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Accueil du site > Actualités > Société > Violences scolaires : à Marseille le fléau se généralise

Violences scolaires : à Marseille le fléau se généralise

L’UNI, syndicat étudiant proche de l’UMP, lance une grande campagne de sensibilisation sur les violences aux abords des collèges et lycées. « Au nord comme au sud de Marseille, « le phénomène se généralise ». Reportage.

 

Gare aux méprises, il ne s’agit pas d’une manifestation de l’UNI. C’est du moins ce que nous assurent les militants du syndicat étudiant proche de l’UMP, créé, rappelons-le, en réaction des grandes mobilisations de mai 68 ! Par un froid matin de janvier, devant le collège-lycée Marseilleveyre, ces universitaires veulent « informer les lycéens » et « interpeller l’opinion » sur un problème « récurrent et croissant : les violences aux abords des collèges et lycées ».

Pétition à la main, ils abordent les élèves de cet établissement huppé du 8ème arrondissement, au sud de Marseille. Une mission difficile : les fumeurs de joints adossés au portail ne semblent pas comprendre l’essence de leur propos et la Golf garée devant le pizzaiolo ambulant qui restaure les lycéens n’inspire guère confiance.

Mais il y a une autre raison à la délicatesse de leur action : les violences, le harcèlement scolaire qui restent des « tabous » ! Sur une butte, quelques collégiens attendent la reprise des cours. L’un d’entre eux a été agressé par un individu « extérieur au lycée », qui lui a « mis un couteau sous la gorge » pour son téléphone portable !

Ces agresseurs sont toujours « extérieurs au lycée » et les violences s’opèrent « la plupart du temps sur le chemin du retour », relayent les militants de l’UNI. Ces agressions laissent souvent des séquelles à l’image de celles qu’engendre le harcèlement moral : perte de confiance en soi, traumatisme, dépression…

 

Quartiers Nord, quartiers Sud : même fléau !

Les violences scolaires ne sont pourtant pas un problème nouveau à Marseille que vient de découvrir l’UNI ! La deuxième ville de France fait fréquemment la une des journaux pour les incidents que connaissent certains établissements. Souvenez-vous de la vague de violence dénoncée l’année dernière par l’équipe pédagogique du lycée Diderot dans le 13ème arrondissement, ou encore par l’agression au sabre au sein du lycée Henri Wallon dans le 14ème.

« Il semblerait que ce fléau touche les quartiers Sud », constate Jean-Marc Graffeo, référent de l’UNI à la faculté de droit Aix-Marseille. Loin du politiquement correct, ce militant de l’UNI fustige la conduite de ces « agresseurs extérieurs » qui trouvent au lycée Marseilleveyre « des proies idéales ». « Ils descendent des quartiers pour aller dépouiller des petits dont ils savent qu’ils ne vont pas répondre ». Un de ses homologues tempère : « c’est un phénomène qui se généralise complètement […] et qui touche toutes les catégories sociales ».

Comment expliquer cette contagion de violence ? « Il s’agit avant tout d’un problème d’éducation », lance Baptiste Bérard, responsable de l’UNI-Lycée dans les Bouches-du-Rhône. Rassemblé avec ses amis derrière une rangée de lauriers roses, Jonathan, un lycéen, n’est pas de l’avis des militants. « Je préfère chercher à comprendre les raisons plutôt que m’arrêter devant les faits ».

Protestataire, comme si une âme de militant UNL (syndicat étudiant de gauche) l’habitait, il dénonce la politique du Gouvernement qui « laisse les jeunes dans la merde ! Je ne vais pas stéréotyper, mais un jeune qui habite avec toute sa famille à dix dans un mini appart’, entassés dans une cité… Forcément, il arrive devant un lycée avec des jeunes qui ont le nouveau portable, ça devient limite un comportement acceptable ».

Acceptable ? Pas pour les parents des victimes qui « veulent créer une sorte de milice pour protéger leurs petits », rapporte Jean-Marc Graffeo. Devant le lycée, un père de famille houspille dur. Ne désirant pas s’exprimer à la caméra, il explique qu’il a vu « un jeune se faire agresser » et qu’il lui « a couru après avec une barre de fer » pour le rattraper, mais sans succès.

La coupe est pleine pour les parents et la tension monte… Des attitudes qui peuvent outre leur danger, « se retourner contre les parents s’il arrive quelque chose au voyou », précise le militant de l’UNI.

 

Police, EMS et caméra de surveillance

Les militants ne nient pas qu’il y ait des problèmes de concentration des difficultés et de la précarité dans les quartiers Nord et du centre-ville. Mais la problématique de l’agresseur n’est pas de leur compétence : « nous n’avons pas de pouvoir au niveau de l’organisation de la ville ou de l’urbanisme ». Alors, via une pétition, transmise par la suite au recteur de l’académie Aix-Marseille, ils espèrent faire « bouger les choses » en apportant leurs solutions.

Inutile de s’attendre aux louanges des propositions de François Hollande, telles que l’augmentation du nombre de professeurs ou de policiers. « Pas besoin d’embaucher plus », pour les militants de l’UNI qui réclament une « meilleure organisation » des systèmes de prévention et de répression.

Les EMS (Equipes Mobiles de Sécurité), mises en place par l’académie pour faire de la prévention autour des lycées, « devraient passer au moins une heure de 17h à 18H », plaide Baptiste Bérard. Quant à la police, il faudrait « qu’elle s’intéresse à autre chose que des problèmes de ‘fumette’, devant le lycée », rajoute Jean-Marc Graffeo. Enfin, « l’introduction de caméras de surveillance » est une piste envisagée par le syndicat.

De son bureau, la responsable de FCPE à Marseille regarde cette mobilisation avec étonnement et distance. « Une mobilisation flash » qui n’aura, selon elle, pas de véritable impact. « Il faudrait que les militants de l’UNI demande plutôt l’augmentation du nombre de surveillants lors des conseils de la vie lycéenne », lance la responsable « quand je vois que pour mille élèves il y a parfois 2 surveillants… Comment garantir la sécurité des élèves ?! ». Décidément, lorsque l’un se mobilise, l’autre dira toujours qu’il y a d’autres moyens de s’exprimer ! Vive la démocratie !

Visionner ce reportage sur News of Marseille

Coralie Mollaret - News of Marseille


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7 réactions à cet article    


  • SNOOP 3 mars 2012 12:36

    + de surveillants n’est pas la solution, ni + de policiers ou de prisons...

    expulsion des étrangers et des binationaux condamnés...dans 1 premier temps
     !


    • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 3 mars 2012 19:17

      SNOOP la plupart des agresseurs sont FRANCAIS,C’est donc bien la sévérité envers l’individu et sa famille (sans pour autant jeté les gens a la rue,mettre les aides social sous tutelle et non les coupées ce qui ne ferait qu’aggraver la situation) qui doit prévaloir.
      Je ne trouve aucune excuse social à ce genre de comportement et peu aisément affirmer que une partie des salles types de Marseille sont loin d’être issus de familles populaires mais sont des petit merdeux trop gâtés des quartiers sud,ou des quartier mixtes qui entourent la Bonne Mere qui mime bêtement la mode « gangsta » à 2neuronnes.


    • lulupipistrelle 3 mars 2012 13:38

      Le jour de de brevet, dans la cour du collège, mon fils (14 ans) s’est fait arracher des mains son ipod... ni une ni deux un coup de poing dans l’estomac, et une soumission à genou, dans les règles di jiu jitsu...  « Il n’y avait pas de surveillants ? - oh, ils regardaient ailleurs »... Les deux jours suivants sont agresseur est venu le saluer.



      Ma fille ( 13 ans) en attendant le prof, à une session d’orchestre , dans son Conservatoire, était « gentiment » harcelé par un petit crétin..., une fois, deux fois, troisième fois... ippon seoi nage, le sale môme a volé à travers la salle... maintenant il est tout sucre et tout miel. 


      Moralité : n’éduquez pas vos enfants à la soumission. 

      • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 3 mars 2012 19:29

        Je confirme,à Marseille la plupart sont des petits roquets.
        Quand je suis arrivé de ma campagne à 16 ans on m’a pris a partie dans le quartier où je m’installais,le cours julien.5 individus plus âgés que moi mon un peu secoué.J’ai foncé dans le tas en faisant quelque dégât,je ne suis pas un surhomme donc une fois à terre je m’attendais à une bonne derouillé mais on m’a relevé et felicité pour ma vaillance.
        Durant les 5 ans où j’ai vécu là bas je pouvais laissé mon sac à dos sur un banc traversé le cours pour acheté une bricole au snack rien ne bougeait,je pouvais aussi intervenir sans soucis quand les « gremlins » agressé un petit étudiant soumis sans jouer des poings etc.

        Ce qui manque ce n’est pas quelque policiers ou surveillant mais bien,pardonnez la vulgarité,de bonnes paires de couilles


      • jakback jakback 3 mars 2012 16:00

        La seule bonne nouvelle, a Marseille, est que la vermine s’entretue. 

        Il faut surtout entretenir cette flamme citoyenne.

        • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 3 mars 2012 19:31

          Les trafiquants qui s’entretuent ne sont généralement pas les mêmes qui agresses les personnes.


        • Ruut Ruut 5 mars 2012 08:17

          Moins de lois, mais des lois simples et tenues.
          Il y a tellement de lois que personne ne les connais.
          Dailleur elle ne sont meme pas enseignées a l’école.

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