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Ce que nous cachent les écrans

Un ami facétieux m’a raconté qu’un soir où sa mère et lui étaient assis dans le salon et parlaient de la vie et de la mort il lui a dit : « Maman, ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, où l'on dépend de machines et de flacons. Si tu me vois dans cet état, débranche les machines qui me maintiendraient en vie. Je préfère mourir ! » Admirative, sa mère se leva et débrancha la télévision, le lecteur de DVD, le câble INTERNET, l'ordinateur, le MP3/4, la PLAY-2, la PSP, la WII, le téléphone fixe. Elle prit son mobile, son IPOD, son BLACKBERRY et même ses bouteilles de bière. Il crut mourir ! 

Cet exemple plutôt cocasse résume assez bien les choses puisqu’on estime que les Français passent en moyenne 3 à 4 heures chaque jour devant des écrans de toutes sortes : ordinateur, télévision, smartphone, tablettes numériques etc. Cette dépendance est donc devenue un phénomène de société d’une grande ampleur qui autorise à se demander comment ce « temps de cerveau disponible » change notre vie. Car il serait malhonnête d’ affirmer comme certains que la violence, le sexe, ou même les informations et le savoir que nous recevons par le biais des différents écrans que la technologie moderne nous offre n'ont aucune influence sur la pensée des adultes, et a fortiori sur celle des enfants jugés plus influençables ou ayant moins d'expérience. Cela reviendrait à croire que les sommes énormes dépensées en publicités diverses pour faire acheter tout et n'importe quoi le sont de manière inutile à cause d’irresponsables qui cherchent volontairement à se priver d’un retour sur investissement et à plonger leur entreprise en faillite.

Or il n'y a pas besoin de grandes recherches scientifiques pour montrer cette influence sur chacun de nous, car le bons sens suffit, même si ces études existent. Mais curieusement cette addiction technologique ne fait actuellement l’objet d’aucun ajout dans le célèbre DSM américain (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dont la première édition publiée en 1952 relevait déjà 60 pathologies psychiques et dont la prochaine en recensera probablement plus de 500 (!). Il vaut mieux rire des excès de cette fausse science même s’il s’agit là d’un vrai problème de santé publique. Car si les Français consacrent désormais la moitié de leur temps libre devant les écrans selon une enquête récente de l'INSEE - ce qui en laisse très peu pour d’autres activités - 9 minutes pour le sport - qu’est-ce que cela change réellement ?

Sur le plan neurologique il est établi que faire travailler le cerveau d’une façon particulière, surtout durable et répétitive, a une influence sur les structures cérébrales et leur développement. Avant la généralisation du GPS les chauffeurs de taxi londoniens dont la mémorisation des rues était essentielle à leur métier présentaient une hypertrophie de l’hippocampe du système limbique qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale. Différentes études prouvent qu’il existe chez les sportifs des circuits de récompense liée à la production de dopamine dans le mésencéphale (aire tegmentaire ventrale du noyau accumbens) et que le striatum au centre du cerveau augmente de volume chez les joueurs vidéo compulsifs. Ceci montre que nos activités physiques ou mentales modèlent notre cerveau durant toute notre vie ce qui n’est pas surprenant puisque nos actes et nos pensées ont forcément une trace cérébrale.

Une étude récente réalisée par des chercheurs de l'Université de Grenoble (Laurent Bègue) en collaboration avec d’autres universités (Hohenheim en Allemagne, Etat de l'Ohio aux EU) montrerait que plus les étudiants jouent à des jeux vidéo violents et plus leurs pensées hostiles et leurs conduites agressives augmentent. D’autres recherches indépendantes déjà anciennes (Gerbner, Huesmann, Williams, Eron, Steinfeld) soulignent que la violence à la télévision peut rendre les enfants moins sensibles à la souffrance des autres, plus craintifs ou plus agressifs, moins performants à l’école, et que cela peut nuire à leur santé mentale.

Avant l’âge de 13 ans un enfant américain moyen est témoin face à l’écran de plusieurs milliers d’actes violents ou de meurtres, surtout quand les parents travaillent - car la télé est une nounou gratuite - alors qu’on sait depuis longtemps que l’imitation est un facteur important dans la construction de la personnalité. Les différentes tueries massives de plus en plus fréquentes qui parsèment l’actualité avec un fort retentissement médiatique : Killeen en 1991, Columbine en 1999, Red Lake en 2005, Blacksburg en 2007, Covina en 2008, Binghamton en 2009, Tucson en 2011, Aurora en 2012, entre autres, n’ont pas forcément de lien avec l’imitation ou la violence sur les écrans, ni seulement avec la vente libre des armes, mais cela accrédite l’idée que certains individus, souvent isolés et déprimés, n’arrivent pas à intégrer les limites internes qui les retiendraient d’avoir de violents passages à l’acte.

Cet empêchement qui est un frein intérieur se construit habituellement par la parole et les échanges avec autrui grâce aux identifications qui fournissent les enveloppes sociales de la pensée servant à contenir les pulsions. Or les écrans peuvent au contraire isoler des relations et du monde car s’ils servent à montrer ils peuvent aussi cacher des choses aux autres et/ou à soi-même. Dans son livre « TV lobotomie » publié en 2011, Michel Desmurget, chercheur à l’INSERM, force le trait et enfonce le clou. Il recense 4000 articles sur la question pour établir un bilan proprement effrayant sur la téléphagie des jeunes qui serait à l’origine de nombreux risques : obésité, tabagisme, alcoolisme, sexualité mal contrôlée, anxiété, violence et/ou indifférence à la violence, troubles du sommeil, altération du développement intellectuel et affectif, difficultés scolaires …

A l’heure où beaucoup d’ enfants de 12 ans regardent librement la télé dans leur chambre et surfent sur internet sans limite en découvrant la pornographie et des centaines d’amis - qu’ils ne verront jamais - sur des réseaux dits sociaux, pendant que leurs parents ingurgitent passivement à la télévision des informations indéfiniment ressassées qui jouent essentiellement sur le registre émotionnel : crimes, accidents, attentats, aléas climatiques, polémiques, sécurité, avec en plat de résistance les émissions de jeux et de téléréalité, ou celles dites de variétés si peu variées qui usent la brosse à reluire avec les mêmes pipoles passant en boucle d’une chaîne à l’autre, on est en droit de s’interroger sur le rôle actuel d’un service public qui programmait en 1961 les Perses d’Eschyle en prime time et sur la dégradation d’une pensée collective qui semble encouragée par les politiques.

Les enseignants ont perçu depuis longtemps les conséquences préoccupantes de cette sur-stimulation permanente qui concerne surtout les aires sensorielles et profondes du cerveau plutôt que le cortex préfrontal qui favorise l’analyse et la réflexion, ce qui retentit directement sur les résultats scolaires. Ils ont affaire de plus en plus souvent à des enfants fatigués et agités qui ne lisent plus, comprennent mal, et zappent sans cesse des informations fragmentaires sur lesquelles ils n’arrivent pas à s’arrêter pour les assimiler vraiment en se concentrant dessus. Car les études sur le travail multitâche (E. Gless, E. Miller, D. Pleux, D. Allen, L. Einfalt, C. Nass), dont l’efficacité est pourtant si vantée par des managers qui encouragent de façon perverse la compétition plutôt que la compétence - qui leur manque en effet - montrent que le cerveau n'est pas fait pour répondre à plusieurs sollicitations en même temps car il ne sait faire bien qu'une seule chose à la fois.

On sait aussi que chez les adolescents la dépendance aux écrans est souvent le premier signe d’un retrait social ou d’une dépression qui peut conduire au suicide comme cela fût le cas pour Gauthier ou Amanda Todd. Tous ces écrans qui semblent privilégier l’imagination conduisent en fait au retour du réel dans sa forme la plus frustre en supprimant la capacité à faire semblant qui pourrait instaurer un lien symbolique ou ludique au monde et aux autres. Serge Tisseron a probablement raison de pointer que cela prive le sujet d’un puissant antidépresseur car même s’il est exact que les enfants d’aujourd’hui sont plus vifs et curieux que leurs pères, ils sont aussi plus sensibles à la frustration et souvent insatisfaits. Ils ont pourtant « tout » disent les parents avec une belle insouciance, eux qui devraient savoir qu’une expérience suffisante des limites forge l’identité et la solidité de l’être.

Jacques Ellul fût l’un des premiers à montrer comment la technique échappait de plus en plus au contrôle de l'homme pour devenir « un phénomène complètement autonome » faisant « peser sur lui un grand nombre de déterminations » parce qu’en se sacralisant elle créait un processus psychologique de dépendance et d’addiction qui modifiait le sujet. Un autre sociologue, Jean-Jacques Delfour, dans son livre « Télé, bagnole et autres prothèses du sujet moderne » développe l’idée que toutes ces machines qui nous obéissent au doigt et à l’œil comme des esclaves contribuent à nous transformer en tyrans indifférents aux autres hommes pour instaurer une sorte de « Discours de la servitude volontaire » de la Boétie à l’envers.

Il faut cependant reconnaître que les écrans qui captent notre attention et modifient notre pensée n’ont pas que des effets nocifs car ils rendent aussi de réels services. Mais ce n’est pas le sujet de ce billet. Or on ne connaît pas de cas dans l’histoire où l’homme ait volontairement renoncé à des technologies dont il tirait avantage et/ou profit. Il s’agit donc de réagir avec pertinence face à cette tyrannie de la technique qui est un problème de santé publique surtout pour les enfants et adolescents. Cela demande de bien saisir que les écrans nous font croire à l’illusion de la présence sans l’absence. Car avec les écrans nous sommes toujours collés et connectés à quelqu’un ou quelque chose comme si la distance et la perte ou la séparation et la mort n’existaient pas, ce qui maintient un déni de réalité qui altère le processus de symbolisation. Acceptons donc de nous séparer pour pouvoir nous retrouver vraiment, aidons nos enfants à le faire en parlant et jouant avec eux. Apprenons leur à décrypter l’image - cet anagramme de magie - pour utiliser ces techniques à bon escient et sans risque. Face à la dictature du toujours plus qui déprime le monde et l’asservit cultivons les relations réelles et le manque raisonnable sans lesquels la pensée et la créativité n’existeraient pas car les écrans ne sont pas les écrins de la vie. Comme aurait dit Rimbaud : « la vraie vie est ailleurs ».


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55 réactions à cet article    


  • JL JL 5 novembre 2012 10:34

    Bonjour Astus,

    comme d’habitude, un article tout en nuance et plein de bon sens, sur un sujet crucial. Bravo.

    Voius dites : « Un ami facétieux » ? Je dirais plutôt : « un ami dont la mère est facétieuse ».

     smiley


    • astus astus 5 novembre 2012 10:42

      Merci JL mais votre remarque est aussi pleine de bon sens ! Ma confusion vient de ce que cet ami, qui m’a fait connaître ce petit texte amusant, est AUSSI quelqu’un de facétieux, en plus d’être un authentique citoyen, ce qui se fait rare de nos jours. 

      Bien à vous.. 

    • ZEN ZEN 5 novembre 2012 10:43

      Bonjour astus

      Que du bon sens !
      Il y aurait beaucoup à dire sur la « nounou » tyrannique, qui crée fascination et dépossession de soi chez les tous jeunes enfants devant l’écran.
      J’ai eu l’occasion de l’observer chez un de mes petits-fils
      D’une manière plus générale, nous baignons dans un système qui tend à nous infantiliser
      Bien à toi.


      • astus astus 5 novembre 2012 11:09
        Bonjour ZEN,

        Et merci pour ce lien vers ce livre de Benjamin Barber « Comment le capitalisme nous infantilise » dont je cite cette phrase :

        ...« pour faire régner le capitalisme consumériste, il faut rendre les consommateurs enfantins. Il résulte de ces dynamiques une infantilisation des adultes et une transformation des enfants en consommateurs en culottes courtes. »...

        L’addiction aux écrans est en effet un moyen efficace de faire régner cette tyrannie consumériste, et plus on commence tôt, plus l’addiction est grande. C’est la raison pour laquelle aux EU de plus en plus de programmes de télévision s’adressent maintenant aux bébés !

        Amicalement.

      • tf1Goupie 5 novembre 2012 10:54

        Sujet intéressant.

        Peut-être un petit peu trop long ; mais c’est juste un avis personnel : j’ai du mal à lire en détail un article qui fait plus d’une page-écran.


        • astus astus 5 novembre 2012 11:36

          Bonjour tf1Goupie,


          Votre remarque indique que la page écran semble être devenu un standard de lecture, ce qui me laisse perplexe car alors même les romans ne feront plus qu’un page ?
          Attristant non ?


        • foufouille foufouille 5 novembre 2012 13:27

          ca depend de la resolution de l’ecran
          1024x96000 ........

          par contre un prof qui a du mal a lire .............


        • jmdest62 jmdest62 6 novembre 2012 13:11

          @ tf1 groupie

          « j’ai du mal à lire en détail un article qui fait plus d’une page-écran. »

          je comprends mieux vos réactions sur les autres posts...
          mais j’ai une solution pour vous .....lisez un article en plusieurs fois (une page à la fois ! ) si vous avez assez de mémoire pour recoller l’ensemble du sujet ça pourrait , pet-être , vous permettre de faire des commentaires de plus d’une phrase

          @+


        • JMTLG 5 novembre 2012 11:11

          Article très intéressant il est clair, mais il le serait d’autant plus en étant apparié avec un autre : « Pourquoi cette addiction aux écrans ».

          Non pas avec les sempiternels « nounous de remplacement » et autres poncifs du type « car la télé c’est le loisir facile », mais traitant vraiment des causes réelles de cette addiction, que ce soit au niveau culturel, historique, sociétal, neurologique, etc.

          En espérant vous avoir donnée une idée... (et non, je suis un piètre rédacteur, je passe donc mon tour).


          • astus astus 5 novembre 2012 11:32
            Bonjour JMTLG,

            Il me semble que la réponse à votre question nous oriente vers le sentiment de facilité que la magie des écrans communique, très probablement relié à la recherche de plaisir de chacun qui est une pente naturelle, mais risquée pour soi comme pour la société.
            Dans un article précédent publié ici même et intitulé « Comment la télé nous ment » : http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/comment-la-tele-nous-ment-90371
            je m’efforçais de comprendre certains mécanismes à l’oeuvre dans ces addictions.

            Cordialement 

          • Soi même Soi même 5 novembre 2012 12:02

            Bon article , il a vertu de secouer les habitudes, et d’interroger pourquoi je passe tellement de temps à comblé mes désirs, mes passions, ma peur du manque par de l’artificiel ?
            Qu’est qui cloche en moi, pour vivre cette voracité à me distraire, c’est la faute à mon Père ?, c’est la faute à ma mère ?, c’est la faute à l’école ?c’est la faute aux boulots ?à ma femme ?

            Alors, si je m’interroge , je découvre cette paresse de la pensé, l’attrait à la morbidité, la négation de la vie !
            Et en même temps tous cela n’est pas grave, car si je ne l’avai pas comment je pourrai prendre conncience de mes défauts qui me serve à entre en lutte contre mes penchants !

             


            • Deneb Deneb 5 novembre 2012 12:03

              @l’auteur : vous dites : « les Français passent en moyenne 3 à 4 heures chaque jour devant des écrans de toutes sortes »

              Si peu ? Vu qu’aujourd’hui de plus en plus de gens travaillent sur l’ordinateur ou utilisent un smartphone, je dirais que ce chiffre va au moins tripler très prochainement.

              Vous considérez des écrans comme des loisirs. C’est vrai que la télé nous a habitué à cette vision des choses. Vous négligez un peu les aspects non-ludiques des écrans, par exemple leurs fonctions informatives, éducatives... On voit moins de gens téléphoner, aujourd’hui on préfère envoyer un texto. On voit moins de gens lire leur quotidien papier, aujourd’hui on lit des nouvelles sur son smartphone ou sa tablette. Des livres sont remplacés par les liseuses, planches à dessin par les logiciels DAO, la photographie se passe de la pellicule et toute l’industrie qui va avec. Quid les machines à écrire, les tourne-disques... Tout est remplacé par des écrans.

              L’informatique est une révolution technologique bien plus importante que fut l’imprimerie. Par son importance, l’avènement de l’informatique pourrait se comparer plutôt à l’invention de l’écriture. Les nombreux outils inventés par l’Humain sont tous en train de se virtualiser, en effet, avec l’ordinateur nous tenons un outil universel.

              Savez-vous que depuis 10 ans l’humanité a échange autant d’informations que de la préhistoire jusqu’à il y a 10 ans. Vous fustigez la nouvelle génération, celle des écrans omniprésents, d’après vous il y a régression. Je n’ai pas du tout cette impression. Ils possèdent bien plus de connaissances que nous à leur âge. Peut-être pas forcément des connaissances que nous jugeons utiles, mais de quel droit juge-t-on de l’utilité de ce qu’une personne a dans sa tête ? Les connaissances, quelles qu’elles soient , sont toujours moins inutiles que l’ignorance.


              • Soi même Soi même 5 novembre 2012 13:21

                 Comme toujours la même sufisance, avec une réflexion de pois chiche !


              • Deneb Deneb 5 novembre 2012 13:41

                Rounga, les insultes n’abaissent que ceux qui les profèrent


              • Soi même Soi même 5 novembre 2012 13:54

                 Mettre en évidence ton insuffisance de pensé n’est pas manquer de respect contrairement à toi avec l’adjectif Rounga !
                Que tu te permet d’utilisé ce terne montre en définitif que tu es pas ce que tu crois être et un bon, et la démarche pour avoir un bon départ c’est estimer que l’on est avant tous un pauvre type et qu’il y a pas de gloire en s’en complaire !
                Un chameau ne passe pas dans le chas d’une aiguille !


              • Rounga Roungalashinga 5 novembre 2012 16:01

                Non, Soi même, Rounga, c’est pour moi. Il croit que je suis toi. Le pauvre, depuis que j’ai eu le tort de faire vaciller ses certitudes, il me voit partout ! Et arborer un avatar trinitaire n’a fait que renforcer ses soupçons sur ta (ma ?) multi-identité. Perspicace Deneb !


              • Croa Croa 5 novembre 2012 19:22

                « Ils possèdent bien plus de connaissances que nous à leur âge. »

                Ce ne sont pas les mêmes plutôt.

                Nos grands parents connaissaient mieux la nature et nos enfants sont plus ouvert sur le monde.

                Nous appartenons, en ce qui nous concerne à la génération TV, donc déjà des écrans mais sous une forme passive, c’est à dire la pire qui soit. Maintenant que les écrans sont interactifs nous avons la possibilité d’en extraire le meilleur. smiley


              • Constant danslayreur 6 novembre 2012 12:26

                Soi même
                « Un chameau ne passe pas dans le chas d’une aiguille ! »
                En fait il y a erreur d’exégèse-traduction au départ.

                En arabe (sûrement les mêmes racines en hébreu), le mot utilisé est Djamal (جمل) qui signifie bien chameau, mais qui signifie aussi : gros cordage marin genre aussière...

                Bref ça donne au final : les vilains méchants de chez pas bons n’entreront au paradis que le jour où l’aussière pourra passer par le chas d’une aiguille...

                I mean, que le jour où les gallinacées pourront choisir entre public et privé, leur chirurgien dentiste préféré

                Il vous en prie.


              • Constant danslayreur 6 novembre 2012 13:04

                On me moinsse même quand je me dévoue à spliquer la conplexifation absconsitoire voulant qu’on ait confondationné depuis des siècles Camelus dromedarius et Aussière le ton vu qu’il y avait photo à l’arrivée de la course au chas va pas non ? d’aiguille femelle  smiley


              • Constant danslayreur 6 novembre 2012 13:06

                Tant pis pour vous, la prochaine fois que vous direz Chameau et chas et qu’une personne sensée vous rétorque quel rapport ? et que vous soyez interdits dubitativement de chez sceptique la fosse vous ferez moins votre malin, moinsseur ++ va


              • Aleth Aleth 5 novembre 2012 12:26

                « Dans son livre « TV lobotomie » publié en 2011, Michel Desmurget, chercheur à l’INSERM, force le trait et enfonce le clou. »

                Le voici en vidéo très instructive...


                • voxagora voxagora 5 novembre 2012 12:35

                  .

                  Qui a peur d’être débranché, et par quel autre, ou qui a envie de débrancher qui ? Là est la question. 
                  Lémères, comme signifiant, c’est commode, on peut l’instrumentaliser pour y laisser filer son angoisse,
                  les mères de la réalité ne se rebifferont pas, elles ont la dos large et prennent sur elles.

                  • astus astus 5 novembre 2012 12:35

                    Bonjour Deneb et merci pour ce commentaire sur lequel je peux en grande partie être d’accord, notamment quand vous écrivez : « L’informatique est une révolution technologique bien plus importante que fut l’imprimerie. Par son importance, l’avènement de l’informatique pourrait se comparer plutôt à l’invention de l’écriture. »

                    Toutefois ce billet ne traite pas des bienfaits de cette technologie qui sont effectivement réels pour la diffusion du savoir, il parle de l’addiction aux écrans notamment chez les enfants ou les ados qui n’ont pas toujours appris les prérequis leur permettant d’utiliser ces technologies sans risque. Ces prérequis vous ou moi qui ne sommes plus des enfants les possédons. Nous savons par exemple que certains efforts sont nécessaires pour parvenir à certains plaisirs, et que tout n’arrive pas de façon magique comme sur une tablette (que j’utilise ). Nous savons aussi que les informations qui nous parviennent par l’internet ne sont pas toutes vraies, que les rumeurs existent, que l’on peut truquer les images (les photos des armes de destruction massive de S. Hussein) etc. Mais beaucoup d’enfants collés à la télé depuis leur prime enfance, pour qu’ils deviennent de bons consommateurs dociles, ce qui arrange beaucoup de monde, ne le savent pas. Et je crains quand même qu’ils puissent réellement lire, et retenir des textes importants sur les liseuses. Tous les enseignants (j’en connais pas mal) sont unanimes à dire que les enfants ne lisent plus car c’est en effet plus facile de regarder des images qui changent sans cesse. Et si des enfants ne lisent plus leur vocabulaire s’appauvrit. Et si le langage s’appauvrit alors la dictature de la novlangue totalitaire approche.

                    Cordialement.

                    • Deneb Deneb 5 novembre 2012 17:39

                      Les addictions aux écrans... Vous savez, la vie n’est qu’une suite d’addictions aussi redoutables les uns que les autres. L’addiction au Savoir, qu’on appelle la curiosité, est un vilain défaut, tout le monde le sait. L’addiction aux plaisirs, de la chair, de la table ... Addiction aux médicaments, encouragée par la médecine... L’addiction aux écrans n’est pas une addiction aux objets qui permettent d’afficher les données d’un ordinateur, mais bien au Savoir qui s’y manifeste. Je trouve bien plus irraisonnable une addiction aux voitures - rares sont les gens (j’en suis) qui ont renoncé sciemment de posséder une voiture, pourtant, si on fait le calcul du cout et du temps passé, on s’aperçoit que c’est la pire des esclavages ..
                      Quant à la véracité des infos qui se trouvent sur le Net, c’est comme dans la vraie vie. Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte, celui qui n’a pas compris ça peut payer très cher sa naïveté. Que la génération « écrans » n’aie pas compris ça, m’étonnerait beaucoup. Au contraire, je trouve qu’ils aient bien plus d’esprit critique que nous à leur âge, justement à cause de la multiplication des sources d’information. Parfois même un peu trop, à la limite de la paranoïa, du moins en ce qui concerne mes enfants - on la leur fait pas. En tout cas, ils sont loin d’être les « gobeurs » que vous imaginez. Il y en a, certes, mais ce n’est pas propre à cette generation.


                    • Croa Croa 5 novembre 2012 19:39

                      Tout à fait Deneb « Quant à la véracité des infos qui se trouvent sur le Net, c’est comme dans la vraie vie. Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte, celui qui n’a pas compris ça peut payer très cher sa naïveté. »

                      Nous payons d’ailleurs très cher la domination de la télévision et de sa pensée unique à cause de quoi notre pays a même fini par perdre toute indépendance. Le « net » qui raconte tout et ses contraires nous oblige pratiquement à faire des choix et donc à réfléchir. Internet est donc un progrès bien que les vieux médias s’y soient fait encore une place dominante mais pour combien de temps encore ?


                    • SuperConnard 5 novembre 2012 23:14

                      @Deneb En parlant de vos enfants je pense que vous mettez justement le doigt sur le problème. Les parents (je ne sous-entend pas que vous ayez un problème, attention !). Une éducation avisée, qui soit ni trop permissive, ni trop stricte, quant à l’utilisation des nouvelles technologies n’est elle pas le meilleur moyen d’exploiter correctement la mine d’information que représente un internet ? Ou les possibilités tellement étendues que le réseau offre ?


                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 7 novembre 2012 05:14

                      Je suis un peu étonné car, sans vouloir offenser, il m’avait semblé que nous n’étions pas dans le même univers, mais en tant que psychologue (qui met en avant le mécanisme de l’habitude) j’appuie à 100% ce qu’a écrit Deneb :

                      1) l’addiction est un risque généralisé (verser dans l’excès peut arriver à n’importe quel sujet) et, par ailleurs...
                       
                      2) je crois qu’Internet ne pose pas de problème particulier sous le rapport de la véracité des sources. Il ne fait que nous confronter au choix de l’information, donc à la nécessité de la réflexion pour opérer les recoupements nécessaires et trier le bon grain de l’ivraie.
                      Ce choix, nous l’avons surtout sur Internet.
                      Le vrai danger vient de ce que la plupart des médias « officiels » étant la possession de quelques lobbies, ils n’offrent même plus de choix, soucieux qu’ils sont de rester « alignés ».
                      C’est de la propagande du début à la fin (en général 90% de bonne soupe pour faire passer les 10 % de mensonges cruciaux, mais sur la Syrie, j’ai l’impression qu’on était dans la proportion inverse)


                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 7 novembre 2012 05:23

                      Oooups, j’ai oublié de dire bravo à l’auteur pour cette belle synthèse !


                    • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 5 novembre 2012 12:50

                      Un jour, à une terrasse de bistrot, il y avait 3 ados assis à la table à côté de moi.

                      Ils ne se parlaient pas, et ne se regardaient même pas pendant des périodes de facilement 10 minutes. Que faisaient-ils ?
                      Ils étaient tous les 3 devant leur portable en train de « communiquer » sur facebook ...

                      J’ai trouvé la scène tellement caricaturale que j’ai cherché la caméra cachée ... mais il n’y en avait pas.

                      • Fergus Fergus 5 novembre 2012 14:58

                        Bonjour, Gaetan.

                        Cette scène, nous la vivons au quotidien, et c’est une véritable calamité. Le pire est que cela déborde largement le bistrot : même au resto, il n’est pas rare de voir un couple muet et les yeux rivés, chacun sur son écran entre deux plats. Pathétique !

                        @ A l’auteur.

                        Toutes mes félicitations pour cet excellent article.


                      • Lullaby temet 5 novembre 2012 12:51

                        Un ami facétieux m’a raconté qu’un soir où sa mère et lui étaient assis dans le salon et parlaient de la vie et de la mort il lui a dit : « Maman, ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, où l’on dépend de machines et de flacons. Si tu me vois dans cet état, débranche les machines qui me maintiendraient en vie. Je préfère mourir ! » Admirative, sa mère se leva et débrancha la télévision, le lecteur de DVD, le câble INTERNET, l’ordinateur, le MP3/4, la PLAY-2, la PSP, la WII, le téléphone fixe. Elle prit son mobile, son IPOD, son BLACKBERRY et même ses bouteilles de bière. Il crut mourir !

                        Vous êtes Marseillais ?? (1000 excuses aux vrais marseillais)

                        Télévision : même si la tv ne sert a rien ,je suppose que la mère s’en sert aussi (d’autant plus que je ne crois pas que ce soit son gamin qu’il ait acheté )
                        MP3/4 = IPOD
                        Mobile = Blackberry
                        Téléphone fixe : elle ne s’en sert pas non plus ,je suppose .
                        L’ordinateur / internet : A l’heure où tout est informatisé ,cela semble logique.


                        • al.terre.natif 5 novembre 2012 16:51

                          Dans une fable ce qui est important ce n’est pas tant le réalisme de la situation décrite, mais surtout la morale qui transpire ..


                        • Lullaby temet nosce 11 novembre 2012 20:32

                          Ce qui compte en 2012 dans un pays en crise c’est de dire la vérité ,on s’en fout des fables !!


                        • Jimmy le Toucan 5 novembre 2012 12:52

                          Le nouveau dieu, c’est la télé


                          • al.terre.natif 5 novembre 2012 16:52

                            NON, c’est l’argent ;)

                            la télé n’est qu’un des temples de notre nouveau dieu :)


                          • Asp Explorer Asp Explorer 5 novembre 2012 13:00

                            Ce sont toujours les mêmes vieux birbes qui radotent les mêmes conneries sur les jeunes depuis Socrate.


                            • Ruut Ruut 5 novembre 2012 13:17

                              Il faut avouer que sans internet pas de billet de TGV de Belgique vers la France.
                              Quand a la TV le plus violent c’est le JT.


                              • ecolittoral ecolittoral 5 novembre 2012 17:46

                                « Les écrans sont fautifs, ils nous abrutissent » dit il en pianotant sur son clavier.

                                 « Il faut que j’envoie un SMS aux copains pour les prévenir. »
                                Ses grands parents, scotchés devant le journal de 20 h ne s’aperçurent même pas de l’angoisse qui montait en lui. Ses tremblements devant l’incertitude, son regard perdu dans la lumière blafarde de l’écran du portable, les battements de son coeur comme un tambour dans la pièce.
                                Subitement, la réalité repris le dessus. Les battements de son coeur n’étaient autres que le le bruit saccadé d’un poing rageur sur la porte d’entrée.
                                « Putain ! Tu ne peux pas m’ouvrir quand je sonne ! ».
                                « Tu fais chier, j’ai pas le temps....j’attend un message sur AGORA VOX ».

                                • L'enfoiré L’enfoiré 5 novembre 2012 19:26

                                  Bonsoir Astus,

                                   Voilà l’article qui viendrait bien en opposition avec celui de Joël de Rosnay
                                   Je ne vais pas vous mentir, je suis presque en full time devant l’écran noir de mes journées (et non pas « de mes nuits blanches, là, où je me fais mon cinéma » comme dans la chanson de Nougaro).
                                   Il faut dire que j’avais de l’avance à l’allumage.
                                   Addiction ? Non. 
                                   Un e-Outil de travail plus qu’un jouet depuis toujours 
                                   Par contre, dans tous les autres outils, smartphone & co, je serais plutôt un retardé.
                                   Allez comprendre pourquoi. smiley 

                                  • Stof Stof 5 novembre 2012 20:59

                                    J’ai utilisé la même image pour mon écran d’accueil Windows  smiley

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