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Villepin le sartrien

Dans le souffle du vent qui pourrait bien l’emporter, et entre deux barbouzeries, notre flamboyant Premier ministre reste un artiste dans l’âme. Il a inauguré hier une exposition, contestée, à la gloire de l’art contemporain français : « La force de l’art. »

Nous savions notre homme écrivain à ses heures, taquinant la syntaxe dans un style ampoulé, mais personne ne soupçonnait ses compétences philosophiques, qu’il a entendu affirmer en situant son savoir sur les traces de Sartre.


En effet, la deuxième fiction L’Age des passions consacrée au pape de l’existentialisme athée sera présentée, sur France 2, en octobre prochain, avec Denis Podalydès dans le rôle titre (grimé d’un œil de verre pour feindre le strabisme du philosophe - on craint le pire !) et Anna Alvaro dans celui de Simone de Beauvoir.

Le scénario a été co-rédigé par Michel-Antoine Burnier (un ancien d’Actuel qui prépare, également, une hagiographie de Bernard Kouchner) et Michel Contat (éditeur du théâtre de Sartre dans la Pléiade.)

Tout ceci est officiel et public. Mais on sait moins, et cela est bien dommage, que les diverses versions des scénarios ont été revues par deux improbables sartriens : Bernard-Henri Lévy et... Dominique de Villepin, de quoi se faire tordre de rire le fondateur des Temps modernes.

BHL, à qui, pourtant, le prix Nobel de littérature, et sa légendaire compagne, avaient dénié toute prétention philosophique, s’est toujours revendiqué, avant celle de Tocqueville, et après celle de Malraux, d’une filiation intellectuelle sartrienne. C’est ainsi qu’il avait sponsorisé, par l’intermédiaire d’une fondation portant le nom de son père, le colloque de Cerisy consacré au centenaire de Sartre. Un philosophe mécène est tellement rare qu’il convient de le signaler.

Mais notre homme se veut, également, de Cour. Après avoir fréquenté celle de Mitterrand, il ne dédaigna pas de se muer en courtisan chiraquien pour devenir le cicérone du locataire de Matignon.

C’est ainsi que Villepin a franchi le pont d’Arcole pour se colleter à la transcendance de l’ego.

Passer de Napoléon à Sartre, de prime abord, pourrait laisser dubitatif. Nous savons pourtant, depuis le CPE et Clearstream, que le dauphin de Jacques Chirac est coutumier de tels écarts (intellectuels ?).

La Nausée

medium_chirax_villepin_sarkozy_afp.jpgEt à y regarder de près, il y a du Roquentin chez le chef du gouvernement. Son action se gorge de Mots à nous en donner la Nausée. Sa politique mène le pays dans Le Mur et ceux qui prétendent lui démontrer ses erreurs sont considérés comme Les Mouches du coche. Entre lui et Nicolas Sarkozy, nous voyons volontiers le Diable et le Bon Dieu.

Dominique de Villepin ne s’est jamais confronté au suffrage universel. Aussi a-t-il du peuple une connaissance Imaginaire et semble-t-il avoir oublié qu’exercer le pouvoir ne peut s’exonérer d’une Morale.

D’ailleurs, pour le ministre de l’Intérieur, et celui de la Défense, il a Les Mains sales d’avoir contribué à manipuler le général Rondot. En tout état de cause, la transparence n’est pas de mise chez ce petit monde qui joue à Huis clos. Ce n’est pas demain que notre Premier ministre s’initiera à la Critique de la raison dialectique. Avec son esprit buté, il fait passer le président de la République pour l’Idiot de la famille.

Pour celui-ci, Les Chemins de la liberté imposent un retour d’Alain Juppé afin que le « meilleur d’entre nous » examine toutes les Situations possibles susceptibles de permettre de sortir de la crise, tant les membres de la majorité font figure de Séquestrés d’Altona.

En effet, L’Engrenage des turpitudes gouvernementales risque d’être fatal à la droite et les promesses de Chirac feront, pour l’Histoire, figure de Morts sans sépulture.

Toute solution, acceptable pour le pays, réclame un repli de Villepin sur son Ile d’Elbe. Question de méthode. Nul doute que les parlementaires salueraient son geste et feraient de leur ancien héraut un Saint Genet comédien et martyr. Il aurait, ainsi, tout loisir de méditer sur son destin, quelque part entre L’Etre et le Néant, et rédiger ses Carnets de la drôle de guerre qu’il mena contre Sarkozy.

Photos : AFP


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3 réactions à cet article    


  • Marie Pierre (---.---.40.51) 10 mai 2006 14:01

    Merci pour cette rédaction autour des oeuvres de Sartre.


    • citoyen citoyen 11 mai 2006 07:32

      La « Force de l’Art » ou la « Farce de l’Or » ?


      • Karl (---.---.190.19) 16 mai 2006 12:54

        De Villepin n’est pas « flambloyant » mais grisonnant.

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