• mardi 21 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Votre retraite, ni les jeunes ni les chinois ne la paieront (...)
72%
D'accord avec l'article ?
 
28%
(88 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Votre retraite, ni les jeunes ni les chinois ne la paieront !

Parmi les mythes français qui ont forgé la société d'après guerre celui de la retraite pour tous ne fut pas le moins fondateur pour notre (ex)Etat providence.

Par cette indéniable avancée de l’après-guerre nos modèles professionnels se sont figés : on travaillait souvent mal (sinon comment expliquer notre perte de compétitivité et les récurrents déficits du commerce extérieur ?) de moins en moins (car cela allait disait-on dans le sens de l’histoire) et enfin, dégouté du et par le travail les français décidèrent (à peu près seuls au monde) travailler le moins longtemps possible, jusqu’à 60 ans au mieux  (mais souvent en fait jusqu’à 55 ans ou moins lors des Plans sociaux de réduction des effectifs dans les entreprises).

Cette situation pourrait devenir infernale (et bien plus tôt qu'on ne le pense généralement).

Quatre faits désormais obèrent cette précaire construction de la retraite pour tous et très précose :

  1.  La répartition des âges dans notre pays. Les baby boomers vont dans 5 à 10 ans prendre massivement leur retraite. D’ici 2020 près d’1/4 des français souhaiteront faire valoir leur Droit à la retraite. Ces (ex) futurs retraités auront souvent connu des carrières complètes, bénéficié des avancements à l’ancienneté (GVT, Glissement Vieillesse Technicité) et pourraient donc (en théorie) prétendre à des niveaux de pension élevé (plus élevés que le salaire de nombreux actifs).
  2. Une équation financière impossible sans endettement massif  : Comment conserver le niveau de retraite actuel pour 10 ou 12 millions de retraités tout en accueillant à terme 50 % de retraités supplémentaires ? Pour les femmes par exemple l’espérance de vie est en moyenne de 85 ans aujourd’hui. Le travail féminin ayant fortement progressé après-guerre comment payer des pensions durant 35 ou 40 ans ? (car dans 20 ans on vivra sans doute jusqu’à 90 ou 95 ans).
  3.  Faire payer les jeunes générations est utopique : Les jeunes ne trouvent ni bonnes rémunérations, ni travail stable, ni revenus suffisants pour simplement payer leur logement (devenu hors de prix du fait du formidable enrichissement sans cause de la classe moyenne depuis les années 70). Il ne sera évidemment pas possible de faire supporter à un actif le poids d’un retraité (ni même de 1 retraité pour 2 actifs alors que la proportion était de 1 pour 5 dans les années 70)
  4. La probable forte baisse de l’emploi salarié va encore détériorer la situation financière des régimes sociaux : le niveau de l’emploi salarié a culminé en l’an 2000 en France avec plus de 93% de travailleurs salariés. Après guerre notre pays comptait 50 % environ de salariés et nous pourrions ré-intégrer assez vite ce niveau du fait de la crise économique. Ce n’est pas le travail qui risque de manquer dans les prochaines années mais bien l’emploi salarié généralisé. C’est pourtant le seul statut qui procure des ressources suffisantes aux régimes sociaux (si le travail indépendant se développe c’est parce qu’un travailleur indépendant n’est pas soumis au code du travail et qu’il cotise peu pour sa retraite ou sa sécurité sociale).

 

Si comme l’Europe entière semble nous le signifier le système français des retraites n’est plus viable il importe peut-être d’en tirer certains enseignements et perspectives pour l’avenir

a) Limiter fortement le montant des retraites, serait-il choquant qu’un retraité ne gagne pas plus que le SMIC ? (et il en est de même pour les demandeurs d’emploi)

b) Harmoniser tous les systèmes de retraites en France (à commencer par le public et les régimes spéciaux qui doivent être alignés sur les règles du privé) et décider d’une même règle pour tous quelque soit son statut et son métier.

c) Reculer l’âge de la retraite pour tous et par exemple limiter les charges sur les salaires de tous les travailleurs âgés de plus de 50 ou 60 ans. Bonifier fortement les retraites de ceux qui travailleront au-delà de 65 ou 70 ans

d) Améliorer le travail et les qualifications afin que les prochaines générations soient confortées dans leur activité et gagnent à travailler aussi longtemps que possible (tout en restant en bonne santé)

e) Ne plus considérer que le bonheur et le bien social tiennent dans une prise de retraite anticipée mais adopter le point de vue anglo-saxon pour lequel l’important n’est pas la retraite (ce n’est pas un débat outre Atlantique) mais la capacité de travailler longtemps en bonne santé en aiment son job

 

 Tout cela méritera négociation et nécessitera un vrai effort d’adaptation du monde du travail mais la dette ne pourra bientôt plus résoudre nos petits arrangements sociaux d'après guerre.

L’adaptation est évidemment sur terre la condition de la survie d’une espèce (mais aussi d’une société) et ceux qui prônent la pérennisation des avantages acquis jusqu’à la fin des temps peuvent-ils être pris au sérieux sur une planète où un milliard de terriens cherchent tout simplement à survivre au quotidien ?




par Didier Cozin (son site) lundi 13 août 2012 - 121 réactions
72%
D'accord avec l'article ?
 
28%
(88 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par lemouton (---.---.---.137) 13 août 2012 11:44
    lemouton

    Tous ces bla.. blas... sur la retraite, et sur je ne sais quoi, ne sont que fariboles..

    la seule question fondamentale est :

    « Jusqu’à quand l’Etat Français acceptera de jeter par fenêtre, annuellement pour les banques, 50 Milliards d’Euro.. !! »

    Le total de l’impot sur le revenu ..ppfffuiitt .. volatilisé.. !!  smiley 

  • Par 65beve (---.---.---.73) 13 août 2012 11:19

    @John
    Travailler autant qu’on veut, ça existe déjà : ça s’appelle l’artisanat.
    Pour les salariés, allez travailler à la chaine pendant un an et revenez nous donnez votre avis.

    cdlt

  • Par Gemini (---.---.---.186) 13 août 2012 10:41
    Gemini

    J’ai toujours autant de mal à comprendre ceux qui militent pour un allongement de la durée du travail.

    L’auteur de cet article en est un parfait exemple, ce qui est hélas peu étonnant lorsqu’on voit qu’il balaie d’un simple revers de la main en écrivant avec condescendance « (car cela allait disait-on dans le sens de l’histoire) », en parlant de la diminution du temps de travail.

    C’est pourtant bien le sens de l’histoire et ça me semble assez simple à comprendre : notre productivité a fortement augmenté. Nous produisons donc beaucoup plus avec beaucoup moins de travail.

    Partant en outre du constat que nous avons déjà, dans nos sociétés, bien plus de biens qu’il ne nous en faudrait, que malgré un chômage élevé, nous parvenons à produire tout ce dont nous avons besoin et même bien plus, alors il n’est pas aberrant, bien au contraire, d’affirmer que nous avons besoin de moins travailler : d’une part, pour partager le travail restant, et d’autre part, pour produire moins car nous produisons déjà trop  ; rappelons à cet égard que nous sommes en pleine crise écologique majeure due à notre surproduction et surexploitation des ressources naturelles.

    Dans ce cadre, pourquoi vouloir travailler plus ? Votre vie est-elle si vide que vous n’ayez que le travail pour vous épanouir ?

    Je ne parlerai même pas de la première remarque de l’auteur « on travaillait souvent mal (sinon comment expliquer notre perte de compétitivité et les récurrents déficits du commerce extérieur ?) » tellement elle est ridicule. En cherchant un minimum, notre auteur trouvera tout un tas de très bonne raisons pour cette perte de compétitivité et les déficits récurrent du commerce extérieur. Je pourrai notamment mentionner la mise en concurrence soit disant libre et non faussée de systèmes totalement différent (normes sociales, normes environnementale) ne pouvait que mener à ce résultat.

    Le reste de l’argumentaire est hélas du même acabit.

  • Par mortelune (---.---.---.111) 13 août 2012 12:24
    mortelune

    La retraite n’est pas un cadeau de l’état providence, comme vous dites. C’est le résultat de cotisations mensuelles versées sur un travail de qualité qui a pour résultat une augmentation irréfutable de la productivité. Pourquoi vouloir faire peser sur les salariés le manque de compétitivité au plan international sachant que ce dernier est le fruit direct de la mondialisation que personne n’a voulu et que personne ne veut ? Cette mondialisation autant que le marché européen est la source même de nos défaillances et aucun salarié n’a en supporter la charge ni le chantage. La défaillance économique est directement liée au décision politique et au manque de professionnalisme des dirigeants. Le monde salarial n’en supporte que les charges et le manque de loyauté du patronat et des politiques commence sérieusement à me casser les pieds. Pas vous ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération