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Des études sans intérêt sur les OGM au secours des multinationales de biotechnologies (2)

Le principe d’équivalence en substance qui a permis l’autorisation de mise sur le marché des aliments génétiquement modifiés dès 1992 par la Food and Drug Administration (FDA) et utilisé aujourd’hui par les institutions de contrôle sanitaire du monde entier, établit a priori que les aliments génétiquement modifiés doivent être utilisés dans la chaîne alimentaire. Cet a priori repose sur une méthodologie non ciblée sur la spécificité de la technique de transgénèse elle-même, mais exclusivement sur la comparaison macroscopique des aliments modifiés avec les aliments non modifiés, selon les méthodes traditionnelles d’analyse chimique et biochimique, se révélant être en fait complètement insuffisante au regard de la nouveauté de cette technique de manipulation du génome des organismes.

Dès le départ, la méthodologie de l’équivalence en substance est fausse et inadéquate scientifiquement. Elle est en fait un argument minimal permettant l’imposition industrielle des aliments génétiquement modifiés dans la chaîne alimentaire. En effet, les modifications de type transgénèse ne sont nullement questionnées en elles-mêmes par ce protocole de tests comparatifs entre aliments génétiquement modifiés et aliments non génétiquement modifiés. Seule la comparaison est faite entre la teneur en micro-nutriments des aliments, et est évaluée la toxicité relative à la production de nouvelles protéines déjà connues au préalable.

Ainsi, d’après Philippe Joudrier, directeur de recherche à l’Inra et président du Comité d’experts spécialisé biotechnologie de l’Afssa, ce qui est pris en compte pour les végétaux modifiés ou PGM est tout d’abord l’origine des produits des gènes utilisés pour faire l’évaluation de risque, ensuite sont évaluées les modifications potentielles dans le métabolisme de la PGM, puis la composition nutritionnelle et les éventuelles modifications inattendues (concentration en nutriments, facteurs anti-nutritionnels et substances toxiques), et enfin, est faite l’évaluation de la toxicité du produit de gène, avec des tests de toxicologie aiguë et sub-chronique. Seulement ensuite est évaluée la tolérance sur l’animal de l’aliment produit à partir de la PGM ou test d’alimentarité, la dégradation dans le tube digestif, et l’évaluation du potentiel allergène.

Aussi, il apparaît très clairement que ces tests se basent exclusivement sur les données connues de la transgénèse, au niveau biochimique, sans nullement prendre en compte la nature de la modification génétique elle-même qui comporte des inconnues multifactorielles à de nombreux points de vue.

Cette méthodologie de l’équivalence en substance est scientifiquement erronée pour plusieurs raisons : il est dorénavant établi qu’un gène ne code pas exclusivement pour une seule protéine, mais potentiellement pour plusieurs protéines, ce qui n’est pas du tout pris en compte par ces analyses, notamment du fait de l’inconnu de ces protéines. D’autre part, les gènes font partie d’un réseau génétique complexe, dont la modification par ajout d’une séquence génétique artificiellement manipulée et construite, introduit nécessairement des modifications et interférences que la méthodologie ne cible pas du tout et dont elle ne se préoccupe pas.

Ainsi, la teneur en microéléments (oligoéléments), macroéléments (protéines, lipides sucres), et en métabolites particuliers, se basent sur des données déjà connues, de même que la recherche de toxines. D’autre part, la recherche de clastogénèse et mutagenèse si elle s’intéresse à des modifications génétiques spontanées survenues lors de la transgénèse, ne concerne pas en fait la transgénèse elle-même, qui est l’ajout ou l’inhibition d’une séquence génétique dans une cellule-hôte, et qui concerne donc la modification de la carte génétique de l’organisme lui-même, et non pas la modification de séquences génétiques préexistantes, comme dans le cas de mutations spontanées.

Une étude de mars 2008 parue dans la revue nord-américaine Proceedings of the National Academy of Science (PNAS) a ainsi été généralisée abusivement par des organismes de communication, prétendant que "les OGM induiraient des altérations génétiques plus limitées que les techniques conventionnelles d’amélioration génétique des plantes", assimilant trompeusement la mutagénèse induite avec l’ensemble des techniques conventionnelles ce qui est un mensonge orienté, cette dernière technique étant encore assez marginale et faisant l’objet de recherches et réunions récentes.

Ce type de tentative de communication abusive assimilable à de la désinformation scientifique ou à du marketing pour les produits OGM, marque bien cette volonté généralisée d’omettre la spécificité de la transgénèse elle-même, basée sur la technique de l’ADN recombinant, non seulement en comparant cette technique avec d’autres qui n’ont manifestement aucun rapport comme les sélections fines traditionnelles, mais aussi avec des transformations génétique induites comme la mutagénèse par irradiation, qui, là encore, modifient du matériel génétique préexistant, et ne modifient pas en elle-même la carte génétique d’un organisme en introduisant du nouveau matériel génétique dans ce dernier, comme c’est le cas de la transgénèse. En omettant cette différence de principe fondamentale, qui est la dynamique interne du réseau génétique d’un organisme particulier, les conclusions concernant l’"altération génétique" d’un organisme particulier en fonction de telles ou telles méthodes, ne peuvent être que biaisées, et basées sur des fondements erronés et incomplets.

Aussi, il est faux de dire comme le fait trompeusement la Commission du génie biomoléculaire (CGB) dans la présentation de son ancien site, par un renversement de sens, que "l’évaluation des risques potentiels pour l’homme et pour l’environnement liés à la dissémination d’un organisme génétiquement modifié est d’autant plus facile que la modification génétique (transgène) est aussi limitée que possible et que sa nature est parfaitement connue", car la nature d’une modification génétique artificielle est intrinsèquement inconnue dans ses effets, notamment au niveau de la carte génétique d’un organisme, considéré comme un organisme en développement et non comme un simple produit alimentaire dont les propriétés seraient entièrement connues.

En considérant les résultats des modifications transgéniques en tant que produits alimentaires, et non en tant qu’organismes biologiques modifiés, le dogme de l’équivalence en substance annihile et omet toute possibilité de recherche quant aux modifications génétiques elles-mêmes sur des végétaux ou animaux qui, par définition, sont en évolution, en considérant ces derniers comme des produits finis dont les tests associés doivent permettre d’autoriser de manière très brève et rapide la commercialisation dans la chaîne alimentaire. Le principe du cas par cas omet de la même manière la spécificité de la transgénèse, en se concentrant sur la spécificité du produit lui-même comparativement à son "équivalent substantiel" conventionnel, et n’est que le prolongement et la spécialisation de la même logique qui accepte sans interrogation ni réelle précaution la diffusion de tels organismes génétiquement modifiés dans la chaîne alimentaire.



Crédit photo : FAO


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10 réactions à cet article    


  • JL JL 29 octobre 2008 15:03

    Ce principe dit d’équivalence en substance, qui est à la base de nombreuses propositions émanant de la FDA et de réglementations américaines adoptées par le reste du monde libéral, notamment pour récuser toutes études qui relèveraient du principe de précaution concernant l’alimentation édicte en gros : du lait c’est du lait, du maïs c’est du maïs, il n’y a pas de gène ni d’antibiotiques qui tiennent. A tel point qu’il est interdit aux USA de mentionner sur le lait qu’il contient des substances anti-bio.


    • chiktaba 29 octobre 2008 15:30

      Il manque grandement des references aux nombreuses assertions dans le texte. SI vous pouviez corriger cela. Notamment pour "il est dorénavant établi qu’un gène ne code pas exclusivement pour une seule protéine, mais potentiellement pour plusieurs protéines" car la phrase en elle meme n est pas totalement juste.


      • GFP 30 octobre 2008 10:00

        Forcément il manque des références, c’est un article d’aurélien, un gars qui nous a déjà largement démontré sur le blog "Imposteurs" qu’il ne comprend rien aux OGM. Les gènes introduits dans les OGM actuellement commercilaisés ne codent que pour une protéine car ce sont des gènes bactériens et par conséqunet ils ne font pas d’épissage alternatif (gène codeant pour l’EPSP ou les gènes codant pour les protéines bt). De la même manière il nous parle des méthodes classiques d’améliorations variétales faisant appel à la mutagenèse chimique (EMS) ou physque (rayon gamma ou rayon X) en disant qu’elles sont marginales. C’est complètement faux. Pourtant c’est indiqué dans le cite mis en lien, ça fait plus de 80 ans que cette techniques est utilisée et les conséquences sur les mofications des génomes sont bien plus importantes que la transgenèse par insertion de T-DNA, il n’y a d’ailleurs rien de surprenant à cela. Ces méthodes d’améliorations variétales sont soutenues par des programmes de la FAO et il y a déjà plus de 2700 variétés issues de ces méthodes de mutagenèse qui ont été mises sur le marché (sans le moindre test de toxicité contrairement aux OGM). L’exemple classique étant celui des clémentines sans pépin, résultat d’une mutagenèse par irradiation ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/006/x6732f/x6732f04.pdf. Ces méthodes sont très différentes de celle de la transgenèse puisque le nombre de mutations introduites est très élevé (plusieurs centaines pour la mutagenèse chimique). Alors vous pensez bien, qu’à côté, introduire un ADN-T dans un génome ce n’est pas la fin du monde. Vous devriez aussi lire ceci ça vous donnera un petit historique de la modification des génomes des plantes que l’on mange. Ou laors visionner cette conférence donnée par Michel Caboche, c’est assez instructif.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 30 octobre 2008 10:42

        Difficile de répondre à toute la désinformation présente sur internet sur les OGM, alors que celle-ci est organisée en association (AFIS), par les institutions gouvernementales, l’industrie, et aussi les réunions de personnes et scientifiques du domaine ( comme sur un blog comme Imposteurs). L’on répond à une personne une autre personne arrive par la suite pour attaquer, parfois en visant directement la personne et non les idées, et lorsque l’on travaille seul pour rédiger des articles d’information, il devient évident que très rapidement, l’on doit se contenter d’aller à l’essentiel et de ne pas perdre de temps avec des intervenants qui écument les blogs (comme celui de Marie-Monique Robin), en bande-organisées (GFP, zygomar, Ryuujuin, Anton, ...etc etc) pour étaler une propagande pour ces produits industriels.

        Premièrement, chiktatba, il n’y a pas besoin de référence pour indiquer des phénomènes biologiques basiques que l’on peut apprendre dès le lycée. Et pour comprendre les OGM, il n’y a pas besoin d’avoir de doctorat en biologie, un peu de culture générale et de curiosité pour la biologie suffit amplement. L’article ici présent est très clair et ne comporte pas d’erreur.

        Bien sûr une personne comme GFP peut venir et essayer de faire de la rhétorique et jouer avec les mots, mais un lecteur un tant soit peu attentif et à l’écoute de ce qui est dit peut facilement faire la part du vrai et du faux dans ce qui est dit.

        La mutagénèse est une technique marginale dans l’élaboration de nouvelles variétés, qui peut avoir son utilité, mais il ne s’agit pas de comparer cette méthode avec la transgénèse. Il existe des méthodes de sélections fines, notamment avec l’aide des outils de la génétique, pour croiser des variétés entre elles, comme cela se fait depuis des millénaires par les agriculteurs. Ces méthodes sont les plus courantes, et les plus efficaces. Car le résultat est déjà connu à l’avance, car elle concerne des plantes avec des caractéristiques qui se sont déjà exprimées au sein d’une biodiversité utile, cultivée et observée, et s’établissant en respectant la biologie de la reproduction des plantes.

        Ensuite, je ferai remarquer que la FAO soutient en partie les OGM, sous la pression des industriels. Et notre position est le refus catégorique des OGM agricoles, complètement inutiles, et destructeurs dans leur modèle de développement économique. Le site Canal U est également un site gouvernemental dont on connaît la position sur la question. Tous ces organismes figurent dans notre catégorie désinformation sur les OGM que vous pouvez consulter sur le site Anti-OGM.info.

        La preuve en est que vous ne trouverez aucune réflexion critique sur l’équivalence en substance, comme cet article, chez aucun de ces organismes proOGM.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 30 octobre 2008 10:57

        Concernant la phrase suivante : "il est dorénavant établi qu’un gène ne code pas exclusivement pour une seule protéine, mais potentiellement pour plusieurs protéines"

        Elle est tout-à-fait juste. Ce que pointe GFP est l’utilisation de gènes bactériens qui permettent d’éviter l’épissage alternatif.

        A ma connaissance, l’industrie agrogénétique est loin de vouloir se contenter d’utiliser des gènes bactériens.

        Et étant donné les OGM actuellement commercialisés proposant aux consommateurs de manger des céréales arrosées d’herbicides + contenant à l’intérieur une toxine dont l’expression est instable au sein même de la plante (prouvé pour le coton Bt), cela n’est pas vraiment pas très engageant.


      • Anti-OGM.info Anti-OGM.info 30 octobre 2008 11:06

        Cela dit les modifications de protéines elles-mêmes ne résultent pas uniquement d’un phénomène d’épissage alternatif tels qu’évoqué par GFP.

        Ce qu’il faut bien retenir, c’est que lorsque l’on fait une transgénèse, il n’y a aucun contrôle total possible. Le vivant n’est pas contrôlable à l’échelle génétique, il y a beaucoup trop de facteurs collatéraux en jeu, qui sont notamment éludés par les instances scientifiques promouvant ces produits, dont le commerce et la brevetisation apparaissent très rentables.


      • GFP 30 octobre 2008 13:14

        Aurélien, vous dites "Difficile de répondre à toute la désinformation présente sur internet sur les OGM". Tout à fait d’accord avec vous je pourrais y passer mes journées. Mes interventions ne sont pas pour faire de la propagande mais simplement pour rappeler des faits et rétablir la vérité que vous malmenez.

        Ensuite vous dites "GFP peut venir et essayer de faire de la rhétorique et jouer avec les mots". Je ne fais pas de réthorique mais je rappelle au lecteur que les gènes présents dans les OGM actuellement commercialisés ne codent que pour une protéine, en quoi cela serait-il faux ?

        "il est existe des méthodes de sélection fines"... mais je vous en prie, décrivélez en détail qu’on rigole.

        " je ferai remarquer que la FAO soutient en partie les OGM, sous la pression des industriels" ... mais où sont les références, des preuves s’il vous plait.

        "Le site Canal U est également un site gouvernemental dont on connaît la position sur la question"... trop drôle, et "anti-OGM" nous annonce la couleur dès le titre. D’ailleurs voosu le dites vous-même " Et notre position est le refus catégorique des OGM agricoles, complètement inutiles"... J’ajouetrai que s’ils sont complètement inutiles on se demande bien pourquoi les agriculterus sont si nombreux à en planter.

        "La preuve en est que vous ne trouverez aucune réflexion critique sur l’équivalence en substance, comme cet article, chez aucun de ces organismes proOGM". Forcément, pour analyser un OGM il n’y a pas mieux que de comparer avec son équivalent non-OGM. Avec quoi voulez-vous comparer un maïs OGM... une carotte bio ? C’est pas ma faute si vous aussi vous ne comprenez pas le principe de ces tests.


      • GFP 30 octobre 2008 13:15

        message 2 :

        "Ce que pointe GFP est l’utilisation de gènes bactériens qui permettent d’éviter l’épissage alternatif"
        Et quand bien même de l’épissage alternatif aurait lieu avec un gène eucaryote comportant des introns il est très facile par RT-PCR d’en détecter les différents variants... et si l’on ne veut exprimer qu’une seule protéine à partir d’un gène qui comporte des introns on clone et on utilise son cDNA... et le "problème" est résolu. Des concepts qui vous échappent surement.

        "A ma connaissance, l’industrie agrogénétique est loin de vouloir se contenter d’utiliser des gènes bactériens". Pour ce point ça rejoint ma phrase précédente. La plupart du temps on utilise le cDNA et aisni on ne s’embarrasse pas de "problèmes" d’épissage alternatif. Le biologiste moléculaire lors de la mise au point de la construction génétique qui sera introduite dans la plante sait ce qu’il fait.

        "Et étant donné les OGM actuellement commercialisés proposant aux consommateurs de manger des céréales arrosées d’herbicides". Aurélien vous oubliez de mentionner que les plantes non-OGM sont aussi traitées aux herbicides. Vous pourriez aussi préciser qu’en Amérique du Nord dès 1993 le société Dupont a commercialisé des variétés de soja résistantes aux sulfonylurées, les "STS soybean". Ces variétés, non-transgéniques, ont été obtenues par mutagenèses. Lors du boycott européen qui dès 1999 a restreint les exportations de soja OGM, les agriculteurs américains se sont tournés vers les variétés STS qui, malgré un bilan environnemental défavorable, leur apportait une plus value intéressante provoqués par l’attitude européenne. voir http://www.ogm.ch/. Vous devriez alors comparer "l’éco-bilan" du roundup comparé aux sulfonylurées. Il n’y a pas photo.

        "contenant à l’intérieur une toxine dont l’expression est instable au sein même de la plante (prouvé pour le coton Bt)" ... si c’est prouvé donnez nous des références SVP... et personnellement je ne mange pas de coton.


      • GFP 30 octobre 2008 13:16

        message 3 :

        "Cela dit les modifications de protéines elles-mêmes ne résultent pas uniquement d’un phénomène d’épissage alternatif tels qu’évoqué par GFP"

        ... hé oui, il y a aussi la phosphorylation, la prénylation, la glycosylation, l’ubiquitination et bien d’autres... Bien entendu toutes ces modifications potentielles sont testées pour la protéine exprimée par le transgène (voir votre référence vers le blog "Imposteurs")
         


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 octobre 2008 17:09

        Le Parquet de Lyon vient de boucler sa poursuite contre Monsanto pour " publicité mensongère ". En effet, le Round up était classé comme biodégradable. Mais le géant a été condamné à payer une amende de quinze mille euros, plus huit mille pour les associations qui se sont portées parties civiles...

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