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Accueil du site > Actualités > Technologies > Bye bye Darwin : nouveau regard sur la sélection naturelle

Bye bye Darwin : nouveau regard sur la sélection naturelle

La sélection naturelle est un concept scientifique articulé à deux autres concepts, celui de spéciation et celui d’adaptation. Ces articulations (et relations) ne sont pas aussi claires qu’on ne le pense, avec des ambiguïtés non sans un peu de « flou » conceptuel. Les questionnements scientifiques et philosophiques sur cette sélection sont toujours d’actualité alors qu’aucun consensus n’est établi au sein de la communauté des évolutionnistes. La question centrale posée concerne la spéciation : la sélection naturelle est-elle une force évolutive permettant d’expliquer l’origine des espèces ? Si ce n’est pas le cas, la sélection naturelle n’est qu’un récit offrant une vue partielle de l’histoire du monde vivant qu’on appelle Evolution. Une très longue histoire, qui a duré 500 millions d’années si on prend pour départ les premiers signes d’une vie animale. Et deux milliards de plus si l’on commence à partir des premières cellules vivantes supposées présentes sur la planète terre. La sélection ne serait donc qu’une description de l’histoire de la vie, à l’instar de notre Histoire dans laquelle les peuples naissent, se développent, font la guerre et parfois dépérissent. Dans la sélection, il n’y a pas de guerre mais si l’on veut, d’efforts vitaux nécessaires permettant aux espèces pour perdurer dans ce qui est un jeu de la vie dans un écosystème donné.

Je postule que l’effort vital est la cause efficiente de la vie. Effort pour trouver les ressources vitales, pour se reproduire et pour échapper aux prédateurs. Il est facile de comprendre pourquoi une espèce réussit à se perpétuer dans un écosystème donné, alors qu’il est encore plus évident de comprendre ce qui fait disparaître les espèces. Les efforts vitaux sont alors couronnés de succès en se révélant efficaces mais ils peuvent faillir et conduire à l’extinction d’une espèce. Avec des causes diverses. Les plus aisées à concevoir étant les modifications climatiques de grande ampleur, lesquelles peuvent modifier le biotope végétal et changer les conditions de ressources pour les espèces herbivores. D’autres espèces peuvent aussi disparaître sous l’effet des prédateurs. Qui eux aussi devraient disparaître à moins qu’ils ne se « rabattent » sur d’autres espèces ou alors qu’un équilibre se dessine. Une reproduction « faiblarde » peut aussi conduire à l’extinction. Se pourrait-il que l’effort vital puisse s’affaiblir chez certaines espèces. A l’instar du dernier homme nietzschéen qui n’a plus le goût de vivre ? Cette hypothèse bien qu’incertaine ne doit pas être exclue. Mais le dernier homme est un phénomène culturel qui n’a pas forcément un équivalent naturel. Toutes les espèces pouvant se prévaloir d’un effort vital mais certaines réussissant et d’autres pas. C’est ce j’entends alors par sélection naturelle. Seul l’homme peut décider de ne plus affronter la vie pour des raisons non vitales.

La sélection naturelle repose aussi sur la distinction entre adaptation et non-adaptation. La seconde propriété étant pratiquement synonyme d’extinction si on l’applique à une espèce. Notons aussi une propriété fondamentale de la sélection naturelle, c’est d’être globale et de décrire un ensemble de processus, phénomènes et fonctions impliquant nécessairement une relation ou une interaction entre le système vivant individué membre d’une espèce et l’écosystème où il vit. La sélection naturelle s’applique ainsi à une quasi infinité de processus et actions conduisant à produire un écosystème à la fois stable et capable de se transformer modérément au fil du temps biologique ou énormément si l’échelle de temps est géologique. Les transformations s’effectuent en articulation avec deux processus « externalisés » introduisant des changements. Premièrement, les mécanismes géophysiques aux échelles courtes ou longues. Erosion, climat, précipitation, milieux aquatiques et espaces occupés par les végétaux. Deuxièmement, le changement induit par l’action des systèmes vivants dans l’écosystème, qu’il s’agisse des bactéries influant sur la composition chimique du milieu ou des prédateurs qui diminuent la population des proies ou encore, pour évoquer un phénomène assez « popularisé », l’action des insectes pollinisateurs. A ces mécanismes de changement s’ajoutent des processus de transformation très différents par essence et par la forme qu’ils prennent car ils sont inhérents à la vie (intrinsèques ou si on veut internalisés dans le vivant). Les évolutionnistes en donnent une description « approximative ». Avec principalement les mécanismes génétiques. Plus précisément, les modifications génomiques combinées avec les effets de reproduction sexuée ou sexualisée. Les éléments moléculaires et cellulaires rassemblés dans le vivant étant capables de développer des ordres émergents.

Darwin était bien conscient des difficultés liées à ce concept de sélection naturelle. On le constate en lisant le chapitre concerné à ce sujet avec la pluralité d’interprétations possibles, certaines véhiculant des contresens. La genèse des espèces ne repose pas sur la sélection naturelle qui n’est en fait que le résultat d’un tri effectué sur les êtres vivants dans des conditions changeantes de l’écosystème. La force évolutive est d’une autre essence. Mais l’hypothèse d’une force ne va pas de soi. Celle d’effort vital oui. Peut-être pourrait-on envisager l’hypothèse d’une sorte d’ordre évolutif, dépendant de ce qu’on verra apparaître comme étant l’entropie-organisation. Notion délicate que je tiens à préserver des contresens. Il n’y a pas de concepteur externe transcendant qui détermine les espèces. Le jeu est libre, avec la participation du hasard mais aussi avec des contraintes, celles de la sélection naturelle, externe, et celles de l’organisation naturelle, interne, en liaison avec un certain « ordre informationnel » dans la matière. La conclusion de ces quelques lignes suggère qu’il existe un découplage entre le jeu de la sélection naturelle avec les fonctions du vivant opérant dans l’écosystème et le fonctionnement du vivant sur des bases moléculaires et entropiques avec les processus conduisant à la spéciation ou du moins participant à la spéciation.

Ce qui conduit à proposer une hypothèse sur l’évolution du vivant. La spéciation est le résultat de deux processus fondamentaux aux ressorts différents et qu’il faut élucider en profondeur. Actuellement, la compréhension de la spéciation est superficielle. La sélection naturelle constitue un facteur déterminant pour la spéciation mais on ne sait pas exactement comment et pourquoi. D’un autre côté, la logique du vivant, de l’organisation interne de l’autre côté, avec les processus de partage et gestion de l’information (transmission génome, ADN et interactions épigénétiques) déterminant l’organisation moléculaire avec les fonctions cellulaires et l’organisation physiologiques avec les fonctions constatées du vivant, la perception étant déterminante, comme la cognition. La sélection naturelle ne crée pas les systèmes perceptifs, cognitifs et physiologiques. C’est l’inverse, les systèmes perceptifs, physiologiques, fonctionnels et cognitifs reposent sur un perfectionnement évolutif réalisé indépendamment du milieu. La sélection naturelle effectue alors un tri et retient les espèces les plus performantes selon la loi suprême de l’écosystème. Expliquer la spéciation avec la sélection naturelle relève presque de la pensée magique. C’est bien plus l’extinction des espèces que la sélection naturelle explique !

L’une des grandes difficultés, c’est de situer le rôle de cet effort vital ainsi que du lieu où il s’applique. L’effort vital pouvant être une force adaptatrice permettant une efficacité soutenue pour rester dans le jeu de la sélection. Mais aussi et peut-être une force transformatrice. L’usage de la notion d’effort n’excluant pas qu’on utilise celle d’énergie. Et bien évidemment la transposition de la notion d’entropie est tout à fait indiquée pour décrire les processus dans les systèmes vivants et l’écosystème. Pour le reste, on s’en tiendra à rappeler le principe fondamental de cette réflexion. C’est la vie qui explique la sélection naturelle et non l’inverse, comme le croient la plupart des évolutionnistes.

L’adaptation serait du domaine de l’entropie et de la convergence des informations dans un contexte de moindre action (principe de l’énergie libre et évolution spontanée) alors que la spéciation serait du domaine du déséquilibre et de l’invention. Un déséquilibre par rapport à l’ordre naturel. Une augmentation de la puissance. Un effort vital. Une persévérance mue par un « conatus » à la Spinoza ? Ces ouvertures conduisent à penser que le vivant persévère lorsqu’il a à sa disposition des fonctionnalités performantes alors que celui dont les fonctions faiblissent tend à disparaître ou à défaut à persister dans un état qu’on peut désigner comme dévolutif. Une espèce ayant en héritage des possibilités mais qui par un hasard, parce que le hasard est présent dans la nature, ont abandonné pour ainsi dire leurs potentialités. Sans en avoir conscience. Seul l’humain est capable de forger le sentiment qu’il a raté son existence. Le système cognitif humain est aussi adapté au déni de réalité. Le déni de réalité est un mécanisme de survie dans un monde où la réalité se dédouble entre vécu et interprétation, en gestion de la vie et horizon inventif. Dans le cas des espèces animales, cet horizon est évolutif mais sans conscience, sans représentation, juste instinct et invention vitale qui repose sur un effort vital dirigé vers le nouveau et non pas la survie.

Ces remarques préliminaires conduisent à examiner l’intérêt de considérer les fonctions et on plus l’espèce comme élément basique et déterminant, à la fois dans le jeu de la sélection naturelle et la spéciation animale. Ce sont les fonctions qui permettent aux espèces de s’adapter, de réussir dans le jeu de la sélection naturelle. Mais aussi l’invention de ces fonctions et leur perfectionnement qui conduisent aux espèces nouvelles et à une adaptation plus efficace. Le néologisme de « perfonctionnement » décrit bien le processus. « Fonction » renvoie en fait à deux ordres de réalité, les fonctions physiologiques internes, ajoutées aux fonctions cognitives, et ce qu’on peut appeler les fonctionnalités qui sont des catégories opératoires qu’une espèce possède pour exister dans son écosystème. L’observation des incisives chez les rongeurs et des canines chez les félins indique une fonctionnalité différente destinée à répondre à une même finalité, celle de se nourrir. Ainsi, l’équilibre ou le cas échéant les instabilités d’un écosystème sont déterminés par les différentes fonctionnalités permettant aux espèces d’agir dans ce milieu. La sélection naturelle conserve les meilleurs ajustements. Elle s’exerce sur le côté technique du vivant. Mais elle n’explique pas le développement des fonctionnalités techniques des espèces et notamment les étonnantes aptitudes perceptives et cognitives.

Ces quelques lignes ne font que présenter des manières non conventionnelles de concevoir les ressorts de la vie et de l’évolution. Il y a du travail en perspective pour élaborer la nouvelle théorie de l’évolution qui sera acceptée d’ici deux ou trois décennies. La physique théorique sera de la partie. Pour l’instant, les visionnaires savent que la théorie actuelle de l’évolution ne tient plus. Quelques sommités de la philosophie l’ont affirmé, comme Jerry Fodor ou Thomas Nagel qui va plus loin en mettant en cause le matérialisme. Le grand public se scinde entre ceux qui sont du côté de l’expérience de Milgram et s’en remettent au consensus de l’autorité scientifique dominante et les autres, plus audacieux, qui sont du côté de la vérité. Bye bye Darwin.

 


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50 réactions à cet article    


  • JL JL 22 octobre 2013 09:37

    A l’auteur qui écrit : ’’

    La sélection naturelle est un concept scientifique articulé à deux autres concepts, celui de spéciation et celui d’adaptation. Ces articulations (et relations) ne sont pas aussi claires qu’on ne le pense, avec des ambiguïtés non sans un peu de « flou » conceptuel.’’

    Nous savons bien que la compréhension est une adéquation à nos intentions.

    Vous êtes vous demandé si ce n’était pas votre compréhension qui ne serait pas claire ? Si le flou que vous évoquez ne serait pas de la souplesse que votre intégrisme refuse de voir ?

    ’’... Depuis longtemps, les conservatismes de tous bords se sont acharnés contre ces trois grands dispositifs. Nous appellerons donc « obscurantisme contemporain » toutes les formes sans exception de mise à mal et d’éradication de la puissance contenue, pour le bénéfice de l’humanité tout entière, dans Darwin, Marx et Freud. ’’ (Alain Badiou, lmonde.fr, 7/5/2010)


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 octobre 2013 10:13

      Le lien entre adaptation, spéciation et sélection naturelle ne tombe pas sous le sens. Voir par exemple les deux hypothèses, dame rouge et fou du roi, dans un précédent article

      Quant à l’intégrisme, c’est vous qui le pratiquer en interdisant au nom d’un autre intégrisme toute critique de la théorie néo-darwinienne de l’évolution.

      Quant au propos de Badiou, il faut sans doute le comprendre dans le texte complet paru dans l’Imonde. Si Badiou confond lui aussi intégrisme et critique, c’est inquiétant. Et s’il ne voit que bénéfice pour l’humanité chezFreud Marx et Darwin, c’est grave. Le philosophe n’a pas à jouer les gardiens de la pensée mais à progresser vers le questionnement et la vérité


    • JL JL 22 octobre 2013 12:49

      J’ai écrit Imonde, soit, mais vous avez écrit ’c’est vous qui le pratiquer’.


    • Agonymous23 22 octobre 2013 13:11

      Ca ressemble plutôt à Bang Bang Darwin tout ça... smiley...etrange...
      En plus, imonde avec un seul M, c’est moche.
       smiley
      Au lieu de tergiverser sur des trucs qu’on ne saura jamais de toutes façons, vous en voulez une vraie fin de mythe ?

      Tenez, ça au moins c’est concret : « Rythme d’enfer, les coulisses d’AB prod. » smiley
      D’un coup là, tout s’effondre... smiley

      Et si c’est pas du ressors de la nature (humaine), je sors...
       smiley


    • JL JL 22 octobre 2013 14:26

      Évidemment, les bons lecteurs avaient compris que je voulais écrire lemonde.fr. Le 1er e m’a fait faux bond. Mais en le réécrivant tel quel, Bernard Dugué a manifestement voulu le mal nommer.


    • La mouche du coche La mouche du coche 22 octobre 2013 14:47

      JL nous a fait un magnifique lapsus. Le monde est immonde, comme c’est vrai ! smiley


    • Agonymous23 22 octobre 2013 14:57

      @JL

      Moi y’en avoir bien compris, rassuré soyez.
       smiley
      Ce n’était en rien diriger contre vous.
      C’est juste que toussa, le monde et ses origines, ça fait mal au crane, smiley
      et récemment le monde en parle justement.

       smiley


    • La mouche du coche La mouche du coche 22 octobre 2013 16:24

      L’auteur « Il y a du travail en perspective pour élaborer la nouvelle théorie de l’évolution qui sera acceptée d’ici deux ou trois décennies. »


      Ou pas.
      Il n’y a pas de théorie de l’évolution s’il n’y a pas d’évolution. Il vous faut être plus radical.

    • JL JL 22 octobre 2013 18:47

      Bien vu, la fine mouche !


    • Mycroft 22 octobre 2013 10:27

      « Seul l’homme peut décider de ne plus affronter la vie pour des raisons non vitales. » pour citer l’affirmation gratuite la plus simple à démonter parmi les

      Quid des animaux en captivité qui dépérissent et meurent, malgré le fait qu’ils soient nourris, en mesure de se reproduire (même si dans les fait ils s’y refusent) et à l’abri des prédateurs.

      Démonter Darwin, c’est un objectif ambitieux. Je n’ai rien contre le principe. A partir du moment où, pour ce faire, on a des argument concret, sans tomber dans le mystique et l’affirmation gratuite. Ce que vous faites allègrement.

      Au passage, vous n’indiquez à aucun moment les failles du Darwinisme, à savoir le principe de mutation aléatoire sélectionnée par le milieux qui élimine les mutation « non adapté » (non adapté signifiant « qui ne survit pas »). Ce n’est pas parce que ce modèle ne répond pas à vos questions qu’il a des failles.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 octobre 2013 10:34

        L’animal en captivité n’est pas une situation naturelle.

        Ce n’est pas Darwin que je cherche à démonter mais la théorie néo-darwinienne de l’évolution qui pose problème pour un nombre certain de philosophes et scientifiques, et pas des moindres.

        Quant le modèle ne répond pas à la question, on peut en changer. C’est comme ça que sont nées la méca Q et les relativités d’Einstein

        Votre commentaire a été utile. En fait, il indique deux attitudes en science, le conservatisme et le progressisme. Les révolutions scientifiques n’ont jamais été faites par des conservateurs.


      • Mycroft 23 octobre 2013 14:30

        La mécanique quantique est née justement parce que la mécanique classique avait des failles. Appliqué à l’échelle subatomique, les théories et modèle classique donnaient des résultats différent de ce que nous révélait l’expérience.

        Ce n’est pas le cas pour le Darwinisme (du moins pas d’après vos article). Tout simplement parce que vous n’admettez pas que comprendre, au sens scientifique du terme, c’est modéliser.

        Vous voulez quelque chose de plus mystique, de plus philosophique, bref, une approche par essence non scientifique. Vous fixez des postulat lourds mais qui ne sont démontré par rien (la force vital, par exemple, sur quoi vous basez vous pour affirmer qu’elle existe).

        Au passage, parler de « situation naturelle » est un non sens scientifique. l’homme fait partie du milieux des animaux.


      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:38

        Laissez la méca Q et la relat à leur place, vous n’y connnaissez sûrement rien.


      • JL JL 22 octobre 2013 10:42

        Badiou et vous, clairement, n’avez pas la même conception de l’humanité, ni le même ’projet’ pour elle. Pour ma part, je préfère le ’projet de Badiou’, qui est dans la droite ligne de ceux de Freud, Marx et Darwin, lequel disait si j’ai bonne mémoire  : ’’Dieu dans tout ça ? Non, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse’’.

        J’aurais aimé une réponse de votre part à ma remarque de l’autre jour au sujet de votre citation de Woody Allen laquelle aurait pour corolaire que les gentils sont des imbéciles. De fait, si les gentils voient dans les mauvaises actions de la bêtise comme de la méchanceté, à l’inverse, les imbéciles et les méchants voient dans les bonnes actions de la bêtise. Je vous laisse deviner lesquels sont dans le vrai.

        nb. Woody Allen est un artiste, c’est pourquoi il peut, lui, s’amuser avec les mots.


          • vachefolle vachefolle 22 octobre 2013 11:44

            La selection naturelle est le joli nom pour dire loi de la jungle.
            La capacité d’adaptation basé en grande partie sur l’évolution génétique est effectivement un constat.

            Cette capacité d’adaptation existe, mais elle existe par le phénomène de sélection naturelle.
            Autrement dit les espèces n’ayant pas cette capacité d’adaptation ont déjà disparues depuis longtemps. Ne sont donc resté que celles ayant réussi a s’adapter.

            Ce que vous appelez l’effort vital, n’est rien d’autre que l’instinct de survie des individus, lui même une conséquence de la sélection naturelle. Il est en effet très probable que les espèces n’ayant pas cette instinct de survie, ont déjà été éliminées depuis longtemps.

            La sélection naturelle n’est que le tamis qui impose l’instinct de survie et l’adaptation des espèces. Celles qui n’avaient pas ces qualités ont été éliminées...

             


            • ZEN ZEN 22 octobre 2013 12:17

              Désolé, depuis le temps qu’on annonce la mort de Darwin...des créationnistes aux nouveaux gnostiques...
              Il résiste, le vieux, même en microbiologie !


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 octobre 2013 12:34

                Vous n’avez rien compris. C’est désolant de voir cette inculture scientifique et ce conformisme paradigmatique en France. A ce demander si la Révolution a bien existé en 1789.

                Il n’est pas question de tuer Darwin. C’est juste que la théorie néo-darwinienne n’explique pas la spéciation, ni la vie du reste. Est-ce si compliqué à comprendre ?


              • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:37

                Bon, alors commençons par le commencement. C’est quoi selon vous la spéciation, et en quoi nécessite-t-elle un moteur ?


              • ZEN ZEN 22 octobre 2013 13:20

                l’effort vital est la cause efficiente de la vie

                Ça, ce n’est que du Bergson.
                J’aime bien Bergson, mais c’est du vitalisme creux, comme aurait dit Claude Bernard, ou une pseudo-explication purement verbale, comme le pensait Bachelard.

                Inculte je suis...d’accord smiley


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 octobre 2013 14:19

                  si je conçois cette notion d’effort vital, c’est pour la distinguer de l’élan vital bergsonien qui est censé expliquer l’évolution. Ce n’est pas du détail. Si vous relisiez mon billet ?

                  Sinon, admettons qu’il s’agisse de tuer le père Darwin. Ce n’est pas pour revenir en arrière mais annoncer un nouveau Darwin

                  Awaiting a New Darwin H. Allen Orr Mind and Cosmos : Why the Materialist Neo-Darwinian Conception of Nature Is Almost Certainly False

                  Before creationists grow too excited, it’s important to see what Nagel is not claiming. He is not claiming that life is six thousand years old, that it did not evolve, or that natural selection played no part in this evolution. He believes that life has a long evolutionary history and that natural selection had a part in it. And while he does believe that intelligent design creationists have asked some incisive questions, Nagel rejects their answers. Indeed he is an atheist. Instead Nagel’s view is that neo-Darwinism, and in fact the whole materialist view elaborated by science since the seventeenth century, is radically incomplete. The materialist laws of nature must, he says, be supplemented by something else if we are to fold ourselves and our minds fully into our science.

                  http://www.nybooks.com/articles/archives/2013/feb/07/awaiting-new-darwin/


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 octobre 2013 05:43

                  S’il s’agit du Nagel que je connais, s’il s’agit donc d’un philosophe analytique, je ne vois pas pourquoi nous lui accorderions une femtoseconde d’attention ?

                  Depuis quand les philosophes apporteraient-ils quoi que ce soit de pertinent dans la connaissance de la nature ?

                  Ils n’ont pas les catégories de pensée qui leur permettent d’appréhender la complexité des systèmes vivants.
                  C’est comme les mathématiciens.
                  Ces fous qui n’hésitent pas à raisonner à partir de postulats complètement insensé comme l’idée d’une population infinie... smiley
                  C’est à eux qu’on doit le néo-darwinisme flamboyant du XXe siècle.
                  Bon débarras...


                • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:35

                  Placer un texte en anglais n’ajoute rien à la crédibilité du message, sauf justement pour ceux que cette langue impressionne encore !


                • Mowgli 22 octobre 2013 15:11

                  « The materialist laws of nature must, he says, be supplemented by something else if we are to fold ourselves and our minds fully into our science. »

                  « fold ourselves and our minds fully into our science » ?

                  De grands mots, mais qu’est-ce qu’ils veulent dire ? RIEN. Discours de charlatan, sans plus.


                  • non667 22 octobre 2013 15:25

                    darwin ?à découvert la sélection naturelle ?
                    sélection naturelle = le plus fort gagne =concept inné connu de cro magnon et même des animaux qui ont peur de leurs prédateurs ou rival (mâle dominant dans une meute ! )

                    l’évolutionisme est une vaste fumisterie voire une escroquerie intellectuelle a visée idéologique type lyssenko !
                     


                    • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:32

                      Merci pour la profondeur du message ; je suppose que le rédacteur est à l’avenant.


                    • MuslimADieu MuslimADieu 22 octobre 2013 17:58

                      là, j’ai vraiment eu du mal.

                      j’ai rien compris au nouveau regard.
                      j’ai cherché wiki pour darwin et j’ai trouvé ça :
                      « il a formulé l’hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d’un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de « sélection naturelle ». »
                      J’ai relu l’article et trouvé que ça c’était pas mort.
                      J’ai relu wiki et j’ai trouvé que Darwin était mort le 18 avril 1882.

                      Si au premier degré, le titre est 100% juste, je crois que l’intention de l’auteur était de dire que la sélection naturelle est morte encore une fois mais que Darwin est toujours vivant.
                      Sacré Gaillard que ce Darwin. Il survivra à tout les néo-néo-néo-néo....néo darwinistes.



                      • ebxa7 ebxa7 22 octobre 2013 18:40

                        Voici un film sur le sujet, si vous ne l’avez pas vu (Arte) Ce que Darwin ne savait pas encore (90 min en tout), un peu trop techno-science à mon goût mais néanmoins très intéressant.
                        Je cite : (cf ’a propos’)
                        .
                        Darwin énonce les principes de la biologie évolutive : le concept de sélection naturelle fondée sur l’adaptation à l’environnement et la variation des individus. Mais les mécanismes de ces processus de mutation restent pour lui complètement obscurs. Un mystère qui, aujourd’hui, avec les progrès de la biologie et de la génétique, se dissipe...
                        .
                        La partie sur les gènes contrôleurs d’autres gènes ou de groupes de gènes, les gènes temporisateurs et les gènes plus classiques de synthèse, permet de se faire une meilleure idée des mécanismes (très lents à quelques rares exceptions*) de l’évolution. (cf l’exemple avec la nageoire->bras)
                        .
                        Sur le thème précis de la critique de la théorie néo-darwinienne, voici un lien intéressant : Jean Staune Université interdisciplinaire de Paris
                        .
                        * exceptions liées à mon avis par exemple à une pression environnementale très élevée en particulier au stade de l’embryon, ou à l’action de certains virus connus pour interagir avec le génome (remplacements ou apports).
                        .
                        PS : je suis contre les OGM ou le transhumanisme génétique, la science dans ce domaine doit à mon avis rester une connaissance qui progresse et se garder d’intervenir sur le vivant, de le breveter, etc... (on a le droit de rêver car bien évidemment l’argent, les enjeux colossaux, qqs scientifiques sans éthique etc...)


                        • ebxa7 ebxa7 22 octobre 2013 21:39

                          *contrainte environnementale plutot que pression (même si une pression est réciproque donc au final c’est pareil mdr)

                          Extrait du 2ème lien du message précédent :
                          "Le rythme de l’évolution, les cas d’impossibilité du gradualisme, le manque de potentialité évolutive des mutations et le problème de l’origine du code nous incite TOUS à penser qu’un grand nombre de transitions se sont effectuées par « macro-mutations », concept mis en avant par le généticien Goldschmidt dans les années 40 (15), selon lequel la macro-évolution résulte du succès peu fréquent de ’monstres prometteurs’ issus de ces macromutations.« 
                          (cf exceptions*)
                          .
                          mdr j’adore ce terme »monstres prometteurs", ca fait bien ambiance de film de SF de série B voire Z. smiley Ces drôles de bestioles expliquent en partie l’étendue de la biodiversité naturelle.
                          .
                          Le sujet est d’actualité et doit être abordé, à mon avis cette recherche doit être encadrée (éthique stricte) plutôt qu’abandonnée à l’ultralibéralisme débridé ou à la condamnation avec force chapelet et livre sacré.


                        • ebxa7 ebxa7 22 octobre 2013 23:02

                          Après vérification UIP semble faire partie de la sphère créationniste, voir ici science et pseudo-science, donc lien intéressant avec une lecture critique smiley


                        • vachefolle vachefolle 22 octobre 2013 23:53

                          n’oublions pas la contrainte génétique que la mutation est individuelle, correspondant à la naissance d’un seul individu. Imaginez il y a 1000000 d’année la tete des « parents » voyant tout d’un coup un enfant avec des ailes. Meme si cet objet survivait, il ne trouverait pas de compagne pigeonne pour fonder une famille.

                          Donc les mutations ne peuvent qu’etre lentes pour permettre le continuum de l’espèce. Il n’y a pas de mécanisme de mutation simultanée synchronisée, créeant tout a coup un ensemble d’individus différents et une nouvelle espece.


                        • ebxa7 ebxa7 23 octobre 2013 00:30

                          vache folle : Oui cette histoire de monstre prometteur doit rester très exceptionnelle vu que, dans le cas de la reproduction sexuée, il faut que la variante soit un minimum compatible avec une version non mutée, sinon elle n’aura pas d’avenir smiley dans le cas de reproduction végétative, il y a moins de contraintes, donc plus de possibilités de « monstres prometteurs ».
                          Pour le cas des ailes des oiseaux cela est venu progressivement (cf archéoptéryx*), à voir pour les insectes.

                          * cousin non ancêtre des oiseaux


                        • christophe nicolas christophe nicolas 22 octobre 2013 19:09

                          Moi je dis que Darwin est une andouille. Evidemment, le motif de sa théorie fut de réfuter Dieu. Du coup, sa fiancée a refusé de l’épouser et il a été désélectionné de son esprit. Les sociétés deviennent ce que l’esprit préfigure. Les saints et les hommes de bonne volonté tirent vers le haut, les malsains et les salopards tirent vers le bas. Cette buse de Darwin a tellement tirer le monde vers le bas qu’il doit être au Panthéon de Satan. L’esprit de l’homme s’adapte mais surtout, il se forge sa volonté et la bonne voie est la vérité mélange d’amour et d’intelligence, de spiritualité et de connaissance.

                          Entre les interventions de Dieu, des civilisations de l’espace, des évènements catastrophiques et toutes les choses qu’on ignore, mieux vaut ne pas tirer de plans sur la comète vis vis de notre histoire. Le truc qu’on nous présente actuellement c’est le fruit de l’orgueil.


                          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:56

                            Mazette !!! Ton dieu, il fourgue à combien le gramme ? ça m’a l’air d’être du décoiffmax, son teuche !


                          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 26 octobre 2013 20:58

                            Non, je plaisantais mais c’est dégueulasse, je le reconnais. Sincèrement, pourrais-tu trouver quelqu’un pour t’aider ? Je suis sérieux : pense à consulter.


                          • avuser 22 octobre 2013 19:38

                            "Il n’y a pas de concepteur externe transcendant qui détermine les espèces. Le jeu est libre, avec la participation du hasard mais aussi avec des contraintes, celles de la sélection naturelle, externe, et celles de l’organisation naturelle, interne, en liaison avec un certain « ordre informationnel » dans la matière."

                            Le caractère péremptoire de cette affirmation ne fait pas de cette dernière une vérité et semble vous dispenser de toute argumentation.


                            • ebxa7 ebxa7 22 octobre 2013 22:26

                              La 1ere phrase "Il n’y a pas de concepteur externe transcendant qui détermine les espèces" est du domaine de l’opinion, de la croyance ou de la non-croyance, pas du domaine scientifique.
                              .
                              La suite est du domaine scientifique, cela correspond au consensus actuel sur le sujet en terme d’observations, de modélisations et de démarches critiques.
                              Après libre à chacun de l’admettre, le refuser ou le comprendre, cela n’est pas incompatible avec l’existence d’un dieu.
                              .
                              Personnellement j’oscille entre athéisme et panthéisme... je me permets d’ajouter : méfiez vous du scientisme ou pire du technoscientisme.


                            • NICOPOL NICOPOL 23 octobre 2013 05:07

                              Cher Monsieur Dugué,

                              Vous faites décidément feu de tout bois ! Après la révolution cosmologiquement ontologique, voici le bouleversement de la science de l’évolution ! Comme vous avez raison de vous auto-proclamer ainsi, avec la modestie qui vous est coutumière, « visionnaire » !

                              J’avoue toutefois ne rien avoir compris à cet article, et pourtant c’est un sujet que j’ai étudié longuement pendant ma scolarité (notamment les travaux de Richard Dawkins). Mais sans doute suis-je de ce public pavlovien qui, tel le cobaye de l’expérience de Milgram, se contente de penser ce qu’on lui dit ? Vous n’avez pas les lecteurs que vous méritez.

                              Ceci dit, que vient faire l’ « effort vital » là-dedans ? Encore une de vos lubies vitalistes dualistes ? Il n’existe absolument rien de tel en biologie de l’évolution. Celle-ci repose sur 3 grands principes : (i) la mutabilité, (ii) la sélection, (iii) la transmission. Ainsi, au sein d’une population donnée, un gène (A) mute pour donner une version (A’). L’individu mutant transmet son gène à ses descendants et au bout d’un moment une sous-partie de la population possède le gène A’ au lieu du gène A. Il s’agit alors de voir lesquels, des porteurs des 2 gènes A et A’, vont laisser le plus de descendant, c’est-à-dire (a) survivre jusqu’à l’âge reproducteur et (b) trouver un partenaire sexuel (la sélection est donc tout autant « naturelle » que « sexuelle », ce qui explique l’apparition de caractères défavorables du point de vue de l’environnement comme le rostre démesuré de certains poissons ou les bois des cerfs).

                              Si les porteurs du gène A’ l’emportent, il va devenir majoritaire dans la population. Et ainsi de suite pour une nouvelle mutation A’’ etc. Au bout d’un moment, la population mutante est devenue tellement différente de la population d’origine A qu’elle ne peut plus se croiser avec elle : une nouvelle espèce est apparue.

                              La mutabilité produit des mutants ; la sélection favorise les mutants les plus adaptés ; la transmission permet à ces mutants de reproduire leurs gènes ; la dérive génétique conduit au bout d’un certain nombre de mutation à créer de nouvelles espèces. Tout ceci me paraît à la fois clair et très simple. A aucun moment il n’est question d’un « effort vital » : la seule chose qui intervient en « bruit de fond », c’est le processus de mutabilité, qui produit en continu des gènes mutants, mais il ne s’agit pas d’un « élan » au sens vitaliste, mais d’un simple processus physique matérialiste et déterministe (plus précisément, probabiliste) lié à la stabilité des systèmes. 

                              Ceci étant posé, je ne vois pas vraiment dans votre article ce qui permettrait de mettre au rebut cette théorie aussi puissante qu’élégante. En particulier, la phrase suivante "La sélection naturelle [...] n’explique pas le développement des fonctionnalités techniques des espèces et notamment les étonnantes aptitudes perceptives et cognitives.« n’a aucun sens pour moi : que voulez-vous donc dire par ce charabia qui impressionnera sans doute le chaland mais ne peut que déconcerter celui qui maîtrise un minimum le vocabulaire employé ? Littéralement, vous voulez dire que la sélection naturelle n’explique pas l’apparition des sens et de l’intelligence ? Si c’est cela, vous vous mettez vraiment au niveau de ces créationnistes qui clament que la sélection naturelle ne peut pas expliquer l’apparition de l’oeil ou du cerveau humain - ce qui est parfaitement faux...

                              Merci donc de clarifier vos propos car l’ambition de votre propos ( »bye bye Darwin") mérite un peu plus de rigueur que ce verbiage pseudo-savant.

                              Respectueusement vôtre,


                              • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 octobre 2013 11:40

                                Juste une réaction sur la question de l’intelligence, du sens et de l’apparition des fonctions vitales

                                Dire que le néo-darwinisme n’explique pas ces faits n’implique pas que l’on opte pour le créationnisme. C’est un peu limité comme raisonnement et d’ailleurs, Thomas Nagel dit la même chose. Or, il est athée convaincu.


                              • NICOPOL NICOPOL 24 octobre 2013 05:03

                                Bonsoir,

                                Certes, vous avez raison, je vous fais sans doute un procès d’intention en laissant à penser que je vous soupçonne de créationnisme. Mais là n’est pas la question : la question, c’est : a-t-on aujourd’hui identifié des faits qui remettraient sérieusement en question la théorie de l’évolution (je veux dire, au-delà de simples améliorations ou approfondissements) ? A ma connaissance, il n’y en a pas ; et selon ma compréhension, vous n’en donnez pas de façon argumentée dans votre article. Et si vous n’êtes pas capable d’en convaincre le lecteur, rien ne justifie la prétention du titre de votre article.

                                Bien à vous,

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