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Accueil du site > Actualités > Société > Y’a de la haine... (Défense et illustration des Rita Mitsouko)

Y’a de la haine... (Défense et illustration des Rita Mitsouko)

Le très mythique et glamour groupe de rock français Rita Mitsouko - qui est actuellement à l’affiche de l’Olympia et vient de faire paraître l’album « Variéty » - fait l’objet d’attaques régulières concernant ses récentes prises de position politiques « conservatrices ». Analyse détaillée d’un exemple de ce harcèlement bien-pensant, issu du magazine hebdomadaire « Marianne ».

Cette semaine l’hebdomadaire Marianne de Jean-François Khan, marqué à gauche, publie sur deux pages un article passablement désagréable, contre le groupe mythique de Fred Chichin et de Catherine Ringer : « Gare aux Rita Mitsouko en politique ! » (édition du samedi 10 novembre 2007), sous la plume d’une certaine Stéphanie Marteau. (Une jeune journaliste qui n’hésite pas - à l’occasion - à collaborer en tant que contributrice éditoriale au site de la banque américaine GE Money Bank... Je vous conseille notamment la lecture de « Les Conséquences financières de la fin d’une union libre » en écoutant Les Histoires d’A... des Rita... ) J’ai lu son article trente fois ce week-end. Il n’y a vraiment rien à faire... Tu sais c’est comme cette fille qui voudrait que je me soigne, et qui abandonne son clebs au mois d’août en Espagne... j’sens comme un vide... remets-moi Johnny Kidd !

Soyons sérieux. Mme Marteau a donc écrit un article de deux pages pour dénoncer la dangereuse droitisation du plus sexy des couples rock « trash » des années 80... le surtitre est évocateur : « Ils pensent comme Dantec, ils admirent Bruckner, ils adorent Sarkozy... » Ouh la la... Dantec, Bruckner, Sarkozy... Ouh la la... La présentation des Rita en tant que « quinquas trash » en dit long, également. Des quinquas... des vieux cons quoi ! Ca sent le procès stalinien, la mise au pilori, l’émasculation, la mastectomie, la remise à plat des acquis culturels, l’exécution publique.

Pour ceux qui auraient raté un épisode, petit rappel des faits : à l’occasion de la sortie de leur nouvel (et remarquable) album Variéty, en mai dernier, les Rita Mitsouko ont été entraînés dans l’habituel vortex communicationnel de la promotion. A cette occasion ils se sont exprimés à plusieurs reprises sur des sujets périphériques à la musique, notamment dans les pages du Parisien où ils ont apporté leur soutien discret à Nicolas Sarkozy : « On espère que cette société va se débloquer après des rêves socialo-communistes qui l’ont gangrenée. » Fred Chichin a même été plus loin dans Télérama sur le thème de l’anticommunisme : « Tout jeune, j’étais confronté à une contradiction flagrante : mon père était un communiste fou de westerns, mais, à cause de ses convictions, il voyait les westerns en cachette. Parce qu’officiellement il fallait détester le western américain, pur produit de l’idéologie impérialiste US. (...) J’ai appris le nihilisme et cette culture de se construire dans la haine de ce que l’on est. Tout ce qui n’était pas blanc était formidable, tout ce qui était blanc était mal. » Sur le rap, le guitariste des Rita n’hésite pas à déclarer : « Je suis resté deux mois avec une quarantaine de rappeurs. C’est édifiant sur le niveau et la mentalité... Le rap a fait énormément de mal à la scène musicale française. C’est une véritable catastrophe, un gouffre culturel. La pauvreté de l’idéologie que ça véhicule : la violence, le racisme antiblancs, antioccidental, antifemmes... C’est affreux. » Voilà, en gros, les objets du délit. La dénonciation de la persistance de l’idéologie communiste en France, sur fond d’histoire personnelle, et la critique musclée d’un genre musical parfois agressif.

Cela n’empêche pas Mme Marteau, de Marianne, d’instruire un authentique procès inquisitoire. On aimerait bien la rencontrer en vrai cette jolie petite fiancée idéale de Bernardo Gui. On aimerait l’entendre chanter quelque chose sur scène... Elle répète à longueur d’article que les Rita Mitsouko ont de la « haine » à cracher (référence inévitable à leur tube des années 90, Y’ a de la haine !), qu’ils sont racistes, intolérants, agressifs, inactuels, dingues, dangereux, etc. Halftime sociologue de bazar, Mme Marteau estime que le parcours des gens fabrique strictement leurs engagements politiques, elle estime que nous sommes tous déterminés par le milieu dans lequel nous avons grandi et par les parents qui nous ont faits : « Aux yeux de tous, ce groupe emblématique des années Mitterrand ne pouvait qu’être de gauche. Tout dans leur histoire, leur milieu, leurs combats semblait l’indiquer. Fred Chichin a grandi à l’ombre des tours d’Aubervilliers, élevé par des parents communistes. Son père, critique de cinéma, a été exclu du Parti en 1967 pour maoïsme. Catherine Ringer, elle, est la fille d’un peintre juif polonais qui a survécu à la déportation. » Le fils d’un communiste et la fille d’un artiste peintre ne pouvaient donc donner que des gens de gauche, de purs humanistes, progressistes, confiants en l’avenir radieux, optimiste en la vie et les hommes...

Stéphanie Marteau ne supporte pas que le groupe, engagé dans tous les combats médiatiques de la gauche durant les années 80-90, ait changé de bord : « ...la Ringer, diva punk exubérante, et son mari, guitariste destroy et surdoué, étaient de tous les combats de gauche. Devant 100 000 personnes place de la Bastille, en 1986, avec SOS Racisme. Avec Jacques Higelin et leur copine Josiane Balasko pour une soirée organisée par le DAL en 1993 dans un immeuble inoccupé de l’avenue René-Coty, pour empêcher l’expulsion de familles sans logis. » La journaliste donne ensuite des gages documentés de la monstruosité des Rita Mitsouko.

En se reposant sur le témoignage (soumis à caution - car passablement haineux) du frère de Fred Chichin, Fabrice, elle indique que le couple aurait refusé d’héberger un sans-papiers... scandale ! Fred et Catherine n’ont pas voulu accueillir un type innocent, sauvagement pourchassé par les hordes policières françaises à la solde d’un Etat négrier et impérialiste... Quel scandale !

Le second gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est qu’ils n’ont pas accepté que la prestation scénique qu’ils ont offerte au Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), soit reprise sur le DVD édité par l’association. La journaliste recueille le témoignage de Stéphane Maugendre, vice-président de l’association : « Les Rita sont les seuls à avoir refusé que leur prestation soit reprise sur le DVD réalisé par l’association. » Quel scandale ! Vouloir garder un droit de regard sur l’exploitation de son image et de ses œuvres est certainement mal vu dans certains milieux...

Le troisième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est donné par un « proche » anonyme du couple, qui déclare : « Ils ont très peur de la montée de l’intégrisme musulman, confie un proche. Depuis les attentats du 11 Septembre (2001), c’est un sujet qui les hante, qui les angoisse beaucoup, surtout Fred.  » Frappé du sceau de l’anonymat ce témoignage est instructif... D’abord il semble nécessaire de rappeler aux lecteurs de Marianne que le « 11 Septembre » est un événement qui s’est passé en 2001. Ensuite il est scandaleux, semble-t-il, pour un guitariste, de s’inquiéter de la montée des intégrismes religieux...

Le quatrième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est leur intérêt pour l’œuvre de l’essayiste Pascal Bruckner (qui a notamment - ô infamie ! - défendu l’intervention militaire américaine en Irak).

Le cinquième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est leur intérêt pour l’œuvre du romancier Maurice G. Dantec : « Comme leur copain, le romancier Maurice Dantec, qu’ils vont parfois voir au Canada quand ce n’est pas lui qui leur rend visite à Paris, ils redoutent une guerre civile en France. »

Paranos et droitisants, donc, les Rita ? Je fais le point : il m’arrive de lire Dantec, je suis un lecteur occasionnel de Bruckner (qui ne me déplaît pas du tout quand il s’exprime dans mon téléviseur secam couleur), je n’ai pas de « sans-papiers » sous la main, et je ne goûte pas particulièrement au rap... Je vis dangereusement... ?

Le sixième gage de la monstruosité des Rita Mitsouko est que le site Occidentalis a repris en ligne certaines de leurs interviews. Diable ! Les Rita seraient donc responsables des récupérations et reprises « extrémistes » de leurs propos... Où va-t-on ?

Pour finir, la critique de cette « dérive » politique des Rita Mitsuko est cautionnée, dans cet article, par le témoignage d’un ancien employé de Virgin, Thierry Planel, dont on ne sait pas très bien s’il fut vendeur à mi-temps au rayon world music des Champs ou directeur artistique : « Leur intransigeance artistique s’est transformée en intolérance politique. » On craint pour les prochaines productions de David Bowie ou de « Love-Symbol »-Prince... si l’intransigeance est un signe d’abomination droitisante... Ziggy Stardust et le kid de Minneapolis vont-ils virer fascistes  ?

C’est pas très rock’n’roll tout ça... Baby, j’sens comme un vide... remets-moi Johnny Kidd ! C’est même un joli tissu d’âneries tout ça. On n’a pas peur de cracher au visage de l’un des meilleurs groupes français, de dévaloriser leurs créations, de s’asseoir sur leur patrimoine, pour la seule raison qu’ils seraient devenus « de droite »... On en oublierait même que le couple le plus glam de la scène rock française est au centre du film Soigne ta droite de Jean-Luc Godard...

Et si on laissait les gens s’exprimer librement ? Et si on s’astreignait, dans la presse, à juger les artistes sur pièces ? Si on s’astreignait à ne juger les artistes que sur leurs œuvres ?

Et si on admettait que les créatifs peuvent aussi avoir des opinions conservatrices ?

Pourquoi pas ?

Hein ?


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70 réactions à cet article    


  • joseW 13 novembre 2007 10:07

    Bon article.

    J’aime bien les Ritas Mitzuko, mais je me demande parfois s’ils n’auraient pas un peu trop fait la fête, ce qui pourrait nuire à leur réflexion...

    Il faut savoir faire la différence entre les oeuvres et la vie privée, entre les artistes et les politiciens.

    Et puis s’ils veulent relancer leur carrière qui végétait depuis pas mal de temps, rien de tel que de cirer les pompes aux néoconservateurs pour avoir les portes grandes ouvertes. C’est pas cher, ça mange pas de pain et ça peut rapporter gros.

    Pas fous les bougres... smiley


    • Marsupilami Marsupilami 13 novembre 2007 10:16

      @ L’auteur

      Excellente défense des Rita Mitsouko. Variety est un de leurs meilleurs disques depuis longtemps et quand je l’écoute, très régulièrement, j’en ai rien à secouer de savoir si c’est du rock de droite ou de gauche. Tant que Catherine Ringer ne mettra pas de talonnettes pour danser sur Marcia Baïla et que Fred Chichin ne fera pas de fausses notes sur sa guitare pour cause d’énorme montre de luxe bling-bling à son poignet, je continuerai à les écouter quelles que soient leurs opinions politiques.

      Mais j’ai quand même un horrible soupçon. Communiqueur d’amour serait-il un hymne sarkozyste ? Pas impossible, vu que l’omniprésident nous la fait sans cesse à l’affectif dégoulinant et qu’il veut être aimé du monde entier et même un peu plus...


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 13 novembre 2007 10:37

        Bonjour. La conclusion tombe parfaitement,

        en effet, il faut dissocier le côté artiste de l’option politique. Prenons un prix Nobel ou un scientifique lambda ayant une découverte à son actif, la question ne se poserait pas, pourtant, un artiste, un peu hors moule, se doit en France d’être de gauche.

        Pour ma part, je ferais un parallèle avec Franz Ferdinand. Ces lascars sont aussi des conservateurs dans leur pays, tout en étant adulés par les Inrock

        Quant au volet artistique, je dirais que les RM, comme les FF, sont tout à fait contournables et s’ils n’existaient pas, il ne manqueraient pas au paysage musical


        • boumboum 13 novembre 2007 10:43

          Tout depend de quel point de vue vous admirez ce paysage musicale... On aurait aussi pu dire, meme Hitler faisait la difference entre art et religion (un peu extreme quand meme) mais cela aurait eu son effet.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 13 novembre 2007 10:48

          Prix Godwin

          ze winner is, Boumboum, le premier a avoir atteint le point Godwin sur ce sujet qui ne s’y prêtait pas


        • Frog007 Frog007 13 novembre 2007 12:05

          Parler de procès stalinien et rappeler dans les premières lignes la « contribution » de cette journaliste à une « banque américaine » me font poser cette question : ne reprochez-vous pas à cette journaliste ce que vous faites ?

          Pour le reste les opinions politiques d’un artiste m’importent peu (je préfère son art) c’est pourquoi l’article de cette journaliste, comme le votre, me paraissent inutiles.

          Pour le qualificatif « de l’un des meilleurs groupes français », ne vous en déplaise, c’est votre opinion et pas une réalité. Pour ma part j’estime que le paysage « culturel » français peut se passer sans problème de ce groupe.

          Le seul intérêt que j’ai pu trouver dans votre article est de répondre à votre question « Et si on laissait les gens s’exprimer librement ? », si je m’en réfère a votre propre prose sur « l’un des meilleurs groupes français », apparemment non !


          • Rébus Rébus 13 novembre 2007 12:09

            Ah, zut, les Rita sont passés à droite... Un monde qui s’effondre, dur de vieillir. Je n’étais pas au courant de leur nouveau positionnement politique... Et alors, ça ne m’empêchera pas de toujours apprécier leurs anciens albums, voire d’écouter le dernier.

            Si pour apprécier un artiste il faut partager tous ses points de vue... Dissocions l’oeuvre des opinions (ok, pas toujours évident).

            Quant à Dantec, j’avoue en avoir lu mais ses dérives futures étaient en germe dès ses premiers romans, rappellons simplement qu’à l’époque, la critique l’encensait.

            Résumons, Yannick Noah penche à gauche, pas suffisant pour que j’écoute ses disques, les Rita virent néocons, ben dommage, mais je continue d’apprécier le groupe, au moins pour ses anciens opus.


            • Gazi BORAT 13 novembre 2007 13:58

              @ Rebus

              « Dur de vieillir »

              Vous avez tout résumé :

              « La vieillesse est un naufrage »

              gAZi bORAt


            • adeline 13 novembre 2007 12:20

              Bon article sauf le début, Marianne n’est pas « à gauche » mais plutôt « au bon sens » cordialement


              • Rayves 13 novembre 2007 12:46

                « Une jeune journaliste qui n’hésite pas - à l’occasion - à collaborer en tant que contributrice éditoriale au site de la banque américaine GE Money Bank... »

                Si ça c’est pas du Stalinisme !!!

                C’était mal parti pour un texte à la l’ouverture d’esprit largement annoncée.

                Quant au fait, pour un goupe artistique, d’être de droite et se retrouver aux côtés de Mireille Mathieu, Johnny Haliday, Enrico Macias, Doc Gynéco... on peut quand même se poser des questions !


                • Zalka Zalka 13 novembre 2007 12:49

                  Ca doit être dur pour eux de cohabiter avec doc gyneco, non ?


                  • tvargentine.com lerma 13 novembre 2007 12:49

                    Voila un tres bon et une tres bonne analyse sur ce que produit les dérives « gauchisantes » d’une presse qui intellectualisent toute personne qui ne pense pas comme elles et qui instruient une forme de proces politique,qui s’apparentent plus à du dénigrenement

                    Les artistes ont des idées,libre a eux de les exprimer mais nous devons les respecter car nous sommes démocrates et ne pas respecter les idées des autres c’est ne pas respecter la démocratie.

                    Oui,le rap c’est une regression pour l’image de la femme et c’est de la violence gratuite,sans parler des textes qui sont d’un niveau intellectuelle qui semble etre de celui de « MARIANNE » : INTOLERANCE & HAINE


                    • Zalka Zalka 13 novembre 2007 12:51

                      Bref, à vous entendre Lerma, les artistes sont uniquement libre d’être de droite, sous peine de se rendre coupable de trotskysme ?


                    • Gazi BORAT 13 novembre 2007 14:02

                      @ Lerma

                      « ..Oui,le rap c’est une regression.. »

                      Vous pensez à Doc Gyneco ? Le chantre du tarpé supporter d’un ex Ministre de l’Intérieur prohibitionniste ?

                      Entièrement d’accord avec vous !

                      gAZi bORAt


                    • Gzorg 13 novembre 2007 12:51

                      C’est marrant,j’aime bien Mariane

                      Je n’aime pas Sarkozy que je voie comme mon ennemi social. Je n’aime pas Dantec, à tout casser je préfère Soral. Je n’ai jamais aimé les Rita parce que je ne ressent rien en les écoutant (et je suis pourtant de la génération Mathias)

                      Mais ce genre d’intrigue a 2 Euros me rendrais presque ces gens plus sympathique...


                      • armand armand 13 novembre 2007 22:28

                        Gzorg :

                        Alors là vous exprimez parfaitement ma pnsée. Bien que je n’aime pas Soral non plus. Quant aux Rita, c’est amusant, j’ai brièvement habité le même immeuble qu’eux à leurs débuts. Mais moi non plus je ne ressens rien en les écoutant.

                        Par contre je souscris à leur jugement sur le rap, j’irais même plus loin, pour reprendre le titre d’un tube des ’Confederade Railroad’ : ’I hate rap’. Mais au risque d’offusquer les bien-pensants visés par l’article mes goûts me portent plutôt sur Johnny Cash et Lynyrd Skynyrd.


                      • Gazi BORAT 14 novembre 2007 15:09

                        @ Armand

                        Johnny Cash et son formidable album « live » à la prison de St Quentin..

                        Vous placez là une barrière raciale telle qu’autrefois (?) en le deep south entre musique des Blancs et musique des Noirs..

                        gAZi bORAt


                      • armand armand 16 novembre 2007 11:23

                        Justement, il n’y avait pas de barrière musicale dans le deep South entre musiques noire et blanche, souvent de même inspiration. Mais je m’élève contre une prétention bien française à encenser systématiquement toute musique ’noire’ et à considérer la country et le rock sudiste comme des musiques de ’red-necks’. Et je maintiens que la célébration du proxénète, du fric facile et de la violence dans le rap ’gangsta ’(qui marche le mieux)loin d’être contestataire est le véritable musique néo-libérale.

                        Johnny Cash a en effet voulu exprimer la douleur de tous les opprimés et victimes du sort, depuis l’Indien (Ballad of Ira Hayes) jusqu’au condamné à mort (sa version du ’Mercy Seat’), sans oublier, bien sûr, ses concerts en prison (Saint Quentin et Folsom).


                      • Foudebassan Foudebassan 13 novembre 2007 13:05

                        Heureusement, tout le monde sait très bien que Marianne est plus un torchon de propagande qu’un journal d’informations.

                        Je vous rassure, d’ici peu, il sera devenu tellement ringard de se prétendre de Gauche que tous ces moutons-cultureux n’hésiteront pas à se ranger vers le plus vendeur.

                        Comme le disait je ne sais plus quelle personnalité : « En France, si tu veux pas être emmerdé, dis que tu votes à Gauche et vote à droite ». Combien sont dans ce cas ?


                        • Christophe Christophe 13 novembre 2007 13:31

                          Nous pourrions y ajouter une citation de mon cru : Une personne ne voyant le monde que par un prisme droite/gauche ne fait que garnir en nombre le clan des abrutis !

                          Ce qui semble être le cas à la fois de la journaliste critiquée dans cet article que de l’auteur lui-même !

                          Bonne continuation quand même.


                        • jakback jakback 13 novembre 2007 13:20

                          A l’auteur, il y a bien longtemps déjà dans notre pays, que tout ce qui a du talent est forcément de gauche, tellement de gauche ou n’est pas. La presse se meurt, mais continue a ne représentée qu’elle même, c’est a dire une idée sucrée de sociale démocratie, bavarde, inefficace, contente d’elle et de ce qu’elle engendre. Les RT avaient du talent dans les années de l’union de la gauche, puis le vent mauvais traversa leur âmes au changement de siècle, vade rétro satanas, les faiseurs d’opinion germanopratins, toutes faucilles et marteaux en avant, excommunient les RT du show bizz, cela servira d’exemple a tous ceux qui seraient tentés d’exprimer sincèrement leur idées.


                          • Gazi BORAT 13 novembre 2007 13:57

                            @ Jackback

                            Autrefois, c’est Michel Sardou qui clamait partout qu’il souffrait du mépris des intellectuels au vu de sa position « d’artiste engagé » de droite...

                            C’est vrai qu’il n’était nul besoin d’être intellectuel pour ricaner du « Rire du sergent »..

                            gAZi bORAt


                          • TALL 13 novembre 2007 13:33

                            Je crois que l’impact de l’opinion politique des artistes est bien + réduite qu’on le croit. Mon impression, est que si l’on aime les oeuvres d’un artiste, le fait qu’il vote de l’autre côté que nous, nous influence finalement peu.

                            En Belgique, par exemple, de nombreux artistes nous la jouent « Belgicain » maintenant. Mais ça ne change rien, la Belgique coule à pic.


                            • snoopy86 13 novembre 2007 13:36

                              Je suis d’accord avec toi et Plastic Bertrand.


                            • TALL 13 novembre 2007 13:52

                              Snoopy, et keskidi, the king of the divan ?


                            • Gazi BORAT 13 novembre 2007 13:54

                              « déchéance »

                              J’avais lu l’interview publié dans « Télérama » qui m’avait profondément attristé..

                              Non pas par les opinions émises par le couple (le rock’n’roll hexagonal, par son admiration de la culture du Plan Marshall et sa promotion de l’individualisme capricieux n’a jamais été vraiment progressiste) mais par l’arrière goût désagréable d’une aigreur déversée par un couple de has-been..

                              Car il semblerait que c’est de cela qu’il s’agit... d’une musique qui exalte les valeurs de la jeunesse (« hope I die before I get old »-« Die young & stay pretty ») et qui découvre que l’on ne trouve plus guêre ses fans que dans les ghettos pavillonaires peuplés de pré-retraités..

                              La dernière étape avant Pascal Sevran ? Pas très glamour, tout cela..

                              gAZi bORAt


                              • brieli67 13 novembre 2007 19:50

                                13/11 10h55 > L’Arche de Zoé ou les ravages de l’ ... Bonjour JL,Du second degré ? Je dirais plutôt de l’absurde. smileycdt ... par xave

                                13/11 09h44 > L’Arche de Zoé ou les ravages de l’ ... Bon un message sérieux, si je puis dire : la citation de Kundera est incorrecte. L’entrée ... par Florentin Piffard

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                                pas très clair ce Monsieur NASAL. Il se corrige et avoue.... Puis son envoi se fait sabrer. ou coitus retractus ?


                              • armand armand 13 novembre 2007 22:24

                                Ce qui m’attriste profondément, Gazi, c’est que le terme ’culture du Plan Marshall’ vise précisément un plan qui a sorti l’Europe de la misère, au prix d’une augmentation vertigineuse des impôts aux U.S.A, après une guerre qui a vu des centaines de milliers de jeunes ’ricains mourir pour abatrre le nazisme. Mais, ma parole, vous ne seriez pas de ceux qui jadis manifestaient contre la visite de ’Ridgeway la Peste’ pendant que la Corée du Nord agressait le sui ?


                              • Gazi BORAT 14 novembre 2007 10:55

                                @ armand

                                Le plan Marshall, une opération humanitaire désintéressée ?

                                A voir...

                                L’amérique n’avait pas le choix.. et se trouvait en 1946 face à de grosses difficultés économiques..

                                Son économie était en surchauffe car, encore mal remise de la crise de 1929, elle avait fonctionné à plein durant le conflit grâce aux commandes militaires qui s’arrèterent d’un seul coup en 1945..

                                Pour faire face à cette décroissance, des palliatifs furent trouvés : retour progressif des GI’s pour contrôler le chômage, GI’s bill qui permettait aux anciens combattants de suivre quelques années d’études, retardant d’autant leur retour dans le monde du travail.. qui s’avérèrent insuffisants..

                                Le plan Marshall avait pour but de contrer d’une part l’influence communiste en Europe, d’autre part de vassaliser les états européens en les endettant et en se permettant aussi de lutter contre le protectionnisme en matière de produits culturels et d’influence.

                                Dans ce registre, le cinéma hollywoodien fut bien servi par les accords de 1946 dits « Blum Byrnes ».

                                http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i3197.asp

                                Le plan Marshall servit à relancer l’économie américaine, en attendant que démarre la guerre froide !

                                gAZi bORAt


                              • armand armand 16 novembre 2007 11:25

                                L’un n’empêche pas l’autre. Ce qui est indéniable c’est que ce sont les contribuables américains qui en ont payé le prix.


                              • Gazi BORAT 13 novembre 2007 15:00

                                @ Plorentin Fiffard

                                11 septembre..

                                Ne serait-ce pas en ce funeste jour qu’une démocratie sud-américaine fut effacée par une junte sanglante avec l’aide active et bienveillante des Etats-Unis d’Amérique ?

                                gAZi bORAt


                              • Gazi BORAT 13 novembre 2007 16:07

                                @ florentin piffard

                                Le 11 septembre 2001 a été tout de même largement plus ressassé que celui de 1973...

                                Ce qui me dérange, c’est la compassion sélective entre les « bonnes » et les « mauvaises » victimes.. et les minutes de silence lourdement imposées tout comme les applaudissements staliniens d’autrefois..

                                Et puisque nous sommes dans un sujet « Rock’n’roll », un titre d’un groupe anglais :

                                « I’m so bored with the U.S.A. ! »

                                gAZi bORAt


                              • snoopy86 13 novembre 2007 16:13

                                @ Gazi

                                Quant à la démocratie selon Allende, tout laisse à penser qu’elle prenait le chemin de la démocratie populaire selon Castro...


                              • Marsupilami Marsupilami 13 novembre 2007 16:40

                                @ Snoopy86

                                Tu déconnes. Allende était un social-démocrate décervelé qui s’est fait niquer par ses partenaires gauchistes. S’il s’était mieux démerdé, il serait aujourd’hui à la tête du FMI ou de la Banco del Sur... le top du top du socialisme internationaliste !


                              • snoopy86 13 novembre 2007 16:50

                                @ Marsu

                                Non je ne déconne pas...

                                Allende lorsqu’il est mort se faisait garder par les services spéciaux cubains. Le Chili était en situation de guerre civile et ses copains du MIR multipliaient les attentats.

                                Rappelons aussi que c’est à la demande du parlement que Pinochet et l’armée sont intervenus.


                              • Marsupilami Marsupilami 13 novembre 2007 17:36

                                @ Snoopy86

                                T’as raison. Mais à cette époque n’importe quel gugusse un peu de gauche avait intérêt à assurer sa sécurité par d’autres gugusses que les étatsuniens. Ceci explique cela. Depuis les USA ont fait des progrès et compris que DSK n’est plus un ennemi du patronnat.

                                Ça phosphore dur dans les think tanks...

                                Faut bien qu’ça pense..


                              • Gazi BORAT 13 novembre 2007 18:13

                                @ snoopy & marsupilami

                                « Allende & Castro »

                                Snoopy, bonjour

                                Non, je ne suis pas d’accord avec la tournure « cubaine » que se préparait àprendre le régime d’Allende...

                                Allende était véritablement social-démocrate mais se trouvait face à une extrème-gauche puissante avec laquelle il fallait composer et aussi pour lui résister..

                                Il ne fut d’ailleurs jamais communiste..

                                C’est d’ailleurs sa peur d’être débordé sur la gauche qui lui fut fatale car il garda sciemment au sein de l’armée des éléments conservateurs qui conspiraient sa perte et y disposait de peu d’alliés fiabvles (le général Pratts disparut avant le golpe).

                                L’extrème gauche lui reprocha d’ailleus d’avoir refusé d’armer les milices ouvrières..

                                Qu’il fut protégé par des cubains ne faisait pas de lui un communiste.

                                Je suis ici d’accord avec Marsupilami que confier sa protection aux Etats Unis lui aurait été fatale et n’aurait fait qu’accélérer l’échéance fatale.

                                Par contre, au Portugal, le leader social démocrate Mario Soares bénéficiait luyi de la protection de Washington qui, heureusement, décida de ne pas intervenir dans la « Révolution des Oeillets » qui débuta un an plus tard au Portugal.

                                Henry Kissinger, pas toujours très bon calculateur, était persuadé que l’aile gauche du mouvement des capitaines installerait un régime communiste qui constituerait un excellent repoussoir pour les autres régimes européens et les pousseraient dans le giron américain.

                                La révolution communiste n’eut pas lieu au Portugal et Mario Soares ne put bénéficier de la place de professeur à Harvard que lui avait promis le bon Henry en cas de victoire communiste.

                                gAZi bORAt


                              • Gazi BORAT 13 novembre 2007 18:21

                                @ Florentin Piffard

                                1977 ça date un peu ?

                                Cela ne fait que trente ans.. Il existait un monde avant 2001 et le « Choc des Civilisation ».

                                Je me souviens aussi du tube d’un groupe punk allemand en 1983, au moment de la lutte contre l’installation des Pershing en RFA, pour le départ des troupes d’occupation américaines et du slogan « plutôt rouge que mort ».. et dont le refrain nous assénait un « Yankee raus ! yankee raus ! » aux vertus mobilisatrices..

                                Finalement les troupes d’occupation soviétiques ont fini par quitter le sol allemand, les britanniques et les françaises aussi.. mais les Américains sont restés..

                                Pourquoi ?

                                Je me le demande encore..

                                Quant au « la vieillesse est un naufrage », ce n’est pas de moi mais une citation de Mongénéral qui n’est pas valable dans l’absolu mais pertinente dans le cas des Rita Mitsuko..

                                gAZi bORAt


                              • Gazi BORAT 13 novembre 2007 18:29

                                @ florentin piffard

                                « un cadavre peut en cacher un autre.. »

                                Les cadavres américains prennent beaucoup de place et en occultent souvent d’autres..

                                Ce que j’ai trouvé stupéfiant, c’est ce retournement des années 80 où les Américains, après avoir largué un tonnage de bombes sans équivalent dans l’histoire sur un tout petit pays, se sont finalement présentés au monde, par la grâce de quelques superproductions hollywoodiennes, comme les victimes du conflit..

                                Tandis qu’au Vietnam des enfants, grâce aux produits colorés (les agents bleus, blancs, orange) Monsanto et Dow Chemicals, continuent de naître malformés, Monsanto, aujourd’hui, par le biais de ses OGM, permet de produire la nourriture aseptisée qui semble tant ravir votre palais..

                                gAZi bORAt


                              • Marsupilami Marsupilami 13 novembre 2007 18:37

                                @ Snoopy86

                                A l’époque Allende n’avait pas le choix. Valait mieux avoir des gardes du corps castristes que des sbires de la CIA. Aujourd’hui DSK n’a plus ce genre de problème. Faut tout recontextuaiser camarade golfeur...

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