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Accueil du site > Actualités > Technologies > Écosystèmes à la dérive : ce sont les plus pauvres qui écopent

Écosystèmes à la dérive : ce sont les plus pauvres qui écopent

La Conférence mondiale sur les changements climatiques de Montréal s’ouvre, alors que l’avenir de millions d’êtres humains est en jeu. Les changements climatiques ne sont qu’une des conséquences de nos comportements, qui ont conduit à une dégradation des écosystèmes telle qu’elle n’est pas sans conséquences graves pour l’humanité.

Plus de 1360 spécialistes du monde entier ont mené, pendant quatre ans, une enquête internationale sur l’état des écosystèmes, dont l’une des conclusions concerne directement notre capacité à améliorer le sort de nos semblables :

« ...the harmful effects of the degradation of ecosystem services (the persistent decrease in the capacity of an ecosystem to deliver services) are being borne disproportionately by the poor, are contributing to growing inequities and disparities across groups of people, and are sometimes the principal factor causing poverty and social conflict. »

Millennium Ecosystem Assessment. Ecosystems and Human Well-being : Synthesis. Page 16.

Il n’y a pas que des conflits sociaux qui résultent de la dégradation des écosystèmes, et par conséquent de leur capacité à répondre à nos besoins. Vingt-et-un conflits militaires sont des conflits pour le contrôle de l’eau, selon l’Unesco qui a créé une structure de médiation pour les conflits liés à l’eau.

L’aspect le plus spectaculaire lié à la dégradation des écosystèmes est le déplacement des populations. L’ONU se prépare à devoir soutenir des millions de « réfugiés climatiques ». La Croix Rouge rapporte « qu’il y a déjà plus de gens déplacés par la détérioration de l’environnement que par la guerre ».

Les réfugiés environnementaux n’ont pas de chance : déjà les institutions internationales sont débordées par les demandes des réfugiés qui correspondent aux définitions « conventionnées ». Ils n’ont donc pas accès aux mêmes ressources financières, ni aux services de santé ou d’éducation que les réfugiés politiques.

Réfugiés ou non, des millions d’êtres humains subissent, trop souvent, dans l’assourdissant silence médiatique, les dures conséquences de nos écosystèmes à la dérive.

Rural poor people, a primary target of the MDGs [Millenium Development Goals], tend to be most directly reliant on ecosystem services and most vulnerable to changes in those services.

Ecosystems and Human Well-being : Synthesis. Idem.

La dégradation des écosystèmes est la plus forte précisément là où les populations les plus font face aux défis les plus grands dans le , peut-on lire dans cette remarquable synthèse.

Faut-il s’en étonner ?

En tout cas, cela a le mérite de remettre à leur place ceux qui prétendent que ces populations sont pauvres par ignorance, ou par refus de se conformer au modèle du libéralisme économique.

Il est clair désormais que le développement passe par l’amélioration des écosystèmes, contrairement à l’idée reçue voulant que la croissance (la forme la plus pernicieuse du développement) va permettre de répondre aux défis environnementaux.

La tâche est gigantesque, mais pas impossible à accomplir. Elle demande toutefois « substantial changes in institutions and governance, economic policies and incentives, social and behavior factors, technology, and knowledge », nous disent les auteurs de la synthèse.

Des cibles précises, des objectifs clairs, des engagements fermes : tout un défi politique à l’horizon !

À consulter sur Greenfacts.org, si votre connaissance de l’anglais est limitée : Faits scientifiques sur la dégradation des écosystèmes (basé sur le Millennium Ecosystem Assessment).

Conférence mondiale sur les changements climatiques


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2 réactions à cet article    


  • Lise Tremblay (---.---.157.186) 2 décembre 2005 17:59

    Que peuvent faire les pauvres du tiers-monde pour se sortir de la pauvreté, si ce n’est se développer économiquement ?


    • Michel Monette 3 décembre 2005 00:22

      Tout le problème est là. La solution est double : d’une part diminuer notre propre pollution et notre demande en ressources naturelles, d’autre part aider les pays pauvres à se développer avec un minimum d’impact sur les écosystèmes. Tout ceci nous coûtera cher, me répliquerez-vous ? Peut-être, mais ne rien faire nous coûtera beaucoup plus cher encore.

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