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Accueil du site > Actualités > Technologies > Cancer, Alzheimer… une voie de la dernière chance est-elle possible (...)

Cancer, Alzheimer… une voie de la dernière chance est-elle possible ?

 A. Exposition de l’impasse actuelle

 Le cancer, Alzheimer ainsi que Parkinson sont des pathologies le plus souvent sévères, affectant considérablement la qualité de vie et surtout, ce sont des maladies évolutives qui pour des deux dernières n’évoluent jamais en régressant. Ces maladies sont pour l’instant incurables, faisant l’objet de soins essentiellement palliatifs. Le cas du cancer est différent puisque environ un cancer sur deux bénéficie d’une rémission et parfois, d’une guérison. Après, tout est question d’appréciation mais il ne faut pas se leurrer car le cancer évolue rarement dans un sens favorable, même avec le déploiement des chimiothérapies qui pourraient même aggraver l’état du patient. Quant aux chiffres annoncés par les professionnels, ils sont soumis à des biais. Ce n’est pas la même chose d’attraper un cancer à 50 ans ou à 80 ans. Dans le premier cas, une partie de la vie est abrégée pourrait-on dire alors dans le second cas, le décès intervient dans les normes statistiques mais dans les deux cas, il faut souligner avant toute chose qu’il y a des personnes qui souffrent. Et que la science reste impuissante. Et que ça vaut la peine de se pencher sur des questions. Et enfin qu’il est aussi utile de réfléchir sur des pistes qui ne sont pas actuellement explorées. La logique veut que ces trois pathologies relèvent de traitements bien distincts mais il y a une faible probabilité qu’une mise en commun des approches puisse s’avérer utile. Cela dit, je vais m’intéresser au cas du cancer.

 J’ai déjà évoqué la chirurgie et la radiothérapie. Il sera question de la chimiothérapie qui repose sur l’élimination sélective des cellules tumorales. Avec des molécules ou des cocktails pas très efficaces occasionnant des effets secondaires sévères. Le principe étant de monter les doses pour tuer la tumeur mais sans tuer le bonhomme. Cette solution ne convient plus et les labos déploient force recherches pour trouver des molécules susceptibles d’aller sur la cible mais là aussi, des problèmes surgissent car les cellules métastatiques évoluent du fait de l’instabilité génomique. Si dans le premier cas, on peut comparer la tactique avec l’obus de mortier, la seconde serait plus proche du missile guidé par laser. Mais une cellule ne ressemble pas à une cible militaire et sait échapper au contrôle des molécules. Les chercheurs peuvent toujours chercher, surtout s’ils ont une paye à la fin du mois, mais la conclusion la plus plausible reste l’impasse.

 Compte tenu de ces résultats acquis depuis cinq décennies, quelques options alternatives ont été suggérées comme celle proposée par Jean-Pascal Capp qui, axant son approche sur la thèse du génome instable et de l’adaptation cellulaire (voir précédemment), envisage de remettre les cellules tumorales sur la bonne voie. Pour cela il existe des molécules censées intervenir dans les mécanismes épigénétiques et quelques tests sont pratiqués. Je souhaite bonne chance aux chercheurs qui travaillent dans ce domaine et pour ma part, je doute fortement du résultat final. Car le problème est systémique. Il n’y a aucune possibilité d’influer sur le dispositif génétique et épigénétique pour remettre une cellule dans le droit chemin. Le système est bien trop complexe. Je tente une allégorie. Vous êtes pris dans une mauvaise passe. Comment remettre votre âme en état de fonctionner. Quelques mots ? Coué, courage, espoir, dieu… bien évidemment ça ne marche pas. Par contre, vous pouvez éventuellement lire attentivement un texte profond qui permettrait de recadrer votre approche existentielle. Je ne sais pas quelque est votre problème mais disons, un écrit de Krishnamurti, ou bien le livre de Job, si votre parcours ressemble à un fardeau. Bref, il faut un ensemble de phrases pour pénétrer dans votre âme et pour une cellule c’est pareil. Il faut jouer sur les centaines voire milliers de messages moléculaires portés par les ARN ou les protéines. Conclusion, la voie des molécules exogènes ne peut pas marcher comme le voudrait une approche mécaniste du vivant. Mais en matière de science, bien plus que dans le religieux, les miracles sont possibles. Laissons alors aux croyants de la science l’espérance dans la découverte de la molécule qui guérira le cancer. Et concluons qu’il s’agit là d’une attitude pascalienne. Celui qui parie sur le miracle ne perdra rien si à la fin le pari est perdu.

 Tout n’est pas perdu en fait, car il existe une option qui n’est pas conventionnelle et qui n’a pas été explorée, ce qui s’explique du point de vue de la sociologie des chercheurs mais ne se légitime pas selon l’éthique de la science. Si vous interprétez ce constat en pensant que la recherche s’est écartée de l’éthique de la Science, eh bien vous n’avez pas tort. La voie alternative repose sur l’action globale que peut permettre un usage adéquat du champ magnétique. Par adéquation, j’entends efficacité mais je ne saurais en aucun cas dire comment parvenir à une efficacité ni si elle est possible. Je ne sais pas et justement, quand on se sait pas, alors on fait des recherches si on veut savoir si ça marche. Je vais ici présenter quelques arguments pouvant justifier de chercher dans cette direction.

 

B. Une autre voie, les champs électromagnétiques

 I. 1920-1970. Quelques obscurs précurseurs. L’idée d’utiliser les champs magnétiques n’a rien de gratuit, ainsi d’obscurs savants l’ont appliquée il y a bien longtemps. Je ne mentionnerai que deux cas que je connais un peu. Celui de Lakhovsky qui dans les années 1920, effectua quelques expériences dont il ne reste pas grand-chose dans la littérature scientifique exceptés quelques vieux papiers publiés dans les comptes-rendus de l’académie des sciences et quelques livres parmi lesquels La Caballe (G. Doin eds. 1934) dans lequel l’intéressé raconte ce qui pour lui fut autant une aventure scientifique et médicale qu’une épreuve en raison des hostilités rencontrées de la part des mandarins de la science et la médecine. Si l’on accorde à l’auteur une présomption de sincérité, alors on admettra que des résultats sur le cancer ont été obtenus mais qu’il ne s’agit que d’éléments prometteurs devant être confirmés. Lakhovsky justifiait ses expériences en émettant l’hypothèse de la cellule vivante conçue à partir d’éléments oscillants et de ce fait, se prêtant à une interaction avec un autre dispositif oscillant, celui du champ électromagnétique avec ses ondes pénétrantes. On laissera de côté le volet théorique rendu obsolète par la biologie moléculaire contemporaine. De plus, la vision de Lakhovsky pèche par une orientation trop mécaniste et si l’usage des champs magnétiques doit être justifiée, ce doit être dans un cadre inédit que seul le 21ème siècle peut proposer. L’autre savant ayant usé des champs magnétiques est le sulfureux Priore dont l’histoire paraît rocambolesque. Quasiment un polar avec des individus honnêtes, d’autres louches, des choses tenues secrètes et notamment le réglage de l’appareil par l’intéressé qui emmena son secret dans la tombe. Quant aux résultats, ils sont controversés mais des cas de guérison voire d’amélioration ont été constatés. Toujours est-il que cette piste de la thérapie magnétique a été enterrée pour diverses raisons. D’abord la personnalité de Priore qui, conscient de l’importance de sa découverte, a développé quelques syndromes paranoïaque. Ensuite, les jalousies dans le milieu scientifique, l’intransigeance théorique des mandarins peu enclins à donner raison aux dissidences. Bref, ce n’est pas exagérer que d’envisager une présomption de sabotage d’un champ de recherche. Mais en ces temps de découvertes moléculaires et de croyance dans la thérapie chimique, ce type d’investigation était déconsidéré. Un mandarin affirma à ce propos qu’aucun succès n’avait été obtenu pour le cancer en usant de champs électromagnétiques. Néanmoins, il n’est pas certains que beaucoup d’instance aient été déployées en ce domaine, surtout qu’il n’y avait pas de contexte théorique permettant d’expliquer le phénomène. A l’inverse, les agents intercalant et alkylant tuent les cellules cancéreuses, ce qui justifiait auprès des instances médicales le forcing dans cette voie, avec notamment le fameux plan Nixon dont on sait maintenant qu’il a échoué. Nous étions à la fin des sixties. Mais le plus souvent, le cancer tue son homme plus vite que la chimio ne tue le cancer.

 II. 1970-2005. La traversée du désert. J’avoue avoir commencer à douter de ces options alternatives, aussi, une rapide recherche sur le Net a permis de recadrer mon opinion. Par exemple l’existence de quelques sociétés commercialisant des appareils censés améliorer diverses pathologies (inflammation, arthrite, insomnies, migraine et même cancer) en irradiant le patient d’ondes EM. Evidemment, les sceptiques voient quelque charlatanisme, surtout au vu du coût de l’appareil autour des 2000 euros (en passant, c’est moins qu’un mois de traitement avec les molécules design du dernier cri issues des firmes pharmaceutiques). Quant à l’Etat, il voit ces pratiques d’un mauvais œil et déploie la patrouille légaliste au lieu de diriger les recherches dans cette voie. En fait, l’étude des effets thérapeutiques des champs EM a été un domaine très encadré, voire même délaissé, comme le souligne l’un des pionniers en ce domaine, le Dr C.F. Blackman, auteur d’un commentaire savant paru dans le très sérieux British Journal of Cancer, 102, 241-242, (2012), portant sur la publication récente de trois études montrant enfin l’efficacité des ondes EM sur certains types de cancer, avec des résultats encourageant chez l’homme. Ces recherches ont même fait l’objet d’un article paru dans le Gardian. Autant dire qu’une voie semble ouverte mais l’issue dépendra des moyens déployés dans ce champ prometteur. Je reviendrai plus tard sur ces recherches.

 Les précisions livrées par Blackman sont édifiantes. Elles offrent un rappel historique récent de la question tout en évoquant rapidement comment des recherches sur les ondes EM ont été laissées en friche pendant des décennies. Il reste quelques applications des champs en chirurgie orthopédique (1985), ainsi que des résultats montrant des effets notables sur la douleur. Auparavant, des effets biologiques des champs EM ont été observés par Suzanne Baldwin (1975) et indépendamment, par des chercheurs dirigés par Blackman qui pendant les années 80 et début 90, a publié quelques travaux sur les effets biologiques des champs EM. C’est alors que les autorités, soucieuses d’effets indésirables et d’éthique médicale, ont tracé des règles strictes encadrant ces recherches, en limitant notamment l’intensité des rayonnements dispensés. Malheureusement, comme le dit Blackman, ces recherches se sont pour ainsi dire asséchées, voire évaporées (dried up), sans doute à cause d’un manque de résultats et de persévérance. Bref, pour reprendre ses termes, une voie thérapeutique prometteuse est passée à la trappe. Mais semble avoir ressuscité depuis les résultats encourageant publiés dès 2009 par une équipe internationale conduite par Boris Pasche, le principal protagoniste dans le développement d’une thérapie nouvelle, la LEET, qu’on peut traduire par thérapie avec des ondes (modulées) à basse énergie. Et c’est ici que les choses sérieuses ont commencé.

 III. 2005-2010. La renaissance de la médecine bioélectrique. Le début du 21ème siècle aura vu se dessiner un regain d’intérêt pour l’utilisation des champs physiques dans une visée thérapeutique. En 2004 fut publié aux éditions M. Dekker un livre de 850 pages qui fait référence en la matière, Bioelectromagnetic medecine. La présentation de la médecine bioélectrique (je traduis ainsi la désignation anglo-saxonne) dans cet ouvrage suscite beaucoup d’espérances mais il faut rester prudent car pour l’instant, la vitesse de croisière de cette voie est loin d’être atteinte, ni les résultats d’ailleurs. Pourtant, Andrew Basset, l’un des pionniers dans cette voie, chirurgien orthopédiste, n’hésitait pas à affirmer en 1992 que la prochaine décennie verrait la médecine bioélectrique prendre une place aussi importante que la chirurgie et la médecine allopathique (moléculaire). Cet ouvrage, dirigé par Paul J. Rosch et Marko S. Markov, comprend quelques dizaines de contributions rédigées par 86 scientifiques reconnus pour leurs compétences en médecine bioélectrique. C’est cette ouverture de champ disciplinaire qui fait dire au présentateur du livre qu’aucun secteur n’échappera à cette médecine porteuse d’espoir dans les soins curatifs, qu’il s’agisse du cancer, d’Alzheimer, des migraines, de la dépression, la dégénérescence maculaire, l’épilepsie etc. et donc de la plupart des pathologies invalidantes affectant les populations.

 A souligner une notice introductive proposée en guise de rappel historique sur les pratiques anciennes basées sur le magnétisme. Evidemment, pas plus les sages de l’Inde védique que les thérapeutes de l’Egypte ancienne ne connaissaient les ondes électromagnétiques et le champ de Maxwell. Néanmoins, ils avaient trouvé les minerais aimantés et ont su assez tôt que des usages thérapeutiques étaient possibles. Bien après l’Antiquité et avant la formidable ascension de la science mécanistes, deux figures connues mais controversées ont utilisé les aimants pour des usages thérapeutiques, l’alchimiste Paracelse au 16ème siècle et le médecin Mesmer au 18ème siècle. Par la suite, les découvertes modernes ont incité les médecin à tenter l’aventure magnétique mais comme la médecine moléculaire s’est avérée très efficace, avec l’appui de la chirurgie, le système de santé à privilégié la voie allopathique qui, détail pas anodin, a généré de substantiels profits. Je n’insiste pas sur cet historique qui mérite de faire l’objet d’une investigation épistémologique poussée. Ce qui sera fait au moment de situer et expliciter le nouveau paradigme lié à la médecine bioélectrique.

 Le lecteur attentif aura prêté une oreille au propos ici servi et se demande pourquoi cette médecine alternative a été délaissée. Si on laisse de côté les conflits d’intérêt, deux explications épistémologiques permettent de comprendre cette mise à l’écart d’un champ prometteur. D’abord l’explication sociologique. Etant donné la facilité offerte aux bricoleurs en électroniques, nombre de charlatans ont occupé le devant de la scène en égarant les patients vers une médecine pas très sérieuse. Du coup les autorités ont surveillé ces gens pas très sérieux et parfois néfastes. Ensuite une explication plus scientifique. La presque totalité des molécules allopathiques ont des effets liés à un mécanisme d’action élucidé, que ce soient l’aspirine, les anxiolytiques, les antiarrythmiques, etc. Quand la science possède un cadre théorique doublé de succès empiriques, elle avance et met des moyens considérables. Or, et c’est ce que soulignent les éditeurs de l’ouvrage, la médecine bioélectrique n’a pas encore trouvé son cadre théorique. Ce faisant, elle se trouve démunie et marche un peu à l’aveugle, d’où le peu de résultats et par ricochet, le peu de moyens déployés. 

 

IV. 2010-2013. La LEET, Une percée inédite dans le traitement magnétique du cancer.

 à suivre si vous le souhaitez et surtout si vous voulez être les acteurs d'une aventure scientifique au lieu de subir les règles du Système


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2 réactions à cet article    


  • geo63 10 septembre 2012 10:32

    Bonjour,

    Une suggestion d’expérience : on place un patient atteint d’un cancer localisé dans un appareil d’IRM, on le laisse un certain temps (?) (il faudra supporter) et on peut directement observer les évolutions de la zone atteinte sous l’influence du champ magnétique ambiant qui est la source même de la technique. Mais peut-être cela a-t-il déjà été effectué ?

    Bon, sachant que la médecine « de pointe » doit d’abord et avant tout faire du chiffre cela fera perdre du pognon aux « investisseurs » mais c’est epsilonesque par rapport aux expériences menées actuellement au CERN.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 septembre 2012 13:11

      Bonjour,

      l’IRM ne fonctionne pas avec des fréquences spécifiques Le patient reste plongé dans un champ magnétique constant Ensuite, une impulsion de Dirac est envoyée ce qui donne un spectre de fréquences (tf Fourier) permettant de visualiser l’isotope choisi, C13, P31 etc... c’est le noyau qui « absorbe » les fréquences

      Le traitement proposé par Pasche est assez différent. La France ne s’intéresse pas car le Français est un cartésien et ce qu’il ne peut pas expliquer n’existe pas !

      Dommage que cet article intéresse moins les internautes que les echos de première dame Trierweiler. De toutes façons, on finira tous en poussières

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