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Darwin s’est trompé… ou plutôt il a été trahi par les darwinistes

La revue Books d’octobre nous offre la traduction en français d’un long billet de la NYRB publié par Richard Lewontin, lequel critique un ouvrage récent au titre provocateur, l’erreur de Darwin. Cet essai a été commis par Jerry Fodor, philosophe des sciences cognitives et Massimo Piattelli-Palmarini, linguiste professant à l’université de Milan. Ce livre fera certainement débat outre-atlantique et l’on est certain que les évolutionnistes seront heurtés. Mais n’est-ce pas le ressort de la science que de mettre à l’épreuve les théories. L’époque actuelle semble ronronner. C’est du moins ce qu’en laisse transparaître l’activité des médias de masse. Sans doute, peu de journalistes ont le niveau et la curiosité nécessaire pour présenter les grandes controverses à venir. Que ce soit en cosmologie, avec les réflexions sur le principe holographique menée par les Verlinde et autres Susskind ou bien dans le champ de l’évolution.

Le grand bouleversement qui se prépare échappe aux mécanismes des révolutions scientifiques analysés par Thomas Kuhn et surtout Popper. Ce n’est pas tant l’accumulation de résultats qu’une certaine manière de questionner et penser qui fonctionne dans cette transition avec la mise en cause des théories. Une manière de voir le monde. Il a fallu tout de même 17 siècles pour que Copernic renoue avec l’héliocentrisme proposé par Aristarque de Samos. La lunette astronomique n’avait pas encore été inventée. Les épistémologues admettent que Copernic se plaçait dans la continuité mathématique de ses prédécesseurs. Sauf qu’il voyait les choses autrement et décida de placer le soleil au centre et de faire graviter autour la terre, elle-même en rotation, et les autres planètes mobiles dans le ciel. Osons un parallèle avec Darwin. Voilà un demi-siècle que l’évolution est un fait établi et même un long récit d’un processus mené sur deux milliards d’années. Une somme impressionnante de données moléculaires, zoologiques, génétiques, paléographiques, ont enrichi la théorie de l’évolution avec force détails, précisions, mécanismes. La plupart des évolutionnistes croient que l’explication donnée par Darwin, enrichie des découvertes contemporaines, suffit à comprendre pourquoi les espèces sont devenues telles qu’on les observe et analyse. La théorie des épicycles de Ptolémée a tenu pendant un millénaire et demi. Le darwinisme peut bien durer un peu plus d’un siècle et demi. A moins qu’il ne s’effrite au profit d’une révolution copernicienne en sciences du vivant. Cette révolution a commencé à s’écrire dans un livre au titre énigmatique, le sacre du vivant. Un livre qui m’a été refusé par plusieurs éditeurs. Une maison d’édition a une politique éditoriale. Qui parfois fonctionne comme une politique de censure à l’égard des idées nouvelles. Cette révolution copernicienne repose sur un principe clair. Pendant longtemps, les biologistes ont tenté d’expliquer la vie à partir de l’évolution. Maintenant, il faut expliquer l’évolution à partir de la vie. C’est tout simple. Remettre la vie au centre ontologique, à l’instar du soleil placé provisoirement au centre de l’univers par Copernic.

Remettre de la profondeur ontologique, de la substance dans la vie. Deux substances, l’une agissante, technique, l’autre percevante, cognitive. Ainsi pourrait être comblé le déficit théorique des conceptions évolutionnistes contemporaines. Le principal argument invoqué par Fodor et Piattelli-Palmarini, c’est que la théorie darwinienne de la sélection naturelle est vide. Mais peut-on parler ainsi et amalgamer Darwin et la sélection naturelle ? Réponse nous est fournie dans un billet de la philosophe Mary Midgley paru dans le Gardian. Dans son autobiographie, Darwin aurait confié que, malgré plusieurs démentis, son avis sur l’évolution aurait été falsifié car jamais il n’avait conclu que la sélection naturelle est l’explication unique permettant de comprendre la transformation des espèces. Selon Midgley, l’objection de Darwin portait autant sur l’incomplétude de la sélection naturelle que sur le non sens qu’elle représente. Et donc, les deux auteurs de l’erreur de Darwin auraient misé dans la cible. Mais qu’il n’y ait pas de malentendu. Cet ouvrage aurait dû s’intituler l’erreur des darwinistes. Au bout du compte, Darwin n’était pas darwiniste et les évolutionnistes se perdent en conjectures sans issue, comme s’ils croyaient installer le darwinisme et la sélection naturelle en ajoutant des tonnes d’épicycles mécanistiques et génétiques. La théorie synthétique de l’évolution est dans une impasse. Cette situation dure depuis des décennies.

La recension de l’erreur de Darwin par Lewontin explicite parfaitement la place inconfortable des évolutionnistes qui ne manqueront pas d’être très en colère après la publication de ce livre. En premier lieu parce que les auteurs ont déclaré vide de contenu la théorie de la sélection naturelle en tant qu’explication du vivant. Comme le suggère Lewontin, ce propos présomptueux et lapidaire interdit tout examen sérieux de cet ouvrage qui pourtant, livre des arguments méritant d’être pris au sérieux. Car cet essai vise la façon dont les biologistes fournissent des explications adaptatives à tout un éventail de phénomènes, y compris en labourant le champ d’autres disciplines comme la sociologie, la psychologie, l’histoire et la culture. Bref, des explications à peine plausibles, si inconsistantes qu’elles deviennent des spéculations oiseuses selon un bon mot du cytogénéticien Jakov Krivshenko. Ce qui peut agacer les évolutionnistes, c’est que l’attaque de la théorie synthétique vient de scientifiques conventionnels et non plus de ces agités fondamentalistes brandissant un néo-créationnisme. L’honnête homme qui suit ces débats sait bien que l’évolution est une théorie en crise. Il y a plus de vingt ans, la théorie neutraliste avait écorné l’hégémonie de la sélection naturelle. D’autres livres ont suivi, notamment celui de Denton. Rien de neuf donc si ce n’est la confirmation que le darwinisme est bancal. Et que la balle est dans le camp de la philosophie puisque l’imaginaire scientifique s’avère stérilisé par des laborantins le nez sur la paillasse et des théoriciens accrochés à une doctrine sélectionniste induisant une attitude plus idéologique que scientifique de la part des protagonistes.

La plupart des biologistes oeuvrent dans l’esprit de Lyssenko, le communisme en moins, au lieu d’emprunter la voie du questionnement et du doute, celle pratiquée par les grands savants et notamment Darwin. Qui doit se sentir trahi. La théorie de l’évolution va basculer. Nul ne sait quand. Les forces obscurantistes des labos sont puissantes, autant que les crispations idéologiques. Pour preuve la difficulté à éditer mon livre innovant qui pourtant, sera préfacé par un membre de l’académie internationale de philosophie des sciences.


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143 réactions à cet article    


  • SamAgora95 SAMAGORA95 27 octobre 2010 10:32

    Darwinisme = Reproduction + sélection = adaptation au milieu = organismes de plus en plus complexes = évolution 


    C’est un fait est non une théorie, l’étude du code génétique (inconnue à l’époque de Darwin) le confirme, ce principe simulé par des algorithmes informatique le montre très bien.

    Evidemment expliquer le fonctionnement général d’un ordinateur est très simple, l’expliquer dans le détail en prenant en compte tous les signaux échangés est une autre affaire.

    De même, la science(qui est très jeune finalement) comprend le fonctionnement du vivant (Je ne parle pas de la conscience) dans sa globalité mais pas dans le détail.

    A l’auteur,
    De quel droit vous placez vous dans le rôle de Nicolas Copernic ? du bon côté de la barrière, ( ! vous choisissez votre camp à la fin du combat c’est pratique,





    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 10:34

      Darwinisme = Reproduction + sélection = adaptation au milieu = organismes de plus en plus complexes = évolution 


      C’est un fait est non une théorie

      L’évolution est un fait.
      Le darwinisme est une théorie.
      Attention à ne pas confondre.

    • Jean 27 octobre 2010 10:51

      Si on va au fond des choses, on peut expliquer que des pattes poussent parce que des animaux rampent sur terre, sortant de l’ eau et que les pattes sont mieux adaptées pour se déplacer.

      Soit ! ça marche mais on sait pas comment...

      Mais au fait pourquoi des animaux (les premiers) « veulent »-ils sortir de l’ eau ? admettons qu’ il y a de l’ herbe et que ces animaux -herbivores- y trouvent leur compte, mais ils n’ y étaient peut-être pas obligés !

      Alors au fait encore, pourquoi la matière « veut »-elle devenir vivante ? quel intérêt ?

      Même question.


    • foufouille foufouille 27 octobre 2010 11:08

      « Alors au fait encore, pourquoi la matière »veut« -elle devenir vivante ? quel intérêt ? »
      elle pourrait etre vivante au depart
      « matiere »


    • SamAgora95 SAMAGORA95 27 octobre 2010 11:23

      C’était vrai au départ à l’époque ou Darwin avait fait ses observations et avait déduit l’évolution et l’apparition des espèces par la reproduction et la sélection naturel , mais aujourd’hui la génétique lui à donnée raison. 


      On parle encore de la théorie de Darwin d’un point de vue historique.

      De plus ce terme scientifique ’Théorie’ est trompeur ; pour la plus part d’entre nous il désigne quelque chose qui est forcement incomplet voir même faux. 






    • Jean 27 octobre 2010 11:31

      En tout cas, si elle n’ est pas vivante au départ, elle en a le potentiel

      Au sens darwinien où tout serait intérêt, alors toujours pourquoi ?

      A mon avis y a pas de « pourquoi », c’ est ainsi et c’ est tout

      Tout comme la proposition « le néant est » comporte sa propre contradiction, ça peut sembler tiré par les cheveux mais « Ce Qui EST » ne peut donc pas ne pas être, et est « Conscience (?) » potentielle et qui s’ actualise aujourdhui

      On s’ éloigne du sujet (?) mais faut bien aller au fond des choses..., à l’ origine

      Et pour le départ de Tout, l’ évolution n’ explique rien, elle « n’ est que » le moteur agissant « ensuite », moteur inclus dans ce potentiel... là on revient au sujet de l’ article


    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 11:31

      C’était vrai au départ à l’époque ou Darwin avait fait ses observations et avait déduit l’évolution et l’apparition des espèces par la reproduction et la sélection naturel , mais aujourd’hui la génétique lui à donnée raison. 

      En quoi la génétique a-t-elle validé que la sélection naturelle est le principal moteur de l’évolution ?


    • SamAgora95 SAMAGORA95 27 octobre 2010 12:00

      A l’époque Darwin avait simplement pressentie que quelque chose transmettait le plan de construction des organismes vivants lors de la reproduction, le plan des organismes le mieux adapté à leur environnement était reproduit les autres étaient perdues.


      Mais il n’avait aucune idée du mécanisme par le quel ce plan était transmit et sauvegardé.

      La découverte du génome lui a donnée la réponse.






    • Jean 27 octobre 2010 12:26

      « La découverte du génome lui a donnée la réponse. »

      A mon avis on ne fait que transposer la question ailleurs, en amont, ça répond à rien

      Ca décrit, ça explique pas

      Décrire le vivant par des gênes n’ explique pas la vie.... qui ne sera jamais expliquée, par le cerveau ... qui en fait partie


    • Verluz 27 octobre 2010 12:36

      Jean :"Si on va au fond des choses, on peut expliquer que des pattes poussent parce que des animaux rampent sur terre, sortant de l’ eau et que les pattes sont mieux adaptées pour se déplacer.

      Soit ! ça marche mais on sait pas comment...

      Mais au fait pourquoi des animaux (les premiers) « veulent »-ils sortir de l’ eau ? admettons qu’ il y a de l’ herbe et que ces animaux -herbivores- y trouvent leur compte, mais ils n’ y étaient peut-être pas obligés !"

      ######################################

      Il n’y a aucune volonté, l’évolution est une phénomène sans but.

      Pour reprendre votre exemple (fictif) : Vous avez une population de poissons dont la forme des nageoires varie entre les individus. Certaines nageoires ont des caractéristiques particulières (rigidité, taille,...) qui permettent aux poissons de se hisser hors de l’eau pour s’y nourrir. Comme il y a très peu de concurrence sur ce terrain là, ils auront un accès facile à la nourriture et vont donc proliférer.

      Mais au sein même de cette population de poissons, il y a des variations. Certains ont des nageoires plus ou moins efficaces pour se hisser hors de l’eau, ils n’ont pas tous les même capacités respiratoires,... et une sélection va donc s’opérer sur ces caractères.

      Ce phénomène est hors de contrôle de la volonté des individus. Effectivement, ils ne sont pas forcés d’aller se nourrir hors de l’eau. Mais ils en ont les capacités. Et comme les ressources sont toujours limitées, il va bien se trouver quelques individus pour tenter de se nourrir par n’importe quel moyen qu’ils pourraient trouver.

      La sélection naturelle ne peut s’opérer que sur des caractères existants. Toutes les populations sont variables, et c’est ces variations qui seront soumises à sélection. Plusieurs mécanismes connus permettent de créer des variations au sein d’une population.


    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 12:50

      A l’époque Darwin avait simplement pressentie que quelque chose transmettait le plan de construction des organismes vivants lors de la reproduction, le plan des organismes le mieux adapté à leur environnement était reproduit les autres étaient perdues.

      Vous occultez le fait que l’un des principes fondamentaux du darwinisme est que la sélection naturelle est le seul moteur de l’évolution.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 27 octobre 2010 12:58

      Moteur, en effet, on peut dire aussi cause efficiente ou alors ressort ou même conatus

      Aristote, Spinoza.

      Elan vital, Bergson


    • robin 27 octobre 2010 13:21

      Si les faits sont basés sur des équations aussi vasouillardes, on a pas fini d’en rire !


    • JL JL 27 octobre 2010 13:33

      Rounga, Dugué : la sélection, le moteur ?

      Je vois que nous n’avons pas les mêmes notions de ce qu’est un moteur ! Pour moi la sélection n’est en rien le moteur ! Le moteur c’est l’énergie, le conatus. Spinoza évoque ensuite les affects, et c’est à ce niveau qu’opère la sélection.

      J’aime cette image du chat qui s’apprête à sauter sur un mur. Il fait comme si, et inhibe au dernier moment son saut tant qu’il ne le « sent » pas. C’est l’intuition et non pas la raison ni le calcul qui le retient. L’intuition, le calcul, la raison, la sélection ne sont pas des moteurs mais des filtres.

      N’est-ce pas Dugué qui parlait d’ignorance ?


    • Verluz 27 octobre 2010 13:42


      "Vous occultez le fait que l’un des principes fondamentaux du darwinisme est que la sélection naturelle est le seul moteur de l’évolution."

      Absolument pas !
      La dérive génétique est un élément ESSENTIEL de la théorie actuelle de l’évolution.
      Dans une moindre mesure, on peut citer la séléction sexuelle, le transfert orizontal de gènes, les phénomènes de duplication,...

      De nombreux mécanismes sont moteur d’évolution, et il est faux de prétendre que les théories actuelles se résument à la séléction naturelle.


    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 13:53

       Pour moi la sélection n’est en rien le moteur !

      On s’en fout, ce ce qu’est le moteur de l’évolution pour vous. On parlait du darwinisme. Le darwinisme dit que c’est la sélection naturelle.
      Si vous n’êtes pas d’accord, c’est que vous n’êtes pas darwinien, c’est tout.

      La dérive génétique est un élément ESSENTIEL de la théorie actuelle de l’évolution.

      Idem : on parlait du darwinisme, évitez de changer de sujet. D’autant plus qu’il n’y a pas de « théorie actuelle » de l’évolution. Il y a plusieurs courants, entre les darwiniens purs et durs, les partisans de l’intelligent design, et les autres, qui pensent qu’un structuralisme, dont on ignore encore les lois, expliquerait mieux l’évolution que le fonctionalisme darwinien.


    • JL JL 27 octobre 2010 14:04

      rounga, le moteur dont parle Darwin est à prendre au second degré, et non pas premier comme le fait Dugué quand il parle de conatus ! Et c’est sur ce sens que j’ai rebondi. Votre façon de répondre n’est pas très propice à faire avancer les débats.

       smiley


    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 14:11

      le moteur dont parle Darwin est à prendre au second degré

      Qu’est-ce à dire ?


    • JL JL 27 octobre 2010 14:58

      Ma parole, je l’obsède !

       smiley  smiley  smiley


      @ rounga : « le moteur à prendre au second degré » ? Si j’étais de mauvaise foi, comme par exemple un ID-aliste, je le dirais autrement : la sélection n’est pas un moteur, donc Darwin s’est trompé. Vous pigez ? Non ? Alors restons-en là, j’ai mieux à faire qu’à vous expliquer les prérequis indispensables à toute discussion rationnelle et objective.


    • Verluz 27 octobre 2010 14:58

      "Idem : on parlait du darwinisme, évitez de changer de sujet. D’autant plus qu’il n’y a pas de « théorie actuelle » de l’évolution. Il y a plusieurs courants, entre les darwiniens purs et durs, les partisans de l’intelligent design, et les autres, qui pensent qu’un structuralisme, dont on ignore encore les lois, expliquerait mieux l’évolution que le fonctionalisme darwinien."

      Mouai. Dans ce cas qu’appelez vous Darwinisme ?
      Je croyais que l’on parlait de la théorie de l’évolution. Néo-darwinisme si vous préférez. Je vous parle de cette théorie telle qu’elle est formulée aujourd’hui par les scientifiques. Cette théorie ne se situe pas entre le « darwinisme pur et dur » et l’« ID ». Il s’agit d’une théorie complexe qui ne se résume pas à la sélection naturelle.

      "On s’en fout, ce ce qu’est le moteur de l’évolution pour vous. On parlait du darwinisme. Le darwinisme dit que c’est la sélection naturelle.
      Si vous n’êtes pas d’accord, c’est que vous n’êtes pas darwinien, c’est tout."

      Dans ce cas, aucun biologiste actuel n’est darwinien. Darwin a posé les premières bases de la théorie à l’époque. Mais cette théorie s’est affinée depuis, de nouveaux éléments ont été ajoutés (tels que ceux que je cite plus haut). La sélection naturelle est l’un des moteurs de l’évolution, certainement pas le seul.


    • Rounga Roungalashinga 27 octobre 2010 16:36

      Verluz,

      Je croyais que l’on parlait de la théorie de l’évolution.

      Remontez les commentaires.

      Néo-darwinisme si vous préférez. Je vous parle de cette théorie telle qu’elle est formulée aujourd’hui par les scientifiques. Cette théorie ne se situe pas entre le « darwinisme pur et dur » et l’« ID ». Il s’agit d’une théorie complexe qui ne se résume pas à la sélection naturelle.

      Et il n’y a pas qu’elle. Je réitère mon dernier commentaire en remplaçant « darwinisme » par « néo-darwinisme ».

      Dans ce cas, aucun biologiste actuel n’est darwinien. Darwin a posé les premières bases de la théorie à l’époque. Mais cette théorie s’est affinée depuis, de nouveaux éléments ont été ajoutés (tels que ceux que je cite plus haut).

      Il n’empêche que beaucoup de néo-darwiniens répugnent à envisager que l’évolution ne serait pas due au seul hasard, mais serait guidée dans une direction et obéirait à des lois inhérentes au vivant (théories de type structuraliste).

      JL,

      Si j’étais de mauvaise foi, comme par exemple un ID-aliste, je le dirais autrement : la sélection n’est pas un moteur, donc Darwin s’est trompé. Vous pigez ?

      Non, je ne pige pas. Darwin a établi que ce qui guide l’évolution, c’est l’adaptation au milieu par le biais de la séléction naturelle (c’est ça que signifie « moteur de l’évolution »). Si jamais on découvrait que ce n’était pas le cas, ce serait qu’il s’est trompé. Il n’y a pas de mauvaise foi là-dedans, ça arrive à tout le monde de se tromper.


    • JL JL 27 octobre 2010 23:09

      Bon, je vois que ça ne passe pas : ce que j’ai voulu dire avec cette histoire de moteur c’est que les ID-... jouent sur les mots. Qu’ils sont de mauvaise foi. Bien sûr que je n’ai pas dit que Darwin s’est trompé, au contraire. Ce sont ses détracteurs qui cherchent à le faire accroire. Un comble, Dugué, détracteur de Darwin et qui traite ses contradicteurs d’obscurantiste ! Car c’est bien de ça qu’il s’agit si l’on choisit de le camp de l’ignorance. Mais le camp du savoir n’est assurément pas celui qui mêle science et dogme, physique et métaphysique.

      La métaphysique se moque du principe de non-contradiction aussi vrai que l’économie se moque de la morale.


    • Sachant Sachant 28 octobre 2010 00:33

      [Science et dogme, Physique et métaphysique]

      Moi, tu mconnait, j’y connais rien en amalgame
      Sans quoi...


    • Sachant Sachant 28 octobre 2010 00:37

      Plus « simplement »

      Des pattes « poussent » à des animaux
      Certains sortent de l’eau - Grand bien leur a fait
      D’autres y sont resté - Pas longtemps, les pattes, dans l’eau, ça dure pas assez pour laisser de traces


    • Sachant Sachant 28 octobre 2010 00:43

      Par « dérive », vous entendez mutation ?
      Mutation accidentelle ?
      Du genre « mutation due aux rayonnement cosmique non filtrés dans la courte phase neutre de l’inversion des pôles »

      Sans quoi, remplacez le mot « dérive » par celui de « évolution » et nous serons d’accord


    • Sachant Sachant 28 octobre 2010 01:03

      Il n’y a pas de moteur
      Donc il n’y a pas de moteur « premier »
      Mais il y a évolution

      Le « prime mover » est anglo-saxon et nous pouvons déduire l’origine de vos lectures scientifiques

      Le temps n’a pas TOUJOURS existé
      L’espace n’existe pas à toutes les échelles d’ESPACE
      (A moins de démontrer l’erreur de PLANCK)

      L’évolution n’a pas de moteur : Elle est en mouvement
      L’univers n’est que le contexte dans lequel une évolution (comme un moteur à explosion) est possible

      Se poser la question « Mais qui à produit le mouvement initial ? »
      C’est faire preuve d’anthropomorphisme
      Ce travers de la conception du monde est censé s’être totalement estompé à l’âge de 12 ans
      Le savez-vous ?


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 08:01

      ce que j’ai voulu dire avec cette histoire de moteur c’est que les ID-... jouent sur les mots. 

      On dirait que pour vous ceux qui réfutent le darwinisme sont forcément des défenseurs de l’intelligent design. Je vous cite :« Dugué, détracteur de Darwin et qui traite ses contradicteurs d’obscurantiste ! Car c’est bien de ça qu’il s’agit si l’on choisit de le camp de l’ignorance ». Moi je comprends que Dugué, critiquant Darwin, est un obscurantiste qui a « choisi le camp de l’ignorance ». Par conséquent, j’en tire que critiquer Darwin revient à être obscurantiste...Si c’est vraiment ça que vous avez voulu exprimer, je crois que je n’ai pas besoin d’aller plus loin.


    • JL JL 28 octobre 2010 08:48

      Rounga, au risue de me répéter, je dis que, vis-à-vis d’une théorie scientifique, il n’y a que deux attitudes possibles : la première, l’attitude scientifique qui consiste, soit à l’admettre voire à l’étayer, soit à l’invalider en la mettant en défaut , soit en en proposant une meilleure.

      Et l’attitude irrationnelle qui consiste à dire : elle est erronée parce qu’elle n’explique pas ceci, elle n’explique pas cela. cf. robin sur ce fil,par exemple.

      Parmi les irrationnels, je classe les ID-alistes : pourquoi diable, une intelligence supérieure ferait-elle les erreurs qu’ils reprochent à la théorie de ne pas pouvoir expliquer ? Pour le plaisir de contrarier Darwin ? Avez-vous une hypothèse ?

      Pour les autres, ceux qui ne sont pas ID-alistes : on dirait qu’ils se trouvent dans la situation de ceux que les VO-istes (Version Officielle, pensée dominante) appellent les conspirationnistes. De fait, si dans la recherche médicale par exemple, les chercheurs qui suivent des pistes non conformes à l’intérêt supérieur de l’entreprise ne se voient pas accorder de crédits, en ce qui concerne le darwinisme, je ne vois pas autour de moi une conspiration pour préserver cette théorie envers et contre toute raison scientifique.

      La meilleure défense c’est l’attaque, et quand on ne peut pas défendre sa thèse, on attaque celle de l’adversaire. Qui est l’adversaire de qui en l’occurence ? J’ai sous les yeux un ouvrage que j’ai lu il y a déjà un moment, et qui s’intitule :

      « La génétique néolibérale, les mythes de la psychologie évolutionniste », publié aux Editions de l’éclatde Susan Mc Kinnon, Pr d’anthroplologie culturelle à l’univesité De Virginie.

      Extrait de la 4ème de couverture : « La psychologie évolutionniste réduit les relations humaines à un réflexe d’automaximisation des gènes régi par la sélection naturelle. A l »heure où l’économie néolibérale anglo-saxonne assoit son empire, les psychologues évolutionnistes nous servent une théorie de l’évolution offrant une explication naturelle aux aux valeurs néolibérales (notamment en ce qui concerne le clonage).« 
       
      Ces »théoriciens" affirment qu’il existe des gènes de la fidélité, de l’altruisme, qui pousserait un chimpanzé à donner 60 g de viande à un congénère, qui prédispose un homme au cocufiage, etc. etc. (trouvés dans la littérature de la psychlogie évolutionniste, cité par l’auteur (page 33). Bref, ces gens-là sont d’horribles réducteurs, sinon de têtes, au moins de la pensée. L’archétype de l’obscurantiste.

      De fait, si le darwinisme est aujourd’hui perverti et instrumentalisé par ces gens là, et si vous en êtes d’accord, convenez avec moi que ceux qui veulent détruire le darwinisme sont obscurantistes comme je l’ai démontré ci-dessus.


    • JL JL 28 octobre 2010 10:25

      @ Roung, il est inutile je suppose, d’ajouter que l’idée qu’il existerait des gènes spécifiques qui président à nos comportements quotidiens ou non est une idée créationniste, n’est-ce pas !?

      Alors, pour moi qui ne suis pas au courant des « révolutions » libérales, dires-moi svp si, pour vous, la théorie de l’évolution admet ces gènes là, ou au contraire, si ce sont les inventeurs de ces gènes là qui harcèlent les darwinistes. Merci de votre réponse.


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 10:29

      soit à l’invalider en la mettant en défaut

      Et l’attitude irrationnelle qui consiste à dire : elle est erronée parce qu’elle n’explique pas ceci, elle n’explique pas cela.

      Faire remarquer qu’une théorie n’explique pas certaines choses, c’est montrer ses limites.

      Refuser d’admettre qu’une théorie a des limites (et c’est cette attitude-là que je dénonce depuis le début), et nier toute théorie pouvant la remettre en question est irrationnel (moi aussi je me répète).

      Il apparaît de plus en plus que d’autres mécanismes que la sélection naturelle jouent un rôle plus important que celle-ci dans l’évolution, que l’évolution « fait des sauts », et qu’elle ne se fait pas au hasard, mais est guidée par des lois inhérentes au vivant. Ce sont là trois piliers de la théorie darwinienne qui sont sévèrement remis en question. Refuser de considérer ces remises en question et dénigrer ceux qui les prononcent, qu’est-ce d’autre que de l’obscurantisme ?

       

      en ce qui concerne le darwinisme, je ne vois pas autour de moi une conspiration pour préserver cette théorie envers et contre toute raison scientifique.

      Si vous n’êtes pas biologiste ou que vous ne vous intéressez pas au milieu de la recherche en sciences du vivant, c’est normal que vous ne soyez pas au courant ! Vous me paraissez bien naïf. Vous avez l’air d’imaginer que tous les scientifiques sont des gens honnêtes, prêts à remettre en question leurs théories si on leut montre qu’ils se trompent, et ne cherchant que la vérité. La réalité est tout autre (un exemple ici).


    • JL JL 28 octobre 2010 11:06

      @ Rounga, bon, je crois que la discussion s’essoufle un peu, chacun campant sur ses positions.

      Loin de moi l’idée de botter en touche, je souhaiterais porter le débat sur un autre plan : la différence entre recherches et études. Je crois que c’est de là que vient la confusion.

      Pour moi, la différence entre recherche et études tient essentiellement en ce que la recherche laisse le beau rôle à la sérendipité (1), pardon pour ce terme savant, alors que les études sont orientées vers un but précis, le plus souvent la recherche d’un profit.

      Les chercheurs sont un peu comme ces analysants qui ne savent pas où ils vont mais qui acceptent d’emblée au départ d’aller là où l’analyse les conduit. Ce sont des explorateurs. Les « étudieurs » ont, quant à eux, un donneur d’ordre qui leur dit ce qu’ils doivent trouver (2) : ce sont des missionaires.

      Par définition, l’obscurantisme n’est pas le fait des chercheurs. « Chercheur obscurantiste » est un oxymore. Mais l’ont sait que la novlangue est construite sur les oxymores.

      (1) Charles Darwin (1953) : Qualité qui consiste à chercher quelque chose et, ayant trouvé autre chose, à reconnaître que ce qu’on a trouvé a plus d’importance que ce qu’on cherchait.

      (2) en général, le donneur d’ordre est un investisseur qui recherche un profit qu’il appelle « juste retour sur investissement ». C’est ce que l’on observe dans les partenariats public-privé. Cela mériterait un long développement, voire le procès de ce genre de partenariat..


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 11:18

      Par définition, l’obscurantisme n’est pas le fait des chercheurs. « Chercheur obscurantiste » est un oxymore. Mais l’ont sait que la novlangue est construite sur les oxymores.

      En théorie, pas dans la réalité.


    • SamAgora95 SAMAGORA95 28 octobre 2010 11:20

      Aujourd’hui personne sur terre n’aura la prétention d’expliquer la vie, c’est évident.

       


    • JL JL 28 octobre 2010 11:22

      C’est un peu court, jeune homme !


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 11:50

      C’est un peu court, mais je vous ai donné un article en lien, qui n’est qu’un exemple. C’est une constante historique que, même dans le milieu des chercheurs, les idées nouvelles remettant en question les théories utilisées depuis longtemps, rencontrent une forte résistance. C’est surtout vrai des idées occasionnant une révolution épistémologique.


    • JL JL 28 octobre 2010 12:09

      Rounga, j’ai bien lu votre texte en lien. Cette histoire de ce que certains appellent un trou dans l’évolutuion me fait penser à ce que René Thom appelle une catastrophe. Connaissez-vous les travaux de René Thom ?

      Je ne vois pas en quoi cela remet en cause la théorie de l’évolution, sinon du point de vue de ceux qui lisent cette théorie comme on lirait un livre sacré d’une religion, au premier degré et à la lettre près. Et en l’occurence une religion à laquelle on n’adhère pas, ceci expliquant cela.

      En revanche, dans le domaine de la recherche appliquée, oui, les cas de mauvaise foi sont légion. Et là, je vous renvoie au mantra de Paul Villach : nul ne délivre une information qui serait susceptible de lui nuire.


    • JL JL 28 octobre 2010 12:10

      Si les révolutions auxquelles vous pensez sont de l’ordre de celle que Bernard Dugué nous prépare, on attendra de voir si vous le voulez bien.


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 14:00

      Je ne vois pas en quoi cela remet en cause la théorie de l’évolution

      « La théorie de l’évolution » ça n’existe pas. Il y a des théories de l’évolution, dont le darwinisme. Avez-vous bien compris ce point ?
      En l’occurence, c’est le darwinisme qui est remis en question, puisque le gradualisme est mis à mal, ainsi que le rôle de la sélection naturelle. Or le gradualisme et la primauté de la sélection naturelle constituent le socle du darwinisme.


    • JL JL 28 octobre 2010 14:06

      Rounga, puisque je vois que vous devenez de mauvaise foi - vous n’avez répondu à aucun de mes arguments et ici vous faites comme si le sujet n’était pas le darwinisme en y amalgamant les théories les plus fumeuses - , restons-en là.

      Je concluerai sur ceci :

      « C’est l’orgueil qui fait le sophiste, la bonne foi fait le savant. » (Joseph Joubert)


    • Rounga Roungalashinga 28 octobre 2010 15:36

      comme si le sujet n’était pas le darwinisme en y amalgamant les théories les plus fumeuses

      Comment pouvez-vous affirmer que ces théories sont « fumeuses » ? Dans l’article que je vous ai cité, la théorie « fumeuse » a permis de faire une prédiction vérifiée ! Vous qualifiez a priori de « fumeuses » des théories (je ne parle pas de celle de Dugué), sur lesquelles vous êtes visiblement très mal informé, pour des raisons obscures. J’ai de plus l’impression que vous ne vous êtes pas sorti de la tête que ce qui n’est pas darwiniste n’est pas forcément anti-évolutionniste.
      Du reste, je vous trouve particulièrement gonflé de m’accuser de « faire comme si le sujet n’était pas le darwinisme », alors que je précise bien depuis le début qu’il ne faut pas confondre l’évolution, qui est un fait, avec le darwinisme, qui est une théorie de l’évolution affirmant que la diversité des espèces résulte d’un long processus graduel de sélection naturelle. Je mesure la validité de cette théorie à l’aune de faits mis en lumière par des chercheurs, qui montrent que l’importance de la sélection naturelle a été surévalué par Darwin et que l’évolution fait des sauts, et je constate que des théories naissantes seront probablement mieux à même de décrire l’évolution. Je compare le darwinisme à ces théories, et vous m’accusez de les amalgamer ! C’est le contraire ! 

      Je relis votre commentaire stupéfiant :

      « Bien sûr que je n’ai pas dit que Darwin s’est trompé, au contraire. Ce sont ses détracteurs qui cherchent à le faire accroire. Un comble, Dugué, détracteur de Darwin et qui traite ses contradicteurs d’obscurantiste ! Car c’est bien de ça qu’il s’agit si l’on choisit de le camp de l’ignorance. »

      Il se suffit à lui-même.
      Vos arguments sur la génétique n’ont pas grand intérêt, car vous étendez votre critique de ces auteurs, qui semblent étudier l’influence du darwinisme sur l’idéologie libérale et parlent de génétique, à quiconque critiquerait le darwinisme. Nul besoin d’ajouter quoi que ce soit pour montrer la malhonnêteté d’un tel procédé. D’autant plus que le réductionnisme dont vous taxez ces auteurs peut qualifier des théories darwiniennes telles que celle du « gène égoïste ».

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