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Accueil du site > Actualités > Société > Veulerie ou calcul politique ?

Veulerie ou calcul politique ?

Le 10 septembre 1977, la guillotine frappait pour la dernière fois en France...

Le rapport pour l'abolition de la peine de mort a été déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale

4 ans plus tard.....

Le 10 septembre 1977 , un président qui n'aimait pas la peine de mort mais qui voulait garder le pouvoir en surfant sur une opinion publique « chauffée à blanc » par une presse vendant des titres chocs a décidé de ne pas signer la demande de grâce....

 Il paraît que ce président de la République aurait passé une mauvaises nuit !

Quant au condamné, il a perdu la tête alors que d'autres plus chanceux l'ont sauvé...Il lui aura suffi de tomber sur le « mauvais jury » et sur une période pré-électorale !

« Le dernier guillotiné »

roman de Jean-Yves Le Naour

First Edition

188 pages

août 2011

15,90 €

 

Une page noire !
 

Christian Ranucci n'a pas été le dernier guillotiné de l'histoire de France, malgré une légende bien ancrée. C'est Hamida Djandoubi qui fermera le ban !.

Le personnage n'est pas reluisant et si pour Ranucci un doute très sérieux subsiste sur sa culpabilité, pour Hamida Djandoubi, c'est une certitude....Il a torturé puis assassiné une femme, violé une autre et s'est acharné sur trois femmes, devenues ses choses !

L'auteur nous livre l'histoire de cet homme sans marquer la moindre faiblesse . De nombreuses scènes de violence sont décrites sans voyeurisme mais avec un réalisme saisissant

Le lecteur ne sort pas indemne de sa lecture.

Le crime est atroce mais là comme ailleurs c'est une « justice » à la roulette russe qui a été appliquée.

Le criminel était voué inéluctablement à l'échafaud :

  • son défenseur , avocat d'affaire novice pour assurer une défense dans une cour d'assises refuse de faire le procès de la peine de mort ;

  • l'affaire se déroule dans le cadre d'une campagne de presse qui frise le racisme ;

  • les premiers experts, sur lesquels s'appuie le procureur écrivent dans leur rapport que Djandoubi représentait un « colossal danger social  »....

L'ancien employeur du meurtrier pervers peut toujours expliquer que ce dernier avait beaucoup changé après la perte d'une jambe dans un accident, le jury sera sourd.

La « France a peur », la France aura du sang !

Quant au président de la République, il suivra le « verdict » du jury mais surtout des sondeurs.

Giscard d'Estaing proposait de limiter l'exercice de la peine de mort à deux cas seulement : 

« Celui de rapts prémédités d'enfants comportant pour eux la quasi-certitude de mort, et cela par calcul d'intérêt, et le cas de ceux qui avec un acharnement inhumain s'attaquent à des personnes âgées isolées, en ayant préparé leur agression. »

Le crime et les tortures perpétrés par Hamida n'entrent pas dans le cadre de ces deux cas bien précis...Mais qu'importe : l'opinion publique est pour la peine de mort et l'année prochaine se dérouleront les élections législatives de 1978 !

Le 10 septembre 1977, la guillotine tranche la dernière tête.

Tout ceci se passe à Marseille.

Le Méridional exulte :en titrant « Djandoubi a payé » alors que l'Humanité conclut : « Un homme a perdu »

Qu'a gagné la société « à répondre au sang par le sang » ?

Qu'est-ce que cette justice qui en fonction de la composition d'un jury ou de la capacité du défenseur, sauve une vie à Troyes et ordonne l'exécution à Marseille ?!

Jean-François Chalot


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3 réactions à cet article    


  • anty 9 septembre 2011 17:50

    Non à la peine de mort...


    • easy easy 9 septembre 2011 19:23

      Ce qui nous rend faibles, honteux, ce n’est pas tant que nous ayons décapité des personnes ayant tué avec sadisme, c’est qu’à l’autre pôle des prétextes, nous en ayons décapité certains parce qu’ils ont dit, en Indochine, « Vive le Vietnam »

      Et aussi, bien entendu, que nous en ayons décapité qui étaient tout simplement innocents de toute transgression mais qui se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment.


      • JL JL 10 septembre 2011 08:31

        On ne doit pas donner volontairement la mort, même aux assassins : c’est ce qui différencie l’humain de la brute.

        Cela me rappelle ce mot d’un député dont l’histoire préfère oublier le nom, qui disait : "S’il faut respecter la vie humaine, que messieurs les assassins commencent". Ce député a réalisé l’exploit d’être à la fois haïssable et inepte : un comble !

        Dans une société qui tue, un hors la loi peut se croire légitimé, pas dans une société qui respecte la vie. Et pour ça, la peine de mort, loin d’être dissuasive, donnait un mauvais exemple qui faisait de nous tous « des assassins ordinaires ».

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