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Accueil du site > Actualités > Technologies > Créationnisme versus évolutionnisme, Bergson et la voie du milieu

Créationnisme versus évolutionnisme, Bergson et la voie du milieu

Un petit hommage à Henri Bergson, dont la pensée vivante et humaine est un bain de jouvence au milieu du combat (stérile à mon sens) qui oppose le créationnisme à l’évolutionnisme.

Nous assistons aujourd’hui à une sorte de guerre entre les tenants de l’évolutionnisme (1) et les tenants du créationnisme (2). Outre le fait qu’à l’instar de toutes les guerres, celle-ci est inutile, cette stigmatisation des deux courants a tendance à placer le penseur qui existe en chacun de nous dans un camp, ou dans l’autre (quoi qu’il en soit, je n’ai rien contre les créationnistes ni les évolutionnistes)... 

N’y a-t-il pas d’alternative ? Dois-je, si je remets en question ne serait-ce qu’un peu l’omnipotence de la théorie darwinienne être taxé de créationniste, et si je doute du dessein divin et de son impact sur la prédestination humaine, dois-je pour autant être considéré comme un évolutionniste ? 

Dois-je me regarder dans la glace et me dire "Eric, tu ne crois pas que le destin est écrit... tu dois être un sacré évolutionniste !", ou bien "Eric, toi qui pense que tout ne vient pas des gènes, te voilà embarqué dans le plus pur des créationnismes"

Franchement, c’est bien là une réduction tellement stupide qu’on se demande pourquoi elle fait tant de remous. 

Bien entendu, le fait que le corps humain se soit construit selon un schéma génétique qui remonte au plancton, n’exclut absolument pas qu’un autre facteur soit à l’œuvre, celui-là fut-il divin ou spirituel. Et le fait qu’on considère qu’une force, qu’on la nomme Dieu, Saint Esprit, souffle sacré, élan vital ou autre dénomination, existe, n’exclut pas le fait que cette force ait utilisé l’évolution telle que la décrit Darwin pour réaliser ses desseins (si tant est qu’elle en a). 

En fait, il y a chez nous, en France, un philosophe qui reste l’un des plus célèbres philosophes français, qui a déjà évoqué ce dilemme au début du siècle dernier. Henri Bergson. 

Né en 1859, Bergson fait son entrée en philosophie en plein développement du matérialisme et des courants mécanistes. Il sera un philosophe courageux et nécessaire, finalement en avance sur son temps. 

Il était aussi diplomate et fut particulièrement engagé dans la lutte pour la paix dans le monde et l’utilisation de l’éducation comme parade à la nécessité de la guerre. 

Alors, que disait Bergson des théories mécanistes et évolutionnistes, et que disait-il des théories finalistes ? 

Eh bien, alors que les mécanistes proposaient un monde produit à partir de la matière et de ses évolutions, et faisaient de l’âme un sous-produit des interactions de l’univers physique, Bergson réfutait que la pensée puisse être un produit des cellules. 

Et lorsque les finalistes proposaient un monde et une évolution suivant une finalité divine et immuable, Bergson réfutait aussi cette vision du monde en y opposant la spontanéité et en démontrant l’absolue nécessité de la spontanéité et du libre arbitre. Pour lui, l’existence du temps était une preuve de la possibilité d’un libre arbitre. 

Dans "L’évolution créatrice", il écrit : "Le mécanisme radical implique une métaphysique où la totalité du réel est posée en bloc, dans l’éternité, et où la durée apparente des choses exprime simplement l’infirmité d’un esprit qui ne peut pas connaître tout à la fois. Mais la durée est bien autre chose que cela pour notre conscience, c’est-à-dire pour ce qu’il y a de plus indiscutable dans notre expérience. Nous percevons la durée comme un courant qu’on ne saurait remonter. Elle est le fond de notre être et, nous le sentons bien, la substance même des choses avec lesquelles nous sommes en communication. En vain on fait briller à nos yeux la perspective d’une mathématique universelle ; nous ne pouvons sacrifier l’expérience aux exigences d’un système. C’est pourquoi nous repoussons le mécanisme radical. 

Mais le finalisme radical nous paraît tout aussi inacceptable, et pour la même raison. La doctrine de la finalité, sous sa forme extrême, telle que nous la trouvons chez Leibniz par exemple, implique que les choses et les êtres ne font que réaliser un programme une fois tracé. Mais, s’il n’y a rien d’imprévu, point d’invention ni de création dans l’univers, le temps devient encore inutile. Comme dans l’hypothèse mécanistique, on suppose encore ici que tout est donné. Le finalisme ainsi entendu n’est qu’un mécanisme à rebours. Il s’inspire du même postulat, avec cette seule différence que, dans la course de nos intelligences finies le long de la succession toute apparente des choses, il met en avant de nous la lumière avec laquelle il prétend nous guider, au lieu de la placer derrière. Il substitue l’attraction de l’avenir à l’impulsion du passé." 

Finalement, mécanisme ou finalisme ne mènent qu’à une négation du libre arbitre, celui-ci ne pouvant exister que si l’on reconnait à l’esprit son essence spirituelle (ce qui est une évidence par définition soit, mais certains ne s’embarrassent pas de définitions pour parler d’un esprit cellulaire). Dans une perspective divine, sans accorder ne serait-ce qu’une parcelle de la divinité à la nature de l’esprit humain, celui-ci ne se retrouve-t-il pas esclave d’un dessein qui lui échappe, comme il l’est de la matière lorsque celle-ci prend la place de Dieu ? 

C’est tout de même cette possibilité de donner à l’âme humaine une origine et une nature divine qui pousse Bergson à concevoir que le finalisme pourrait tout de même évoluer vers plus de vérité, s’il sortait de sa ligne réductrice : 

"Toutefois le finalisme n’est pas, comme le mécanisme, une doctrine aux lignes arrêtées. Il comporte autant d’infléchissements qu’on voudra lui en imprimer. La philosophie mécanistique est à prendre ou à laisser : il faudrait la laisser, si le plus petit grain de poussière, en déviant de la trajectoire prévue 

par la mécanique, manifestait la plus légère trace de spontanéité. Au contraire, la doctrine des causes finales ne sera jamais réfutée définitivement. Si l’on en écarte une forme, elle en prendra une autre. Son principe, qui est d’essence psychologique, est très souple. Il est si extensible, et par là même si large, 

qu’on en accepte quelque chose dès qu’on repousse le mécanisme pur." 

Car ce qui anime Bergson, c’est la vie. Et tout ce qui réduit la vie à une succession d’erreurs, ou une succession de hasards matériels, ou une succession d’évènements planifiés qui écartent la possibilité créatrice de l’esprit, la possibilité d’action de l’homme en tant que spontanéité et décision auto-déterminée, apparait à Bergson comme une impasse tant philosophique qu’existentielle. 

Il est le père de "l’élan vital", ce principe créateur présent dans chaque organisme, et source de l’évolution. Cette chose qui différencie la vie de la matière. Cette chose impalpable qui est la cause de toute vie. 

A ceux qui voulaient faire surgir l’élan vital du cerveau, il disait : 

"Que nous dit en effet l’expérience ? Elle nous montre que la vie de l’âme ou, si vous aimez mieux, la vie de la conscience, est liée à la vie du corps, qu’il y a solidarité entre elles, rien de plus. Mais ce point n’a jamais été contesté par personne, et il y a loin de là à soutenir que le cérébral est l’équivalent du mental, qu’on pourrait lire dans un cerveau tout ce qui se passe dans la conscience correspondante. Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché ; il tombe si l’on arrache le clou ; il oscille si le clou remue ; il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue ; il ne s’ensuit pas que chaque détail du clou corresponde à un détail du vêtement, ni que le clou soit l’équivalent du vêtement ; encore moins s’ensuit-il que le clou et le vêtement soient la même chose. Ainsi, la conscience est incontestablement accrochée à un cerveau mais il ne résulte nullement de là que le cerveau dessine tout le détail de la conscience, ni que la conscience soit une fonction du cerveau. Tout ce que l’observation, l’expérience, et par conséquent la science nous permettent d’affirmer, c’est l’existence d’une certaine relation entre le cerveau et la conscience." 

C’est un petit hommage que je voulais rendre à Bergson, parce que je pense que dans la vie, ça fait une sacré différence de savoir que nous sommes cet élan vital qui est à la source de nos actions, plutôt que de penser que nous sommes les boulons de la grande usine mécaniste ou certains voudraient nous plonger. De savoir que bons ou mauvais, nos actes sont sous notre responsabilité, ne serait-ce que parce que le libre arbitre existe, alors que d’autres aimeraient nous faire penser qu’un dérèglement chimique a causé tout ce foin... 

Et Bergson, pour moi, fait partie de ces gens qui avaient à cœur le bonheur de leurs pairs. Et aussi de ces gens qui font progresser l’humanité vers plus de vie, plus de responsabilité. 

1. Évolutionnisme : doctrine selon laquelle les espèces ont évolué au cours des âges selon un schéma génétique de nécessité. 

2. Créationnisme : doctrine selon laquelle les espèces ont été créées par volonté divine dans l’état ou elles sont aujourd’hui (pas d’évolution). 


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35 réactions à cet article    


  • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 29 décembre 2008 10:39

    L’approche mécaniste implique qu’il est théoriquement possible pour une machine d’émuler la conscience humaine, vu que cette dernière serait également le fruit d’une mécanique. C’est le point de départ des recherches sur l’intelligence artificielle, qui est loin d’avoir abouti aux résultats espérés. Dans les années 80 le mathématicien Roger Penrose a sorti un livre intitulé Shadow of the Mind ou il tente de démontrer que la conscience humaine n’est pas modélisable.
    Un autre mathématicien, Wolfram, postule qu’à partir d’un certain niveau de complexité d’interactions entre des systèmes mécanistes simples, il devient fondamen talement impossible de déterminer ce que sont ces mécanismes en partant de la complexité observée.


    • stephanemot stephanemot 29 décembre 2008 12:53

      Cet article me parait dangereusement confusifiant.

      Le terme d’"evolutionnisme" appartient au vocabulaire des partisans de l’Intelligent Design, qui justement font de l’impossible debat entre creationisme et science la base de leur imposture fondamentaliste . La construction meme de l’article fait douter de l’honnetete intellectuelle de l’auteur.

      Bergson est un philosophe et le propos ne releve pas de la science.

      Une fois de plus, quand la science et la religion sont placees sur le meme plan, ca se termine mal pour l’une et pour l’autre, mais aussi pour la democratie :


    • ZEN ZEN 29 décembre 2008 10:39

      "dans la vie, ça fait une sacré différence de savoir que nous sommes cet élan vital qui est à la source de nos actions, plutôt que de penser que nous sommes les boulons de la grande usine mécaniste ou certains voudraient nous plonger."

      Si vous ramenez le matérialisme à cette caricature, vous avez beau jeu de faire les louanges de Bergson
      La liberté (dont il faudrait définir la nature et les limites...)est tout à fait être compatible avec l’athéisme , l’agnosticisme et le matérialisme athée. Lisez Camus, Sartre , Changeux, etc...
      Bergson reste toujours intéressant pour son analyse du temps , mais reste dans la mouvance judaïque et chrétienne par son concept d’évolution créatrice


      • Jean-Paul Doguet 29 décembre 2008 10:51

        Bonjour,
         C’est une article confus et discutable qui fait jouer de façon artificielle à Bergson un rôle dans un "débat" qui n’est pas le sien et qui est de toute façon mal présenté. Il n’y a pas aujourd’hui d’opposition entre "créationisme " et évolutionisme, car le créationisme n’est pas une théorie mais un point de vue religieux qui cherche à s’imposer comme une théorie qu’il n’est pas. Bergson n’a rien à voir avec ça, il a pris position dans un tout autre débat qui était celui de la place de la finalité dans l’évolution, et pas de la création au sens biblique du terme. Il s’agissait de prendre position entre plusieurs manières de comprendre l’évolution (Lamarck ou Darwin).

        "L’évolution créatrice" propose une théorie d’inspiration lamarckienne, centrée donc sur l’idée d’hérédité de l’acquis, sur l’idée aussi que la durée du vivant tire son unité d’un effort continu dans le temps, et qui limite considérablement le rôle du hasard et du milieu dans la compréhension de l’évolution. C’est une construction philosophique très ambitieuse mais aujourd’hui la quasi-totalité des biologistes ont abandonné Lamarck et sont darwiniens. Par ailleurs Bergson a écrit et pensé avant la révolution génétique. Donc on ne peut pas le convoquer à mon avis comme s’il avait de l’actualité pour la biologie d’aujourd’hui, et certainement pas pour "éclairer" le prétenu "débat" entre créationisme et évolutionisme. Quand Bergson parle de "création" il désigne un pouvoir d’innovation propre au vivant et pas du tout quoi que ce soit en rapport avec la religion. 


        • Eric Roux Eric Roux 29 décembre 2008 11:10

          Je n’ai jamais dit que Bergson défendait le créationnisme. Il n’empêche que je pense que Bergson est un penseur qui n’a pas eu besoin des biologistes modernes pour penser une pensée qui reste d’actualité. Et qu’elle a à voir avec ce débat. Que le créationnisme soit un point de vue religieux et point l’évolutionnisme ? Peu m’importe, je ne défend ni l’un ni l’autre. "Il n’y a pas aujourd’hui d’opposition entre "créationisme " et évolutionisme," il me semble pourtant avoir vu les défenseurs de l’un s’en prendre aux tenants de l’autre, et vice-versa..."Quand Bergson parle de "création" il désigne un pouvoir d’innovation propre au vivant et pas du tout quoi que ce soit en rapport avec la religion" Je pense que vous n’avez qu’à moitié raison. Oui il s’agit d’un pouvoir d’innovation propre au vivant. Mais Bergson ne sépare pas ce pouvoir de ce qu’il appellera la religion dynamique. Et il n’y a pas de séparation chez Bergson entre son approche philosophique et son approche religieuse


        • Jean-Paul Doguet 29 décembre 2008 11:25

          Je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas "d’opposition" entre créationisme et évolutionisme, j’ai dit qu’il n’y avait pas de débat, car un débat suppose égalité des prétentions à la vérité et des moyens de décider son issue. Contrairement à ce que vous croyez une opposition ne donne pas nécessairement lieu à un débat. Des scientifiques qui ont des hypothèses rivales débattent et tranchent. Des religieux qui invoquent Dieu ne débattent pas avec des scientifiques et réciproquement. Le créationisme aujourd’hui n’est qu’une revendication que des gens croyants adressent à une théorie construite qu’ils aimeraient voir confirmer leurs croyances. 

          Bergson est bel et bien un évolutionniste, contrairement à ce que vous laissez entendre. Mais il s’est réclamé d’un modèle de l’évolution (celui de Weissman et de Lamarck) aujourd’hui abandonné. Qu’il ait été croyant c’est une évidence, et à la fin de sa vie il a envisagé de se convertir au catholicisme, mais vous ne pouvez pas invoquer les "Deux sources" pour conforter "L’évolution créatrice". Quand il parle de création dans ce dernier texte, c’est plutôt dans la continuité de "L’essai sur les données immédiates de la conscience".


        • Eric Roux Eric Roux 29 décembre 2008 11:54

          Eh bien, il semblerait que j’ai du mal à me faire comprendre... Je n’ai pas parlé de débat, mais de combat. Et de fait, il y en a un. Ensuite, je n’ai jamais dit que Bergson était un créationniste. Ce que que je trouve intéressant chez Bergson, c’est justement son point de vue qui ne fait pas de ces deux poles une dichotomie. Bon, à part ça je n’ai pas grand chose de plus à dire que ce que j’ai dit dans le commentaire d’avant.


        • Odal GOLD Odal GOLD 29 décembre 2008 21:31

          « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. ». (Charles Darwin)

          Le créationnisme c’est la Terre plate créée il y a 7000 ans, et les bruits de lapidations et les odeurs de bûchers pas loin.

          Effectivement, ces deux approches d’une vision du monde n’ont rien à voir - parce qu’elles ne se valent pas.

          Il n’y a pas de juste milieu, à moins que l’on veuille parler d’average (moyenne très médiocre revendiquée en touf), façon Sarah Palin ???


        • Iren-Nao 29 décembre 2008 11:09

          @ L’auteur

          Bon sujet bien traite mr Roux.

          Ca va moinsser dur du cote des athes integristes primaires qui ne manquent pas dans le coin. !

          Il est vrai que l’expression volonte divine ou Dieu prete lourdement a confusion comme si Dieu etait "quelqu’un", d’ailleurs on ne manque pas de s’adresser a lui comme si on etait en dualite.

          Mais j’ai toujours ete frappe par certain resultats de l’evolution, genre appat devant la bouche du poisson et fort au point, et par le fait que pour repondre a un certain nombre de problemes la nature disposait d’une boite a outils somme toute limitee et comme si la creation en des temps et des lieux absolument sans contact avait pioche dedans, ce qui ne peut s’expliquer par du pur hazard.

          J’aime asez la theorie du "subconscient Universel", car il faut bien que quelque chose commande aux cellules de se diversfier, a certaines particules de se mettre d’une certaine facon pour faire des atomes etc.

          Bref l’existence d’un "Intelligence" creatrice ne devrait rien a voir de choquant.

          Il est bien audacieux (c’est un acte de foi.... smiley )de faire un choix tranche entre creationnisme et evolutionnisme, comme si c’etait incompatible.

          Bien des athes confondent leur atheisme avec de l’anticlericalisme et ce qu’ils croient etre de la vertu republicaine, et bien peu se rendent compte que une certaine Science est devenue un integrisme religieux, largement aussi toxique que les autres "ismes".

          Donc merci de nous rappeler un peu Bergson, il est souvent interessant de noter que certain auteurs bien que plus que centenaires sont assez indepassables dans leur pensee.

          Cordialement

          Iren-Nao


          • Deneb Deneb 29 décembre 2008 11:10

            Du n’importe quoi. Un article qui se veut scientifico-philosophique, mais ne fait l’honneur ni à la science, encore moins à la philosophie. Rien que le choix des mots : l’âme, le destin, la divinité ...démontre qu’il s’agit d’une bondieuserie affligeante. L’auteur n’a cetrainement jamais entendu parler du progres des neurosciences cognitives, qui, elles, ont des applications pratiques et qui risquent de devenir un outil de manipulation, si l’on n’y prends pas garde en continuant de croire à des contes de fées.


            • Eric Roux Eric Roux 29 décembre 2008 11:21

              Ce que j’adore chez Bergson, c’est qu’encore aujourd’hui, ces réponses sont toujours d’actualité même avec les changements dans les neurosciences. Vous devriez relire l’extrait (à défaut de connaître son oeuvre) : "Tout ce que l’observation, l’expérience, et par conséquent la science nous permettent d’affirmer, c’est l’existence d’une certaine relation entre le cerveau et la conscience." Quoi que vous en disiez, c’est toujours aussi vrai.


            • Deneb Deneb 29 décembre 2008 12:00

              Le relation entre le cerveau et la conscience... Vous n’en avez pas marre d’enfoncer les portes ouvertes ? Sans Bergson, on serait sans doute persuadé que le siège de la conscience se trouvait dans les testicules .


            • foufouille foufouille 29 décembre 2008 12:53

              @ deneb

              le siege et une "certaine relation" c’est pas pareil


            • Deneb Deneb 30 décembre 2008 06:35

              @Foufouille : mais je suis conscient qu’il y ait une certaine relation entre le siège et les testicules smiley


            • foufouille foufouille 29 décembre 2008 13:01

              @ chantecler

              http://www.bnf.fr/pages/catalog/rtf/bergson.rtf

              la liste de ses livres
              libre de droit en 2011 vu qu’il est mort en 41


            • foufouille foufouille 29 décembre 2008 16:03

              @ chantecler
              etre expert ou specialiste est une illusion lie a un ego-centrisme important surtout dans ce domaine


            • Silence 29 décembre 2008 13:00

              Outre le fait qu’à l’instar de toutes les guerres, celle-ci est inutile, cette stigmatisation des deux courants a tendance à placer le penseur qui existe en chacun de nous dans un camp, ou dans l’autre (quoi qu’il en soit, je n’ai rien contre les créationnistes ni les évolutionnistes)...

              Je dois dire que j’ai bien du mal à comprendre votre pensée...

              - Primo, selon les définitions que vous donnez vous-même, l’évolutionnisme et le créationnisme sont rigoureusement inconciliables. Soit il y a eu une évolution, soit il n’y en a pas eu. Ergo, à moins de ne rien penser du tout, on est bien obligé d’être dans un camp ou dans l’autre !

              - Secundo, cette "guerre" ne me paraît pas "inutile", surtout lorsqu’il s’agit de combattre l’enseignement du créationnisme à l’école. En effet, comme dit plus haut le créationnisme n’est pas scientifique mais religieux, et qui plus est contredit par les faits ; et nier des faits concrets sur la seule base de convictions religieuses porte un nom, cela s’appelle le fanatisme... Voudrait-on créer des madrassa chrétiennes ?

              Je ne crois sincèrement pas que Bergson aurait pu accepter le "créationnisme" tel que vous le définissez. Par contre, il aurait pu adhérer à une théorie plus subtile comme celle du "dessein intelligent", c’est à dire l’évolution non pas due au hasard, mais voulue par Dieu. Une théorie qu’il sera sans doute toujours impossible d’infirmer ou de confirmer totalement par la science, et qui reste donc dans le champ de la philosophie...
              Par ailleurs, je pense que vous avez tort de considérer que le "matérialisme triomphant" du XIXème siècle domine toujours aujourd’hui. La science moderne a compris que ses observations étaient subjectives et imparfaites. Mais Bergson, c’est vrai, reste d’actualité.



              • vienzy 29 décembre 2008 19:12

                Le "dessein intelligent" pose évidemment la question de la définition de dieu et les relations entre dieu et la religion. Qui se sert de qui ?
                La réponse est évidente pour les deux camps


              • Eric Roux Eric Roux 30 décembre 2008 01:00

                Pour le primo, je pense que non, on n’est pas obligé d’être dans un camps ou dans l’autre. C’est justement ce que je dis dans l’article. Mais la réponse est effectivement dans la suite de votre commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que Bergson n’aurait pas accepté le créationnisme tel que je le définis. (D’ailleurs, si vous avez pensé que je disais cela, soit j’écris comme un pied, soit vous n’avez pas bien lu.)
                Et il aurait certainement pu adhérer à ce que vous appelez l’intelligent design, ou une de ses formes.
                Pour le secundo, je ne vois aucun mal à c qu’on enseigne le créationnisme à l’école, du moment qu’on l’enseigne comme une théorie et qu’on dit qui en est la source. De la même manière que lorsqu’on enseigne Darwin, on doit savoir que c’est Darwin et que tout le monde n’est pas d’accord avec lui. L’enseignement doit développer l’aptitude à se faire sa propre opinion, pas imposer un dogme quelqu’il soit.


              • Silence 30 décembre 2008 11:06

                Entièrement d’accord avec la dernière phrase : l’école ne doit pas enseigner des vériés toutes faites, mais apprendre à forger une opinion basée sur des faits. Et c’est bien là le problème : le créationnisme ne se base sur aucun fait... Ses partisans ne s’opposent pas juste à "une théorie", mais bien à la raison elle-même, qui est selon eux sans valeur face à la "vérité révélée".
                Quant au "dessein intelligent", la question est plus compliquée. En théorie, il n’y a rien de mal à vouloir rechercher dans la nature des indices d’une volonté divine : après tout, la science moderne a en grande partie pris son essor grâce à des savants qui, comme Newton, concevaient l’étude de l’Univers comme un moyen de comprendre Dieu... Le problème est que dans la pratique, les partisans de cette théorie ont souvent tendance à vouloir frapper les esprits impressionables avec des arguments bien peu scientifiques : "ooh, regardez comme c’est compliqué une cellule, vous croyez vraiment que tout ça aurait pu se former par hasard ?"

                A mon avis, le créationnisme et le dessein intelligent peuvent avoir leur place au catéchisme, ou peut-être en cours de philosophie, mais pas en cours de sciences.


              • Eric Roux Eric Roux 30 décembre 2008 11:25

                Je pense que vous avez certainement raison. Ceci dit, en ce qui me concerne, j’avais classé cet article dans la rubrique "tribune libre", car c’était vraiment un hommage personnel à Bergson. Agoravox a préféré "Sciences et Techno"... Du coup c’est plus polémique .


              • JL JL 29 décembre 2008 13:34

                L’auteur "écrit : ""un bain de jouvence au milieu du combat (stérile à mon sens) qui oppose le créationnisme à l’évolutionnisme"".

                Qui a vu un combat, certes stérile ! de cette nature ? Sinon entretenu par les créationnistes eux-mêmes ?

                Moins archaïques mais tout aussi insistants sont les partisans de l’intelligent design, le dessein intelligent. Bref, encore un article qui ne démentira pas ce qu’a pu dire sur elle Albert Camus : "La bêtise insiste toujours".

                Il est regrettable qu’Agoravox persiste envers et contre tout à éditer ces articles dans la rubrique Siences et technos.





                • JL JL 29 décembre 2008 14:31

                  J’aime dénoncer "les hommages du vice à la vertu". En l’occurrence, dans cet acharnement à donner une base scientifique à la foi n’est pas un hommage rendu à la science par une foi qui serait désignée comme vice, ce que je me garderai bien de faire, mais un hommage d’une mauvaise foi, avec et sans jeu de mots : mauvaise foi puisque incapable de se suffire à elle même et qui harcèle désespérément la raison. Désolé, entre la foi et la science, il n’y a pas de voie du milieu, il n’y a pas de mariage possible entre carpes et lapins.


                • Martin D 29 décembre 2008 14:58

                  à l’école nous apprenions que l’Homme descend du singe...or dès le début des années 90, plusieurs magazines scientifiques americains et européens, montrèrent les contradictions de la théorie de l’évolution mais surtout la nullité de la théorie que l’Homme descend du singe.

                  aujourd’hui le mystère reste entier pour les scientifiques...cependant, c’est une bonne nouvelle pour les créationnistes qui affirment que l’Homme est apparu soudainement...


                  • Thoth 29 décembre 2008 15:33

                    L’homme descend du singe, le singe descend de l’arbre (après y être grimpé). Conclusion : l’homme descend de l’arbre ! Autrement dit, nous descendrions peut-être des végétaux, après une très longue série de transformations au cours des centaines de millions d’années. J’ai écrit un bouquin qui va sortir en février et portera pour titre : "Le Livre de la Genèse décrypté" (éditions Piktos-Dangles). Il traite en partie de la question. Sans être athée, je ne crois pas au dieu inventé par les religions. Je pense que c’est seulement de l’autre côté du "miroir" que nous auront peut-être un début de réponse. smiley 


                  • yoda yoda 29 décembre 2008 15:21

                    "ça fait une sacré différence de savoir que nous sommes cet élan vital qui est à la source de nos actions"

                    Vu comment l’homme se plait a detruire la vie, son ecosysteme, son prochain ; Je me demande si pour le coup, nous n’avons pas pris trop d’elan vital au risque de se prendre le mur. smiley

                    Et puis, au fond, ca fait quoi comme difference ?? C’est comme se torcher de la main gauche ou de la main droite ; la difference, elle casse pas trois pattes a une morue.


                    • Grasyop 29 décembre 2008 15:26

                      « Créationnisme versus évolutionnisme, Bergson et la voie du milieu »

                      Moi j’aime bien les voies du milieu. Prenons le milieu. Entre le créationisme et l’évolutionisme ? Voyons...

                      Créationisme : la Terre a 6 000 ans.
                      Évolutionisme : la Terre a 4 570 000 000 années.

                      Prenons le milieu... Mais lequel ?

                      Moyenne arithmétique : la Terre a 2 285 003 000 années.
                      Moyenne géométrique : la Terre a 5 236 411 années.
                      Moyenne harmonique : la Terre a 12 000 ans.

                      Quelle voie du milieu choisir ? Là encore, suivons la voie du milieu, prenons la moyenne des moyennes ! Mais laquelle ? Je vous laisse faire... Quand vous aurez enfin déterminé le milieu, vous me direz où il est !

                      Je propose que dans les tribunaux on cesse les enquêtes et les débats contradictoires, et qu’on coupe simplement la poire en deux entre la parole de l’accusation et celle de la défense. Ça éviterait beaucoup de frais inutiles et ça désengorgerait radicalement les tribunaux. La vérité, après tout, qu’est-ce qu’on en a à foutre ?

                      La voie du milieu, c’est plus souvent la voie d’un lâche qui ne veut pas se mouiller que celle d’un penseur...


                      • Fadge Fadge 29 décembre 2008 17:28

                        Pareil

                        Ce qui est grave la dedans
                        c’est le thème même de l’article : "Créationnisme versus évolutionnisme, Bergson et la voie du milieu"

                        Cela tend a placer les deux, sur le même plan, comme des thèses qui peuvent êre débattues.
                        Ce n’est pas le cas.
                        Le créationisme n’a absolument rien de scientifque, c’est un DOGME RELIGIEU
                        Ensuite comme il a été dis le terme "Evolutionisme" est le terme employé par les creationistes.

                        Et alors la théorie qui essaye de donner un contre argument a l’evolution par la non prise en compte du libre arbitre. J’avoue humblement que je n’arrive pas a y répondre tellement je ne comprend pas cet argument.
                        Bref, cet article a pour but essentiel de rendre possible la théorie religieuse du creationisme car on peux la mettre a rapport avec l’evolution des espèces défini par Darwin.

                        L’evolution des espèces de Darwin est LA SEULE THEORIE SCIENTIFIQUE
                        Amenez une nouvelle théorie scientifique, et on pourra les comparer scientifiquement, par le concept et par l’experimentation, et même remettre en cause Darwin.
                        Donc, faute de nouvelle théorie scientifique, il n’y a pas d’alternative.

                        Le gros problème de l’evolution, c’est qu’elle démontre en soit que c’est l’Homme qui a créé Dieu a son image et non l’inverse. L’univers est électrique, nous aussi, et sommes tous liés à l’univers. C’est la seule expliquation scientifique du divin, le reste n’est que dogme


                      • Johan Johan 29 décembre 2008 16:22

                        Loin de moi la prétention de pouvoir juger le fond de cet article, mais je vous remercie de nous avoir donné un peu de grain à moudre.

                        Johan


                        • Eric Roux Eric Roux 30 décembre 2008 00:52

                          Je suis votre serviteur.


                        • MKT 29 décembre 2008 17:24

                          Ah l’origine des espèces, les théories finalistes.... La téléologie !

                          Bon deux liens :

                          sérieux http://www.lacosmo.com/meslivres.html

                          pour rire (je suis sur que l’auteur a le sens de l’humour) http://www.anti-scientologie.ch/nouveau_fichier27.htm


                          • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 29 décembre 2008 22:34

                            Que de poudre aux yeux rhétorique, que de confusions...
                            On est mal parti si l’on envisage que le créationnisme puisse être autre chose que le dernière bigoterie à la mode, une Inquisition soft (pour l’instant) de la raison.
                            Désolé il n’y pas de voie médiane.


                            • Olivier Brosseau taz 30 décembre 2008 17:40

                              Bonjour,
                              Libre à vous de commenter des positions de Bergson...
                              Mais votre article relève une certaine incompréhension ou méconnaissance de la science et de son fonctionnement comme des mouvements créationnistes qui tentent de remettre en cause les moyens de penser rationnellement le monde. Placer les deux discours (créationnisme et évolutionnisme) au même niveau est une erreur. Mais d’autres commentaires vont l’ont déjà signifié...
                              Je vous conseille vivement la lecture du petit livre - accessible et bon marché - "Les créationnismes : une menace pour la société française ?, de Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau (éditions Syllepse, mai 2008). Vous comprendrez mieux les enjeux politiques et sociétaux qui se cachent derrière les nombreuses remises en cause de la théorie darwinienne de l’évolution (depuis plus d’un siècle) par des mouvements créationnistes (allant des créationnistes littéralistes que vous définissaient jusqu’aux partisans de la réintroduction d’une transcendance dans la démarche scientifique, type "intelligent designer").
                              Bien à vous,


                            • ffi ffi 30 décembre 2008 18:17

                              Le darwinisme est particulièrement insuffisant. Il laisse toute l’interrogation fondamentale de coté : "d’où vient la vie ?", en la remettant à un passé révolu inscrit dans de la matière biologique, ce qui induit d’en rechercher l’origine uniquemement dans des traces de pierre.
                              Mais, scientifiquement, ce n’est pas satisfaisant. Rien n’autorise à penser que la vie s’est crée exclusivement dans le passé, et qu’une simple description hiérarchiques par ressemblances phénotypiques permette d’en épuiser les mystères, au contraire.
                              Périodiquement apparaissent de nouveaux virus et on découvre sans cesse de nouvelles espèces inconnues.
                              Il y a certainement aujourd’hui encore un principe générateur à l’oeuvre - et cela n’exclue pas pour autant l’évolution.
                              Pour ce principe générateur, le meilleur candidat, on l’utilise tout les jours, c’est l’électricité.
                              Une électricité dans l’eau, disposant des sels nécessaires, qui organise les molécules biologiques selon des règles aux caractéristiques proches du plasma physique (d’où l’analogie de nom donnée par le découvreur de cet état de la matière - Langmuïr - du fait de sa ressemblance avec plasma sanguin).

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