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Accueil du site > Actualités > Société > Vous prendrez bien un peu de réforme ?

Vous prendrez bien un peu de réforme ?

Notre collège va mal. Ce constat, qui ne cesse de se vérifier d’années en années, s’est hâté de décrédibiliser cette pièce maîtresse de l’édifice éducationnel français. En première ligne, la régression du niveau des collégiens est régulièrement mise sur la table par des enquêtes, menées par des instituts de sondages, mais surtout par le biais d’évaluations gouvernementales bien souvent sources d’inquiétude. Récemment, le haut Conseil de l’éducation déplorait le niveau fragile de 25% des élèves de 6ème, « condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d’études incertaines au-delà ». Quatre ans plus tard, à la sortie de 3ème, ce taux d’élèves n’ayant pas acquis le niveau minimum acceptable grimpe à 40% ! 

Autre donnée alarmante, une étude menée par deux institutrices et deux spécialistes du langage, qu’ils relatent dans leur ouvrage « Orthographe : à qui la faute ? », témoigne d’un important recul quand au niveau d’orthographe des collégiens. Ainsi, en 1987, 3000 élèves de 5ème avaient été amenés à faire une dictée, et comptabilisaient en moyenne 8 fautes. 18 ans plus tard, le même texte a été dicté à un échantillon d’élèves identiques, le nombre de fautes moyens a grimpé de plus de 60%, soit 13 erreurs. 

Sur le plan européen, les résultats obtenus par les collégiens français ne sont guère plus reluisants : la France n’occupe que la 19ème position (sur 27) d’un classement annuel établi par l’OCDE après évaluation d’élèves de tout le continent. 

Cette dégradation du niveau des collégiens, couplée à l’image d’insécurité reflétée par les médias (tout particulièrement les journaux télévisuels) fait du collège l’organe le plus impopulaire du système éducatif français, avec moins de 52% d’opinions favorables, quand le lycée et le supérieur recensent tous deux 55% d’opinions favorables, le primaire 69% et la maternelle 81% (sondage Ipsos « Les Français et l’éducation nationale »).

 

Reconsidérer la mission du collège

enseignement_rentree_classes_03.jpgFace à cette situation préoccupante, les gouvernements successifs ont préféré s’attarder sur l’impossible réforme du lycée, sans prêter regard à un collège en quête de modernisation. En premier lieu, sa mission doit être reconsidérée. Alors qu’il est aujourd’hui censé apporter une culture "générale" en repoussant la spécialisation au plus tard, il devrait en priorité assurer l’intégration des nouvelles générations dans la société de demain en s’adaptant à chaque jeune. En clair, il faut tirer profit des préférences et des talents de chacun pour assurer notre compétitivité dans le monde de demain, en permettant aux élèves de composer leur emploi du temps, octroyant ainsi à leurs journées des matières pour lesquelles ils éprouvent un désintérêt profond et empêchent une progression avancée dans leurs domaines de prédilection. 

Contraindre les élèves à assister à plus de 6-7 heures de cours par jour ne va en rien améliorer les performances scolaires des ces derniers : la Finlande, qui peut se targuer d’occuper régulièrement la première position du classement de l’OCDE (cf.deuxième paragraphe) n’impose à ses élèves que 4heures de cours quotidiens ! Nous ne pouvons que conclure que le temps passé en cours ne conditionne pas les résultats scolaires mais c’est bel et bien l’épanouissement personnel, les sorties et autres activités extra scolaires qui apportent la dimension suplémentaire nécessaire à la réussite. 

Une telle mesure marquerait la fin du collège unique (cf. mon article, le collège unique, plaie ouverte de notre système éducatif) au profit d’un collège multiple, un collège multi-matières. Ainsi, des domaines aujourd’hui considérés comme "décalés" (cuisine, jardinage, langues étrangères méconnues, poterie, mécanique, théâtre, sports, couture, cinéma, littérature etc...) pourraient être enseignés par des intervenants naviguant d’un établissement à l’autre. Une sociétée équilibrée privilégie la diversité et la différence à l’uniformisation des masses. Aux Etats-Unis, cette recette est de mise et le succès est au rendez-vous, la compétitivité de la première puissance mondiale n’étant plus à démontrer.

 

Vers la pédagogie moderne

L’émergence de ces intervenants s’inscrirait dans la lignée d’une réforme de la pédagogie enseignante. Actuellement, le professeur dictant le cours à ses élèves sans interruptions est bien souvent un classique des établissements scolaires. Or, à l’ère du XXIème siècle, l’absurdité de ces méthodes ne fait nul doute. La encore, le collège (les enseignants dans ce cas précis) doivent être amenés à revoir leurs objectifs : inculquer un certain nombre de notions à des élèves, et employer les méthodes nécessaires à cet apprentissage. 

016-haute-marne-avril-2006-ordinateurs-ecole-primaire-sommevoire.jpgDévelopper la confiance et l’assurance des élèves passe tout d’abord par la mise au placard des commentaires souvent négatifs des enseignants, ainsi que des remarques acerbes relatives au niveau des élèves, dont le moral s’en retrouve amoindri. Sur inspiration du modèle américain, n’importe quel pédagogue vous vantera les mérites du "feedback sandwich", en lieu et place des critiques assassines lors du rendu d’un devoir : un commentaire positif introduit le rendu, suivi d’une remarque relativement négative avant de finir par une nouvelle note positive.

 En outre, j’évoquais précédemment la nécessité de réduire les heures de cours quotidiennes des élèves, ce qui impliquerait inévitablement un temps de travail allégé pour les enseignants. Or, sous inspiration du modèle finnois, ces plages horaires supprimées pourraient permettre d’instituer des cours de soutien particuliers ou en groupes restreints, compris dans les horaires de travail des enseignants (et dans leur fiche de paie de facto).

Autre forme de pédagogie obsolète à renouveler, l’absence de supports d’accompagnement dans le cadre des cours, pourtant susceptibles d’accroître l’intérêt des élèves. Le recours à la vidéo ou à l’image doit être encouragé. D’ailleurs, l’innovation pédagogique des enseignants doit pouvoir s’exercer au dela des supports multimédias. Ainsi, les chefs d’établissement pourraient se voir décerner comme nouvelle mission le recrutement de leurs enseignements, ces derniers devant fournir un projet pédagogique en phase avec celui du collège. Cette stimulation de la créativité enseignante n’ayant que pour seul but d’intéresser les élèves aux cours qui leur sont énoncés : pour enfin faire du collège un lieu de vie à part entière.

 

Collège lieu de vie : à quand la métamorphose ?

enseignement_rentree_classes_01.jpgCette aspiration à métamorphoser le collège français en un collège "lieu de vie" passe inévitablement par l’application des deux points abordés précédemment : le respect des goûts et préférences de chacun et une amélioration des méthodes pédagogiques au sein du corps enseignant. Une troisième donnée doit également être prise en compte : minimiser la réglementation et l’institutionnalisation de notre collège. 

Il est interdit d’interdire : donnons enfin un sens à cette phrase ! A quoi bon entraver l’expression des collégiens en prononçant l’interdiction des débardeurs et des signes religieux ? En refusant la libre expression au sein des classes, réduisant le rôle de délégué à celui d’un ramasse miettes ? En réclamant une tenue vestimentaire soit disant "décente" au nom de nous ne savons quel(s) principe(s) ? En installant portiques de sécurité et autres détecteurs de métaux ? Ce collège la ne possède rien du collège lieu de vie auquel nous devons aspirer ! D’autant plus que l’interdit incite à le braver...

 

Retrouvez cet article et cet auteur sur le Nouvel Hebdo


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43 réactions à cet article    


  • Radix Radix 5 septembre 2009 14:11

    Bonjour monsieur Joubert

    Vos comparaisons sont un tantinet biaisées car avez-vous comparés les cursus dans les différents pays ?
    Quand on compare des choux et des carrottes on arrive à des absurdités.
    En France on a décidé, que l’on le déplore ou non est un autre problème, d’offrir à chaque élève un parcours complet jusqu’au bac pour laisser à chacun la possibilité d’avoir accès au savoir.

    Il est inévitable que certains restent au bord de la route mais combien ont eut accès à un savoir qui leurs auraient été interdit ?

    C’était peut-être une erreur, peut-être pas !

    Radix


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 5 septembre 2009 18:46

      «  50 % des étudiants inscrits à l’Université – ils sont au total un peu plus d’un million et demi – le sont dans les premiers cycles. Leur taux de réussite demeure, à ce stade, l’un des plus faibles des pays du monde développé  : seulement 45 % des étudiants français obtiennent leur DEUG en deux ans, 68 % en trois ans », déclarait le nouveau ministre Luc Ferry (Le Monde, 5 juillet 2002). C’est l’ensemble du système éducatif qui périclite, la « démocratisation », telle qu’elle a été pratiquée, aboutissant à ce que de plus en plus de jeunes sachent de moins en moins de choses (c’est bien plus percutant en anglais : more and more know less and less).

      Dans un article intitulé «  Culture de masse et savoir scolaire  », Philippe Raynaud constatait, après Antoine Prost, que « l’efficacité de l’institution scolaire pour l’instruction du plus grand nombre a d’abord stagné, puis décru, au fur et à mesure que progressait la « démocratisation de l’enseignement »  » (Le Télémaque, n° 6, juin 1996). Selon un sondage réalisé en mars 2001 auprès d’enseignants de moins de 35 ans, 71 % d’entre eux estimaient qu’inciter le plus d’élèves possible à poursuivre jusqu’au bac «  a surtout pour conséquence de dévaloriser le baccalauréat et d’abaisser le niveau  ».


      • Surya Surya 5 septembre 2009 21:01

        C’est bizarre, ça fait la deuxième fois que je vote « oui » pour un article, et que ça fait descendre le score au lieu de le monter !! C’est le cas ici, alors désolée, Alex, je viens de faire passer l’article de 57 à 55 % !!

        Je me demandais si la baisse du niveau des élèves n’était pas dûe à une baisse de l’exigence des profs ? Il y a des moments où je me demande si certains profs n’osent plus demander beaucoup aux élèves (ou par exemple leur faire recommencer en totalité un exercice raté) de peur qu’ils n’y arrivent pas, et que ça leur donne des complexes et une mauvaise image d’eux mêmes. C’est juste une impression, mais je me dis que la baisse n’est pas liée à l’élève lui même, les jeunes ne sont pas plus stupides de nos jours qu’ils ne l’étaient il y a vingt ou trente ans.
        Je me souviens d’une de mes profs d’anglais au collège et lycée, quand on avait des interros de verbes irréguliers, c’était pas compliqué, on avait zéro ou vingt. La moindre petite faute, même faute minime d’orthographe, et c’était zéro, elle corrigeait même pas la suite. Bon, cette prof était une vraie terreur, c’est vrai, mais en tout cas, elle nous a fait faire des sacrés progrès !


        • Alex Joubert 5 septembre 2009 23:13

          Bien sur, mettre une forte pression sur les élèves accroît considérablement leur niveau ! Mais l’école doit être un deuxième domicile, un lieu où l’on prend du plaisir à apprendre ! Alors certes, le pédagogisme ne permet pas d’inculquer autant de notions qu’avec les méthodes traditionelles mais la n’est pas l’objectif d’autant plus qu’il n’est pas vital pour les élèves de quitter l’éducation nationale avec un pacakage de connaissances si développé !


        • ZEN ZEN 6 septembre 2009 09:56

          « ’il n’est pas vital pour les élèves de quitter l’éducation nationale avec un pacakage de connaissances si développé ! »

          Ben non !

          Juste quelques notions de base suffisent pour le vulgum pecus
          Le minimum suffirait ?
          C’est pas vital pour être plombier
          Et si celui-ci avait aussi besoin de culture pour son développement personnel ?
          Pour les enfants culturellement favorisés, pas de problème, l’héritage culturel+ une école bien choisie suffiront
          Bof, à 14 ans, on a encore le temps de revoir ses analyses, je l’espère du moins


        • Surya Surya 6 septembre 2009 17:23

          Bonjour Alex,

          C’est vrai, et d’ailleurs ce que j’ai dis peut sembler contradictoire en effet avec mes précédents commentaires où j’exprimais plutôt le fait d’être contre la notation etc. En fait, j’ai pris un exemple un peu à la va vite, et sorti de son contexte.

          Peut être que la pression dans ce cas précis est justifiée car il s’agit d’un contrôle sur quelque chose devant avoir été appris par coeur.
           Donc quelque chose ne présentant pas de difficulté en soi, on ne donne pas une note pour juger de la valeur de l’élève lui même, ce qui est trop souvent le cas, en notant sa capacité de raisonnement ou sa compréhension par exemple, on ne note pas l’image qu’il doit avoir de lui même, on ne sanctionne pas les difficultés involontaires qu’il a rencontrées, mais on juge sa détermination à prouver qu’il est motivé pour bosser suffisamment et obtenir un résultat impeccable. On juge peut être plus sa motivation.

          Je pense que là c’est donc un peu différent. Nous étions avertis de cette façon de noter, et au moins les choses étaient claires dès le départ, c’était à nous de prouver qu’on était motivés (et non capables, inteliigents..., c’est peut être toute la différence).
          D’un côté sa méthode ne nous plaisait pas, évidemment, on avait peur de se ramasser un zéro, mais de l’autre on avait l’impression que cette prof exigente l’avait mise en place parce qu’elle voulait vraiment qu’on fasse des progrès, qu’elle se sentait vraiment concernée par notre réussite, et qu’elle n’allait pas nous laisser vadrouiller dans la nature comme ça. En fait quand je disais qu’elle était une vraie terreur, je ne voulais pas dire qu’on la haissait. elle ne s’est jamais montrée injuste et je me souviens qu’à la fin de l’année, quand on connaissait nos Verbes sur le bout des doigts, elle a même rajouté des interros supplémentaires pour rattraper les zéros de nos débuts « laborieux », à tous les sens du terme.

          Je pense que c’est différent de la pression écrasante que peut mettre un prof humiliant qui va dire aux élèves des choses blessantes du genre : « vous n’avez strictement rien compris ce que j’attendais de vous, j’ai pourtant été clair, c’était pourtant pas dur à comprendre ! Je n’ai pas trouvé dans cette classe un seul devoir digne d’être bien noté » etc etc.
          Il y en avait aussi des profs comme ça, et là on était complètement cassés à la fin du cours, et complètement démotivés.

          Sinon à part ça tout a fait d’accord, je n’ai pas pris le temps hier de commenter entièrement, le collège a vraiment besoin d’être réformé.
          L’école et le collège doivent effectivement être un lieu d’épanouissement, un lieu de vie. Mais les profs doivent aussi mettre la barre haut, ériger des règles mais en expliquant aux élèves qu’ils sont tout à fait capables d’y arriver, et se montrer exigents quand il s’agit d’un boulot ne présentant pas d’autre difficulté pour l’élève que celle de bosser pour atteindre un objectif tout à fait à sa portée.

          A-t-on vraiment besoin de sortir du collège avec tant de connaissances et connaître ses verbes irréguliers sur le bout des doigts ? Sans doute pas, en effet. D’ailleurs, je ne les sais plus tous évidememnt, loin de là, et je suis la première à être capable de sortir des ânneries du genre « to blow... blowed... blown » ou bien « to show... shew... shown » Au choix.

          il me reste de cette prof une petite lumière qui s’allume si je dis ça, et me fait penser, hem, je suis pas en train de me tromper, et de dire une bêtise, là ?

          Et finalement, si on y pense, pourquoi se priver de connaissances supplémentaires, même si elles ne servent à rien dans la vie quotidienne ? Si on a le choix, après tout...


        • c.d.g. 5 septembre 2009 21:09

          etant donne que l auteur a 14 ans, c est un bon article.
          Par contre, l auteur oublie un certains nombre de choses.
          1) Sa reforme va couter une fortune. Et ca m etonnerais qu une augmentation massive d impots soit un bon programme electoral (surtout vis a vis d electeurs qui n ont plus d enfants a scolariser (rappel les +65 sont le coeur de cible de l UMP) ou qui les scolarisent dans le prive)

          2) si on fait comme en finlande avec 4h de cours par jour, il va falloir serieusement reduire les vacances pour compenser. Vous croyez que les professeurs et les professionels du tourisme vont etre d accord ?

          3) Point a mon avis majeur. Si on laisse un collegien choisir ses matieres, on risque d avoir quelqu un qui va choisir les matieres ou il aura de maielleur notes, non pas parce qu il es doué, mais parce que le prof note genereusement. Et tout prof aura interet a etre generux avec ses notes s il veut remplir sa classe et ne pas avoir des heures supprimees l annee prochaine
          En outre, il est parfois necessaire d apprendre des choses qui ne vous interessent pas et ou vous etes pas doué. Supposons que vous faites l impasse sur le francais. Si vous etes incapable d ecrire correctement dans votre propre langue maternelle, vous allez avoir de serieux problemes plus tard. L analphabetisme n est pas quelque chose a encourager.


          • Radix Radix 5 septembre 2009 22:15

            Bonjour

            C’est certain quand on lit votre message on ne peut qu’être en phase avec votre opinion : « L analphabetisme n est pas quelque chose a encourager. »

            Radix


          • Alex Joubert 5 septembre 2009 23:16

            1) l’UMP n’a pas une majorité à vie ;)
            3) Pas forcément car les notes n’ont pas vocation à perdurer dans un tel système. Des évaluations communes à toutes les classes du collège permettront de définir si telle notion est acquise ou pas. Pas question de faire l’impasse sur le français ! Mais pour des personnes désintéressés, 1heure ou 2 sufissent, 1heure ou 2 axés sur l’ortographe et le vocabulaire.


          • monbula 5 septembre 2009 23:45

            Personne n’a fait aucune faute d’orthographe. bravo.

            Dîtes.. Jeune homme, la télévision, le monde de l’image et du loisir facile à portée de main handicapent l’apprentissage de la langue française.
            Est-ce vrai que vous lisez peu ?


            • ZEN ZEN 6 septembre 2009 11:15

              « Est-ce vrai que vous lisez peu ? »

              On dit que Sarko lit peu, lui aussi...
              Est-ce vrai ?


            • monbula 5 septembre 2009 23:58

              Notre mode de vie à l’occidental s’amuse à nous divertir, d’ailleurs vers des occupations de plus en plus futiles.... A devenir des cerveaux comme ceux des moineaux en nous poussant à n’être que des consommateurs automatisés.

              Bref, des humains impossible de penser par soi-même.

              Qu’en pensez-vous ?


              • Le péripate Le péripate 6 septembre 2009 10:09

                Petit rappel historique concernant la chose appelée « Education Nationale ».

                1947, les communistes Langevin et Wallon proposèrent de réaliser l’école unique, creuset de l’homme nouveau socialiste. Repoussé par deux fois à l’Assemblée, c’est De Gaulle qui la met en oeuvre. Petit à petit, on homogénéisa les programmes de façon à supprimer les filières. Les syndicats montèrent en puissance, les ministres valsaient. L’Education Nationale devint l’Education Syndicale.

                Sitôt mise en place, l’école unique se révéla produire l’effet inverse de l’effet recherché. Au lieu de résorber les inégalités, elle les exacerbait. A ce moment, il n’était pas encore trop tard pour revenir à l’école méritocratique de Ferry. Mais dans la tourmente de 68, les syndicats imposent la fuite en avant. Rejetant une tradition éprouvée, on donna carte blanche aux « pédagogues ». On décréta le « caractère oppressif des savoirs » (lol).
                Les « réformateurs » de la FEN et de la SGEN se heurtèrent aux communistes du SNES qui veillait aux intérêts des profeseurs agrégés et certifiés. La situation se bloqua.

                Entre temps, la fonction sociale de l’école avait changé : elle était devenu une simple garderie de la jeunesse. La délinquance, le chômage massif, le travail des femmes, tout conspire à cet état de fait. Et la qualité des savoirs dégringole.

                Après le monopole sur la création monétaire, le monopole sur l’éducation, ou plutôt sur le plus modeste objectif d’instruction, est le pire des monopole.


                • Le péripate Le péripate 6 septembre 2009 10:26

                  Ca va les chevilles ? Efficace.... lol... une serpillère est efficace, mais ce n’est qu’une serpillère.


                • monbula 6 septembre 2009 10:26

                  Il fallait bien qui il mette de la politique dans ce sujet....

                  Hors propos, Péripate... C’est encore le shit, peut être .....


                • Le péripate Le péripate 6 septembre 2009 10:47

                  Sans aucun rapport avec mon commentaire plus haut. Je n’interviens pas sur vos commentaires, les tenant pour quantités négligeables. La moindre des politesses d’un débateur respectueux est de ne pas s’égarer dans l’hypercritique, avec des remarques décalées qui emmènent la discussion toujours plus loin et font perdre de vue le sujet initial.


                • ZEN ZEN 6 septembre 2009 11:00

                  « La CHOSE appelée E.N... »

                  Ce terme en dit long sur le mépris et l’ingratitude concernant une institution qui a formé Le péripate à une assez bonne maîtrise de sa langue, à une expression correcte
                  Malheureusement, l’instruction civique et la conscience républicaine restent à maîtriser pour sortir d’une pensée sommaire, voire manichéenne et naïvement ultralibérale
                  Des progrès sont attendus...


                • Le péripate Le péripate 6 septembre 2009 14:58

                  Ce jugement de valeur trouve sa source dans l’idéologie du Contrat Social.

                  Un contrat est un ensemble de promesses réciproques qui lient volontairement des personnes. Ces promesses sont des biens transférables librement.
                  Un contrat est signé. Un vote qui ne serait pas unanime ne peut valoir contrat. Payer des impôts ne peut valoir contrat, car il y a force.

                  La résistance est légitime, résistance passive car l’adversaire est trop fort. Il a le drapeau du Contrat Social. Mystification.

                  Et comme vous étiez impatients de la citation du jour, celle ci clôturera joliment ce sujet complètement annexe.

                  « Si l’objectif premier du philanthrope, sa raison d’être, est d’aider les autres, son bien ultime requiert que les autres soient demandeurs. Son bonheur est l’avers de leur misère.
                  S’il veut aider »l’humanité« , l’humanité entière doit être dans le besoin. L’humaniste veut être le principal auteur de la vie des autres. Il ne peut admettre ni l’ordre divin, ni le naturel dans lesquels les hommes trouvent les moyens de s’aider eux mêmes. L’humaniste se met à la place de Dieu »
                  Isabel Paterson (1886- 1961), citée dans « La pensée Libertarienne » de Sébastien Caré p60.


                • ZEN ZEN 6 septembre 2009 19:18

                  « Son bonheur est l’avers de leur misère. »
                   ???????Keskidi ?
                  Rien compris à Rousseau, Péripatou
                  Il ne suffit pas de citer Aristote...
                  « Aristote dixit » :
                  Molière se moque assez bien de cette référence d’école


                • monbula 6 septembre 2009 10:20

                  Pour Alex Joubert

                  Bien sur, mettre une forte pression sur les élèves accroît considérablement leur niveau ! Mais l’école doit être un deuxième domicile, un lieu où l’on prend du plaisir à apprendre !

                  Pression ou autorité ?

                  L’école, un deuxième domicile... Ah bon. !
                  Le domicile, c’est l’endroit où les parents ont démissionné du rôle
                  d’éducateur ?
                  L’école, c’est l’endroit où un professeur enseigne. ?
                  Apprendre ou bien comprendre , c’est parfois difficile.... !


                  • Arnes Arnes 6 septembre 2009 10:23

                    Bravo, excellent article !

                    C’est ce que je ressent de l’expérience de mes enfants : beaucoup d’heures de présence, mais un ennui profond : « un long tunnel noir de la 6ieme à la terminale » selon mon fils.

                    Les solutions existent, il est évident que notre système basé sur la quantité de savoir doit être basé sur la qualité. Il devrait exister un droit de retrait pour les profs des matières intéressantes mais secondaires (hist/geo, économie,....) pour que si 1 seul élève ne sait pas lire, écrire ou compter, le cours s’arrête et on reprend les fondamenteaux. Le 4 heures de cours en Finlande assurent que ces fondamenteaux sont acquis pour tous. Une fois ces bases acquise, les élèves deviennent libres d’apprendre dans les matières qui les interessent sous la conduite éclairée des profs.

                    J’aime beauxcoup le dessin de l’article : le savoir académique est certes important, mais il ne devrait peser que pour 1/3 dans le recrutement des profs ; ausi importants sont l’empathie ou l’envie de transmettre ainsi que la capacité de travailler en équipe. Bien sûr que par ailleurs l’évaluation des profs devrait être basée non sur leurs performance pédagogique pendant 1 heure d’inspection tous le 3 ans, mais sur l’acquis réel des élèves au bout d’un trimestre d’enseignement : valeur ajoutée par élève.


                    • monbula 6 septembre 2009 10:37

                      Pour Arnes

                      Vous parlez de méthode pour les fondamentaux. Ok ! Pourquoi pas !

                      Mais vous remarquerez que dans certaines écoles, l’enseignant est obligé de tenir le rôle d’éducateur. Ce n’est pas le sien.
                      Dans mon village en Dordogne bien sûr, idéal par son cadre et le nombre restreint d’élèves sont des points positifs. Mais ici, les parents tiennent leur rôle d’éducateur.
                      L’école à la finlandaise est une bonne piste comme vous dîtes.


                    • Alex Joubert 6 septembre 2009 13:14

                      EN-TI-ERE-MENT d’accord


                    • ZEN ZEN 6 septembre 2009 11:58

                      Trés intéressant...

                      "...Pour certains libertariens, comme Murray Rothbard, l’école publique représente un réel danger pour la liberté, car elle repose sur des croyances d’un faux libéralisme issu du dix-neuvième siècle et par des auteurs utilitaristes comme Jeremy Bentham et des auteurs positivistes.

                      « Le libertarien, alors, se fondant sur la tradition libérale classique ancienne, ne doit pas seulement abandonner l’utilitarisme et le positivisme ; il doit aussi abandonner cette tendance du culte de la démocratie et d’une haine irraisonnée envers le catholicisme qui le mène, entre autres défauts, vers la croissance d’un vaste fardeau d’étatisme et de tyrannie, l’école publique. »
                       — Murray Rothbard, Conservatism and Freedom : A Libertarian Comment[2]

                      Pour les libertariens, il est injuste de forcer une personne, via l’impôt, à financer l’éducation d’autrui. L’enseignement est donc un service comme les autres, que des individus ou des entreprises VENDENT à des clients. S’il était appliqué, ce modèle aurait de nombreux avantages sur le plan de la qualité de l’enseignement. Outre les bénéfices tirés de la concurrence entre établissements scolaires et écoles de pédagogie, la délivrance des principaux diplômes ne serait plus un monopole, ce qui permettrait de valoriser de manière optimale les acquis des étudiants.

                      Le financement des études qui pourrait résulter de ce système est aussi supérieur à la formule de l’instruction publique gratuite. Ce marché, en plus d’intéresser les banques, pourrait voir fleurir les associations délivrant des bourses aux étudiants. Dans les deux cas, l’obtention de prêts serait soumise à la capacité des candidats à convaincre les prêteurs, et donc à fournir des résultats. Ce principe de responsabilisation favoriserait la réussite scolaire et permettrait aux plus méritants de poursuivre des études..."


                    • Le péripate Le péripate 6 septembre 2009 13:27

                      On pourrait se poser la question de la persistance du sophisme ad hominem. Il ne date pourtant pas d’hier (Aristote), et n’importe qui étant passé sur les bancs de l’école devrait le reconnaître, et le rejeter.
                      Mais non. Car comme Georges Frêche le rappelait à des étudiants, il ne sert à rien de s’adresser à l’intelligence. Sachez donc, chers lecteurs, que ceux qui utilisent ce sophisme, vous prennent pour des cons.


                    • abdelkader17 6 septembre 2009 12:31

                      ll s’agit tout simplement pour la société libérale et ses promoteurs permanents d’amener la jeunesse à toute perte de sens critique nécessaire à l’imposition de l’idéologie de la marchandise et au développement toujours croissant de son vaste marché de consommation.
                      La perméabilité de la jeunesse à toute sorte d’entreprise d’aliénation n’est plus à démontrer,l’école est le lieu de formatage des futures soldats du libéralisme,les grandes écoles formeront les cadres qui dirigeront cette main d’oeuvre servile et amorphe,des individus ayant parfaitement intégrés leur condition de dominé.
                      Nous pourrions aussi faire le même constat avec l’industrie du divertissement,jouant un rôle analogue, projet d’aliénation des masses destiné à l’imposition des valeurs du marché, il n’est en rien étonnant que les surnuméraires de la société d’abondance,les laissés pour compte de la mondialisation néolibérale en soit les plus demandeurs.


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 12:39

                        ll s’agit tout simplement pour le socialisme et ses promoteurs permanents d’amener la jeunesse à toute perte de sens critique nécessaire à l’imposition de l’idéologie marxiste.


                      • abdelkader17 6 septembre 2009 12:43

                        @Courouve
                        Le marxisme était une condition nécessaire à l’avènement du modèle néolibéral.


                      • ZEN ZEN 6 septembre 2009 12:52

                        « N’écoutez pas les marxistes : lisez Marx ! " (M.Rubel)

                        On ne peut plus d’actualité, si on veut comprendre la théorie de la valeur ainsi que la formation et les contradictions du capitalisme


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 14:04

                        Lisez plutôt Nietzsche, dont la pensée et le style sont bien supérieurs, comme ce test le montre :

                        «  Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche .  » Karl Marx, Le Capital, I,iii, 7, 1.

                        Rapprocher de cette expression fort maladroite la belle remarque de Frédéric Nietzsche  : «  En tant que génie de l’architecture, l’homme surpasse de beaucoup l’abeille  : celle-ci construit avec la cire qu’elle récolte dans la nature, l’homme avec la matière bien plus fragile des concepts qu’il est obligé de fabriquer par ses seuls moyens.  » (Vérité et mensonge au sens extra-moral, 1).


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 14:09

                        Remarquez aussi l’intelligence du choix du titre par Frédéric Nietzsche, alors que Karlo ne fait rien passer en titrant bêtement Le Capital


                      • ZEN ZEN 6 septembre 2009 14:24

                        @ Courouve
                        Quel rapprochement entre deux oeuvres qui n’ont rien à voir !
                        Je lis les deux auteurs et les apprécie l’un comme l’autre( mais pas pour les mêmes raisons)
                        et ne me contente pas de rapprocher deux citations hors-contexte et hors-problématique
                        De plus, citer seulement ne donne pas à raisonner


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 15:08

                        C’était pour réagir au conseil stupide de lire Marx.

                        Je n’ai nulle envie de lire davantage un auteur capable d’écrire ceci :

                        «  Il se peut que je me fourre le doigt dans l’œil, mais avec un peu de dialectique, on s’en tirera toujours. J’ai naturellement donné à mes considérations une forme telle qu’en ayant tort, j’aurais encore raison. »

                        Karl Marx, lettre à Friedrich Engels, 15 août 1857.

                        On me dira peut-être que je tire sur une ambulance ; mais il FAUT tirer sur les ambulances (intellectuelles)


                      • ZEN ZEN 6 septembre 2009 19:12

                        « Conseil stupide de lire Marx » ?

                        On voit que vous n’avez jamais ouvert une page du Capital
                        Une phrase idiote prise au hasard n’a aucun sens (surtout dans une correspondance)
                        Combien de conneries disons-nous chacun tous les jours ?...

                        Encore faudrait-il le lire avant de produire des jugements aussi caricaturaux et de ne pas faire la confusion courante entre une pensée vivante et les idéologies et les systèmes qui se sont réclamés abusivement de lui, le stalinisme en autres
                        Le lire de manière non dogmatique


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 20:37

                        Vous ne voyez rien du tout.

                        Je vous accorde qu’il vous arrive de dire des conneries.

                        Et quand vous en lisez, vous ne vous en rendez pas compte.

                        Comme celle-là, exemple entre mille :

                        «  L’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes, il faut que la force matérielle soit renversée par une force matérielle, mais la théorie aussi devient une force matérielle, dès qu’elle saisit les masses. La théorie est capable de saisir les masses dès qu’elle argumente ad hominem, et elle argumente ad hominem dès qu’elle devient radicale. Être radical, c’est saisir les choses à la racine. Or, la racine pour l’homme, c’est l’homme lui-même.  »

                        Karl Marx, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844.


                      • ZEN ZEN 6 septembre 2009 20:46

                        A l’homme qui ne sait que citer :
                        Mauvaise traduction
                        Voyez le texte allemand


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 20:48

                        Trop facile à dire !! Quelle est votre bonne traduction ? Car le texte allemand, je l’ai déjà vu, ce qui ne doit pas être votre cas ...


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 12:48

                        Le nazisme aussi sans doute.


                        • ASINUS 6 septembre 2009 20:48

                          Nietzsche, Marx , mazette les « doctus cum mibro » les prolos devraient se contenter
                          comme moi d un bon manuel de tir tot ou tard lors des soulevements sociaux et
                          identitaires l important sera de savoir dans qu elle tete tirer et pas ce qu elle contient


                          • Senatus populusque (Courouve) Courouve 6 septembre 2009 20:55

                            « doctus cum mibro »

                            ni mibro ni vibro, mais libro

                            Bonne chance pour le tir !

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AJ


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