Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Violences à l’école, le sujet est pourtant sérieux ...

Violences à l’école, le sujet est pourtant sérieux ...

Le Président de la République Nicolas Sarkozy a présenté récemment à L’Elysée une série de mesures purement répressive destinée à lutter contre les violences à l’école. Pour la plupart, ces mesures avaient déjà été évoquées par Xavier Darcos et avaient suscité de vives réactions notamment de la part de syndicats d’enseignants et de parents d’élèves.

La Coordination française pour la Décennie, qui mène depuis sa création des actions de terrain et institutionnelles pour prévenir la violence à l’école, déplore cette agitation politique sur une problématique aussi sensible et complexe.

Il est vrai que des incidents graves se sont déroulés récemment dans les enceintes scolaires et on ne peut que condamner fermement les agressions dont ont été victimes élèves et personnels enseignants.

Mais il est indispensable, afin de prendre les mesures nécessaires et adéquates d’analyser en profondeur la nature des violences à l’école et leurs manifestations.

Comme le rappellent de nombreux experts, les violences avec armes et les agressions sont rares dans les établissements français. Bien entendu, ces violences spectaculaires suscitent émotion et indignation mais elles ne sont statistiquement pas en augmentation. Les faits inquiétants sont plutôt à rechercher quotidiennement dans la dégradation du climat de travail, la détérioration des relations entre enseignants et élèves et entre équipes pédagogiques et parents d’élèves. Ce qui est inquiétant ce sont les incivilités quotidiennes qui finissent par dégrader l’ambiance de travail et les relations d’échange. Ce qui est inquiétant encore, ce sont les harcèlements répétés et insidieux dont sont victimes certains élèves et qui sont de plus en plus le fait de personnes groupées.

Les mesures annoncées par le Président de la République ne permettent pas de répondre à ce type de violences grave auquel sont confrontés chaque jour enseignants et élèves.

La raison d’être de la Coordination française pour la Décennie est de faire connaître les projets d’éducation à la non-violence et à la paix déjà développés par des enseignants, des directeurs d’écoles, des associations fortement impliqués dans la lutte contre les violences à l’école et les violences de l’école.

Cette forme alternative d’éducation est fondée sur l’écoute, la médiation, la gestion non-violente des conflits, la responsabilisation des élèves au sein de l’école par le développement de leurs compétences psychosociales.

Il suffit d’écouter les témoignages de jeunes, d’éducateurs, de formateurs d’enseignants pour se rendre compte que ces projets sont positifs et permettent d’obtenir des résultats concrets et pérennes.

La Coordination française pour la Décennie va poursuivre son travail et son engagement pour que cette éducation soit inscrite dans les programmes scolaires et que les enseignants bénéficient d’une formation spécifique pour la mettre en oeuvre.

La Coordination française pour la Décennie regrette qu’un sujet aussi grave que le mal-être de l’école ne soit pas traité politiquement de manière plus rigoureuse et ne soit pas l’objet de débats nationaux porteurs et constructifs.

Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • noop noop 4 juin 2009 16:46

    Ca fait trente ans que ça dure. Trente ans que ça se dégrade.
    Faut être sourd, aveugle et bouché, pour ne pas en voir les causes et demander encore et encore des études pour trouver toutes les bonnes raisons (sauf la seule valide) de cet « enrichissement » constant de nos écoles et bientôt de notre société entière. 
    Cherchons, cherchons. C’est bien. 


    • Berger 4 juin 2009 17:26

      Un argumentaire pertinent face à une mesure démagogique et purement électoraliste !


      • souklaye souklaye 4 juin 2009 20:25

        Depuis que l’Education Nationale ne fait plus la police, les forces de l’ordre font la leçon.

        Quand la rue, l’école et la crise jouent un vaudeville, personne n’est trompé, tout le monde est débiteur.

        Entre les parents démissionnaires et le corps enseignant sclérosé, il reste la bavure policière.

        Quand les exceptions construisent les exemples, le législateur transforme l’épiphénomène en cas d’école.

        La suite ici :

        http://souklaye.wordpress.com/2009/05/21/post-it-police-scolaire/


        • Dolores 4 juin 2009 21:06


          Faire uniquement du répressif ne servira strictement à rien : on se garde bien d’aller en profondeur pour analyser les causes des violences en milieu scolaire, bien qu’on avance toutes sortes d’hypothèses qui ne sont que le constat d’une situation actuelle.

          Il s’agit à la base d’un problème d’éducation parentale.
          On n’éduque plus les enfants, on les « comprend » et on les laisse libres d’agir toujours selon leur bon plaisir. Quand ces « pauvres gosses » arrivent à l’école, ils sont incapables d’obéir à une règle parce qu’on ne les a jamais obligé à obéir, il ne supportent aucune frustration parce qu’ils ont toujours eu tout ce qu’il voulaient, avec même parfois une anticipation de leurs désirs par les parents.
          On constate ensuite qu’ils ne comprennent pas les conséquences de leurs actes et qu’il leur semble parfaitement normal de d’insulter, de frapper ou de poignarder le prof qui , pour une des premières fois de leur vie, leur impose un veto , une réprimande ou une punition.

          Dans certaines émissions TV on vous explique savamment qu’il ne faut pas dire « non » à un enfant, qu’il faut toujours négocier. Ce qui permet à l’enfant , ou à l’ado, de toujours l’emporter sur la volonté du parent.
          Je me rappelle un exemple d’une fille de 14 ans qui voulait sortir en boîte : le père ne voulait pas, mais il a négocié. Elle a fini par avoir gain de cause avec une heure limite pour rentrer.
          Le « non », justifié à mon avis, est devenu un « oui ». Quelle autorité reste-t-il au parent qui va céder à chaque fois en négociant ?
          On veut croire que l’enfant a l’expérience, l’autonomie et la sagesse infuses alors qu’il a tout à apprendre.
          Comment s’étonner ensuite qu’il réponde par la violence aux frustrations que le monde extérieur à la famille ne manquera pas de lui apporter.
          En voulant faire le bonheur des enfants on prépare leur malheur car un enfant ne connaît pas les limites sans qu’on les lui apprenne, et son inexpérience ne lui permet pas d’envisager les conséquences de ses actes.

           


          • sisyphe sisyphe 5 juin 2009 09:53

            Ca, c’est ben vrai, mâme abgeschiendent !

            Plus la peine de voter des lois qui ne servent à rien : il ne faut voter des lois QUE pour tous les descendants d’immigrés ; les gris, les marrons, les nègres..

            D’ailleurs, pour les identifier, on va renoncer à la loi du sol : et en revenir à la bonne vieille loi du sang : tous ceux qui n’auront pas le gène bleu-blanc-rouge (je crois qu’il se trouve dans le chromosome 21, en plus, d’où son appellation de trisomie 21) ; déhors !

            Comme ça problème rêglé ; plus de bordel dans les écoles, comme aux Etats-Unis dans les campus, par exemple... cooooooll !!

            On peut aussi établir le droit de port d’arme ; voilà une solution qu’elle est bonne, pas vrai, abgeschiendent ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès