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Accueil du site > Actualités > Technologies > Esquisse d’une géographie de l’espace numérique

Esquisse d’une géographie de l’espace numérique

Un immense univers numérique est en expansion permanente.
On tentera ici une brève approche avant d’en examiner les logiques de fonctionnement, les espoirs et les menaces potentiels dans des articles suivants.

On commencera d’abord par une précision : les réflexions qui vont suivre n’émanent pas, loin s’en faut, d’un spécialiste, mais juste d’un simple utilisateur qui vit les transformations et tente d’y réfléchir.

Qu’on l’appelle Web participatif, Web 2.0 ou tout autre étiquette, il est indéniable, quelles que soient leurs limites, que les nouvelles pratiques induites par les outils 2.0 apportent un changement de modèle.

Même si des utilisateurs n’utilisent encore internet que comme un super-minitel, pour la messagerie ou pour consulter des informations, il n’empêche que le nombre de ceux qui deviennent aussi (co)créateurs de contenu (blogs, diaporamas, musiques, photos, vidéos...) explosent et les données en ligne aussi.

Un gigantesque univers numérique est en création et l’on peut en visualiser l’expansion en regardant simplement tourner le compteur de l’espace de stockage sur la page de GMail.

A la différence de l’espace terrestre ou euclidien, cet espace numérique ne se mesure pas en mètre ou en kilomètre, mais en kilo, méga, giga ou teraoctets.

Hébergé localement dans nos ordinateurs, d’abord dans les disquettes ou mémoires de quelques centaines de Ko, désormais dans des disques durs ou mémoires de centaines de Go, cet espace numérique s’étend surtout et de plus en plus en ligne, sur les serveurs des hébergeurs.

Ceux-ci constituent autant de continents ou de galaxies dont on trouve d’ailleurs des tentatives de cartographies comme ici ou .















Source : www.ouinon.net

Pour naviguer dans cet espace, l’ordinateur fait office de véhicule. Et pour sortir de l’espace local qui constitue le "domicile numérique", les réseaux, filaires ou non, constituent autant d’autoroutes qu’il faut emprunter en passant par un FAI qui est la barrière de péage.






















L’expansion fulgurante et permanente de cet espace numérique combiné à la généralisation de l’accès haut-débit a permis de dépasser la simple consultation descendante d’informations en ligne.

Accessible de partout, dès lors que je dispose d’un point d’entrée au réseau, c’est désormais le lieu où je puis accéder non seulement à mon courrier et à des informations, mais aussi et de plus en plus à mes données et à mes applications tant personnelles que professionnelles, voire carrément à des systèmes d’exploitation en ligne, que je peux d’ailleurs rendre accessibles à tous ou à un groupe particulier.


L’expansion permanente de cet espace numérique, qui peut laisser croire à son "infinitude", combinée à son aspect principalement immatériel pour l’utilisateur explique que l’on entende souvent parler de "Cloud computing" ou "informatique dans les nuages" pour désigner ces nouvelles pratiques.

Pour les mêmes raisons, certains comme Michel Serres y voit un espace sans frontières.

Dans les deux cas, on nuancera fortement ces affirmations.

D’abord, parce que les serveurs et les ordinateurs qui hébergent cet espace numérique sont bien localisés sur Terre et consomment des ressources que l’on sait limitées.

Ensuite parce que quelles que soient leurs localisations, ces hébergeurs et leurs serveurs dépendent de la juridiction d’un Etat.

Enfin parce que si les frontières de cet espace coïncident rarement avec les frontières terrestres sauf dans certaines dictatures, elles existent bel et bien.
On y reviendra prochainement car elles sont en partie à l’origine de logiques d’organisation spécifiques.

Ces réserves mises à part, cet espace numérique peut donc devenir un immense espace de partage de données. Y compris celles sur lesquelles on n’a aucun droit, avec les problèmes que cela engendre...

Donc un immense espace de coopération.

On modérera notre optimisme en rappelant cependant que cette accessibilité peut aussi devenir une injonction, voire une obligation.

Si je peux accéder à mon espace numérique de travail partout et tout le temps, dois-je pour autant travailler partout et tout le temps ?

Faut-il envisager un droit à l’inaccessibilité ?

Et comment est reconnu ce travail effectué hors de l’espace professionnel ?

On reviendra sur toutes ces questions en commençant par une tentative de typologie de la frontière dans l’espace numérique.

Documents joints à cet article

Esquisse d'une géographie de l'espace numérique Esquisse d'une géographie de l'espace numérique Esquisse d'une géographie de l'espace numérique Esquisse d'une géographie de l'espace numérique

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4 réactions à cet article    


  • stephanemot stephanemot 15 août 2008 09:18

    La realite s’avere un poil plus complexe (ex le terminal n’est pas un vehicule, et les terminaux d’aujourd’hui ne sont deja plus a proprement parler des terminaux).

    Et l’on revient a l’eternelle question de l’avenir du web et de son economie (les modeles evoluent, mais on finit toujours par payer pour les memes facteurs clef de valeur - exclusivite / originalite, rapidite, puissance, capacite, securite, connaissance, audience, qualification...).

    Pour moi, on est un peu dans une situation ou tous les pays disposent de l’arme nucleaire et ou personne ne souhaite vraiment risquer de remettre en cause sa force de dissuasion.


    • Muad’Dib2008 15 août 2008 11:37

      Oui, bien sur, les choses sont plus complexes.
      Cependant, dans le sens de l’analogie espace terrestre/espace numérique, le terminal, quel qu’il soit, constitue bien un véhicule dans la mesure où il est l’outil qui permet de se déplacer dans l’espace numérique.


    • Plum’ 16 août 2008 00:41

      L’outil qui permet de se déplacer n’est pas un véhicule. Par exemple un lance-missile n’est pas un véhicule, le véhicule est le missile. L’analogie est à ce niveau là.

      L’ordinateur ne se déplace pas. Il reste en place et envoie et reçoit des données. Ce n’est pas du tout pareil. De même une télévision, un téléphone ou un poste de radio ne se déplacent pas. Un ordinateur est même beaucoup plus stable car il manipule des données locales très importantes et il peut simultanément manipuler des données extérieures d’origines/destinations multiples. A la rigueur, on peut trouver une analogie dans le fait qu’un navigateur web est un véhicule. Ou un client ftp, un logiciel de courriel, un client p2p, la TV numérique, le téléphone numérique... Et l’ordinateur est la base fixe qui permet de contrôler tout ça.


      • Muad’Dib2008 16 août 2008 10:17

        Oui bien sur, l’ordinateur ne se déplace pas au sens strict du terme...
        Mais le navigateur non plus dans ce sens là, il va chercher les données de l’espace numérique distant demandé et les rappatrie en cache ou en streaming pour les afficher sur notre terminal.

        Cependant, tout est relatif :
        Pour l’utilisateur qui navigue dans l’espace numérique, que les données viennent au navigateur ou le navigateur aux données, cela  ne me semble pas changer grand chose par rapport aux logiques de base de fonctionnement de cet espace numérique, tant local que distant, que l’on cherche à décrire simplement.

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