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Accueil du site > Actualités > Société > Vivre ensemble : donner du sens !

Vivre ensemble : donner du sens !

Une année d’élections nationales a pour mérite d’appeler à la réflexion quant au sens qu’il conviendrait d’apporter aux choses pour permettre une société apaisée.

Beaucoup de personnes (spécialistes ou simples citoyens) s’accordent à dire que notre société va mal et que de manière générale le monde va également mal.

La situation n’est hélas pas nouvelle et se perpétue depuis que les êtres humains ont décidé de vivre ensemble dans des sociétés organisées.

La « nouveauté » réside dans la médiatisation de plus en plus diversifiée et mondialisée qui permet à tout un chacun de disposer d’informations plus ou moins parcellaires et véridiques sur ce qui se passe à l’autre bout de la ville, du pays, du continent ou de la planète et de se rendre compte des criantes inégalités existantes.

Et tout-à-fait logiquement, cette prise de conscience génère à fois de la révolte et des besoins et envies légitimes pour ceux qui se trouvent en « bas de l’échelle ».

Pourquoi cet état de fait ? Et comment redonner du sens à cette vie commune ?

Le partage des richesses est au cœur de la problématique mais certaines aberrations véhiculées par les idéologies politico-religieuses ainsi que le manque d’exemplarité et donc de crédibilité des « personnalités » médiatiques participent également à l’amplification de cette ambiance délétère.

1) Le partage de la richesse

Deux questions permettent de faire le tour du problème :

- Y a-t-il un quelconque sens à percevoir des revenus sans aucune mesure avec ce que gagne l’immense majorité de la population et sans aucune corrélation avec les besoins fondamentaux de l’être humain ?

- Y a-t-il un quelconque sens à posséder une fortune colossale puisque nous sommes tous appelés à disparaître ?

Si la réponse est OUI, rien ne changera jamais et la violence se perpétuera indéfiniment car il y aura toujours des personnes ou des groupes sensibles à l’appât de gains démesurés et prêts à n’importe quelle bassesse pour satisfaire leurs envies insatiables. 

La fiscalité peut permettre d’atténuer ces écarts invraisemblables mais cela reste éthiquement insatisfaisant au niveau du sens.

Seule, l’instauration d’une échelle d’utilité sociétale plafonnée permettant aux personnes d’avoir les moyens de vivre en fonction de ce qu’elles apportent au groupe permettrait d’améliorer les choses.

En clair, un paysan, un boulanger, un maçon, un enseignant, un pompier ou un infirmier ne sont-ils pas plus importants pour la société qu’un sportif, un chanteur ou un comédien ? Non pas que nous n’ayons pas besoin de divertissement mais est-ce cette fonction qui est primordiale ?

Par ailleurs, avons-nous seulement besoin de ces traders, « spécialistes » de la spéculation financière ou sur les matières premières, pour rémunérer de manière correcte et raisonnable l’épargne des citoyens responsables ?

Quant aux chefs d’entreprises, ils sont certes indispensables mais est-il concevable que leur rémunération ne soit pas intimement liée à celle de leurs salariés tant sur les parties fixe que variable.

La question de l’héritage financier et matériel apparaît également comme une des plus grandes inégalités : comment ne pas comprendre que cette iniquité ne peut être que source de rancœur et de conflit ?

Les parents qui pensent que leur rôle est de laisser le maximum de « fric » à leur descendance n’ont pas compris grand-chose à leur premier devoir qui devrait être de faire de leurs enfants des adultes émancipés, responsables et autonomes.

2) Les aberrations véhiculées par les idéologies politico-religieuses

Faut-il le rappeler, les religions ne se préoccupent pas prioritairement des questions métaphysiques et spirituelles que se posent leur ouailles mais sont avant tout partie prenante dans l’organisation temporelle de la vie de la Cité.

Il est indéniable que les religions ont participé à la structuration des sociétés mais leurs chefs ont toujours été et sont encore complices de la ploutocratie qui domine le monde depuis la nuit des temps.

Ils « surfent » sur la misère et la détresse des populations en véhiculant des superstitions qui entretiennent la crédulité, l’ignorance et la soumission.

Il y a toutefois certaines valeurs intéressantes dans leurs doctrines mais pour être enfin bénéfiques, les textes concernés doivent être expurgés officiellement de tout ce qui ne facilite pas le vivre ensemble par la suppression de toutes les références violentes ou guerrières, l’abrogation des interdits irrationnels et le rappel sans ambiguïté des bases mythiques et légendaires de leurs dogmes.

L’adaptation à l’époque et aux territoires est d’autant plus nécessaire et indispensable dans le cadre du brassage de population mondialisé actuel.

3) L’exemplarité et la crédibilité des « personnalités »

Les personnes mises au pinacle de la société se doivent d’être irréprochables à tout point de vue et malheureusement, nous sommes loin du compte car nous avons souvent affaire à des « Janus » dont la main gauche « oublie » ce que fait ou ce qu’a fait la main droite.

Prenons par exemple l’exemple de Bill Gates qui maintenant vient nous la jouer « bienfaiteur de l’humanité » alors qu’il a amassé une fortune colossale en spoliant nombre de personnes et en installant un système monopolistique s’apparentant à un vol organisé au niveau de la planète.

Plus proche de nous, Michel-Edouard Leclerc se présente quasiment comme le champion de la philanthropie alors qu’il est le patron d’un groupe d’hypermarchés dont les méthodes sont exactement les mêmes que celles de ses concurrents. 

Le monde du showbiz artistique ou sportif est également particulièrement concerné : comment nombre de « stars » se permettent-elles de tenir des discours moralisateurs ou de se présenter comme rebelles alors qu’elles sont ou ont été par ailleurs fortement partie prenante d’un système dont le mot d’ordre est « le maximum de fric dans le minimum de temps » ?

Ou alors et c’est encore pire, elles sont conscientes et complices du système cynique dont la maxime « Du pain et des jeux » est en permanence à l’ordre du jour.  

Lilian Thuram est un cas typique de ce genre de personnes : non pas que ce qu’il dit ne présente aucun intérêt mais il ne peut être crédible en ayant lui-même participé, par le biais de son activité professionnelle, au maintien et à l’amplification d’une société manquant cruellement de sens, fait tout aussi gravissime que ce qu’il dénonce.

Bien sûr, la classe politique doit être en première ligne au niveau de cette exemplarité et, a minima, toute condamnation dans le cadre de l’exercice d’un mandat devrait entraîner une inéligibilité à vie.

Nous vivons dans une société qui se complaît dans le misérabilisme et n’arrête pas de se donner bonne conscience au lieu de réfléchir honnêtement et lucidement sur ce qu’il convient de faire pour améliorer réellement et durablement les choses.

C’est toute l’organisation mondiale qui est en cause mais l’exemple doit venir d’en haut : pour que les habitants des pays pauvres puissent ne pas avoir envie de copier ceux des pays riches, faut-il que ces derniers montrent que la consommation à outrance et l’amoncellement d’argent ne sont pas les valeurs cardinales… Et pour que les classes modestes et moyennes des pays riches acceptent de partager avec les pays pauvres (non pas au titre d’une commisération hypocrite mais d’égal à égal) et renoncent à imiter les classes aisées et richissimes, faut-il que lesdites classes de tous les pays arrêtent leur gaspillage effarant, indécent et cynique. 

Plus on est haut dans la hiérarchie sociale, plus l’effort doit être exponentiellement conséquent.

Les êtres humains seront-ils un jour capables d’évoluer sur ces questions ? Il est impossible de répondre mais par contre, il paraît évident que les problèmes se perpétueront et s’accentueront le temps que des réponses justes et rationnelles n’auront pas été proposées et mises en œuvre par des personnalités intellectuellement honnêtes et absolument irréprochables dans leur comportement.

Naïveté, utopie, délire ? Peut-être… Et pourquoi ne pas tenter tout de même d’approcher l’objectif ?


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8 réactions à cet article    


  • Le Yeti Le Yeti 19 juin 2012 10:41

    Le vrai problème est dans le cœur de l’Homme. Là se trouve donc la solution.


    • Patrick Lefèvre 19 juin 2012 19:35

      Plutôt dans la tête, je pense...


    • Le Yeti Le Yeti 21 juin 2012 11:34

      Et non ! C’est là qu’est toute l’erreur !
      La tête ne dit que « comment » ; c’est le cœur et lui seul qui dit « quoi ». (D’où l’expression « En son âme et conscience » ... )
      Car avant de bien s’y prendre, encore faut-il partir dans la bonne direction.

      Les « Il faut » ne sont que des moyens ! Ce sont les « Je veux » ( lucides !) qui sont les objectifs.
      Pour se grandir, l’Humanité doit avoir les pieds sur Terre et la tête dans les nuages. (Or actuellement notre Monde marche sur la tête ! Enraciné dans l’illusion et déconnecté de toute sagesse.)

      Si l’Humanité décide de gérer sa vie de manière exclusivement rationnelle, la définition de la meilleur Humanité devient alors « la plus efficace ». Et la meilleur efficacité ne peut s’obtenir qu’en supprimant le facteur humain, erratique par nature. Donc en ne décidant qu’avec sa tête, la meilleur Humanité est forcément dépourvue d’humains (et standardisée) !

      Vivre, c’est ressentir ...


    • Patrick Lefèvre 21 juin 2012 11:52

      Bonjour,

      Peut-être mais j’ai un sérieux doute...

      Le coeur est le siège de l’émotionnel et de l’irrationnel : cela explique ces envies frénétiques de consommation inutile ou les dérives religieuses ainsi que les égos démesurés

      Il ne s’agit pas de décider seulement avec la tête mais seule, la rélexion de la tête permet de modérer tout cela, je pense...

       

       

       

       


    • Le Yeti Le Yeti 21 juin 2012 12:01

      Oui, mais n’oublies pas le cerveau reptilien et creuse un peu plus la nature humaine. ( Vaste sujet dont je ne débattrais pas plus ici. )

      Quoi qu’il en soit, nous sommes tous armés pour affronter la vie ; à chacun de voir s’il veut le faire ou non.


    • Patrick Lefèvre 19 juin 2012 19:34

      Nous sommes bien d’accord mais cela fait-il sens à votre avis ?


    • Patrick Lefèvre 20 juin 2012 10:32

      Bonjour,

      Le tirage au sort ? Pourquoi pas une certaine dose mais je pense qu’on ne peut « mettre de côté » toutes les personnes qui s’intéressent à la chose publique

      Par contre, on pourrait améliorer grandement notre système par des référendums décisionnaires, la refonte totale du mode de financement des partis et en diversifiant la représentation par :

      - un vrai non-cumul des mandats (nombre, durée et temps)

      - une réflexion approfondie sur le processus de candidature car actuellement les « sortants » ou les professionnels de la politique sont privilégiés de manière indécente 

      - un statut de l’élu qui, au terme du mandat, place à égalité toutes les catégories socio-professionnelles alors qu’actuellement les fonctionnaires et les professions libérales sont fortement favorisés


    • alinea Alinea 20 juin 2012 01:41

      L’homme est faible, je pense, l’homme est un joueur ; quand il a gagné- sans avoir jamais vraiment compris ce qu’il avait fait ni les conséquences de ses actes-, soudain peut lui prendre le loisir d’être bon : être bon est une horreur morale, une condescendance. C’est comme la tolérance, juste une grandeur d’âme à bon marché. Nous n’en demandons pas tant !
      Du reste, les hommes libres, qui du fait de leur fierté, voire de leur orgueil, se retrouvent dans ce monde, exclus, à la rue, préfèrent crever qu’accepter le pain des bonnes âmes.
      Alors, les vedettes de cinéma qui militent pour une bonne oeuvre, elles sont juste à vomir !

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