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Accueil du site > Actualités > Société > Vie et mort de la philosophie

Vie et mort de la philosophie

La philosophie est née il y a quelque 2500 ans, en Inde, en Chine et pour nous occidentaux, en Grèce. Qu’est-ce que la philosophie au juste ? C’est en fait une manière de penser et de comprendre, de décrire le monde avec des catégories et concepts, des principes génériques, après avoir observé ce monde et effectué également l’expérience du monde. L’univers, la nature, l’homme et la société, voilà ce que les philosophes grecs observaient. L’expérience concernait essentiellement la vie humaine. Lorsque le philosophe expérimente la vie dans la cité, il conçoit le politique. Lorsque l’expérience éclaire un chemin personnel, la philosophie propose une éthique. Aristote a écrit deux textes majeurs sur ces thèmes incontournables. Mais aussi des textes sur la logique, le vivant, l’âme, la physis (la nature), la métaphysique, le cosmos.

La philosophie a pris d’autres contours et voies au moment de la Modernité. Avec deux périodes. Celle de la métaphysique classique avant Kant (Descartes, Leibniz, Spinoza, Locke) et après Kant celle de la philosophie de l’esprit, de l’expérience, de l’Histoire, de la conscience, avec Schelling, Hegel, Kierkegaard, Nietzsche … et pour finir Husserl et Heidegger. Pendant ce temps, les sciences spécialisées ont supplantés les anciens savoirs. La physique s’occupe de la nature et du cosmos. La biologie et l’évolutionnisme étudient le vivant. Les mathématiques s’occupent entre autres de la logique. Quant à l’expérience humaine, les psychologues s’en sont emparés, laissant aux sociologues la compréhension et la théorisation de la société. Les psychologues sont sortis de leur cabinet pour occuper la scène médiatique et parler des problèmes de société. Ils ont été accompagnés par les nouveaux philosophes venus bavarder sur les questions politiques. Maintenant, les humoristes, les acteurs, les journaleux, les chanteurs viennent parler de la société. Ou de leur vécu. Très intéressant !

La philosophie française est décédée après 1968. En vérité, la philosophie française moderne n’a pas pu rivaliser avec son homologue germanique pendant le 19ème siècle. Le 20ème siècle a débuté avec une vitalité philosophique indéniable, jusque dans l’épistémologie et même les recherches théologiques. Guénon, Ruyer, Kojève, Koyré, Canguilhem, Lubac, Certeau, Teilhard de Chardin … Et puis le tournant des années 1960. Le « structuralisme » suivi par la french theory. La philosophie face à l’alternative entre la sérieuse érudition des professeurs historiens de la philo et la farce des bricolages d’idées avant-gardistes. D’un côté les très rigoureux mandarins de la Sorbonne, de l’autre, des tentatives d’innovation menées par des philosophes qui connaissaient aussi bien les auteurs classiques que les professeurs sérieux mais qui voulaient tracer un autre chemin et faire œuvre. Quelques noms connus. Derrida, Deleuze, Lyotard et pour finir le dernier de la liste, Alain Badiou. Avec le recul, on peut penser, du point de vue de l’universel, que tout cet affairement intellectuel n’a été qu’une farce, qu’une vaste plaisanterie fort utile néanmoins, autant que les toiles de Dali et Picasso. On mettra de côté Ellul et Foucault, les rares qui surnagent après 1968 et dont l’œuvre offre un regard perçant sur nos sociétés modernes. Sans oublier l’œuvre magistrale de Strauss dont les vues sur les étapes de la pensée politique sont pénétrantes et encore d’une cruciale actualité.

Après 1980, il reste les philosophes dont les recherches portent sur les grands auteurs passés et qui enseignent la philosophie produite par ces mêmes auteurs passés. Ils sont parqués dans les amphis et les colloques, confinés dans les revues spécialisées complétées par les éditeurs confidentiels. Quelques uns de ces philosophes sortent de leur bocal pour apparaître dans les médias et écrire des livres populaires. Ou parfois ne sont jamais entrés dans le bocal universitaire avec ses normes contraignantes. Ce sont plus des intellectuels que des philosophes. De BHL et Finkielkraut à Onfray, Stiegler, Serres, Lenoir et toute une flopée d’écrivains philosophes à succès. Ces intellectuels ne disent pas que des idioties ou des choses insignifiantes. C’est juste que rapportés aux grandes figures de la pensée il semblent se placer au niveau du bavardage. L’usage de ce terme indiquant bien le volet médiatique. La plupart de ces intellectuels sont brillants à l’oral. On peut les trouver instructifs, intéressants ou carrément ennuyeux. Les intellectuels au service des citoyens, les professeurs au service de la transmission de l’héritage philosophique. Et encore un peu de place pour les farceurs mais les idées nouvelles se font rares et le genre s’est épuisé, tout comme l’art contemporain. Sartre était un philosophe engagé. Actuellement, les intellectuels s’engagent surtout à défendre leur visibilité et promouvoir leur image. A se demander si les émissions culturelles ne finissent pas à ressembler à du télé achat.

Ces propos quelque peu lapidaires ne doivent pas occulter les rares travaux philosophiques ayant fait progresser le champ de compréhension de l’existence humaine ainsi que du réel. Citons Paul Ricoeur et Michel Henry parmi une petite dizaine d’auteurs singuliers ayant produit des œuvres significatives après 1970. Quelques penseurs méritent en effet le détour pour leur application à déchiffrer le sens du présent et du passé. Je pense à Lasch mais aussi, plus près de chez nous, un Régis Debray ou un Peter Sloterdijk dont les investigations offrent un regard éclairé sur nos pratiques sociales et institutionnelles.

Ces brèves notes laissent penser à une période achevée. Que ce soit dans la pensée philosophique ou l’évolution des sociétés. Comme au Moyen Age, quand l’univers clos de la scolastique avait réglé toutes les questions de l’époque. Actuellement, le monde n’est plus clos mais il se referme sur l’infinité des affects, des communications, des écrans de tous types et des bricolages sans fin de la technologie. L’homme n’est plus face aux mystères de l’infini indéfini comme au temps de Pascal. Il est noyé dans un infini surdéterminé, servant le flux tel un Shadock décervelé manipulant les clics pour dévorer un morceau du monde artificiel en s’enivrant de divertissements. Alors que les technocrates s’emploient à solutionner les problèmes qu’ils créent. Le technocosme ressemble à une infinité d’opérations et de régulations.

La philosophie occidentale a vécu, elle vit encore mais elle est morte, ou si l’on veut, achevée, ce qui revient à peu près au même. On peut se demander s’il y a encore une possibilité pour une pensée radicale et surtout une place, un accueil, sachant qu’une telle pensée ne sera pas plus accessible qu’un écrit de Heidegger. Une pensée dont la hauteur et l’envergure sont comparables à celles des édifices ontologiques d’un Aristote ou un Hegel ? La réponse est affirmative pour le volet « possibilité ». L’ontologie nouvelle sera construite en interprétant la science contemporaine tout en jouant sur une audace spéculative qui ne refuse pas les transcendances et les infinités. Celles de l’esprit et de l’universel. Les premières pièces de l’édifice sont en place. Mais il n’est pas certain que la société accorde une place à ce qui demande de l’exigence tout en mettant en cause quelques fondamentaux permettant au système de se maintenir. Principalement le matérialisme et la croyance dans le marché ainsi que dans la science mécaniste et ses technologies, le tout pour servir le dieu suprême qu’est la Croissance.

Parabole de la pensée occidentale

La philosophie a connu plusieurs moments décisifs. 1, la philosophie grecque qui inscrit l’homme dans la nature et tente d’écrire la cité. L’homme idéal grec est le citoyen vertueux mais l’homme remarquable se trouve plutôt chez Thucydide. 2, la philosophie romaine qui inscrit l’homme dans un destin et une société. L’homme idéal est celui qui suit un horizon sensé et juste ; l’homme remarquable est le tribun. 3, la philosophie médiévale qui avec les Ecritures, inscrit l’homme dans un ordre divin. L’homme idéal est l’homme de bien ; et au dessus, les saints. 4, la philosophie moderne, avec des débuts hésitants et pour finir, l’inscription de l’homme dans l’Histoire (qu’il écrit du reste). L’homme idéal serait le peuple en mouvement et le héros serait remarquable ; aux grands hommes - d’Etat, d’Art, de Science - la patrie reconnaissante ! 5, peut-être ou pas, le moment psychique et existentiel, avec Husserl, Freud, Heidegger. L’homme s’inscrit en lui-même, lui et ses expériences relationnelles dans le monde. Difficile de tracer l’homme idéal. Nous serions alors dans la période de l’homme flou, indécis, incertain. Voire disloqué, ou seul. Fin de partie, 1970. 6, la philosophie post-moderne qui les yeux ébahis observe l’homme inscrit l’homme dans le technocosme, souvent dans les réseaux sociaux et dans l’univers des jeux. Y a-t-il un homme idéal ? Non, mais sans doute un homme conforme, qui travaille, prend des vacances, apprécie les loisirs, utilise les moyens modernes de communication et en France, sait faire la cuisine ! L’homme remarquable, c’est celui qui change la vie mais en surface, dans le technocosme, Steve Jobs ou Mark Zuckerberg et même, cocorico, Roland Moreno l’inventeur de la carte à puce qui est devenue vitale.

L’homme est mort et la philosophie avec. Je parle de la philosophie en mouvement, en changement, en quête d’innovation et de percées inédites permettant de comprendre et interpréter le monde. Morte mais peut-être bientôt renaissante…

Et donc pour finir, 7, la philosophie qui va venir ou pas et se dessine dans quelques lieux de pensée tout en peinant à se forger une visibilité. La « déflagration » philosophique viendra de la science qui a considérablement avancé avec la physique quantique et la biologie. La renaissance de la philosophie ne se fera qu’avec la renaissance de l’homme et réciproquement.


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35 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 16 octobre 2013 09:56

    Tout cela n’est pas faux mais il faut signaler aussi que l’on est à une époque où celui qui le veut peut avoir accès à l’ensemble de ce que la pensée humaine a produit de meilleur.. 


    Je trouve ce constat assez jubilatoire même si tout autour de nous tout s’écroule. En même temps qui dit mort (lame XIII) dit régénération..

    • Castel Castel 16 octobre 2013 10:19

      Bonjour Gollum,

      « même si tout autour de nous tout s’écroule. »

      Sur un plan collectif, culturel mais aussi individuel, tout le monde ne fait pas ce même constat. Beaucoup croient au contraire que les choses commencent seulement à se construire.


    • Gollum Gollum 16 octobre 2013 11:28

      Oui il y a une partie Yin, destructrice, qui est arrivée au maximum, et une partie Yang, minoritaire, en croissance.. Mais rien n’empêchera notre fin de civilisation. 


    • gaijin gaijin 16 octobre 2013 10:49

      la philosophie est morte comme meurt toute forme de pensée et de civilisation :
      quand elle se tourne vers le passé !
      elle n’est plus depuis longtemps ( si jamais elle l’a été ) la construction d’une pensée a partir du réel mais le fantasme d’un réel que l’on essaye d’enfermer dans un cadre prédéfinit par la pensée.
      elle est réservée a ceux qui détiennent un diplôme universitaire en rabâchage de la pensée des pensée des autres.
      pour qu’une pensée soit sérieuse il faut a tout prix étirer deux pauvres idées a longueur de pages avec si possible des termes abscons et des citations posées là pour signaler au lecteur que s’il n’a pas une connaissance parfaite de l’ oeuvre d’une centaine d’auteurs il est disqualifié du point de vue de son droit a avoir un point de vue sur l’existence
      la philosophie est devenue a la vie ce que la médecine légale est a la médecine .......
      merci d’éteindre la lumière en sortant


      • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 14:03

        Bien d’accord, gaijin. 

        J’éteins toujours la lumière en sortant smiley 
        Je l’ai exprimé d’une autre manière, c’est tout.
        Mais c’est vrai, on le voit tellement bien en France avec des partis opposés et qui ne se parlent pas vraiment.
        La droite, la gauche, les extrêmes, et puis quoi après ?
        Chacun va dans le jardin de l’autre, et chacun croit qu’il marche dans ses plates bandes.
        Une voiture de luxe qui roule alternativement sur deux roues... ;
        C’est ça la France...

      • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 11:06

        Penser type plutôt qu’ensemble.

        Une phrase qu’il faut bien réfléchir et qui va complètement changer notre mode de pensée.
        Ce ne sera plus une philosophie généralisée dans un concept d’ensemble, mais descendu au niveau presque unitaire. La théorie des ensembles est dépassée par les faits. C’est Internet qui nous le prouve tous les jours.
        C’est ça que la vie, le mondialisme et quelque part l’informatique nous à enseigner aujourd’hui en tant que emprunte digitale ambulante.


        • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 12:25

          « La « déflagration » philosophique viendra de la science qui a considérablement avancé avec la physique quantique et la biologie. La renaissance de la philosophie ne se fera qu’avec la renaissance de l’homme et réciproquement. »


          J’oubliais d’applaudir pour cet conclusion. smiley

        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:38
          Frédéric Nietzsche, Fragments posthumes, P I 20b, été 1872 - début 1873 :
          [75] : La pensée philosophique peut être décelée au cœur de toute pensée scientifique ; même dans la conjecture. 
          [76] : Il n’y a pas de philosophie en aparte, coupée de la science : on pense pareillement ici et là. 
          [136] : Toutes les sciences ne reposent que sur le fondement général du philosophe. 

          Humain, trop humain (1878),
          II, § 68 : les sciences en plein essor se sont ralliées point par point à la philosophie d’Épicure, mais ont point par point réfuté le christianisme.
          IX, § 630 : l’homme à convictions n’est pas l’homme de la pensée scientifique.
          § 635 : les méthodes scientifiques sont un aboutissement de la recherche au moins aussi important que n’importe quel autre de ses résultats ; car c’est sur la compréhension de la méthode que repose l’esprit scientifique.

        • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 12:48

          Senatus,


           Comme le disait Bernard, la philosophie est morte.
           Je crois qu’il faut oublier de se reposer sur toutes les conceptions du passé et aller chercher les philosophies grecques, idéologies religieuses ou autres.
           Le monde a changé. Complètement changé. Internet n’était pas là à leur époque.
           C’est maintenant que la diversité d’opinions fait sauter tous les verrous à la figure des internautes. 
           Avant c’était des pensées uniques qui se confrontaient, représentées par des couleurs de partis.
           La couleur blanche était produite par trois couleurs primaires.
           On a seulement oublié l’infinité du nombre de couleurs que l’on crée. 

        • Castel Castel 16 octobre 2013 11:24

          "Sartre était un philosophe engagé. Actuellement, les intellectuels s’engagent surtout à défendre leur visibilité et promouvoir leur image. A se demander si les émissions culturelles ne finissent pas à ressembler à du télé achat."

          Plutôt d’accord dans l’ensemble avec l’article.
          A mon avis, on a eu tord de considérer Voltaire comme un philosophe. C’était plutôt un écrivain moraliste. Les philosophes apportent une approche nouvelle, une pensée latérale qui renouvelle la pensée commune.
          En fait, la philosophie ressemble à un iceberg : la partie émergée est toute petite et peu même fondre au soleil. Par contre, celle qui se trouve immergée est colossale. En fait, le coté superficiel de la philosophie-télé fatigue profondément la pensée humaine, les enfants les premiers. Les gens comme BHL n’intéressent plus que les intellectuels du samedi soir.


          • Gollum Gollum 16 octobre 2013 11:31

            celle qui se trouve immergée est colossale.


            Bien d’accord. Et surtout, l’essentiel a été dit depuis des siècles.. Je pense à la philosophie de la non-dualité, avec toutes les techniques qui vont avec...

            La grande nouveauté est que cela n’est plus réservé à une minorité choisie mais à celui qui veut bien se donner la peine...

            Bref, servez-vous, c’est gratuit.. smiley

          • Castel Castel 16 octobre 2013 11:45

            « Je pense à la philosophie de la non-dualité, avec toutes les techniques qui vont avec... »

            Je joue un peu sur les mots mais, la non-dualité, est-ce vraiment une philosophie ? smiley
            La plupart des tenants de la non-dualité disent qu’il n’y a rien à faire. C’est quand même un peu différent de l’amour de la sagesse.


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:20

            L’engagement idéologique de Sartre était en contradiction avec l’ouverture d’esprit requise chez un philosophe.


            « Le citoyen soviétique possède, à mon avis, une entière liberté de critique. »
            Jean-Paul Sartre, Libération, 15 juillet 1954.

            « Le marxisme [...] philosophie indépassable de notre temps. »
            Jean-Paul Sartre, Critique de la raison dialectique, Paris : Gallimard, 1960.

            « Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. »
            Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, octobre-novembre 1961. [L’existentialisme n’était pas un humanisme …]

          • Gollum Gollum 16 octobre 2013 13:55

            Je joue un peu sur les mots mais, la non-dualité, est-ce vraiment une philosophie ? 

            Oui puisqu’il y a un corpus, des textes..

            La plupart des tenants de la non-dualité disent qu’il n’y a rien à faire. C’est quand même un peu différent de l’amour de la sagesse.

            Attention, cela est vrai du point de vue de l’Absolu qui en effet est déjà perpétuellement libre depuis toujours.. Sauf que nous vivons dans le relatif et là il y a beaucoup à faire..
            Même que pour prendre une image souvent évoquée dans ce genre de littérature on compare l’homme en quête du Brahman comme un homme qui a le feu à la chevelure et qui se précipite à la rivière en courant pour éteindre le feu.. (La rivière symbolisant le Brahman)..

            On est donc très loin d’un laisser-faire j’m’en foutiste qui n’est pas du tout dans l’esprit de cette philosophie.

            Sinon il y a philosophie et philosophie.. Pour l’occidental bien souvent cela veut dire bavarder à tout bout de champ sur divers sujets sans intérêt aucun pour la plupart.. 

            Sartre, cité, est un bon exemple d’esprit dit philosophique mais qui en fait est un pur intellectuel, sans intérêt aucun et qui n’a cessé de se fourvoyer et de fourvoyer ceux qui l’ont suivi.. Un pur produit de cet Occident nihiliste et stérile. Bref, un crétin si je voulais être féroce. Et bien évidemment, en tant que crétin, couronné du prix Nobel... On s’étonne après que nos jeunes ne s’intéressent plus à la philo.. C’est bien évidemment plus ou moins voulu, il s’agit de persuader le bon peuple que l’élite c’est Sartre, circulez y a rien à voir..

            Nietzsche, bien que contestable dans beaucoup de ses vues, est quand même d’une plus grande profondeur..

            Mais la philosophie orientale ne sert pas à penser, elle sert à être. Et même à être heureux. C’était la même chose d’ailleurs pour les philosophies antiques grecques : platonisme, néoplatonisme, stoïcisme..

            A quand un prix Nobel à titre posthume pour Sankara ? smiley

          • Castel Castel 16 octobre 2013 14:29

             Sauf que nous vivons dans le relatif et là il y a beaucoup à faire..

            On est donc très loin d’un laisser-faire j’m’en foutiste qui n’est pas du tout dans l’esprit de cette philosophie.

            Il y a beaucoup à faire mais rien à rechercher.
            C.C dans l’art de rêver, à la page d’accueil, disait qu’il n’avait pas pu réaliser ses recherches en tant que scientifique parce que l’infini l’avait pris.


            On s’étonne après que nos jeunes ne s’intéressent plus à la philo.. C’est bien évidemment plus ou moins voulu, il s’agit de persuader le bon peuple que l’élite c’est Sartre, circulez y a rien à voir..

            On se rejoint bien sur ce sujet.


          • zelectron zelectron 16 octobre 2013 15:54

            « Sartre était un philosophe engagé », si il ne s’était pas encarté, le PCF ne l’aurait pas encensé, il ne ferait même pas partie de l’histoire. (comme bien d’autres)


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:07
            J’esquisse ici en cinq points une définition de la philosophie :

            1. Un principe général de libre examen impliquant le doute justifié (notamment à l’égard des croyances), la prudence, l’ouverture d’esprit, le recours conjoint à des distinctions (principe de spécification) et à des généralisations (principe d’homogénéité).

            2. Un distinguo (cf l’adage scolastique distinguo - concedo ... nego ..., je distingue - j’accorde - je refuse) et la reconnaissance d’une complémentarité fondamentale entre les vérités de fait et les vérités de raison, entre la vérité-correspondance (l’adaequatio de Thomas d’Aquin) et la vérité-cohérence, entre l’empirique et le rationnel (Thomas Hobbes, Gottfried W. Leibniz) ; en conséquence, la réflexion critique doit porter aussi sur les éléments fournis par l’investigation, sur les données des sens, et requiert la réponse au Quid facti ? (qu’en est-il des faits ?)

            3. La distinction, encore, entre ces vérités et les normes, entre la connaissance, théorique, concrète ou intermédiaire, et la morale. Distinction initiée par Sénèque le Jeune entre ce qui est dans le Ciel (métaphore de l’idéal) et ce qui devrait être sur notre Terre (Questions naturelles). Distinction humienne entre is et ought to, puis plus précisément juridique, kelsenienne, entre sein et sollen, entre ce qui est et ce qui doit (ou devrait) être ; autrement dit, entre la logique et l’éthique.

            4. Ce qui se dégage des œuvres d’auteurs qui, sans s’accorder sur tout, se reconnaissent comme ayant en commun à la fois un niveau de langage, une méthode et des problématiques, ce qui leur permet, en des temps forts de la philosophie, de dialoguer : c’est Aristote répliquant brillamment à Platon, Pascal à Montaigne, Leibniz à Descartes et à Locke, Voltaire à Descartes et à Leibniz, Arthur Schopenhauer à Kant, et alii. ; le domaine de cette reconnaissance mutuelle, c’est le champ, ou l’ordre, philosophique, même s’il y a souvent contestation quant aux strictes frontières de ce domaine, et s’il est, bien évidemment, historiquement et géographiquement évolutif.

            5. La nature de la philosophie se précise enfin agréablement par ses formules et interrogations (liste non limitative) : « Rien n’existe sans raison » (Cicéron) ; « Nul ne vient au plaisir sans passion » (Tertullien) ; « Que sais-je ? » (Montaigne) ; « Se fait-il ? » (Montaigne) ; « Rien de beau ne se fait sans passion » (Montaigne) ; « Je pense, donc je suis » (Descartes) ; « Que dois-je faire ? » (Kant) ; « Pourquoi suis-je moi ? » (Stendhal) ; « Dieu est mort » (Nietzsche) ; « Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est mal ? Comment devons-nous vivre ? » (question posée à Tolstoï) ; « Qu’est-ce que l’étant ? » (Martin Heidegger) ; « Qui est l’homme ? » (Heidegger) ; « Pourquoi des philosophes ? » (Jean-François Revel) ; « Qu’est-ce qu’un civilisé ? » (Pierre Kaufmann) – et par leurs explicitations.

            • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 12:41

              « Un principe général de libre examen impliquant le doute justifié  »


              Je crois que cette définition est périmée.

              Comme peut l’être « La distinction, encore, entre ces vérités et les normes, entre la connaissance, théorique, concrète ou intermédiaire, et la morale »

              Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de vérité immuable, pas de principaux généraux, de manière cohérente de justifier le doute.
              Je crois que c’est l’idée de la démocratie qui est sous-jacente à ces définitions et comme vous le savez la démocratie qui fait que ceux qui sont dans la majorité des voix, n’ont pas toujours le dernier mot et la certitude d’avoir la bonne solution.
              Je crois que les élections françaises le prouvent par l’absurde.


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:45

              Je pense au contraire que cet élément de définition (parmi d’autres) est plus nécessaire que jamais, face au retour du religieux, face à la masse des « infos » que l’on peut trouver sur Inter Net, face à la problématique très actuelle de la liberté d’expression.


            • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 12:51

              « Je pense au contraire que cet élément de définition (parmi d’autres) est plus nécessaire que jamais, face au retour du religieux, face à la masse des « infos » que l’on peut trouver sur Inter Net, face à la problématique très actuelle de la liberté d’expression. »


              Et vous aller faire converger tout cela comment ? Par la force de persuasion ?
              Par la belle gueule, le charisme que vous pourriez avoir devant l’électeur ?
              Je crois que cela, c’est terminé.
              Les gens ont chacun leur vie et leurs expériences.
              Ca vous fera peut être sauter dans vos illusions.
              Vous l’avez dit la liberté d’expressions... à canaliser ? Vous n’y pensez pas tout de même. 


            • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 12:53

              en fait, vous aller applaudir certains éléments de chaque philosophie pour vous former la vôtre et qui sera différente de votre voisin.


            • Gcopin fessesbouc 16 octobre 2013 18:50

              Bonjour à tous

              J’ai plus court, une définition en un point !

              Le philosophe n’est pas toujours le sage, mais il est celui qui cherche la vérité, celle du monde comme celle de l’âme , par conséquent il contient le savant. (Proverbe Grecs)


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 13:01

              « Toutes les sciences ne reposent que sur le fondement général que leur offre le philosophe. » (Frédéric Nietzsche, Fragments posthumes, P I 20b, été 1872 - début 1873, [136])


              • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 13:18

                Je répète « Frédéric Nietzsche » n’a pas connu Internet. smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 13:24

                Comme le dénomme « Parabole de la pensée occidentale ».

                C’est aussi : «  La parabole est à l’intersection d’un plan avec un cône de révolution lorsque le plan est parallèle avec un autre plan tangent à la surface du cône ».
                La pensée n’est plus uniquement occidentale et il y a plusieurs cônes. 



              • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 13:28

                Voyez-vous, cher Sénatus, je suis depuis très longtemps sur cette antenne.

                Mais je suis sur d’autres aussi avant de pouvoir vous annoncer cette nouvelle « alarmante », mais aussi bénéfique à la réflexion nouvelle qu’elle engendre.
                Réinventer la philosophie... 
                Yes, indeed... 

              • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 13:33

                Ce n’est pas récent, un vieil article qui vous demandera quelques minutes à lire en fonction de ce que je viens de dire.

                Mais la semaine prochaine, j’y reviendrai sous un autre angle.

              • L'enfoiré L’enfoiré 16 octobre 2013 13:44

                Parce que vous semblez ne pas comprendre que la France n’est plus le monde.

                Et ça c’est un peu dramatique.


              • Vipère Vipère 16 octobre 2013 14:33

                Se moquer de la philosophie c’est vraiment philosopher !


                Parce que la philosophie est une entreprise critique pour laquelle rien ne va de soi, elle peut se mettre en cause elle aussi.

                • Vipère Vipère 16 octobre 2013 14:40

                  Quid des philosophes de renom !


                  un ivrogne peut trouver au fond de son verre de pinard une pensée lumineuse, à clouer le bec de penseurs vaniteux smiley

                  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 15:50

                    C’était le cas de Diogène de Sinope dans son tonneau, et maintenant il est renommé.


                  • buratino buratino 16 octobre 2013 15:23

                    BHL = philosophe, une autre une autre philousophe ouaiss


                    • MAJheure 17 octobre 2013 21:09

                      BonTout à vous.

                      Et pour vous suivre et vu qu’elle ‘’peine à se forger une visibilité’’ en proposant un grand PAS, autrement dit une interprétation Philo-Art-Science de CE QUI EST, comme cela a été fait par MAJheure à la suite de votre dernier article, il vous est à nouveau suggéré d’aller lire, depuis son premier article datant de mars 2012, le ‘’blog’’ qui pourrait bien commencer à répondre à vos questions.

                      Là, sous le pseudo de M-A.JEULLIAU, une pensée en recherche depuis plus de 40 ans avec pour seul ‘’Tau’’ sa réussite aux tests d’entrée à Mensa suivie d’une formation autodidacte (… ó qui choisit ses formateurs professeurs …) propose des expériences reproductibles qui permettent

                      1 : de donner une structure en soliton-anneau au grain-objet énergie, autrement dit au photon ;

                      2 : qui remettent en cause les relativités en intégrant leurs découvertes ;

                      3 : qui remettent en cause ‘’l’interprétation’’ de la théorie des champs en montrant que tous les langages inventés par l’humanité pour décrire et prendre connaissance de CE QUI EST ne sont que des approches concentriques aujourd’hui encerclant au plus près LE TRINK FONDAMENTAL, mais ne pouvant probablement pas le formaliser.

                      Et pour cause : un photon de lumière s’imposerait in fine comme l’onde d’étrave produite par l’électron dans un substrat éthéré emplissant tout l’espace. Une fois lâchée-émise par l’électron cette ondulation solitaire, ce soliton en forme d’anneau ne possèderait intrinsèquement aucune longueur d’onde, donc aucune fréquence, donc aucuns ‘’argument’’ permettant de le décrire dans le langage mathématique, donc SCIENTIFIQUE. Ce qui lui est reproché par l’université depuis … 1990 et qui lui ferme toutes les portes.

                      Bien que ne pouvant rivaliser avec l’expérience ‘’réelle’’, seule une simulation faite d’animations en images de synthèse permettrait de visualiser la naissance de cette structure, sa propagation dans l’espace ‘’analogue’’ à celle d’un rond de fumée ou d’un anneau vortex, et la matérialisation d’un électron et d’un positon lors de l’interaction de 2 photons gamma.

                      Las ! Cette simulation montrerait comment, à partir de cette forme en soliton-anneau se propageant dans un espace absolu, on ‘’peut’’ retrouver l’ONTOS, tout CE QUI EST, et cela en VOYANT dans un seul paradigme évolutif ce que sont ce que l’humanité a appelé espace, temps, forces, particules de matière, atomes etc. … etc.

                      Re-Hélas ! L’auteur de cet(te) œuvre à caractère Philosophique Artiste et Scientifique est aujourd’hui et depuis 2 décennies sous l’emprise d’une SEP qui le met dans l’incapacité physique et matérielle de poursuivre seul la divulgation de ce ‘’trink’’. Pour cela il fait donc appel aux ‘’bonnes’’ volontés et va, probablement, faire appel à un site de crowdfunding : le DaVinciCrowd de l’IFFRES, pourquoi pas ?

                      Qu’importe le contenant, en effet, pourvu qu’on ait un point de vue illustrant ‘’l’anneau alliance’’ et non ce point toujours mis sur l’i vrai … ce fléau qui des temps fut l’ivresse.


                      • epicure 18 octobre 2013 22:02

                        C’est bien beau de faire l’érudit, de parler de philosophie, mais encore faut il rester rigoureux.
                        "Mais il n’est pas certain que la société accorde une place à ce qui demande de l’exigence tout en mettant en cause quelques fondamentaux permettant au système de se maintenir. Principalement le matérialisme et la croyance dans le marché ainsi que dans la science mécaniste et ses technologies, le tout pour servir le dieu suprême qu’est la Croissance."

                        quand on écrit ça, on montre sa méconnaissance de la philosophie. On parle pas de philosophie mais de propagande religieuse.

                        1) Parce que la philosophie matérialiste n’a jamais été mainstream, surtout pas au moyen âge où elle était inconnue, ni même dans l’antiquité, et même pas pendant les Lumière où beaucoup des philosophes de cette époque étaient déistes et hostiles à l’athéisme.
                        Par contre le matérialisme a influencé la science moderne, sans lui de grandes avancées n’auraient pas pu être faite (chimie, physique de l’atome). En fait si la science arrive à comprendre de nombreuxc phénomènes physiques ou biologique c’est apr l’approche matérialiste, c’est à dire que la matière/ énergie, les composants de l’univers quels que soit le nom qu’on leur donne , sont leur propre moteur, une cellule vivante agit en fonction de sa compositino et de son environnement extérieur, et non en raison de quelque chose extérieur et supérieur à l’univers.
                        Au niveau politico-économique la référence du matérialisme c’est Marx bien sûr, qu énonçait l’aboutissement d’une société basée sur le matérialisme : une vrai démocratie, jusqu’au niveau économique, de l’entreprise , reposant sur une société égalitaire, où l’homme serait émancipé des aliénations traditinoelles (donc des transcendances de la société archaïque) et aussi économique.

                        Hors actuellement on est très loin d’une société basée sur la philosophie matérialiste, très loin même. Donc ce ne peut être le matérialisme qui soutient le système actuelle, mais bien une pensée transcendante qui met l’éconmie au dessus des individus (lambda bien sûr, puisque les transcendance au niveau politique/sociétal servent toujours le pouvoir de certains)


                        • epicure 18 octobre 2013 22:09

                          Ah oui Épicure est bien sûr l’un des piliers historiques de la pensée matérialiste, et sa philosophie n’avait rien à voir avec le système actuel, puisqu’il rejettait les désirs non naturels et non désirables, comme la soif de pouvoir, de richesse etc.... Manger juste ce qu’il faut en se faisant plaisir, mais pas se goinfrer, boire un bon verre plutôt que de s’enivrer jusqu’à en vomir etc....
                          La philosophie matérialiste est en fait ce qui est le plus opposé au système actuel, et encore plus ses évolutions.
                          L’image « populaire » du matérialisme, et de l’épicurisme au passage c’est l’église catholique qui la créée d toute pièce, pour manipuler les esprits. Donc ta remarque sur la matérialsme n’est pas le fait d’une connaissance philosophique mais bien le simple report sans espritcritique d’une mauvaise propagande.

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