• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Vivre chez soi quand on est vieux et dépendant
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(13 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Vivre chez soi quand on est vieux et dépendant

Vivre chez soi ne va pas de soi... 90% des nonagénaires et la moitié des 6000 centenaires français vivent toujours à leur domicile mais ils encourent des risques importants de chute, faute d’adaptation de leur logement. Plus de 6 000 personnes âgées décèdent chaque année des suites d’une chute à leur domicile. Selon le groupe Ciliopée qui est à l’origine du plan « vivre chez soi » dessiné en 2010, il est pourtant possible d’effectuer les adaptations les plus courantes pour un coût d’environ 3200 euros.

Benoît Apparu, ministre du logement, évalue lui à 30% les plus de 65 ans qui habitent dans des logements non adaptés à leur situation de vie. Face au défi du vieillissement et de la perte d'autonomie, la politique de maintien à domicile se déploie mais certaines mesures ne sont pas de bon aloi. Ainsi en est-il des déductions fiscales pour les aides à domicile dont ne profitent pas les personnes âgées non imposables dépendantes d'aides extérieures.

Services à domicile : pour les gens aisés, pas pour les gens âgés

Si depuis 1991, les ménages peuvent déduire de leurs impôts la moitié des dépenses consacrées aux services à domicile, cette mesure laissait à l'écart les personnes âgées non imposables. Les 10 % de ménages les plus aisés profiteront alors à plein de cette aubaine. Alors, à partir de 2008, la mesure a été transformée en crédit d'impôt afin de l'étendre aux foyers qui ne paient l'impôt sur le revenu. En effet, la moitié des sommes dépensées sera reversée aux ménages employeurs, qu’ils s’acquittent de l’impôt sur le revenu ou non. Seulement voilà, l'INSEE fait observer que "cet avantage ne concerne que les ménages actifs, c’est-à-dire dont le ou les membres adultes sont en emploi, ou demandeurs d’emploi depuis au moins trois mois. Les retraités ne pourront pas bénéficier de cette mesure d'extension alors même qu’ils représentent près de 80 % des ménages utilisateurs non imposables." (rapport pdf sur le site de l'Insee, page 158) Pour en bénéficier, il faut que tous les adultes du foyer soient actifs ! Cette aberration est contreproductive et nuit à la politique de maintien à domicile des personnes âgées.

La réforme du maintien à domicile suspendue

Les choses paraissent suspendues. Pourtant, en 2010, Nora Berra, alors secrétaire d'État chargée des Aînés, avait présenté les 18 propositions des six groupes de travail de la mission "Vivre chez soi". Ce programme visait l'amélioration du cadre de vie des personnes âgées et comportait 8 mesures, faciliter l'accès aux technologies et aux services facilitant le maintien à domicile, en encourageant le développement d'une offre adaptée, modernisation des services à la personne. Tout semble bloqué en attendant l'annonce par le chef de l'Etat du démarrage de la réforme sur la dépendance. Annonce qui ne viendra sans doute pas avant l'élection présidentielle de 2012.

En attendant, Roselyne Bachelot a plus ou moins calmé les départements et associations en lâchant 50 millions pour l'aide à domicile pour 2012. Ce qui est d'ores et déjà jugé insuffisant.

La question de l’habitat dans les débats sur la dépendance

Les débats sur cette question avaient pourtant bien commencé. Et puis, l'Etat a laissé tomber la réforme de la dépendance. Reportée aux calendes grecques... Tant pis pour les familles ! Tant pis pour les asociations du secteur dont certaines sont en grandes difficultés voire en liquidation judiciaire (comme dans le Finistère) !

Quelles étaient les pistes dessinées ? Les groupes de réflexion sur la dépendance prônaient « l'obligation pour les communes et les intercommunalités de prendre en compte le vieillissement dans les documents locaux d'urbanisme » et le nécessaire développement d'habitats adaptés ou adaptables à la perte d'autonomie. Ainsi que l’accès à «  une large gamme de modes de vie à domicile  », par le développement de « formules intermédiaires  » entre tout-domicile et établissement. Les députés et les experts en étaient au stade du brouillon et s'opposaient sur les solutions mais un consensus était trouvé sur les viagers HLM, qui auraient permis aux organismes d’acquérir des logements (dont une partie proche des centres-villes) et de les récupérer au décès des occupants, après que ceux-ci auront bénéficié de leur vivant de travaux de réaménagement financés par les bailleurs publics, ainsi que d’un complément de revenu liée à la vente en viager. La proposition est soumise au gouvernement par Muriel Boulmier en juin 2010. Depuis, rien.

Tout cela n'a plus cours. Aujourd'hui, la seule obsession de l'UMP est de rassurer les marchés, d'éviter la perte du "triple A" et le krach bancaire. Les vieux attendront.

Dernière minute  : Le CAS (centre d'analyse stratégique) vient de publier, ce 18 octobre, un rapport : "L'adaptation du parc de logements au vieillissement et à la dépendance".

par Taverne (son site) mercredi 19 octobre 2011 - 10 réactions
yahoo
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(13 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par ROBERT GIL (xxx.xxx.xxx.190) 19 octobre 2011 09:36

    Les propos d’Alain Minc se demandant s’il est nécessaire que la collectivité
    s’offre le luxe de soigner les plus vieux alors que ça coûte cher sont propres au
    « sarkozysme » et à ses représentants. Les débats, même les plus odieux, pour
    favoriser l’enrichissement à outrance de certains sont lancé sur la place
    publique : « La collectivité nationale doit-elle payer les soins à de vieilles
    personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l’espérance de vie
    est réduite ? ». LIre :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/05/les-vieux-coutent-trop-chers/

  • Par C BARRATIER (xxx.xxx.xxx.122) 19 octobre 2011 20:05
     C BARRATIER

    Le gouvernement n’a pas plus tenu cette promesse que les autres, ils n’ont même pas honte. Pour ne plus les soigner la FRANCE a inventé le concept de "dépendance" : A 60 ans, une maladie invalidante n’est plus une maladie, mais un état de dépendance....les aides s’en vont...

    Voir "dépendance, concept générateur d’inégalités

    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=70

    Bien sûr ça rapporte à des exploiteurs de malades
    "Dépendance, profits privés pour qui ?"

    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=185

    Des proches de l’Elysée bien sûr !

  • Par roblin (xxx.xxx.xxx.181) 19 octobre 2011 15:55

    Moi, je sais que ces "aides" ne sont que des conneries, les institutions étatiques n’en font que le minimum pour prétendre qu’elles se soucient des personnes handicapées, mais je connais un handicapé moteur (partie droite paralysé suite lésions cérébrale) qui vit depuis son accident dans un appartement dans la maison de mes grands parents dans laquelle je vit maintenant, et bien il demandait une douche à la place d’une baignoire, cela couterait quelques milliers d’euros, mais en plus ils disait qu’apparemment on devait payer une partie des travaux et qu’on devait s’engager à y louer un handicapé même si la personne handicapé mourrait, on devait relouer à un handicapé, donc non seulement on devrait payer de notre poche pour que l’état puisse ensuite se vanter d’adapter les logements aux handicapés mais en plus transformer le logement en centre pour handicapés, avec tous les problèmes que ça pose (tous les jours visite de l’infirmière, aide à domicile, plus les personnes venant l’aider, pour une maison individuelle, ça fait beaucoup de traffic et de tranquilité perdue), de plus comme c’est une impasse la route est à un seul sens et les nouveaux voisins n’ont rien trouvé de mieux que de se garer en face ce qui pose souvent des difficultés pour entrer, les véhicules de secours ont un accès difficile voir impossible, et tout ça avec le soutient du maire et des gendarmes qui disent que si je continue de me plaindre qu’ils bouchent notre entrée en se garant sur la route (ils ont chacuns 3 voiture, dont deux camionnettes et deux vans, deux voisins sont en face de chez nous) alors qu’en plus un handicapé moteur y vit (ce qui pose problème aux aides à domiciles et infirmières comme cela a déjà été rapporté), ils vont porter plainte contre nous pour diffamation, voilà ce que c’est que la commune d’hérimoncourt (doubs, 25310).

    Alors les beaux discours des aides pour les handicapés...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox