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La blogosphère croît de manière exponentielle, avec une ouverture de blog toutes les secondes environ. Nous avons à disposition un formidable outil de partage de connaissances, d’idées et de réflexions, capable de se positionner là où les revues de vulgarisation ne sont pas, et de toucher un large public. Mais, faute de visibilité, cet outil n’est-il pas sous-exploité ?
On peut trouver des blogs sur (à peu de chose près) tout ce qu’il est humainement possible d’imaginer. Passons sur les blogs politiques (à croire que c’est devenu l’outil premier de la communication et du débat d’idées dans ce secteur), qui représentent une vaste majorité de la blogulation[1]. Nous avons devant nous un moyen formidable (litt. : grand à faire peur !) de mettre à disposition de tous des informations que peu peuvent se procurer.
Il est évident que j’ai une idée tout à fait précise derrière la tête en disant ça, mais tout d’abord passons aux constats.
très mal, tendance
pas du tout.
des échos, ou
avaient lu un truc dessus quelque part
ils disent toujours la même chose(On pense à la même ?)
c’est pas franchement attrayant: rien n’est fait pour rendre la science "attractive"
qui les concerne(le fonctionnement de la chaîne respiratoire mitochondriale, ça devient vite lassant)
J’ai l’impression que la rupture entre science et citoyenneté (c’est-à-dire entre le scientifique et l’homme de la polis[6]) est consommée. Non par manque d’intérêt, me suis-je dit en premier lieu. Alors qu’en fait... qui se soucie de rendre accessibles à d’autres personnes (que les spécialistes du sujet, ou tout au moins les personnes ayant une formation suffisante pour en faire l’interprétation) des résultats scientifiques ?
On pense aux journaux de vulgarisation
(au hasard, Sciences et Vie, Sciences et Avenir, La Recherche, Pour la science, etc). Ils ne sont pas (j’en reparle après) une réponse adaptée. La première raison est que le support journal est en perte de vitesse[7] dans un monde où le média s’informatise.
Je ne cherche pas à jeter la pierre à qui que ce soit. Mais force est de reconnaître que la vulgarisation est un domaine où, en France, nous avons des lacunes particulièrement importantes, alors même qu’il y a une vraie demande ; qu’attendons-nous ?
Cela ne doit pas être facile tous les jours de publier une revue de
vulgarisation. D’un côté, il faut garder un certain niveau, sans quoi
tout le monde va rire dans votre dos. Mais de l’autre, il faut se
mettre à la portée d’un maximum de personnes. A l’heure actuelle, et
quand je regarde les ressources en la matière dont nous disposons en
France, j’ai l’impression que l’accent est mis sur le maintien du niveau
. Avec, comme conséquence normale
, une baisse d’intérêt des lecteurs[8].
Ce n’est pas que les gens se désintéressent de la science en tant que telle,
comme je l’ai déjà mentionné, mais ils ne semblent pas trouver de
réponse à leurs interrogation qui leur corresponde. La distance mise
entre la publication et le lecteur est encore trop grande pour que
certains franchissent le pas. Le support papier, comme je l’ai mentionné précédemment, est une distance supplémentaire. Pour me rendre
compte de l’étendue des dégats
, j’ai fait un petit tour sur les sites Web de quelques revues, prises au hasard
[9].
Le must en la matière[10] : la seule chose que l’on puisse faire depuis le site, c’est lire les sommaires et acheter les numéros.
Regroupe les pages Science de l’Obs, et le sommaire de Science et Avenir.
Un site assez peu clair, mais qui a le mérite de laisser un accès complet à pas mal d’articles d’actualité (en fait ceux qui paraissent aussi dans l’Obs). Petit plus pour les curieux, des liens sont proposés, en rapport plus ou moins étroit avec le sujet.
En revanche, sur le site du magazine Science et Avenir proprement dit, lire un article suppose de payer un abonnement. Certes, on est bien loin des tarifs pratiqués par les revues scientifiques, mais ça peut freiner certaines ardeurs.
Un site au contenu alléchant, mais encore une fois, la connaissance a un prix. Il faut payer un abonnement pour accéder aux archives. Dommage, les articles sont en général intéressants.
Edition française de Scientific American (cf. juste après)
Ah, PlS et ses couvertures affreuses, toute une histoire. A mon
sens, PlS est le seul vrai magazine de vulgarisation scientifique
français qui soit accessible. C’est aussi le seul à proposer des
articles en texte intégral. Je trouve dommage que les sujets traités ne
soient pas toujours à la hauteur des attentes, ou alors pas toujours dans le coup
.
Ceci étant dit, ça reste un bon magazine de vulgarisation...
Mon petit préferé, en anglais dans le texte.
Il est en général assez à la pointe de la recherche, un bon nombre d’articles sont dispos en ligne, et de manière générale, ça se laisse lire (la preuve, j’ai réussi à lire des articles de paléontologie sans m’endormir). SciAm possède aussi des vidéonews, en gros des postcasts, ce qui le rend relativement attractif.
Pourquoi ce passage sur SciAm, alors que je parlais de la situation en France ? Tout simplement parce que la différence de qualité (en termes d’accessibilité du contenu) est assez flagrante quand on traverse l’Atlantique (ou la Manche, selon l’humeur). La France a un grand retard à rattraper, et j’ai bien l’impression que sa réduction ne viendra pas des revues de vulgarisation.
Comme on m’en a fait (à très juste titre) la remarque l’autre jour, la science et le raisonnement sur l’éthique, la morale, la philosophie, n’auraient pas dû être séparés. Il n’est avantageux pour personne que le monde de la recherche soit cloisonné, et que l’information passe aussi mal.
Tout d’abord, parce que quand la recherche est menacée, l’opinion
publique a du mal à comprendre les enjeux réels (un discours qui
revient souvent : Mais de toute façon ils ne trouvent jamais rien, alors pourquoi on paye ?
). D’autre part, parce que ramener la science dans le débat est nécessaire. Il faut, selon la formule d’Enro, une science ouverte et des citoyens éclairés
.
Ne serait-ce que parce que la science ne se fait pas toute seule : elle
avance parce que des passionnés la font avancer, que des vocations s’éveillent, et qu’il y a un intérêt qui existe quelque part.
Faire disparaître l’information scientifique, cela ne risque-t-il pas de diminuer le nombre de ces vocations ? Et je vous en prie, ne me parlez pas des programmes de lycée ! Ce n’est pas le programme de Terminale qui m’a fait aimer la biologie (en revanche, la prof y est pour beaucoup, et je ne la remercierai jamais assez).
L’objectif que je m’étais fixé en ouvrant ce blog était tout simple, et je m’en rends compte aujourd’hui, un peu naïf. Ouvrir mon petit monde
de biologiste à un maximum de personnes. En voyant le nombre de visites, ainsi que les commentaires enthousiastes sur AgoraVox, je pensais avoir pari gagné. Oui, mais un jour, je me suis posé la question : qui lit mon blog ?
Petit tableau récapitulatif, en fonction du plus gros nombre de visites par emplacement réseau...
Qui regarde le plus mes pages ?
pilotageaméricain
Le premier fournisseur d’accès Internet n’est classé que 8e dans la liste !
J’ignore si le phénomène est généralisé. Mais pourquoi est-ce que j’ai l’impression que la biobloglosphère (ou est-ce généralisé à l’ensemble des sciences dures ?), vit completement repliée sur elle-même ? Est-ce simplement... parce que c’est vrai ?
Ne nous enflammons pas, je n’ai pas trouvé de solution miracle pour rendre la science visible à tous. Les quelques blogueurs que je lis régulièrement (Enro, BlogoScience, Matthieu, phnk, et ceux que j’oublie...) font tous un travail de qualité (meilleur que le mien, si on me demande), et sont tous pleins de bonne volonté. Mais voilà, contrairement à ce qui se passe en politique, la blogosphère scientifique n’intéresse personne, si ce n’est elle-même.
Dommage, nous aurions tant à échanger...
[1] Néologisme de mon seul fait, contraction de blog et de population.
[2] Journaux, télé, radio.
[3] Le petit langage des spécialistes entre eux... Profondément amusant si on connaît, irritant sinon.
[4] Sur un sujet un peu annexe, découvert ce matin, le blog de Christian Gaudin, rapporteur de l’OPECST, sur les missions de recherche en milieu polaire.
[5] Question à 1000 euros : comment vulgariseriez-vous cellules de Sertoli
?
[6] Le non-scientifique, donc, sans visée péjorative aucune.
[7] Phénomène qui s’est étendu a tous les domaines. Les trois quarts des papiers récents que je lis sont téléchargés et imprimés bien avant que le numéro papier n’arrive.
[8] Pour avoir arrondi mes difficiles fins de mois d’étudiant en bossant au rayon "sciences et enseignements supérieur" d’une grande librairie, j’ai pu de visu constater ce phénomène.
[9] Tout, même le hasard, est relatif.
[10] Je confesse la complète partialité de mon analyse face à ce magazine, qui provoque chez moi des réactions assez épidermiques...

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Etudiant (Master recherche) à l’université Montpellier 2
Voir ses articles, sa fiche et ses statistiquesAvant de visiter les "blogs", visiter les Sites. Par exemple : www.savoir-ce-qu-est-l-unive...
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