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Accueil du site > Actualités > Société > Violence, Vide, Vendetta ?

Violence, Vide, Vendetta ?

Ces derniers jours ont été marqués par de nouvelles manifestations de la violence qui anime notre société, française comme européenne. Sous différentes formes mais avec la même conséquence, elle dit la colère citoyenne à l'égard d'un climat délétère et d'une vie de plus en plus difficile à porter. Elle découvre un peu plus le visage du pire et nous pose la question de notre humanité : voulons-nous l'arrêter ?
 
Violence sociale d'abord, sous l'effet de la crise économique, que nous connaissons tous et avec laquelle nous vivons une histoire plus qu'intime depuis maintenant cinq ans. Elle génère du chômage, beaucoup de chômage, en France comme dans nombre de pays en Europe. Elle pousse des gens dans la rue, coupables de pas grand chose sinon d'avoir élu des responsables incapables de prendre les décisions nécessaires à ce que chacun soit armé face au changement de monde qui est en train de s'opérer.
 
A Florange, Gandrange, Petroplus et dans bien d'autres luttes anonymes, cette violence est là. Elle oppose des intérêts divergents et fait primer la loi du plus fort. Elle éclate sa rivale la plus sérieuse : la Confiance.
"Le gouvernement est là...mais ne peut rien. Le gouvernement vous soutient, mais on va fermer quand même. Ah, on avait dit que ça ne fermerait pas... On n' a pas le choix c'est la crise qui veut ça."
 
Les usines ferment, les syndicats hurlent, les salariés trinquent, les patrons sont stigmatisés, le gouvernement patine. Et tout le monde y perd.
 
Dans le débat autour du mariage gay, elle est là aussi.
D'abord parce que les agressions qui ont eu lieu à Paris, à Lille, à Bordeaux et jusque au sein même de l'hémicycle, quelles que soient leurs fondements, sont intolérables. Elles sont notre échec à tous. 
Ensuite parce qu'il y a quelque chose de très violent dans le fait que quelqu'un comme Frigide Barjot, dont la légitimité repose sur sa seule médiatisation, devienne la figure de proue du mouvement anti mariage gay.
Aussi et surtout parce que de part et d'autre la haine envers celui qui ne nous comprend pas, est plus que perceptible, elle crève l'écran.
 
La réponse à la crise, la Rigueur, organisée à l'échelle européenne par une institution non démocratique, conduit à des décisions qui portent également la marque de cette violence.
A situation exceptionnelle, mesures radicales. Pas le temps pour la démocratie, il faut trancher. A Chypre, c'est une manifestation du pouvoir inédite, presque barbare à laquelle nous avons assisté avec la proposition de taxer les dépôts des épargnants. C'est un peu comme si, dans les années 80, on était venu frapper à la porte de vos grands parents pour leur expliquer qu'ils devaient sur le champ donner à l'Etat l'argent caché dans leurs bas. La violence entraîne la violence, et les victimes de cet acte n'ont pas tardé à descendre dans la rue crier leur colère.
 
Une décision de politique fiction ? Non, ça a failli arriver.
 
Voilà ce que des responsables perdus et affolés sont capables d'envisager sans le contrôle et le concours indispensables des citoyens.
Déconnectés, détestés, défiés, ils sont alors incapables de savoir où se situe le point de non retour, la ligne de rupture au delà de laquelle le sujet s'affranchit du système pour sauver sa peau.
 
Cette réalité est dangereuse et parfois insoutenable.
 
La violence est aussi politique. On la retrouve entre les partis et à l'intérieur des partis.
 
Personne en vérité n'échappe à ce déchaînement destructeur qui conduit les uns à vouloir anéantir les autres. C'est dans la parole qu'elle trouve son expression. Pas étonnant, c'est à peu près tout ce qu'il reste à un politique pour tenter de peser, d'exister ?
 
Pour recoller les morceaux et tenter de combler le fossé qui sépare politiques et citoyens, on a choisi le credo du "parler vrai". Parler vrai, comme les gens du "peuple", CA ça marche !
Dans les faits, ça se résume généralement à gueuler plus fort que les autres pour se faire entendre.
 
Belle conception de la démocratie que celui qui voit dans ce genre de comportements et de déclarations le signe de quelque chose de porteur.
 
Traiter un ministre de salopard, c'est au mieux jouer la provoc pour se faire mousser, au pire c'est insulter allègrement la République. Dans les deux cas, c'est vide. A ceux qui en douteraient ou qui tendraient à l'oublier : la violence n'est jamais un chemin, jamais une victoire, et toujours un renoncement.
 
En politique, la violence révèle surtout ce à quoi elle vient se heurter : le vide.
 
Parce que les idées ont déserté la politique, et que faute de s'affronter sur des idées, on s'affronte sur des rumeurs, sur un aspect physique, ou sur des affaires.
Parce qu'il est plus facile d'attaquer la forme que de contredire le fond.
Parce que le pouvoir s'est déplacé, qu'il est aujourd'hui essentiellement entre les mains de ceux qui ne tirent pas leur légitimité de la représentation populaire.
 
Europe, FMI, Banque Centrale, fonds de pension, agences de conseils, communicants, lobbyistes, experts de tous poils, tous aux commandes d'un avenir qui ignore la réalité de nos existences.
 
Cette violence c'est donc surtout la prise de conscience du vide que nous avons laissé s'installer dans nos vies, à l'intérieur de l'espace public, dans notre République et contre le système de représentation démocratique censé assurer à chaque citoyen la confiance dans l'action menée par ses représentants en leur nom.
 
Cette violence c'est le sentiment de ne pas être entendu, de ne servir à rien et d'être destiné à subir des décisions auxquelles nous n'avons pas été associés.
C'est la conscience confuse que le pouvoir n'est plus entre nos mains.
C'est le signe d'une démocratie qui va mal, bien évidemment.
C'est l'expression d'une colère devant l'état d'un pays qui échoue à choisir une nouvelle identité.
C'est surtout l'impatiente exigence d'autre chose, de quelque chose de mieux, de plus juste, de plus ouvert, de plus excitant et de plus beau.
 
A défaut les gouvernements changent, la violence demeure. Le changement, le vrai, n'est pas venu.
 
Quelle conclusions peuvent en tirer les citoyens que nous sommes ?
 
Qu'il faut aller aux extrêmes ? Pousser un vrai coup de gueule politique, pour de bon cette fois. Porter Marine Le Pen à l'Elysée pour que tous comprennent enfin qu'on en veut plus de leurs beaux discours ?
Se désintéresser complètement de tout ça ? Partir, et renoncer à notre tour ?
 
Est-ce simplement la faute des politiques ?
Ces politiques, hommes et femmes, que nous dénigrons à longueur de journée et que nous continuons pourtant à élire sur des programmes, sur des propositions que nous connaissons.
 
Ainsi nous voudrions le pouvoir mais pas la responsabilité.
 
Elle est pourtant incontournable. Car si révolution il doit y avoir, elle doit d'abord et avant tout s'opérer dans nos esprits, dans nos rapports et dans nos comportements en tant que consommateurs, en tant que citoyens.
 
Elle repose sur la responsabilité que chacun doit prendre dans l'entreprise de redressement de notre société.Elle passe par le rétablissement d'un dialogue entre les hommes et les organisations qui font notre pays.
Elle tient dans notre capacité à convertir la violence qui anime aujourd'hui chacun de nous en une énergie positive mise au service de tous.
 
C'est seulement de là que naîtra l'espoir, c'est seulement de là que renaîtra la vie. A défaut, nous connaîtrons la Vendetta.
 
Nous sommes sur la brèche, entre la chute et l'ascension. La solution ne viendra pas d'ailleurs. Ni dieu ni providence, elle dépend de nous. Entièrement.
 
Notre colère, notre soif de changement, notre exigence d'exemplarité, notre besoin d'exister, toutes sont légitimes, toutes sont souhaitables et méritent que nous nous battions pour.
 
Nous croyons en ces mots, nous croyons en ces idées
Nous, citoyens parmi d'autres, avons décidé de les appliquer.
Nous créons un espace, un ministère citoyen, pour que renaisse la cité, pour que revienne la confiance.
Pour l'ouverture, pour le dialogue, pour le consensus, pour l'innovation, pour quelque chose de mieux, pour nous-mêmes et pour les autres.
Nous appelons tous ceux qui éprouvent cette ardente nécessité, à nous accompagner.
Loin de la Violence, plus près de l'Humanité.

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3 réactions à cet article    


  • alain_àààé 22 avril 2013 15:28

    je suis d accord avec l auteur mais j ajouterais que dans ouest France le president du comite sociale et économique le dit sans langue de bois les Français sont prets a se révolté mais comme les autres pays mais ici on va voir ce que vont devenir nos politiciens surtout que messieurs les politiques sont mettre plein les poches sur le dos du peuple


    •  C BARRATIER C BARRATIER 22 avril 2013 18:18

      La violence a pour moi plusieurs visages. Les plus forts qui exploitent les plus faibles, dans la société, font parie de la violence. La mafia s’est implantée partout (la traite des femmes, la traite des sans papiers, pour des profits rapides et la terreur des exploités). SARKOZY a tout fait pour supprimer des inspecteurs du travail, affaiblir les hôpitaux, pour imposer la religion dans l’espace public, c’est à dire pour préparer le terrain aux dominants historiques qui menacent la République. Gare à la violence-réponse des exploités !

      En table alphabétique des news :

      République : Résister à la pieuvre libérale et intégriste

       http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=204


       


      • Ruut Ruut 23 avril 2013 08:08

        Le monde est violent, nos médiats sont violents.
        Combien de film sans une goutte de sang ?

        La vie est violente.

        Lorsque les débats sont interdits, il ne reste que la violence.

        Seul les mots apaisent la violence, car des propos contraires apaisent les âmes.

        Nous voulons tous la même chose, mais nous l’exprimons tous différemment.

        Pour le moment le peuple est maintenus dans le silence, donc sa violence gronde.

        Mais la parole du peuple fait peur, car il dit ce que tous le monde refuse d’entendre.

        Quand a nos représentants, cela fait longtemps qu’ils ne nous représentent plus car il n’y as aucun rapport de force du peuple vers ses représentants.

        C’est un rapport a sens unique des lois contre le peuple.

        Les lois sont importantes, mais a toujours taper sur les mêmes, sans raisons valables, les opprimés se révoltes.

        Seules les coups justifiés et expliqués pleinement sont acceptés.
        Or les mensonges de nos représentants ne nous permettent plus d’accepter leurs coups.
        Ils se sont discrédités eux mêmes.

        La violence du peuple ne solutionnera pas les problèmes, mais l’apaisera un temps.

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