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Découverte d’un ossuaire de dodos à l’île Maurice

En fait, l’ossuaire en question contenait essentiellement des restes de tortues, mais ce sont ceux du dronte, ou dodo, qui suscitent le plus l’intérêt du grand public. Cet oiseau aptère (dépourvu d’ailes, mais plus généralement, incapable de voler) n’est pas le premier dont on découvre des restes fossiles ou sub-fossiles, comme c’est le cas ici.

Il est même loin d’être le plus spectaculaire d’entre eux, puisque les plus grands oiseaux de tous les temps ont disparu aux temps historiques : il s’agissait du vourompatra malgache, une sorte de très grosse autruche également appelée oiseau-éléphant, et dont on avance qu’elle aurait pu être à l’origine de la légende arabe de l’oiseau roch. On estime que l’extinction du vourompatra (Aepyornis maximus, pour les intimes) a été causée par la chasse indigène, aux alentours du Xe siècle, aux côtés de celle de lémuriens géants dont certains atteignaient la taille d’un gorille. Encore plus grands, mais moins massifs : les moas néo-zélandais, apparentés aux kiwis, et dont les diverses espèces ont disparu entre le XVe et le XVIIIe, voire le XIXe siècle.

Malgré leurs proportions à faire saliver un auteur de science-fiction (aucun oiseau préhistorique connu n’a jamais atteint des tailles équivalentes), les oiseaux géants malgaches et néo-zélandais n’ont pas la célébrité du dronte. Celle de ce dernier tient essentiellement en deux points. Premièrement, son extinction est directement liée à l’homme blanc (aux indigènes, pour les autres) et aux espèces introduites par ce dernier (rats, porcs, petits carnivores). A l’inverse, les oiseaux géants ne sont connus que par leurs ossements et des rapports indirects. Deuxièmement, son aspect de dindon massif et sa réputation de stupidité (qui lui a valu le sobriquet de dodo), sans doute pas étrangers au choix de Lewis Caroll de l’intégrer dans son Alice au pays des merveilles.

Mais malgré la similitude phonétique, dodo et dindon n’ont pas de liens de parenté. Le dronte est en fait un pigeon ayant perdu la faculté de voler, du fait de l’absence de prédateurs sur l’île de la Réunion (ainsi que sur l’île de Rodrigue, où il existait une espèce voisine). La découverte de nouveaux ossements permettra d’affiner nos connaissances sur l’aspect de ces oiseaux, qui n’étaient apparemment pas aussi massifs et patauds que ce qu’en laissent voir les représentations d’époque.

Quant à l’extraction d’ADN, a priori, peu de chances qu’il y ait à en attendre davantage que ce qui a déjà été fait à partir de restes des rares spécimens naturalisés. Des études en ce sens avaient déjà été menées il y a quelques années (2002). Elles indiquèrent comme plus proche parent le pigeon de Nicobar, une espèce également présente dans l’océan Indien, probablement apparentée au groupe des colombes poignardées ou gallicolombes. Toutefois, d’après l’aspect morphologique, en particulier le bec, on considère traditionnellement que l’espèce actuelle la plus proche du dronte serait le diduncule strigirostre (littéralement : petit dodo à bec de chouette), une espèce des îles Samoa, dans le Pacifique, menacée par la petitesse de son habitat (il ne resterait que quelques milliers d’individus). Cette espèce pourrait, elle aussi, être une forme déviante du groupe des gallicolombes, mais son bec épais rappelle celui du dronte. Tous ces pigeons se caractérisent par un mode de vie essentiellement terrestre, mais seul le dronte a perdu la faculté de voler, ce qui lui fut fatal. Une autre victime pressentie est un cousin direct du pigeon de Nicobar ayant vécu en Nouvelle-Calédonie. De plus grande taille, il aurait disparu avant l’arrivée des blancs. Quand on voit la munificence de l’espèce de Nicobar, vert émeraude avec une collerette gris violacé étincelant, qui en fait un pigeon d’ornement très apprécié et assez commun dans les parcs zoologiques, on ne peut que ressentir la frustration de la perte de son cousin et de celle d’autres pigeons insulaires, tel le très probablement éteint microgoura de Choiseul.

Pour en savoir plus :



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