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Accueil du site > Actualités > Société > Votre corps ne vous appartient pas

Votre corps ne vous appartient pas

Hier, j’ai découvert sur internet la douloureuse histoire de Chantal Sébire, cette femme défigurée par un cancer, victime de grandes souffrances, et à qui on a refusé l’euthanasie « active », c’est-à-dire la possibilité de mourir avec une assistance médicale, et entourée de ses proches.

Ce qui est en jeu ici, j’ai l’impression, c’est une certaine conception de ce qu’est la vie, et du droit qu’on a à disposer de son propre corps. Cette conception n’est pas purifiée du principe religieux selon lequel c’est Dieu qui donne la vie, et Dieu qui la reprend. Parce qu’aucun argument rationnel ne peut justifier du rejet de la demande de cette femme de mourir comme elle le veut : parfaitement lucide, argumentant son choix solidement. L’idée qu’il faut refuser l’euthanasie à Chantal Sébire parce que cela ouvrirait la porte à des dérives, à mettre fin à la vie de personnes contre leur volonté, n’est pas du tout fondée : il faut savoir différencier des cas qui ne sont pas comparables, et le droit doit permettre de fonder ces différenciations.

Ce qui est en jeu donc, j’ai l’impression, c’est une conception collective de ce qu’est le corps, et de ce qu’on peut en faire. Comme si cela dérangeait trop le reste de la société, pour qui la vie est donnée et reprise sans qu’on en décide, que d’autres agissent autrement. Hier, mon ami d’origine aristocratique, et gay, me racontait qu’au moment du débat sur le Pacs, une partie de sa famille élargie avait affrété un car depuis sa région, pour venir manifester à Paris contre le projet de loi. Cela m’a éberluée, naturellement, et cette question m’est venue à l’esprit : « Mais qu’est-ce que cela peut bien leur faire que des gens de même sexe puissent bénéficier d’un contrat, qu’est-ce que cela leur retire, à eux ? ». Cela leur retire leurs certitudes, vraisemblablement. Sans doute ont-ils refoulé pas mal de questions concernant leur sexualité et leur mode de relation à autrui. Que d’autres vivent plus libres ; voilà qui est scandaleux !

Concernant la question des « drogues » : l’usage de certaines substances est réprimé par la loi. Non pas celui du sucre, pourtant reconnu comme drogue à haute accoutumance. Non pas celui de l’alcool, dont on connaît les ravages. Mais celui du cannabis. En quoi cela peut-il nuire à des personnes adultes et informées de fumer du cannabis quand elles le souhaitent ?

A propos du choix de la sexualité : je crois que chaque personne doit être libre de définir ce que la sexualité signifie pour elle, dans quel cadre elle inscrit cela. Si pour elle la sexualité signifie le mariage, très bien pour elle. Si la sexualité signifie une pratique ludique et agréable qui ne doit pas se mêler de considérations sentimentales, très bien aussi. Et si une personne choisit de monnayer certaines pratiques sexuelles, est-ce que cela doit être réprimé par la loi comme c’est le cas aujourd’hui ?

Qu’on ne me fasse pas écrire ce que je n’écris pas :

Je ne crois pas qu’actuellement il soit anodin que beaucoup de jeunes prennent du cannabis ou d’autres drogues (alcool...) parce qu’ils sont un peu perdus dans leur vie et que cela leur apporte une sorte d’évasion hors d’un quotidien difficile. Je ne crois pas non plus que le lot de la grande majorité des prostitués soit heureux. Et je ne pense pas que la plupart des gens choisissent de se prostituer comme d’autres deviennent comédienne ou médecin. Mais je crois que s’il faut mener un réel effort politique pour démanteler les réseaux qui conduisent à l’esclavage, et un réel effort d’éducation pour que les jeunes comprennent bien que leur corps leur appartient, et les filles, en particulier, que leur corps n’est pas le jouet des garçons, qu’elles n’ont pas à accepter certaines choses de peur d’être mal jugées ou de déplaire ; en revanche, toutes les lois qui sont actuellement en vigueur en France sont plutôt des lois contre les prostitués que des lois contre la prostitution. Par exemple, accuser toute personne qui loue un logement à un prostitué de proxénétisme (oui, c’est bien dans le Code de la loi française !), ce qui conduit les prostitués à se déplacer dans des zones dangereuses, à vivre dans des caravanes où ils/elles sont victimes d’agression, hors des centres des grandes villes, est-ce que cela a un sens ?

Cela a un sens en termes d’ordre public. La prostitution est sale, on en débarrasse l’espace où vivent les braves gens. Mais pour les personnes qu’on est censé aider, les prostitués, quelles sont les conséquences ? De la fragilisation et des difficultés. Je ne suis pas du tout pour que la prostitution devienne un métier comme un autre, avec les dérives que cela apporte, comme en Hollande où on permet à certaines femmes d’immigrer seulement à condition de devenir prostituées. Mais je crois que la réflexion sur la question de la prostitution, en France, est encore bien trop teintée de principes religieux, sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas avec son corps. Se pourrait-il que les gens qui réfléchissent à ces questions y réfléchissent posément, en laissant au vestiaire leurs a priori, pour se demander vraiment, en termes de société, en termes de conséquences sur les personnes, ce que signifiera tel ou tel projet de loi ?

Aujourd’hui, il existe encore des pays du monde où les relations sexuelles avec des personnes de même sexe sont punies de la peine de mort. Sans que ce « délit » affecte de la moindre façon les personnes qui y sont extérieures. Il s’agit de maintenir un certain ordre public, une conception de ce qui se fait et ne se fait pas. Aujourd’hui, la situation a évolué en France sur cette question, mais pas sur d’autres et, si on peut penser qu’un changement va avoir lieu, il met encore trop de temps à se produire, pour les personnes qui l’attendent dans leur chair et dans leur âme.

Je crois qu’un pays évolué en termes de mœurs, c’est un pays où on peut choisir de ce qu’on fait de son corps. En étant informé bien sûr, et en bénéficiant d’une prévention médicale et psychologique adéquate. Mais être informé et prévenu, ce n’est pas la même chose qu’être réprimé et puni par la loi !

L’Etat moral inscrit sur nos corps une chape de plomb. L’Etat économique nous dit aussi ce qu’il convient d’ingérer, ce qui est dangereux ou non pour notre corps, et frappe d’anathème ceux et celles qui entravent son activité. Les chercheurs qui montrent que les OGM sont dangereux, ou bien que le sel consommé en grande quantité est nuisible, sont menacés par la grande industrie, qui leur intente des procès (sur le site de la Fondation sciences citoyennes, on peut signer une pétition pour soutenir quelques-uns de ces scientifiques). Les études, qui montrent que l’usage des téléphones mobiles aggrave le risque de nombreuses maladies, sont systématiquement « oubliées » par les rapports gouvernementaux sur le sujet.

Aujourd’hui, plus que jamais, il convient de s’informer, le plus possible, à partir de multiples sources, de débattre, de réfléchir, et de décider de ce qu’on veut faire de soi, de son corps, de sa vie. Cette vie qu’on a unique, et qu’on doit se construire épanouie, et pas frustrante. Je crois.


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70 réactions à cet article    


  • gecko gecko 18 mars 2008 14:29

    je suis assez d’accord, et je trouve votre titre inaproprié au développement de votre texte qui finalement est beaucoup plus général sur le thème abordé que le titre et le premières lignes ne le laissent paraitre... sur le débat qui peut en découdre... et bien trop de sujets abordés sans avoir posé une thématique claire dès le début.


  • kabreras kabreras 18 mars 2008 14:07

    Ce n’est pas forcément mlanger les sujets, c’est plutot selon moi de montrer le rapprochement entre des sujets qui peuvent sembler éloignés


    • roOl roOl 18 mars 2008 14:40

      Polemique debile.

      Pour ce suicider, qui a besoin d’un battage mediatique et d’une autorisation penale ?

      Vous trouverez des cas de suicides repertoriés tout les jours.

      Et apparement, il se foutent completement d’etre devenu "hors la loi"....

       

      Si on interdit le suicide, c’est pour la meme raison que l’on vous oblige a mettre la ceinture.

      Pour que vous continuiez de payer vos impots...


      • Serviteur Serviteur 18 mars 2008 15:00

        Bravo pour l’article meme si je ne partage pas tous vos arguments notamment sur la drogue fléau de la jeunesse (ptain ce que ça peut etre con un jeune qui fume du canabis depuis des années) et effet desatreux sur notre "merveilleux" systeme de santé mais d’un autre coté c’est le cas aussi du sucre et de l’alcool comme vous le faite justement remarquer.

        Concernant le suicide c’est vrai qu’a part pour faire avancer (peut etre) la cause de l’euthanasie il n’y a pas besoin de faire tout ce battage médiatique puisqu’il existe differentes methodes plus ou moins indolores pour en finir dignement (disponible sur internet naturellement) et puis il y a toujours la possibilité (un peu comme pour les avortements mais la situation est quand meme moins dramatique) de se rendre en pays etranger (du style la suisse et ses assoc d’aide au suicide) ou vous pourrez profiter du paysage avant de paser a l’acte.

        Bonne journée ensoleillée a tous.

        Serviteur


        • pepin2pomme 18 mars 2008 15:06

          Je ne suis pas d’accord avec les posts précédents qui dénoncent un mélange des genres. Pour moi, net article est une très bonne synthèse. Il associe différents sujets, chacun certes très vaste, mais analysés uniquement à l’aune de la loi et du regard des autres, ces autres qui s’arrogent le droit de décider ce qui est bon pour moi ou non. C’est ceci l’essence de cet article (si je l’ai bien compris), dont je partage entièrement les idées.

           

           

           


          • Formule4 18 mars 2008 15:58

            Très bel article qui pose des questions de choix de société, d’un point de vue humain, sans démagogie ni "bling bling" ni mise en scène émotionnelle. 

            Les choix de société, notemment ceux qui mettent en jeu la loi (prostitution, drogue, droit de mourir) sont de la responsabilité des citoyens bien sur mais aussi de nos parlementaires.

            Or, les choix de société, c’est d’abord un choix, donc un risque, donc afficher clairement une position concernant la vie : bien trop difficile pour un politicien plus habitué aux magouilles et aux manoeuvres, aux trahisons et aux mensonges.

            N’oubliez pas que d’autres lois "choix de société", sont à l’origine du "combat" d’un seul ou de très peu de parlementaires : abolition de la peine de mort, droit à l’avortement...

            Légiférer en choix de société sur les droits des prostitué(e)s à se prostituer, des drogués à se droguer (et/ou à se sevrer), des malades "en fin de vie" à être aidé à en finir selon leurs désirs... ce n’est pas donner une réponse à des questions qui n’ont pas de réponse. C’est avoir le courage d’être le représentant du peuple.

            Mais il est tellement plus facile de voter une loi pour enfermer à vie, pour interdire de fumer dans les bars, autoriser les OGM ou ficher les gosses dans les écoles.


            • roOl roOl 18 mars 2008 16:40

              Je ne comprend plus rien a Agoravox...

              Tout les commentaires visant a se sortir la tete du cul sont moinssés...

               

              En tout cas, merci de ce rappel de ce que devrai etre nos representants.

               


              • uccle44 18 mars 2008 18:36

                 Même si je ne suis pas entièrement d’accord avec vos jugements de valeur, je trouve que vous posez les bonnes questions.

                 

                Bon article !


                • ronny 18 mars 2008 18:42

                  C’est gravissime de tout mélanger comme vous le faites dans cet article qui au delà de ce grand melting pot d’idées en tout genre est parsemé de simples et répétées erreurs de style rédactionnel. Qui le rende partiellement illisible et imbitable.

                  C’est d’un populisme et d’un manque de sens critique incomparable que de pondre un tel article. Je ne sais pas si votre pensée reflète celle de votre mouvement politique, mais si tel est le cas, je suis assez inquiet du vide intellectuel que de telles mouvances représentent.

                  En tout cas, il serait bon de vous documenter un peu sur certains des sujets que vous abordez car la règle essentielle d’un bon article (de gauche ou de droite, populiste ou pas, à charge ou neutre), c’est d’éviter les erreurs et le manque de références.


                  • EVB Alter EVB Alter 18 mars 2008 18:52

                    Bonjour,

                    et merci pour ces critiques qui me permettront, j’en suis sûre, d’étoffer davantage cet article, et de faire apparaître davantage les liens entre les différents thèmes qu’il aborde.

                    Tout d’abord, il s’agissait d’un choix délibéré de traiter de ces différents thèmes, étant donné le fil directeur que j’ai choisi : l’impossibilité de décider de ce qui nous concerne intimement, qu’il s’agisse de consommation alimentaire, de choix de sexualité, ou de décision de mourir.

                    En cela, le titre couvre la totalité de l’article, puisqu’il s’agissait pour moi de montrer comment dans un grand nombre de domaines, la loi nous empêche de disposer de notre propre corps.

                    Pour répondre à plusieurs personnes en particulier :

                    - Dalziel : qui êtes-vous pour juger de ce qu’est qu’un comportement déviant ? Et au regard de quel norme ? Avez-vous déjà discuté avec des personnes homo, que savez-vous de ce qu’elles ressentent, éprouvent, de comment elles conçoivent leur vie ? Il ne s’agit pas de légaliser des pratiques qui font du mal à certaines personnes, comme la pédophilie, il s’agit de permettre à des gens qui ont une sexualité différente de la norme de bénéficier des mêmes droits que tous, de ne pas être discriminées.

                    - roOl : J’ai déjà lu l’argument que vous avancez sur un certain nombre de forums. Pourquoi Chantal Sébire fait-elle tout ce tapage, pourquoi ne va-t-elle pas simplement se faire aider à mourir en Suisse ? Eh bien, pour une raison simple, qui est que cette dame souhaite mourir chez elle, entourée de sa famille, et non pas dans une chambre d’hôtel anonyme de Genève. Est-ce que c’est pour vous difficile à comprendre ? Pour moi, ça me semble assez clair. Et là encore, il s’agit de respecter son choix. Point.

                    - ronny : Je suis très ouverte au débat, argumentez, n’injuriez pas, merci. Ce n’est qu’ainsi que le débat peut avoir lieu.


                    • ronny 18 mars 2008 19:08

                      Je suis désolé, mais jusqu’à nouvel ordre, et vous devez le savoir pour quelqu’un qui défendait si ardemment la liberté de tout un chacun, dire d’autrui qu’il est populiste n’a jamais constitué une insulte.

                      Laissez moi la liberté de le penser au vu de l’article que vous avez commis !

                      Quant au fond de votre article, le simple fait qu’il mélange tout empeche à peu de choses d’en faire une critique élaborée et constructive, faute pour le lecteur d’être en mesure de s’y rattacher clairement.

                       


                    • EVB Alter EVB Alter 18 mars 2008 19:11

                      "erreurs" ; "manque de références" ; "illisible" ; "imbitable" ; "manque de sens critique incomparable" ; "vide intellectuel" ...

                      Ce n’est pas injurieux ?


                    • ronny 18 mars 2008 19:38

                      Non, c’est réaliste.

                      On va pas chipoter, mais les avis sur votre article sont là pour appuyer mes dires. Il semble que le peuple à qui vous vous adressiez ne soit pas aussi réceptif à votre doctrine que vous puissez vous y attendre.

                      C’est, au final, vous en conviendrez, plutot bon signe.


                    • ronny 18 mars 2008 19:53

                      Et puis vous ne m’oterez pas de l’esprit que quand vous parlez comme ca :

                      Avez-vous déjà discuté avec des personnes homo, que savez-vous de ce qu’elles ressentent, éprouvent, de comment elles conçoivent leur vie ?

                      vous êtes la première à les stigmatiser et à emettre l’hypothèse que les homos sont différents.

                      Et je trouve ces propos très graves. S’il n’y avait que cela, ça passerait, mais votre article est truffé de ces idées absolument abjectes, que l’autre, bien que différent doit être traité comme tout un chacun.

                      Moi, contrairement à vous, je ne raisonne en catégories comme vous semblez affectionner de le faire : homo, hétéro, pute, noir, blanc, pauvre, riche, drogué, malade !


                    • ronny 18 mars 2008 19:56

                      J’ajouterai qu’en catégorisant les gens comme vous le faites, vous émettez l’idée que tous les homos pensent pareil, que toutes les prostituées pensent pareil, ...

                      Or c’est faux. Si je parle à un homo, j’aurai eu l’avis d’un homo, pas celu de tous les homos !

                      Il y a des homos de droite, de gauche, riche et pauvre, et je passe sur le reste.

                      Arretez de raisonner en catégories, c’est extremement nuisible à l’intelligibilité de vos propos et à la respectabilité de vos idées.


                    • EVB Alter EVB Alter 18 mars 2008 20:03

                      Il se trouve que lorsque j’ai deux amis qui sont des hommes et qui vivent ensemble, je les considère comme "homos", et c’est aussi ainsi qu’ils se dénomment. Par ailleurs, je ne pense pas du tout que tous les homos pensent pareil, et je n’ai rien laissé entendre qui va dans ce sens. Lorsque je parle de mes amis sans but revendicatif ou politique, je les appelle par leur prénom, Cyril, Paulette, Marie-Xavière, Céline. Simplement, s’il s’agit de revendiquer un droit pour une catégorie de gens (comme celui de se pacser, ou de ne pas être soumis à la peine de mort), j’utilise un terme générique pour qu’on comprenne ce que je veux dire.

                      Je n’ai pas parlé de "putes" ici mais de prostitués, pour revendiquer justement le respect des gens qui font ce travail. Je n’ai pas parlé de riches et de pauvres, ni de drogués, encore moins de malades. Et je ne comprends pas ce que vous voulez ???


                    • ronny 18 mars 2008 20:07

                      Moi je veux rien. Juste noter l’incohérence de vos propos, voire les sous entendus qu’ils contiennent.

                      Le reste je m’en fous. Si vous y voyez une facon de vous harceler, allez y. Et si vous voulez que j’arrete de critiquer votre article, dites le moi, je le ferais. Les gens n’ont pas besoin de moi pour juger de sa pietre qualité et de son contenu hautement contestable.


                    • idyllique 18 mars 2008 20:08

                      Juste une remarque à la lecture de votre contribution sur la prostitution

                      se prostituer ce n’est pas travailler ! c’est vendre et souiller son corps et son âme !

                       


                    • EVB Alter EVB Alter 18 mars 2008 20:13

                      "Souiller son corps et son âme" ? Mais que voulez-vous dire ? Pouvez-vous expliciter ?

                       


                    • Dalziel 19 mars 2008 00:14

                      « qui êtes-vous pour juger… »

                      Une personne de bon sens, Madame, de simple, gros et épais bon sens.

                      « …de ce qu’est qu’un comportement déviant ? »

                      A la base, la sexualité n’a qu’un seul but, commun à tous les animaux : la perpétuation de l’espèce.

                      A partir de là, la seule forme de sexualité ayant une utilité, voire une justification, du point de vue de la société, comme du point de vue de l’espèce, est l’hétérosexualité.

                      Officialiser une forme de sexualité inutile, c’est ouvrir la voie à l’officialisation de la plupart des autres formes de sexualité inutiles, y compris la pédophilie.

                      Parce que ce que vous, vous réprouvez est approuvé par d’autres, qui sont tout aussi militants que vous et qui utilisent, presque mot à mot, les mêmes arguments.

                      Du genre : « « Avez-vous déjà discuté avec des personnes pédophiles, que savez-vous de ce qu’elles ressentent, éprouvent, de comment elles conçoivent leur vie ? »

                      Un discours que certains tiennent d’ores et déjà !!!

                      Voici un très court extrait de l’émission « C’dans l’air » du 1er mars 2005 :

                      « Commentaire off : "Latifa les appelle les pédophiles passifs ou abstinents. Nous avons pu rencontrer l’un d’entre eux, Kramps - C’est son pseudonyme sur Internet. (...)"

                      « Kramps : - Un pédophile... pfff... alors, ça, ça va paraître gros, mais c’est comme un hétéro, comme un homo, je veux dire, il y a des amours aussi, je veux dire, il y a des gens qui ont des sentiments..., il y a des gens qui... qui les aiment, quoi, tout simplement. (...)"

                      « Commentaire off : - Kramps ne se considère pas malade. Il voudrait que l’on comprenne cette orientation sexuelle qu’il n’a pas choisie. Il est le premier à s’afficher publiquement, mais ils sont de plus en plus nombreux, comme lui, à espérer être un jour, acceptés par la société."

                      « Il ne se considère pas comme malade… »

                      « Orientation sexuelle qu’il n’a pas choisie… »

                      « Ils sont nombreux à espérer être un jour acceptés par la société… »

                      Ce sont des arguments que vous avez déjà entendus autre part ?

                      Moi aussi !!!


                    • EVB Alter EVB Alter 19 mars 2008 07:05

                      Quelques questions pour être sûre de bien comprendre votre conception de la sexualité, qui selon vous, a pour but "la perpétuation de l’espèce" :

                      - êtes-vous opposé à ce que les personnes stériles aient des relations sexuelles ? (cela ne servant à rien selon vous)

                      - n’avez-vous jamais (ni avant ni après) eu des relations sexuelles, qu’au moment où vous avez conçu des enfants ? (idem)

                      - ne vous êtes-vous jamais masturbé ? (idem)

                      En ce qui concerne la pédophilie, je vais redire la même chose que j’ai déjà répétée x fois ici, en reprenant le terme de Max : deux hommes, ou deux femmes qui ont des relations sexuelles ensemble sont consentants. Ils font un choix de vie qui n’impose rien à personne d’autre qu’eux. Un enfant à qui on impose des relations sexuelles ne l’est pas. Cela n’a rien à voir.


                    • Dalziel 19 mars 2008 09:57

                      Quelques questions pour être sûre de bien comprendre votre conception de la sexualité, qui selon vous, a pour but "la perpétuation de l’espèce" :

                      Vous ne pouvez pas comprendre ma conception de la sexualité, puisque je n’en ai pas parlé. Je vous ai donné la définition de la fonction de la sexualité, sans me préoccuper de ses aspects secondaires : sociaux, romantiques, érotiques, pornographiques, épidémiologiques, délictuels, etc., etc.

                      Et c’est à partir de cette fonction unique, que je conteste l’officialisation d’un comportement – l’homosexualité – qui relève de la sphère privée, et qui n’en devrait pas sortir, puisqu’elle n’est utile ni à la société ni à l’espèce.

                      Vos questions sont donc sans fondement, puisque en marge du sujet. De plus, la formule que vous utilisez à trois reprises « cela ne servant à rien selon vous » est incomplète et fausse, puisqu’il faudrait dire « ne servant à rien du point de vue de la nature, comme de celui de la société » sans ajouter « selon moi ».

                      Je n’ai d’ailleurs jamais entendu dire que des gens stériles, de grands baiseurs et des branleurs, aient revendiqué un statut officiel, à quelque titre que ce soit.

                      Quant à vos propos sur la pédophilie, il n’engage que vous, et certainement pas ceux qui entendent se servir de l’officialisation de l’homosexualité, comme d’un marchepied en direction de la reconnaissance de leurs « droits ». Je vous renvoie à certains ouvrages de Tony Duvert et de Gabriel Matzneff et, plus généralement , à l’histoire de l’activisme pédophile :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l’activisme_p%C3%A9dophile


                    • EVB Alter EVB Alter 19 mars 2008 18:34

                      L’homosexualité n’est pas seulement une affaire privée, puisqu’un couple homosexuel peut être confronté à des problématiques qui relèvent du droit : peut-on adopter un enfant ? que se passe-t-il si l’un de nous meurt, et que nous possédons des biens en commun ? Dans les pays occidentaux, il s’agit de faire appel au droit pour régler ces questions, et il s’agit de problématiques bien concrètes pour certaines personnes. Pour ma part, je pense que nous devons tous disposer des mêmes droits, et cela me pose un problème que Michel et Jeannine puissent se marier, tandis que Olivia et Juliette n’y auront pas droit. Etant donné que la loi crée aujourd’hui des inégalités, il faut bien que des groupes de gens revendiquent des droits pour que cette loi évolue, et ce n’est pas en restant cachés chez eux que cela pourra avoir lieu.

                      Dans certains pays, par exemple du Moyen Orient, la question des relations homosexuelles relève aussi du droit, très douloureusement d’ailleurs, puisque les relations homo sont punies de la peine de mort.

                      On ne peut donc pas dire "c’est une affaire privée, n’en parlez pas". Surtout quand les personnes concernées considèrent qu’il y a lieu d’en parler.

                      Quant à ce thème de la pédophilie, combien de fois encore va-t-il apparaître dans ce forum, alors qu’encore une fois, puisqu’il faut le dire et le redire, il s’agit d’une relation forcée, qui n’a rien à voir avec une relation entre adultes consentants, à propos de quoi on discute ici.


                    • Dalziel 20 mars 2008 09:53

                      Pour ma part, je pense que nous devons tous disposer des mêmes droits, et cela me pose un problème que Michel et Jeannine puissent se marier, tandis que Olivia et Juliette n’y auront pas droit.

                      C’est une aberration complète. A aucune époque, en aucun continent, dans aucune civilisation, sous aucune religion, personne n’a jamais songé à former des couples officiels avec des personnes du même sexe.

                      Si un type avait lancé une pétition allant dans ce sens, il y a vingt-cinq ans, il se serait retrouvé à l’asile, en camisole, aux électrochocs et en cures intensives de neuroleptiques.

                      Si ce qui était fou, il y a un quart de siècle, est normal aujourd’hui, c’est ce que ce sont les gens qui sont devenus fous, à tout le moins ceux qui propagent les mêmes billevesées que vous.

                      Mais ce qui est le plus terrible, c’est l’adhésion de l’opinion, parce qu’elle signifie, cette adhésion, que les gens se moquent du devenir de la société et se lancent dans un "Chacun fait ce qu’il veut, du moment que ça ne me touche pas personnellement", qui devrait aussi inquiéter la gauchiste que vous êtes...

                      A condition que vous fussiez cohérente, bien sûr.


                    • Dalziel 20 mars 2008 09:56

                      alors qu’encore une fois, puisqu’il faut le dire et le redire, il s’agit d’une relation forcé

                      Ce n’est pas du tout ce que disent les pédophiles qui osent déjà témoigner visage à découvert. Et ce fait lui-même en dit long sur la démission de la société (voir ci-dessus). En 2008, on ose être pédophiles et venir le dire à la télévision, devant des millions de personnes !!!


                    • EVB Alter EVB Alter 20 mars 2008 16:43

                      Jusqu’il y a peu, on pensait aussi que les Noirs étaient à mi chemin entre les singes et les humains, donc qui aurait songé à leur donner des droits humains ?

                      Et puis, on pensait aussi que le cerveau des femmes était moins développé que celui des hommes, alors, pourquoi leur donner le droit de vote ?

                      En fait, je réponds patiemment à vos messages, mais il y a un moment où... Je ne sais pas si c’est la peine d’essayer de convaincre des gens réac comme vous. J’espère que des gens un peu plus évolués seront touchés par l’argumentation, c’est mon objectif !

                      Eh oh les gays et lesbiennes ! Vous n’êtes pas là pour apporter votre pierre à l’édifice ? Ou peut-être que vous êtes en train de pleurer d’affliction...


                    • EVB Alter EVB Alter 20 mars 2008 16:46

                      Je crois que vous avez bien du mal à comprendre un raisonnement logique !

                      Relation homo : Juliette et Sabrina s’aiment. Elles viennent toutes les deux à la télé, elles disent "nous nous aimons, et nous voulons officialiser juridiquement notre vie à deux".

                      Relation pédophile : avez-vous déjà vu un pédophile et l’enfant qu’il force venir dire ensemble à quel point ils sont heureux de leur relation ? Non. Pour une raison simple que j’ai déjà écrite cinquante fois ici (heureusement, je suis patiente !) : l’enfant n’est pas consentant. Il ne veut pas. On le force. Comment faut-il vous écrire cela ?


                    • Dalziel 20 mars 2008 17:52

                      Jusqu’il y a peu, on pensait aussi que les Noirs étaient à mi chemin entre les singes et les humains, donc qui aurait songé à leur donner des droits humains ?

                      Et puis, on pensait aussi que le cerveau des femmes était moins développé que celui des hommes, alors, pourquoi leur donner le droit de vote ?

                      Pour établir un certain nombre de choses, qui démentaient les apparences, il a fallu faire des recherches très approfondies, avec des appareils ultrasophistiqués.

                      Or, à ma connaissance, personne n’a démontré que l’homosexualité était plus utile à la société, et/ou à l’espèce, que le yo-yo, le sadomasochisme, le hula hoop, l’appendice, la zoophilie ou Second Life…

                      « J’espère que des gens un peu plus évolués… »

                      Ah, mais moi, je pense que quand on s’achemine vers une société de type bonobos, c’est une régression. Nous descendons du singe, si nous y retournons, ça n’a plus rien à voir avec l’évolution.

                      Relation homo : Juliette et Sabrina s’aiment. Elles viennent toutes les deux à la télé…

                      On se demande pourquoi ? Non, on ne se le demande pas, Umberto Eco l’a très bien expliqué :

                      « Quid du théâtre comique dans une civilisation qui a décidé de se fonder sur le respect de la différence ? Par tradition, le comique a toujours spéculé sur l’estropié, l’aveugle, le bègue, le nain, l’obèse, l’idiot, le déviant, la profession jugée infâmante ou l’ethnie tenue pour inférieure.

                      « Eh bien, tout cela est devenu un tabou. Aujourd’hui, ne vous risquez plus à imiter un inoffensif paria, c’est une vexation ; quant à Molière himself, il ne pourrait plus ironiser sur les médecins sans provoquer aussitôt le tollé de la corporation entière, liguée contre ces allégations diffamatoires. Plus question de déguster un « nègre en chemise » ni de parler « petit nègre » à une « tête de Turc » qui serait « saoul comme un Polonais ».

                      « Il fallait une solution, on la trouva. Impossible de caricaturer l’idiot du village, ce serait antidémocratique. Soit. En revanche, il est tout à fait démocratique de lui donner la parole, de l’inviter à se présenter lui-même, en direct…  »

                      C’est tout à fait ça, vous ne trouvez pas ?

                      « …elles disent "nous nous aimons, et nous voulons officialiser juridiquement notre vie à deux".

                      Qu’elles s’engagent donc par un contrat de droit de privé, comme des millions de gens en contractent tous les jours de par le monde. Qu’elles soient très bonnes copines où qu’elles se broutent la motte, ne regardent qu’elles !

                      Leur comportement dans un lit ressortir à leur intimité : on ne veut pas le connaître, parce que ça ne nous intéresse pas. Et ça ne nous intéresse pas, parce que cela ne présente aucun intérêt, mis à part d’inspirer quelques réflexions bien salaces smiley

                      l’enfant n’est pas consentant. Il ne veut pas. On le force. Comment faut-il vous écrire cela ?

                      Il ne faut pas l’écrire, il faut le démontrer, Madame ! Autrement, c’est trop fastoche !

                      Je suis sûr que si on leur garantissait l’impunité, les pédopsychiatres qui défendent, à demi-mot, le droit – encore un, ça devrait vous plaire ! – des enfants à une sexualité harmonieuse, tout en laissant entendre, à quart de mot, que seuls des adultes peuvent la leur dispenser, ils produiraient des « témoins enchantés » de 5, 6, 7, 8 ans…

                      Et puis Jack Lang a peut-être aussi sa petite idée là-dessus, qui déclarait dans la revue homosexuelle Gay Pied du 31 janvier 1991 « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIème siècle d’en aborder les rivages  ».

                      P.S. – En posant la question : « avez-vous déjà vu un pédophile et l’enfant qu’il force venir dire ensemble à quel point ils sont heureux de leur relation ? », vous avez montré crûment les limites de votre capacité de réflexion.


                    • lisca lisca 24 mars 2008 10:18

                      Non.

                      L’injure, c’est un autre registre de langage. Chose qu’on devrait savoir quand on se fend d’un article.

                      En établissant la confusion entre l’insulte ou la diffamation et la critique fondée, incisive, corrosive, d’un raisonnement ou d’un style médiocre, on ouvre la voie à la dictature de la pensée unique avec tous ses procès contre la libre expression.

                      C’est vrai que ça fait mal de se faire envoyer bouler brillamment !

                      Allez, si vous êtes une vraie féministe, relevez le défi. Du courage, du brio, du panache et du verbe ! C’est la façon traditionnelle et élégante de riposter à qui vous dit des choses qui piquent. Les procès parce qu’on se sent vexé... c’est d’un nul. La vie est un duel, vous savez.


                    • idyllique 18 mars 2008 20:05

                      Le combat de cette femme est le nôtre ! 

                      Après les dures luttes de décider ou non de donner la vie lorsque l’on nait femme, voilà qu’il va falloir se mobiliser en France pour que chacun d’entre nous puisse décider du moment de sa mort et puisse être aidé à partir sans douleur et avec l’affection des siens  !

                      Notre corps nous appartient ! Il faut modifier les lois qui nous transforme en martyr de mort-vivant !


                      • ronny 18 mars 2008 20:11

                        Désolé mais j’ai bien envie de m’élever contre une vision aussi simpliste de la situation légale en France. Par ailleurs il y a aussi beaucoup de simplisme dans votre vision du féminisme !!

                        Voilà le noeud du problème : cette femme souffre, personne ne le nie. Souffre t’elle plus qu’une personne très dépressive ? ou qu’une personne qui a perdu l’usage de ses deux jambes ? ou qu’un aveugle ?

                        Doit on considérer que ces personnes doivent cesser de vivre ? Et surtout doit on considérer que l’état, la société, c’est à dire, vous + moi + les autres, doivent assumer la mort de cette personne ? Car oui, une loi qui dirait cela, c’est une loi qui transfererait la responsabilité de la mort eugénique de ces gens sur l’ensemble de la population !

                        Et l’ensemble de la population n’a pas nécessairement envie de se retrouver dans la position du meurtrier !

                        Ce qui se comprend très bien !


                      • EVB Alter EVB Alter 18 mars 2008 20:22

                        Il ne s’agit pas ici de décider pour Mme Sébire de ce qu’il convient de faire pour elle, mais d’accéder à sa demande. L’avez-vous entendue s’exprimer à la radio ? Il s’agit d’une femme très lucide, qui a pris cette décision après de longues années de souffrances. Elle l’a prise avec sa famille, et aujourd’hui c’est son choix. Elle ressent des douleurs horribles dans les yeux (comme des aiguilles qu’on lui enfoncerait, expliquait-elle dans un reportage télévisé), elle est devenue aveugle, elle a perdu le goût et l’odorat, elle a besoin d’une assistance en permanence pour sa vie quotidienne.

                        Loin de moi l’idée de juger qu’une vie est digne ou pas d’être vécue, mais juste d’écouter ce que dit une personne en souffrance.

                        Savez-vous ce que l’Etat lui propose ? De la plonger dans un coma artificiel et de la laisser mourir de faim. Trouvez-vous qu’il s’agit là d’une preuve d’humanité ?

                         


                      • Max 19 mars 2008 00:03

                        Bonjour,

                        L’auteur mêle des sujets divers, tous compliqués, qui n’engagent certainement pas les mêmes conséquences et n’impliquent pas tous le même degré de connaissances. Néanmoins, toutes ces problématiques (euthanasie, drogue, prostitution, droits pour les couples de même sexe, etc.) sont abordés depuis le seul problème qui semble intéresser l’auteur, le consentement. Dès lors, on peut évidemment les juxtaposer, parce qu’ils font l’objet d’une seule et même perspective, depuis laquelle l’auteur les aborde.

                        Je crois effectivement que pour les traiter, chacun, complètement, il faudrait à peu près écrire un article de plusieurs centaines de pages. Je partage largement le point de vue de l’auteur sur bien des aspects (même si pour la drogue cela m’est également, comme d’autres internautes, problématique et que l’ouvrage de Thierry Schaffhauser, auquel vous faites référence, est assez mauvais, puisque clairement libertaire non seulement sur le plan des moeurs, mais également sur le plan du travail et ne tient pas un autre discours que le Médef sur ce plan).

                        Pour répondre à Ronny, rapidement. On n’est pas loin des anti-IVG qui le font au nom des femmes, sa réponse est à proprement parler complètement irrationnelle. Loin de créer des catégories, l’auteur de l’article ne faisait que constater que certains couples, ceux qui sont composés de deux individus de même sexe, n’ont pas les mêmes droits. Vous condamnez, radicalement, EVB Alter (au passage, en lui prêtant des propos qu’elle n’a jamais défendus !), parce qu’elle ferait des "catégories" (notamment, pour notre propos, "homos"). Mais est-ce que ce ne serait pas vous, cher Ronny, qui, présupposant comme catégories fondamentales et qui plus est complémentaires "hommes" et "femmes", en créez, condition minimale pour que vous puissiez les dénommer "invertis" (autant dire "pervers"). Ronny, je ne crois pas que vous soyez essentiellement un "homme", vous êtes essentiellement un "être humain" qui, il se trouve, est né avec des testicules, tous les autres traits de "l’homme" étant le fruit d’un construit social (qui, découpant l’humanité comme on l’a également fait en matière de races, ne sert que certaines fins idéologiques, sexistes ou racistes, que je vous invite à remettre en cause). Et, comble de la vulgarité, la seule condition de possibilité pour que vous puissiez avoir des sentiments amoureux pour quelqu’un est que cette personne n’ait pas de testicules. Mais autrui est autre chose que la couleur de ses organes génitaux, non ? La condition de possibilité de votre amour est un déterminant sexuel par lequel vous êtes littéralement obsédé. Cela se soigne, par exemple en aimant les gens pour ce qu’ils sont et font et non point sur la base de critères de naissance (qui, par ailleurs, pourraient être remis en cause puisque outre le problème de l’importance qui leur est conférés, votre critique suppose un déni pur et simple des personnes intersexes, c’est à dire des personnes qui ne sont ni des hommes, ni des femmes, mais pour lesquels les médeins "rétablissent la nature" par une opération à la naissance, c’est à dire une mutilation génitale, à la naissance. Avec qui doivent-ils ou elles ou els (?) se marier ? Voir à ce propos l’excellent article d’Elsa Dorlin dans Raisons politiques, mai 2005, presses de sciences po).

                        Si "les homos" sont tous différents, on doit supposer alors qu’on ne doit plus parler que d’individu qui, il se trouve (définis par des critères plus pertinents), ont des relations sexuelles avec des personnes qui, elles aussi définies sur la base de critères plus pertinents, sont de même sexe. A tel point que parler "d’homos" est absurde. Je l’admets. Mais, il se trouve aussi que l’on ne peut pas non plus parler de "l’homme", ou de "la femme", puisque, tous différents, il n’y a que "des individus", si l’on admet que la couleur des organes génitaux n’est pas un critère pertinent. Ce qui fait alors disparaitre l’homosexualité (évidemment). Dès lors, vous déniez simplement le droit, pour certains individus et selon des critères résolument irrationnels, de pouvoir former un couple comme les autres, avec les mêmes droits. Vous accusez donc tout simplement EVB Alter de ne pas être autant obsédé sexuellement que vous, refusant, comme elle le fait, de découper l’humanité par tranche et ne jugeant pas un désir, dès lors qu’il est aimant, supérieur à un autre.

                        Il est fort regrettable que la dite dénonciation de l’essentialisme soit l’opération de celui qui le présuppose comme condition minimale d’expression de sa critique.

                        Bien cordialement (je suis certain que d’autres internautes vous donneront d’excellentes adresses pour régler vos troubles),

                        Max


                      • EVB Alter EVB Alter 19 mars 2008 06:58

                        Max,

                        bravo pour ce style précis et percutant ! Je suis d’accord avec vous sur le fond de l’ouvrage de Thierry Schaffhauser. Si je mentionnais cet ouvrage ici, c’était pour signifier que celui-ci (entre autres lectures et conversations) m’a conduite à revoir certaines idées a priori que j’avais sur la prostitution.


                      • idyllique 19 mars 2008 20:50

                        Ce n’est pas à vous ni à moi de décider pour autrui !

                        A chaque malade de décider si sa vie de malade souffreteux incurable mérite d’être vécu ou non ! Et lorsqu’il ne veut plus vivre sa vie d’enfer terrestre, le moins que l’on puisse faire c’est de mettre à sa disposition les moyens nécessaires pour abréger son calvaire ! Cela s’organise très bien ailleurs, pourquoi pas en France ? Encore un résidu d’un culture judéo-chrétienne à la con ? La rédemption par la souffrance ? pfff !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

                        Pour Madame Sebire, sa vie est merdique, un enfer de douleur, pourquoi ?

                        Son calvaire est dû à la lâcheté d’une société qui préfère laisser faire la nautre plutôt que de mettre fin à ses souffrances, car voyez-vous, il faut du courage pour qu’un geste léthale soit fait dans la législation actuellement achaïque et défaillante  !!!!

                        Nous sommes plus humain avec les animaux de compagnie atteint d’une maladie incurable !

                         Elle pourrait très bien se jeter en haut d’une tour, elle ne fait pas ce choix, elle a préféré alerter les média, l’Etat, le président de la République pour nous sensibiliser tous à ce problème de société, pour changer notre loi sur l’euthanasie car demain cela pourrait être vous, votre enfant, votre mère...

                        Sur le féminisme... et le ventre des femmes : il n’appartient pas à la société, ni à vous, ni a un conjoint ! un utérus appartient à la femme qui le porte ! Sur cette planète chaque femme doit pouvoir décider d’avoir ou non d’enfant et lorsqu’une femme refuse de mener à terme une grossesse, elle doit pouvoir recourir à l’avortement dans les délais autorisés ! Cette décision ne regarde personne d’autre qu’elle-même !

                        Tant que nous n’aurons pas de contraception efficace et sans danger, les avortements existeront dans les proportions que nous connaissons ! Une femme est féconde chaque mois et sur environ 40 ans... pas toujours facile à gérer

                         

                         


                      • lisca lisca 24 mars 2008 10:06

                        Rien ni personne ne l’empêche de se suicider. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait. Pourquoi charger la société de la décision de sa mort ? Vous êtes bien bonne.

                        Il est très dangereux de généraliser l’euthanasie, de la légaliser. Les petits vieux sont parfois un peu gâteux. On peut leur faitre prendre du lexomil et leur faire oublier ce qu’ils ont dit la veille. On peut les influencer par l’affection apparente. On peut loucher sur l’héritage etc. Leur pauvre corps ne leur appartient plus vraiment, tout abîmé qu’il est, entre les mains du personnel soignant, entre les murs d’asiles publics. Laissons-leur ce qui leur reste, à ces vieux : la décision uniquement individuelle en ce qui concerne le coup de ciseau de la dernière heure. Vous seriez surprise de constater que la vie, ils s’y accrochent.

                        Que les personnes privées qui veulent se débarrasser d’un papy encombrant fassent leur coup en douce, et que ça explose dans les chroniques de fait-divers, de temps à autre, c’est inévitable. On ne va pas leur faciliter la tâche, nous, la société, quand même.

                        Que se passe-t-il en fait ? L’euthanasie consiste à réclamer à la science et à la technologie les moyens de mourir. Ce n’est pas la finalité de la science ni de la technologie. Désolée, aucune société,surtout une qui se targue tant d’humanisme, ne peut le permettre. C’est l’homme la richesse, non ? Par contre, je fais confiance au médecin de famille pour soulager la douleur physique au maximum, quitte à abréger parfois la fin d’une vie douloureuse. Nous, ça ne nous regarde pas.

                        Si l’auteur s’occupait plus de ses affaires privées, qu’on souhaite secrètes par considération pour elle, ça lui éviterait de trop se pencher sur les affaires privées des autres qu’elle voudrait tant nous coller sur le dos à grands coups de clairon mobilisateurs (vous les gays... etc.).


                      • lisca lisca 24 mars 2008 10:31

                        Pourquoi avez-vous besoin de tant de lois à tout propos, incluant éternellement les autres et surtout les limitant et baîllonnant, dans vos petites affaires privées ? Vousn’avez pas de force personnelle pour résister et vous affirmer ? Pas de courage individuel ? Pas de pensée propre ?

                        Et vous vous proclamez féministe , c’est àdire combattante, penseuse, rebelle, etc... Bizarre. On veut le beurre et l’argent du beurre, là.


                      • idyllique 24 mars 2008 13:45

                        Les lois sont nécessaires pour faire avancer la société vers une modernité voulue par la majorité, mais aussi nécessaires pour maintenir une cohésion sociale  ! Une démocratie ne peut exister sans loi !


                      • Mango Mango 18 mars 2008 20:22

                        Je vais sans doute me faire sévèrement remettre à ma place, mais très honnêtement, et très sincèrement, et très laïquement, je considère que mon corps ne m’appartient pas.

                        Pourquoi ?

                        Parce que nourrisson je dépends de ma mère. Et c’est ça qui me construit, et qui construit ma mère.

                        Parce qu’enfant, je dois "faire avec", m’accomoder du fait d’être "trop grand", "trop petit", "trop gros", "trop maigre", "trop noir", "trop blanc", et accessoirement, laid, beau, bigleux, handicapé, pauvre, riche... Et c’est ça qui me construit, et qui construit mes camarades.

                        Parce qu’ado je me transforme et je dois imposer aux autres ce que je deviens : un homme ou une femme qui sera reconnu(e) en fonction de la force, des talents, des objectifs que j’investis... Je me construis moi-même et je commence à construire la société qui sera bientôt dépendante de "MOI".

                        Parce qu’adulte en bonne santé, je suis responsable de tout et de tous, je n’ai droit à aucune faiblesse, je me construis et je construis les générations futures à force de volonté, de travail et d’exemplarité.

                        Parce que vieillisant, bavant, pissant, chiant sur moi, défiguré, souffrant, délirant, je n’ai aucune raison d’en avoir honte, ayant franchi victorieusement toutes les autres étapes, ma souffrance, mon délire, ma "déchéance" ne sont qu’ humains... Et construisent l’humanité.

                        De quel droit réclamons nous une mort "digne" ?

                        La mort n’est pas "digne" !

                        La mort est crade, dégradante, plus ou moins douloureuse, et ramène à ce que nous sommes  : faillibles, matériels, biodégradables...

                        En celà, elle instruit les générations futures en leur transmettant l’urgence de l’action tant qu’il en est temps.

                        La mort douce, quand on veut, comme on veut... Non, trop facile... Et ça n’apprend rien à ceux qui suivent, à part : "Quand c’est trop dur, prends un truc".

                        Et après, on parle de "toxicomanie"...

                        Moi, je veux crever salement, devant tout le monde et les miens, ou toute seule, à la maison ou à l’hosto, rien à faire pourvu que ça leur foute un choc, un coup de pied au cul pour se bouger ici et maintenant, en souvenir de ce que j’ai fait et de ce ce que j’ai été.

                        Quelle prétention que de vouloir une mort "digne" !

                         

                         

                         

                         


                        • foufouille foufouille 18 mars 2008 20:47

                          quelqu’un se souvient il ?

                          de "nos amis les produits laitiers sont nos amis pour la vie"

                          de nos jours "5 fruits et legumes FRAIS par jour" "manger bouger.fr"

                          alors oui l’etat decide pour nous ce qu’il pense etre bon pour nous

                          et je savais pas que les homos ou les prostituees etaient contagieux et sales

                          bravo @ l’auteur pour son article qui sort des putains de normes. ca s’appelle un parrallele ou une metaphore pour ceux qui savent pas penser par eux memes

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