polytechnique et troisième de l’ENA pour écrire évasif et raisonner fouillis. Comme son titre le suggère, le dernier ouvrage de Jacques Attali, Urgences françaises, avance ferme pour dresser un diagnostic et prescrire un traitement à notre pays, ce « grand corps malade ».

L’analyse progresse rondement en dix chapitres titrés, sous-titrés, étayés de chiffres et suivis de graphiques, un peu comme un rapport (M. Attali en a dirigé plusieurs) qui chercherait l’efficacité pratique plutôt que la séduction. Les deux premiers chapitres dressent l’inventaire des atouts de la France, « terre de promesses », dans un monde en mutation ; les six suivants sonnent le tocsin des menaces qui pèsent sur le pays : « la France s’enfonce » ; les deux derniers -« rien n’est perdu »- recensent les réformes urgentes qui pourraient permettre le sursaut.

Oui, estime l’auteur, la France est un des pays les mieux dotés pour conserver son rang dans les turbulences. Elle est « une exception climatique, une grande puissance agricole et touristique, la deuxième puissance maritime du monde, l’héritière d’une histoire culturelle dont la trace est visible dans chaque église, chaque château, chaque paysage ». Elle peut se prévaloir encore d’« un des meilleurs systèmes de santé, d’éducation et de sécurité ». Elle dispose d’institutions solides, d’une armée qui compte, de bonnes infrastructures, d’une qualité de vie exceptionnelle, de talents innombrables (56 prix Nobel), et d’une langue parlée par 220 millions d’hommes à travers le monde. Et voici cependant qu’ « elle traverse une crise très profonde, à la fois économique, sociale, politique et surtout morale. (…) Elle se recroqueville, comme hébétée devant l’ampleur de la tâche. Et le monde, qui la regardait avec admiration, la jauge désormais avec ironie, stupeur et désolation ».

Les causes de cet abaissement sont multiples, au premier rang desquelles ce que l’auteur nomme l’« idéologie de la rente ». La vénération des avantages acquis et statuts garantis, le refus de la mobilité, le pouvoir excessif des seniors, l’hypertrophie de l’Etat, la méfiance à l’égard du monde, la peur de la réforme, ont comme conséquences, dit notre docteur en sciences économiques, tous les boulets qui nous plombent : l’inadaptation scolaire, l’explosion du chômage et de la dette, l’aberration des collectivités locales, l’exode des forces vives, les délocalisations, j’en passe, dans l’impuissance d’une classe politique timorée toujours hantée par la prochaine élection. La France n’avancerait donc depuis 1780 qu’à coups des révolutions et contre-révolutions. Faute de réformes profondes, une nouvelle révolution mijote et peut éclater « dans un mois, dans un an ». Attali en dessine les divers scenarii, plus inquiétants que ceux du passé, car le pays, dit-il, se trouve dans « une situation inédite dans laquelle aucune classe sociale ne semble assez forte pour prendre la tête d’un bouleversement politique organisé ».

Mais, à l’exemple de plusieurs pays qui ont su à telle ou telle période récente réagir vigoureusement, la France peut se ressaisir. Il serait trop long d’énumérer ici dans le détail les dix chantiers qui, s’ils étaient conduits sans tiédeur ni atermoiement, pourraient selon l’auteur assez rapidement remettre le pays à flots : « cinq d’entre eux destinés à restaurer la capacité d’action de l’Etat, (…), cinq autres à faire repartir la croissance et l’emploi. » Toutes ces mesures, touchant les institutions, la fiscalité, le système éducatif, le travail, l’organisation du territoire, le fonctionnement de l’Europe, -et l’auteur ne croit pas déchoir en infusant l’urgence réformatrice jusque dans la rénovation des canaux ou le développement massif du covoiturage-, « si le Président et la majorité les mettaient en œuvre, ils pourraient perdre les élections à venir. Et alors ? », demande non sans panache notre conseiller des princes. « De toute façon, en l’état, s’ils ne les mettent pas en œuvre, ils les ont déjà perdues. »

Ce livre a plusieurs mérites. L’auteur entre souvent dans la cuisine au lieu de se borner, comme tant d’autres, à pérorer lyriquement du haut du balcon. Aussi éloigné des autruches que des Cassandre, Jacques Attali opte pour une sorte de pessimisme méthodique, « condition préalable du réalisme, et, par là, de l’optimisme ». On apprécie que sa lucidité désabusée (« Le plus plausible est qu’aucune des réformes que je propose ici ne soit mise en œuvre ») ne l’empêche pas de garder la confiance : « J’aime assez la France et je crois assez en elle pour penser qu’elle voudra choisir l’urgence du bonheur ». Il faut lui reconnaître aussi le mérite de ne pas être esclave de ses préférences partisanes, conseiller de Mitterrand et de Jospin comme de Sarkozy, pourvu qu’on veuille l’entendre : « Je suis certes de gauche : dans le contexte français actuel, cela veut dire quelque chose. Mais ce n’est pas le moteur qui m’anime ici : je ne m’intéresse qu’à la France et à ce qui doit pouvoir être accepté par tous ».

L’ouvrage présente aussi des défauts. Dans certains chapitres, le déversement des chiffres statistiques finit par décourager l’attention. Plusieurs affirmations font sursauter, comme de lire que « la place du français s’améliore dans le monde », ou qu’il faut compter au nombre de nos atouts « l’exceptionnelle capacité d’intégration dont font preuve les minorités en France », ou que « la sécurité des personnes et des biens semble s’être notablement améliorée ». Où habite donc M. Attali ? On sourit lorsqu’on le voit ranger « l’édification de l’Opéra Bastille » au nombre des grandes réformes de François Mitterrand. On soupire en comprenant qu’il plaide lui aussi pour que le redressement de la France passe par le renforcement de l’intégration européenne. Je lui en veux personnellement de ne pas avoir, dans sa petite rétrospective des révolutions et réformes, une seule fois mentionné le nom du général de Gaulle, préférant évoquer anonymement les grandes avancées de 1945, et laconiquement celles de 1958 : « Un autre coup d’état permet de réaliser de nombreuses réformes ». Est-ce une vieille rancœur de l’enfance algérienne interrompue, ou l’effet d’un sur-moi socialiste : Madame Royal, dans son dernier livre, omet pareillement d’évoquer Charles de Gaulle parmi les figures de courage.

Au bilan des défauts et qualités, il me semble pourtant que le solde d’Urgences françaises soit positif. Ce livre globalement de bonne foi et d’acuité peut redonner espoir à ceux qui pensent que la France agonise. Au chevet de la malade toutes les bonnes volontés sont bien venues. Mais que dire à ceux qui craignent qu’elle ne sorte du lit que pour ne plus se reconnaître dans la glace ?

ARION

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44 réactions à cet article    


  • jako jako 19 juin 2013 10:27

    Ne demandez pas à ceux qui ont créé le problème de le résoudre, voilà un principe de base urgent à appliquer, cela figure t’il dans un livre-supplément-off ?


    • Daniel Roux Daniel Roux 19 juin 2013 10:35

      Non merci, ou alors juste comme torche cul.

      Attali est un homme qui a réussit ses études - Polytechnique - IPE - ENA...- qui a réussit sa vie professionnelle - Sherpas de Mitterand - Directeur de la BERD - Rapport pour Sarkozy...

      Son parcours est typique du parcours de ceux qui sont à l’origine de la crise financière en tant que haut fonctionnaire puis, ramassant les fruits de leur collaboration, dans la banque.

      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-pantouflage-cause-de-la-crise-137217

      Il fait partie de ce que certains nomme, la mafia financière, principale responsable du déclin de la France par sa collaboration avec les ultra riches dont le but est d’affaiblir les états par la dette.

      Les mêmes sont les seuls gagnants de la mondialisation sauvage et du chômage de masse.

      C’est ce chômage de masse qui creuse les déficits sociaux et permet aux salaires réels de diminuer chaque années du fait de l’inflation.

      C’est sans doute pourquoi ce type croit pouvoir donner des leçons à tout le monde. Il fait semblant de s’étonner que les gens veulent garder le peu qu’ils ont acquis, qu’ils s’accrochent aux quelques progrès sociaux obtenus de la classe dominante par des grèves meurtrières et des insurrections.

      A qui a t-il adressé sa lettre de soumission, celui là ?


      • lulupipistrelle 19 juin 2013 10:37

        Attali, le Moriarty de la république.. 


        • ZEN ZEN 19 juin 2013 10:40

          Il y a une urgence française à mettre cet équilibriste de la finance à la retraite
          Hum, oui, mais il va renforcer le pouvoir excessif des seniors (sic)


          • Alex Alex 19 juin 2013 10:46

            Le culot et l’aveuglement – ou l’hypocrisie ? – d’Attali sont remarquables : c’est en effet l’un des principaux responsables de la situation économique actuelle de la France !
            Il ne faut pas confondre aptitudes intellectuelles avérées et idéologie : on trouve des X-Mines de l’extrême-gauche à l’extrême-droite.


            • vesjem vesjem 19 juin 2013 23:29

              alex , zen , daniel roux , moi-même et d’autres très nombreux avons cette analyse identique sur ce personnage : un demi siècle à magouiller dans tous les méandres du pouvoir pour son profit et celui des « siens »


            • Cocasse Cocasse 19 juin 2013 11:28

              Attali teste « la méthode coué » smiley


              • amiaplacidus amiaplacidus 19 juin 2013 12:34

                Ce ne serait pas plutôt la méthode coulé ?

                Et cela fait longtemps qu’il s’est pris passablement de salves.


              • soi même 19 juin 2013 11:51

                Etrange qu’un soit disant best seller est besoin de pub, ce qui m’inclinerait à pensé que Atali a un nègre Atali , et qu’il a du mal à payer ses impôts ! l


                • subliminette subliminette 19 juin 2013 11:52

                  Il doit être atteint de sénilité précoce depuis son plus jeune âge !


                  • Loatse Loatse 19 juin 2013 12:28

                    Rhoôoo il a piqué les idées à Melenchon ! smiley

                    « Jacques Attali rappelle avec brio le caractère essentiel des activités maritimes que la France a trop peu exploitées. Pour lui, c’est même là une lacune majeure à laquelle il s’agit de mettre un fin, notamment en développant les zones portuaires qui ne sont pas à l’échelle des nouveaux enjeux économiques et commerciaux. Je le dis souvent : notre région a trop tourné le dos à la mer et il s’agit de se la réapproprier. C’est tout le sens du travail que je mène avec la création du Parlement de la Mer sur le plan de la citoyenneté mais aussi avec le développement des ports de Sète ou La Nouvelle. Se tourner vers la mer, c’est oser le monde et entrer de plain-pied dans l’économie du 21ème sècle telle que nous la voyons prendre forme chaque jour ! »

                    http://www.christianbourquin.com/?p=1173#more-1173

                    Sinon, qu’il n’essaie même pas de venir piquer le rôti de veau dominical de mes parents « au pouvoir excessif » rôti qu’ils partagent avec leur petit fils et leurs arrières petits enfants...

                    « la sécurité des personnes et des biens semble s’être notablement améliorée ». smiley
                    J’en parlerai à ma cadette qui s’est faite braquer ses deux portables (l’ancien et le neuf) en l’espace de 15 jours... A l’ainée qui elle s’est retrouvée avec un uzzi devant son nez, à tous ceux qui ont troqué leur bijoux en or contre des bijoux fantaisie pour sortir...
                    et la liste n’est pas exhaustive...

                    Moi zaussi je propose des réformes, dont la plus urgente est de condamner les essayistes déconnectés de la vie au minimum vieillesse dans les quartiers nords de marseille (par exemple)..

                    Gageons que le prochain essai serait édifiant !


                    • COLLIN 19 juin 2013 13:27

                      « mais aussi avec le développement des ports de Sète ou La Nouvelle. ».....pour importer en masse les production de l’entité sioniste,très probablement....... smiley


                      • InternetDev InternetDev 19 juin 2013 15:10

                        Attaili est le seul politicien ayant eu plus de pouvoir et de conivance avec et dans tous les partis politiques et mpédias. Ce tachon de droite se fait passer pour un sage toujours irrésponsables de ses préconisations.

                        C’est un grateur de la république à qui personne, sinon les politiciens de tous bords, ne doit rien !

                        Plus il dégagera, mieux la France fonctionnera (Caton de la pute)


                        • Fanny 19 juin 2013 17:48

                          Jacques Attali n’est pas un ennemi de la France. Moi non plus. On lui veut du bien à ce cher pays. Mais comment traduire aujourd’hui cet état d’esprit qui se veut être positif ? Là est toute la difficulté.

                          J.Attali est un pur produit du système, nickel-chrome plaqué or. Il lui est difficile voire impossible d’imaginer que la France, avec son génie propre et dans la situation de crise politique et spirituelle que nous vivons, pourrait définir et mettre en œuvre une nouvelle voie, un nouveau paradigme comme on dit aujourd’hui. Que le monde entier découvrirait avec stupéfaction et envie. Mais une telle hypothèse est-elle crédible ? Tout comme Attali, je ne le crois pas, pour deux raisons principales : aucun intellectuel français d’envergure n’est porteur d’une dynamique vers une société nouvelle qui ne serait pas fondée sur la primauté de l’argent, et je ne perçois pas Marine comme une nouvelle Jeanne d’Arc qui nous délivrerait des Anglo-saxons ; l’élite française, soumise et inféodée aux maîtres du monde qui lui assurent une sécurité matérielle voire un certain embonpoint, ne manifeste aucune envie de se distinguer. L’ambiance générale chez nos édiles est plutôt veule, un peu lâche et un rien corrompue. Notre dernière grande défaite date de 40 (en excluant la décolonisation, qui n’est pas une défaite à proprement parler), et notre élite n’a aucune envie d’en connaître une nouvelle sur quelque plan que ce soit. On se soumet donc aux puissants du moment, dans un esprit qui n’est pas celui de l’Appel du 18 juin, mais plutôt celui du vote des pleins pouvoirs le 10 juillet 40. On se garde bien d’affronter la mondialisation voulue par l’Empire (à une ou deux exceptions culturelles près).

                          Cette hypothèse « révolutionnaire » écartée, que reste-t-il ? Il reste à bien gérer l’inscription dans la mondialisation d’un vieux pays un peu fatigué, le nôtre, au prix d’une montagne de concessions dont l’effacement de la France sociale de 1945. Il faut en priorité sauver notre industrie, équilibrer notre balance commerciale. J.Attali surgit ici avec une palette de bonnes recettes. Mais l’UMPS a trop peur des électeurs, en particulier des séniors, pour donner suite à quelque idée que ce soit. L’UMPS gère à la petite semaine les yeux rivés sur les sondages. Nous allons donc sombrer sous bannière UMPS. Et c’est là que réapparaît l’hypothèse « révolutionnaire » au terme de ce sinistre processus. À suivre … 


                          • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 19:39

                            Attali est venu chez nous, il y a près de 3 semaines.



                            • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 19:49

                              Au sujet de l’article, je me suis amusé à lire par deux fois la référence à De Gaulle.

                              Comme si les époques se juxtaposaient.
                              Qu’aurait fait De Gaulle aujourd’hui ?
                              Une question 5 FF ou à 5 euros ?
                              Mais, cette remarque dénote quelque chose de plus fort : la pensée que la France d’hier est celle de Douce France du grand Charles... La France qui pouvait tout dire, tout imposer. 
                              Une Europe, oui, mais française....
                              Et là, c’est vrai, c’est un peu rappé.


                            • kergen 19 juin 2013 19:45

                              Le problème d’Attali, c’est, qu’obsédé par le modèle anglo-saxon,’il n’analyse à aucun moment les grandes avancées historiques de notre pays :
                              Philippe Auguste
                              Philippe le Bel-Marigny
                              Charles VII-Jacques Coeur
                              Henri IV-Sully et Louis XIII-Richelieu puis Louis XIV Colbert
                              Carnot
                              Napoléon III
                              de Gaulle.

                              A chaque fois que notre pays a fait un bond en avant, c’est par l’état et le volontarisme politique. Contrairement à l’Angleterre et aux USA où c’est la somme des initiatives privées qui a fait la grandeur du modèle.

                              En France , non. Ignorance, malhonnêteté, aveuglement, manque de racine, Attali, par cette faute fondatrice, passe à coté de son sujet.

                              Il ne cite pas de Gaulle et pour cause. Si l’armée Française compte c’est parce que de Gaulle a imposé la bombe, contre les socialos terrifiés à l"idée de facher les USA.
                              De Gaule a voulu des fusées, on a Ariane, il a voulu des avions, on a Airbus, il a voulu des trains, on a le TGV, il a voulu une grande industrie auto, on en garde de beaux restes. Il a mis en place des champions industriels.

                              Attali oublie, que, comme le disait de Gaulle, en France, depuis les Gaulois, les élites ont TOUJOURS trahi. D’ailleurs, depuis, 70, ces gens là ne font que démanteler la puissance Française.
                              Par contre, on peut dire merci à Cresson qui a quand même, en moins de un an, constitué des géants économiques Français qui sont les restes de notre puissance. Merci Edith.


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 19:50

                                Et voilà Kergen, qui confirme ce que je viens de dire.

                                L’histoire, comme planche de salut, comme référence. 

                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 19:51

                                Si on sortait, le béret et la baguette ? smiley


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 19:58

                                Si vous le voulez avec l’humour et que vous en avez, cela pourrait bien être cecismiley


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 juin 2013 20:10

                                Est-ce que c’est aussi ça ou une interprétation qui passe les frontières ?



                              • kergen 19 juin 2013 20:33

                                Vos raccourcis mettent votre imbécilité à nu.

                                Qui parle de nostalgie ? Qui parle de « douce France » ? Qui dit « c’était mieux avant » ?

                                Pas moi et nulle part. Alors que ce soit par crétinerie ou par mauvaise foi je vous interdit de travestir mes propos.

                                Je dis simplement qu’en 800 ans d’histoires, la France n’a fait des bonds que grâce au volontarisme d’état. Et je vous mets au défi de me prouver le contraire.

                                Par contre, effectivement, chez les Anglais, les yankees et les Allemands, ce sont les individus ou les groupes sociaux(la Hanse par exemple) qui ont fait avancer le collectif.


                              • ffi ffi 19 juin 2013 21:22

                                Et si le principal problème venait du taux de change de notre monnaie ?
                                 
                                En effet, il semblerait que l’on vive mieux avec l’équivalent de 400 euros par mois en Chine qu’avec 2000 euros par mois en France...
                                 
                                Or si X yuans = 400 euros par le taux de change
                                Mais que X yuans = 2000 euros par le pouvoir d’achat,
                                Comme 400 =/= 2000,
                                c’est qu’il y a nécessairement un très gros problème de taux de change...
                                 
                                En fait, après 1945, la monnaie fut gérée comme suit :
                                - les pays qui avaient un solde positif de leur balance commerciale voyait leur monnaie réévaluée.
                                - les pays qui avaient un solde négatif de leur balance commerciale voyait leur monnaie dévaluée.
                                 
                                Or la France s’est spécialisée dans de très grosses productions très chères, le TGV, le nucléaire, les avions, la défense, dont les contrats se payent à coup de milliards...
                                 
                                Ainsi donc la France a longtemps eu des excédent commerciaux à l’internationale, ce qui a poussé mécaniquement le Franc à la hausse.
                                 
                                Mais ces excédent commerciaux n’étaient pas basés sur une meilleure productivité en générale, mais sur le fait que la France avait des productions peu courantes dans le monde, qui étaient stratégiques et très recherchées.
                                 
                                Du coup, pour tout ce qui est des productions de base, à faible valeur ajoutée (meuble, nourriture, tissus, vêtement), le taux de change du Franc est devenu beaucoup trop élevé pour être compétitif sur ce plan.
                                 
                                De fait, le taux de change de la monnaie est un bien commun : les exportations massives des grands groupes produisant des biens à haute valeur ajouté tend à surévaluer la monnaie, ce qui se fait au dépend de la compétitivité des petites entreprises et autres groupement industriels qui produisent des biens à faible valeur ajoutée.
                                 
                                Ce qu’il se passe donc, c’est que le Franc est devenu beaucoup trop élevé pour la généralité des productions. La politique du Franc Fort de Beregovoy, arrimant le Franc au Mark, dans la perspective de créer l’Euro a empêcher de résoudre cette sur-évalutation du Franc.
                                 
                                Depuis l’Euro, c’est encore pire. L’Allemagne, grâce à ses productions stratégiques et spécialisées, en machine-outils par exemple, fait excédents commerciaux sur excédents commerciaux, ce qui pousse mécaniquement l’Euro à la hausse.
                                 
                                Du coup, tous les pays de l’UE dont le système économique est fondé sur les biens de consommation d’usage courant, se retrouvent avec une monnaie complètement sur-évaluée par rapport aux caractéristiques de leur économie, ceci à cause des excédents commerciaux de l’Allemagne.
                                 
                                Ajoutez-y l’absence de barrières douanières et les importations y grandissent considérablement, ce qui met en faillite leur économie.
                                 
                                La seule solution est la dévaluation de la monnaie là où c’est nécessaire, afin de rendre les taux de change plus en phase avec la réalité des économies locales.
                                Mais l’euro l’interdit.
                                Donc il faut sortir de l’Euro.
                                 


                              • kergen 20 juin 2013 08:17

                                Attention, les problèmes monétaires sont tout sauf simples.

                                Les Japonnais ont procédé, il y a six mois à une dévaluation massive de fait, aucun bénéfice ne s’est à ce jour, montré.
                                Une courte flambée de bourse, vite retombée(et pour ce qu’on en a à foutre....) , les industriels en ont profité pour conforter leurs marges plutôt que laisser mécaniquement baisser les prix. Par contre, le prix des importations a explosé. Et surtout l’énergie.

                                C’est pas si simple. En plus, c’est un jeu de bonneteau. 


                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 08:39

                                Kergen,


                                 « je vous interdit de travestir mes propos. »

                                Tout d’abord, je vous remercie de répondre à ma provoc. Il n’est nullement dans mes intentions de travestir quoi qu ce soit. Mais, voyez-vous je hante cette antenne citoyenne depuis bien longtemps et j’ai eu le temps d’analyser ou de confirmer (puisque je vais très souvent en France) mes impressions.
                                On ne connait pas souvent l’auto-dérision. Chez nous, en p’tit belge, qui n’avons pas d’autres moyens de nous exprimer, nous rigolons tous les jours de nos conneries, de notre complexité. 
                                « Le rire sucre les larmes », « Le fou rire est immortel » disent quelques auteurs français, mais le font-il ?
                                Les articles parodiques, humoristiques, sont très rares sur Avox. C’est plutôt le mur des lamentations.

                                Alors, revenons à Attali. Quand j’ai vu la vidéo, je me suis dit, voilà quelqu’un qui ferait mieux d’écrire des livres. Etait-il tombé de son lit, visiblement bailler devant son interviewer n’est pas des plus charismatique.
                                Ai-je parlé d’histoire de Belgique ? L’histoire se construit aujourd’hui. Le passé est simplement là comme garde-fou pour ne pas dérailler dans le futur. Rien de plus.
                                 
                                Que voulait Attali avec son livre, lancer un électrochoc, d’après moi et l’auteur de l’article l’a compris. Je crois.

                                Un bravo. Pas eu de moinssages comme il est tellement amusant de la faire aussi sur Avox.
                                Je l’ai dit, je m’en amuse. Donc aucun problème.
                                Allez voir la version italienne et belge d’Avox et vous verrez cela n’existe pas.
                                 smiley
                                 

                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 10:50

                                Je ne suis un fana de Halliday. Il n’est d’ailleurs que l’interprète des chansons.

                                Une que j’aime bien : 

                                L’envie
                                Qu’on me donne l’obscurité, puis la lumière.
                                Qu’on me donne la faim la soif, puis un festin.
                                Qu’on m’enlève ce qui est vain et secondaire,
                                Pour que je retrouve le prix de la enfin.

                                Qu’on me donne la peine, pour que j’aime dormir.
                                Pour que j’aime le froid qu’on me donne la flamme.
                                Pour que j’aime ma terre qu’on me donne l’exil,
                                Et qu’on m’enferme un an pour rêver à des femmes.

                                On m’a trop donné, bien avant l’envie
                                J’ai oublié mes rêves et les mercis.
                                Toutes ces choses qui avaient un prix,
                                Qui font l’envie de vivre et le désir, 
                                Et le plaisir aussi

                                Qu’on me donne l’envie,
                                L’envie d’avoir envie,
                                Qu’on rallume ma vie.

                                Qu’on me donne la haine, pour que j’aime l’amour,
                                La solitude aussi pour que j’aime les gens.
                                Pour que j’aime les silences, qu’on me fasse des discours,
                                Et toucher la misère pour respecter l’argent ;

                                Pour que j’aime être sain, vaincre la maladie.
                                Qu’on me donne la nuit, pour que j’aime le jour.
                                Qu’on me donne le jour, pour que j’aime la nuit,
                                Pour que j’aime aujourd’hui, oublier les toujours ...

                                On m’a trop donné, bien avant l’envie
                                J’ai oublié mes rêves et les mercis.
                                Toutes ces choses qui avaient un prix,
                                Qui font l’envie de vivre et le désir, 
                                Et le plaisir aussi

                                Qu’on me donne l’envie,
                                L’envie d’avoir envie,
                                Qu’on rallume ma vie.


                              • ffi ffi 20 juin 2013 11:00

                                Kerven : C’est normal que dévaluer renchérit les importations, c’est ce qui est recherché pour rétablir la balance commerciale...
                                 
                                Bon ça te dérange pas de devoir sortir 2500 euros par ton travail quand celui qui est en Chine ne doit sortir de 400 euros pour vivre aussi confortablement ?
                                 
                                Un niveau de la monnaie trop élevé, c’est ton travail lui-même qui ne vaut plus rien...


                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 11:43

                                ffi,


                                 « C’est normal que dévaluer renchérit les importations, c’est ce qui est recherché pour rétablir la balance commerciale... »

                                Et permet d’augmenter les exportations. Le nouveau gouvernement japonais l’a très bien compris. 
                                C’est du quitte ou double d’augmenter les liquidités, bien sûr. La règle de la production qui veut que plus on envoie sur les marchés et font diminuer les prix, plus on se retrouve aussi dans la monnaie dévaluée. L’équilibre à trouver, c’est ça.
                                Les USA font baisser leur monnaie par rapport à l’euro. Donc, en Europe, on vend moins ou alors en vase clos sur le continent européen sous l’euro. 
                                 
                                « devoir sortir 2500 euros par ton travail quand celui qui est en Chine ne doit sortir de 400 euros pour vivre aussi confortablement ? »

                                Bonne question. La Chine, ce qu’elle ne dit pas c’est que pour vendre, injecte de la monnaie dans leur production qui a faire du dumping et vendre à perte.
                                La crise des panneaux solaires au niveau de l’Europe, et l’intervention musclée de De Gucht, ne vous dit rien ?
                                 
                                « Un niveau de la monnaie trop élevé, c’est ton travail lui-même qui ne vaut plus rien... »

                                YES smiley

                              • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 11:45

                                Je retire mon « bravo ».

                                 smiley 

                              • urigan 19 juin 2013 19:47

                                ATTALI : vient d’un nom arabe ’âtal signifiant portefaix.

                                On aura tout compris


                                • vesjem vesjem 21 juin 2013 00:11

                                  je crois comme toi à ces armées de plagiaires et de copieurs , de voleurs en somme de l’imagination d’autrui , ce qui est le pire des larcins ;


                                • sansblaze 19 juin 2013 22:43

                                  « « une situation inédite dans laquelle aucune classe sociale ne semble assez forte pour prendre la tête d’un bouleversement politique organisé »

                                  Ben oui, forcément à force de diviser pour mieux régner !


                                  • sansblaze 19 juin 2013 22:53

                                    A propos d’Attali, je vous conseille ses blagounettes sur youtube, un régal !!!!!


                                    • Corinne Colas Corinne Colas 19 juin 2013 23:23

                                      Tout le monde est d’accord dans les commentaires : les bouquins d’Attali sont à mettre au pilon ! Le bon sens populaire permet de démasquer les faux prophètes...


                                      • sansblaze 20 juin 2013 00:26

                                        la questions c’est ; A quoi sert Attali et qui subvirnt à ses besoins ?????


                                      • Corinne Colas Corinne Colas 20 juin 2013 08:56

                                        prophète = « celui qui parle au nom de Dieu »


                                        Le Dieu d’Attali s’appelle ultra libéralisme et en effet quand on lit les prophéties de « l’expert » contenues dans sa bible déclinée sous forme de multiples rapports préconisant des « solutions » soi-disant innovantes... on peut y retrouver pas à pas les signes de l’apocalypse.

                                        Mr Attali au fond, c’est une sorte de Mme Parisot mal rasée mâtinée d’illuminisme... il n’a rien d’exceptionnel n’en déplaise à certains ! 

                                      • oj 20 juin 2013 01:59

                                        bon des qu’un article parle d’un personnage connu, c’est de la merde, j’ai bien compris ?

                                        donc en France avoir réussi sa carrière c’est de la merde
                                        avoir gagner de l’argent, c’est de la merde
                                        etre reconnu c’est de la merde
                                        etre chef d’entreprise c’est de la merde

                                        Whaou !!

                                        En effet pour la France je me rends compte maintenant de l’immensité de la tâche !


                                        • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 08:47

                                          oj, Vous avez tout compris... smiley


                                        • Corinne Colas Corinne Colas 20 juin 2013 09:22

                                          « donc en France avoir réussi sa carrière c’est de la merde
                                          avoir gagner de l’argent, c’est de la merde
                                          etre reconnu c’est de la merde
                                          etre chef d’entreprise c’est de la merde »


                                          Absolument pas ! Il ne faut pas confondre les torchons et les serviettes.

                                          ... uniquement quand c’est sur le dos de ceux dont on pense qu’ils sont de la « merde » ! Tout le monde a le droit de vivre dignement... 

                                          Un seul exemple :
                                          Recommander par ex le recours massif à l’immigration comme le fait Mr Attali, non pas par charité envers ceux qui grèvent la faim hors de nos frontières mais pour peser encore plus sur l’emploi qui coûte toujours trop « cher », c’est là donner du grain à moudre à la montée de l’exaspération et de la xénophobie.

                                          Nombreuses sont les entreprises à faire faillite et cela juste parce que de plus en plus de gens sont dans l’impossibilité de se payer quoi que ce soit. Il n’y a qu’à voir la dégringolade dans le bâtiment !

                                        • L'enfoiré L’enfoiré 20 juin 2013 11:16
                                          C’est la journée des réfugiés.
                                          On en parlait ce matin qui vaut la peine d’écouter ce qui en est dit.
                                          Il est clair que nous vivons du bon côté et que l’on ne peut pas tout prendre.

                                          « Il n’y a qu’à voir la dégringolade dans le bâtiment ! »

                                          Vous pouvez voir chez nous, c’est un chantier perpétuel.
                                          Nous serons bientôt 12 millions, Il y a un déficit majeur du nombre de logements à Bxl tout à fait prévisible.
                                          Alors on restaure, on construit dans le moindre espace qui reste encore.
                                          On recherche tous genre de métiers du bâtiment qui ont les compétences nécessaires.
                                          Mais je préviens, il faut pouvoir parler ou comprendre plusieurs langues : le roumain, le bulgare en plus du français et du néerlandais...
                                          Vous avez dit « Dégringolade » ?


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