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Accueil du site > Actualités > Société > « Vouloir le bien de l’école, c’est vouloir le bien de la (...)

« Vouloir le bien de l’école, c’est vouloir le bien de la France » (Peillon)

Vous avez des enfants ? Des petits-enfants ? Comment ne pas se sentir impliqué dans ce formidable "challenge" consistant à bâtir une école qui, à partir des élèves d'aujourd'hui, construira les adultes (responsables ou non) de demain ? 

  Une grande réforme pour l'école...

 "Pour nous, l'éducation nationale est une grande ambition. Vouloir le bien de l'école, c'est vouloir le bien de la France. Les enseignants préparent la France de demain".
Blog de François Peillon en date du 02/12/2011.
 
 Un discours de plus ? Ou pourrait-on résoudre, paradoxalement, malgré les difficultés économiques actuelles, ces dysfonctionnements qui ont perduré sous les divers gouvernements précédents ? 
 
  L'école a commencé à donner des signes de fatigue il y a près de quarante ans... Et les différents "médecins" qui se sont penchés à son chevet, par des prescriptions des plus contradictoires, l'ont conduite à l'agonie. Vous savez, ces spécialistes qui ont pour nom "psychopédagogues" et qui "officient" à partir des salons ministériels...
 
 Peut-être serait-il temps de revenir au simple bon sens et de consulter les gens "de terrain" ?
 
 Il y aurait en effet tant à dire ! Tant de choses à dénoncer !
 
  Les lignes qui suivent n'ont pas pour ambition de proposer un tableau exhaustif des remèdes à apporter mais simplement de proposer quelques pistes...
 
  Comme il a été souligné précédemment, des élèves arrivant en 6è avec d’importantes lacunes en français et en maths (respectivement 30 et 33% d’entre eux selon les derniers tests d’évaluation de 2010) ont peu de chances de réussir leur scolarité au collège.
 
 Les près requis faisant défaut, comment imaginer enseigner l’anglais à des élèves n’ayant aucune notion des temps dans leur langue maternelle ? Comment respecter le programme de maths alors qu’ils n’ont pas le sens de la multiplication et de la division ? On pourrait énumérer à l’infini les difficultés. 
 
 Ces élèves étaient, il y a bien longtemps, considérés comme n’ayant pas le niveau requis pour de telles études et on avait, fort justement, créé les fameuses « classes de transition  » où l’accent était mis sur l’obtention des acquisitions de base en français et mathématiques notamment. Pour mieux les motiver, les enseignants bénéficiaient d’une formation adaptée, l’usage du livre de cours étant souvent délaissé pour mieux répondre aux intérêts des élèves.
 
  Le « cours de français » prenait parfois son origine dans un article du journal local sur un sujet étant susceptible de passionner l’auditoire. Dans ma ville du littoral, nombreux étaient les garçons, issus souvent de milieux populaires, qui pêchaient « à la jetée » ou « à la grande digue ». Inutile de vous dire que les articles de presse se rapportant à ces activités étaient perçus d’une toute autre façon qu’un chef-d’œuvre littéraire pouvant paraître abscons.
 
 La pédagogie demande une action simple chargée de matière compréhensible, soutenue par les acquis et l’intérêt et s’élevant par degrés telle la montée des murs d’une maison. Qu’une pierre de soutènement vienne à manquer et c’est l’édifice de la connaissance tout entier qui vacille.
 
  La préparation du travail à partir des articles de presse demandait plus de temps mais se révélait, oh combien, plus enrichissante. Les résultats du dernier concours de pêche en mer étaient prétexte à une étude de texte approfondie qui débouchait sur les notions de temps employés, les différents accords à partir desquels étaient (re)vues les bases de grammaire et conjugaison. Etude de vocabulaire et d’orthographe étaient aussi de la partie.
 
  Et je peux certifier ici même que l’ambiance de travail était bien différente de celle qui existe maintenant dans ces classes où, au nom du droit aux mêmes études pour tous, on a créé le « collège unique » qui a lâché en fin de troisième, des générations d’élèves ne maîtrisant toujours pas les connaissances essentielles, mais qui ont "subi" pendant des années et ce, sans le moindre profit, cours d’anglais, d’allemand seconde langue, latin (mais oui ! Et défense de rire !) alors qu’ils présentaient d'énormes lacunes dans leur langue maternelle. 
 
 Avancer le taux de réussite (environ 80% chaque année) au Brevet pout tenter de masquer l'échec du "collège unique" relève d'une hypocrisie sans nom quand on sait comment les épreuves de ce "diplôme" sont organisées.
 
 
 Le rapport du Haut Conseil de l'éducation (2010) souligne que l'école française, loin de réduire les inégalités sociales, les amplifie. Il met en avant le « malaise enseignant », confirmé par le fait que 95% des professeurs de collège constatent ce malaise et que 72% s'en disent affectés. Les analyses et préconisations du Haut Conseil relèvent en elles-mêmes d'une lecture spécifique du problème. "La loi de 1975 ...a institué le “collège unique”, .....qui, en raison des disparités importantes entre établissements, de l'existence déguisée de filières et de stratégies de contournement bénéficiant aux familles les mieux informées, n'a d'unique que le nom. » Une interprétation qui fait du manque de « mixité sociale » des établissements la cause principale des carences du système.
 
 Il est des étapes à ne pas rater. Comme le souligne J.P.Bourdieu, notre système produit plus de chômage des jeunes que chez nos voisins allemands. Nous avons moins de bons ouvriers qualifiés et de techniciens. En Europe l’Allemagne obtient sa première place en économie grâce à ses exportations, grâce à la qualité de sa main d’œuvre à tous les niveaux, favorisant aussi la recherche pour former techniciens et ingénieurs dans des domaines pointus non concurrencés par les pays émergents.
 
 Les propositions d’un syndicat d’enseignants du second degré : palier d’orientation en fin de 5è en vue d’une poursuite d’études vers une 4è générale, une classe avec découverte professionnelle (3h en collèges, 6h en lycée professionnel) ou apprentissage sous statut scolaire dès 14 ans en lycée professionnel tout en conservant la possibilité de passerelles semblent, d’évidence, à considérer.
 
   Enfin une discipline nouvelle à instaurer de toute urgence : les adolescents passant de nombreuses heures devant le téléviseur, il m’apparaît ahurissant qu’une formation dès la 6è (et même le CM1) ne soit pas dispensée quant à la façon de réceptionner ces nouveaux « messages audio-visuels » afin de développer sens critique et véritable liberté de choix, l’abêtissement par le « petit écran » étant de plus en plus dénoncé.
 
 Evaluer le niveau de connaissance afin de proposer une pédagogie adaptée ne relève que du simple bon sens ! Pour avoir négligé trop longtemps ce principe élémentaire, le collège d’aujourd’hui est, osons l’euphémisme, en grande difficulté.
 
 Et laisser l’échec s’installer au long des années engendre des situations ingérables pour les élèves comme pour les profs.
 
  N.B. : pour que vous puissiez avoir un réel aperçu des véritables difficultés rencontrées dans certains collèges, je vous conseille vivement de voir l'excellent documentaire "Une vie de prof" de Maria Roche et Stéphane Meunier ou, tout au moins, de lire l'article ci-dessous paru à l'époque dans le Nouvel Obs.

http://referentiel.nouvelobs.com/ar...
 
ou de visionner ce document édifiant :
 

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20 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 9 janvier 2012 10:10

    La France est l’un des pays où l’origine sociale influe le plus sur le niveau scolaire. Les enfants d’ouvriers, d’employés et des « sans-activité » représentent 84% des élèves en difficulté et les universités n’accueillent que 10% d’enfants d’ouvriers. Les inégalités résultent de très nombreux facteurs, qui pénalisent ceux qui disposent des plus faibles atouts familiaux....
    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/10/education-ou-en-est-on/


    • Raymond SAMUEL paconform 9 janvier 2012 11:16

      Simple question : « Qui est responsable des enfants ? »


      • raymond 9 janvier 2012 17:45

        Paconform, simple réponse, si tu affirmes la présence de la société, le responsable est donc la société


      • ffi ffi 9 janvier 2012 12:51

        Il me semble que l’école souffre en effet de graves problèmes, au plus haut niveau.

        En particulier, comme elle est une création Franc-maçonne, qui ainsi espérait damer le pion à l’instruction des pères, son but premier n’est pas d’instruire, mais de révolutionner les moeurs.

        Il est à cet égard fort éclairant de constater que Jules Ferry, à la fois lance la colonisation pour coloniser la Terre, comme il lance l’école pour « coloniser » l’esprit de la jeunesse.

        Comme toute entreprise franc-maçonne, elle est donc vouée à l’échec, car elle va se heurter de plein fouet aux réalités que sont les peuples ou les familles.

        Cette entreprise de « colonisation » des esprits se montre aussi dans le « pédagogisme ». Voyez-vous, parait-il que l’enfant serait rendu mauvais par la frustration d’être instruit... Il faut donc, pour révolutionner la société, d’abord rendre l’enfant meilleur, et pour cela, ne plus l’instruire...

        Il n’est plus élevé par son maître... Ce n’est plus un élève, mais un stagne.
        Il faut s’attarder, baisser le rythme : produisons des attardés en série...

        Il me semble que la priorité n’est pas l’école. C’est d’abord l’emploi. Les gens ont besoin de travail, sinon, il ne pourront même plus faire d’enfants.

        Mieux vaux mettre les bouchées doubles sur la résolution du problème de l’emploi. Pour cela, il faut du protectionniste avant tout. L’école n’est pas en mesure de « produire du génie » à la demande pour sauver l’économie du pays...

        Mieux vaux donc changer la forme de l’école, la rendre moins massive. Mais il faut aussi, et là je m’accorde avec vous, pouvoir compléter sa formation, après son entrée sur le marché du travail.

        Le système actuel est particulièrement stupide : un ouvrier qui a gravit tous les échelons pendant 20 années, et doté d’un bon complément de formation, sera mille fois meilleur qu’un jeune diplômé de grande école.

        Bon là je dis des généralités que tous le monde dit déjà. Tout le monde sait plus ou moins ce qu’il faut faire. Mais ce système ne pourra pas se réformer. Il ira, de décadence en décadence, jusqu’à sa propre perte.


        • Guy BELLOY Guy BELLOY 9 janvier 2012 14:20

          Bonjour Alchimie,
          Effectivement, l’apprentissage du respect de l’autre, du sens de l’écoute, du savoir vivre, d’un comportement sociétal sont des fondamentaux à inculquer dès le plus jeune âge...


          • velosolex velosolex 9 janvier 2012 16:15

            Bon article

            On ne parle plus de la France comme ayant le meilleur système éducatif du monde, comme on l’entendait il y a encore vingt ans....Le meilleur soi disant système de santé du monde est aussi en train de disparaitre des clichés, après que la meilleur armée du monde a montré ses limites en 40.

            Bravo à l’auteur de sortir de cette éternelle langue de bois au niveau de l’école. j’ai bien peur que le nombre de profs, comme le nombre de soldats d’une armée, ne soit pas le seul critère à prendre en compte. Je soupçonne Holland d’avoir démagogiquement fait sa promesse de 60000 postes d’enseignants pour gagner les primaires socialistes.
            Bien que de gauche, je me refuse à cautionner ce genre de propos, visant à ne rien changer. Comme tant de parents, j’ai été assez suffoqué de m’apercevoir que le système n’avait pas changé depuis que j’étais sorti du lycée il y a presque quarante ans, pire, qu’il s’était caricaturé.
            Une responsabilisation des chefs d’établissements me parait ne pas être inenvisageable pour changer la donne. Comment peut on soutenir un système où les profs sont répartis selon leurs points d’ancienneté, valorisant leur demande, sans qu’ils n’aient besoin d’adhérer à une charte de qualité, ou à un projet pédagogique. Dans ce sens la suppression ou la diminution du rôle des inspecteurs ne peut aller que dans le bon sens. Je suis assez surpris d’entendre des gens ayant ralé pendant des années contre cette sacro sainte inspection la soutenir mordicus.
            Seuls la peur du changement et la volonté de garder des positions acquises, peuvent expliquer cette attitude conservatrice, qui est contre productive, et permet de garder des plombes de mauvais profs.
            Tant pis pour les gosses me direz vous, ils n’ont qu’à travailler, voilà le genre de bétonnage que l’on entend et savoir se tenir. Voilà le genre de choses que l’on entend dans le genre « circulez y a rien à voir !... »


            • Richard Schneider Richard Schneider 9 janvier 2012 18:07

              L’expérience des classes de transition, auxquelles fait allusion l’auteur, n’a duré que deux ans, le temps du ministère de Joseph Fontanet (1972-1974). C’est dommage : cette expérience aurait pu être poursuivie. Dans mon collège, sur une douzaine d’élèves qui sont ont été ré-injectés de la 6 et 5° Tr. dans le circuit classique, dix ont réussi, à la fin de la 3°, leur BEPC. 

              Devant l’hostilité des syndicats enseignants, elle a été abandonnée au profit du Collège unique (réforme Haby en 1975).

              Aujourd’hui, l’école républicaine est en crise : il règne une assez mauvaise ambiance dans beaucoup d’établissements ; le corps enseignant est découragé, mal payé, méprisé et de plus en plus mal formé ; trop d’élèves désemparés ne comprennent plus pourquoi ils sont tenus à suivre des cours – l’ascenseur social est en panne etc …

              Il faudrait redéfinir sur le long terme la mission des divers acteurs. Faut-il que les chefs d’établissement deviennent de plus en plus des managers ou des DRH  ? les profs doivent-ils encore transmettre des savoirs, ou suppléer les parents défaillants, remplacer les AS ou les psys absents ? Bref, la nation veut-elle encore une Éducation Nationale ou son éclatement au profit d’une éducation à deux vitesses, l’une réservée à l’élite – mais prête à payer pour que leurs progénitures reçoivent un enseignement de qualité – et l’autre fréquentée de bric ou de broc par les enfants des classes populaires, dont les établissements seront autant de lieux d’apprentissage que de garderie où les personnels seront à la fois AS, psy, animateur et accessoirement enseignants ?

              Si les citoyens, à travers leurs représentants, ne prennent pas conscience rapidement de la dérive à l’américaine de notre système d’éducation, l’enseignement, comme les autre services publics, sera complètement privatisé avec d’un côté une école de qualité – mais payante – de l’autre une école au rabais réservée aux enfants des classes populaires.


              • Raymond SAMUEL paconform 9 janvier 2012 19:22

                L’auteur (et beaucoup d’autres) :

                L’auteur, vous voulez « INCULQUER » l’habitude du respect. Bon courage !

                Je crois que les enfants apprennent de leur entourage, et d’ailleurs ça se sait, mais on l’oublie quand il le faut, ce qui est le cas au sujet du respect.

                En tous cas et en conséquence de ce qui précède, je pense naturellement que pour faire en sorte que les enfants respectent les adultes ils faut PREALABLEMENT que les adultes respectent les enfants. Ce que les adultes ne font pas.

                Ainsi, si les adultes ne modifient pas le regard qu’ils portent sur l’enfant, les enfants persisteront à ne pas respecter les adultes autant qu’ils le devrait dans une société qui serait réellement civilisée.


                • Guy BELLOY Guy BELLOY 9 janvier 2012 20:24

                  @velosolex : merci pour avoir compris qu’il m’avait fallu un certain courage pour sortir de cette langue de bois. Aujourd’hui retraité, l’ai trop longtemps rongé mon frein durant des années ! Respecter l’élève, c’est d’abord ne pas « faire semblant » de vouloir lui enseigner un concept que l’équipe pédagodique sait parfaitement, qu’il ne pourra intégrer, vu son niveau. Il ne s’agit pas ici de culpabiliser mais de sortir de l’hypocrisie. J’en resterai à ce stade..
                  @ paconform : Lors de votre dernier (et rare) article que vous avez publié sur ce site le 17/12/2011 (La fessée, Arte nous propose d’être pour..), l’immense majorité de ceux qui vous ont lu, a compris que vous aviez « un problème » avec l’institution. Je rappelle que vous avez obtenu le rare « score » de 90% d’opinions négatives (une performance !) et, par respect pour vous, je m’abstiendrai de ne pas citer certains des 123 commentaires que vous avez reçus. La loi vous autorise, comme vous l’avez maintes fois rappelé, à soustraire vos enfants à l’institution « Education Nationale » et à leur dispenser un enseignement « à domicile » sous réserve de respecter certaines conditions. Aussi soyez logique avec vous-même et ne venez pas polluer ce débat qui, au vu de vos choix, ne vous concerne en rien, l’objet de cet article n’étant pas d’exclure de l’nstitution mais de cerner les problèmes pour mieux les résoudre.


                  • Guy BELLOY Guy BELLOY 9 janvier 2012 21:17

                    @Sabine : j’ai lu votre commentaire sur ma boîte mail sans que votre nom apparaisse mais vu la teneur du propos, je me doutais qu’il s’agissait de vous. Après vérification, j’ai gagné...
                    N.B. Vous vous êtes bien « disqualifiée » également sur cet article du 17/12/11...
                    Les trolls comme vous, c’est ce qu’il y a de pire pour un chroniqueur qui s’est investi pour faire passer un cri d’alarme et qui le voit pollué de cette façon... 


                    • Guy BELLOY Guy BELLOY 10 janvier 2012 10:31

                      Bonjour Viktor,

                      Effectivement, et c’est bien ce qui s’est produit... Mais n’était-il pas plus sage d’en rester là ?
                      A part un discours confus et agressif je n’ai constaté aucun avis (qui donc ne pouvait être contraire au mien).

                      « On ne reçoit pas la Sagesse, il faut la découvrir soi-même (...) car elle est un point de vue sur les choses » Proust.

                      Cordialement.


                      • Kookaburra Kookaburra 10 janvier 2012 11:06

                        Excellent article, mais à mon goût trop gentil, trop diplomatique. A qui la faute, demandez-vous, et on répond : la société ! C’est-à-dire personne. Il y a peut-être une autre réponse : l’idéologie égalitaire. Elle commence déjà à la maison, où les parents ont de moins en moins d’autorité, et à l’école, et encore plus aux collèges, facs, universités, les maîtres ne sont plus reconnus comme tels et il est spontanément admis qu’on ne leur doit aucun respect particulier. En ces lieux chaotiques, et la chose est désormais établie, l’autorité est bel et bien introuvable, chacun fait ce qu’il lui plaît, ce qu’il veut, ce qu’il peut, au grand détriment des élèves eux-mêmes qui ne parviennent plus à s’élever dans de telles conditions. Les gamins arrivent en faculté avec un lourd passé d’irrespect et d’intolérance à toute forme de discipline. Se considérer l’égale des professeurs empêche trop souvent l’attention nécessaire à l’étude de s’exercer. A quel titre devrait-on rester là, assis sur un banc, à écouter des discours rébarbatifs alors que l’on peut s’éclater avec son iPod à écouter de la musique, à jouer des jeus vidéo, ou à chatter avec ses copains ?

                        En se concentrant sur les élèves faibles, pardon «  en difficulté  », quel est le prix à payer pour le niveau moyen ? En se souciant de ceux qui ne peuvent pas suivre, on témoigne d’une louable mansuétude, certes, mais ne conviendrait-il pas de s’interroger sur ce qu’il advient, pendant ce temps, de ceux qui suivre bien, et qui attendent, et de ceux qui pourraient précéder, éclairer la voie, avancer plus vite ? On s’interroge à n’en plus finir pour savoir comment aider l’élève en difficulté sans jamais se demander s’il est meilleur pour la majorité des élèves de ralentir l’enseignement pour recourir les plus faibles. Le mot d’ordre selon l’idéologie de Jack Lang est l’égalité, tous au bac. Ne serait-il plus utile et plus juste de promouvoir un accès égalitaire à l’enseignement supérieur, pour ainsi dire un accès égalitaire à l’inégalité que les diplômes supérieurs créent ? L’accès égalitaire, c’est-à-dire faire en sorte que personne puisse être empêchée de faire des études par des contraintes matérielles, sociales ou culturelles, c’est-à-dire, concrètement, offrir une abondance de bourses de toutes sortes, créer une filière d’enseignement spécial, chargée de tout faire pour compenser, en cours d’études, les différences de niveau liées à l’origine, à la fortune, etc., tout en dirigeant les élèves en difficulté vers les filières moins exigeantes.

                        Jusqu’à la fin du XX° siècle on donnait une bonne éducation, dans l’ensemble, à une petite partie d’une classe d’âge, que nous dirons privilégiée. Aux autres on donnait une assez bonne éducation aussi, mais plus limitée, plus partielle, mais solide (les paysans de 90 ans ont aujourd’hui une bien meilleure orthographe que leurs arrière-petits-enfants). A cette situation injuste on voulait mettre fin. On a voulu donner à tout le monde la bonne éducation injustement réservée jusqu’à alors à quelques-uns. Le résultat, hélas, est que plus personne ne reçoit une éducation de bonne qualité. Tous les professeurs, y compris ceux de l’enseignement supérieur, disent qu’ils doivent sans cesse simplifier leurs phrases, limiter leur vocabulaire, réduire leurs allusions culturelles parce qu’elles ne sont pas comprises, la culture générale étant morte. Voilà le résultat d’un demi-siècle d’efforts et de dépenses inouïes pour éduquer toujours mieux toujours plus d’enfants.


                        • Guy BELLOY Guy BELLOY 10 janvier 2012 11:41

                          Bonjour Kookaburra,

                          On ne pourrait mieux dire !

                          « à la maison où les parents ont de moins en moins d’autorité ».. :
                          cf l’article sur mon blog :

                          http://decryptages.blog4ever.com/blog/lire-article-558299-3447683-education___de_la_responsabilite_parentale___.html

                          « à l’école où les maîtres ne sont plus reconnus comme tels » :

                          http://decryptages.blog4ever.com/blog/lire-article-558299-3448375-education__l_ecole_elementaire.html


                          Je vous avouerai par ailleurs que j’ai été quelque peu surpris par le manque d’audience suscité par cet article. Les lecteurs d’Agoravox n’ont-ils pas d’enfants ou de petits-enfants directement concernés par ce sujet ?
                          Si les parents se désintéressent à ce point de ces problèmes, n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter ?
                          Cordialement.






                          • Kookaburra Kookaburra 10 janvier 2012 18:26

                            Bonjour Guy,
                            Plus que surpris, j’étais déçu. Votre article méritait une grande discussion, mais ce sont les actualités qui attirent les lecteurs. Un autre problème est le grand nombre d’articles chaque jour. Agoravox est un peu victime de sa popularité. Mais votre article sera peut-être choisi pour l’édition de dimanche.
                            Cordialemen.


                          • lulupipistrelle 15 janvier 2012 02:04

                            Monsieur,

                            Je prend tardivement connaissance de votre article...

                            Je vais d’abord répondre rapidement à votre dernière question...

                            Bien sûr que les parents s’intéressent à ces problèmes...Sinon comment expliquer l’explosion de s Cours privés ? Un de mes proches a fait du soutien scolaire son métier.. Il est prof indépendant... Avec deux maîtrises, un DEA et un Doctorat il n’était pas assez bon pour l’EN , mais en revanche il a trouvé sa voie en récupérant tous les cancres, que le système n’arrive pas à motiver, et ils les amènent sans problèmes au bac, qu’ils décrochent avec mention...
                            Personnellement je ne peux pas me rendre compte de la valeurs de ces mentions, mais enfin...

                            Maintenant permettez-moi de voler au secours de Sabine... Mon époux est musicien, et il enseigne aussi son instrument dans un conservatoire... Cette semaine il a reçu la visite de parents effondrés qui sont venus leur confier que leur fils avait de gros problèmes au collège, et en dehors... Il s’est rendu coupable de saccage.... etc... Mon mari tombait des nues : ce petit garçon de douze ans est le plus doux,le plus attentif de tous ces élèves... le plus repectueux aussi... C’est un enfant passionné par le blues, et à 12 ans il a une érudition stupéfiante.. Aussi mon mari lui fait-il des cours sur mesure, en partant de cette passion.
                            La première idée qu’il nous ait germé dans la tête a été la suivante : qu’a-t-on fait à ce garçon pour le métamorphoser en vandale ? Avec le collège unique, on croit donner aux enfants un socle commun... en réalité on les écrase sans tenir compte de leurs goûts personnels, en les abreuvant de connaissances qui pour une partie ne les intéressent poas, et ne leur seront jamais utiles..Un de mes amis, prof de math a l’habitude de dire « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif », et j’imagine que si on ’intubait de force, on prendrait un coup de sabot.

                            Le problème du non-respect est la racine de tous les maux du système... que cela vous plaise ou non.
                            Personne ne peut exiger le respect d’un enfant qu’on ignore, qu’on contraint, qu’on méprise... et dont on méprise les parents... Je vous conseille d’aller sur certains blogs d’enseignants, pour vous en persuader... au hasard Food’amour, ou quelque chose comme ça... Vous y lirez les perles d’une jeune prof d’anglais, qui se croit maligne, qui se tord de rire en éditant les mots maladroits des parents d’élèves, avec une bonne conscience de capessienne sûre de sa supériorité...
                            Et bien cela traduit une grande lacune dans sa culture : même les animaux comprennent le language non verbalisé, alors les enfants !

                            Quant à paconform, je crois saisir qu’il a fait le choix d’instruire ses enfants en famille ? cela suffit pour le cataloguer comme ayant un problème avec l’Institution, selon vous ? je crains au contraire que ce soit l’Institution qui ait un problème avec la majeure partie des citoyens, même ceux qui scolarisent leurs enfants, sinon comment expliquer ce que vous dénoncez vous-même, la perte de prestige des enseignants dans la société ?
                            Heureusement qu’il existe pour les enfants de la classe moyenne d’autres repères institutionnels : les Conservatoires par exemple, ou les Fédérations sportives qui leur permettent de tenir le coup face au monde ubuesque de l’Education Nationale... mais pour les enfants des milieux pauvres et très pauvres, point de salut...Osons les grands mots : nous vivons la faillite de notre système éducatif.


                          • lulupipistrelle 15 janvier 2012 02:07

                            PS : je suis désolée pour les fautes de frappe et +... malheureusement je n’arrive pas à m’habituer au système d’édition...


                          • Raymond SAMUEL paconform 11 janvier 2012 18:42

                            Bien chers amis,

                            Rentrant de voyage je découvre à l’instant votre réponse à mon commentaire, Guy BELLOY. Je n’ai pas, non plus, pu remercier Sabine de son intervention.

                            J’espère que l’un et l’autre, vous jetterez encore un œil sur ce post et trouverez ce message.

                            A Guy BELLOY je dis que je suis fier du score dont il croit m’affiliger étant donné l’opposition généralisée qu’on suscite dès l’instant où on défend les enfants. Je mesure justement la qualité de ce que j’écris sur ce sujet au nombre de moinssages que je provoque.

                            Quant à avoir un problème avec l’institution scolaire...lisez plutôt ce qui est écrit partout à propos de cette instituition. Tout le monde a un problème ! Et à mon sens il faudrait aussi prendre en compte le problème qu’ont les enfants, premières victimes !


                            • Guy BELLOY Guy BELLOY 15 janvier 2012 09:18

                              @lulupipistrelle : 1) Il existe plusieurs catégories de parents dont ceux qui angoissent à l’idée que leur chérubin puisse rater son parcours scolaire. Ce sont ceux-là qui font exploser les cours privés comme vous le dites. Mais où voulez-vous en venir avec l’exemple de ce type titulaire de 2 maîtrises et d’un doctorat et qui « n’était pas assez bon pour l’EN » ? Au cas où vous l’ignoreriez, pour être titulaire dans toute la fonction publique, il faut passer un concours. Apparemment votre « sur-diplômé » aurait tout simplement raté le CAPES. « Il amène ses élèves au bac sans problème » ? Avec des parents qui doivent payer (cher) les cours particuliers et qui donc surveillent étroitement les progrès de leurs enfants (« arrête cette télé ! Et tu vas monter illico dans ta chambre ! Tu n’en sortiras que lorsque tu auras acquis les notions nouvelles que ce prof que je paie fort cher t’inculque ! Non mais !) Lot of laughter !!!! Apartir de ce nouveau cas particulier, vous voulez aboutir à quoi ? Mettez ce super prof devant une classe de collège type ZEP avec une trentaine de gamins dont la moitié font le bordel (passez-moi l’expression) et le taux de réussite de »Zorro le diplômé qui a raté son CAPES« va en prendre un sale coup.
                              2) Avez-vous visionné cette jeune prof qui, de toutes évidences , en chie un max malgré le courage et les compétences qu’elle possède manifestement. Moi, c’est ce témoignage qui me scandalise. Parce que, ici, ce n’est pas un cas particulier. Ils sont des dizaines de milliers dans ce cas !!! Quel gâchis !!! !
                               3è cas particulier : »l’élève doué pour la musique, si « doux, si attentif, si respectueux » qui s’est rendu coupable de saccages.Que lui a-t-on fait pour le transformer en vandale ? Parce que, forcément c’est pas lui le coupable du saccage hein ! Le véritable coupable c’est celui ou ceux qui l’ont traumatisé (comment ? Mystère...) Notons que vous signalez que ses parents ont confié qu’il avait de gros problèmes au collège et en dehors (tiens, tiens,en dehors ? intéressant ce « détail », ne trouvez-vous point chère madame ? Savez-vous que, souvent, les gamins font preuve d’une agressivité extrême entre eux ? )
                              4) Vous continuez sur le « collège unique » qui serait un échec. M’avez-vous bien lu ???
                              Vous ajoutez « le problème du non-respect est la racine de tous les maux du système..que cela vous plaise ou non ! » Alors là chapeau ! Qui vous permet d’annoncer, à priori, que je ne serais pas d’accord avec cette évidence ?
                              5) Vous finissez par vous disqualifier totalement en citant l’exemple de cette jeune prof d’anglais « qui se tord de rire en éditant les mots maladroits des parents d’élèves, capesienne sûre de sa supériorité ».
                              « Personne ne peut exiger le respect d’un enfant qu’on ignore, qu’on contraint, qu’on méprise et ...dont on méprise les parents ».La Messe est dite.
                              CONCLUSION
                               : Vous avez commencé votre commentaire car vous « vouliez voler au secours de Sabine » (une commentatrice apparement du même tonneau, j’écris apparemment car elle n’a rien dit de concret, NDLA). Pourquoi « au secours » ? Etait-elle en danger ? Quelle était la Menace ? (lol). De plus, elle n’a émis aucun avis, se bornant à une réflexion tapageuse et stérile.
                              A propos de vol, vous feriez bien de cesser de planer au ras des pâquerettes et d’atterrir ; ou bien au contraire de remettre les gaz pour prendre de la hauteur. Sinon c’est le CRASH assuré.... smiley


                              • Guy BELLOY Guy BELLOY 15 janvier 2012 18:02

                                @Sabine : J’ai déclaré : «  Les propositions d’un syndicat d’enseignants du second degré : palier d’orientation en fin de 5è en vue d’une poursuite d’études vers une 4è générale, une classe avec découverte professionnelle (3h en collèges, 6h en lycée professionnel) ou apprentissage sous statut scolaire dès 14 ans en lycée professionnel tout en conservant la possibilité de passerelles semblent, d’évidence, à considérer ».

                                J’ai aussi ajouté le 9 janvier à 20h24 : Respecter l’élève, c’est d’abord ne pas « faire semblant » de vouloir lui enseigner un concept que l’équipe pédagodique sait parfaitement, qu’il ne pourra intégrer, vu son niveau.

                                Et pour finir : Avez-vous visionné cette jeune prof qui, de toutes évidences , en chie un max (excusez l’expression) malgré le courage et les compétences qu’elle possède manifestement. Moi, c’est ce témoignage qui me scandalise. Parce que, ici, ce n’est pas un cas particulier. Ils sont des dizaines de milliers dans ce cas !!! Quel gâchis !!! 

                                C’est l’Institution qui place élèves et profs en situation d’échec qui est seule responsable !!!
                                Dans cette affaire, tout le monde souffre
                                sauf les têtes d’oeuf de certain ministère...

                                En fait, Sabine, nos positions ne sont pas si éloignées.... smiley


                                • titi 15 janvier 2012 18:32

                                  @Guy Belloy

                                  Il se trouve que je suis intervenu pendant 5 ans dans l’enseignement supérieur.

                                  Même si évidemment les problèmes de dicipline sont moins important pour des post-bac que des collégiens il n’empêche... ll n’empêche qu’il y avait de gros problème de ponctualité... des absences injustifiées... des chasses au téléphone portable..
                                  Ces problèmes ont été remontés un jour en réunion pédagogique. Le corps enseignant s’est alors divisé en deux camps : les jeunes enseignants qui souhaitait remettre un peu d’ordre parce que tout simplement c’est un minimum pour enseigner avec un groupe de 30 élèves ; les anciens qui considérait que pour intégrer la dicipline il fallait faire plein de réunions pour être sûr de ce qu’on allait faire ; organiser des reunions de concertation avec les élèves pour expliquer ; et la peut être agir mais que avant blablablbalbalbalbalbalabalba et blablabalbalba.... Du coup le directeur du département a considéré qu’il était urgent de ne rien faire. Bah ouais, il est élu par ses enseignants justement...

                                  Pour moi, cet exemple vécu illustre bien que la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les profs, ils s’y sont foutu eux même au nom de leurs principes à la con.
                                  Et vu qu’aujourd’hui les enseignants sont fils d’enseignants, voire petit fils d’enseignants on ne sort pas de ce schéma.

                                  Petite apartée... concernant le CAPES... on sait tous comment se passe le CAPES aujourd’hui... il suffit de trouver un poste de vacataire, en général par connsaissances, pour ne pas dire piston (et je renvois à ma remarque précédente, concernant les fils de et petits fils de) et au bout de 5 ans, on a le droit de s’inscrire au concours interne plutot qu’à l’externe.
                                  Et là c’est l’école des fans...

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