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Accueil du site > Actualités > Société > Yvan des sources

Yvan des sources

Au deuxième jour de son procès, le berger de Cargèse a pris la parole pour dire tout le mal qu’il pensait de l’instruction et tout l’amour qu’il portait à son « pays ». Ses proches l’ont présenté comme un berger trop occupé avec ses chèvres et son fils pour jouer au cow-boy.

« J’ai le sentiment d’appartenir à un peuple, ce peuple est nié dans ses droits, ça a fait de moi un nationaliste corse (...) Je le suis toujours, monsieur le juge (...) Je fais une différence entre le nationalisme d’Etats constitués (...) comme chez vous, en France, où on agite des petits drapeaux et on chante la Marseillaise à tue-tête dans les manifestations PS ou UMP. En Corse, c’est un nationalisme de résistance et d’affirmation. » Au deuxième jour de son très attendu procès, Yvan Colonna a pris la parole, hier, moins « fatigué » que la veille, d’après ses propres dires. Il parle donc d’un peuple « nié dans ses droits », ce qui ne signifie rien, évidemment, que du verbiage nationaliste rodé. Il moque ensuite les « petits drapeaux » qu’on agite sur le continent. Faut-il lui rappeler que ces petits drapeaux sont aussi les siens, que son peuple est le nôtre, et que la Marseillaise est aussi son hymne ? Enfin, qu’est-ce qu’un « nationalisme de résistance et d’affirmation » si ce n’est un nationalisme qui n’aurait pas sa place en Corse, territoire démocratique et libre ? « J’aime mon pays par-dessus tout » affirme Colonna, qui aime donc la France par-dessus tout, bonne nouvelle. Quant à la violence ? Il ne « la juge pas », ce qui ne mange non plus pas de pain. Ne pas juger, c’est donc ne pas condamner. On a appris ensuite que le jeune Yvan a vécu « comme un déchirement » son départ pour Nice (en face) à l’âge de 16 ans (moment auquel il a fait la connaissance d’André Herrero, témoin aujourd’hui de moralité du berger) et qu’il s’est empressé de revenir sur son île, au mépris de ses études, et après la rencontre avec un berger qui lui transmit la vocation, en quelque sorte : Yvan vivrait désormais parmi les chèvres, comme Emmanuelle Béart dans Manon des sources. Yvan des sources.

Le père de Colonna vient à son tour le présenter, le qualifiant de « franc, altruiste et sensible ». Il faut au moins cela pour bien élever des chèvres. Manque de bol, ou mauvaise coïncidence, ce même père avait en 1999 envoyé une lettre à la veuve du préfet Erignac, pour s’excuser du mal que son fils lui avait fait, à elle et à ses enfants. Aujourd’hui, Jean-Hugues Colonna s’explique en disant qu’à l’époque il avait « des doutes », mais qu’aujourd’hui, tous ces doutes sont levés et que son fils est, selon lui, « innocent ». Des doutes ? En 1999 ? Bizarre, d’autant plus que la sœur et le frère de l’accusé, ainsi que Jean-Hugues Colonna lui-même, affirment que Yvan avait abandonné le « militantisme nationaliste » au début des années 90 « en raison de son métier et de la naissance de son fils ». « J’ai eu un tournant dans ma vie professionnelle et affective..., avec un investissement de tous les instants dans mon exploitation agricole et avec la naissance de mon fils » confirme Yvan Colonna. Comment se fait-il alors que Jean-Hugues Colonna ait douté en 1999 de l’innocence de son fils devenus dix ans plus tôt un éleveur de chèvres doublé d’un père modèle, totalement coupé de tout « militantisme nationaliste » ? Il y a là comme l’ombre d’une contradiction. Colonna a par ailleurs, et sans surprise, critiqué une instruction selon lui « à charge », où « tous les éléments à décharge » auraient été « écartés ». Ses avocats ont également pointé du doigt le ministre de l’Intérieur d’alors, Jean-Pierre Chevènement, qui « voulait aller vite ».

Première journée très prévisible donc dans ce procès. Un accusé qui n’assume rien, si ce n’est son statut de berger. Qui se défend de toute « radicalité ». Qui prétend, en gros, qu’on se trompe de bonhomme. Que dans ce box se tient simplement un homme qui aime ses chèvres et son fils et sa Corse, et beaucoup moins nos petits drapeaux, notre petit hymne et notre médiocre justice. Yvan Colonna ? Une oie blanche, qui affirme avoir mis son « potentiel » au « service » de ses chèvres : « Pour le reste, je regrette la mort d’hommes mais étant donné que je n’étais pas partie prenante, je ne vois pas ce que je peux vous en dire. » Il faudra bien qu’il trouve quelque chose à en dire : la vérité n’est pas un troupeau qu’on envoie paître.


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46 réactions à cet article    


  • Frog007 Frog007 14 novembre 2007 12:17

    1/ Comment savoir « tout » d’un procès qui ne s’est pas encore déroulé ?

    2/ Belle conception de la justice et de la présomption d’innocence, monsieur DW.


  • Frog007 Frog007 14 novembre 2007 12:43

    Hum...

    Je n’ai pas suivi les conseils des nombreux posts vous concernant...

    Je reconnais mon erreur... Je vous laisse donc « polémiquer » tout seul comme un grand.

    Bonne journée.


  • thirqual 14 novembre 2007 20:16

    Il y a eu des acquittés à Nuremberg...


  • morice morice 14 novembre 2007 09:45

    Mr West, votre acrimonie n’est dûe qu’aux critiques reçues à propos de vos articles précédents, jugés légers par une majorité de lecteurs d’Agoravox. Le compte-rendu de Lilian est précis, votre vindicte à son égard n’est donc pas justifiée... Cessez de vous prendre pour le nombril d’Agoravox, svp. L’auteur insiste bien sur la fondamentale : tant que Colonna n’avoue pas, il sera innocent. Il est bon de le rappeler. En prime, « Yvan des sources » est une belle image joliment torchée. Laissons les autres lecteurs juges, svp.


    • Alpo47 Alpo47 14 novembre 2007 11:57

      Si vous entrez dans la partie de ping-pong de DW, vous n’êtes pas sortis...

      Il a besoin de polémiquer pour EXISTER, alors, il attaque, persifle, dénigre, mordille, critique... Tout pour attirer l’attention, les réponses et... EXISTER.

      Il faudrait que quelqu’un le rassure, lui dise qu’il EXISTE déjà et n’a nul besoin de cela. Mais dure sera la tâche.


    • haddock 14 novembre 2007 09:51

      On a pas le droit de vendre les sources .


      • morice morice 14 novembre 2007 09:59

        Et hop c’est parti pour le grand show West... laissons-le, et lisons l’article de Lilian, plutôt, il va y en avoir pour toute la journée à poster... de façon provocatrice. Cela s’appelle s’accaparer un media : tant qu’on ne l’interdit pas de s’exprimer, Mr West exercera ses facultés de nuisance. Sous Internet, on apelle ça du trollisme. Il pose à lui seul un sérieux problème chez Agoravox, qui, et c’est tout à son honneur, le laisse s’exprimer. Aux lecteurs de Mr West d’exercer eux-mêmes un boycott maintenant. Dommage, quand il nous parlait d’art on avait parfois quelques infos intéressantes. Saluons donc dès ce matin le premier post du troll d’Agoravox... en attendant les autres...


        • morice morice 14 novembre 2007 10:02

          Haddock, bien vu. L’atterissage de West, c’est clair comme de l’eau de source. De là à dire que sa prose est imbuvable, je ne me permettrai pas.


        • aurelien aurelien 14 novembre 2007 10:09

          « la vérité n’est pas un troupeau qu’on envoie paître. »

          lol


          • haddock 14 novembre 2007 10:12

            Morice , ravi d’ apprendre que Colonna élève des chèvres , remarquez je m’ en doutais un peu puisqu’ il est berger .

            Ce qui m’ interesserait par-contre , c ’est de savoir qui a tué le préfet .

            Par ailleurs , Demian West est un des rares à me faire rire même s’ il a pas raison à tous les coups .

            Vous parlez d’ art , avez-vous vu que jamais , au grand jamais ses articles sont trollés ?

            Afflelou et Aux petites 2000 de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h


            • Zalka Zalka 14 novembre 2007 10:26

              Ses articles ne sont peut être pas autant lu.


            • socal 14 novembre 2007 10:17

              @ L’auteur

              COUPABLE !

              Votre connaissance approfondie du dossier,vous dispense donc d’entendre les arguments de la défense.Vous vous êtes forgé votre intime conviction et en bon Procureur vous dréssez un réquisitoire en rêgle...

              Waouhhh !!! smiley smiley smiley

              Assurément quelle perte pour la magistrature !!!


              • Le péripate Le péripate 14 novembre 2007 10:36

                Particulièrement vicieux est l’argument qui fait d’une lettre peut-être écrite dans un moment de détresse une pièce à charge.

                Je ne vois rien qui s’oppose à voir un père craquer sous la formidable charge médiatique qui fait « vérité ». Il faudra d’autres arguments.


                • Le péripate Le péripate 14 novembre 2007 11:05

                  Ce qui est discutable, c’est de conclure à la culpabilité sur de telles prémisses. Mon opinion n’a rien à voir à l’affaire.


                • Le péripate Le péripate 14 novembre 2007 11:12

                  Je dirai même plus : C’est une extention de la notion d’aveu assez extraordinaire. Un aveu de quelqu’un qui n’était pas présent. Un aveu de quelqu’un qui, à priori, n’est pas lui-même impliqué. Une bizarrerie que l’on croirait sortie tout droit du Moyen Age.


                • VincelB22 14 novembre 2007 11:28

                  les doutes d’un père qui se voit afficher le visage de son fils sur toutes les télés de France avec marqué « Wanted » me semblent tout à fait compréhensibles ... l’entêtement de certains à vouloir y voir une pièce à charge me semble par contre des plus déplacé, le reste du dossier devra être un peu plus conséquent pour juger de la culpabilité ou non d’Yvan Colonna.


                • VincelB22 15 novembre 2007 10:22

                  Bien au contraire je le prends pour un homme avec toute sa senbilité de père qui a cru faire quelque chose de juste pendant un moment de doute. Ne pas douter aurait été signe d’une quiche comme vous le dites


                • oncle archibald 16 novembre 2007 17:47

                  l’hypothèse du père qui perd les pédales et écrit n’importe quoi me parait bien peu crédible de la part d’un homme public bien rodé à la polémique et certainement très conscient des conséquences de son acte... a cette époque la il pensait peut être qu’un aveu était un bon moyen pour éviter une trop lourde peine... en tout cas mon hypothèse vaut largement la votre


                • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 14 novembre 2007 12:53

                  La lettre d’excuse qu’un père adresse à la veuve d’un préfet quand tout le monde accuse son fils du meurtre ne saurait être autre chose que la preuve d’une grande humanité. Il l’a du reste indiqué qu’il a eu alors un doute dès lors que son fils avait pris le maquis. Est-ce critiquable ? Mais pensez-vous qu’il ait eu son fils qui lui ait dit j’ai tué le Préfet Erignac et qu’à partir de là, il ait écrit à sa veuve ? Que pensez-vous alors aujourd’hui de la position de cet honnête homme qui dit ne plus avoir de doute ? Que pensez une nouvelle fois de cette question posée par l’avocat de la partie civile (si elle est correctement retranscrite par le site 20 minutes.fr) et qui demande : « ne croyez-vous pas que cette lettre ait pu laissé penser à Madame Erignac que votre fils était coupable ? » Encore une fois, et avec tout le respect que je porte à Madame Erignac, le procès n’a pas pour objectif de la conforter dans son intime conviction de culpabilité. Le procès doit s’appuyer sur des preuves de culpabilité, et cette lettre n’en est pas une.


                  • brieli67 14 novembre 2007 16:43

                    il est indéniable qu’il y a de l’eau dans le gaz entre le père et le fils Colonna. Comme une trahison par le père du monde ancestral et traditionnel...

                    Cette lettre du Père est celle d’un malade elle n’est pas anachronique. Qui sait pas si innocente que celà poussé à le faire ou pour retrouver grâce auprès de ses amis politiques. C’est un acte manqué majeur et pathologique. Quel parent livre son fils au couperet de la République.

                    Aux yeux de tous et de sa fratrie, la relation père/fils du plus célébre Hongrois de France est une plaie ouverte. Le père continuait de s’occuper de sa progéniture même selon les dires de sa mère. Le Nicolas plein de haine atavique s’opposait violemment et régulièrement à l’idée d’une idylle gréco-magyar et aux droits de visite de son père biologique. Divorcé le Pál Sárközy de Nagybocsa ou probablement répudié sur le passé familial des nobliaux magyars ? Le petit-fils est habité par le courroux du grand père.

                    Au secours Lacan revient !


                  • haddock 14 novembre 2007 13:04

                    Erignac a été assassiné avec une balle , pas avec une lettre .


                    • brieli67 15 novembre 2007 17:49

                      qui est derriere cette main qui a tiré

                      qui écrit cette story sans fins

                      qui manipule


                    • JL JL 14 novembre 2007 13:50

                      Les propos du chef de l’Etat : « Nous avons arrêté Yvon (sic) Colonna l’assassin du préfet Erignac »

                      sont inadmissibles, surtout qu’il est, nous dit-on, avocat.

                      Que n’aurait pas dit l’UMP si pendant la campagne électorale Ségolène Royal avait commis cette faute ?!!!


                      • fifilafiloche fifilafiloche 14 novembre 2007 16:00

                        Le Chef de l Etat, comme son nom l indique, incarne l Etat. Il n est pas illogique, en conséquence, qu il prenne position à charge sur ce procès médiatique, où la victime est un représentant de l Etat.

                        On n attend pas, même au nom de la présomption d innocence, de la famille d une victime qu elle adopte une position neutre.


                      • evilman7 15 novembre 2007 02:04

                        Depuis la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le président de la république, tout chef d’état qu’il soit n’est pas plus autorisé que les autres à se positionner sur une affaire en cours et c’est fort heureux ! S’il avait ce droit, il exercerait une trop forte influence sur les décisions de justice, ce qui est loin de son boulot.


                      • Carine 14 novembre 2007 15:04

                        Quelle analyse Monsieur Lilian M et quel courage de se cacher derrière un pseudo lorsque l’on prétend connaître la vérité et se sentir suffisamment talentueux pour prendre sa plume et écrire un tel ramassis de haine et de contre vérités, d’affirmations douteuses et d’ironies malheureuses flirtant avec la diffamation ! Quel talent de chroniqueur et quelle leçon d’objectivité ! Votre article est une pure merveille d’intelligence et de pertinence, vraiment ! Et comme tout bon journaliste qui se respecte aujourd’hui, bien sûr tout cela est argumenté et objectif, d’ailleurs, il est vraiment difficile de savoir ce que profondément vous pensez sur la culpabilité de Monsieur Yvan Colonna ... Ca c’est du journalisme qui éveille les consciences !

                        Alors, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire hier, je vous renvoie à quelques textes dont peut-être vous ignorez l’existence :
                        - Charte Constitutionnelle des Droits de l’homme (art.3 al.3 ...)
                        - Déclaration universelle des droits de l’homme et du Citoyen
                        - Code pénal
                        - L’histoire de la Corse (commencez par la Collection Que sais-je n°1981)
                        - « J’accuse » d’Emile Zola
                        - Rapport sur la Commission d’enquête Parlementaire de l’affaire dite « Outreau »
                        - le site www.yvan-colonna.com

                        Quand vous vous serez donné la peine de lire l’ensemble de ces textes et de les comprendre (ça c’est peut-être plus difficile ...) peut-être qu’alors vous pourrez vous permettre des analyses sur un sujet qui, bien malheureusement, - et vous n’êtes pas le seul, vous dépasse. Vous gagnerez en profondeur, en pertinence, en objectivité et nous avec ...


                        • zgrouik zgrouik 14 novembre 2007 15:06

                          Boum- boum ! Yvan Colonna-tionaliste de terroir, ne serait donc qu’un petit qui vend des s’cousses et qui n’aurait jamais fait voler que quelques tuiles ???

                          Bang- bang, he shoot me down ! Yvan des sources, ne serait donc pas l’affreux Yvan le terrible qui affirme l’autonomie d’un « peuple » en tirant dans l’dos de la nation ???

                          Ma-oui ?! Ma-non ?! Allons, allons, procédons et attendons la justice et son bâton... !


                          • zgrouik zgrouik 14 novembre 2007 15:48

                            Et hop, en votant oui pour cet article « intéressant » sans être d’accord sur le fond, j’ai fait pencher la plateau de la balance à 50 / 50 % !

                            Intéressant isn’t it, pour celui qui cite en exergue : « le juste milieur est le dieu des pauvres cons »...


                          • brieli67 14 novembre 2007 15:59

                            Le Canard enchaîné, 11/02/1998 : « Bien curieux, le préfet [de Corse Claude Érignac assassiné le 6 février] s’est [...] interrogé sur les raisons de l’effondrement de la Cadec, la société de développement corse, renflouée à deux reprises [par l’État], mais qui accuse pourtant plusieurs centaines de millions de déficit.

                            Eh oui ! Pasqua montre son nez ! Bientôt à la barre.... avec son Pygmalion. La ronde des Ministres de l’Intérieur encore vivants devant le prétoire et vite avant que toute l’île ne s’enflamme comme le Pélléponèse.

                            Intérêts particuliers et non Raison d’Etat ! C’est une affaire criminelle et que la justice passe !


                            • haddock 14 novembre 2007 16:01

                              problème d’ actualisation , je viens de cliquer sur un com concernant ce fil de vers 15h 50 , et le dernier qui s’ affiche date de 12H43 , comment je fais-je ?


                              • Frankie Frankie 14 novembre 2007 16:02

                                Les commentaires laissés par Carine et moi-même hier vers 18h sur « Yvan Colonna ou le scandale corse » ont incidemment disparu ; je réitère mes propos d’hier et je dis à ceux qui s’émouvaient il n’y a pas si longtemps à la suite du déplorable procès d’OUTREAU qu’ils ont la mémoire courte et la vindicte aisée. Et je rappelle une fois encore l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme énonçant la présomption d’innocence : « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public... » Qu’en est-il pour Yvan COLONNA du respect de ce droit fondamental ? Depuis plusieurs années, cet homme est publiquement dénoncé comme étant l’assassin du préfet ERIGNAC, alors même qu’il a toujours clamé son innocence. Il n’a jamais bénéficié, ni devant ses juges, ni dans l’opinion, du statut qui aurait du être, en vertu de la loi, le sien : celui d’un présumé innocent, dans l’attente d’une décision prise au terme d’une procédure équitable, par des juges appréciant sereinement, en toute indépendance, les éléments à charge et à décharge.

                                Ce qui rappelle un autre fait de l’histoire : Maurras, parlant de DREYFUS, « Qu’importe qu’il soit coupable ou innocent ? L’intérêt de la Nation commande qu’il soit condamné »

                                A l’auteur : Je vous aurais préféré en journaliste d’investigation, et je vous renvoie au dossier suivant car c’est une histoire qui se passe au XXIe siècle

                                http://www.yvan-colonna.com/data/document_technique2.pdf


                                • zgrouik zgrouik 14 novembre 2007 16:16

                                  Et oui, un innocent condamné à tort par un jugement, c’est une erreur judiciaire. Un citoyen condamné avant d’avoir été jugé, c’est une erreur politique.


                                • bernard29 candidat 007 14 novembre 2007 17:34

                                  article de « beauf » digne d’une parlotte au bar du commerce, un soir du 14 juillet. (petits drapeaux, marseillaise et le ricard)


                                  • Anto 14 novembre 2007 17:37

                                    J’aurais aime lire l’article de lilian si c’etait Bertrand Cantat qui avait ete accuse du meurtre du prefet erignac.


                                    • Icks PEY Icks PEY 14 novembre 2007 17:43

                                      Merci pour l’article, Lilian.

                                      Sur le fond, un procès s’apprécie de façon globale et surtout pas jour après jour.

                                      C’est tout l’intérêt de cour d’assises, les individus s’affrontent, les preuves sont exposées et éventuellement démontées. Laissons la procédure suivre son cours et ne nous précipitons pas sur une conviction prématurée : les procès d’assises sont bien souvent le lieu de coup de théâtre.

                                      Quant à la décision finale, elle sera prise à l’intime conviction et non sur la base de preuve formelle, ce qui a son importance ...

                                      Bien cordialement

                                      Icks PEY


                                      • Parpaillot Parpaillot 14 novembre 2007 17:51

                                        @ Auteur :

                                        Merci de votre article qui évoque plus qu’un fait divers : la lâcheté au service de la criminalité gratuite !

                                        « Pour le reste, je regrette la mort d’hommes mais étant donné que je n’étais pas partie prenante, je ne vois pas ce que je peux vous en dire. » Il faudra bien qu’il trouve quelque chose à en dire : la vérité n’est pas un troupeau qu’on envoie paître. "

                                        En effet !

                                        Que Colonna soit coupable ou innocent, j’entends par là qu’il n’ait absolument rien à voir avec l’assassinat du préfet Erignac, je ne le sais, mais ce qui me révulse, c’est ce mépris de la personne humaine qu’éprouvent tous ces mafieux protégés par l’écran de fumée de l’omerta. Ces « courageux » prétendus nationalistes ne sont que de vulgaires bandits de droit chemin, des individus sans repères et sans foi ni lois qui n’ont pas leur place dans une société démocratique. L’omerta est un cancer qui ronge la société corse, honte à ceux qui l’entretiennent et honte à la Corse qui n’a pas su, ou pas voulu, extirper ce chancre. Toute société a les individus qu’elle mérite et la prétendue « Ile de Beauté » n’y fait pas exception.

                                        Ce procès me fait penser à l’affaire Dominici où les accusés changeaient constamment de versions au gré de la procédure, dans le but d’égarer la Justice derrière un écran de fumée. Les mobiles certes n’étaient pas les mêmes, mais les acteurs appartenaient à cette même société frustre où se cultive l’omerta.

                                        L’accusé Yvan Colonna, présumé innocent, peut-il éprouver de la compassion pour la veuve du préfet Erignac et les enfants de celui-ci ?


                                        • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 novembre 2007 18:04

                                          Oui, d’accord sur la lacheté de ces actes camouflés en « bandits d’honneur sans honneur ». Jospin ( qui n’a pas dit que des choses intelligentes dans sa vie politique) avait dit ce qu’il fallait au momemnt des faits (je cite de mémoire) :

                                          « Quand on va , cagoulé et emperruqué, mettre trois balles dans la téte à un homme désarmé qui va tranquillement au théatre, je ne vois pas où est le courage, l’honneur, la fiérté ».

                                          Peu importe qu’il s’agisse de la Corse ou non. La méme remarque valait pour AD et Rouillan/ Ménigon vidant leur chargeur sur Besse ou Audran rentrant à pied sans arme chez eux.


                                        • haddock 14 novembre 2007 20:25

                                          J’ aime bien les réponses de l’ auteur , une élégance rare de nes jours .


                                          • moebius 14 novembre 2007 22:15

                                            ...nationaliste...ce nationalisme en tant que concept vaudrait pour tout les nationalismes qu’il soit Corse Basque, Breton, français pourquoi pas, voir meme, allez francillien pour faire égalité républicaine et peut etre aussi mieux perturbé ceux qui sont trop assurés d’etre identique à eux meme. Quand a nos identités ! quand a nos idendités toujours plus exclusive... et puis cette peur de Colonna, titulaire d’un deug de sport d’etre muté dans le nord et l’inconnu si loin des murs de ses maisons de Cargése... mais de là a faire le berger dans le maquis a fabriquer du fromage nationaliste et a recourir à de peut etre pareilles extrémités... mais c’est quoi une ile ?


                                            • Parpaillot Parpaillot 14 novembre 2007 22:22

                                              @ lavaddi :

                                              Vous écrivez :

                                              " si cet homme était innocent, quelle compassion éprouverez vous pour lui ?

                                              quels éléments possédez vous, vous pauvre chèvre bêlante qui répète bêtement ce que les médias, aux ordres, lui ont rentré dans le crâne ? "

                                              Rien dans mon message ne juge Colonna coupable de cet assassinat, mais je constate en revanche qu’il ne le condamne pas non plus ! L’approuve-t-il, et si oui pourquoi et au nom de quelle éthique, de quelles valeurs et de quelle cause ? Et vous-même, condamnez-vous l’assassinat du préfet Erignac ? La fin justifie-elle (tous) les moyens ? La France est-elle encore un état de droit ? L’omerta n’est-elle pas le cancer de la Corse comme celui de la Sicile ?

                                              Colonna a été arrêté après 4 ans de cavale. Pourqoi s’est-il caché pendant tout ce temps, alors qu’il serait innocent ? Cela ne vous trouble-t-il pas ?

                                              Telles sont les questions que vous pose la « pauvre chèvre bêlante » que je suis ...

                                              Dans votre message je ne trouve rien, absolument rien, de compassionnel concernant la victime abattu comme un chien au seul motif qu’il représentait l’Etat !

                                              Je vous rappelle aussi que ce n’est pas un procès politique dont il s’agit ici mais d’un procès de droit commun, alors comme l’a dit un autre intervenant, laissons faire la justice !

                                              Post Tenebras Lux !

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