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Échec des systèmes de vote électronique en Angleterre et en Écosse

Un organisme qui avait été agréé par Londres pour observer les systèmes de vote électronique, mis à l’essai dans quelques endroits de vote en mai dernier, conclut que ceux-ci ont échoué leur banc d’essai. L’Open Rights Group est d’avis que les problèmes observés lors des élections en Angleterre et en Écosse remettent sérieusement en question l’utilisation à grande échelle du vote électronique.

La technologie n’est vraiment pas au point, selon le rapport rendu public par ORG. Mauvais design des machines, difficulté d’utilisation de celles-ci par les électeurs, difficulté de faire un audit valable, faible sécurité au niveau du logiciel et au niveau de l’accès aux machines, sérieuses lacunes lors du transport physique des données vers les ordinateurs chargés de les compiler, bref plusieurs problèmes qui sembleront familiers à ceux qui ont analysé les causes de l’échec du vote électronique lors des élections municipales de novembre 2005 au Québec.

Une nouveauté cependant par rapport au Québec : l’utilisation du téléphone pour permettre aux personnes ne pouvant se déplacer de voter à distance. Encore là, ORG rapporte de nombreux problèmes, dont celui d’électeurs, s’étant enregistrés pour le vote téléphonique, qui n’ont pas pu exercer leur droit de vote. Le vote par téléphone ne fonctionnant pas, on leur a refusé de pouvoir se rendre voter en personne dans le bureau de vote.

Heureusement dans le cas du vote sur place avec des machines électroniques, le vote se faisait sur un bulletin en papier qui était par la suite balayé par un scanner. Dans deux comtés, Breckland et Stratford, la compilation électronique des divers résultats a dû être abandonnée et il a fallu tout recompter à la main. Dans Breckland, on a ainsi pu constater une
grande différence entre les bulletins comptés à la main et les résultats du vote électronique.

Dans le seul bureau de vote où avait été prévu un décompte manuel des bulletins de vote en parallèle au décompte électronique, le décompte manuel a donné 56,1 % de votes en plus !

ORG rapporte aussi que les représentants des candidats étaient mal préparés, de sorte que plusieurs ont trouvé le déroulement du vote électronique assez opaque. On se demande comment ils pouvaient, dans ces conditions, bien jouer leur rôle de chien de garde au nom de leur candidat.

Même plusieurs responsables électoraux ont avoué ne pas trop savoir ce qui se passait. Encore là, cela semblera familier à plusieurs qui ont vécu de près le déroulement des élections municipales de novembre 2005 au Québec.

De tous les problèmes vécus, conclut ORG, le plus inquiétant est justement d’avoir constaté que la plupart des fonctionnaires électoraux ne maîtrisaient pas les aspects techniques du vote électronique. Ils ont dû s’en remettre aux
techniciens des fournisseurs des systèmes de vote.

Cela vous étonne ?

Open Rights Group. May 2007 Election Report.


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12 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 6 juillet 2007 11:02

    j’ai été voir Die Hard 4 hier soir et c’est dingue ce qu’un hacker peut faire avec son petit clavier , comme la réalité dépasse souvent la fiction , franchement les bulletins en papier ( recyclé bien entendu smiley ) , c’est quand même mieux .


    • Halman Halman 7 juillet 2007 12:44

      Ce n’est que du cinéma.

      Les ordinateurs et les logiciels montrés dans les films sont ridicules et irréalistes et n’ont strictement rien à voir avec la réalité.

      Genre une copie d’écran de Windows XP sur un écran d’IBM PC de 1981 sous ms.dos ou bien alors un écran d’IBM.PC ou d’IBM PS1 posée sur un APPLE, ça n’a pas l’air de choquer beaucoup de gens, et c’est pourtant le genre de choses ahurissantes que les cinéastes nous montrent dans leurs films à chaque scène mettant montrant un ordinateur.

      On bien alors dans un Star Treck se déroulant au 23ème siècle on voit un Spock tripoter les interrupteur d’un Imsaï qui date d’avant les IBM.PC, sans écran et sans clavier, et un Commodore PET de 1981 dans l’appartement de l’Amiral Kirk...

      Si vous voulez voir un film sur l’informatique qui vous fera rigoler, regardez Hacker, avec Angelina Joly très jeune. Vous y découvrirez que les cinéastes trouvent normal un disque dur VLT d’IBM PC sur un Pentium, ou bien « une puce p6 qui double la puissance du Pentium »...

      Pratiquement chaque scène de cinéma montrant des ordinateurs est plus comique que réaliste.


    • Halman Halman 7 juillet 2007 12:48

      On parle de la difficulté de l’utilisation des machines à voter, et j’ai vu un reportage où il fallait 10 minutes à un agent de la mairie pour en expliquer l’utilisation à chaque votant, provoquant des files d’attentes de plusieurs heures.

      Je ne comprend pas.

      Une personne très proche a voté sur machine, elle est mal voyante, trouve très compliquée de mettre un dvd dans son ordinateur et de le visionner mais pourtant, seule, sans explication, en 2 minutes elle avait voté et m’a dit que ce n’était pas complqué du tout.


    • finael finael 7 juillet 2007 14:10

      @ Halman

      On ne parle pas de cinéma, encore moins de Startreck.

      Je ne connais pas ton niveau de connaissance du milieu des hackers, mais, ayant dû remettre à plat la sécurité informatique d’un certain nombre d’entreprises et ayant pénétré moi-même (légalement et sous surveillance) un réseau d’une société « sensible », je crois que tu te fais de grosses illusions.


    • Halman Halman 15 août 2007 14:08

      C’est justement ce que je dis. Que l’informatique montrée au cinéma est ridicule.

      J’ai connu l’époque de l’arrivée des premiers ordinateurs dans les administrations et chez les particuliers. J’ai écrit les premiers logiciels de comptabilité et d’astronomie, j’ai installé des pc par centaines et en ai réparé un nombre incalculable, à l’époque où seuls la Fnac et General avaient un petit étage reservé à la vente d’ordinateurs, j’ai formé les gens sur les premiers tableurs et langages de programmation (pas seulement le Basic !)

      Je suis stupéfait qu’on reproche aux votes electroniques de ces dernières années exactement la même chose que ce que l’on reprochait (craignait) de l’infomatique à l’époque (le début des années 1980 alors que les grands comptes, les grandes administrations, les commerces importants, etc étaient déjà informatisés depuis les années 1950). C’est très curieux.

      Les bulletins ne sont plus physiques mais électroniques (« on ne sait pas ce que nos documents deviennent dans la machine »), on ne sait pas ce que deviennent les données (fiabilité, piratage à tous les niveaux), etc...

      Théorie du complot : « On veut nous surveiller électroniquement », etc...

      « A qui cela profite t’il ? »

      « L’informatisation met les gens au chômage... »

      « On veut nous faire travailler plus et embaucher moins... »

      Etc...

      Alors que ces mêmes personnes utilisent des cartes bancaires, des ordinateurs pour aller sur Internet, confient leur santé à des systèmes informatiques dans les hôpitaux.

      Cette période de peur panique du vote électronique est une période identique à celle de l’arrivée de l’informatique dans les entreprises il y a 25 ans. Cette période heureusement va se calmer d’ici quelques années et on votera electroniquement d’ici 15 ans comme on paie avec sa carte bancaire aujourd’hui tout aussi naturellement.


    • Michel Monette 15 août 2007 15:16

      Le fond du problème n’est pas la peur de l’informatique, mais le fait que tout le système électoral repose sur la possibilité de vérifier pendant le déroulement du scrutin et après coup que chaque bulletin est bel et bien authentique. Si l’informatique permet cela sans compromettre le secret du scrutin, alors tant mieux. En ce moment, l’idéal est un bulletin physique rempli par l’électeur puis scanner pour être compilé par un ordinateur. Il y a aussi la question des coûts à ne pas négliger. Est-ce qu’il vaut la peine d’informatiser à grands frais pour sauver une heure ou deux ?

      En Califormie, une enquête révèle que les systèmes de vote électronique sont pleins de trous. Il faudrait, selon les conclusions de l’enquête, que chaque système soit de niveau « mission critical », or c’est loin d’être le cas. La démocratie ne se bazarde pas. Les Américains semblent commencer à le comprendre.


    • Lilian Lilian 6 juillet 2007 16:21

      Il y a eu des test en France non ? Les parents de mon ami ont voté sur machine aux legislatives. N’a-t-on pas nous aussi des sources françaises sur le bon ou mauvais fonctionnement des machines à voter ? Et est-ce que, suite à ces résultats, les machines à voter vont etre remise en cause ?

      Le chat : je suis tout à fait d’accord avec toi.


      • Dalziel 8 juillet 2007 18:50

        ...le plus inquiétant est justement d’avoir constaté que la plupart des fonctionnaires électoraux ne maîtrisaient pas les aspects techniques du vote électronique. Ils ont dû s’en remettre aux techniciens des fournisseurs des systèmes de vote.

        Cela vous étonne ?

        Le mot est faible, parce que TOUTES LES EXPERIENCES du même type, effectuée dans différents cantons suisses, ont donné d’excellents résultats...


        • Michel Monette 8 juillet 2007 19:56

          Nous ne parlons pas du même type de vote, ni de la même envergure :

          http://www.forum-edemocratie.com/2007/06/suisse_essais_c.html.


        • Ranjo 11 juillet 2007 18:17

          on aura beau faire ce que l’on veut si la machine est électronique, elle est susceptible aux champs électromagnétiques rayonnés (Compatibilité électromagnétique).

          le niveau d’immunité de ces machines est de 10V/m

          immunité machine de vote

          les votes ne peuvent être considérés comme fiable du fait de la pollution électromagnétique ou d’actes malveillants de génération de champs électromagnétiques, que si la preuve du respect du niveau de 10V/m peut être apportée par un enregistreur automatique du niveau des champs électromagnétiques de chaque machine à voter à partir de son initialisation jusqu’au dépouillement.

          antenessa vend ce genre de système gros marché en vue !


          • Matif 8 mai 2009 14:53

            Pour en savoir plus sur le vote par internet, voici deux articles d’un chercheur d’un laboratoire d’informatique CNRS
            - « Vote par internet : failles techniques et recul démocratique », http://www.ordinateurs-de-vote.org/Vote-par-internet-failles,10417.html
            - « Analyse des vulnérabilités de trois modes de vote à distance »,
            http://www.sciences.univ-nantes.fr/info/perso/permanents/enguehard/perso/Enguehard_Legalis2008. pdf

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