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Après le SMSI de Tunis, les espaces publics numériques

Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication est-il un facteur de diminution des autres fractures - sociales, culturelles, économiques et Nord-Sud- ou bien contribue-t-il à les aggraver ?

Nul doute que ces T.I.C. apparaissent comme un enjeu à chacun et que l’on trouve les opinions les plus diverses sur leur impact. Elles sont convoitées de tous, facteur de légitimation, signe ostentatoire d’avancement, faux nez d’une surenchère pour consommer des produits à l’obsolescence planifiée. Et en même temps, elles sont une nouvelle chance.

Pour les pays du Sud, aux infrastructures moins développées, pour des individus rétifs aux formes classiques de scolarisation, pour les réseaux d’affinités ou de solidarité qui y trouvent un formidable outil, pour tous, à vrai dire, elles ouvrent la possibilité de donner à l’individu comme à la collectivité des moyens de mieux “vivre ensemble”.

Mais rien n’est jamais acquis... Pour lutter à l’échelle planétaire contre la fracture numérique, l’ONU a organisé le Sommet mondial de la société de l’information, qui s’est tenu ces derniers jours à Tunis. Vitrine de la modernité pour les pays du Sud, de la sollicitude pour eux des pays du Nord (pour combien de journaux télévisés ?) ce sommet exprimait la volonté de faire émerger, par la négociation, des règles du jeu acceptables par tous, puissants comme faibles, acteurs publics ou privés. Des petits pas furent faits face à des États-Unis réticents. On a vu aussi comment une société de l’information pouvait avoir pour corollaire une censure, qui s’est abattue, brutale, médiatique, quand le président de la Confédération helvétique a été coupé en direct à la télévision tunisienne, ou technologique, à la manière des Chinois qui exportent désormais leurs technologies de filtrage.

Ce sommet a cependant permis de rappeler les disparités, de fédérer les efforts pour mettre au service des populations du Sud (et du Nord) ordinateurs, logiciels et services à faible coût. En particulier, il a confirmé la pertinence des “logiciels libres” comme facteurs d’accès au savoir. Ces logiciels sont adoptés par des collectivités locales de tous les continents. En France, par exemple, le ministère des finances bascule de Microsoft Office à Open Office qui fonctionne désormais aussi sous Windows. Les 29 millions d’euros annuels économisés ne seront pas de trop pour lutter contre la fracture numérique ici ou là-bas. Car il ne suffit pas d’équipements, et d’ordinateurs performants, et de réseaux à haut débit, pour lutter contre cette nouvelle forme d’exclusion.

En France, des espaces publics numériques ont fleuri avec l’appui du ministère de la culture (les espaces culture multimédia) ou de la Caisse des dépôts et consignations (les cyber-bases). C’est une chance qu’en France nous ayons (encore) cette volonté d’agir dans des espaces publics pour lutter contre la fracture numérique et autres déclinaisons des exclusions d’aujourd’hui. Les pays du Sud, aux besoins encore plus grands, n’ont pas autant de moyens, ceux du Nord, pas forcément autant de besoins. L’un de ces espaces publics s’appelle le Carrefour numérique, il fait partie de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, de sa grande médiathèque. Il bénéficie à ce titre de parrainages éclairants, comme celui de Joël de Rosnay, qui y anime régulièrement des rencontres. Il propose salle d’autoformation et ateliers d’initiation gratuits à des publics n’accédant pas à ces technologies, une “classe numérique” pour permettre à des écoles du voisinage (Paris 19-20 et 93) de s’approprier le numérique. Il accueille régulièrement des “install party” pour des utilisateurs de logiciels sous Linux. Il propose également des rencontres, ce mois-ci et jusqu’au 18 décembre, sur le thème des solidarités numériques, avec pour partenaire l’association VECAM (Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l’information et le multimédia), par exemple pour tirer un bilan du sommet de Tunis, le mardi 29 novembre à 18h30. Un autre jour, c’est l’expérience de l’association Docteur Souris, ou celle du cyberespace d’Emmaüs, qui sont présentées. Le vendredi 18 novembre, une viso-conférence était programmée entre jeunes de Paris et de Tunis, et devinez ce qui arriva. La visio-conférence fut tout bonnement annulée par la... mairie de Tunis.

Compléments :
Cité des Sciences
APC


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