• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Technologies > CD vs MP3 : du nouveau du côté du téléchargement illégal
18%
D'accord avec l'article ?
 
82%
(51 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

CD vs MP3 : du nouveau du côté du téléchargement illégal

"Je n’accepte pas qu’un travail soit spolié parce que c’est techniquement possible, parce que les producteurs gagnent trop d’argent, parce que c’est plus pratique de télécharger que d’aller à la Fnac", déclarait notre Président. En 2006. Et il n’a pas oublié : les téléchargements illégaux sont de nouveau (ou plutôt toujours) sur le devant de la scène.

 

Le gouvernement aimerait mettre en place une "riposte graduée" contre les internautes qui téléchargent illégalement des films ou de la musique. Une future Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l’Internet (Hadopi) enverrait d’abord un courriel, puis une lettre recommandée au titulaire de l’adresse IP. Si de nouveaux téléchargements étaient constatés, l’abonnement à Internet serait suspendu, pour une durée d’un mois à un an. (Le Monde)

Et le 25 septembre, l’UMP a demandé au gouvernement "d’inscrire en urgence le texte Création et Internet à l’ordre du jour du Parlement". Eh oui ils sont pressés, parce que du côté du parlement européen, la tendance c’est plutôt qu’aucune restriction aux droits et libertés des internautes ne puisse être imposée sans une décision judiciaire préalable. Les règles européennes "n’exigent pas des fournisseurs qu’ils contrôlent les informations transmises par l’intermédiaire de leurs réseaux, ni qu’ils prennent des sanctions ou engagent des poursuites judiciaires à l’encontre de leurs clients en raison d’informations transmises". Ce qui conviendrait mieux aux FAI français, qui a l’instar de free n’ont pas envie de jouer les rapporteurs et surtout d’assumer les coûts de cette surveillance de leur clients...

Côté français, car la France est très forte pour jouer les mauvais élèves dans l’Union qu’elle a fondée, on essaie de se sauver comme on peut. Selon Christine Albanel, le vote du Parlement européen "ne s’oppose pas" à l’approche graduée contre le piratage prévue dans le projet de loi français. "Le fait d’être privé de connexion internet ne constitue pas une privation d’une liberté fondamentale. Ensuite, la liberté de communiquer cesse là ou commence le droit de propriété des auteurs spoliés". N’importe quoi !

Maintenant c’est au tour de Nico d’envoyer une lettre au président de la commission européenne, mais avec peu d’espoir de trouver du soutien...

Alors cette loi française serait-elle une avancée ? D’un côté les modèles légaux se diversifient : stream (Deezer), abonnement (Orange Max ou Neuf Music), le téléchargement sans DRM (Amazon MP3 ou bientôt iTunes). Et toutes ces solutions légales ne pourraient décoller qu’à partir du moment où le téléchargement gratuit et illégal serait stoppé. De ce côté-là la loi paraît être une proposition raisonnable pour arriver à un modèle economique gagnant et sain pour l’ensemble des ayants droits.

D’un autre côté, c’est un combat d’arrière-garde. Au leu de mourir tout de suite, le CD et le DVD vont simplement agoniser deux ou trois ans de plus... deux ou trois ans de perdus pour développer les moyens actuels d’accès à la musique et au cinéma. Absurde.

Mais il faut dire ce qui est : ce n’est pas la création que le gouvernement veut défendre, mais le business des majors. En un mot, du lobbying. En plus prendre des sanctions sans passer par la voie judiciaire c’est carrément passer outre la démocratie et la séparation des pouvoirs. La France joue la carte de l’autoritarisme au service de l’industrie : une tentative de passage en force d’une loi liberticide, contre l’avis du parlement européen, pour régler un problème qui n’existe pas (le téléchargement illégal n’a jamais causé le moindre dommage à l’industrie, études à l’appui - vieux exemples ici et ). Le tout pour le profit d’une industrie ayant les moyens d’acheter son influence auprès du gouvernement. Dans ce cas-là comme dans bien d’autres, ce sont bien les industriels qui dirigent le monde, et non les Etats. Combien de temps l’Union Européenne tiendra-t-elle encore...

De mon côté, je continue de croire au CD, car je n’accepte pas le téléchargement à 1 euro sans support physique. Acheter un CD, c’est mon moyen de soutenir l’artiste quand j’apprécie son travail. Même si préalable j’avais déjà téléchargé l’album en mp3. Ca peut paraître absurde d’acheter quelque chose que j’ai déjà et je suis le premier à utiliser mon ordi comme jukebox branché sur l’ampli car bien sûr c’est plus pratique que de mettre des CD, mais avoir une grande CD-thèque c’est ma façon d’être honnête et surtout je tiens à avoir les "originaux" pour les choses que j’apprécie.

Mais parfois le CD recherché n’est pas disponible ou trop cher (un album que je cherchais samedi était à 80€ en occasion sur Amazon). Dans ce cas-là il ne reste rien d’autre que le téléchargement !

Ca me fait mal de le dire, mais s’il faut vraiment trouver une solution contre le piratage, je m’attaquerais à ceux qui mettent leur musique à disposition, car ça me semble bien plus efficace. Comment ? Par exemple avec le watermark, cette signature numérique incrustée dans l’audio du mp3 (inaudible pour l’oreille humaine bien sûr), difficile à effacer sans dénaturer le son et qui permet d’identifier l’acheteur du morceau.

Mais je ne le souhaite pas, car j’apprécie la liberté de télécharger pour écouter, et rémunérer l’artiste si ça me plaît : si on développe quelque chose qui va dans ce sens, je suis preneur !

par Julien Fischer (son site) samedi 11 octobre 2008 - 20 réactions
18%
D'accord avec l'article ?
 
82%
(51 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Marcel Chapoutier (xxx.xxx.xxx.56) 11 octobre 2008 16:23
    Marcel Chapoutier

    C’est toujours les plus grands voleurs qui se croient intouchables et accusent les autres de petits larcins sous le fallacieux prétexte de défense d’auteurs (qu’ils n’hésitent jamais à truander sans vergogne). 

    Cette histoire est lamentable et en dit long sur la désinformation dont nous sommes tous victime. 

    On cherche à culpabiliser et à criminaliser les citoyens alors que ce sont les pires crapules qui sont du côté du manche et possèdent les moyens d’information.
     
    Cette crise financière est leur euvre et c’est les citoyens qui vont payer pour eux. !..Jusqu’à quand allons nous nous laisser plumer et insulter de la sorte ???!!!..

    Aux armes citoyens !!!!...

  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 11 octobre 2008 18:43
    Forest Ent

    Tant qu’il y aura les majors et leur lobbying, il n’y aura pas de solution pour les créateurs. Il faut attendre la faillite de la RIAA et de la MPAA. A moins que les créateurs ne prennent leur destin en main et s’affranchissent des industriels, mais ça sera dur.

    Pendant la discussion du projet de loi DADVSI, un député PC avait introduit un amendement sympathique qui avait fait l’unanimité. Et puis il avait disparu silencieusement au Sénat, sous la pression des représentants PS et UMP de la RIAA, comme Thiollière. Cet amendement disait que l’Etat devrait créer une plate-forme publique de distribution d’oeuvres sous licence CC. Ca a l’air inoffensif, et on ne voit pas pourquoi les majors ont fait le forcing pour que cet amendement disparaisse du texte définitif, n’est-ce pas ? C’est simplement parce que ça officialisait le fait qu’ils ne servent à rien, et que ça aurait été la porte ouverte à un forfait illimité qui ne passerait pas par eux. Des solutions, il y en avait. Des solutions avec les majors, il n’y en avait pas.

  • Par Actias (xxx.xxx.xxx.195) 11 octobre 2008 16:33
    Actias

    Les CD à 20 Euros, les marges astronomiques, c’est finis. Que les majors (les artistes ont rien à voir la dedans) s’adaptent ou crèvent. Il est déplorable de constater que nos politiciens soient si attentifs à des lobbyes surpuissants.

    Un artiste ayant un minimum de talent pourra toujours vivre de son art. Ils se lèvent tot et font un concert ou propose des telechargments payants. Mais pas plus de 10 cents le morceaux, comme il n’y a plus de support physique (polluant par ailleurs) ils peuvent tabler sur de gros volumes.

    Il y’a toujours eu de la musique et il y en aura toujours, internet est un outil de diffusion artistiques formidable pour l’humanité. 

    En attendant que personne ne compte sur moi pour soutenir ce système puant qui lutte pour sa survie. Je telecharge, à fond, et si je ne pouvais pas le faire je n’acheterai de toutes facons aucun cd (il y a d’autre moyen de pirater, la technologie paaséiste des majors NE PEUT PAS survivre).

    Si des "artistes" trouvent pas ca gentil, qu’il arretent de m’imposer leur "création" à la télé ou la radio, dans la voiture ou les supermarché. Qu’il restent hyper secrets, et la, peut etre, je ne les """piraterai""" pas.


  • Par Errare (xxx.xxx.xxx.17) 11 octobre 2008 16:47
    Ce que vous dites me fait penser à la relation que l’on peut avoir avec un artiste de rue. Il arrive, installe son matériel dans un endroit passant, interpelle les badaud, commence son spectacle. Ceux qui sont disponibles et dont la curiosité est piquée, assistent au spectacle. Les autres passent leur chemin. Parmi ceux qui restent - et à la fin du spectacle - certain vont s’estimer reconnaissant pour la qualité du moment passé, et vont y aller de leur obole. Les autres ne le feront pas, soit par faute de moyen, soit parce qu’ils les ont mais n’ont pas la monnaie, soit pas qu’ils ont estimé que la prestation était décevante, soit enfin par pingrerie et malveillance.
     
    Quel artiste a eu le premier l’idée de demander son dû avant de commencer sa prestation ? Sans doute celui qui avait à sa disposition un local pouvant servir de théâtre, dont il fit payer l’entrée sur la foi de la qualité du spectacle annoncé. Ou bien celui qui avait dans ses relations une bande de nervis capable d’imposer le règlement de l’obole par la force. Sans doute était-ce le même que celui qui réalisa que la qualité de sa prestation influait moins sur le montant de sa récompense que son aptitude à interpeller le plus de gens possible avant de donner son spectacle.
     
    Et enfin quand la rémunération et la célébrité ont été préférées par l’artiste à la récompense et la reconnaissance ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox