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Accueil du site > Actualités > Société > Votre retraite, ni les jeunes ni les chinois ne la paieront (...)

Votre retraite, ni les jeunes ni les chinois ne la paieront !

Parmi les mythes français qui ont forgé la société d'après guerre celui de la retraite pour tous ne fut pas le moins fondateur pour notre (ex)Etat providence.

Par cette indéniable avancée de l’après-guerre nos modèles professionnels se sont figés : on travaillait souvent mal (sinon comment expliquer notre perte de compétitivité et les récurrents déficits du commerce extérieur ?) de moins en moins (car cela allait disait-on dans le sens de l’histoire) et enfin, dégouté du et par le travail les français décidèrent (à peu près seuls au monde) travailler le moins longtemps possible, jusqu’à 60 ans au mieux  (mais souvent en fait jusqu’à 55 ans ou moins lors des Plans sociaux de réduction des effectifs dans les entreprises).

Cette situation pourrait devenir infernale (et bien plus tôt qu'on ne le pense généralement).

Quatre faits désormais obèrent cette précaire construction de la retraite pour tous et très précose :

  1.  La répartition des âges dans notre pays. Les baby boomers vont dans 5 à 10 ans prendre massivement leur retraite. D’ici 2020 près d’1/4 des français souhaiteront faire valoir leur Droit à la retraite. Ces (ex) futurs retraités auront souvent connu des carrières complètes, bénéficié des avancements à l’ancienneté (GVT, Glissement Vieillesse Technicité) et pourraient donc (en théorie) prétendre à des niveaux de pension élevé (plus élevés que le salaire de nombreux actifs).
  2. Une équation financière impossible sans endettement massif  : Comment conserver le niveau de retraite actuel pour 10 ou 12 millions de retraités tout en accueillant à terme 50 % de retraités supplémentaires ? Pour les femmes par exemple l’espérance de vie est en moyenne de 85 ans aujourd’hui. Le travail féminin ayant fortement progressé après-guerre comment payer des pensions durant 35 ou 40 ans ? (car dans 20 ans on vivra sans doute jusqu’à 90 ou 95 ans).
  3.  Faire payer les jeunes générations est utopique : Les jeunes ne trouvent ni bonnes rémunérations, ni travail stable, ni revenus suffisants pour simplement payer leur logement (devenu hors de prix du fait du formidable enrichissement sans cause de la classe moyenne depuis les années 70). Il ne sera évidemment pas possible de faire supporter à un actif le poids d’un retraité (ni même de 1 retraité pour 2 actifs alors que la proportion était de 1 pour 5 dans les années 70)
  4. La probable forte baisse de l’emploi salarié va encore détériorer la situation financière des régimes sociaux : le niveau de l’emploi salarié a culminé en l’an 2000 en France avec plus de 93% de travailleurs salariés. Après guerre notre pays comptait 50 % environ de salariés et nous pourrions ré-intégrer assez vite ce niveau du fait de la crise économique. Ce n’est pas le travail qui risque de manquer dans les prochaines années mais bien l’emploi salarié généralisé. C’est pourtant le seul statut qui procure des ressources suffisantes aux régimes sociaux (si le travail indépendant se développe c’est parce qu’un travailleur indépendant n’est pas soumis au code du travail et qu’il cotise peu pour sa retraite ou sa sécurité sociale).

 

Si comme l’Europe entière semble nous le signifier le système français des retraites n’est plus viable il importe peut-être d’en tirer certains enseignements et perspectives pour l’avenir

a) Limiter fortement le montant des retraites, serait-il choquant qu’un retraité ne gagne pas plus que le SMIC ? (et il en est de même pour les demandeurs d’emploi)

b) Harmoniser tous les systèmes de retraites en France (à commencer par le public et les régimes spéciaux qui doivent être alignés sur les règles du privé) et décider d’une même règle pour tous quelque soit son statut et son métier.

c) Reculer l’âge de la retraite pour tous et par exemple limiter les charges sur les salaires de tous les travailleurs âgés de plus de 50 ou 60 ans. Bonifier fortement les retraites de ceux qui travailleront au-delà de 65 ou 70 ans

d) Améliorer le travail et les qualifications afin que les prochaines générations soient confortées dans leur activité et gagnent à travailler aussi longtemps que possible (tout en restant en bonne santé)

e) Ne plus considérer que le bonheur et le bien social tiennent dans une prise de retraite anticipée mais adopter le point de vue anglo-saxon pour lequel l’important n’est pas la retraite (ce n’est pas un débat outre Atlantique) mais la capacité de travailler longtemps en bonne santé en aiment son job

 

 Tout cela méritera négociation et nécessitera un vrai effort d’adaptation du monde du travail mais la dette ne pourra bientôt plus résoudre nos petits arrangements sociaux d'après guerre.

L’adaptation est évidemment sur terre la condition de la survie d’une espèce (mais aussi d’une société) et ceux qui prônent la pérennisation des avantages acquis jusqu’à la fin des temps peuvent-ils être pris au sérieux sur une planète où un milliard de terriens cherchent tout simplement à survivre au quotidien ?


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109 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 13 août 2012 12:51

    Dans les années 50 il y avait quinze millions d’agriculteurs pour nourrir 40 millions de français, actuellement, il n’y a plus qu’un seul million d’agriculteurs qui nourrissent 60 millions de personnes. Cela grâce aux nouvelles technologies et à un meilleur rendement. Le nombre de personne à nourrir n’est pas dépendant du nombre d’agriculteurs !
    Pour le financement de la retraite c’est idem, voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/10/23/retraite-et-financement/


  • Romain Desbois 13 août 2012 16:46

    Robert

    Vous oubliez les importations dans votre comptabilité (y compris pour nourrir le bétail).

    De plus nous exportons à coups de subventions.


  • JL JL 13 août 2012 10:18

    Cassandre, qui prédit le malheur dont il fera son bonheur..


    • titi 13 août 2012 10:27

      La « répartition » ne peut fonctionner qu’à condition qu’il y ait plus de cotisants que de bénéficiaires.
      Or nous ne sommes plus du tout dans ce cas de figure.

      La chaine de Ponzi s’effondre.

      Et plutot que de prendre des mesures pour anticiper l’effondrement, rien n’est fait : on ne touche à rien, on ne modifie rien. Tout ca pour préserver les échéances électorales.

      Le système actuel va conduire à l’émergence d’une génération de « cocus » : ce sont ceux qui vont cotiser toute leur vie, et de plus en plus, pour alimenter le système, mais qui n’auront droit à rien au final, parce que quand viendra leur tour il n’y aura personne pour cotiser.

      Mais bon d’ici là... ca doit faire 4 élections présidentielles autant de législatives... y’a bien le temps de voir...

       


      • ZenZoe ZenZoe 13 août 2012 10:34

        Perso, je me suis toujours méfiée des « mutualisations ». On met tout l’argent dans un pot commun, et l’Etat se charge de le redistribuer selon des règles soi-disant justes. Vous y croyez à ça vous ?
        Vous y croyez que l’Etat respecte scrupuleusement le butin accumulé (volé ?) et se garde d’y toucher pour autre chose que les retraites ? Vous y croyez qu’il s’efforce de redistribuer selon des règles justes ? Ca n’interpelle personne qu’il existe des gens qui ont peu ou pas cotisé du tout qui se retrouvent avec une retraite très acceptable, tandis que des pauvres besogneux à plus de 45 années de cotisations se retrouvent sous le seuil de pauvreté ? Ca ne choque personne que des gens bénéficiant déjà de revenus importants (immobiliers, actions, rentes diverses...) se voient en plus verser une retraite à plusieurs zéros, voire plusieurs retraites ?

        Si l’idée de départ au sortir de la guerre était peut-être bonne (et encore, à voir...), elle est complètement partie en vrille et n’est plus qu’un racket bénéficiant d’abord à ceux qui en ont le moins besoin ou ceux qui la méritent le moins. C’est exactement pareil pour la sécu.

        Les suggestions de l’auteur tombent sous le sens - mais ça m’étonnerait qu’elles soient examinées sérieusement, tant elles dérangent un système qui finalement arrange beaucoup de gens.


        • foufouille foufouille 13 août 2012 12:31

          « des citoyens ayant travaillé à temps plein toute leur vie, jusqu’à avoir cotisé 45 ans »
          c’est en france et declare ?


        • Claude Hubert rony 13 août 2012 13:51

          « des citoyens ayant travaillé à temps plein toute leur vie, jusqu’à avoir cotisé 45 ans des fois... » c’est une blague , toucheraient à peine le minimum vieillesse ! ! Vous tirez vos certitudes de quelle source ???


        • ZenZoe ZenZoe 13 août 2012 14:49

          Rony : une personne que je connais, à l’usine à 14 ans, puis des petits boulots (serveuse, vendeuse...) dont beaucoup à mi-temps, jusqu’à 60 ans, donc 46 ans de cotisations. Elle touche 290 euros mensuels. Je lui avais même conseillé de réclamer, je me demande s’il n’y avait pas une erreur. On lui a répondu qu’il était trop tard, et que son mari touchait une bonne retraite, et que ça devait être pour ça qu’elle avait si peu.


        • foufouille foufouille 13 août 2012 15:28

          a mi temps, c’est possible mais le minimum garanti est plus eleve
          elle a peut etre pas ete declaree tout le temps ?
          si elle a ses fiches de paye, faut reclamer en recommande a la caisse centrale
          le« trop tard » ca existes pas comme « c’est si peu »


        • Claude Hubert rony 13 août 2012 20:56

          à ZenZoe(

          Je veux bien vous croire, à ceci prêt que vous dites vous même qu’il s’agit de petits boulots et donc temps partiels je suppose. Ceci explique cela et non pas le système... vous en serez d’accord.


        • Gemini Gemini 13 août 2012 10:41

          J’ai toujours autant de mal à comprendre ceux qui militent pour un allongement de la durée du travail.

          L’auteur de cet article en est un parfait exemple, ce qui est hélas peu étonnant lorsqu’on voit qu’il balaie d’un simple revers de la main en écrivant avec condescendance « (car cela allait disait-on dans le sens de l’histoire) », en parlant de la diminution du temps de travail.

          C’est pourtant bien le sens de l’histoire et ça me semble assez simple à comprendre : notre productivité a fortement augmenté. Nous produisons donc beaucoup plus avec beaucoup moins de travail.

          Partant en outre du constat que nous avons déjà, dans nos sociétés, bien plus de biens qu’il ne nous en faudrait, que malgré un chômage élevé, nous parvenons à produire tout ce dont nous avons besoin et même bien plus, alors il n’est pas aberrant, bien au contraire, d’affirmer que nous avons besoin de moins travailler : d’une part, pour partager le travail restant, et d’autre part, pour produire moins car nous produisons déjà trop  ; rappelons à cet égard que nous sommes en pleine crise écologique majeure due à notre surproduction et surexploitation des ressources naturelles.

          Dans ce cadre, pourquoi vouloir travailler plus ? Votre vie est-elle si vide que vous n’ayez que le travail pour vous épanouir ?

          Je ne parlerai même pas de la première remarque de l’auteur « on travaillait souvent mal (sinon comment expliquer notre perte de compétitivité et les récurrents déficits du commerce extérieur ?) » tellement elle est ridicule. En cherchant un minimum, notre auteur trouvera tout un tas de très bonne raisons pour cette perte de compétitivité et les déficits récurrent du commerce extérieur. Je pourrai notamment mentionner la mise en concurrence soit disant libre et non faussée de systèmes totalement différent (normes sociales, normes environnementale) ne pouvait que mener à ce résultat.

          Le reste de l’argumentaire est hélas du même acabit.


          • John_John John_John 13 août 2012 11:04

            Si vous ne voulez pas travailler, libre à vous, mais vous ne pouvez pas imposer vos choix à autrui. Si quelqu’un aime son travail et veut travailler aussi longtemps que possible, tant mieux pour lui, il serait franchement tyrannique que de lui imposer le contraire. 


          • foufouille foufouille 13 août 2012 11:08

            « Si quelqu’un aime son travail et veut travailler aussi longtemps que possible, »
            c’est deja possible
            surtout sur TF1
            y compris sous dialyse


          • 65beve 13 août 2012 11:19

            @John
            Travailler autant qu’on veut, ça existe déjà : ça s’appelle l’artisanat.
            Pour les salariés, allez travailler à la chaine pendant un an et revenez nous donnez votre avis.

            cdlt


          • benedicte_gab 13 août 2012 11:45

            Rien à dire de plus que vous Gemini ... article affligeant qui ne fait que répéter la propagande serinée en permanence, avec les sempiternels arguments qui n’en sont pas.


          • Gemini Gemini 13 août 2012 12:48

            @John_john : euh, vous n’avez pas bien lu je crois. Il n’est pas question, et il n’a jamais été question d’empêcher une personne qui le souhaite de travailler plus longtemps. Si elle a la chance d’avoir une activité épanouissante, grand bien lui en fasse.

            Le sens de mon propos est l’inverse : aujourd’hui, il nous est possible de moins travailler tout en subvenant largement à nos besoins du fait de notre productivité actuelle  ; il est donc totalement aberrant de demander aux gens de travailler plus et plus longtemps.

            C’est donc bien l’inverse de ce que vous indiquez : le propos de l’auteur de l’article est de forcer les personnes à travailler plus, plus longtemps, pour aucun bénéfice.

            Si aujourd’hui, malgré notre importante richesse, nous avons beaucoup de personnes dans le besoin, ce n’est pas un problème de production, le gâteau est déjà bien assez gros, et même beaucoup trop gros, mais un problème de répartition. Regardez la répartition des revenus entre les plus riches et les autres, vous saisirez peut-être mieux le sens de mon propos. Un exemple permettrait peut-être de mieux l’illustrer : aux États-Unis, pays appliquant fort bien le néolibéralisme tel que prôné par l’auteur de l’article, nous avons :
            — 1% de la population possède 35% du patrimoine du pays  ;
            — 10% de la population possède 73% du patrimoine du pays.

            Je ne vous parle même pas du patrimoine financier où 10% de la population en possède 83%, et, si on ajoute les 10% suivants, qui en possède 10%, nous avons donc 20% de la population qui possède 93% du patrimoine financier du pays. Dit dans l’autre sens, cela veut donc dire que 80% de la population américaine possède 7% des richesses du pays … cherchez l’erreur. Je répète pour être sûr que vous ayez bien compris tellement je trouve cela choquant :

            80% des citoyens américains possèdent 7% du patrimoine financier du pays ( et 15% du patrimoine total).

            Consulter la suite d’articles d’Olivier Berruyer pour en savoir plus : http://www.les-crises.fr/inegalites-patrimoine-usa-1/

            Dans notre pays, même si cette aberration est moins extrême, elle n’est est pas moins proche.


          • Lea Andersteen Lea Andersteen 13 août 2012 13:04

            L’auteur ne fait que vivre et régurgiter le mythe libéral : on a pas assez d’argent pour payer les retraites.

            C’est... juste une contre-vérité. Un mensonge. Une tromperie. L’auteur fait comme les autres, il répète et ne consulte pas les faits, pourtant disponibles aisément :
            - Le PIB a été multiplié par 4 entre 1980 et 2011
            - le RNB / Habitant dollars PPA a été multiplié par 3 entre 1980 et 2011.
            On manque d’argent ? Vraiment ? Ou est-ce juste qu’il est parti dans les revenus financiers de quelques uns au détriment des salaires d’une majorité ?

            N’oublions pas que le système de retraite, la sécurité sociale et les allocations chômages sont financés par les COTISATIONS SOCIALES, depuis appelée « charges sociales » par les libéraux et que pour « relancer l’économie » avec une efficacité des plus douteuses, les gouvernements successifs ont diminué les charges sociales, enfin, de leur vrai nom « COTISATIONS sociales »

            Et oui, les charges sociales, ce n’est pas une charge, que ce soit pour l’entreprise ou pour le salarié. C’est le financement d’un système qui est pour le bien commun de tous. Lutter contre la pauvreté, lisser les inégalités sociales, augmenter le bien-être de la population et augmenter sa sécurité, bien plus efficacement que des caméras de sécurités, des radars et des flics à tous les coins de rue.

            Étrangement, suite à 30 ans de diminutions des charges sociales, on manque d’argent pour financer la sécurité sociale, les retraites et le chômage. Sérieusement ? Est-ce étonnant ? Et la baisse du chômage, on attend toujours ! Ici, je vois que la pauvreté qui s’installe durablement dans nos pays européens...


          • John_John John_John 13 août 2012 15:31
            Confusion classique : vous supposez que la richesse pousse aux arbres, et que des bouts plus ou moins gros tombent dans l’assiettes des gens, ce qui est on ne peut plus éloigné de la réalité. La richesse est créée en permanence par des individus bien particuliers, elle ne tombe pas du ciel. La « société » n’est pas riche, vu qu’elle ne possède rien. Seul des individus possèdent, et la « collectivité » dans son ensemble n’a aucun droit sur la richesse privée de ses membres. Il n’y a donc pas de « gâteau » à diviser, la richesse appartient intégralement aux individus qui la produisent, pas à l’Etat, pas à la majorité, pas au chat de la voisine. 

            http://www.forbes.com/sites/objectivist/2011/06/14/when-it-comes-to-wealth-creation-there-is-no-pie/

            Il est donc impossible de parler de la richesse « collective », ça n’existe pas. Il n’y a que des richesses individuelles privées, et piocher dans la poche du voisin sans son accord ça s’appelle du vol. S’il y a des pauvres, c’est parce qu’ils ne produisent pas suffisamment de valeur, et la solution ne réside certainement pas dans le déshabillage de Pierre pour habiller Paul, mais bien dans l’éducation : comment donner aux pauvres les compétences qui leur permettront de gagner bien leur vie en créant de la valeur pour la société ? Le poisson, la faim, un jour, une vie, vous connaissez l’histoire. 


          • Gemini Gemini 13 août 2012 16:04

            @John_john : n’importe quoi. Je cite seulement une phrase : « et piocher dans la poche du voisin sans son accord ça s’appelle du vol. » C’est pourtant ce que font tous les jours les employeurs. Cela ne s’appelle pas du vol, mais l’emploi salarié.

            Prenons un exemple concret très simple que j’ai vu il y a peu : soit un stagiaire travaillant dans une SSII (société de service informatique). Cette SSII va louer son stagiaire 600 € la journée à son client. Le stagiaire a donc produit 600 € de richesse par jour où il est loué, soit environ 12 000 €. (Nous travaillons environ 20 jours par mois). Le stagiaire sera rétribué quelques centaines d’euros, disons 600 car l’employeur est généreux. Le stagiaire a donc généré 12 000 € de richesse, et a été rétribué 600 €. Le reste, les 11 400 €, sont dans la poche du patron. Donc, oui, le patron a bien volé 11 400 € au stagiaire ( Bon, dans les fait, c’est un peu plus complexe puisqu’il a bien fallut trouver le client, etc. ce qui fait que le stagiaire ne devrait pas toucher 11 400 € mais moins pour prendre tout cela en compte, mais le partage est tellement déséquilibré que l’extorsion en reste manifeste).

            Vous prétendez que les pauvres sont pauvres car ils ne produisent pas assez de richesse. C’est juste faux. Ils sont pauvres car la richesse qu’ils produisent est confisquée par plus fort qu’eux. Mon exemple ci-dessus le démontre aisément.

            Un autre exemple pourrait être, à tout hasard, le patron de Lidl. Il est plus que milliardaire tandis que la quasi intégralité de ses salariés sont pauvres. Ce sont pourtant eux qui font tourner les magasins, et créent la richesse dont il dispose. Mais du fait de sa position de force, il l’a simplement confisquée à son unique profit. Le cas est répétable quasiment à l’infini tant la structure capitaliste et néolibérale actuelle va dans ce sens : la confiscation par une minorité de la richesse produite par la majorité.

            Nous pourrions également étendre la réflexion en termes de biens publics pour démontrer l’inanité de votre position : la richesse crée par une personne n’est tout simplement jamais de son seul fait. Il n’est donc, quoi qu’il en soit, même en suivant votre raisonnement, pas illogique que celui-ci en reverse une partie dans le pot commun. Prenons tout simplement mon cas : si je peux aujourd’hui créer de la richesse, c’est déjà en premier lieu grâce à l’enseignement public que j’ai reçu. Si je peux me rendre sur mon lieu de travail, c’est ensuite grâcre au réseau de transport mis à ma disposition par la collectivité. Ensuite, tout ce que je crée au travail dans ma petite tête ne survient bien entendu jamais de nulle part, mais est toujours construit à partir de mes acquis passés, des idées échangées avec d’autres, etc. Je pourrais continuer à le décliner longtemps. Mais au final, le résultat est que la richesse que je crée n’est pas de mon fait entier. Bien sûr, j’y suis également pour quelque chose de part les efforts consentis et du temps passé. Mais je n’en ai pas le mérite seul.

            Prétendre que la richesse n’est crée que par des individus est juste fausse. Elle est créée par un ensemble d’individus, chose que l’on appelle société, et que seuls quelques extrémistes tels Margaret Tatcher prétendent que cela n’existe pas.

            Pour terminer, bien qu’il y ait encore tant à dire, imaginer que donner des « compétences » aux pauvres leur permettrait d’être riche, c’est, au mieux un vœux pieu. Je vous épargne la liste de personnes que je connais ayant des compétences mais étant malgré tout pauvres. Il est amusant à la lecture de vos arguments de constater que ceux qui apportent le plus à la société, et qui devraient donc être les plus riches, sont pourtant parmi les plus mals payés : ouvriers, infirmières, balayeurs, agents d’entretien  ; tandis que les parasites de notre société, les nuisibles inutiles qui ne font que lui extorquer de l’argent indue tel que les juristes, les traders, les rentiers, les actionnaires, les héritiers, les lobbyistes, eux, sont fort loin d’être pauvres.

            La vérité est simplement que nous n’avons pas assez de travail pour tous, car nous sommes déjà trop productifs et que, en plus, nous avons un ensemble de sangsue à notre dos pour nous pomper un peu plus les miettes laissées par les possédants.


          • Lea Andersteen Lea Andersteen 13 août 2012 16:29

            Tout à fait, c’est l’employé qui crée la richesse, souvent au détriment de sa santé mentale et physique, que l’on paye de moins en moins et à qui l’on demande de plus en plus. Mais John_john répète bien l’idéologie néo-libérale.


          • John_John John_John 13 août 2012 21:17

            En bon marxiste, vous récitez les délires communistes à la pelle. Sauf que votre salarié, il a signé un contrat de travail, et personne ne lui a mis un flingue sur la tempe pour le faire, il l’a signé de son plein gré. 


            Le principe d’une entreprise de conseil, et vous l’expliquez très bien, c’est d’acheter une prestation à un salarié (par exemple 600€), le produit du travail du salarié devenant alors pleinement propriété de l’entreprise par contrat, qui le revend à son client 12000€. C’est du commerce de base, acheter un produit et le revendre plus cher ailleurs, c’est ce que faisaient les marchands ambulants à Rome, c’est ce que font les bédouins dans le désert, c’est ce que fait l’épicier au coin de la rue, et c’est ce que font les entreprises de conseil, rien de nouveau sous le soleil. Si le salarié n’est pas content du deal, qu’il soit consultant freelance, il gagnera bien mieux sa vie. Mais le salariat n’est en aucun cas du vol, puisque le transfert de propriété entre le salarié et son employeur est signé dans le contrat de travail, alors que le vol suppose le non consentement (ce qui est le cas pour les impôts et la plupart des gens). De plus, si vous vous estimé spolié par votre patron, démissionnez, personne ne vous en empêche. 

            Vous racontez donc bien n’importe quoi, comme depuis le début. 


          • foufouille foufouille 13 août 2012 22:42

            "Sauf que votre salarié, il a signé un contrat de travail, et personne ne lui a mis un flingue sur la tempe pour le faire, il l’a signé de son plein gré. "
            si car il a besoin de manger
            espèce de sale lucillio


          • PUCK 13 août 2012 23:27

            @Lea Andersteen

            30 ans de diminutions de cotisations sociales ?Où ?Quand ?

            J’ai payé pendant 30 ans des cotisations sociales toujours plus élevées qui m’ont empêché d’embaucher autant de personnel que je l’aurais désiré.Je ne sais de quelles sources vous disposez mais certainement pas de la pratique de la gestion d’une PME.


          • PUCK 13 août 2012 23:36

            Ce n’est pas à Gemini que je m’adresse mais on me colle tjrs après lui !

            Lea Andresteen,pour qu’il y ait des employés,il faut des employeurs.Elémentaire,non ?Et pour être employeur,il faut certaines qualités que n’ont pas tjrs les employés et j’ai rarement vu un employeur se contenter de travailler 35 h hebdo ou prendre ses 5 semaines de congés payés.Il n’y a pas que le CAC40 en France.Vu ?


          • Lea Andersteen Lea Andersteen 14 août 2012 00:13

            Et les emplois aidés, avec allègement de « ’charges sociales » ? Vous êtes mal informé ou vous faites du déni de réalité. Enfin, je suppose le premier, quand je vois mon propre patron de PME... qui découvre au fur et à mesure. D’ailleurs, quand j’ai finis ma formation, on a eu un point et une mini information sur les aides à l’embauche que l’on pouvait apporter, vu le manque de formation des patrons de pme comme vous....

            Coté chiffre... Et bien l’ensemble des aides à l’embauches, allègements de charges sociales et autres... Rien que mon propre contrat de travail est basé sur une aide à l’embauche ou 750 euros de mon salaire est payé par le chômage et il y a des réductions massives pendant 1 an sur les charges sociales. Pas besoin d’aller chercher très loin.


          • Lea Andersteen Lea Andersteen 14 août 2012 00:14

            Justement c’est la ce qui est stupide : soit on travaille MOINS, soit on abandonne les progrès ayant amélioré la productivité.

            Et cessez de confondre toute contestation du capitalisme avec du communisme, vous êtes juste... lassant. Car je doutes que le communisme ai jamais fait la promotion d’une société de loisir. Ou alors, on a pas étudié les mêmes... Amalgames quand tu nous tiens...


          • John_John John_John 14 août 2012 08:45

            Justement, vivez une vie de loisirs si ça vous chante, mais avec votre argent, pas celui des autres.


            Les « machines » ne vous appartiennent pas, elles appartiennent aux gens qui les fabriquent, et vous n’avez bien évidemment aucun droit d’en profiter gratuitement !

          • Gemini Gemini 14 août 2012 11:51

            @John_john : vous êtes forts loins des réalités. Vous prétendez que le salarié a signé son contrat de travail de son plein gré. C’est bien évidemment faux. Le pistolet sur la tempe se matérialise sous la forme d’un marché du travail difficile dans lequel le salarié a un rapport de force fortement en sa défaveur. Le jour où nous serons proches du plein emploi, nous pourrons rediscuter de vos arguments. Aujourd’hui, avec un tel chômage, vous êtes juste totalement à côté de la plaque.

            Le fait que louez les services d’un homme soit pour vous la même chose que la revente de marchandise en dit long sur votre considération de l’homme, que vous placez au même niveau qu’une vulgaire marchandise. Dans le milieu, nous appelons les SSII par leur vrai nom, à savoir les marchands de viande. Autre exemple pour rester dans le milieu : la quasi totalité des salariés de SSII ne rêvent que d’une chose : les quitter pour rejoindre une vrai société. Prétendre qu’ils ont eu le choix est juste faux lorsque vous connaissez le marché de l’emploi informatique, qui n’est pourtant pas le plus sinistré de tous : l’essentiel des offres provient des SSII. Un informaticien n’a donc en général pas le choix. Donc si, il a eu comme un pistolet sur la tempe.

            Continuons sur votre conseil idiot suivant : cequi qui n’est pas content peu se lancer en freelance. Une nouvelle fois, vous démontrez que vous ne connaissez rien à la structure du marché. Se lancer en freelance n’est pas accessible à tout le monde. En effet, la plupart des clients potentiels ont un service des achats qui se chargent de référencer qui peut leur fournir des prestations. Seules les grosses structures telles que les SSII ont accès à ces référencements, ce qui exclut de fait, d’une part essentielle du marché l’ensemble des Freelance, à qui il ne reste que les miettes. Les quelques-uns qui s’en tirent bien sont ceux qui ont pu au cours de leur carrière connaître suffisamment de personne pour s’assurer un flux de missions suffisantes. Les autres doivent se contenter de passer en Freelance par l’intermédiaire des SSII et là ,bizarrement, ça n’a plus aucun intérêt d’être freelance tant le coût facturé sera faible. Bref, c’est juste irréalisable pour la majorité des salariés.

            Tous les principes que vous énoncez seraient vrai s’il y avait un rapport de forces équitable entre l’employeur et l’employé. Dès que ce postulat n’est plus vérifié, tout ce que vous dites devient faux.

            Aujourd’hui, le rapport est très défavorable aux salariés. Vous estimez que si l’on s’estime spolié par notre parton, nous pouvons démissionner. C’est juste idiot. Du fait du rapport de forces actuel, quelque soit l’emploi suivant que je pourrais trouver, je me ferais tout autant spolier. 

            Vous dites que le vol suppose le non consentement, mais même en restant sur votre postulat, il est possible de démontrer l’aberration de votre position : le salariat est bien du vol dans la mesure où même si le salarié a effectivement signé le contrat, il ne l’a pas consenti. Il n’a juste pas le choix.

            En fait, c’est un peu la même chose qu’avec les mafias : soit vous payez pour votre « protection », soit il va vous arriver des bricoles. Si on suit votre raisonnement, ce n’est pas du vol puisque celui qui payera pour sa « protection » l’aura consenti. Mais moi, j’appelle cela de l’extorsion de fonds.

            Pour les salariés, c’est la même chose : c’est où l’on signe aux conditions — le plus souvent pourries et sous-payées — du patron, ou l’on reste sans emploi. La menace de rester sans emploi dans un contexte de chômage élevé est en général suffisamment forte pour obliger le salarié à signer contre son gré.


          • foufouille foufouille 13 août 2012 10:55

            le boom immoblier dates de l’euro, pas de 70


            • 65beve 13 août 2012 10:55

              Soyez patient l’auteur,
              Dans 4,5 ans vos amis de l’UMP vont finir de démolir ce que vos amis socialistes sont en train de rafistoler.
              L’avenir ? La retraite juste avant de mourir ; histoire de conserver son triple A.
              La solution ? il faut préparer les pavés pour faire payer les VRAIS responsables de tout ça.


              • foufouille foufouille 13 août 2012 11:05

                « mais adopter le point de vue anglo-saxon »
                comme le travail gratuit
                ou travailler en etant tres malade
                ou accepter de tuer les trop malade


                • foufouille foufouille 13 août 2012 11:06

                  « Les jeunes ne trouvent ni bonnes rémunérations, ni travail stable, ni revenus suffisants pour simplement payer leur logement »

                  il est pas la, le probleme ?
                  tres liberal


                  • pallas 13 août 2012 11:20

                    Les jeunes ?

                    Ceux de ma génération, les trentenaires, ont pris les reines du pouvoir un peut partout.

                    On voie que l’école à influencer les plus incompétents qui sur diplomés, comme quoi avoir des diplomes et non intelligent n’est pas incompatible.

                    L’école a fabriquer une génération d’individues totalement idiots.

                    De plus Ma génération, auquel les plus idiots ont des postes bien placés, sont pour la plupart tricheur, menteur, sans une once d’imagination.

                    Quand je les écoutes, je me demande s’ils sont capables de crée quoi que ce soit, d’inventer quoi que ce soit, le seul but, vivre dans la Star Ac, violent en plus de çà.

                    La recrudescence de la violence au sein du milieu familial, abandon des jeunes enfants, montrent clairement que cette génération est fourvoyé.

                    Je ne critique pas l’ancienne génération cette fois, mais clairement la nouvelle, qui est absolument sans espoir.

                    Sa ce nomme décadence.

                    L’erreur de l’ancienne Génération est d’avoir favoriser l’incompétence, et l’école réformé à permis cela, mis le bon grain à la poubelle et favoriser le mauvais grain.

                    Dans toutes générations, certains individus inventaient, innovaient, sauf celle ci.

                    Advienne qui pourra, la question dépasse largement la retraite, pire encore, le liens est direct avec ce qui se passe au Japon et la catastrophe nucléaire.


                    • Bill Grodé 13 août 2012 11:30

                      Les jeunes sont les rois (des cons...) ; la preuve : ils ont pris les reines....


                    • Gemini Gemini 13 août 2012 12:51

                      Euh, je fais partie de la génération que vous mentionnez (la vôtre aussi donc smiley ) et je ne me reconnais pas du tout dans ce portrait. Ne généralisez pas. Ceux de mon entourage ne sont pas non plus tel que vous les décrivez. Bien sur, il y en a également beaucoup comme vous dites, mais cela me semble hâtif et inapproprié de généraliser ainsi sans étude un tant soi peu sérieuse.


                    • 65beve 13 août 2012 16:30

                      @Bill
                       smiley


                    • PUCK 13 août 2012 23:43

                      Pallas,je ne sais quelle école vous avez fréquenté mais elle est assurément la responsable de la piètre opinion que vous avez des trentenaires.

                      J’en connais de très doués,très inventifs et comme par hasard,ils ne connaissent pas le chômage.Il est également préférable de bien connaitre la syntaxe et l’orthographe.


                    • lemouton lemouton 13 août 2012 11:44

                      Tous ces bla.. blas... sur la retraite, et sur je ne sais quoi, ne sont que fariboles..

                      la seule question fondamentale est :

                      « Jusqu’à quand l’Etat Français acceptera de jeter par fenêtre, annuellement pour les banques, 50 Milliards d’Euro.. !! »

                      Le total de l’impot sur le revenu ..ppfffuiitt .. volatilisé.. !!  smiley 


                      • chantecler chantecler 13 août 2012 12:26

                        Effectivement si l’on ne taxe que les revenus du travail il n’y a pas de solution .

                        Il faut taxer le capital qui dispose de ressources aujourd’hui illimitées .

                        Les fonds de pension sont un piège à cons .

                        Pour plein de raisons dont celle ci : la moindre bulle , la moindre crise , feront partir en fumée tous les capitaux . Une autre : pour accroitre la rentabilité de ces fonds les dirigeants restructurent en permanence les entreprises et donc créent du chômage

                        Il n’y a que les financiers qui veulent nous l’imposer . On comprend pourquoi : ils ont intérêts à mouiller la population . C’est comme pour l’immobilier très cher ça favorise la rapacité des proprios .
                        L’auteur fait allusion aux préretraites : celles ci ont représenté un scandale à la charge des salariés .

                        Encore un cadeau au capital .

                        Puis il parle d’allonger le temps de travail mais en parlant des 50 et 60 ans . Faudrait qu’il se tienne au courant .

                        Quant à allonger le temps de travail en période de récession et de chômage massif (c’est pareil : une crise va de pair avec un chômage explosif ) c’est une encore une galègeade .

                        On va faire travailler les papys et les mamies jusqu’à 70 ans et les jeunes entreront dans la vie active à 35 ans ?

                        Funny .

                        PS : en attendant effectivement il faudrait homogénéiser les pensions de retraite : entre ceux qui touchent 600 euros (après avoir cotisé toutes leurs vies ) et ceux qui ont des pensions supérieures à 6000 et parfois plus !
                        Là encore ça doit foutre les jeunes en pétard : comment comprendre qu’à trente ans on puisse avoir moins de revenus que des retraités de la même catégorie !

                        Bref on marche sur la tête .

                        Mais ça commence à faire longtemps : dérégulations , mondialisations , politique de l’euro ...qui favorise la rente ( hein les Allemands ? )


                      • non667 13 août 2012 12:19

                        à didier
                         un peu simplet didier qui n’a pas encore compris la solution que l’on ne cesse de nous rabâcher et pour laquelle nous avons élu flamby !

                        FAIRE VENIR DES IMMIGRES POUR QU’ILS NOUS PAIENT NOS RETRAITES !! smiley smiley smiley smiley

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