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Accueil du site > Actualités > Technologies > A la recherche de l’intelligence Artificielle Générale (AGI) : un (...)

A la recherche de l’intelligence Artificielle Générale (AGI) : un devoir pour les forces démocratiques européennes. 23 octobre 2012 Par Jean-Paul Baquiast

Jean-Paul Baquiast et al. 23/10/2012
Version en circulation pour discussion

Dans un article qui commence à faire un certain bruit 1) le physicien britannique David Deutsch met en cause les principes sur lesquels s'appuient ceux qui prétendent réaliser des méthodes permettant d'émuler sur ordinateur les processus par lesquels les cerveaux humains produisent de véritables inventions. Pour lui l'AGI, ou ceux qui parlent en son nom 2), est encore trop engluée dans les processus déductifs de la logique ordinaire. Autrement dit elle ne fait que répéter avec les moyens de plus en plus puissants de l'informatique et de l'Intelligence Artificielle (IA) modernes ce qu'elles ont toujours fait jusqu'à ce jour : informatiser le contenu des bases de connaissances et des bases de données héritées du passé, afin d'en tirer de nouvelles applications très peu innovantes.

Or ces bases n'ont pas été élaborées par hasard. David Deutsch ne le dit pas explicitement dans cet article mais il l'avait très bien exposé dans son ouvrage The Beginning of Infinity dont nous avions salué le regard novateur dans la chronique par laquelle nous le présentions aux lecteurs français 3). Les bases de données et de connaissance actuelles, tout autant que l'interprétation qui en est donnée par les médias, expriment très largement des visions de l'univers produites par les forces économiques et politiques dominant actuellement le monde. S'y ajoutent aujourd'hui la volonté des religions de combat d'imposer ou de ré-imposer aux sciences athées ("ou naturalistes", selon le terme anglais) de pseudo-connaissances héritées d'époques dominées par des croyances primitives, antérieures au siècle des Lumières.

Autrement dit, lorsque l'IA et l'AGI se bornent à exploiter de façon déductive ces connaissances, elles tournent le dos à ce qui est à la base de la véritable création, représentée par l'induction et l'abduction 4). Ceci n'a rien d'étonnant, si l'on admet que les véritables innovations sont combattues par les forces et pouvoirs dominants. Elles seules en effet ont la capacité de remettre en cause l'ordre actuel du monde, imposé par les conservateurs.

L'article de David Deutsch appelle des questions de grande portée scientifique, philosophique et politique. Nous allons pour notre part, afin de rester aussi clairs que possible, nous limiter à trois d'entre elles

Première question : Existe-t-il dans la nature, physique ou biologique, des processus d'innovation permettant de produire de véritables innovations ?

Cette question relève de la réflexion théorique. Le lecteur du présent article peut ne pas s'y attarder, mais nous devons la mentionner.

On admet généralement que l'univers physique, y compris à l'échelle cosmologique, repose sur un processus accroissant indéfiniment l'entropie, c'est-à-dire le désordre. La vie, la pensée humaine générée par le cerveau, peuvent produire de l'ordre, mais c'est en empruntant localement et provisoirement de l'énergie au reste de l'univers. L'innovation, génératrice d'ordre, serait donc un processus coûteux et rare. Ses produits, des mondes et sociétés complexes, seraient donc, à très longue échéance, condamnés à disparaitre,

Ce point de vue est contesté par ceux pour qui la science actuelle connait très mal les lois gouvernant l'évolution sous ses différentes formes, que ce soit dans le cosmos ou sur Terre, y compris dans nos sociétés. Si l'on admet que le monde physique, ou même la génération de la pensée dans nos cerveaux, font appel au traitement de bits quantiques 4) autrement dit que l'univers serait calculable, si l'on mettait en oeuvre les puissants moyens potentiels de l'ordinateur quantique, il ne serait pas exclu de développer des versions d'univers échappant au moins localement à ce que la science actuelle appelle les lois fondamentales de la nature.

Avec des ambitions nécessairement plus réduites, une AGI utilisant les ressources futures de la computation quantique pourrait bouleverser notre compréhension du monde et notre action au sein de celui-ci. Il s'agit d'une tâche à laquelle travaillent ou ont travaillé, avec des moyens malheureusement réduits, des spécialistes du calcul quantique, tel que David Deutsch. La France, qui cherche aujourd'hui à relancer l'innovation, devrait aussi y travailler 5). Encore faudrait-il ne pas appliquer l'ordinateur quantique à des problèmes déjà résolus par la pensée et l'informatique traditionnelles. L'encouragement de véritables innovations par le biais d'une AGI aussi révolutionnaire que possible, reste donc plus que jamais nécessaire.

Sans prendre en considération d'éventuelles interventions humaines, un nombre croissant de cosmologistes admettent par ailleurs dorénavant que le tissu profond de la « réalité » observable, encore indescriptible aujourd'hui, sous-jacent aux « singularités » hors de l'espace et du temps se manifestant notamment au coeur des « trous noirs », pourrait générer des univers très différents du notre, dont nous pourrons avoir éventuellement connaissance.

Concernant le 2e principe de la thermodynamique, dont découle l'apparente entropie s'appliquant à l'évolution cosmologique, certains chercheurs par ailleurs commencent à se demander s'il ne conviendrait pas aujourd'hui de repenser les conditions dans lesquelles ce postulat s'applique. C'est ce que propose de faire le physicien Vlatko Vedral, lui aussi spécialiste de la computation quantique 6).

Deuxième question. Est-il possible de décrire, afin d'en faire un modèle informatique opérationnel, un cerveau artificiel générant des pensées véritablement originales ou créatrices ?

Il s'agirait autrement dit de pensées ne se bornant pas à répéter sous des formes différentes des compétences acquises au cours de l'évolution. Elles ne seraient pas de simples déductions, mais des innovations, susceptibles d'être soumises à l'expérience afin de contribuer ensuite à l'évolution du milieu terrestre. Elles procéderaient, pour reprendre cette terminologie, sur le mode inductif ou abductif.

On peut supposer que les cerveaux biologiques générant de tels pensées de leur propre chef ont toujours été nombreux au sein des sociétés humaines (en se limitant à l'homme et n'étendant pas la question à l'innovation dans le règne animal et aux cerveaux des espèces paraissant proches de l'homme à cet égard). Sinon comment expliquer les activités « authentiquement créatrices » que manifeste l'humanité. Même si ces activités créatrices sont principalement le produit de processus sociaux dits heuristiques (par exemple la compétition darwinienne pour élargir l'accès aux ressources), tout laisse penser que les cerveaux des humains qui y sont impliqués manifestent des qualités particulières, ou des modes de fonctionnement particuliers, les conduisant à dépasser la seule valorisation des connaissances déjà acquises.

Mais pourrait on espérer que les cerveaux d'humains habitués à faire appel en permanence à la déduction répétitive pourraient prendre assez de recul par rapport à eux-mêmes pour générer des modèles de cerveaux qui produiraient des pensées véritablement originales, ceci d'autant moins que l'organisation des pouvoirs dans la société est globalement orientée vers la conservation des acquis et non vers la promotion d'innovation possiblement révolutionnaire. Il faudrait que pour cela ils y soient obligés.

Dans le monde actuel, on peut identifier deux types d'obligations forçant des humains (des chercheurs) à conduire de telles recherches. L'une relève de la compétition pour l'accroissement des connaissances académiques, compétition qui jusqu'à ces derniers temps animait les sociétés issues de la civilisation des Lumière (dont on peut penser que David Deutsch est l'un des derniers représentants). L'autre relève de la compétition entre Puissances géopolitiques pour s'assurer des systèmes d'armes défensifs et offensifs aussi efficaces que possible. Or a cet égard la mise au point et la maîtrise de cerveaux véritablement innovants est vitale. Dans ce dernier cas malheureusement, les recherches et les chercheurs sont soumis à des obligations de secret-défense strictes. Leurs travaux n'ont que peu de retombées dans le monde civil. Il est donc difficile d'en parler publiquement.

Troisième question. Que pourraient faire les démocraties pour vulgariser de telles approches ?

S'il se trouvait que des chercheurs ne travaillant pas pour la défense, et donc non astreints au secret, aient élaboré des modèles de cerveaux artificiels, ou plus exactement de conscience artificielles, susceptibles de générer des pensées véritablement originales, inventives, possiblement conceptuellement révolutionnaires, pourrait-on envisager qu'une démocratie comme la nôtre finance les développements de leurs recherches, ceci dans le cadre d'une démarche politique visant à leur donner une large publicité au bénéfice de l'ensemble de la société civile ?

Les signataires de cette note, mise ce jour en circulation pour recueillir des réactions, ont, à tort ou à raison, la conviction que le modèle de conscience artificielle dont les spécifications ont été depuis longtemps exposées publiquement par Alain Cardon, pourrait s'il était programmé effectivement, répondre aux exigences d'un moteur d'Intelligence Artificielle Générale tel qu'envisagé par David Deutsch dans son article. Il pourrait en tous cas répondre aux besoins d'innovation tous azimuts dont ont besoin pour survivre les sociétés européennes.

Mais ils sont aussi persuadés d'un point beaucoup plus préoccupant pour la démocratie. Des spécifications identiques ou voisines de celles étudiées par Alain Cardon, voire plus performantes, ont déjà été mises en oeuvre par des puissances non européennes. Elles ont commencé à produire des systèmes autonomes pour l'innovation et la prise de décisions, en matière de cyber-guerre et de contrôle social. Il serait donc urgent d'avertir les citoyens des risques inhérents aux nouveaux pouvoirs, de type anthropotechniques, qui sont en train de contrôler nos sociétés. Pour cela, il n'existe pas de meilleurs formules que développer le prototype d'un système de cette nature, en libre-accès s'inspirant de l'open source, et sous le contrôle d'un comité d'éthique. Encore faudrait-il qu'un telle entreprise ne soient pas sabotée d'emblée par ceux qu'elle génerait.

Notes
1) David Deutsch. The very laws of physics imply that artificial intelligence must be possible. What's holding us up ? 03/10/ 2012
http://www.aeonmagazine.com/being-human/david-deutsch-artificial-intelligence/
2) Voir par exemple le Dr Ben Goertzel, et son intervention en réponse à David Deutsch http://www.kurzweilai.net/the-real-reasons-we-dont-have-agi-yet. Il impute principalement la faiblesse de l'AGI à celles des ordinateurs contemporains et à celle des crédits qui y sont consacrés, ainsi qu'à la difficulté d'intégrer les différentes composantes d'un système associant des AI afin d'en faire un ensemble performant sur le mode de l'AGI.
3) David Deutsch The beginning of Infinity. Voir notre chronique (http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2011/juin/beginninginfinity.html)
4) Wikipedia. L'abduction http://fr.wikipedia.org/wiki/Abduction_%28%C3%A9pist%C3%A9mologie%29 . Selon le sémioticien et philosophe américain Charles Sanders Peirce (1839-1914), fondateur du courant pragmatiste en épistémologie, l'abduction constitue une troisième forme de raisonnement, différente de la déduction et de l'induction. C'est le seul mode de raisonnement permettant d'aboutir à des connaissances nouvelles.
5) Ainsi le Pr Seth Lloyd. Voir son ouvrage Programming the Universe et notre présentation http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2006/avr/lloyd.html
6) Voir notre éditorial "Un prix Nobel en physique quantique, oui mais après ? http://www.automatesintelligents.com/edito/2012/oct/prix-nobel-physique-france.html
7) Voir Vlatko Vedral The surprise theory of everything http://www.newscientist.com/article/mg21628861.700-the-surprise-theory-of-everything.html
7) Voir Alain Cardon. " Vers un système de contrôle total"
Editeur Automates Intelligents, 20 octobre 2011
Ouvrage au format.pdf accessible en téléchargement gratuit
(publié sous Licence Creative Commons)
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2011/121/controletotal.pdf
8) Voir Jean-Paul Baquiast, Le Paradoxe du Sapiens, Editions Jean-Paul Bayol, 2010.

Annexe
Pour ceux que n'effraient pas quelques diagrammes, nous publions ici la 3e version d'un article de Alain Cardon ; Une machine peut-elle penser ?
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2012/130/Cardon3.pdf


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20 réactions à cet article    


  • Hervé Hum Hervé Hum 25 octobre 2012 10:49

    Ici condensé tout la bêtise actuelle entourant l’esprit scientifique. Qu’on pourrait appeler pseudo intelligence.

    Répondez simplement à cette question : A quoi (sous entendu à qui) sert la machine ?

    La créativité, dont l’innovation, est le propre de l’humain et son plus puissant stimulis, la simple idée de vouloir le conférer à une machine revient à vouloir couper ce stimulis de la nature humaine. En d’autres termes, tant que la machine reste dans le cadre de son objet, c’est à dire au service de l’humain tout va bien, mais lorsque la machine devient une fin en soi alors elle inverse le rapport et l’humain devient l’objet de son objet.

    Le pire danger pour l’humain est la perte de sens et vouloir donner à la machine l’esprit créatif est vouloir retirer à l’humain l’essence de sa nature, son sens d’être. Bref, le vider de sa substance et le faire plonger dans le néant existentiel.

    Quoiqu’il en soit, la créativité tient à la volonté et donc à sa propre projection dans le futur. Croyez vous pouvoir conférer cela à une machine autrement qu’en la faisant « devenir être de volonté », donc en lui faisant acquérir la conscience d’elle même ?

    La conscience est « le sens de l’action en conséquence de la connaissance » où « l’action en conséquence de la connaissance » est l’intelligence et la connaissance est « la mémoire de la chose observé ».

     La machine (l’ordinateur) à la connaissance et l’action en conséquence de la connaissance, reste à lui faire acquérir le sens !!!

    Hier est la mémoire d’aujourd’hui et demain sa volonté...


    • filo... 25 octobre 2012 12:12

      Vous prêchez pour une démocratie à géométrie variable, donc rien du neuf à l’Occident.

      « l’intelligence Artificielle Générale : un devoir pour les forces démocratiques européennes » = néocolonialisme = racisme

      Selon vous, alors, les européens sont de la race supérieure par rapport aux autres habitants de laTerra Nostra ?

       


      • Tristan Valmour 25 octobre 2012 14:25

        Salut Jean-Paul, et transmets mon bon souvenir à tes collègues

        Encore un excellent article, je suis addict.

        Voici quelques éléments pour alimenter la discussion.

        Nos organes sensoriels ne peuvent traiter directement que les stimuli sur la même longueur d’onde, ce qui n’empêche pas les stimuli non captables d’exister. D’ailleurs, la technologie pallie nos déficiences sensorielles, et à mesure qu’elle progresse, nous pouvons capter davantage d’ondes.

        Ces ondes captées, de simples bits, sont additionnés dans les cortex associatifs après avoir été parallèlement traités par d’autres structures. Et là, je simplifie à fond.

        Ensuite, à partir d’un stock de bits, c’est l’inférence bayesienne qui est appliquée, une notion revisitée par les neurosciences et qui promet d’expliquer notre personnalité ainsi que nos performances cognitives. L’inférence bayesienne serait notre algorithme originel, l’ADN de la cognition, et il serait modélisable. NELL de Carnegie-Mellon en est un exemple. Si tu ne l’as pas fait, ce qui m’étonnerait, intéresse-toi en profondeur à ce sujet, des découvertes à venir dans les prochaines années.

        L’inférence bayesienne est notamment à l’origine d’erreurs dans le traitement des stimuli externes, d’où par exemple les illusions d’optiques qui ne sont pas des illusions mais une erreur statistique. Le reste est à l’avenant, on change alors de paradigme.

        La performance cognitive s’appuie sur des représentations mentales, émises par le système nerveux central. Ces représentations mentales contiennent de nombreuses erreurs. Elles conduisent aussi aux mental models.

        La performance cognitive s’appuie également sur une working memory dont on sait qu’elle constitue la base de notre intelligence, conjointement avec notre long term memory qui stocke de manière plus ou moins permanente ce que l’on peut appeler « souvenir ».

        La performance cognitive s’appuie aussi sur des espaces de connaissance (voir les Belges Falmagne et Doignon dont les travaux sont extrêmement intéressants) qui sont créés par notre SNC.

        Enfin (ce mot n’a pas de sens, parce qu’il n’y a pas de fin, mais je dois me remettre au travail), comme je l’ai déjà écrit sur Avox il y a quelques années, il faut s’intéresser à la synesthésie parce que certains synesthètes font preuve d’une performance cognitive absolument hors du commun. Fort heureusement, mon petit Ramashandran s’est emparé de cette question, et les choses vont pouvoir évoluer. On est loin de la modélisation, parce qu’il faut d’abord reconnaître, évaluer et comprendre la synesthésie. Du boulot en perspective.

        Au fait, pour Pribram et Bohm, notre système nerveux central est un hologramme, et l’univers – également un hologramme - n’existe pas selon les lois de la physique que nous connaissons, c’est une construction intellectuelle. Ce qui expliquerait les notions d’inconscient collectif, les mèmes, etc. Je suis ton hologramme, tu es mon hologramme…

        Tu te demandes s’il existe des programmes civils. Oui, ils existent. Tous ceux qui s’intéressent à l’apprentissage.

        Réponse à tes 3 questions :

        Question 1 : Oui, ça existe : le SNC
        Question 2 : Oui, ça existe : les algorithmes qui créent de la musique par exemple
        Question 3 : la démocratie n’existe pas

        A +


        • JL JL 25 octobre 2012 15:38

          Attention, on flirte là avec la génétique néolibérale.

          Susan McKinnon, professeur au département d’anthropologie de l’Université de Virginie : la génétique néolibérale :

          " La psychologie évolutionniste (ou évopsy) se veut être la science autoritaire de la « nature humaine ». Ses défenseurs (qui commencent à sévir en France depuis quelques années) ont réussi à construire une tour d’ivoire tout en gagnant by I Want This"> une large audience et une influence notable sur les discours publics. Mais quelle réponse propose réellement la psychologie évolutionniste en ce qui concerne le langage, la sexualité ou les relations sociales ? « Aucune… » répond Susan McKinnon.

          Rappelons que la psychologie évolutionniste est une branche de la psychologie culturelle qui pense l’être humain à partir de la théorie de l’évolution biologique darwinienne, supposant donc que le cerveau, tout comme le corps, est le produit d’une évolution. Elle a pour objectif de démontrer que l’être humain raisonne en fonction de « modules mentaux » innés, et qu’il existe une seule nature humaine universelle formatant les diverses cultures du monde. Or, le fait de considérer qu’il existe une nature humaine unique (et que la culture soit fabriquées par l’homme) est théoriquement suspicieux, notamment aux yeux des anthropologues (cf. les travaux de Marshall Sahlins, Eduardo Viveiros de Castro, Philippe Descola).

          Susan McKinnon démontre que la psychologie évolutionniste est une « pseudo-science » qui transforme la génétique évolutionniste en un mythe sur les origines de l’homme ; plus grave, ce mythe est modelé par des valeurs néo-libérales et repose sur une compréhension ethnocentrique des concepts de genre, de relations sociales, de parenté. Un ouvrage indispensable pour lutter contre certaines idées pseudo-scientifiques qui n’ont aucun fondement anthropologique, mais qui arrivent néanmoins à produire leurs effets néfastes dans les appréhensions du monde et des autres qui sont les nôtres."


          • Le péripate Le péripate 25 octobre 2012 15:41

            Jamais fatigué de raconter des conneries celui-là.


          • JL JL 25 octobre 2012 15:54

            péripate,

            incapable de faire un com qui ne soit pas un jugement d’autorité ou ad’hominem, celui-là ! .

            Si quelqu’un mélange les genres ici, ce n’est pas moi mais l’auteur. péripate nous prouve une fois de plus que, non seulement il ne comprend rien à rien, mais de plus, il a un avis péremptoire sur tout. Les gens comme lui forment le petit peuple des sectes.

            -> Il est dit dans l’article, ceci : "Avec des ambitions nécessairement plus réduites, une AGI utilisant les ressources futures de la computation quantique pourrait bouleverser notre compréhension du monde et notre action au sein de celui-ci.« 

            -> Et dans mon com, cela : »La génétique néolibérale a pour objectif de démontrer que l’être humain raisonne en fonction de « modules mentaux » innés, et qu’il existe une seule nature humaine universelle formatant les diverses cultures du monde."

            Pas encore vu le lien avec une AGI ?

            Ps. Je suis informaticien de carrière, je connais tous ces pb d’IA.


          • Marc Chinal Marc Chinal 25 octobre 2012 17:59

            @ JL :
            la psychologie qui permet de comprendre toutes les possibilités humaines tout en comprenant son universalité, n’est pas « la psychologie évolutionniste », mais le « survisme ».
            Car notre cerveau ne répond qu’à une seule et unique question : « où est ma survie ? ».
            De là découlent les choix, les désirs, les haines, les raisonnements, les maladies mentales, etc.


          • JL JL 25 octobre 2012 18:12

            Marc Chinal me dit :

            " La psychologie qui permet de comprendre toutes les possibilités humaines tout en comprenant son universalité, n’est pas "la psychologie évolutionniste« , mais le »survisme".

            Un : je n’ai jamais dit que a psychologie évolutionniste permet de comprendre toutes les possibilités humaines tout en comprenant son universalité !!!

            Deux, plutôt que de faire des commentaires incongrus, Marc Chinal, faites donc un article sur votre idéologie.


          • Marc Chinal Marc Chinal 25 octobre 2012 23:38

            @ JL :
            mieux qu’un article qui de toutes manières sera censuré par les freudiens ou autres, allez sur leur site : http://www.survisme.info


          • JL JL 26 octobre 2012 08:28

            Marc Chinal,

            c’est peut-être votre droit de faire du prosélytisme pour votre paroisse, mais pas n’importe où ni n’importe comment : Vous n’avez pas le droit de dénaturer mes propos pour y parvenir.


          • Marc Chinal Marc Chinal 26 octobre 2012 23:27

            @ JL :
            Vous êtes informaticien de carrière, vous connaissez tous ces pb d’IA, (dixit) / je vous soumets donc des données capables de répondre à certains de ces problèmes.
            Si vous n’en avez pas besoin, pas de souci. Faites comme si je ne vous avais rien écrit.


          • Soi même Soi même 25 octobre 2012 17:21

            Rien que dans le Titre il y a quelque chose qui cloche !

            < un devoir pour les forces démocratiques européennes > Comme si cette recherche à une vertus démocratique. Cette recherche n’a qu’un but tuer l’humain dans l’homme. Il en découlera car cela va se faire à une lobotomisasion généralise des humains !
             Certes ils seront plus intelligent, sans cœur et compassion, le monde idéal où les valeurs humaines n’orront plus de raison d’être !


            • herbe herbe 25 octobre 2012 19:57

              Je cite « Encore faudrait-il qu’un telle entreprise ne soient pas sabotée d’emblée par ceux qu’elle génerait. »


              Mais ce n’est pas au conditionnel c’est la règle...
              Donc ok pour l’OpenSource mais selon moi de façon temporaire avant de « libérer », il faudrait adopter au moins pour la gestation, un type de protection assez semblable au militaire...
              Ceci permettrait que l’entreprise ne soit pas étouffée dans l’oeuf, cette dernière image est à dessin : un jeune arbre par exemple, souvent on lui met un tuteur sinon c’est un massacre au premier vent fort. Autre image parlante : c’est le carnage des bébés tortue sans défense sur la plage à la merci des prédateurs, dans ce cas c’est le nombre qui permet la survie de quelques unes, et cette image fournit une deuxième stratégie de défense face aux prédateurs,pour protéger toute initiative nouveau né, le nombre et la persévérance...

              Autres pistes pour tenter de vaincre les Goliath :

              • curieux curieux 25 octobre 2012 21:38

                Aujourd’hui l’homme est à un stade où il lui faudrait plutôt aller « A la recherche de l’intelligence (tout court) »


                • Ruut Ruut 26 octobre 2012 06:19

                  L’intelligence n’est que le résultat de choix face a des situations et des données temporelles.
                  Il est dangereux de donner le pouvoir de création a une machine car elle ne dispose pas des gardes fous pour éviter un carnage ou une destruction massive.

                  Laissons la création a l’humain.


                  • calimero 26 octobre 2012 14:50

                    Pensez à implémenter les lois de la robotique d’Asimov dans la conscience de vos nouvelles machines d’inspiration anthropocentrique. Elles pourraient bien tenter de se reproduire, voire de s’hybrider à la Ghost in the shell..


                    • travelworld travelworld 30 octobre 2012 22:31

                      Allez voir ce site :


                      • gogoRat gogoRat 31 octobre 2012 01:06

                         Merveilleuse modernité : les machines y développent une intelligence artificielle et cherchent à acquérir une conscience avec des quadri-coeurs ... tandis que les Hommes, fuyant toute conscience, perdent la raison (c’est à dire, pour qui voudra bien ’inter legere’ : l’intelligence) et n’ont plus de coeur ...


                        • Lavine 2 novembre 2012 10:50

                          Bonjour,

                          Merci pour cet article très intéressant, et merci à ceux qui commentent en argumentant sérieusement.
                          Personnellement, histoire de ne pas pourrir la lecture, ce qui devient difficile sur agoravox compte tenu du nombre de trolls en service commandé ou non, j’élimine d’emblée par lecture rapide et repérage des techniques de base : insultes, attaques personnelles, et autres.
                          Par exemple, un commentaire commençant par « condensé de bêtise » est d’emblée exclu de ma lecture. C’est parfois dommage, parce qu’un point de vue malgré tout intéressant peut se révéler dans la suite du texte. Mais c’est tant pis !


                          • ecolittoral ecolittoral 10 novembre 2012 21:54

                            Qu’est l’intelligence, l’expertise, la conscience, l’inconscient....

                            On en sait rien.
                            Et des demis dieux nous disent qu’en silicium c’est possible et que c’est demain !
                            Un algorithme(issu d’un cerveau) fera mieux que le cerveau lui même !
                            Il y a même, dans les commentaires, un imbécile qui pense que la démocratie, ça n’existe pas !
                            Le titre de l’article, c’est, à la recherche de l’intelligence artificielle.
                            Et certains lecteurs d’agoravox pensent (manque d’intelligence flagrante), qu’un article, « c’est du sérieux ».
                            Je conseille aux adeptes de la secte « intelligence artificielle » de revoir ce vieux film Tron.
                            C’est un vieux film et les adeptes du silicium sont des fossiles ou des immatures(manque d’intelligence).
                            Petite information pour ceux qui ont encore la tête sur les épaules :
                            Si les zones du cerveau sont bien définies et identifiées, à l’heure actuelle, on a toujours pas trouvé, un souvenir, le quelque chose qui pense, l’intelligence et pas le moindre neurone ou ensemble de neurones hébergeant la conscience.
                            Le cerveau est toujours une énigme. Et un algorithme n’est jamais qu’une construction d’un individu....pour le meilleur et, malheureusement et bien souvent pour le pire.
                            Méfiez vous des pseudo scientistes, restez vigilants et humains.

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