Parmi les mythes français qui ont forgé la société d'après guerre celui de la retraite pour tous ne fut pas le moins fondateur pour notre (ex)Etat providence.
Par cette indéniable avancée de l’après-guerre nos modèles professionnels se sont figés : on travaillait souvent mal (sinon comment expliquer notre perte de compétitivité et les récurrents déficits du commerce extérieur ?) de moins en moins (car cela allait disait-on dans le sens de l’histoire) et enfin, dégouté du et par le travail les français décidèrent (à peu près seuls au monde) travailler le moins longtemps possible, jusqu’à 60 ans au mieux (mais souvent en fait jusqu’à 55 ans ou moins lors des Plans sociaux de réduction des effectifs dans les entreprises).
Cette situation pourrait devenir infernale (et bien plus tôt qu'on ne le pense généralement).
Quatre faits désormais obèrent cette précaire construction de la retraite pour tous et très précose :
Si comme l’Europe entière semble nous le signifier le système français des retraites n’est plus viable il importe peut-être d’en tirer certains enseignements et perspectives pour l’avenir
a) Limiter fortement le montant des retraites, serait-il choquant qu’un retraité ne gagne pas plus que le SMIC ? (et il en est de même pour les demandeurs d’emploi)
b) Harmoniser tous les systèmes de retraites en France (à commencer par le public et les régimes spéciaux qui doivent être alignés sur les règles du privé) et décider d’une même règle pour tous quelque soit son statut et son métier.
c) Reculer l’âge de la retraite pour tous et par exemple limiter les charges sur les salaires de tous les travailleurs âgés de plus de 50 ou 60 ans. Bonifier fortement les retraites de ceux qui travailleront au-delà de 65 ou 70 ans
d) Améliorer le travail et les qualifications afin que les prochaines générations soient confortées dans leur activité et gagnent à travailler aussi longtemps que possible (tout en restant en bonne santé)
e) Ne plus considérer que le bonheur et le bien social tiennent dans une prise de retraite anticipée mais adopter le point de vue anglo-saxon pour lequel l’important n’est pas la retraite (ce n’est pas un débat outre Atlantique) mais la capacité de travailler longtemps en bonne santé en aiment son job
Tout cela méritera négociation et nécessitera un vrai effort d’adaptation du monde du travail mais la dette ne pourra bientôt plus résoudre nos petits arrangements sociaux d'après guerre.
L’adaptation est évidemment sur terre la condition de la survie d’une espèce (mais aussi d’une société) et ceux qui prônent la pérennisation des avantages acquis jusqu’à la fin des temps peuvent-ils être pris au sérieux sur une planète où un milliard de terriens cherchent tout simplement à survivre au quotidien ?

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
je veux bien avoir tout faux : les français (de par leur histoire ou leurs qualités « (...)
20/08 11:24 - Pierre-Joseph ProudhonOù êtes-vous aller chercher que les Français ne travaillent pas ? Pourquoi répétez-vous comme (...)
18/08 15:40 - RoubachoffOk, je comprends mes détracteurs et je veux bien avoir tout faux : les français (de par leur (...)
18/08 08:56 - Didier CozinEn parlant de sable, ô splendeur Cozinale, au lieu de l’arroser, vous me semblez plutôt (...)
18/08 07:56 - RoubachoffL’ennui, avec les gens comme Cozin, c’est qu’ils écrivent leur petite (...)
18/08 02:58 - Roubachoff
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération