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Eclairage inédit sur l’origine des oiseaux

Les oiseaux constituent, après les poissons, la classe de vertébrés la plus diversifiée, avec ses quelques 10 000 espèces, nombre dépassant largement celui chiffrant les lézards, amphibiens et autres mammifères. L’apparition des oiseaux voici 150 millions d’années précède l’extinction des dinosaures, animaux avec lesquels ils possèdent un clade commun. Les évolutionnistes pensent que les oiseaux ont évolué en se dotant de plumes et en pratiquant le vol. Cette idée est contestée par le biologiste du développement et spécialiste des oiseaux, Stuart Newman qui, constatant la puissance du muscle squelettique aviaire, notamment au niveau des cuisses, a orienté ses hypothèses dans une direction toute autre. Il propose son explication dans une savante tribune publiée dans Bioessays. L’affaire aurait été « exécutée » avec un gène très particulier ayant joué semble-t-il un rôle crucial dans l’étape évolutive causant la divergence entre plusieurs classes de vertébrés issus d’un ancêtre tétrapode, avec notamment d’un côté les mammifères et de l’autre les oiseaux.

Le gène en question code pour une protéine très spéciale, l’UCP1, dite protéine de découplage mitochondrial. Cette protéine est impliquée dans la thermogenèse. Son mécanisme est bien évidemment complexe et consiste à découpler partiellement l’arrivée des protons dans la mitochondrie et donc de réduire leur participation à la synthèse d’ATP (ainsi que d’autres anabolites, acides gras notamment). De ce fait, les protons s’accumulent dans l’espace inter-membranaire et livrent leur énergie sous forme de chaleur, au lieu de s’accumuler sous forme d’énergie chimique dans la molécule d’ATP. Les biologistes de la cellule ont découvert très récemment que les adipocytes bruns sont capables d’activer la protéine de découplage UCP afin de produire de la chaleur. Ces adipocytes sont largement présents chez le nouveau né des mammifères où ils servent à adapter le nourrisson qui passe de la température utérine à une température ambiante. On les retrouve aussi en grande quantité chez les animaux hibernant. Par contre, les oiseaux n’ont pas de graisse brune mais seulement de la graisse blanche alors que les mammifères possèdent les deux types de graisse. D’où une cohérence entre la présence d’une fonction thermogénique présente dans un type cellulaire et la présence d’un gène dont la protéine une fois synthétisée participe à cette fonction. Les oiseaux n’ayant pas (ou très peu) d’adipocytes bruns, il est logique que le gène codant pour l’UCP1 ait disparu. Ils partagent cette délétion avec les reptiles et sans doute, les dinosaures issus d’un même rameau phylétique que les oiseaux. Comme l’indique le schéma proposé par Newman, les mammifères possèdent le gène UCP1, avec les poissons osseux et les batraciens mais ils sont les seuls à disposer de la régulation thermique liée aux adipocytes bruns.

Les reptiles, comme les poissons, n’ont pas de système de régulation thermique, on les désigne comme poïkilothermes par opposition aux homéothermes parmi lesquels ont retrouve les mammifères mais aussi les oiseaux dont la température interne dépasse les 40 degrés. Il en faut, de la chaleur, pour couver les œufs avant l’éclosion des nouveaux-nés. Comment alors les oiseaux ont-ils pallié à cette absence du gène codant pour l’UCP1 pour assurer leur thermogenèse et développer ainsi une stratégie adaptative couronnée de succès ? C’est cette question que s’est posée Newman. Son hypothèse consiste à mettre en relation la production de chaleur avec l’hyperplasie musculaire. Les oiseaux ont développé en effet une croissance particulière du muscle squelettique, bien plus que chez le lézard ou la plupart des mammifères. La masse musculaire aviaire se concentre sur les cuisses et dans la cage thoracique où elle permet une ventilation très efficace lors de la respiration. D’après Newman, l’hyperplasie musculaire aurait permis aux oiseaux de survivre en compensant les effets consécutifs à la perte du gène UCP1, alors que les dinosaures auraient disparu faute d’une stratégie adaptative devenue perdante à la faveur d’éventuelles périodes de glaciation.

Nul doute que ce nouvel éclairage sur les stratégies évolutives s’avère élégant dans sa simplicité, même s’il pose d’autres interrogations. Il paraît délicat de mettre en cause un seul gène. Je suggérerais pour ma part de considérer la « piste UCP1 » comme un indice permettant d’orienter les enquêtes phylogéniques vers une voie inédite mettant au centre du succès adaptatif des oiseaux les plumes et le vol ainsi que l’hyperplasie musculaire qui pourrait être déterminante si l’hypothèse de Newman se précise. Avec un bémol cependant. Pourquoi supposer la délétion d’un gène ? L’hypothèse inverse de l’acquisition du gène UCP1 par les mammifères est tout aussi compatible avec le principe de l’hypothèse musculaire aviaire. Produire de la chaleur est indispensable, notamment pour la reproduction des oiseaux qui elle, est cruciale pour la pérennité des représentants de cette classe de vertébrés. Même si l’on ne connaît ni le contexte du milieu il y a 200 millions d’années, ni le génome des ancêtres évolutifs, l’idée de Newman illustre parfaitement la démarche de l’évolutionniste qui, en repérant des fonctions, des spécificités phylogénique et des divergences génétiques, se comporte comme un authentique détective glanant des indices parlant, traquant des coïncidences, en analysant une masse gigantesque de données scientifiques. Et n’oublions pas qu’un détective doit aussi penser à manger.

D’où une remarque gastronomique pour finir. Les conséquences de cette hyperplasie musculaire se manifestent en effet dans nos assiettes. Les cuisses et blancs de poulet sont les deux parties les plus appréciées de cette volaille. Avec les cuisses de canard, on fait un excellent confis avec de la bonne viande à déguster ; dans le magret, il n’y a pas que de la graisse. Et que dire de la cuisse de dinde qui lorsqu’elle bien charnue, rivalise avec le gigot d’agneau.


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20 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 6 juillet 2011 10:18

    Bernard, connaissez-vous les oiseaux à moustache ?

    En Bretagne, il y a la panure à moustaches dont les bacchantes se rapportent à la parure, le faucon pèlerin qui a délaissé son bâton, et la mésange à moustache. Eh oui ! La moustache, mes anges, sied aussi aux oiseaux. Lu dans Le Télégramme d’hier qui précise que la liste n’inclut pas Brassens qui était un drôle d’oiseau moustachu...


    • Taverne Taverne 6 juillet 2011 10:21

      Le panure à moustache ici : voyez le bel oiseau ! smiley


    • Taverne Taverne 6 juillet 2011 10:24

      Au temps pour moi : la panure à moustaches et la mésange à moustaches sont un seul et même oiseau. Lien.


    • Pyo123 6 juillet 2011 10:20

      Bonjour,
      « Les oiseaux constituent, après les poissons, la classe de vertébrés… »
      Hum… Drôle de scientifique… Classification à revoir de fond en comble.

      « la classe de vertébrés la plus diversifiée, avec ses quelques 10 000 espèces »
      Heu, à revoir…
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Vert%C3%A9br%C3%A9s

      « nombre dépassant largement celui chiffrant les lézards, amphibiens et autres mammifères. »
      Hé bien… Classification à revoir…

      "L’apparition des oiseaux voici 150 millions d’années précède l’extinction des dinosaures, animaux avec lesquels ils possèdent un clade commun.« 
      À revoir… Les oiseaux (classe Aves) constituent un clade des dinosaures…

       »Les évolutionnistes pensent que les oiseaux ont évolué en se dotant de plumes et en pratiquant le vol."
      Non… Les plumes ont existé bien avant les oiseaux. Les plumes n’ont rien à voir avec le vol…

      Bon, j’arrête là, mais tout est à l’avenant… Autant de stupidités en si peu de lignes… Quelle vacuité…
      Mr Dugué, vous ne connaissez rien du tout dans ce domaine de la biologie.
      S’il vous plaît, arrêtez ce massacre !
      Pyo


      • Walid Haïdar 6 juillet 2011 10:32

        je ne connais pas grand chose à la biologie mais votre commentaire va dans le sens de mon intuition. Cet article pédant, ne comportant aucun effort de mise à disposition du lecteur, n’a aucun intérêt sur un site généraliste, alors si en plus il est empli de faussetés...


        Mais le prétentieux Dugué a l’habitude.

        Si le lecteur doit faire un effort de concentration pour se donner accès à la connaissance, le vulgarisateur doit faire un effort pour aider le lecteur.

        Celui qui n’a ni le talent de vulgariser, ni celui de faire avancer la science, ferait bien de s’abstenir.

      • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 juillet 2011 10:50

        Ma classification n’a pas à être revue, elle est exacte et conforme à ce qu’on peut lire, mais je vais la compléter en vous classant parmi les drôles d’oiseaux, attiré par la vacuité des articles que vous commentez, et dans la sous classe des troll, du genre troll d’oiseau

        S’agissant de l’évolution, je me suis permis un raccourci, j’aurai dû citer expressement l’auteur qui précise que l’évolution des oiseaux s’est faite en « jouant » sur les plumes et le vol, d’après la version conventionnelle, ce qui lui permet d’exposer son alternative

        While bird
        evolution has generally been considered
        to be driven by the evolution of feathers
        and flight [1, 2], new evidence suggests
        that the loss of a single gene, that encoding
        the mitochondrial uncoupling
        protein UCP1, in the reptilian ancestors
        of birds,
        to the hyperplastic musculature [4].


      • Scual 6 juillet 2011 11:12

        Les coquilles pointées par Pyo123 sont parfaitement exactes...


      • Thomas Roussot Thomas Roussot 6 juillet 2011 11:03

        J’ai assisté un jour à une scène originale, deux merles se battaient pour un bout de pain, l’un d’eux à tué son congénère à coups de bec au niveau de la gorge. Sinon, les corbeaux, quand ils croassent, ça signifie quoi Monsieur Dugué ?


        • brieli67 6 juillet 2011 12:05

          Tir aux pigeons


          c’est pas une raison d’exploiter des palombières dans le Sud-Ouest, 
          d’engraisser les ortolans, 
          de gaver les oies, les canards et les mulards


          des gênes en action ? 

          • Mor Aucon Mor Aucon 6 juillet 2011 12:16

            Vous êtes un dégueulasse. C’est de la part de l’andalouse.


          • brieli67 6 juillet 2011 13:09

            les couilles suisses sont sucrées !


            ah ! oui alors.... et apres je me fais griller ses c****à la poêle avec de l ’ail et du persil ..

            Les animelles désignaient, autrefois, les rognons, les gésiers, les glandes. Aujourd’hui, ce mot désigne les testicules DU TOREADOR 

            Les animelles, de l’italien « animella » qui signifie dans cette langue « glande » au sens large, sont très prisées par les amateurs. On les appelle aussi les rognons blancs, Frivolités de la Villette, Frivolités de la Reine, Choesels à Bruxelles, Crilladillas en Espagne, et « Huîtres des montagnes » dans le Kentucky. 

            Appréciées pour leur finesse, peu chères, d’une consistance proche de celle des ris de veau, elles se cuisinent, après préparation, comme les rognons. 


            a 2,75 roros c’est quasi donné

          • SamAgora95 SAMAGORA95 6 juillet 2011 12:57

            Et donc, quelle est l’origine des oiseaux ?


            • Quitterie Turlac-Roth 6 juillet 2011 13:53

              Il manque à cet article une interview de Dominique-nique-nique, expert en cuisse de dinde et chasseur de poules émérite.


              • LE CHAT LE CHAT 6 juillet 2011 14:45

                les oiseaux sont les descendants des dinosaures qui étaient des animaux à sang chaud , et dont certains portaient déjà des plumes


                • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 6 juillet 2011 20:56

                  Tout cela est absurde : les oiseaux ne descendent que du ciel. 


                  • Thomas Roussot Thomas Roussot 6 juillet 2011 21:31

                    Quand un oiseau peut énucléer un lion, c’est l’ordre des choses qui s’inverse.


                    • Gasty Gasty 6 juillet 2011 22:42

                      En direct, de magnifiques Pygargue à tête blanche. Eclos le 2, 3 et 6 avril 2011.
                      La vie d’une famille, trois aiglons et leurs parents.



                      • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 6 juillet 2011 23:07


                        Amusantes darwineries... mais c’est pas convaincant.

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