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4ème licence mobile : la résorption de la fracture numérique est une priorité

Alors que les discussion concernant la 4ème licence 3G continuent, il ne faut pas oublier un enjeu majeur pour le futur heureux élu : une meilleure couverture du territoire pour résoudre la fracture numérique.

C’est un enjeu majeur pour la société française dans son ensemble : Internet doit devenir encore plus accessible que ce qu’il est actuellement. De Paris, on ne se rend pas toujours bien compte de l’accès à Internet, nos métiers se sont adaptés au réseau, nos loisirs y sont définis, le divertissement, également... mais Paris est une exception, et les Français ne sont pas encore tous égaux face à la numérisation. En ce sens, parler de "fracture numérique" est toujours d’actualité.

Internet est loin d’être à la portée de tous comme le rappelle cet article du Journal du Net, très pourvu en chiffres. Tout d’abord, il faut savoir définir ce qu’est un internaute. D’après Médiamétrie, qui fournit les chiffres du JDN,"est internaute les personnes âgées de 11 ans et plus déclarant s’être connectés à Internet via une connection haut débit au cours du mois". Et les chiffres ne sont pas aussi hauts que ce que l’on pourrait croire : il y avait 10 millions d’internautes en 2005, et un presque 25 millions en janvier 2008. Loin, donc, des 60 millions de Français, même en excluant la part des moins de 11 ans.

Et pourtant, c’est sur Internet que sont diffusés les nouveaux contenus, du divertissement à la science en passant par l’acutalités et la culture. Les médias traditionnels sont en crise, et les innovations technologiques (la 3G, le WiMax, l’ADSL) attirent toujours plus de créateurs de contenus uniquement sur le web. Les médias traditionnels deviennent d’ailleurs de plus en plus des relais des contenus web, et non plus l’inverse : combien de journaux "papiers" citent des sources internet, des blogs, combien se réfèrent à des contenus vidéos diffusés sur YouTube ou DailyMotion ? Internet est clairement devenue un vecteur incontournable de diffusion des contenus.

C’est pourquoi il faut que le "réseau des réseaux" devienne accessible au plus grand nombre, et rapidement, sans quoi de nouvelles inégalités risquent de se creuser entre connectés et non-connectés. On sait que certaines zones ne sont toujours pas dégroupées, ou partiellement : les utilisateurs sont contraints de souscrire des abonnements chez Orange, unique pourvoyeur dans les zones nons dégroupées, et quand on connaît un peu l’écart tarifaire dont ils profitent... malgré la possibilité d’avoir un opérateur alternatif, les conditions sont souvent moins bonnes que dans les grandes villes, et quand une panne survient, c’est souvent très compliqué. Pour le reste, on ne compte "que", même si le chiffre est important, 17 millions d’abonnés ADSL.

Comment rendre Internet accessible au plus grand nombre ? Cette question fait ressurgir le débat entre la couverture la population et celle du territoire, 2 concepts qui n’englobent pas les mêmes zones, la vouverture du territoire étant la plus difficile à assumer, car il faut souvent aller installer le réseau physique dans dez zones isolées, reculées... mais où vivent et travaillent des habitants qui eux aussi ont droit, besoin et envie d’avoir accès à une connection de qualité. Le terme précis est celui "d’accessibilité numérique", un peu comme l’accessiblité quand on pense aux différents handicaps, temporaires ou permanents, qui nuisent à la bonne qualité de vie de certaines personnes.

Plusieurs normes et standards devraient permettre d’étendre cette couverture numérique aux zones les plus reculées, comme le notait Matbe : "autres solutions à mettre en œuvre : le passage au protocole IPv6, le Wi-Fi, le WiMAX, le RFID, le Bluetooth, etc."

La 3G est également un format qui devrait permettre de couvrir une plus large population... si tant est que les opérateurs existants ou désireux d’entrer sur ce marché se donnent la peine de couvrir démocratiquement et non pas qu’économiquement le territoire français. En ce sens le statu quoi actuel des opérateurs est un scandale silencieux : les zones blanches continuent d’exister, car aucun n’a d’obligation formelle d’aller "perdre" un peu de leurs bénéfices pour couvrir les plus isolés. C’est également u problème lors de déplacements professionnels, quand les connections "coupent" au beau milieu d’un trajet.

L’arrivée d’un nouvel opérateur sur la 3G devra donc répondre à cet impératif de résorber la fracture numérique, c’est également une demande forte des collectivités locales qui ont besoin d’apporter à leurs populations un service Internet digne de ce nom. Car nous sommes dans une démocratie et que l’inégalité d’accès à un service aussi vital qu’Internet est inadmissible.

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3 réactions à cet article    


  • Ranjo 4 octobre 2008 21:53


    1) la 3G est un service quasi inutile visant a faire les poches des consommateurs et a se masturber les geek !. elle ne peut en aucun cas servir a developper le haut debit a domicile ou il est utile !

    2) l’arrivée d’un 4e operateur ne changera rien les 3 autres ont deja ete condamné pour entente illicite il fera partie du club vous faisant les poches.

    3°) multiplier les reseaux est une debilité technique, economique et environnementale , multiplie t on les voies ferrées ou les routes ( un reseau routier pour chaque transporteur)

     


    • stephanemot stephanemot 5 octobre 2008 02:21

      Ce n’est pas le 4e operateur qui ira couvrir les zones d’ombre. Le partage d’infrastructures est le seul moyen d’y arriver et il a prouve son efficacite. Dans certains pays, la mutualisation est beaucoup plus poussee, et certains operateurs outsourcent l’essentiel de leur activite reseau.

      L’economie de l’acces mobile differe sensiblement de l’economie de l’acces fixe. Le dimensionnement du reseau depend beaucoup des pics de consommation, en particulier dans des zones de grande consommation de services "data".

      Le haut debit en mobilite est un succes et le passage a une nouvelle generation etait incontournable. Au Japon, la saturation des reseaux 2G se faisait sentir des la fin des annees 90. Nous ne pourrions plus revenir a la 2G avec le type de services actuel (ni meme avec ceux que l’on utilisait avant - la 3G ameliore egalement les services "voix"). 





    • insd98 insd98 7 octobre 2008 21:36

      Bonsoir et merci pour vos commentaires, auxquels j’apporte quelque compléments d’information :

      Ranjo :

      • ce marché est utile pour la couverture du territoire, d’une part, ensuite, il atteindrait presque 3 milliards de revenus pour 140 millions d’abonnés d’ici 2011.
      • l’arrivée d’un opérateur d’une quatrième entité fera baisser les prix. Les chiffres sont variables, les plus optimistes avancent une "économie de 1000 euros par foyer par pan" (à prendre avec des pincettes, cela dit, comme l’estime un autre article), le gouvernement table de manière plus raisonnable étant donné les coûts de développement du réseau une baisse de 7%.
      • un réseau télécom n’a rien à voir avec le modèle économique d’un réseau de voies ferrées comme vous le dites, il s’agit d’un réseau par norme (avec donc des installations spécifiques), sur lequel en plus vous n’avez pas un seul opérateur : les FAI, la téléphonie mobile, la TV, l’Internet, sont des jeux à 3-15 personnes
      stephanemot : oui, l’apport technique de la 3G permet cette évolution "sociétale" de l’internet en mobilité, ô combien pratique pour la vie professionnelle, et de plus en plus pour le côté entertainment, de la musique à la vidéo en passant, à terme, aux mêmes fonctionnalités que l’Internet haut débit "fixe" (ADSL, câble, fibre optique), et même évidemment des fonctionnalités spécifiques. L’interview d’Henri Moissinac, DG de Facebook Mobile, sur cet excellent blog, le dit clairement :

      "Facebook mobile est très important pour nos utilisateurs, donc tres présent au sein de l’entreprise. Tot ou tard, on verra des fonctionnalités mobiles qui ne seront pas présentes sur le web. "


      D’autre part, il existe un réel intérêt économique dans le développement de la couverture du territoire, comme en témoignent certaines des consultations publiques de l’ARCEP au sujet de l’attribution de la 4ème licence 3G. A titre d’exemple, Kertel, dans sa réponse à cette consultation définit cet intérêt économique :

      "Les fréquences aujourd’hui disponibles en France dans la bande 2,1 GHz constituent la dernière opportunité pour déployer un réseau mobile sur l’ensemble du territoire grâce à l’accès à la bande de fréquences 900 MHz. En ce sens, elles ont une réelle valeur économique pour un nouvel entrant, matérialisé en France par le coût d’acquisition de 619 millions d’euros proposé en 2007 et qui valorise la certitude d’être le dernier acteur à déployer un réseau national. Ce prix, rapporté au nombre d’habitants, est nettement inférieur à celui des licences UMTS vendues en Allemagne, en Italie, ou au Royaume-Uni, et est cohérent avec ceux pratiqués dans le reste de l’Union Européenne. De plus, l’actuel système consistant à proposer une licence à un tarif raisonnable complété par une composante annuelle fonction du chiffre d’affaires semble adapté à un nouvel entrant, dont la vitesse de pénétration est incertaine. Ce système a pour effet de compenser le handicap lié à une arrivée tardive sur le marché. Ainsi, le nouvel entrant s’acquitte d’un ticket d’entrée raisonnable, la composante variable permettant en quelque sorte d’ajuster le prix de la licence en fonction du succès ou non rencontré."

      Le jeu est beaucoup plus ouvert que ce que l’on peut entendre, du coup.





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