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Accueil du site > Actualités > Technologies > Brèves en biologie

Brèves en biologie

Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- L’eau passée de Mars impropre à la vie ?

Les robots Spirit et Opportunity ont ainsi reporté de fortes concentrations de minéraux dans le sol martien, ce qui induirait des eaux passées de la planète trop salées, acides et oxydantes, ce qui serait incompatible avec le développement d’une quelconque vie microbienne. Et dans le cas où une vie aurait tout de même pu émerger dans cet environnement, Andrew Knoll note qu’il y a un risque qu’elle ait été éradiquée par un bombardement important de météorites qu’a subi Mars il y a environ 3,9 milliards d’années.

- Origine de la vie, purement chimique

A l’aide de simulations sur supercalculateur au Centre de recherche de Jülich (FZJ), les scientifiques ont montré que, dans les conditions originelles, de simples acides aminés peuvent former de longues chaînes peptidiques en dehors des cellules et par suite les premiers éléments constitutifs de la vie, sans avoir recours à un moyen biologique.

En paramétrant les conditions voulues et en introduisant la présence de surfaces de sulfure de fer, les simulations ont révélé que la formation des peptides était accélérée, rendant le milieu propice à la formation de séquences peptidiques.

- L’oxygène, clé de l’explosion cambrienne

A mettre en relation avec la Terre boule de neige qui a précédé.

L’extraordinaire diversification des êtres vivants, appelée explosion cambrienne, qui s’est déroulée il y a 530 millions d’années sur un court laps de temps, semble corrélée à des variations de la quantité d’oxygène dans l’eau des océans. C’est ce que révèlent les sédiments de la Formation Doushantuo, affleurant dans les Gorges du Yangtsé de Chine du Sud.

En comparant avec les remarquables archives fossiles de la formation, ils ont constaté que la première modification importante du taux d’oxygène n’avait eu que peu d’impact sur le réservoir de carbone présent dans l’océan profond, mais que la complexité des formes vivantes de l’époque avait quand même changé quelque peu. En revanche, le second accroissement a correspondu à une grande réduction de ce stock de carbone, ce qui veut dire que l’océan est devenu très riche en oxygène il y a environ 550 millions d’années.

Or, c’est précisément peu de temps après cette date que l’explosion cambrienne s’est produite avec une brutale augmentation de la diversité biologique. En particulier, alors que la première injection d’oxygène s’était traduite par une augmentation modérée de la complexité des organismes présents, parmi lesquels on compte les plus anciens embryons d’animaux connus, la seconde coïncide avec un accroissement considérable du nombre d’espèces de grandes algues.

- L’acidité aurait un rôle de signalisation

Ils ont effectivement remarqué que les cellules intestinales du nématode déclenchaient l’activité des cellules musculaires du tube digestif en modifiant légèrement le pH autour d’elles. Ils estiment que cette variation de l’acidité peut-être un mode de signalisation cellulaire répandu dans tout le monde animal : de l’intestin du ver aux neurones dans le cerveau de l’homme. Si cette hypothèse se vérifie, l’impact de cette découverte sera énorme étant donné que presque tous les processus biologiques sont réglementés par l’acidité.


- Beelzebufo, la grenouille du diable (ou Madagascar en Amérique du Sud !)

Une grenouille géante démontre que Madagascar était reliée au continent Antarctique et à l’Amérique du Sud à la fin du Crétacé.

La "grenouille du diable" c’est ainsi que l’ont surnommée ces découvreurs, des paléontologues de l’université de Stony Brook (New York). Il faut dire que la bête a de quoi impressionner : plus de 40 cm pour un poids avoisinant les 4,5 kg. De constitution robuste et dotée d’une bouche aux mâchoires puissantes, elle devait se nourrir de lézards, de petits mammifères et peut-être même de bébés dinosaures.

La présence de Beelzebufo à Madagascar et de ses parents modernes en Amérique du Sud serait la dernière trace d’une passerelle aujourd’hui détruite ayant autrefois relié cette île au continent Antarctique - alors beaucoup plus chaud qu’aujourd’hui - et à l’Amérique du Sud. Ce passage aurait permis l’expansion de nombreuses espèces sur ces deux régions, et expliquerait pourquoi d’autres fossiles d’animaux découverts à Madagascar sont très semblables à ceux mis au jour sur le continent sud-américain.

- L’origine des oiseaux

Si les oiseaux sont les seuls descendants des dinosaures ce n’est pas que la chute d’une météorite les aurait transformés génétiquement mais qu’ils existaient avant et que le vol les a sauvés de l’extinction !

Les oiseaux sont de lointains descendants d’un groupe de dinosaures (les théropodes, qui peuplaient la Terre il y a 200 millions d’années) mais les scientifiques s’interrogent encore sur l’origine des oiseaux modernes. La question est au centre d’un contentieux entre paléontologues et généticiens de l’évolution. Les premiers à partir de l’analyse des fossiles arrivent à une date d’environ 60 millions d’année tandis que les autres utilisent le taux de variation au sein du génome pour reconstruire l’histoire évolutive qui commence selon eux il y a 100 millions d’années.


- L’invasion de fourmis eurasiennes

Lasius neglectus, ou fourmi aztèque invasive, c’est le nom de cette conquérante qui en dépit de son nom est originaire des environs de la mer Noire. Plusieurs centaines de colonies ont déjà été identifiées dans toute l’Europe (de la Pologne à la Turquie) et les experts redoutent une croissance exponentielle, tant cet insecte à un potentiel invasif élevé.

Effectivement la fourmi aztèque possède tout l’attirail du parfait conquistador. Elle est capable de survivre à une température moyenne de -5 °Celsius, ce qui lui ouvre les portes de l’Europe du Nord, avec une attirance pour les zones urbaines. Ensuite c’est une combattante redoutable qui extermine sur son passage les fourmis autochtones mais aussi d’autres insectes et araignées.

- Des gorilles qui s’accouplent comme nous (et les bonobos)


Toumaï aurait 7 millions d’années

Une nouvelle méthode de datation a permis d’évaluer l’âge de Toumaï, probablement l’une des premières espèces de la lignée humaine, entre 6,9 et 7,2 millions d’années.


- Neandertal victime d’une variante de la vache folle ?

Selon une nouvelle théorie, l’homme de Néandertal aurait disparu à cause d’une maladie proche de l’encéphalopathie spongiforme bovine, qu’il aurait contracté en pratiquant le cannibalisme.

On ne voit pas comment cela aurait pu faire disparaître tout une espèce. Tout au plus, cela pourrait expliquer la disparition du dernier carré des hommes de Néandertal.


- L’ADN révèle l’histoire de populations d’Afrique centrale

En contradiction avec l’hypothèse du mois dernier que nous serions des descendants de Néandertal, semble-t-il.

Des chercheurs du CNRS et de l’Institut Pasteur (1), en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire et internationale (2), ont étudié l’histoire démographique et génétique des Pygmées et des agriculteurs bantous de l’Afrique centrale. Leur étude suggère que les deux groupes ont commencé à diverger à partir d’une population ancestrale commune il n’y a pas plus de 70 000 ans, puis qu’ils sont restés isolés les uns des autres, avant d’échanger à nouveau des gènes, à partir d’il y a 40 000 ans, par l’intermédiaire de mariages de femmes pygmées avec des hommes agriculteurs.

Cette étude suggère le scénario suivant : les Pygmées ont commencé à diverger de la population ancestrale il y a, au plus, 70 000 ans. Après une période d’isolement, pendant laquelle les différences phénotypiques actuelles entre Pygmées et agriculteurs se sont accumulées, des femmes pygmées ont commencé à se marier avec des hommes agriculteurs (mais pas l’inverse), il y a au maximum 40 000 ans et ceci a continué jusqu’à il y a au moins quelques milliers années.

- Le retour des races en génétique

En étudiant 650 000 variations génétiques courantes portant sur une seule base du génome de 938 personnes issues de 51 populations différentes, Jun Z. Li de l’École de médecine de l’université de Stanford et ses collègues estiment avoir effectué la plus grande analyse à ce jour de la diversité génétique humaine. Leur étude éclaire un peu plus l’évolution qu’a connue l’homme moderne dans de petites zones géographiques ainsi que sur son expansion initiale à travers le monde.

Les chercheurs ont par exemple été capables de distinguer les ancêtres génétiques de huit groupes européens et de quatre du Moyen-Orient. Leurs données sont aussi en faveur du modèle "hors de l’Afrique" (Out of Africa) de dispersion des premiers êtres humains modernes qui ont colonisé le reste du monde en cascade à partir du continent africain.

La plus grande source de diversité génétique provient bien de variations au sein des populations confirment les chercheurs, mais ils suggèrent aussi que les différences entre populations sont assez grandes pour pouvoir les distinguer et les comparer assez précisément.

C’est une conclusion inévitable, dès lors qu’il y a une relative isolation, des caractères spécifiques sont favorisés. C’est visible pour tout le monde, pas étonnant qu’on retrouve donc des typologies génétiques qui sont les marqueurs d’une population et de ce qu’on appelait les races. C’est tout de même très différent des anciennes conceptions de la race dès lors que les différences dans un même groupe sont plus grandes qu’avec un autre groupe. Il faut savoir aussi qu’on peut faire une typologie de n’importe quoi (dans ma jeunesse j’ai fait des typologies de ceux qui ont une cuisinière à gaz et un chauffe-eau électrique par exemple !).

- Les yeux bleus n’auraient que 8 000 ans !

"A l’origine nous avions tous les yeux marrons". Les variations de couleur des yeux peuvent toutes être expliquées par une quantité plus ou moins grande de mélanine à l’intérieur de l’iris mais les individus aux yeux bleus ne présentent que de faibles variations de la mélanine, ce qui indique qu’ils sont tous liés à un ancêtre commun et ont tous hérités de la même mutation située exactement au même endroit sur leur ADN. En examinant plusieurs personnes de par le monde et en analysant leur ADN mitochondrial, les chercheurs ont pu remonter à l’existence de cet ancêtre commun qui aurait vécu entre 6000 et 10 000 ans en arrière.

- Disparition des requins

Les requins sont en train de disparaître des océans du monde. La population de nombreuses espèces de gros requins a diminué de moitié en quelques dizaines d’années en raison de l’augmentation de la demande en nageoires, de l’intensification de la pêche récréative, ainsi que de la pêche au thon et à l’espadon qui entraîne la capture accessoire de millions de requins chaque année.


- Les saumons sauvages victimes des élevages... de saumons

Une nouvelle étude démontre les dangers que font peser sur les populations sauvages les élevages de saumons. Celle-là est quantitative et concerne plusieurs pays. Les résultats sont cette fois très nets : les effectifs sauvages se réduisent de moitié au contact des fermes piscicoles.

L’effet des fermes d’élevages n’est donc pas local mais global. A terme, les populations sauvages de saumons sont réellement menacées, expliquent les chercheurs, d’autant que l’aquaculture progresse toujours. Mais Jennifer Ford affirme qu’il existe une solution simple : éloigner les fermes des embouchures des rivières, c’est-à-dire des migrations des saumons.

- L’abattage des éléphants à nouveau autorisé en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l’éléphant est menacé... de prolifération. Protégées, les populations croissent trop vite, soumettant les animaux à la famine et aux épidémies et générant des dégâts dans l’environnement.

- Suivre le processus de mémorisation

Des souris ont été génétiquement modifiées pour rendre fluorescentes les protéines des récepteurs à glutamate, ce qui devrait permettre de suivre le processus de mémorisation (de chocs électriques...).


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7 réactions à cet article    


  • aurelien aurelien 6 mars 2008 12:31

    Super ,Jean, pour une fois que l’on parle réellement de biologie et pas de "pseudo-science" ou technoscience comme les OGM, qui ne sont que des "innovations", des produits de la technique et pas de la véritable science.

     

     


    • aurelien aurelien 6 mars 2008 12:37

      En "Afrique du Sud" ,comme si les éléphants se préocuppaient des frontières !

      Enfermer les hommes, mais aussi la nature, au sein de frontières politiques et nationales est générateur d’énormément de dégâts environnementaux, écologiques et humains.


    • Ciucilon Ciucilon 6 mars 2008 15:06

      Interressant, bien que je déplore le format ’news’ avec un lien vers un autre site, pas forcément plus développé dans le cas des oiseau par exemple. Un article plus fouillé sur l’un des thèmes serait mieux, et ferais sans doute penser à un cours.

      Deux questions me viennent à l’esprit, dans la news sur la grenouille vous parlez de pont, de "a dernière trace d’une passerelle aujourd’hui détruite ayant autrefois relié cette île au continent Antarctique...", c’est une résurgence de la théorie des ponts intercontinentaux ? J’espère que c’est un abu de langage et que cela représente le moment où ces masses continentales étaient accollées.

      Deuxio, les oiseaux.

      J’aime l’idée de nuages d’oiseau échappant au bombardement et voletant gaiement vers le couchant... C’est poétique et faux. Ce serait plutôt leur taille et leur régime alimentaire.

      Si je me rappelle bien de mes cours de biologie/paléontologie il est très difficile de déterminer quand un dino cesse d’être un dino pour devenir un oiseau, car la modification du squelette est progressive et que l’on a pas de caractère type de l’oiseau qui serait par exemple un bassin yschien est ce qui définit un oiseau. On aurait des stégosaures dans la catégorie oiseau, çà fait tache. Bref les dinosaures sont parmis nous... C’est sur la définition d’oiseau que porte la controverse.

      Bon le reste j’y connais pas grand chose, mais ces posts ressemble beaucoup à actualité google catégorie science, c’est domage pour un média tel qu’Agoravox.

       

       


      • Jean Zin Jean Zin 6 mars 2008 16:44

        C’est un choix des news du mois. Je rajoute quelquefois des commentaires comme pour les oiseaux mais, sinon, c’est la brève qui parle d’une liaison entre Madagascar, l’Antarctique et l’Amérique du Sud, je n’en sais pas plus mais il s’agit bien de tectonique des plaques.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 mars 2008 16:30

        Bonjour Jean,

        Ma foi, c’est un bel effort dans la présentation mais j’ai le sentiment, sans doute parce que je connais un peu la bio, que tout cela ronronne tranquillement et qu’il n’y a rien de neuf sous la cellule

        je plusse quand même pour récompser le travail


        • Jean Zin Jean Zin 6 mars 2008 16:39

          Oui, sur mon site je commence par dire à quel point je trouve les nouvelles du mois décevantes et répétitives. En fait la seule nouvelle vraiment intéressante n’a pas été publiée dans cette partie mais dans le compte-rendu de "Pour la Science" : c’est la découverte d’un génome entièrement transcript en ARN avant de se dupliquer en ADN, ce qui renforce l’hypotèse d’un monde à ARN avant l’ADN.


        • Pierrot Pierrot 6 mars 2008 16:46

          Les sites liés à l’article sont très intéressants et instructifs.

          Néanmoins, il y a, peut être, trop d’articles concernant des faits extraordinaires qui sont parfois peu étayés.

          Bravo.

          Bonne journée.

          Pierrot

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