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5 bonnes raisons d’intégrer des données de développement durable dans les systèmes d’information des industries

L’Industrie se numérise pour répondre à ses problématiques quotidiennes et futures et cela représente une réelle opportunité d'implémenter des "données durables" dans son système d'information. Ce sont 5 bonnes raisons de le faire qui sont présentées dans cet article.

Aujourd'hui ,force est de constater que les actions de RSE (Responsabilité Sociétale des entreprises) peuvent-être de véritables leviers de compétitivité pour les industries.

Sur le volet environnemental : la gestion déchets et effluents, le traitement de fin de vie des produits (réutilisation, recyclage, valorisation), la réduction des consommables, la gestion des consommations énergétiques, l’utilisation durable de matières premières…

Sur le volet sociétal : le bien-être au travail, la mise en place d’une politique d’achats responsables, le respect des droits fondamentaux de la personne ou encore la santé et la sécurité du consommateur…

Il est désormais nécessaire d’intégrer toutes les données relatives à la durabilité dans le système d’information des industries pour leur permettre de :

1 - Maitriser leurs coûts et rester compétitives

En intégrant des données de développement durable dans leurs systèmes d’information, les industries répondent à deux problématiques centrales : maitrise des coûts et compétitivité.

Prenons un exemple de plus en plus répandu : la maîtrise des coûts énergétiques. Il n’est plus rare de trouver des outils de gestion énergétique (eau, gaz, électricité, etc.) au sein des industries. Ce type d’outils contribue à diminuer les coûts d’exploitation tout en améliorant la qualité des services. Cela permet de respecter à la fois budget et environnement. Certains outils sont mêmes capables, à l’aide d’algorithmes analysant en continu les changements de situation des usines, d’identifier rapidement les gisements d’économie d’énergie disponibles.

Cette situation est adaptable à toutes les dimensions de l’activité des industriels et sur tous les volets du développement durable (environnemental, sociétal et économique). Une usine qui prendra en compte des données de durabilité aura plus de chance de rester compétitive car systématiquement adaptée à l’avenir grâce à la possibilité d’analyser et de réagir en temps réel.

2 - Anticiper les obligations réglementaires :

La réglementation évolue vite, très vite. Parce que la veille réglementaire a un coût et que celui-ci est élevé, l’analyse et la réactivité en temps réelle sont primordiales.

Les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) connaissent très bien ces réglementations, elles s’appellent IED, Reach, ADR, etc. La veille coûte chère (bien que parfois incertaine compte tenu de sa complexité) et les réglementations sont de plus en plus strictes. Les manquements aux règles ont un prix et la DREAL fait du bon travail.

Documenter une base de données exhaustive en données de durabilité signifie avoir une réactivité sans commune mesure. Cela permet au système d’information de l’usine d’identifier toutes les implications d’une nouvelle réglementation, de l’analyser et de proposer une nouvelle solution adaptée.

3 - Gérer l’information sur l’ensemble de la chaine de valeur industrielle

En effet que ce soit au niveau de l’innovation (idée, avant-projet, faisabilité, concept…), de l’ingénierie (design, simulation, proto-typage…), de la production (fabrication, usinage…) ou des services transversaux (logistique, service client, maintenance…), il est possible d’agir sur les systèmes d’information pour y intégrer des données de durabilité.

Le processus d’intégration de ces données permet dans un premier temps de faire le point sur l’ensemble les données de l’usine et d’identifier des liens entre données initiales (parfois oubliées) et données durables incrémentées. Dans un second temps, elle permet d’identifier les interconnexions existantes entre les différents niveaux du système d’information. En effet, les données de durabilité agissent comme plus petit dénominateur commun sur la chaîne de valeur.

La gestion des données de durabilité admet alors une amélioration de la performance globale du système d’information de l’usine.

4 - Se préparer à une numérisation totale « propre »

L’usine du futur est déjà là et elle est plus que jamais numérisée. L’industrie 4.0 et ses moyens de production plus intelligents (Smart Factories) qui se caractérisent par l’usage des technologies de systèmes cyber physique (cyber-physical system - CPS), de l’internet des objets (Internet of Things – IoT) et de l’internet des services (Internet of Services – IoS) sont l’avenir.

L’industrie se dirige vers une numérisation totale. Si l’on veut que les machines soient capables d’agir durablement, voir se challenger entres elles pour trouver les meilleurs façons de produire en prenant en compte les besoins des générations futures, il faut à tout prix passer par l’intégration de données de durabilité.

Pour avoir une vision opérationnelle de ce que pourrait être l'usine du futur si elle intégrait des données de durabilité, je vous invite à lire : Et si les usines contribuaient au développement durable ?

5 - Gérer sa réputation auprès de l’ensemble des parties prenantes

Cette dernière raison n’est pas la moindre. En effet, depuis le début des années 2000, nombreux rapport ont conclu que la réputation en matière de RSE produisait des avantages financiers.

Intégrer des données de durabilité dans ses systèmes d’information permet de communiquer en temps réel les informations qui les concernent aux parties prenantes des industries. En effet, qu’elles soient destinées aux parties prenantes internes ou externes, ces données permettent une plus grande transparence et, de ce fait, apportent une meilleure réponse au principe de redevabilité.

De plus, maitriser toute l’information liée à la durabilité de son industrie donne la possibilité de créer ses rapports extra-financiers (rapport RSE) plus rapidement et d’une meilleure qualité.


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12 réactions à cet article    


  • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 13 juillet 2015 12:30

    Article extrêmement habile, bravo

    Il convient parfaitement pour un lecteur pressé, qu’il soit dirigeant, consommateur ou activiste pour l’environnement.
    S’ils tentent de poser une question primaire, vous n’aurez qu’à relire une autre portion de texte

    Pour vous contredire il suffit de ne plus raisonner dans le carcan de votre texte et y inclure le bon sens commun :

    Par exemple :
    Vous sous-entendez que la démarche d’économie d’une entreprise par l’exploitation des données est légitimement une démarche durable

    Dans le monde réel c’est totalement faux : la recherche d’économies n’est motivée que par l’accroissement du profit, y accoler l’intention de démarche durable cela s’appelle le greenwashing
    L’intention de démarche durable devient une pastille que l’on colle ou décolle si la recherche d’efficacité apporte ou non des améliorations pour l’environnement. Et on sait très bien que la recherche d’efficacité ne rime pas toujours une amélioration pour l’environnement.

    Je peux continuer les critiques, mais tout s’articule entre une linguistique populaire masquant la simple réalité des faits.

    Mais je vous répète, votre texte est vraiment très très bien construit. Vous êtes lobbyiste ?



    • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 13 juillet 2015 17:40

      @La Voix De Ton Maître


      Bonjour,

      Merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire mon article et merci pour votre contribution.

      Pour répondre à votre question : non je ne suis pas lobbyiste. Je suis chercheur et consultant en systèmes d’information. Mon unique but est de permettre aux industries d’inclure des données de durabilité dans leur systèmes d’information tout en pouvant y trouver des sources de profit.

      La croissance est le moteur de toutes les entreprises. Je ne suis pas là pour dire si c’est bien ou mal. On va dire que j’accepte la situation et que compte tenu de cette réalité il me semble indispensable de ne pas oublier de prendre en compte les problématiques de développement durable.

      J’entends complètement votre propos et le respecte totalement. Cependant, votre analyse est très orientée et somme toute assez pessimiste. Il existe aujourd’hui beaucoup d’entreprises qui travaillent à avoir un développement plus responsable parce qu’elles y croient.

      L’efficacité n’est pas toujours efficace c’est certain. Cependant, il me semble plus favorable qu’une entreprise intègre des données relatives au développement durable dans son fonctionnement plutôt qu’elle ne le fasse pas.

      Mettre deux ruches derrière son entrepôt et communiquer dessus c’est du Greenwashing. Par contre éco-concevoir ses produits, intégrer la fin de vie de ces derniers dans ses outils informatiques, penser une supply chain plus propre... relève plus de la responsabilité sociétale. C’est spécifiquement sur deuxième volet que portent mes recherches.

      Je ne sous-entends en aucun cas que « la démarche d’économie d’une entreprise par l’exploitation des données est une démarche durable ». Je dis clairement que l’on peut être compétitif en intégrant des données de durabilité dans ses systèmes d’information.

      Une nouvelle fois merci pour l’intérêt porté à mon article et pour votre contribution.

      Bien cordialement,

      Pierre-Henry DODART

    • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 13 juillet 2015 18:19

      @Pierre-Henry DODART

      Merci de votre réponse.

      Je pense que la clé, c’est de prouver la bonne intention : si vous certifiez que vous avez dépensé plus dans un système durable au lieu de choisir une solution moins couteuse et non durable c’est gagné. Montrer un effort, un sacrifice. L’optimisation seule ne prouve pas la bonne intention.

      Mais même cette critique trouverait sa réponse dans votre article grâce au paragraphe des obligations réglementaires. Vous pourriez ainsi facilement transférer la charge de la preuve de la bonne intention aux réglementations.

      C’est pour cela que votre article est un concentré de brillance, vous gagnez à tous les coups contre l’esprit pressé.

      Mais je prends le risque de croire votre bonne intention : j’ai rien à y perdre smiley


    • soi même 13 juillet 2015 14:25

      Une question si par hasard, je dis bien par hasard, une inversion des pôles , que vaut vos théories par rapport à la réalité de l’instant ?


      • Ruut Ruut 13 juillet 2015 16:32

        Déjà ça ne peut pas fonctionner avec une entreprise qui délocalise ou qui est mondialisée.


        • Pascal L 13 juillet 2015 21:05

          « Documenter une base de données exhaustive en données de durabilité » 

          C’est un cauchemar pour chef d’entreprise. Dans la vraie vie, il est impossible d’avoir un ensemble de données fiables sur le sujet. Le nombre de paramètres à prendre en compte n’est pas loin de l’infini et chaque incertitude met l’édifice en péril. Kafka n’est pas loin.


          • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 13 juillet 2015 23:06

            @Pascal L


            Bonjour Pascal L,

            Merci pour votre retour qui est très pertinent. Il est effectivement cauchemardesque pour un chef d’entreprise d’intégrer des données de développement durable dans son système d’information (SI)... s’il n’a pas de méthodologie.

            La démarche n’est pas aisée. Les données sont parfois difficilement captables mais lorsque l’on est sur site, l’on se rend compte qu’aucune entreprise ne part de zéro.Il y a deux manières d’intégrer des données de durabilité dans le SI d’une entreprise :

            - l’amélioration incrémentale : elle permet d’adapter les outils existants aux problématiques de développement durable en minimisant es impacts.

            - L’innovation technologique et organisationnelle en rupture : elle permet de concevoir de nouveaux outils, de plus en plus « smart » intégrant dès la conception les problématiques du développement durable en associant les parties prenantes dans la création de valeur.

            Dans tous les cas il y a beaucoup de chose à faire et « dans la vraie vie », nous sommes plusieurs à travailler sur ces problématiques et à être capable d’accompagner les entreprises vers plus d’intégration de données de durabilité.

            Merci à vous d’avoir pris le temps de lire cet article et d’y avoir réagit.

            Bien cordialement,

            Pierre-Henry DODART

          • soi même 14 juillet 2015 12:52

            @Pierre-Henry DODART, dans votre cas changer de paradigme et envisagé la mutualisation des moyens, le jeux arrêtera d’être exponentiel si l’on renonce à la compétitivité concurrentiel, c’est a dire de passer de la compétitivité à la complémentarité solidaire...  


          • Pascal L 14 juillet 2015 11:08

            Merci pour votre réponse.

            Le principal problème à résoudre pour moi est la cohérence des données. Il ne sert à rien d’être précis avec deux chiffres après la virgule sur certains points alors que je n’ai aucune donnée fiable par ailleurs. 
            Par exemple, je travaille dans l’informatique et je n’ai aucun salarié. Tout le développement est co-traité (contre une part sur les marchés gagnés) et les serveurs nécessaires sont loués dans le cloud. Ce qui veut dire que je n’ai aucune information sur mes co ou sous-traitants. Je ne connais même pas la consommation de mes serveurs et je n’ai aucune idée de l’impact de mes technologies chez mes clients. Cela va dépendre de l’usage qu’ils en font et comme il s’agit d’une technologie de rupture, aucune donnée n’est vraiment disponible.

            Autre chose : Si vous vous concentrez sur l’entreprise, vous risquer de passer à côté des éléments les plus importants. Par exemple, dans la distribution alimentaire, vous pouvez toujours faire une optimisation pour l’aspect écologique entre le transport et le stockage en chambre froide, mais en réalité, l’essentiel de l’énergie est consommée entre le magasin de détail et le domicile du consommateur sur le dernier kilomètre. C’est donc sur ce point que doit être concentré l’effort et cela est à rebours de tous les discours officiels.

            Enfin, et c’est un autre sujet, pour l’ensemble des aspects écologiques, économique et social du développement durable, il est indispensable de réorienter la monnaie sur de la création de richesse plutôt que la création de dettes. Si cela est bien fait, nous ne sommes plus sur le même ordre de grandeur que l’optimisation au niveau d’une entreprise.

            • Ruut Ruut 20 juillet 2015 17:01

              @Pascal L
              Des véhicules électriques ou a hydrogènes ne polluent pas.
              si en plus la production électrique nationale ne se fait qu’avec des sources géothermiques, hydrogène, marémotrices, hydrauliques, solaires et éoliennes, 0 pollutions également.
              L’écologie est avant tout un choix politique.


            • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 20 juillet 2015 18:49

              @Ruut


              Bonjour Ruut,

              J’ai conscience de ne pas être le destinataire principal de votre message mais il me semble important de préciser un certain nombre de points de votre contribution.

              Dire que « les véhicules électriques ou hydrogène ne polluent pas » n’est pas juste. En effet, ce type de véhicules ont un empreinte carbone réduite dans leur utilisation. Je précise « réduite » car, à moins de n’alimenter les batteries qu’à base d’électricité provenant du nucléaire, il demeure un impact carbone sur la production d’énergie nécessaire à leur fonctionnement.

              De plus, si l’on regarde encore plus largement (et en allant au delà du simple impact carbone mais en analysant l’ensemble du cycle de vie du produit), en terme de production, de maintenance et de fin de vie, force est de constater que ces véhicules sont polluants voire très polluants (beaucoup de matériaux rares et peu recyclable).

              Pour aller plus loins, je vous invite à regarder ce rapport de l’ADEME sur l’analyse du cycle de vie des véhicules électriques : http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/90511_acv-comparative-ve-vt-rapport.pdf

              Je pense qu’il ne faut jamais oublier que toute production implique une pollution et que celle-ci est quantifiable. L’intérêt d’intégrer des données de durabilité dans les systèmes d’information est de quantifier cette pollution et de la modéliser afin de pouvoir la diminuer par différents scénarios.

              Merci beaucoup pour votre contribution qui permet peut-être d’éclaircir un point sur cette problématique.

              Bien cordialement,

              Pierre-Henry DODART

              • Ruut Ruut 12 août 2015 10:11

                @Pierre-Henry DODART
                Le choix de la production d’électricité est politique.
                La production hydraulique, marémotrice, éolienne, solaire et surtout géothermique ne pollue pas.
                Nous pouvons même imaginer une production d’appoint a H2.

                Toutes ces technologies de production d’électricité ne pollue pas.
                Il n’est pas obligatoire de polluer pour faire tourner un moteur.

                Polluer est donc un choix politique (c’est moins cher a mettre an place, mais ça rend dépendant).

                L’autonomie énergétique et alimentaire est pourtant la mission première d’un gouvernement souverain.

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