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Accueil du site > Actualités > Société > Zemmour le Petit

Zemmour le Petit

Je ne sais ce qui m’exaspère le plus, de l’indigence réactionnaire du propos de M. Eric Zemmour ou de la connivence médiatique dont il bénéficie. L’ouvrage incriminé (Le Premier Sexe, © Denoël) appartient à une collection intitulée « Indigne ». Le mot est juste. Jugez-en plutôt.

Couple Karembeu : qui est la Belle, qui est la Bête ?

Imaginez un personnage public qui parlerait du couple Karembeu comme d’un « couple Benetton, archétype de fantasme politiquement correct du métissage. Un peu une resucée moderne de la Belle et la Bête. »[1] Ou qui affirmerait tranquillement : « Comme tous les petits mâles depuis le début de l’humanité, les jeunes Arabes ont peur des femmes. Peur de ces machines à castrer. »[2] A l’heure où les médias fustigent un Georges Frêche et ses propos insultants sur les harkis, comment expliquer leur silence sur des écrits aussi infâmants, autrement que par une confraternité coupable ?

Mixité anesthésiante

Selon M. Zemmour, si l’homme se féminise, s’il « a rendu les armes », si « le poids entre ses jambes est devenu trop lourd », c’est la faute à la « mixité généralisée » qui « anesthésie la virilité des petits d’hommes qui ont besoin de s’arracher à leur mère et à ses clones (...) pour trouver leur vérité virile. »[3] Ah ! le temps béni où les puceaux grandissaient à l’écart des filles...

Comme la laïcité un siècle plus tôt, la mixité scolaire constitue un bouleversement majeur : la fin d’un apartheid basé sur le sexe. La découverte que l’humanité est mixte. L’apprentissage nécessaire du vivre ensemble. Est-ce le fait que les filles réussissent mieux (84% des candidates obtiennent leur bac, contre 79% des garçons) qui gêne M. Zemmour ?

A moins que ce ne soit son corollaire, la mixité professionnelle. Aujourd’hui, 80% des femmes françaises de 24 à 49 ans sont actives, intégrant peu à peu tous les corps de métiers. Même le slogan des années 1980 « Police : un métier d’homme ! » est dépassé. En 2015, un flic sur trois sera une femme, contre 4% en 1987.

Les hommes travaillent désormais dans des environnements mixtes où les femmes peuvent être des subordonnées, des rivales ou des complices de même rang hiérarchique, voire des patronnes, développant ainsi une vision du monde et des rapports masculins/féminins plus riches que les générations antérieures. Quand notre auteur se rassure en constatant que les patronnes restent rares, les femmes mal payées, spécialistes de la précarité et du travail partiel, c’est pour en attribuer la cause à ce « modèle féminin qui rejette le pouvoir comme pulsion de mort »[4]. Bref, c’est de leur faute !

Pères "de trop près" !

Question paternité, M. Zemmour déplore que « les hommes [soient] des mères comme les autres. Ils peuvent langer, câliner, et cela les rend heureux, beaucoup plus heureux que leur travail ou leur donjuanisme habituels. (...) Les hommes assistent à l’accouchement de leur femme, sont même présents aux séances d’accouchement sans douleur. Ils découvrent la féminité qui est en eux, ils s’occupent des tout-petits, ils s’en occupent même parfois de trop près, comme le racontera honnêtement Daniel Cohn-Bendit. »[5]

L’homme politique appréciera sans doute le soupçon répété. Quant au lecteur, il goûtera le raccourci honteux qui fait glisser tout père moderne vers une pédophilie latente...

N’en déplaise à M. Zemmour, les hommes sont de plus en plus nombreux à assumer à parité leur rôle de parent. Ces révolutionnaires de l’intime appartiennent à la première génération dans l’histoire qui accède aux joies de la petite enfance. Certes, ils sont encore trop peu à partager les tâches quotidiennes, et de nombreux pères délaissent leurs enfants après la séparation du couple. Il n’empêche qu’une révolution masculine est en route, et qu’elle n’a rien à voir avec une « féminisation ».

Histoires de valeurs

Car il faut dénoncer ce discours sur cette « supériorité évidente » que notre société accorderait aux « valeurs » féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence, la précaution sur le risque [6]. L’homme ne vient ni de Mars, ni de Vénus quand il cherche le dialogue plutôt que la force, l’écoute plutôt que la violence, il est simplement plus riche de l’autre et finalement plus intelligent. Comment peut-on encore affirmer au XXIe siècle que le courage, le sens de l’honneur, la pulsion de mort, la projection dans le futur seraient des valeurs « masculines », cependant que la compréhension, la générosité, la pulsion de vie, le souci des autres seraient l’apanage des femmes ? Vivons-nous vraiment dans le même monde, ou l’horloge de M. Zemmour est-elle restée bloquée au XIXe siècle ?

D’ailleurs, c’est bien la nostalgie de l’ordre qui guide notre favori des médias lorsqu’il réclame « la restauration d’un ordre viril à la française »[7] et déplore : « Toutes les frontières sont ainsi abolies, tout vaut tout, plus de sacré et de profane, plus de privé et de public, plus d’indigène et d’étranger, de pur et d’impur. Plus d’homme ni de femme. C’est une société du désordre qui a supplanté une société de l’ordre. »[8]

Au secours, Jean-Marie Le et Philippe de ! Rétablissons l’octroi ! Que l’on rende la France aux indigènes ! Sus à l’impur et vive l’ordre ! Les femmes dans le rang et les hommes au pouvoir...

Comme de nombreux « petits mâles depuis le début de l’humanité » et comme tous les néo-machistes, Eric Zemmour a peur ! Tout simplement le trouillomètre à zéro devant l’altérité. Peur des homosexuels, peur des jeunes Arabes, peur des femmes enfin. Peur de grandir. Peur de partager. Peur de vivre ensemble. Sur ces peurs se sont nourries, durant des siècles, toutes les violences, tous les racismes, toutes les oppressions des hommes sur les femmes et des hommes sur d’autres hommes.

A Gandhi, que Michel Blanc, sur le plateau de Campus, lui suggère comme idéal d’homme, M. Zemmour oppose Bonaparte, confondant ainsi viril et guerrier. Napoléon-Zemmour ? Pourquoi pas, mais alors Zemmour le Petit. Et les journalistes qui ont encensé son talent de polémiste sans l’avoir vraiment lu n’en sortent pas grandis.

Christian Robin


[1] Page 18

[2] Page 113

[3] Page 61

[4] Page 121

[5] Pages 81 & 86

[6] Page 10-11

[7] Page 134

[8] Page 27


Moyenne des avis sur cet article :  4.12/5   (68 votes)




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34 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.165.50) 27 mars 2006 12:33

    Là, Demian, pas d’entartage.

    Zemmour est plus qu’indigne : il est beauf et con, point-barre.


  • Adrien (---.---.39.73) 27 mars 2006 15:22

    Quand je l’ai vu faire la promo de son bouquin chez Ardisson, j’avais l’impression que les 2 filles en face ne comprenaient rien à ce qu’il disait, qu’elles déformaient tout.

    J’ai eu l’impression qu’il avait des choses à dire, mais que ses interlocuteurs ne comprenaient pas, rabaissant la moindre de ses paroles à du machisme. J’avais l’impression que ça allait au delà de cela. Plus une étude sociologique qu’une attaque machiste en règle. Du coup, ça me titillait et je me demandais si je n’allais pas l’acheter.

    Votre attaque en règle m’a décider à l’acheter. Il faut que je sache de quoi il retourne vraiment.


    • Zurban (---.---.99.140) 27 mars 2006 16:09

      Où sont les hommes ?

      L’auteur du Premier sexe nous dit qu’il est grand temps de s’affoler, sans quoi les homos vous rendront folles. Pour Eric Zemmour, les hommes virils constituent une espère en voie d’extinction... Il y a des signes qui ne trompent pas : les hommes prennent soin de leurs corps en achetant des déodorants, des parfums et même des crèmes hydratantes. Plus choquant encore, les média véhiculent une nouvelle image de l’identité masculine : les hommes expriment mieux leurs émotions et soutiennent les femmes dans leur conquête du monde politique. Rappelons quelques faits à Monsieur Zemmour pour le rassurer sur la survie des « vrais » hommes : en 2006, en France, une femme meurt tous les quatre jours des suites de violences conjugales, et les hommes qui les tabassent ne souffrent pas du phénomène de dévirilisation diagnostiqué par Eric Zemmour. D’autre part, ce n’est pas parce qu’un hétéro se fait épiler ses poils du dos qu’il est incapable de donner du plaisir à une femme. Souhaitons qu’Eric Zemmour sorte un peu de chez lui et ouvre les yeux dans le métro, à Auchan ou en banlieue : le métrosexuel reste un épiphénomène, les hommes continuent d’adhérer à une vision traditionnelle de la virilité, se retournent sur les belles femmes et veulent que leurs fils fassent du foot ou du judo plutôt que de la danse. La vérité est ailleurs : Eric Zemmour ne croit pas une seule ligne de son livre imbécile, il sait par contre qu’il y a une angoisse collective face à l’évolution des identités masculines et féminines et se fait de l’argent facile en proposant à ses lecteurs une vision régressive et binaire des rapports entre les sexes. En attendant, ça ne fait pas très macho de pleurnicher sur la disparition des mecs virils, mais on n’est plus à une contradiction près...

      Alain Tap


      • naia (---.---.203.172) 27 mars 2006 16:44

        Bonjour à tous Après quelques recherches rapides, il semble que Zemmour, membre du sérail des journalistes politiquement correct, ait exploité à son profit le brulot du banni Alain Soral, rédigé en 1999 : Vers la féminisation. Ce qui fut refusé à l’outrancier gauchiste provoc -réfléchir au détournement que notre société de consommation opère sur les revendications exprimées en France depuis 1968 tant sur la parité que sur le monde du travail- est accordé sous une autre forme à ce rédacteur poujadiste : détourner au profit de la société de consommation une réflexion sur le détournement que notre société de consommation opère sur les revendications exprimées depuis 1968...


        • Yasunari (---.---.129.150) 27 mars 2006 16:57

          Je ne savais même pas qu’il écrivait...

          http://www.ericzemmour.com/index_fr.shtml


          • Une femme comme les autres (---.---.55.224) 27 mars 2006 17:07

            De la même façon que l’on a fait fausse route en relégant les propos de JM Le Pen au rang des paranoïas, mettant de côté tout un pan de notre société qui avait peur, je pense qu’il faut entendre ce que dit Zemmour. Il y a des hommes qui ont peur de ces changements, inéluctables et souhaitables : plutôt que de les jeter au banc de la société, il faut peut-être les rassurer. Je ne vois que réactions épidermiques au « Premier sexe », comme, il fut un temps, aux propos de Le Pen. Aujourd’hui, parce que nous ne les avons pas entendus en temps et en heure, ses partisans l’ont placé au 2e tour des élections présidentielles. N’en faisons pas de même avec les hommes qui ont peur, certains s’expriment déjà - ou encore - par la violence. Oui, la société change, mais les hommes y gagnent. Comme cet homme qui entend pendant quelques jours « ce que pensent les femmes » (un film facile mais pas si bête) et s’en trouve grandi, plus ouvert, honnête, et enfin, heureux (selon les critères hollywoodiens, mais tout de même). NB : je suis une femme.


            • Aldoo (---.---.43.144) 27 mars 2006 17:42

              @Une femme comme les autres : Malheureu(x|se) ! Tu veux rassurer ces « hommes qui ont peur ». Mais comment un « homme, un vrai » pourrait-il (admettre) avoir peur ?


            • Aldoo (---.---.43.144) 27 mars 2006 18:05

              L’opinion de Zemmour me paraît déplacée. Mais quoiqu’il en soit, je suis heureux que Christian Robin, et les autres commentateurs aient répondu sur le bon mode : en évitant les idéologies telles les préjugés machistes ou anti-machistes (pour ne pas dire féministes). Éviter aussi bien les thèses de supériorité d’un sexe sur l’autre que les thèses de stricte égalité fonctionnelle (On en reparlera quand un homme pourra être enceint, quand hommes et femmes auront la même espérance de vie, etc. Et puis supériorité/égalité selon quel(s) critère(s) ?). Parlons plutôt d’équité et de justice, et restons pragmatiques.

              Au fond, qu’est-ce qui importe ? Vivre heureux, non ? Vivre heureux ensemble.

              Même si les hommes n’étaient plus ce qu’ils étaient, est-ce que ça aurait vraiment de l’importance ? Tant que’on vit bien et tant qu’on n’empêche pas son prochain de bien vivre, où est donc le problème ?

              Peut-être certains le vivent-ils mal. Si ce n’est pas juste la peur du changement, peut-être serait-il intéressant de discuter de ce qui est mal vécu précisément. Est-ce juste le fait de savoir que son voisin s’épile et se parfume qui les dérangent ? Ou la peur de voir sa propre femme demander de changer le bébé ?

              Il me semble que le rapport sociologique qui se dessine est tout à fait vivable pour les deux sexes et que seuls les plus machos d’entre nous auront peut-être un peu de mal (cela dit, les psys sont là pour ça, non ?).

              Enfin, ça c’est si le constat de Zemmour se confirme... car l’actualité fait plutôt état de femmes battues et de replis identitaires arrière-gardistes de par le monde. Se dessinerait-il aussi une fracture métrosexuelle ?


            • yasunari (---.---.8.68) 27 mars 2006 21:39

              Facile. L’homme et la femme sont egaux car ils sont superposables.


            • Maurice G. (---.---.37.218) 27 mars 2006 19:24

              Beurk !!! Comment peut-on être aussi bien pensant ?

              une chose est sure, vous n’etes ni pute, ni soumise, ni homme, ni femme : vous etes le « pariduvivreensemble ».

              La vérité est que vous etes mort, et qu’il est vivant.


              • Capian2 (---.---.42.83) 27 mars 2006 20:01

                Entre bien pensant ou homophobe-raciste-macho-atrabilaire, je crois que certains ont choisi leur camp, n’est-ce pas ?

                « Vivant » ? La haine et la frustration doivent conserver en vie autant que le formol dans lequel pataugent quelques petits mâles primaires qui à défaut de vivre ensemble finiront seuls...


              • Le furtif (---.---.73.155) 27 mars 2006 19:35

                Zemmour ! Tu as des propos qui sentent

                « l’ail et le bandage herniaire » qui sentent « la voix des nations et _________ la voix du sang »

                A pleurer.

                Au secours Jacquie


                • Scipion (---.---.32.104) 27 mars 2006 20:22

                  « Sur ces peurs se sont nourries, durant des siècles, toutes les violences, tous les racismes, toutes les oppressions des hommes sur les femmes et des hommes sur d’autres hommes. »

                  Bof... ! Toutes les violences, tous les racismes, toutes les oppressions des hommes sur les femmes et des hommes sur d’autres hommes, se poursuivront des millénaires durant, jusqu’à la fin du monde mais, maintenant, « grâce » à M’sieur Chistian Robin, on ne sait même plus qui, ou quoi, nourrira, les unes et les autres...

                  Parce qu’il ne faut pas croire ce que dit « Zemmour le Petit ». Son mec féminisé est une pure création marketing du progressisme caviar." Et celles qui promeuvent ce modèle, disposent de bonniches rétribuées (et calcées, ça c’est vu) par leurs maris.

                  Les rombiers qui se tordent les mains de douleur aux accouchements, ceux qui changent les langes et qui se font des masques anti-rides avec des concombres ou je ne sais quoi, ceux qui consacrent plus de dix minutes par semaine aux travaux ménagers, ceux qui s’épilent les aisselles, ceux qui repassent leurs liquettes sans faire les difficiles plis réglementaires dans le dos*, tous ceux-là ne sont qu’une infime minorité que les médias montent en épingle.

                  Comme le relève Zurban, ou Alain Tap, on voit pas bien : « ...en France, une femme meurt tous les quatre jours des suites de violences conjugales... »

                  C’est ça, la vraie réalité. Et très franchement, je ne pense pas que cette donnée statistique soit différente de ce qu’on observait au temps de l’occupation romaine, au moyen âge, sous la Renaissance, à la veille ou au lendemain de la révolution, au siècle dernier et de ce qu’on observera tout au long de celui-ci et du prochain.

                  Ce qui fait que la plus grosse ânerie qui ait été formulée sur le sujet, a été écrite par « Une femme comme les autres - IP:xxx.x7.55.224 » :« Oui, la société change... »

                  Mais non, Madame, n’en croyez rien. Plus ça change (lire : plus on a l’impression que ça change), plus c’est la même chose. Quelques milliers d’années d’histoire humaine nous le montrent. Il suffit de se donner la peine de les parcourir, si on estime que le nombre des homicides de se suffit pas à lui-même.

                  C’est le propre des modes que d’aller et venir, sur des cycles moyens et longs, que l’actualité tend à nous dissimuler par son immédiate proximité, selon le même effet perspectif que l’arbre cache la forêt.

                  Et désolé, Madame, et M’sieur, si je vous fais de la peine...

                  * Pour comprendre, si besoin est, voir : Légion étrangère...


                  • (---.---.153.60) 10 avril 2006 18:02

                    connaissez-vous un peu d’ethnologie ? eh bien non les choses ne sont pas les mêmes depuis la nuit des temps, les sociétés se succèdent et changent, certaines sont matriarcales, d’autres c’est l’inverse, dans certaines cultures c’est la femme le sexe fort et l’homme l’être faible qu’il faut protéger (une étude montre même que dans les sociétés où les femmes dominent, il y a plus de guerres et de meurtres car les mâles doivent enlever les filles !)

                    et oui les sociétés humaines sont différentes dans le lieu mais aussi dans les temps, la manière de se représenter la femme est avant CULTURELLE, M. Zemmour n’admet pas le changement actuel comme d’ailleurs de nombreux jeunes de banlieue mais ces derniers sont beaucoup plus violents que Zemmour

                    Je ne comprends pas pourquoi cela vous gêne autant que Zemmour pense cela, dire qu’aujourd’hui il y a une uniformisation des représentations des sexes est une évidence, la mode est d’ailleurs un très bon exemple : des jeunes filles non pubaires au formes très masculines habillées de la même manière que les hommes, quand on regarde les représentations féminines préhistoriques les formes étaient franchement affirmées (-sic-)

                    ensuite il a le droit de penser que c’est bien ou mal cela ne concerne que lui !


                  • pp (---.---.108.41) 27 mars 2006 21:01

                    Eric Zemmour n’a rien du journaliste politiquement correct, ses avis et ses réflexions sont assez atypiques, il ne faut pas s’arrêter à ce pamphlet qui est certes excessif. Pourtant il y a de la matière à réfléchir dans ce livre, le problème c’est que l’auteur a tendance à voir des complots un peu partout et à ne pas proposer d’alternatives constructives (n’est ce pas le propre du pessimisme qui le caractérise ?).

                    [Ce qui suit n’a plus rien à voir avec le livre] Mais son mérite est contrairement à d’autres journalistes un peu trop idéalistes et modernistes (pour ceux qui ont iTélé, je pense à Christophe Barbier) d’arriver à cerner certains maux qui touchent la société française (celle qui vote non à l’Europe par exemple ou celle qui s’autoflagèle).

                    Et Zemmour n’en veut pas aux Arabes, quand l’a-t-il dit ??? (c’est trop facile de classer les gens comme cela est fait dans l’article). Il en veut exclusivement aux hommes politiques qui ne font rien, n’assument pas et ne savent pas ce qu’ils sont ni ce qu’ils veulent (cf Chirac, l’homme qui ne s’aimait pas par exemple) !


                    • pp (---.---.67.93) 28 mars 2006 12:51

                      avant de critiquer le livre et de se fier aveuglemment à cet article, il sertait bon de vraiment savoir qui est M. Zemmour et d’avoir lu son livre...


                    • didier (---.---.98.92) 27 mars 2006 22:11

                      Monsieurs

                      Lorsque vous écrivez que ces révolutionnaires de l’intime appartiennent à la première génération d’hommes à s’occuper de leur progéniture, vous dites une énorme bourde. De nombreuses lithographies du moyen âge montre par exemple des pères très attentionnés envers leurs enfants - contrairement aux idées reçues - , dans de nombreuses ethnies, les pères sont maternants etc... Pas de phrases irréfléchies et à l’emporte pièce s’il vous plaît, qui ne sont que des preuves de votre méconnaissance de l’histoire des familles.

                      A part cela, force est de constater le conformisme de vos propos aux moeurs de notre époque. Votre rhétorique, je l’ai lue et entendue des centaines de fois. Sans présager de l’essai de cet homme, que je n’ai pas lu, vous me paraissez être un chantre de plus d’un terrorisme moral qui ne supporte pas la contradiction. Votre discours est une espèce de copier coller qui tourne à vide, n’apportant rien de neuf et de novateur intellectuellement.

                      Vous pourriez par exemple vous demandez les pourquoi d’une telle évolution, sa nature endogène à l’homme ou exogène, c’est à dire imposer par de nouveaux canons, de nouvelles normes. Si elle est principalement endogène, est - ce une bonne chose pour le politique ? Si elle est exogène, comment parler alors de libération ?

                      L’erreur principale de votre discours - c’est à dire du discours ambiant, fortement caricatural, réducteur et intolérant - me semble la suivante : penser que notre époque à libérer l’homme des idéologies et des dogmes, et que cet homme neuf, libre , responsable et intelligent - en un mot citoyen - peut enfin exprimer sa nature profonde pour le bien de l’humanité. Cette interprétation hautement contestable est, à mes yeux, le nouveau dogme des sociétés occidentales - votre diatribe est en ce sens idéologique -. Quels intérêts sert - elle ? A vous de voir.


                      • Antoine (---.---.248.111) 27 mars 2006 23:21

                        Bonsoir,

                        Pour moi ce genre de livre fait partie des effets de la frivolité de notre époque. Les gens vrais épris de liberté et de vérité ne s’encombrent pas de ces bavardages.

                        Pour exploiter les doutes que ressentent nos contemporains à propos de leur identité, il suffit décrire un livre qu’un éditeur doit penser suffisamment exploitable pour être publié.

                        Nos compagnes doivent se demander ce qui nous arrive alors qu’elles sont prêtes à nous aimer comme nous sommes et chacun de nous pour ce que nous sommes. Là se trouve à mon sens l’ultime relation homme femme sans a prioris. Le reste est bla-bla.


                        • amelia (---.---.122.131) 28 mars 2006 11:39

                          Excellent article ! Vous résumez bien la personnalité de M. Zemmour et le fruit de ses divagations (son livre) avec ce paragraphe : « Eric Zemmour a peur ! (...) Peur de grandir. Peur de partager. Peur de vivre ensemble. Sur ces peurs se sont nourries, durant des siècles, toutes les violences, tous les racismes, toutes les oppressions des hommes sur les femmes et des hommes sur d’autres hommes. ». Là où je tique moi, c’est sur l’apologie de la violence comme mode de résolution des conflits à la façon « virile ». Comme vous le dîtes si bien, la pacification de la société ne résulte pas de sa féminisation, mais de l’évolution de l’intelligence de l’homme. Si certains sont nostalgiques du temps où la violence était la règle pour résoudre les litiges, qu’ils retournent vivre dans des cavernes, à courir tout nu, tout poilus, en poussant des cris singesques, derrière des mammouths (espèce disparue qui refera son apparition avec le retour de l’homme de Cro-Magnon, qui sait ?). Pourquoi se contenterait-on de revenir au 19e siècle voyons ? C’est durant la préhistoire que l’on trouve l’archétype même de l’homme viril... selon Eric Zemmour.


                          • Scipion (---.---.107.62) 28 mars 2006 12:24

                            « ... la pacification de la société ne résulte pas de sa féminisation, mais de l’évolution de l’intelligence de l’homme... »

                            Y’a pas d’évolution ! Il n’y a que des gens qui trouvent fatigant de se battre... Et comme la consomption est très inégalement répartie à la surface de la planète, on sait d’avance qui seront les vainqueurs et qui les vaincus.

                            Il ne s’est pas outrageusement défoncé le tronc, Oswald Spengler, pour parvenir à la conclusion que Le pacifisme signifie laisser les non-pacifistes prendre le contrôle.

                            Et puis, vous savez, entre nous, amelia, si vous me passez la trivialité, quand on bande plus, c’est plutôt faux jeton de faire voeu de chasteté... smiley)


                            • MONTEAU PATRICK (---.---.40.165) 28 mars 2006 18:38

                              Je connais des hommes « gays » qui sont très loin de l’archétype « grande folle » ou même bodybuildé du Marais..., et sont militaires ou membres d’unités de combat et refusent le communautarisme de certains...

                              Non, Monsieur ZEMMOUR l’homme nouveau est arrivé et n’a pas peur de plaire aux femmes ainsi qu’aux hommes car il est simplement sûr de lui.

                              Ne pas pouvoir exprimer des sentiments plus féminins ou réprimer la douleur ou les larmes peuvent déclencher des cancers.

                              L’homme libre est celui qui arrivera à maîtriser son destin et à vivre heureux en harmonie avec lui-même et les autres et ce le PLUS LONGTEMPS POSSIBLE (120 ans ?)

                              Bizzz


                              • naia (---.---.203.172) 28 mars 2006 19:20

                                Salut, les gens

                                Lectrice occasionnelle de la presse féminine, je trouve depuis des années consternant d’avoir vu des rédactions -Elle, Vogue, etc.- pousser par tous les moyens les hommes à se transformer en clones de leurs lectrices : en poupées Barbite. Bons à montrer aux copines, bons à baiser sans que ça gratte ou que ça sente, bons à pouponner (là, deux options : Barbite est beau, et c’est la classe de le voir tenir MON bébé comme dans les pubs / Barbite n’est pas beau, mais au moins, il est utile) , bons à porter des fringues qui ME mettent en valeur, bons à faire tout ce que je veux pour ne pas passer pour un sale con de macho. Bref, bons à consommer pour ne plus passer pour un beauf aux yeux de lectrices si bien formées (et non « informées »). Les journalistes de Elle devaient en avoir marre de se sentir si seules et connes à claquer 300 euros dans un soutif devenu inutile après leur premier regonflage au silicone.

                                Il me semble que le métrosexuel est le fruit du narcissisme général poussé sur la branche mère de notre société de consommation depuis le Plan Marshall. Panneau dans lequel sont, avant eux, tombées trop de femmes en quête d’une identité que le marketing s’est chargé de leur fournir avec force flatterie et compassion pour leur étouffement passé. David Abiker résume pas mal le malaise masculin dans Le Musée de l’homme « avant j’avais trois convictions : le bon prime sur le beau ; l’expérience prime sur la jeunesse ; le solide prime sur le rapide. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. » Et devant ce problème de structure fondamentale de notre société, nous sommes tous égaux.

                                Ce sont nos consciences non consuméristes qui maintiendront à la lisière du supportable le roitelet Marketing et son grand Caddie débordant de nos envies, de nos désirs, de nos doutes, de nos jalousies et de nos peurs. Zemmour est la tête de gondole du moment, et il est loin d’avoir peur, puisque sa spécialité est de jouer avec les nôtres.

                                Naia


                                • Thomas Ruelle (---.---.23.64) 28 mars 2006 19:27

                                  Lorsque Christian Robin (parent de la très moralisatrice Muriel ?) utilise le terme indigent, il parle en spécialiste et peut appliquer le même vocable à sa phraséologie douteuse. Il est, peut être, plus à plaindre qu’à blâmer, victime ou malade malgré lui de l’émasculation ambiante. Certes le propos d’Eric Zemmour est largement incomplet et parfois contradictoire. Pourtant c’est un premier pas nécessaire au diagnostic du fiasco de la société de gauche héritée de la contre-culture américaine des sixties. Disons le tout net « l’article » de Christian Robin est vide, très up -tendance suffisant et insuffisant. Bravo Monsieur Zemmour, enrichissez votre pensée et continuez à démonter le politiquement correct : féminisme, homopholie, xenolâtrie etc...

                                  Thomas RUELLE


                                  • naia (---.---.71.68) 29 mars 2006 14:44

                                    vous manquiez dans le débat : il en fallait bien un pour ramener le niveau en-dessous du niveau de l’amer. Vous l’avez fait. Et grâce à votre intervention, celles des autres sont mises en valeur. Merci, petit Monsieur.

                                    Naia


                                  • Scipion (---.---.107.62) 28 mars 2006 19:31

                                    « ...l’homme nouveau est arrivé... »

                                    Souhaitons-lui de durer, entre biberons, shampouineuse et centrale vapeur, aussi longtemps que les Inc’oyables, les zazous, les blousons noirs, les mods et les hippies... smiley)


                                    • Lalla Mennana (---.---.201.108) 28 mars 2006 22:13

                                      En France, la liberté d’expresion est reine tout le monde le sait, sauf qu’il faut faire lire son texte 7 fois avant de le produire. Car,
                                      - Si Vous donnez une vision sur la société qui ne plait pas à la masse, comme Zemmour, vous êtes traité de réactionnaire ;
                                      - si au contraire, elle risque de plaire à la masse, là vous ête populiste ;
                                      - Si elle s’adrese à une seule franche de la population, vous ête communatariste ;
                                      - Si elle exclut une partie de la population, vous êtes raciste ;
                                      - Si vous parodiez un colon israélien, vous êtes antisémite... A part ça, elle est belle la liberté d’expression !


                                      • Scipion (---.---.48.126) 30 mars 2006 08:53

                                        J’ai d’abord été étonné que le véhément M. Robin ne vienne pas défendre sa prose. Et puis je suis allé voir son site. C’est ainsi que j’ai compris qu’il n’avait cherché qu’à faire la promo de son bimestriel.

                                        A vingt-quatre treuros l’exemplaire ! Faire sa pub sur AgoraVox, à la différence du magazine masculin sensible, c’est pas cher.


                                        • Christian Robin (---.---.42.83) 30 mars 2006 10:47

                                          Cher Scipion,

                                          Si je n’ai pas réagi aux différents commentaires, malgré leur richesse, c’est tout simplement que j’estime avoir pris la parole, dit ce que j’avais à dire et ne pas devoir la monopoliser sur un forum. Libre maintenant aux internautes d’aller vérifier sur pièce la teneur des idées défendues par M. Zemmour et de se faire leur propre opinion.

                                          Concernant en revanche votre insinuation, je souhaite préciser les points suivants :

                                          - quand on écrit un article, la moindre des politesses à l’égard du lecteur (internaute ou pas) est de lui indiquer d’où l’on parle et qui l’on est. Ce faisant, je n’ai pas l’impression d’abuser d’une tribune, d’autant que je ne fais nulle autre référence au magazine que je dirige, ni au site que vous avez eu la louable curiosité d’aller trouver par vous-même.

                                          - Cependant, puisque vous y tenez smiley), ROBIN n°2 est en kiosque au prix de 4 euros (je ne sais où vous êtes allé chercher ce 24 euros !) avec Jean-Louis Aubert en couverture ! Bonne lecture !!


                                        • daniel (---.---.217.61) 31 mars 2006 21:08

                                          L’ouvrage de M. Zemmour n’est pas une étude sociologique ; c’est un pamphlet....Avant de vous mettre la rate au court-bouillon comme certains s’y complaisent, n’oubliez pas votre humour et votre sens critique.

                                          La féminisation de l’homme occidental à laquelle on assiste et que décrit l’auteur ne comporte pas que de bons côtés (et de bons côtés il y en a ). Elle est à aussi à l’origine d’une lâcheté et d’un repli masculin narcissique.

                                          Avant de ressortir les éternelles statistiques bidons sur les femmes battues et les hommes bourreaux (Me Badinter a trés bien démontré la manipulation que comportent et ses stats et ses interpretations) il faudrait avoir le courage de voir les dégats causés par certains côtés de cette feminisation.

                                          Sans aller plus avant il suffit de se promener dans les rues de Paris ou d’ailleurs pour en voir les conséquences. Il n’est pas indifférent de constater qu’une partie considérable des femmes occidentales se « replient » sur des tenants de civilisations viriles et patriarcales , qui n’ont que faire de nos chochottes blanches et délicates, incapables d’envisager la paternité et la responsabilité, incapables de protéger...Pauvres débris tout juste bons à se faire tabasser par la racaille « virile » dans les manifs, et à assister en vagissant à la dépouille et au viol de ses propres soeurs.

                                          Pour en revenir aux femmes battues et aux victimes féminines des hommes , pensons à Sohane qui ne fut pas la victime de Jean-Claude ....Jean Claude, il était bien trop occupé à courrir , trouillard au danger, et va de la gueule comme une commére ... C’est là le drame et le crime de Jean Claude


                                          • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 09:09

                                            M. Robin,

                                            Je pense que quand on nourrit des idées comme les vôtres, on les défend. Moi, je considère qu’elles équivalent à un cancer mortel et je dis pourquoi : quand on baisse son froc, on provoque automatiquement, et tout naturellement, l’érection de celui qui va nous défoncer.

                                            Que vous n’essayiez même pas de justifier vos choix philosophiques semble bien indiquer qu’il n’y a que la promo de votre revue qui justifiait votre intervention sur AgoraVox. Pour ce qui de son prix, j’aurai mal interprété quelque chose que j’ai vu dans le site « Robin », et qui m’a fait croire que vous aviez lancé une revue haut de gamme.

                                            Mais, malgré cela, je ne l’achèterai pas. Je ne sais pas qui est M. Aubert. Et je ne veux pas le savoir. Mon unique coquetterie est d’en connaître le moins possible sur les pipoles. Et je suppose que M. Aubert est un pipole.


                                            • José (---.---.22.235) 1er avril 2006 09:14

                                              Si on suit bien son raisonnement, ce qui manque à Monsieur Zemmour, c’est une bonne paire de baffes : gageons que cela lui remettrait les idées en place...


                                              • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 16:45

                                                Vous pourriez aussi rayer son parquet avec vos talons aiguille...

                                                Ca, c’est de la vengeance ! smiley)


                                              • galilée (---.---.206.45) 1er avril 2006 15:18

                                                Zemmour bien que petit et gringalet , est bien plus viril que Carry Grant et Rock Hudson .. En effet , marre de la dictature homo-feministe ... marre des femmes flics-commissaires-juges-procureur-karatéka et sauveuses in extremis de situations desespérées .. ras le bol des Gays tout puissants et de la sodomie comme institution d’ état ! du transexisme comme enseignement obligatoire dés la sixième ! Vous nous enquiquinez ! vous les femmes a barbes et vous les hommes parfumés !


                                                • alone (---.---.157.226) 1er avril 2006 18:22

                                                  Je n’ai pas lu Mr Zemmour, l’ensemble des réactions que je viens de lire ne m’y engage guère, donc je ne donne pas un avis sur le livre. Par contre j’aime beaucoup le coup de « gueule » de galilée. Donc pour enfoncer le clou, j’ai observé,dans les campagnes de lutte contre le sida par exemple, l’agressivité des groupes de pression homo, et cela m’exaspère. Il devient risqué de contrer ce genre de militants. A quand des quotas homo dans les administrations les entreprises les partis (sic) politiques, mais je suis hors sujet pardon. A.L

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