Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Y a-t-il un risque révolutionnaire aujourd’hui ?

Y a-t-il un risque révolutionnaire aujourd’hui ?

Cet article est le compte-rendu d’un Café Citoyen qui s’est déroulé le 09/05/2009 à Caen.

Financière, économique, écologique, politique, sociale, métaphysique : les crises se multiplient et s’additionnent. Tandis que des dogmes s’effritent (notamment ceux liés à notre société de consommation), il en est qui souhaitent un changement radical de notre société. Sommes-nous pour autant à l’aube d’une révolution ? Deux approches de la révolution se sont entrecroisées tout au long du débat ; selon que certains y voient une délivrance ou que d’autres la craignent. Les premiers rejettent la formule « risque révolutionnaire » et préfèrent parler de « chance révolutionnaire » ou d’« opportunité révolutionnaire ». Les seconds insistent sur le déchainement de violences que constitue une révolution. Cependant, une révolution possède de nombreuses facettes qui forment un tout, à la fois séduisant et terrifiant.

Celui qui annoncerait l’aube d’une révolution serait bien présomptueux. Son pressentiment serait avant tout mu soit par l’espoir soit par la crainte. Les mouvements insurrectionnels sont par définition imprévisibles. Et compte tenu de la globalisation, l’ampleur d’une révolution ne serait peut-être plus à envisager à l’échelle de la France, mais à l’échelle du monde. Par ailleurs, la population réagit plutôt qu’elle ne fomente. Celles et ceux censés être à la tête de l’État sont généralement déconnectés des réalités populaires. Rappelons-nous le célèbre échange entre le duc de Liancourt et Louis XVI le 14 juillet 1789 alors que la Bastille venait d’être prise : « C’est donc une révolte ? - Non, Sire, c’est une révolution ». Les révoltes sont donc difficiles à prévoir. Mais tandis que les émeutes éclatent, les révolutions accouchent. La nouvelle société mûrit doucement pendant que l’ancienne dépérit. Pouvons-nous percevoir les signes d’un tel changement ?

Il n’est pas rare de qualifier de révolutionnaires les avancées techniques remarquables comme les « révolutions technologiques » de la télécommunication (portables, Internet...) ou des transports (voiture, avion...). Quelques intervenants associent ces révolutions à une progression du monde certes rapide mais toujours continue. Ces innovations participent alors à ce que l’on nomme depuis peu progrès. Mais une révolution suggère avant tout la notion de cycle. Elle suppose un recommencement, un changement radical et profond. Qui plus est, une révolution résulte d’une quête de totalité (changement de modèle), ce qui, bien souvent, explique la naissance de totalitarisme pendant ces périodes historiques intenses. Une révolution est la manifestation éclatante d’une nouvelle manière de concevoir et de considérer le monde. Rappelons-nous les Lumières, ce mouvement européen intellectuel, culturel et scientifique du XVIIIe siècle. Arts, littérature, sciences, philosophie, politique, tous les domaines furent bouleversés. Du développement des sciences à la renaissance de la démocratie et de la République.

Ainsi, avant une révolution, les fondements de l’ancien modèle social sont bien sûr critiqués. Mais les bases d’un nouveau modèle doivent également émerger. Dans la salle, un intervenant s’interroge : au XVIIIe siècle, « il y avait une force morale par l’implication des intellectuels dans l’évolution de la société ». Aujourd’hui, où sont les philosophes et les penseurs ? Où sont les Diderot, les d’Alembert, les Rousseau et les Voltaire ?

Peut-être sont-ils parmi nous. Invisibles. Inaudibles. Peut-être aussi que les conditions pour qu’une révolution s’épanouisse ne sont pas réunies. Dans la salle, on nous dit qu’une révolution naît quand « un peuple souffre, qu’il est dans le désarroi et qu’il se sent abandonné par le pouvoir ». « Il faut un pouvoir faible, déconsidéré ». Il faut aussi un décalage entre ce que ressent le peuple et ce que vivent les élites. Il faut qu’un petit nombre s’accapare les richesses et le pouvoir. Or, même si la colère s’intensifie et que la force est de plus en plus utilisée (« séquestration » de patrons dans les usines, blocage d’usine), nous ne sommes pas vraiment opprimés et soumis à un pouvoir tyrannique et incapable (même si une fraction de la population française et une grande partie des populations des pays du Sud vivent dans une grande misère).

Qui plus est, lors des manifestations, la grande majorité des revendications est d’abord le fait de corporatismes. Les mécontents cherchent avant tout à retrouver ce qu’ils ont perdu (un emploi, de meilleures conditions de travail, etc.). En quelque sorte, ce repli communautaire fait perdurer le système. Dans la salle, on pose la question suivante : « est-ce que les Français actuellement, qui sont si allergiques aux réformes, sont prêts à faire le saut dans la révolution ? ». Ne manque-t-il pas un élan collectif nécessaire à la redéfinition d’un contrat social ? Ces propos sont atténués par l’apparition de nouveaux profils de manifestants auxquels nous n’étions pas habitués : policiers, gardiens de prison, juges... En outre, les syndicats se rassemblent plus régulièrement sous une même bannière, parfois même alors qu’ils proviennent de pays différents (manifestation franco-allemande des "Continental" à Hanovre).

N’empêche, s’il faut, pour qu’une révolution s’épanouisse, des idées nouvelles, il est nécessaire également que « des hommes et des femmes nouveaux émergent, des personnes courageuses, actives, capables de conduire le peuple ». Or, l’image du révolutionnaire est peut-être aujourd’hui entachée. Pourtant, il ne faut pas réduire le révolutionnaire à un simple destructeur. Car il crée également les conditions d’une reconstruction. Il n’appartient plus au passé, pas encore tout à fait à l’avenir. Il éradique ce qui ne doit plus perdurer. Son feu fertilise l’avenir. Finalement, cette peur de la destruction ne résume-t-elle pas notre difficulté à faire le deuil du système dans lequel nous vivons ?

Quelques intervenants s’interrogent sur ce qu’il reste du triptyque républicain « Liberté - Égalité - Fraternité ». Un « sentiment d’inégalité est partagé par certains Français par les délocalisations, par les licenciements, par la distribution de parachutes dorés ». « Bien des gens n’ont plus rien à perdre » et pour ceux qui perdent tout, « ce qu’il reste à défendre c’est leur propre liberté à trouver du travail, à manger, à loger leur famille ». Pour autant, l’insécurité sociale n’est pas flagrante car les mécanismes de redistribution atténuent les effets de la crise. Nul doute que l’ordre social se détériorerait rapidement si l’État était amené à ne plus assurer le versement du RMI, les allocations diverses, l’assurance chômage. On a d’ailleurs entendu à plusieurs reprises que les caisses étaient vides. Qu’en est-il réellement ? Et puis la dette publique progresse. Un participant nous invite à suivre l’évolution de la classe moyenne : « Actuellement, il y a en France quelque chose qui est un frein à la révolution, c’est l’importance de la classe moyenne. Mais si jamais une conjonction de politiques aboutissait à la destruction de la classe moyenne, à son appauvrissement, là je crois qu’il y aurait un risque sérieux de révolution. ».

Et depuis quelques années, « les lois qui réduisent de façon significative les libertés individuelles » laissent présager une anticipation des pouvoirs publics. Comme pour dissuader d’éventuels fauteurs de troubles ou les marginaux. Un citoyen nous raconte d’ailleurs son passage à tabac par des policiers. Le sentiment d’injustice lui a donné dans un premier temps l’envie de « foutre le feu ». N’oublions pas qu’en période révolutionnaire se déchainent les passions aveugles. Les plus bas instincts refont surface. La violence se déverse dans les rues. La révolution est un « mécanisme de masse » qui emporte tout sur son passage. Quelques citoyens s’interrogent alors sur le risque de manipulation. Bien souvent, des groupuscules utilisent le désarroi des émeutiers, canalisent les mécontentements, organisent la contestation. Les tribuns s’emparent des foules et les font vibrer. Un citoyen nous met en garde : dans la plupart des révolutions, « le meilleur moyen de faire l’homme nouveau c’était de supprimer l’ancien. Alors on a vu des massacres, on a vu des camps de concentration, on a vu des goulags ». Mais une révolution n’est-elle pas plus dangereuse lorsqu’elle n’est pas conduite ? Il n’est peut-être pas pire état que la guerre civile.

Alors, même si la Révolution Française a inspiré beaucoup d’autres révolutions et continue pour de nombreux peuples à être une référence, ce modèle révolutionnaire est-il toujours envisageable ? Un citoyen imagine dans l’avenir des « actes de séditions, des actes de révolutions locales » plutôt qu’un grand mouvement. Des jacqueries en quelques sortes. Tandis qu’un autre considère que « la révolution est nécessaire ». Mais le monde doit-il et peut-il changer tout entier ? « L’économie de marché est effectivement mondial mais rien n’empêche localement de faire quelque chose de différent » lance un citoyen.

Toujours est-il qu’« on n’a pas besoin d’avoir des projets pour faire la révolution ». La révolution ne veut rien établir. Elle veut détruire intégralement ce qui existe. Cette destruction est son travail essentiel. Quel serait alors le « système à détruire » ? La cristallisation de ce système semble ne pas être entamée. L’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen inscrit le droit de résistance à l’oppression parmi les quatre « droits naturels et imprescriptibles de l’homme ». Mais d’où vient l’oppression aujourd’hui ? Au XVIIIe siècle, tuer les tenants du système (dont la famille Romanov) revenait à tuer le système. De nos jours, tuer les grands argentiers reviendrait à ne couper qu’une des multiples têtes de l’hydre. Détruire le système suppose également « de supprimer la branche sur laquelle nous sommes nous-mêmes assis ». « Pour qu’il y ait une véritable révolution aujourd’hui il faut qu’il y ait une vraie menace du système, il faut donc remettre en cause les fondements du système qui sont [...] de plusieurs ordres ». Selon un citoyen, il faudrait d’abord supprimer cette nécessité d’avoir de l’argent pour vivre. Ensuite, il faudrait également supprimer la valeur morale liée au travail. « Que l’on donne du boulot demain à ceux qui sont dans la rue, qu’on les augmente, et ils ne seront plus dans la rue », termine-t-il.

Une révolution est avant tout un carrefour où le temps est suspendu et où les consciences se réveillent pour choisir entre différents avenirs. En 1785, l’affaire du collier de la reine éclaboussa la royauté. Aujourd’hui, les affaires de corruption, de délits d’initiés, de détournement de fonds publics sont légions. L’information (et les rumeurs) circulent rapidement via des réseaux comme Internet. Quel sera le scandale de trop ? A moins que le citoyen s’y soit accoutumé et qu’en lui le sentiment de révolte se soit éteint.


Moyenne des avis sur cet article :  4.23/5   (31 votes)




Réagissez à l'article

164 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 10:05


    Après avoir lu cet article, je ne distingue pa bien la différence entre Café Citoyen et Café du Commerce.


    • snoopy86 19 août 2009 16:08

      Mais si ....Au café citoyen on fait la révolution !!!


    • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 16:27

      Bonjour Jean-Pierre,

      Je ne sais pas ce que recouvre pour vous le terme de « Café du Commerce ». Certes, il est généralement considéré comme péjoratif. Mais je ne voudrais pas interpréter vos propos.

      Snoopy88 suppose que dans les Cafés Citoyens se fomente la révolution. Si penser une nouvelle société dans la perspective d’un nouveau contrat social est la définition de la révolution, alors oui, nous pouvons considérer les Cafés Citoyens comme des lieux où les citoyens sinon imaginent un nouveau modèle, du moins expriment leurs envies et partagent leurs visions du monde. Balzac n’écrivait-il pas « Le comptoir d’un café est le parlement du peuple » ?

      La démocratie ne s’élabore pas seulement dans les urnes. Il ne faut pas perdre de vue sa dimension expressive, considérablement diminuée de nos jours.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 16:45

      à HOUSSAYE Marc (xxx.xxx.xxx.114) 19 août 16:27 

      Je ne sais pas ce que recouvre pour vous le terme de « Café du Commerce ». Certes, il est généralement considéré comme péjoratif. Mais je ne voudrais pas interpréter vos propos.
      J’ai réagi ainsi parce que je n’ai pas trouvé votre article très intéressant. Désolé.

      Snoopy88 suppose que dans les Cafés Citoyens se fomente la révolution. Si penser une nouvelle société dans la perspective d’un nouveau contrat social est la définition de la révolution, alors oui, nous pouvons considérer les Cafés Citoyens comme des lieux où les citoyens sinon imaginent un nouveau modèle, du moins expriment leurs envies et partagent leurs visions du monde. Balzac n’écrivait-il pas « Le comptoir d’un café est le parlement du peuple » ?
      Révolution fait penser à la violence. Or, la situation permet encore une autre issue qu’une révolution violente.

      La démocratie ne s’élabore pas seulement dans les urnes.
      Une révolution pacifique peut très bien résulter du processus démocratique. Notre « problème démocratique » n’est pas ne pas pouvoir voter mais consiste en une carence d’offre politique réellement rationnelle et, accessoirement, de personnel compétent.

      Il ne faut pas perdre de vue sa dimension expressive, considérablement diminuée de nos jours.
      Je ne comprends pas très bien ce que vous entendez par « dimension expressive de la démocratie ».


    • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 17:03

      Il ne faut pas perdre de vue sa dimension expressive, considérablement diminuée de nos jours.
      Je ne comprends pas très bien ce que vous entendez par « dimension expressive de la démocratie ».

      En fait, je voulais dire par là que notre démocratie se vide peu à peu de sa substance. Les gens considèrent à tort qu’élire des représentants suffit à son devoir de citoyen. Or, à professionnaliser le monde politique, nous avons perdu l’implication des citoyens dans la réflexion sur la société.

      Qui plus est, lorsque les bulletins de vote se sont mis en place ils n’étaient pas aussi rationalisé qu’aujourd’hui. On pouvait encore au début du dix-neuvième siècle écrire sur ces bulletins. Aujourd’hui, que nenni. Si l’offre de plait pas et que l’on considère que se déplacer pour poser un bulletin blanc qui ne sera pas comptabilisé dans les suffrages exprimés est une perte de temps, alors l’abstensionisme fait accroire que la population se désintéresse de la politique.
      e


    • Bardamu 19 août 2009 20:34

      Balzac a en effet écrit cela : « le comptoir d’un café... », mais j’imagine mal le bonhomme se prêtant actuellement à la comédie humaine de la citoyenneté !
      Qu’est-ce qu’on peut faire dire aux gens tout de même !
      Pensée VENTRILOQUE ?


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 août 2009 20:41

      Il y a de grandes similitudes entre les idées que vous énoncez et celle que je défend. Je ne puis que vous inviter sur le site Nouvelle Société, je crois que vous vous sentirez à l’aise. Il y a deux points qu’il me semble important de souligner quand on parle maintenant de révolution. 


      Le premier est que la manipulation de l’opinion publique est devenue une science exacte et que le seuil de révolution ne sera pas atteint... à moins d’une « guerre civile » au sein de la classe dirigeante. C’est peut être cette opportunité qu’annonce la crise financière actuelle, laquelle semble un coup monté par ceux qui ont le pouvoir politique pur et des visées dictatoriales (Les tenants du New World Order) contre le capitalisme qui gère depuis longtemps par la démocratie que nous connaissons associée à la corruption.

      Le deuxième est que, si ce moment est mis à profit pour une révolution, celle-ci ne sera pas violente : Le systeme est désormais si complexe qu’on peut l’abattre « par omission » La violence sera dans les efforts de contrerévolution. Elle pourra être terrible, mais, si on en arrive à ce point ces efforts seront bien futile pour empècher la mise en plce d’une nouvelle societé. Le monde ne peut plus tourner sans consensus.


      Pierre JC Allard

    • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 21:20

      Je vous rejoins en partie Pierre JC,

      La grande difficulté consiste à ce que le système laisse suffisamment de place pour que de nouveaux modèles émergent. Nous serons peut-être écartelés entre un gouvernement planétaire, dont nous sentons bien la nécessité (problématiques écologiques, épuisement des ressources naturelles, surpopulation...) et l’obligation de nous recentrer sur le local (économie locale, démocratie locale...).

      Sommes-nous à l’aube d’une gouvernance mondiale non démocratique (pas forcément dictatoriale, disons plutôt de type despote éclairé) conjointe à une quotidienneté démocratique locale (traitant des questions ayant seulement trait à ce niveau) ?

      Merci pour l’adresse de votre site, j’irai y faire un tour.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 20 août 2009 08:22

      à HOUSSAYE Marc (xxx.xxx.xxx.114) 19 août 17:03 


      "En fait, je voulais dire par là que notre démocratie se vide peu à peu de sa substance. Les gens considèrent à tort qu’élire des représentants suffit à son devoir de citoyen".

      Le vrai problème des échéances électorales réside dans la vacuité de l’offre politique, de gauche comme de droite, depuis déjà longtemps. La solution réside dans la capacité à élaborer une nouvelle offre politique.
      Je dois dire que je ne la vois pas poindre à l’horizon. Hélas...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 août 2009 09:23

      @ L’Auteur : Ce n’est que si vous allez sur mon site ou mon blogue que vous verrez à quel point nous nous rejoignons ; je pourrais faire une référence à un de mes textes pour à peu près chacune des idées que vous énoncez... S’il y a une réunion de l’un de vos Cafes-Citoyens à Paris en août - ce qui serait un grand signe de ferveur révolutionnaire ! - je serais bien heureux d’y assister.



    • LE CHAT LE CHAT 19 août 2009 10:31

      Non , les français sont tenus par les couilles par les banques ! fait la révolution celui qui n’a vraiment rien à perdre , la france est trop riche désormais ...............


      • Bardamu 19 août 2009 20:38

        Vous n’aimez guère les Musulmans, l’ami !... ça se sent !


      • Triodus Triodus 19 août 2009 10:43

        Supprimez TF1 et l’euromillion et là vous l’aurez, votre révolution !


        • faxtronic faxtronic 19 août 2009 12:12

          N importe quoi. Le gens regardent TF1 car TF1 leur convient. Tu surestimes bien trop le genre humain. 


        • Triodus Triodus 19 août 2009 13:42

          @ Fax : ne pas perdre espoir sinon c’est le boulevard du pire..


        • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 10:43

          Comme le souligne l’auteur, notre société n’est pas « mure » pour une révolution. Pas encore.
          Or, aucun changement vers une société plus équitable ne se fera sans un grand mouvement populaire. Ce n’est pas demain la veille que les ’« rentiers-actionnaires » vont céder un pouce de ce qui fait leur fortune et leur donne le contrôle sur les sociétés. Pas sans y être obligés.

          D’autres conditions doivent venir s’ajouter aux actuelles injustices : pénurie, hyper-inflation, réduction des aides sociales, chomage massif ... pendant que les hyper-riches continuent de bronzer sur leurs yachts et de piller nos sociétés. La « goutte d’eau » qui fera déborder le vase.

          Les médias sont aux ordres de l’oligarchie au pouvoir, donc la seule information à circuler est celle qui est voulue par le pouvoir, c’est un autre « facteur de stabilité » de l’ordre établi et ceux ci l’ont bien compris. Par exemple, ce dernier week end, 4 banques US ont fait faillite, dont la Colonial Bank qui a laissé une ardoise de 15 milliards de dollars, la plus grosse faillite de l’année, et les grands médias n’en ont pas pipé mot. La bourse est repartie en avant...

          Tout dépend, en fait, de l’évolution de la crise actuelle. Or,là, tous les fondamentaux laissent à penser qu’elle va s’aggraver.

          Donc, selon moi, pour le moyen terme, tout est possible...


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 10:52

            à Alpo47 (xxx.xxx.xxx.51) 19 août 10:43 

            Or, aucun changement vers une société plus équitable ne se fera sans un grand mouvement populaire.
            Je partage pleinement cette opinion.

            Ce n’est pas demain la veille que les ’« rentiers-actionnaires » vont céder un pouce de ce qui fait leur fortune et leur donne le contrôle sur les sociétés. Pas sans y être obligés.
            Ne pouvez-vous imaginer que ce grand mouvement populaire puisse s’exprimer indépendamment de toute relation (négative/positive) avec les « rentiers-actionnaires » ?


          • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 11:17

            "...Ne pouvez-vous imaginer que ce grand mouvement populaire puisse s’exprimer indépendamment de toute relation (négative/positive) avec les « rentiers-actionnaires » ?...« 

            Les rentiers-actionnaires, sont nos »maitres". Ils contrôlent la société, au travers des banques, des politiques,, du législatif, notamment des lois sur la propriété ... etc..
            Aucun changement ne pourra se faire, sans reprendre une part, sinon la totalité, de notre pouvoir perdu.


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 11:37

            Attention à la désignation de boucs-émissaires.

            Les révolutions sont propices à tous les excès. La fureur révolutionnaire contient une rage aveugle. Rappelons-nous les débordements lors de la Terreur en 1992 et 1993, plus particulièrement 93. Il me semble qu’il faut avant tout s’attacher à détruire le système. Pas les individus qui le composent.

            Ceci dit, la question à se poser serait « y-a-t-il des personnes qui représentent tellement bien le système inique, qui l’épouse voire le symbolise ? ». La mort de Louis XVI en est l’exemple parfait. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons jeter l’opprobre aussi facilement sur des catégories de personnes.

            Le fonctionnement capitalistique, ou plutôt néolibéral, est certainement à revoir. Mais les rentiers n’en sont pas des affreux monstres à dézinguer (Je précise que je ne suis pas rentier). Il y aussi des rentiers qui œuvrent pour une nouvelle société (sans rentes notamment), comme il a existé des nobles qui ont défendu les idées révolutionnaires au XVIIIème siècle.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 11:38

            à Alpo47 (xxx.xxx.xxx.51) 19 août 11:17 

            « Les rentiers-actionnaires, sont nos »maitres ».
            Personnellement, je pense qu’ils sont « nos maîtres écnomiques » mais pas nos maîtres politiques.

            Ils contrôlent la société, au travers des banques, des politiques,, du législatif, notamment des lois sur la propriété ... etc..
            Nous, « la Plèbe », sommes encore en capacité, par nos choix politiques, de rétablir, progressivement, une parité économique avec les rentiers-actionnaires.

            Aucun changement ne pourra se faire, sans reprendre une part, sinon la totalité, de notre pouvoir perdu.
            Reste à savoir si ce changement, pour le rétablissement de la parité économique, se fera violemment, par une Révolution, ou pacifiquement, par des décisions politiques imposées dans les échéances électorales.



          • Triodus Triodus 19 août 2009 11:58

            @Marc,

            « y-a-t-il des personnes qui représentent tellement bien le système inique, qui l’épouse voire le symbolise ? »

            Vous croyez qu’on est passé du « politique » au « people » pour quelle raison ?

            Les « people » viennent du monde du « rêve », du spectacle, du paraître, de l’illusion, de l’éphèmère. Ils n’existent pas en dehors du show.

            Se fondant parmis les clowns et les décervelés du divertissement, ces « politiciens » deviennent ainsi inéxistants, ils ne risquent plus grand chose de notre part..


          • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 12:31

            A quel moment , ai-je préconisé une révolution violente ?


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 12:43

            à Alpo47 (xxx.xxx.xxx.217) 19 août 12:31 

            « A quel moment , ai-je préconisé une révolution violente ? »

            Personnellement, je n’ai pas dit que vous préconisiez une révolution violente. Je me suis contenté d’indiquer qu’il y avait une seule alternative : violence ou pacifisme. Si vous n’optez pas pour la révolution violente, comment envisagez-vous une (r)évolution pacifique ?


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 14:04

            Bonjour Triodus,

            En effet, la peopolisation fait penser à cette frange de la population qui profite. Leur insouciance peut énerver. C’est le syndrome Marie-Antoinette (bien que sa caricature dépasse largement la réalité).

            Cette déconnexion, cette insouciance iréelle n’est-elle pas pour autant salutaire ? Ne permet-elle pas de nous poser des questions ? Ceci dit, ces questions sont souvent basées sur la comparaison et l’envie de posséder ce que l’autre a. Cela ne conduit pas forcément à une remise en cause personnelle de sa propre implication dans le système...


          • Triodus Triodus 19 août 2009 14:34

            Bonjour Marc, excusez-moi, j’ai mal formulé :

            Je voulais dire par là que se « pipoliser » (mon dieu que ça fait mal au français) était pour ceux que l’on range dans la case des « dirigents », des « politiciens », bref : coupables décapitables et écorchables putatifs en cas de sérieuse vindicte populaire ; un moyen habile (et distrayant) de s’y soustraire.

            Qui est reponsable des morts, des victimes, des laissés pour compte et des miséreux une fois le rideau de scène retombé ? Personne.. Ni l’auteur, ni les comédiens.. Au pire : un sentiment de culpabilité au fond du spectateur qui s’est surpris à apprécier du sordide et du machiavelique.

            Imaginez cinq minutes que tous nos braves politico-dirigents soient restés sur leur propre terrain pour communiquer (c.a.d en tant que responsables devant la Nation et le Peuple) et non pas comme invité de Drucker pour une promo, et bien soit on aurait déjà soldé leur cas ou ils l’auraient fait eux-même, à la japonaise..


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 14:46

            Effectivement Triodus,

            Cette peoplisation déresponsabilise le politique. Ministre ne signifie-t-il pas pourtant serviteur (du latin minister) ? Malheureusement, cette grandeur de la charge politique, cela fait belle lurette qu’elle a déserté les couloirs de Matignon et de l’hémicycle. Enfin, je suis peut-être, sûrement même, un peu caricatural. Il y a certainement quelques élus qui prennent à cœur leurs responsabilités.

            Ceci dit, en période de recherche active de coupables, on tourne rapidement le regard vers celles et ceux qui étaient censés faire quelque chose. Je ne suis donc pas si sûr que la pipolisation mette à l’abri les personnalités politiques. La catharsis du peuple doit bien pouvoir s’exprimer tout de même...

            Cette mise en scène médiatique aura certainement son revers de médaille. Que l’on pourra mettre en parallèle, vous avez raison, avec les milliers (que dis-je centaines de milliers) de morts ignorés que le système aura généré.


          • Triodus Triodus 19 août 2009 16:08

            @Marc,

            BIen sûr. La surexposition médiatique ne sera plus un avantage, mais seulement pour ceux qui s’y seront le plus adonnés lorsque ça va « tourner au vinaigre » !!

            Se retourneront-ils alors vers ceux qui, leur mettant une amicale tape sur l’épaule les expédiant au casse-pipe en leur disant : « Vas-y, communique, montre-toi, sois médiatique ! » ?

             


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 16:33

            Cher Triodus,

            C’est pourquoi j’ai toujours eu du respect pour ceux prennent les choses en main lorsque le temps se gâte. Pensons à Robespierre qui jouit d’une réputation de terroriste alors que son action a permis de ne pas livrer la France à la guerre civile (Ceci dit, le peuple de Paris l’a longuement ovationné).


          • Triodus Triodus 19 août 2009 17:01

            @Marc, Y aviez-vous, en filigrane, le premier paragraphe de son « Projet d’adresse aux Fédérés » dont l’actualité est étonnante ? (Mis à part les Autrichiens qui n’y sont plus pour grand-chose dans cette histoire..)

            Cordialement,
            T.


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 17:06

            « Au dehors, les tyrans rassemblent contre nous des armées nouvelles : au dedans, d’autres tyrans nous trahissent. Les ennemis qui nous guident respectent le domaine du despote autrichien autant qu’ils prodiguent le plus pur sang des Français. [...] Un autre monstre privilégié est venu, au sein de l’assemblée nationale, insulter à la nation, menacer le patriotisme, fouler aux pieds la liberté, au nom de l’armée qu’il divise et qu’il s’efforce de corrompre ; et il demeure impuni ! L’assemblée nationale existe-t-elle encore ? Elle a été outragée, avilie, et elle ne s’est point vengée.

            Les tyrans ont feint de déclarer la guerre à leurs complices et à leurs alliés, pour la faire de concert au peuple français ; et les traîtres demeurent impunis ! Trahir et conspirer semble un droit consacré par la tolérance ou par l’approbation de ceux qui nous gouvernent : réclamer la sévérité des lois est presque un crime pour les bons citoyens. Une multitude de fonctionnaires que la révolution a créés, égalent ceux que le despotisme avait enfantés en tyrannie et en mépris pour les hommes, et les surpassent en perfidie.Des hommes, qu’on nomme les mandataires du peuple, ne sont occupés que de l’avilir et de l’égorger. [...] »

            Cela avait de la gueule tout de même, non ? Je ne me souvenais plus de ce texte. Merci.


          • Triodus Triodus 19 août 2009 17:25

            De rien, c’est votre référence à Robespierre qui m’a fait découvrir ce passage. Merci.


          • Bardamu 19 août 2009 20:40

            @l’auteur de l’article :
            Vous êtes un vieux jeune, vous !


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 21:12

            Du moment que vous ne me qualifiez pas de con, cela me va Bardamu.


          • Jean-paul 20 août 2009 05:14

            @ alpo47
            Pour le moyen terme ,les Francais sont en vacances ( aout ) et sans doute comme d’habitude par les syndicats 1 ou 2 jours de greve en octobre .


          • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 10:51

            Vous pouvez poursuivre le débat sur le portail des Cafés Citoyens : http://www.cafes-citoyens.fr/debats/534-y-a-t-il-un-risque-revolutionnaire-aujourd-hui


            • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 11:02

              Merci, mais nous sommes très bien ici.


            • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 11:06

              Oui, moi aussi je suis très bien ici avec vous. Il y a cependant des messages également intéressants sur cet autre forum. Voili voilou.


            • jako jako 19 août 2009 11:04

              Bonjour, pour qu’il y ait une révolution, il faut une grande cohésion qui est issue de la masse d’un « groupe » de gens , auparavant il y avait les mineurs, les métallurgistes, les paysans les ouvriers automobiles les étudiants. Ce qui a permis en 1968 une micro révolution.
              Le problème c’est qu’aujourd’hui ces groupes n’existent plus sauf les étudiants , s’il n’y a plus le moteur ouvrier à l’action, il n’y aura pas d’action. c’est tout simple, ajoutez à cela une individualisme gallopant ( chacun gêre sa merde familiale, financiere) baisse la tête
              et regarde ses chaussures en attendant sa retraite ( moi aussi d’ailleurs je ne suis pas mieux)
              Il faudrait rechercher si la disparition de ces grands groupes n’est que due au marché.
              Cette disparition a commencée juste après 68...et s’est achevée en 1979 début d’une très

              grave crise annoncée par Pompidou...


              • jako jako 19 août 2009 11:28

                J’ajouterais à mon commentaire ( en partie pompé chez E Todd) que oui il y a un moyen de créer une situation de changement mais plus par la violence comme autrefois.
                Nous disposons de 2 moyens qui peuvent à mon avis être très efficaces :
                -Nos caddy (tout repose sur notre consomation)
                -Internet (toutes les entreprises en sont totalement dépendantes, un blocage de la toile sur plusieurs jours , ou à des heures stratégiques (la nuit) seraient un handicap certain.


              • HOUSSAYE Marc HOUSSAYE Marc 19 août 2009 11:42

                Bonjour Jako,

                Vous parlez du boycott comme moyen de pression pour faire évoluer le système. Mais ne pouvons-nous pas également y voir la possibilité de rendre le système plus fort ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès