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Accueil du site > Actualités > Société > Vivre avec la mort

Vivre avec la mort

« Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu’ils tarissent ainsi le goût de vivre d’une source essentielle. » Ces mots sont de François Mitterrand. Ils sont tirés de la préface qu’il a écrite pour le livre « La mort intime » de Marie de Hennezel, psychologue. « Comment mourir ? », s’interroge Mitterrand en fin de préface. Plutôt : comment vivre la mort ?

La mort technicisée :

Aujourd’hui, 80 % des gens meurent à l’hôpital. Même les généralistes ne voient plus mourir leurs patients. Les unités de soins palliatifs sont nées il y a quelques années. Elles ont pour but spécifique d’accompagner les mourants. C’est en visitant l’une de ces unités (celle de l’auteur du livre précité) que l’ancien président de la République fut confronté au cas d’une mourante, Danièle, qui ne croit pas à la vie après la mort mais qui attend néanmoins sa fin proche avec sérénité. Les unités de soins palliatifs sont apparues en Grande-Bretagne. La France les a adoptées avec retard (loi de 1999 énonçant le principe de l’accès à tous à des soins palliatifs). Notre pays accuse encore de grandes disparités dans les soins palliatifs. Le président Sarkozy vient juste de rappeler cette triste réalité : "Je ne serai pas celui qui expliquera aux Français qu’il n’y a pas d’argent" pour qu’un membre de votre famille ait "le droit de mourir dans la dignité", parce qu’"en France nous avons moitié moins de lits de soins palliatifs qu’en Grande-Bretagne".

Au-delà même de l’inégale répartition des moyens sur notre territoire ou de leur insuffisance, se pose aussi la question de la formation des équipes soignantes qui se trouvent investies de la prise en charge des fins de vie, puisqu’il y a désormais, signe des temps, « des endroits pour ça » et « des gens payés pour ça ». Ces équipes portent un regard médical, qui a tendance à découper l’individu en autant de parties que de fonctions physiologiques. C’est une approche moins technicisante et plus humaine qu’il faut développer et enseigner dans les facultés.

Récemment le regard riche et émouvant de l’écrivain Suzanne Bernard, dans Le Passage (éditions Le Temps des cerises) est venu apporter un éclairage particulier. Cette patiente, ayant refusé l’intrusion chirurgicale, a signé une décharge et s’est vue orientée vers le centre de soins palliatifs pour y mourir. Elle en est sortie vivante ! Elle n’était pas moins vivante pendant ce séjour avec les autres personnes en fin de vie, vivante d’une vie intérieure, et mêlée de spiritualité, dont elle témoigne.

La mort et les mentalités

Philippe Ariès, considéré comme le Darwin de la mort, historien des mentalités, a écrit Histoire de la mort en Occident en 1975 aux Éditions du Seuil. Il dit que la mort est désormais de plus en plus considérée comme une transgression de la vie mais aussi comme une rupture. Cette idée de rupture est tout à fait nouvelle car la familiarité avec la mort touchait autrefois même les riches et les puissants. C’était la mort apprivoisée. La montée de la conscience individuelle à partir du XIIe siècle n’a pas éloigné la mort de cette proximité quotidienne. « Pendant plus d’un millénaire depuis le VIe siècle après Jésus-Christ jusqu’à la Renaissance, on peut dire que la mort ne faisait pas peur aux gens. Elle était l’un des grands moments de la vie. » On attendait la mort : aujourd’hui on lutte contre elle. Et spécialement les médecins qui sont hommes de progrès et qui sont confrontés à la souffrance des familles. « On a expulsé la mort pour jouir de la vie. On a récolté un échec humain d’un genre nouveau. »

La mort est bien de nos jours l’objet d’un déni et d’un rejet de notre société. La mort est d’actualité même si nos esprits l’effacent par confort moral. L’exemple du Darfour est à ce titre significatif et Sarkozy de rappeler cette douloureuse évidence « Le silence tue  ! » Ce qui n’empêche pas la mort d’être à la mode ! Depuis quelques années, nous assistons au développement de la musique gothique, à la commercialisation de vêtements pour ados gothiques et d’objets à tête de mort. « La mort vous va si bien » est même le titre donné par Elie Bleu au communiqué de presse présentant ses boutons de manchettes « sublimatoires ». La mort comme fantasme effrayant est un vaste marché, mais la mort réelle aussi. En France néanmoins les règles de ce marché sont moralisées. Ainsi, par exemple, depuis 1993, les pompes funèbres ont le monopole de l’organisation des obsèques. En science aussi, la mort est à la mode. Cela s’appelle la thanatologie, une science qui a pris un grand essor aux Etats-Unis. La thanatologie est l’étude ou science de l’expérience de la mort et de l’agonie et du processus de deuil.

La mort et l’éducation

Le fait de cacher la mort aux enfants peut avoir des dommages sur la santé globale. Beaucoup de gens pensent qu’il est paradoxal de parler de la mort avec des enfants qui représentent la vie. Or, le fait de parler tôt avec les enfants de la mort permet de réduire les prises de risques pendant l’adolescence comme la drogue, et même avant : souvenons-nous des dangers du « jeu du foulard », cette pratique qui s’apprend dans les cours d’école et qui consiste à s’étrangler progressivement avec un morceau de tissu pour "planer" (un effet dû au manque d’oxygène dans le cerveau). Inconscients du danger, des dizaines d’enfants en sont déjà morts. Une action pédagogique spécifique a été initiée par Xavier Darcos, alors ministre de l’Éducation nationale. Désormais, les élèves seront informés en cours de SVT (sciences de la vie et de la Terre) et d’EPS (éducation physique et sportive) des risques liés à cette pratique.

C’est une erreur de croire que les enfants ne sont pas aptes à percevoir ce qui arrive. Ils ressentent que quelque chose de grave est en train de se passer. Face à une situation qu’ils ne comprennent pas, ils vont bâtir leurs propres hypothèses, élaborer leurs propres explications qui peuvent être bien pires. En voulant leur épargner un danger présumé traumatisant, on crée chez eux un profond malaise. Il faut leur dire la vérité car le mensonge risque de faire plus de dégâts que l’explication de la réalité. Les enfants qui se sont familiarisés avec la mort respecteraient davantage la vie et le vivant. Le sujet de la mort permet aux enfants de parler de leur vie et des difficultés qui vont avec. L’éducation à la mort lève ainsi d’autres non-dits. Rien n’est pire que le silence gardé ou le mensonge. Dire la vérité aux enfants ne signifie pas la montrer dans toute sa crudité et toute son horreur. Mais l’absence d’explication donnée fait naître de l’incompréhension comme « Je ne sais pas de quoi mon chien est mort, ni ce qu’il est devenu après  ». Ou pire, des fantasmes qui peuvent parfois les suivre jusqu’à la fin de leur vie. Dans le cas du de deuil entraîné par le suicide, c’est encore plus difficile car ce n’est pas un deuil comme les autres ; il est générateur de culpabilité et même de « contagion suicidaire ».

Mort et vieillesse sont devenues des réalités bien inconvenantes que l’on doit soustraire à nos regards de vivants. Il est malséant d’en parler. La compagnie des veufs ou veuves n’est pas recherchée...« Comment mourir  ? », s’interrogeait Mitterrand. Mais comment vivre avec la mort ?

Bibliographie sur Agoravox sur le thème de la mort :  :

La place de la mort dans notre société, par HOUSSAYE Marc :

Des limbes et de la nature des âmes, par Patrice Lanoy :

Stop aux jeux mortels pour nos enfants ! , par Gilbert Spagnolo :


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32 réactions à cet article    


  • jakback jakback 27 juin 2007 11:09

    Dans la vie, il y a une seule certitude. C’est la mort.

    Nous sommes tous des funambules qui marchons sur un fil dont nul ne connaît la longueur.


    • Romain Baudry 27 juin 2007 20:03

      Et les impôts. La mort et les impôts.

      (Oui, je sais, elle n’est pas neuve.)


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 27 juin 2007 11:12

      @ L’auteur

      Article d’autant plus actuel qu’une nouvelle chaîne de télévision devrait voir le jour, entièrement dédiée à la mort. Où comment interposer un média entre soi et l’impensable.

      L’article de Daniel Riot traitant aujourd’hui du retour en force du créationnisme serait peut-être à mettre en parallèle avec le vôtre : comment nos sociétés, terrorisées par l’idée de la disparition du « soi », et souhaitant l’occulter, se réfugient dans le fondamentalisme religieux.

      A lire, « Voyages de la mort » d’Eliane Georges. Un tour du monde passionnant des rites funéraires.


      • La Taverne des Poètes 27 juin 2007 11:27

        Je n’ai pas traité dans cet article les rites mortuaires car ce n’était pas le sujet et cela aurait été trop long mais Philippe Ariès, cité dans l’article, dit que le culte des tombeaux que nous pratiquons en France est très récent. « A la Toussaint, dans l’ancienne société, il n’y avait pas de visite au cimetière, comme il y en a encore maintenant. Mais il y avait, par exemple, des capucins qui se promenaient dans les rues, en faisant la quête, et qui chantaient des De Profundis pour les parents décédés de ceux qui leur faisaient l’aumône. C’est seulement au XIXe siècle que tout a commencé. Et le phénomène n’était pas limité à ceux qui avaient la foi. Au XIXe siècle, on va au tombeau même si on ne croit à rien. »


      • Tab Tab 27 juin 2007 11:41

        Ne pas confondre la toussaint, « fête de tous les saints », et le fête des morts qui intervient le lendemain.


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2007 11:26

        Bonjour Jeune Tige,

        Je te charrie, évidemment en disant cela. Je fais plutôt dans les « vieilles branches ».

        Du moins, c’est le message que les entreprises veulent passer quand elles trouvent que ça commence à bien faire et que ces dinosaures deviennent trop chers.

        La vie des choses et des êtres est une période bien éphémère. Il est très curieux de constater que les journées, les semaines, les années deviennent de plus en plus courtes au fur et à mesure que l’âge avance. Enfant, le temps peut paraître long avant d’avoir les fameux 20 ans. De l’autre côté, en bout de piste, quand le fauteuil devient le seul refuge, le temps redevient pesant. « La pendule d’argent » de Jacques Brel dans « Les Vieux » en avait bien pesé le problème.

        Le recul du temps rendrait ce temps élastique ? Ces impressions ne sont-elles pas plus une question de préoccupations, de motivations, de volonté d’exister, de partage de cette existence dans un entourage de semblables ?

        Je te signale qu’un de mes articles prévus pour le 3 novembre aura cet article en référence.

        J’oubliais : Bon article, comme d’hab... smiley


        • La Taverne des Poètes 27 juin 2007 11:33

          Le 3 novembre ! ça c’est ce qui s’appelle anticiper, planifier ! Moi, souvent, je ne sais même pas la veille quel article que je vais rédiger pour le lendemain. J’écrirais bien un autre sur la mort mais cette fois sur le droit de mourir instauré partiellement par la loi Léonetti mais c’est un sujet assez polémique à cause de la question de l’euthanasie. En mêm temps cela permettrait de faire le point sur l’évolutionrécente de la jurisprudence. A voir... Et puis je ne vais peut-être pas traiter de la mort deux jours de suite, c’est pas trop bon pour le moral. smiley


        • La Taverne des Poètes 27 juin 2007 11:35

          « Jeune Tige » ? Du haut de la pyramide des âges on peut aussi avoir verte tige !


        • La Taverne des Poètes 27 juin 2007 11:44

          à L’Enfoiré : Votre pays, la Belgique, a d’ailleurs légalisé l’euthanasie.


        • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2007 12:22

          Taverne,

          « Le 3 novembre ! ça c’est ce qui s’appelle anticiper, planifier ! »

          >>> Je ne sais si tu l’as remarqué, mais mes articles ne sont pas de poids plume. Cela doit se préparer ces bafouilles. Se construire petit à petit en fonction d’idées qui s’ajoutent. Si tu veux voir ma méthode va lire le « Mal au blog » sur mon site. (cf.URL)

          « le droit de mourir »

          >>> Vaste sujet aussi que ce qui tourne autour de l’euthanasie.

          « pas bon pour le moral »

          >>> N’y pense pas trop en effet, c’est une bonne manière de rester jeune. smiley


        • La Taverne des Poètes 27 juin 2007 13:23

          à l’Enfoiré : finalement je vais faire aujourd’hui un article actualisant la question de l’euthanasie pour évoquer les questions non traitées ici (éclairage sur la loi en vigueur et sur la jurisprudence qui appelle peut-être une nouvelle réforme). Cela pourra servir à faire un dossier pour Agoravox (le wiki). Et puis comme cela ce sera fait et je passerai à des choses plus joyeuses. smiley


        • GRL GRL 27 juin 2007 11:53

          Les causes et les besoins des hommes , s’ils changent avec les époques , demeurent au travers des siècles. Il y a donc une place occupée par chacun dans le monde des vivants en regard de ces causes et de ces besoins, et ainsi , nos rôles survivront toujours à nos êtres.

          Nous pouvons pour celà trouver la quiétude et accepter de laisser place vacante au jour de notre mort. Elle restera pas bien longtemps inoccupée, en vérité.

          Salut à tous , GRL.


          • haddock 27 juin 2007 13:27

            La mort est un manque de savoir-vivre .

            Dupond : je dirai même plus , de savoir-vivre .


            • CAMBRONNE CAMBRONNE 27 juin 2007 14:50

              BONJOUR TAVERNEUX

              Voila un sujet sur lequel nous pouvons être d’accord .

              Je constate depuis longtemps que la mort dans nos sociétés modernes est évacuée . Même les gens qui décèdent chez eux sont embarqués à la morgue ou vers un funérarium .

              Soldat j’ai eu à veiller mes camarades morts . Il y avait un tour et on ne laissait pas le mort seul jusqu’à la fermeture du cercueil .On se mettait en grande tenue et au garde à vous .

              En corse je crois on continue à veiller les morts en dicutant et en racontant des anecdotes sur leurs vie .

              La crémation qui est de plus en plus fréquente contribue à l’évacution des restes .

              Pour conclure la mort qui dans certaines sociétés est toujours là à vos côtés est chez nous du plus mauvais gout .

              Salut et fraternité .


              • CAMBRONNE CAMBRONNE 27 juin 2007 16:15

                SALUT FURTIF

                Comprend pas ??????


              • CAMBRONNE CAMBRONNE 29 juin 2007 13:55

                Merci furtif pour le lien .

                Connais tu ce Lt Ceccaldi ?

                Cdt


              • haddock 27 juin 2007 15:42

                Mais où sont les funéraill’s d’ antan ?

                Les petits corbillards , corbillards , corbillards, corbillards

                De nos grands-pères

                Qui suivaient la route en cahotant

                Les petits macchabées , macchabées , macchabées , macchabées

                Ronds et prospères

                Quand les héritiers étaient contents

                Au fossoyeur , au croqu’-mort , au curé , aux chevaux même

                Ils payaient un verre

                Elles sont révolues

                Elles ont fait leur temps

                Les belles pom , pom , pom, , pom , pompes funèbres

                On ne les r’verra plus

                Et c’ est bien attristant

                Les belles pompes funèbres de nos vingt ans .

                Par Georges Brassens en direct de Sète .


                • ZEN ZEN 27 juin 2007 15:59

                  Il ne faut pas manquer la lecture de Philippe Ariès , dont parle l’auteur, cela donne du recul...

                  A part ça, la vie est une maladie mortelle...ouf ! fatigué...


                  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 27 juin 2007 23:27

                    @ Furtif

                    « La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible » fera dorénavant partie de mes annales (avec deux zaines). Merci smiley


                  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 28 juin 2007 00:02

                    @ Furtif

                    Merci pour la référence smiley

                    Bonsoir.


                  • maumau 27 juin 2007 22:29

                    Votre article est trés intéressant. J’ai particulérement apprécié le paragraphe concernant les enfants, et je voudrais apporter le témoignage suivant : ma belle-fille est morte à la fin de l’année 2006 d’une grave maladie. Son ex-mari a eu le courage d’emmener leur fils , agé de 8 ans, à l’enterrement de sa maman. Je peux dire qu’actuellement, c’est un enfant souvent joyeux,nullement déprimé et qui peut parler de sa maman, à la maniére des enfants de cet âge,évidemment. Il ne s’agit d’aucune façon d’un conseil, mais d’un témoignage.


                    • Karl 28 juin 2007 00:36

                      En Inde, des gens comme vous et moi pousse leur vieille mere sous les roues des voitures de locations des touristes occidentaux : l’effet est double : fin garantie et revenu palliatif garantie. C’est ca les unites des soins palliatif par la bas. Impensable la mort ? Dans ce cas, la vie est aussi impensable ? Il n’y a de vie sans mort, de riches sans pauvres. La mort fait partie de la vie, partie essentielle sans laquelle la vie serait fadasse. « Pendant plus d’un millénaire depuis le VIe siècle après Jésus-Christ jusqu’à la Renaissance, on peut dire que la mort ne faisait pas peur aux gens. Elle était l’un des grands moments de la vie. » Mon opinion : de la betise aigue. Pendant la dite periode, l’eglise a etabli son pouvoir en brandissant l’enfer contre la redemption. La religion chretienne est une religion de mort, morbide reference au potentiel de l’eventuelle vie apres la mort. Au contraire, avant l’establishment, la mort etait accepte a bras ouvert : les grecs et les romains se battaient jusqu’a la mort en ayant plus peur de leur optios que d’Ades ! A mon humble avis, le sucide et le meurtre consenti sont les seules morts propres et honorables. Ma chere grand mere pris 2 ans pour mourir sous mes yeux, a sa plus grande peine, a la plus grande peine et charge de ma mere, et bien sur, a ma plus grande incomprehension (a l’epoque). La pauvre vieille : elle n’attendait que ca, et ne demandait que ca ! Dito. Mais la religion catholique... vous connaissez le reste. Certain parviennent neanmoins a mourir proprement. Un de feu mes amis, sentant la vieillesse et la dependance venir, s’est consciemment epuise a finir un travail physique (berceau pour petit-fils), s’epuisant sciemment et passant a travers ses douleurs cardiaques avec moqueries : au matin, le berceau etait fini, lui aussi, la scene etait paisible.

                      Smile to death as it is your only friend : it will always be there waiting for you !

                      L’important, ce n’est pas pourquoi est-il mort ? l’important c’est pour quoi a t’il vecu. STOP arretez de lire, courrez devant le miroir et voyez, voyez vous-meme, voyez votre pere, voyez votre mere, voyez tous vos ancetres reunis devant vous... que faites vous de cet heritage ? De quoi se souviendra t’on de vous ? J’en ai bien peur, pour la plupart d’entre nous, on ne souviendra de rien... Rions, riez de la vie, de la mort, et du reste, appreciez tout, entierement, la vie, et la mort. La mort est le plus beau cadeau de la vie : c’est ce qui permet d’ecrire un fin. Sans fin, il n’y pas d’histoire a se souvenir, sans fin, pas de corps, ni meme de debut. Une histoire, tout le monde en a une, longue, courte, penible, joyeuse, colores, bland, all at the same time.

                      Je ne suis qu’un insignifiant vers oeuvrant a ma propre destruction, je disparaitrai d’un coup de l’histoire et comme tout un chacun tombera dans l’oubli. Heureusement, si l’humanite se rappelait de tous ses membres, on serait a cours de noms et de numerologie pour se distinguer de ses ancetres. Une chance inouie, l’oublie : un autre cadeau de la vie. L’oublie et la mort : le vide de tout oppose au plein de riens que constitue notre vie miserable sur une terre que nous consommons petit a petit. Etre vivant, c’est en appreciez les possibilites et consequences : vivant je percois, et vivant je meurs.

                      Aller hop ! Allons sombrer dans l’inconscience d’un sommeil reparateur. Chaque matin, je me reveille, et j’eprouve grande joie a apprecier mon vivant. Qui sait, demain matin, je ne me reveillerai point, et enfin, la fin sera passee : ma vie se sera arrete et ma mort aura commence. La vie autour de moi continuera, et se rejouira (pour certain, avec un malin plaisir, j’en suis sur) de ma mort. Danser sur ma tombe et apprecier votre vie en celebrant ma mort : c’est l’occasion ou jamais ! Apres-demain, vous serez peut etre aussi mort !

                      A bientot, si le temps me le permet...


                      • CT 28 juin 2007 01:44

                        L’homme est une créature qui vit dans le temps entre 2 néants : la naissance et la mort. A sa mort il quitte le temps. La naissance... la mort... et entre temps, que se passe t-il ?

                        Entre les deux se trouve le destin. Le destin d’un condamné à mort. Cette condamnation est une réalité qui ne relève pas de nous. Mais mes choix sont l’expression de ma liberté tout au long de cette condamnation. L’histoire d’un homme se résume à une histoire qui lui est propre et qu’il déroule tout au long de sa vie sans jamais lui-même en connaitre la suite jusqu’au dernier souffle. Elle est très courte à l’échelle de l’Univers et se vit comme dans un rêve éveillé.

                        Dès sa naissance, l’homme ressemble à une flamme qui se consume, dont l’énergie se transforme, diminue et s’éteint. Dès sa première minute, il meurt et toute son histoire est une longue mort lente dans laquelle il se débat pour survivre heure après heure jusqu’à la consomption de son système biochimique qui finalement s’éteint.

                        Nous ne savons pas pourquoi mais nous savons que la mort est nécessaire puisque nous n’avons aucun moyen de nous y soustraire. Cela voudrait-il dire que nous avons une fonction dans l’Univers et donc un sens ? Probablement mais il me semble prétentieux ou naïf de dire que nous en somme la finalité.


                        • haddock 28 juin 2007 06:17

                          Nestor ,

                          Appréciez ces deux points de vue , de Karl et CT .


                          • Thucydide Thucydide 28 juin 2007 08:36

                            Bonjour, Taverne, bon article, et bons commentaires ici ou là. En effet, on a trop tendance à évacuer la mort de nos sociétés plutôt qu’à l’admettre comme une nécessité pour renouveler les générations, et à vouloir tenir les enfants écartés de cette réalité. Ce n’était pas toujours le cas. Je me rappelle la première comptine que j’ai appris de ma vie, c’était à l’âge de 3 ans :

                            Ramponneau n’est pas mort

                            Il est dans son lit malade,

                            Ramponneau n’est pas mort,

                            Il est dans son lit qui dort.

                            En la fredonnant, je pensais toujours plus ou moins consciemment à mon arrière-grand-oncle, qui avait plus de 90 ans. Et je ne fus nullement étonné le jour de sa disparition. La peur de la mort ne vient réellement que plusieurs années plus tard.

                            Au passage, puisque vous êtes amateur de musique, je me permets de rappeler que bien avant la musique gothique, le vrai courant artistique centré autour de la mort était le romantisme, avec par exemple, la musique sublime de Schubert, qui composait en sachant que son temps était compté : il est mort à 31 ans. Idem pour Chopin, qui était de constitution fragile.


                            • ZEN ZEN 28 juin 2007 09:06

                              bonjour Thucydide

                              Désolé d’être hors-sujet, mais hier, sous Riot, Claude et moi-même t’avons appelé au secours pour avoir tes lumières sur une affaire de dinosaure..La bataille faisait rage autour du créationnisme : assez affligeant le plus souvent...tu pourras juger.

                              http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=26274#commentaire1442499

                              Bien amicalement


                              • La Taverne des Poètes 28 juin 2007 09:10

                                Zen : Alors quoi ! Thucydide n’a même plus le droit de s’arrêter pour boire un coup à la taverne ? smiley La mort est un sujet sérieux.


                              • Thucydide Thucydide 28 juin 2007 09:43

                                Salut, Zen, oui, j’avais vu le titre de l’article, et malgré tout l’intérêt que je porte à la question, quand je vois ce genre de débat se pointer à l’horizon, je me dis « courage, fuyons ». Je n’ai guère de temps pour les arguties mille fois ressassées. Là, j’avoue que je n’ai pas eu le courage de me taper tous les commentaires, j’aime mieux boire un coup à la Taverne, même si je ne suis pas poète (quoique... il y en a qui trouvent de la poésie dans mes articles de vulgarisation scientifiques). En fait, l’idéal, c’est quand on a le temps d’intervenir parmi les premiers, avant que ce ne soit le boxon. Ensuite, ça part dans tous les sens. Mais je vais quand même répondre, même si le débat est maintenant loin.


                              • La Taverne des Poètes 28 juin 2007 09:47

                                Oui, Schubert et sa truite. Il y a aussi la sole music ! smiley


                              • Thucydide Thucydide 28 juin 2007 09:57

                                Il est très réducteur de ramener Schubert à sa seule « truite » (qui, pour moi, évoque plus les « Frères Jacques »). Si je ne devais retenir qu’une seule oeuvre de lui, ce serait la « Wanderer Fantasie », ou le Voyage d’Hiver. Mais nous nous éloignons du sujet. Quoique... Le Voyage d’Hiver n’est pas à écouter quand on a des envies suicidaires, parce qu’on risque fort de passer à l’acte.

                                On pourrait également citer « La jeune Fille et la Mort ». Un lied court mais sublime, ainsi que le célébrissime quatuor à cordes qui en découle. Et là, nous revenons tout droit au sujet : la mort finit par étreindre la jeune fille en lui disant qu’elle n’est pas si méchante, et l’invite à s’abandonner dans une douce quiétude.


                              • ZEN ZEN 28 juin 2007 13:30

                                @ Thucydide

                                Moi, je préfère les Impromptus par Alfred Brendel...Sublimes !

                                Moi, j’ai mis les pieds dans le boxon et je le regrette. Que de temps perdu pour un résultat assez vain ! Les créationnistes sortent sans doute renforcés dans leur conviction, selon un mécanisme de frustration-défense bien mis en évidence par Freud...

                                Amicalement


                              • lyago2003 lyago2003 30 juin 2007 22:15

                                @ la taverne des poètes, Merci pour votre courage d’aborder ce thème diffiçile s’il en est. Voici un petit texte qui reflète mon état d’esprit sur le sujet de la mort. Le jour viendra où mon corps reposera sur un drap blanc soigneusement replié aux quatre coins du matelas, dans un hôpital affairé à s’occuper des vivants et des mourants. À un moment donné, un médecin déclarera que mon cerveau a cessé de fonctionner et que, à toutes fins pratiques, ma vie est arrivée à son terme.

                                Lorsque ce moment viendra, n’essayez pas d’insuffler à mon corps une vie artificielle au moyen d’une machine. Et ne dites pas que je suis sur mon lit de mort. Parlez plutôt d’un lit de vie et permettez qu’on vienne y prendre mon corps et qu’on l’utilise pour aider les autres à vivre une vie meilleure.

                                Donnez mes yeux à l’homme qui n’a jamais vu l’aube, le visage d’un bébé ou l’amour dans les yeux d’une femme. Donnez mon coeur à celui dont le coeur ne cause que d’interminables journées de souffrance. Donnez mon sang à l’adolescent qu’on vient d’extirper de sa voiture accidentée, afin qu’il vive assez longtemps pour voir jouer ses petits-enfants. Donnez mes reins à quelqu’un qui dépend d’une machine pour vivre semaine après semaine. Prenez chacun de mes os, chacun de mes muscles, chaque fibre et chaque nerf de mon corps, et trouvez le moyen de faire marcher l’enfant cloué à un fauteuil roulant.

                                Explorez chaque recoin de mon cerveau. S’il le faut, emparez-vous de mes cellules et laissez-les croître pour permettre un jour à un petit garçon muet de crier sa joie au son d’un bâton de baseball frappant la balle, ou à une fillette sourde d’entendre la pluie marteler sa fenêtre.

                                Brûlez ce qui reste de mon corps et dispersez les cendres aux quatre vents pour aider les fleurs à pousser.

                                Si vous tenez absolument à enterrer quelque chose, alors enterrez mes fautes, mes faiblesses et tout le mal que j’ai fait à autrui Confiez mon âme à Dieu.

                                Si, par hasard, vous désirez faire quelque chose en souvenir de moi, alors ayez un mot ou un geste aimable pour quelqu’un qui en a besoin. Si vous faites tout ce que j’ai demandé, je vivrai éternellement. les passeurs. http://www.lespasseurs.com/Le_jour_viendra.htm

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