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Accueil du site > Actualités > Société > Vers un Contrat de Travail Unique et Universel

Vers un Contrat de Travail Unique et Universel

Depuis quelques semaines, le gouvernement relance le débat sur le contrat de travail unique et la simplification du droit du travail. L´idée n´est pas nouvelle et François Bayrou la proposait déjà en 2012 dans le cadre de son nouveau contrat social. A cette occasion, j´avais développé ce que pourrait être un contrat de travail universel (lien).

Un contrat de travail universel permet à un salarié, quel que soit son statut (public ou privé), d´acquérir des droits au fur et à mesure de la tacite prolongation de son contrat. En contrepartie l´employeur s´engage à payer une indemnité de rupture provisionnée et négociée à l´avance qui soit proportionnelle aux droits acquis.

Les indemnités de rupture peuvent également être versées en cas de changement conséquent des termes du contrat imposés au salarié (nouveau lieu de travail, nouvelle organisation, nouvelle fonction...) ou en cas de chômage technique ou partiel.

Il faut évidemment veiller à ce que les indemnités pour les contrats en cours soient au moins égales à ce qu'accordent actuellement les prudhommes en cas de rupture abusive du contrat de travail. Dans le cas de la fonction publique et de son fameux statut, cela représenterait probablement une véritable révolution.

Notons que les droits acquis par les salariés de longue date pourraient permettre entre autres de partir en retraite anticipée ou de prendre un congé sabbatique. Evidemment dans ce cas, l´employeur ne serait plus tenu de verser l´indemnité de rupture. Toutefois en cas de rupture négociée, l´employeur pourrait abonder les droits acquis précédemment par le salarié.

Tout comme les droits à la retraite, ces droits universels ainsi que les indemnités prévisionnelles de rupture, pourraient être provisionnés et stockés à l’avance sur un compte personnel géré par un organisme paritaire. Analogues aux cotisations chômage, les droits universels seraient conservés par le salarié en cas de changement d´employeur. Par contre les indemnités de rupture resteraient propres à chaque contrat, le nouvel employeur n´étant engagé que pour les nouveaux droits acquis.

Connaissant à l´avance leurs obligations, les employeurs pourront anticiper leur engagement et hésiteront probablement moins à embaucher temporairement ou sur le long terme des salariés qui, de leur coté verront leurs droits augmenter au fil du temps. Des personnes en poste depuis de nombreuses années resteraient plus difficiles à licencier car l´indemnité de rupture serait plus importante. Cela faciliterait néanmoins les départs négociés car employeur et employé pourraient se partager une partie des indemnités provisionnées.

Par ailleurs, on peut imaginer que les droits varient en fonction de la durée prévisible du contrat. Ainsi pour un remplacement de congés maternité ou de longue maladie, qui est par nature temporaire, on devrait acquérir des droits supérieurs les premiers temps, indemnisant en quelque sorte la précarité. De la même façon pendant la période d´essai, les droits devraient être supérieurs. Par contre, si le contrat se prolonge au delà de la période négociée, alors les droits standards redeviennent la norme et les bonifications de départ restent acquises.

L´avantage du contrat de travail universel, c´est la contractualisation des embauches et une simplification du droit du travail vers plus de transparence et la suppression progressive de la multitude des contrats. Cela mettrait fin également à la stigmatisation des contrats précaires (salariés du privé ou CDD) pour emprunter ou louer un logement, les jeunes employés restant malheureusement stigmatisés car ils auraient par définition acquis moins de droits. Cette injustice pourrait néanmoins se réduire via une allocation logement universelle financée par une taxe sur le capital (lien).

Ce changement de paradigme, couplé à un revenu de base inconditionnel permettant de vivre décemment hors de l´emploi, permettrait la multiplicité et la sécurisation des parcours professionnels tout en offrant davantage de liberté à chacun.

 

Liens vers des droits universels :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/contre-les-inegalites-extremes-159078#forum4160358

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/bayrou-pour-un-contrat-de-travail-110915

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/et-si-le-rsa-devenait-un-revenu-de-133565

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/allocation-logement-universelle-142959

 

A propos du contrat unique :

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/24/contrat-de-travail-unique-le-retour-d-un-vieux-projet_4511800_4355770.html

http://www.atlantico.fr/decryptage/trois-bonnes-raisons-adopter-contrat-travail-unique-emmanuel-macron-manuel-valls-denis-jacquet-1828706.html

http://www.chefdentreprise.com/Chef-d-entreprise-Magazine/Article/Pour-ou-contre-le-contrat-de-travail-unique—21272-1.htm

http://www.emploi.gouv.fr/thematiques/contrats-aides


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45 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 21 novembre 2014 16:38

    c’est un peu flou mais intérressant


    • jpm jpm 21 novembre 2014 20:53

      L’idée mérite probablement d’être développée davantage car on ne peut pas remplacer d’un coup de plume la complexité actuelle... mais ce qui est important c’est de comprendre que cela pourrait se faire tout en gardant à l’esprit l’intérêt des salariés... et notamment ceux qui ne bénéficient actuellement d’aucunes protections. L’idée c’est aussi de contractualiser et de pacifier les relations avec les employeurs pour éviter les abus dans un sens comme dans l’autre.


    • Spartacus Spartacus 21 novembre 2014 16:56

      Vous imaginez que des privilégiés sociaux sont capable de renoncer à l’emploi à vie ?


      Les bénéficiaires de privilèges c’est comme les dictateurs c’est à vie, et renoncer à un privilège quand on y a goutté c’est impossible. Même si le changement de gueule est nécessaire
      Les privilégiés sociaux et les dictateurs ont cela en commun, accaparer les privilèges et préserver leurs emplois à vie. Les intouchables....

      Ca fait 40 années que le contrat unique tout le monde en parle et tout le monde sait que c’est la première équité et égalité. 

      Mais dans un univers de collectivistes socialistes qui ont appris à l’école que la vie est meilleure quand on vit aux dépend des autres par son statut que par son talent c’est toute une génération de vieux cons soixante-huitards égocentriques, égoïstes et décalés dans l’univers des protégés qu’il faut dégager.

      Sur le fond l’idée générale est bonne, sauf que ça ne correpons pas au tissus principal de PME de notre pays. Lorqu’une PME licencie, dans 80% des cas, c’est que sa trésorerie ne supporte plus sa masse salariale. Charger « d’indemnités de ruptures » plus élevée les uns que les autres n’arrange rien. On ne peux pas tondre un œuf et les conséquence seront plus des cessions pour faillite que des continuations à effectifs réduits.
      Quand à une gestion par un « organisme paritaire », chacun sait qu’en France en France ça n’existe pas et c’est de l’utopie.
      Le paritarisme est dévoyé par des organisations de prosélytisme de gauche et politisés à outrance qui n’ont aucune volonté de savoir ce qu’est une balance en équilibre. 
      Vous savez la sécu, l’Unedic, etc...Bref le paritarisme !

      • jpm jpm 21 novembre 2014 21:03

        Spartacus, ce que je décris est un contrat universel qui s’appliquera de la même tacon aux petites entreprises et aux grandes sociétés. Cela s’appliquera également a votre femme de ménage et à la personne chargée de contrôler votre déclaration d’impôts. 


        Par contre dans la mesure ou les droits et les indemnités de rupture sont provisionnées par avance... les entreprises resteront libres de licencier... mais ils perdront définitivement le montant des provisions... d’ou l’intérêt de négocier avec leurs salariés en cas de problèmes.

        Apres je vous concédé que remettre en cause le statut de la fonction publique me semble une tache herculéenne... et pourtant on ne peut pas vraiment parler d’universalité du contrat de travail si cela ne concerne pas tout le monde. Je pense pourtant que par la négociation et la prise en compte et la cristallisation des avantages acquis, cela pourrait être envisageable. 

      • Pere Plexe Pere Plexe 22 novembre 2014 10:54

        Vous imaginez que les privilégiés sociaux (les vrais) sont capable de renoncer à leurs parachutes dorés ?

        Parachutes qui leurs garantissent de confortable revenus ...sans rien faire !


      • bourrico6 24 novembre 2014 16:28

        Vous imaginez que des privilégiés sociaux sont capable de renoncer à l’emploi à vie ?

        C’est de l’acharnement, à ce niveau c’est une obsession mon pauvre.

        Tu serais crédible si de l’autre coté tu ne défendrais pas les privilèges d’une autre caste vois tu ?
        La, tu passes pour un gros connard a t’en prendre encore et toujours aux même, tout le temps, à la moindre occasion.

        Enfin, si tu avais un début de capacité à causer et à prendre du recul, ce serait bien.
        Mais inutile d’espérer ça l’un idéologue endoctriné, borné et obtus comme toi.

        Tu me fais penser à ces bêtes curieuses qu’on vient voir au zoo.


      • Jean 21 novembre 2014 17:34

        Si les banques, les loueurs etc suivent pourquoi pas, mais il faudra s’en assurer avant ainsi que pour tous signifie bien pour tous.


        • jpm jpm 21 novembre 2014 20:56

          Si c’est un contrat de travail universelle c’est bien pour tous... enfin pour les salariés car les travailleurs indépendants ont probablement d’autres spécificités. 


          Apres concernant les relations avec les banques et les loueurs... il faudra probablement passer par la loi... car il y aura surement des petits malins qui voudront connaitre le montant des droits des salariés avant de prêter ou de loueur leur bien.. et selon moi cela devrait rester une donnée strictement confidentielle. 

        • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 21 novembre 2014 17:43

          Et les travailleurs indépendants ?


          • jpm jpm 21 novembre 2014 20:48

            Le contrat de travail universel s’adresse effectivement aux seuls salariés... pour les travailleurs indépendants il est possible d’imaginer quelque chose de similaire... ou ils peuvent aussi s’adresser à des sociétés de portage pour transformer leurs factures en salaire et obtenir ainsi les droits correspondants. 



          • titi 21 novembre 2014 23:02

            il semble qu’en 2014, plus de 80% des contrats signés soient des CDD.

            Le contrat de travail unique, il existe donc de fait : c’est le CDD.


            • jpm jpm 22 novembre 2014 09:44

              Effectivement les nouvelles embauches se font désormais via des CDD... et même parfois pas du tout après certains stages. C’est la raison pour laquelle il faut trouver un moyen de redonner des droits aux nouveaux embauchés... et également rassurer les employeurs potentiels qui doivent savoir exactement combien leur coûte ou leur coûtera un nouvel embauché. Il faut donc un contrat qui développe la confiance mutuelle dans l’avenir. Par ailleurs il n’est pas normal que des employés de longue date en CDI doivent faire le siège de leur usine qui ferme pour obtenir leurs indemnités. Il est donc nécessaire de forcer les employeurs a provisionner ces indemnités.


            • titi 22 novembre 2014 19:31

              « C’est la raison pour laquelle il faut trouver un moyen de redonner des droits aux nouveaux embauchés... »
              Euh... donc vous voulez réinventer le CDI ? Je pense que vous prenez le problème par le mauvais bout.

              « Par ailleurs il n’est pas normal que des employés de longue date en CDI doivent faire le siège de leur usine qui ferme pour obtenir leurs indemnités. Il est donc nécessaire de forcer les employeurs a provisionner ces indemnités. »

              Euh... ce que vous décrivez existe déjà : c’est l’AGS.
              Si l’employeur est défaillant c’est le rôle de ce fond de garantir salaires et indemnités.
              Ce fond est alimenté par les cotisations patronales et salariales.

              Mais cela est très révélateur : les feuilles de paie sont tellement illisibles qu’on ne sait même plus à quoi servent les retenues, alors on remet une couche.

              D’autre part, pour avoir vécu un licenciement économique, j’ai pu constaté que le binôme mandataire/AGS ne jouait pas vraiment le jeu et n’oeuvrait pas dans l’intérêt légitime du salarié.

              Ce qui repose le débat de la gestion « paritaire » de sommes colossales, sans contrôle démocratique.


            • jpm jpm 23 novembre 2014 05:42

              C’est vrai que dans le fond un contrat universel est par définition de durée indéterminée... même si une durée prévisible peut être établie au départ. Le plus important c’est que les droits du salarié augmente avec le temps. 

              L’idée de provisionner ces droits hors de l’entreprise via un mécanisme paritaire c’est de protéger les gens contre les faillites, tout comme contre le chômage. Car qui n’ a pas entendu des conflits avec des entreprises qui refusent de donner des indemnités de rupture... ce problème se retrouverait réglé si un organisme paritaire pouvait gérer cela. 
              Bon dans une hypothèse plus utopique ou l’on inclurait les contrats en cours, cela permettrait également d’honorer les prochaines ruptures... un peu comme lorsque l’on a mis en place la sécurité sociale a la fin de la guerre. 

            • titi 23 novembre 2014 14:27

              « dans une hypothèse plus utopique ou l’on inclurait les contrats en cours, cela permettrait également d’honorer les prochaines ruptures »

              Vous n’avez pas du bien me lire alors...
              L’organisme AGS existe est applicable à tous les contrats.
              Le souci c’est que l’AGS fonctionne comme une assurance : elle prend les cotisations, mais quand vient l’heure de payer, elle cherche des excuses pour ne pas le faire.


            • jpm jpm 24 novembre 2014 15:48

              Bonjour titi,

              merci d´avoir attiré mon attention vers cet organisme obligatoire de garantie des salaires (AGS), mais comme vous le faites remarquer, la démarche des droits universels est différente… puisque ces droits étant individuels et déjà provisionnés, l ´organisme ne peut pas vous en priver.

              Par ailleurs, le fait pour les salariés de connaitre à tout instant le montant de leurs droits (information qui doit bien évidemment rester confidentielle vis-à-vis des banques ou de votre propriétaire bailleur tout comme devrait l´être un dossier médical) permet de mieux appréhender son avenir professionnel.

              http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/F31409.xhtml
              http://www.ags-garantie-salaires.org/salaries.html


            • fred.foyn Le p’tit Charles 22 novembre 2014 09:45

              Oh..oui...un seul contrat pour tous les esclaves... ?


              • jpm jpm 22 novembre 2014 10:40

                Et si justement nous n’étions plus des esclaves et que nous exigions d’avoir des droits universels qui nous protègent vraiment. Pour info il faut savoir que même le CDI ne protège pas du licenciement en cas de faillite organisée par un employeur indélicat.


              • fred.foyn Le p’tit Charles 22 novembre 2014 11:16

                Depuis le temps...c’est toujours pas fait.. ?

                Alors a quoi servent les politiciens élus démocratiquement depuis la fin de la guerre de 40.. ?

              • jpm jpm 23 novembre 2014 05:44

                Depuis le temps du grand Charles nous sommes plutôt allés vers la complexification du système et l’introduction de nouveaux types de contrat à chaque nouveau besoin, contrat jeune, contrat de mission, contrats aidés... sans pour autant que la protection des intérêts des travailleurs soient mieux respectée. 


              • fred.foyn Le p’tit Charles 23 novembre 2014 08:22

                Le code du travail est devenu tellement complexe que même des personnes qualifiées ne le comprennent pas...et pour tout le reste c’est la même chose...La politique de l’absurde.. !


              • jpm jpm 24 novembre 2014 14:43

                Nous sommes malheureusement bien daccord sur le diagnostic... et je crains que les nouvelles simplication voulues par ce nouveau gouvernement ne soit qu´une couche supplementaire de complexite... pour etre vraiment sur que personne ne comprenne rien... ce qui permet de passer plus facilement des petits arrangement en douce...


              • Pere Plexe Pere Plexe 22 novembre 2014 11:05

                Votre contrat ressemble au concept de Taille unique qui en fait ne va à personne...

                Que faire des principes de confidentialités ?

                Comment faire qu’un fonctionnaire auquel ont promet un emploi confortable dans le privé reste objectif sur un dossier ?

                Quid du militaire démissionnant le jour ou un conflit majeur ce profil ?

                Quid du cumul des fonctions ? Pourrait on être, par exemple,contrôleur des impôts et faire des heures sup en tant que conseil fiscal ?Flic et avocat ?

                Les fonctionnaires,mais d’autres aussi, ont des obligations particulières qui souvent ont donnés des droits particuliers


                • jpm jpm 23 novembre 2014 05:53

                  Disons que l’universalité reposerait surtout sur l’accumulation des droits par les salariés, mais bien évidemment chaque métier garderait ses spécificités en matière d’horaire, de confidentialité et de respect des engagements pris.

                  Pour le cumul des fonctions, si c’est compatible avec les autres clauses du contrat, cela ouvrira donc droit au cumul des droits, chaque employeur n’étant des indemnités de rupture que pour sa propre part.
                  Pour les fonctionnaires je suis a vrai dire assez sceptique sur la possibilité de les inclure dans un contrat universel... car il sera difficile de valoriser la notion d’emploi à vie. 

                • howahkan howahkan Hotah 22 novembre 2014 11:34

                  Universel ? sûrement pas, terrestre tout au plus.......il n’est pas impossible du tout que cet asile d’aliénés humains présent sur la terre n’ai rien d’universel et soit le seul endroit de l’univers ou une telle démence existe !!


                  • jpm jpm 23 novembre 2014 05:46

                    Faisons déjà un peu le ménage en France, avant de nous attaquer à l’Europe puis à la planète smiley


                  • Hervé Hum Hervé Hum 22 novembre 2014 14:28

                    Vous appelez ça un changement de paradigme ?!

                    C’est un très gros abus de langage, car à ce qu’il me semble, vous ne changez rien du modèle socio économique.

                    Vous flexibilisez un peu plus l’emploi, c’est tout. Non que cela soit mauvais en soi, sauf que le système dans lequel on vit donne toujours plus de pouvoir aux propriétaires es moyens de productions et surtout de leur financement au détriment des salariés.

                    Un changement de paradigme consiste à supprimer le salariat et la propriété des moyens de productions et de leur financement, non de mettre en place des mesures palliatives sans réels éffets.


                    • jpm jpm 23 novembre 2014 05:59

                      Vous avez raison, le changement de paradigme ce serait surtout avec un revenu de base inconditionnel qui permettrait de vivre décemment hors de l´emploi, et donc redonnerait du pouvoir de négociation aux employés qui ne seraient plus obligés d’accepter n’importe quoi pour survivre.

                      Le problème de la propriété des moyens de production est un autre débat. Personnellement je me contenterais d’imposer régulièrement les revenus et le capital pour que la prospérité profite à tous, sans pour autant décourager les plus entreprenants et les plus innovants qui sont capable de produire de nouvelles richesses. 


                    • Loup Rebel Loup Rebel 22 novembre 2014 22:25

                      Le sociologue et économiste Bernard Friot est un spécialiste de l’histoire du salaire à vie. Il explique son fonctionnement, et ouvre des perspectives pour le généraliser.

                      Difficile de parler « salaire à vie » sans prendre en compte Bernard Friot.

                      Première partie : http://youtu.be/7toBHyNhVPM
                      Deuxième partie : http://youtu.be/OLhv8IBrjL4

                      Et beaucoup d’autre vidéo sur le sujet, sans parler des ouvrages publiés ces dix dernières années.


                      • jpm jpm 23 novembre 2014 06:05

                        Bonjour Loup Rebel,


                        je connais Bernard Friot et son salaire à vie qui propose plus ou moins de fonctionnariser l’ensemble des travailleurs. Je ne crois pas vraiment à ce mode de production et je lui préfère de loin le concept de Revenu de Base inconditionnel qui permettrait une autre répartition des richesses, tout en privilégiant la liberté individuelle.


                      • JL JL 23 novembre 2014 08:55

                        Je conseille à tous ceux que cela intéresse de visionner ce débat :

                        Débat entre Frederic Lordon et Bernard Friot 06 octobre 2014 

                        J’en dirai trois choses :

                        -je n’approuve pas l’intro écrite qui introduit la vidéo ; 

                        - Le projet de Friot me parait être une usine à gaz diabolique tant les détails et non dits sont légions ;

                        - Frédéric Lordon m’a paru être aussi abasourdi que moi, pour ne pas dire autre chose, par ce qu’il a entendu.


                      • jpm jpm 24 novembre 2014 14:22

                        Bonjour JL,

                        nous partageons au moins la même suspicion pour les thèses de Bernard Friot... pour qui la collectivisation de l´ensemble de l´outils de production et la généralisation de la cotisation sociale permettrait de fonctionnariser tout le monde, selon une qualification établie à vie... en fonction de critères qui ne semblent pas évident.


                      • JL JL 23 novembre 2014 09:01

                        Il est temps que les dirigeants occidentaux prennent conscience d’un évidence :

                        Le capitalisme n’a pas vocation à créer le plein emploi : seul le profit le fait marcher.

                        Quand le taux de chômage est trop élevé pour la communauté, le pouvoir politique doit reprendre la main. Or que voit-on en France ? L’inverse : le pouvoir politique qui jusqu’ici endiguait les abus du capitalisme se défausse de plus en plus au profit de l’économie à mesure que ça va mal, cf. cet imbécile qui va clamer partout qu’il aime l’entreprise !


                        • jpm jpm 24 novembre 2014 14:30

                          Le pouvoir politique doit surtout reprendre la main pour protéger efficacement les salariés contre les alea du capitalisme... C´est pour cela que je suis pour un contrat unique qui ouvre droit à des droits universels pour tous les salariés... tout en permettant aux entreprises de connaitre a l´avance leurs engagements en les obligeant à provisionner les indemnités de ruptures, qu´il ne pourraient récupérer qu´en cas de départ volontaire du salarié (nouvel emploi, démission volontaire ou retraite plus ou moins anticipée) . Ils auraient donc tout intérêt à garder leurs employés jusqu´à la retraite ou dans le pire des cas de négocier leur départ contre l´abandon d´une partie ou totalité des indemnités de ruptures.


                        • Loup Rebel Loup Rebel 23 novembre 2014 11:06

                          Le débat mérite d’être porté sur la place publique... ce qui a peu de chance d’arriver tant que tous les pouvoirs, média inclus, sont entre les mains des grandes puissances financières et industrielles ; ceux que Bernard Friot qualifie de « parasites », quand il parle de la propriété lucrative.
                          Friot donne une version dépoussiérée des théories marxistes, adaptés à la réalité économique et sociale du XXIe siècle (Marx, c’était au XIXe).
                          Les « parasites » qu’il parodie feront toujours barrage pour empêcher l’avènement d’un tel système qui les priverait des rentes qu’ils retirent de la propriété lucrative.


                          • jpm jpm 24 novembre 2014 14:40

                            Bonjour Loup Rebel

                            Même si comme je l´ai écrit plus haut, je ne suis pas d’accord avec les thèses de Friot, notamment la fin de la propriété lucrative et surtout la notion de qualification, je reconnais que le débat mérite d’être porté sur la place publique... ce qui est le cas sur Agoravox… notamment la semaine passée où une vidéo expliquait les principales différences (du point de vue de Friot) avec le revenu de base inconditionnel (et le concept des deux chèques)

                            http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/revenu-de-base-salaire-a-vie-47646


                          • Loup Rebel Loup Rebel 27 novembre 2014 11:05

                            Alors nous sommes en désaccord sur la notion de soumission des employés à leur employeur.
                            L’abolition de la propriété lucrative abolit du même coup l’asservissement des salariés qui produisent les richesses, dont les propriétaires légitimes ne sont plus les actionnaires rentiers, mais les salariés eux-mêmes.
                            Deux conceptions diamétralement opposées, dont l’une continue à préserver la rente issue de la propriété lucrative, l’autre redistribuant ladite rente au peuple.
                            La notion de qualification est le principe appliqué dans la fonction publique. Elle est imparfaite, et comporte des déviances, mais elle a le mérite de ne laisser personne dans l’exclusion par absence de ressources pour subsister. Le pire de tout : sans emploi, un citoyen n’est « rien ». L’abolition de l’emploi rend à chaque citoyen sa place, et restitue l’égalité.
                            Je ne débattrai pas plus sur cette question, car je doute fort parvenir à faire changer de point de vue des capitalistes convaincus.


                          • jpm jpm 27 novembre 2014 11:40

                            Mais ou voyez vous la fin de l´asservissement des salaries... avec la collectivation et la suppresion de la propriete lucrative. Un eboueur qu´il travaille pour une mairie, une aglo ou veolia fait exactement le meme travail... subit les memes contraintes. Il est soumis a la meme hierarchie d´un chef qui decide ou et a quelle heure doit passer la tournee.

                            Dans tous les cas, si pour une raison x ou y, vous souhaitez faire une pause dans votre carriere, que ce soit le prive ou le public, vous ne serez plus paye. Vous rester donc dependant de votre emploi, quelque soit le secteur dans lequel vous travaillez.

                            Maintenannt evidemment s´il suffit d´avoir une qualification pour avoir un revenu a vie, quelque soit son activite reelle... pourquoi pas, mais cela risque d´ouvrir la porte a certains profiteurs... comme il en existe deja dans la fonction publique... qui remunere parfois toute leur vie des gens (pas malades mais malins) qui ne sont quasiment jamais venu travailler.


                          • Loup Rebel Loup Rebel 27 novembre 2014 13:46

                            Le risque des petits malins existe en effet.
                            Bien malin qui saura les supprimer, dans la fonction publique comme ailleurs.
                            Abolir l’emploi ne signifie pas abolir la hiérarchie, mais abolir les rentes du capital (propriété lucrative).
                            Vous semblez mal connaitre/comprendre l’organisation sociale que Friot enseigne à l’université Paris Ouest Nanterre, mais là, je ne peux rien y faire.


                          • jpm jpm 27 novembre 2014 13:52

                            Il est vrai que je viens d´une autre universite... plus provinciale. J´ai malgre tout eu l´occasion de rencontrer Friot en personne à l´occasion d´un colloque sur le revenu de base et je dois bien reconnaitre qu´il ne m´a pas fait tres bonne impression. Cette mauvaise impression (personnelle) s´est malheureusement confirmée par la suite lorsque j´ai essayé de creuser son raisonnement.

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