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Accueil du site > Actualités > Technologies > Et l’homme créa la vie... artificielle !

Et l’homme créa la vie... artificielle !

20 mai 2010 : jour historique ! Le biologiste américain John Craig Venter, entouré de son équipe de 24 chercheurs, vient d’annoncer la création de la première cellule vivante dotée d’un génome synthétique. En mai 2010 Joel De Rosnay publie un livre sous le titre Et l’Homme créa la vie et a lancé un blog dédié à l’adresse http://www.hommecreavie.com/ .
 
Cette prouesse représente une avancée considérable dans la compréhension des mécanismes de la vie et ouvre la voie à la fabrication d’organismes artificiels pouvant produire notamment du carburant propre.
 
C’est lors d’une conférence téléphonique organisée par le journal Science (qui a publié les résultats des travaux), que John Craig Venter a affirmé que la nouvelle cellule constituait « la première espèce autoreproductrice que nous ayons eue sur la planète à avoir pour parent un ordinateur ».
 
Son étude, intitulée « Création d’une cellule bactérienne contrôlée par une synthèse chimique du génome », annonce : « Nous rapportons la conception, la synthèse et l’assemblage de 1,08 Mb du génome Mycoplasma mycoides JCVI-syn 1.0, numérisés à partir des informations sur la séquence du génome et sa transplantation dans un Mycoplasma capricolum, cellule receveuse, pour créer de nouveaux Mycoplasma mycoides, cellules qui sont contrôlées uniquement par le chromosome synthétique. L’ADN présent dans les cellules n’est que de l’ADN conçu par synthèse y compris (...) les polymorphismes et les mutations acquises au cours du processus de construction. Les nouvelles cellules ont les propriétés phénotypiques prévues et sont capables d’autoréplication. »
 
En clair, les scientifiques du Craig Venter Institute viennent de mettre au point une bactérie dont le patrimoine héréditaire a été construit par synthèse informatique et chimique, et qui est aujourd’hui capable de se diviser pour se reproduire. La cellule a été créée en écrivant un code génétique sur ordinateur, puis en combinant un assemblage d’éléments chimiques, afin de créer un chromosome. C’est la naissance de la vie synthétique ! « Il s’agit de la création de la première cellule vivante synthétique au sens où celle-ci est entièrement dérivée d’un chromosome synthétique », explique Venter. « Ce chromosome a été produit à partir de quatre flacons de substances chimiques et d’un synthétiseur, le tout ayant commencé avec des informations dans un ordinateur. »
 
Le travail de Craig Venter, qualifié d’« exploit technique impressionnant » par le généticien Stephen Scherer, chercheur à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, a une portée, on le voit, qui dépasse largement le seul cadre scientifique ; il amorce aussi une remise en question philosophique et religieuse de première importance. Venter a ainsi estimé que sa création était « un pas important tant scientifiquement que sur le plan philosophique. » Cette percée « change ma vision de la définition de la vie et de son fonctionnement », ajoute-t-il encore.
 
 
Certains puristes ont déjà fait remarquer que Venter n’avait pas proprement "inventé" une nouvelle espèce bactérienne mais avait, plus exactement, "copié" le génome d’une bactérie existante. En effet, le génome mis au point par le biologiste américain est la copie d’un génome existant, celui de la bactérie mycoplasme mycoïde, mais avec des séquences d’ADN supplémentaires pour l’en distinguer. Les chercheurs ont transplanté ce génome synthétique dans une autre bactérie, la microplasme capricolum, réussissant à activer ses cellules. Il n’en demeure pas moins que la démonstration est faite : on peut créer par synthèse la molécule ADN et cette création synthétique peut, dans un environnement adéquat, entrer dans le cycle de la vie.
 
Quelles pourront être les applications de ces travaux révolutionnaires ? « Si ces techniques peuvent être généralisées, la conception, la synthèse, l’assemblage et la transplantation de chromosomes synthétiques ne seront plus des obstacles aux progrès de la biologie synthétique », écrivent les chercheurs dans un résumé de leur étude. Craig Venter a déjà annoncé qu’il allait tenter de concevoir des algues capables de capturer le dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, et de produire de nouveaux carburants propres. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là, puisque des recherches sont également en cours pour accélérer la production de vaccins, fabriquer de nouvelles substances chimiques, des ingrédients alimentaires ou encore des bactéries capables de purifier l’eau. Nous semblons rentrer véritablement dans une nouvelle ère scientifique.
 

Tout le monde ne partage pas l’enthousiasme de Craig Venter, qui, s’il semble rapprocher l’homme de Dieu, pourrait aussi bien le rapprocher du démon. Ainsi, Pat Mooney, directeur de l’ETC Group, organisme international privé de surveillance des technologies basé au Canada, qualifie de "boîte de Pandore" ses travaux, estimant que "la biologie synthétique est un champ d’activité à haut risque mal compris motivé par la quête du profit". "Nous savons que les formes de vie créées en laboratoire peuvent devenir des armes biologiques et menacer aussi la biodiversité naturelle", ajoute-t-il dans un communiqué.

Il est d’ailleurs saisissant que les travaux de Craig Venter sortent au moment même où Joël de Rosnay publie un livre au titre troublant : Et l’homme créa la vie..., qui traite exactement de ce sujet, et qui anticipe certains des pires dangers de ce nouvel élan prométhéen de l’humanité. Il faut ici lire le chapitre 3, intitulé "l’Ere des apprentis sorciers". En voici un extrait, en libre accès, dans lequel l’auteur imagine à quoi pourrait ressembler les bio-cataclysmes des prochaines décennies :

 

Bioterrorisme et écocatastrophes : vrais/faux scénarios du futur

A la une de Vox Populi : un cataclysme se prépare

Le 22 avril 2037, le grand site d’information en ligne Vox Populi (disponible en dix-huit langues et générant le plus gros chiffre d’affaires du TurboNet depuis une dizaine d’années), jette un pavé dans la marre. Sur sa page d’accueil, figure une angoissante composition numérique en trois dimensions. Impossible de dire, au premier coup d’œil, s’il s’agit d’un insecte ou d’un robot. Ou des deux à la fois. Les yeux globuleux de cette « chose » concentrent des milliers de micro-caméras et ses mandibules de titane semblent capables de cisailler l’alliage le plus tenace. Autour de la créature, un ciel menaçant déchiré d’éclairs.

Au dessous, des kilomètres de feuilles vertes plastifiées qui recouvrent la terre d’une étrange peau artificielle. Cette « Une » accrocheuse porte un titre énigmatique : « La biologie de synthèse : vers le grand cataclysme ? ». Au fil de la lecture de ce dossier spécial, les internautes découvrent une série d’histoires présentant deux points communs. D’une part elles évoquent des technologies ou des recherches impliquant la biologie de synthèse. D’autre part elles illustrent, par des exemples, les dangers de cette science, sur notre espèce, et même sur l’ensemble de l’écosystème terrestre. L’éditorial du rédacteur en chef donne le ton : « En exclusivité, nos équipes ont découvert l’origine de plusieurs tragédies ou écocatastrophes récentes, qui ont frappé la France comme une dizaine d’autres pays ces dernières années. Concernant ces dossiers sensibles, les autorités ont fait preuve d’embarras et d’une certaine volonté d’occulter la vérité lorsque nous les interrogions sur l’origine de telles affaires. Ce qui n’a pas manqué d’attirer notre attention de journalistes d’investigation. La plus emblématique de ces affaires reste la mort inexpliquée d’une centaine de milliers de personnes sur le continent américain entre juin 2022 et octobre 2023.

Ces révélations ont été possibles grâce au travail de l’un des plus célèbres biohackers britanniques, Hugh « Eddie » Thomasson, lequel a pu prouver la présence d’agents pathogènes ou de molécules toxiques dans les environnements liés à ces drames humains. Grâce à son génie et ses méthodes, il a pu remonter les ‘filières’. La plupart des allégations qui suivent ont été confirmées par des sources officielles mais qui souhaitent conserver leur anonymat ». Après une telle introduction, il n’est pas étonnant que les Internautes se soient rués sur l’enquête, qui enregistra son record d’audience (plusieurs centaines de millions de pages lues en quelques jours, et dans toutes les langues).. Parmi ces révélations, certaines font réellement frémir.

Des micro-robots devenus fous

A la page 4 du dossier de Vox Populi, ce titre : « Des robots destructeurs de réserves alimentaires ». En résumé, l’article raconte que des micro-robots agricoles, de la taille d’une écrevisse, avaient été lâchés au Japon sur des exploitations. Destinés à travailler en essaims de 20.000, ils étaient programmés pour récolter des substances à usage pharmaceutique, produites par des plantes modifiées par biologie de synthèse. Ces dernières produisaient non seulement des médicaments utiles à l’industrie pharmaceutique mais aussi des phéromones, molécules odorifères permettant à ces biorobots de se guider jusqu’à elles. Le problème est que ces micro-robots se sont avérés capables de s’auto reproduire à grande vitesse grâce à un échange de gènes.

Tout en se multipliant dangereusement, ils se sont non seulement mis à détecter les odeurs pour lesquelles ils avaient été programmés, mais également celles que dégagent fruits et légumes récoltés ! Conséquences : ils ont fondu sur des dizaines de marchés en plein air, halles, étals d’hypermarchés qui vendaient les récoltes produites par les exploitations sur lesquelles ils travaillaient. Des milliers de tonnes d’aliments frais furent littéralement détruits et saccagés, menaçant l’autonomie alimentaire de millions de Japonais… Ils ont donc été détournés de leur fonction première. En cause : leur nature hybride robotique et biologique (de synthèse), leur permettant d’échanger des gènes et de se reproduire comme une espèce indépendante…

Des termites dévoreurs de charpentes ravagent Bordeaux

Dans le même registre, l’article de la page 6 est tout aussi édifiant : « Des termites détruisent une ville ! ». L’affaire remonte à 2025, à Bordeaux. Un phénomène inquiétant se produit dans plusieurs quartiers de l’ancienne ville, peuplés de nombreuses maisons traditionnelles avec leurs superbes charpentes en bois, tout autour du port. Or, en quelques jours à peine, des demeures s’effondrent tels des châteaux de cartes. L’industrie vinicole est également frappée car des tonneaux anciens se désagrègent et déversent leur précieux contenu dans l’environnement. Les recoupements de l’équipe de Vox Populi sont accablants : les services biologiques de la ville ont pu remonter, dans un rapport jusqu’ici confidentiel, aux recherche menées dans une ancienne usine de Lacq – ville dont l’activité est historiquement tournée vers le pétrole. Des équipes scientifiques cherchaient à produire des biocarburants à partir de déchets de bois, copeaux et autres bois morts.

Leur méthode : utiliser des termites modifiés par biologie de synthèse pour surexprimer le gène de la « lignase », une enzyme capable de digérer la lignine du bois et présente dans l’estomac de ces insectes xylophages.. Or, cette opération est indispensable pour accéder aux polysaccharides contenus dans le bois, découpés ensuite en sucres simples par des enzymes hydrolytiques. Concrètement, l’opération consiste à « ouvrir » les structures de la paroi du bois pour en extraire les polysaccharides et obtenir les sucres fermentables en bioéthanol. Or, pour dégrader les parois du bois, les termites modifiées doivent dévorer des quantités considérables de ce matériau naturel. Le problème est que ces « super termites » issus de la biologie de synthèse, se sont reproduits de manière anarchique et se sont échappés du laboratoire de Lacq. Ils ont ensuite rapidement gagné le port de Bordeaux par transport routier ou fluvial, cachés dans divers caisses ou produits à base de bois, et ont dévoré charpentes et tonneaux pour aboutir au désastre… L’affaire avait alors été étouffée par les autorités.
 
 
L’un des aspects les plus redoutables de ces nouvelles bio-technologies, c’est qu’elles ne resteront pas longtemps entre les mains des seuls scientifiques dans leurs laboratoires ; déjà, dans de simples garages californiens, des particuliers - les bio hackers - ont investi ce prodigieux champ d’investigations. Nul besoin de matériel coûteux pour faire de la biologie de pointe. N’importe qui peut faire n’importe quoi n’importe où...
 
Pour en savoir plus sur cette révolution en cours, le livre de Joël de Rosnay, écrit en collaboration avec le journaliste scientifique Fabrice Papillon, constitue une véritable mine d’informations. Son prologue est également accessible en ligne. Pesant le pour et le contre des innovations à venir, il nous fait certes frémir en envisageant l’essor du bio terrorisme, la contamination des espèces ou encore la robotisation de l’homme, mais il nous remplit également d’espoir en montrant les avancées saisissantes dans les domaines de la santé, de la lutte contre le vieillissement ou de l’environnement.
 

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31 réactions à cet article    


  • Triodus Triodus 21 mai 2010 17:05

    Oh-oh.. De la belle S.F. en vue !

    Et du coup, pourquoi pas des infogénome ?
    Au lieu de partir d’une séquence d’un être vivant existant, on pourrait en dériver de nouvelles en prenant comme source des flux d’informations transitant sur le net, ou émergeant de réseaux sociaux, de cours de la bourse, de fractales, d’oeuvres d’art numérisées, de la musique de Bach..


    • joelim joelim 21 mai 2010 17:11

      Arrêtons de déconner, il faut exiger une transparence totale (y compris sur les militaires, je sais c’est pas gagné) sur tous les projets et études futurs concernant l’élaboration de cellules artificielles que j’appellerais cellules « Pinochio ».

      Sinon on va vers de très sérieux emmerdements (et on n’a pas trop besoin de çà en ce moment...).

      Si les politiques ne font rien (comme d’habitude) il faut les virer, jusqu’à ce qu’on en trouve qui ne soient pas irresponsables — c’est si rare qu’il faudra peut-être les fabriquer artificiellement smiley —.

      • slipenfer 21 mai 2010 17:15

        Toujours le même problèmes : nouvelle technique pour faire quoi avec ?
        ouvre la voie à la fabrication d’organismes artificiels pouvant produire notamment du carburant propre.
        Naïveté de scientifique !
        Einsten Le 2 août 1939, rédige une lettre à Roosevelt qui contribue à enclencher le projet Manhattan

        Donnons tous ceci à nos militaires, ils adorent les nouveautés.
        avec ceci ont pourrai faire un lanceur de bal-trap
        comme munitions adapté a vos gout .(aux choix, syndicaliste,opposants,femmes adultère etc...)
        Ou autre chose.
        Qui a le pouvoir, décide.


        • mokhtar h 21 mai 2010 17:16

          Où la science sans scrupule est la ruine de l’homme. Dans quelque temps, (quelques heures peut être ? à moins que ce ne soit déjà fait...) des Etats, des armées et des multinationales vont s’emparer de la découverte pour voir ce qu’ils peuvent bien en tirer. Aussi, dans la balance avantages-inconvénients, le deuxième l’emportera à coup sûr.
          Pour des raisons éthiques, j’hésite à plusser l’article, l’auteur semblant s’enthousiasmer des possibles utilisations économiques, en faisant l’impasse sur son caractère infernal potentiel.


          • pierrot123 21 mai 2010 21:02

            « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (F.Rabelais)


          • Bouzeux 21 mai 2010 17:26

            Gros foin médiatique, aucun intérêt scientifique. Aucune révolution, au mieux un pas technique, une avancée d’ingénierie.

            « la démonstration est faite : on peut créer par synthèse la molécule ADN et cette création synthétique peut, dans un environnement adéquat, entrer dans le cycle de la vie. »

            Et ca se fait depuis combien de temps ? 20 ans, 30 ans ? Je l’ai fais moi même au niveau bachelor, il suffit de taper la séquence ADN dans un éditeur de texte et de l’envoyer à une entreprise spécialisée. La nouveauté ici est que ce n’est pas 1%, 10% ou 80% du génome qui a été synthétisé mais 100%, c’est n’est donc qu’une avancée quantitative mineure et technique, pas une révolution qualitative. En absolu je ne suis pas sur que le labo de Boeke n’en ai pas synthétisé et introduite une plus grande quantité chez la levure.

            Encore une fois :

            Gros foin médiatique, aucun intérêt scientifique. Aucune révolution, au mieux un pas technique, une avancée d’ingénierie.


            • Triodus Triodus 21 mai 2010 17:32

              Non, c’est pas mal comme truc pour monter une startup et attirer de GROS investisseurs..

              Ceux qui auront retiré leurs marrons de la bourse avant les autres en auront tout plein à placer dans des « perspectives de croissance à deux chiffres ».

              Ooh la belle bulle !


            • slipenfer 21 mai 2010 18:19

               Bouzeux
              j’ai dit nouvelle technique autant pour moi
              au mieux un pas technique, une avancée d’ingénierie (bonne rectification).


            • Deneb Deneb 21 mai 2010 17:32

              En synthétisant le génome de cette bactérie, ont-ils reproduit uniquement les séquences codantes ou ont-ils reproduit la totalité, y compris le « junk code » ? On peut supposer que chaque laboratoire apposera sa « signature » dans ces entités nouvellement crées, ou, pour aller plus loin, utilisera les séquences non-codantes comme support publicitaire.


              • TerreMerAir TerreMerAir 21 mai 2010 17:54

                pppffff ça me désole tout ça, jusqu’où vont ils aller ... qui va encore gérer ça, la notion éthique elle est où la dedans ... la science sans conscience ça commence à être bien pathétique, que feront ils de ces recherches ? à les écouter le meilleur des mondes passent par la science, les technoscientistes, accouplés aux politiques, cherchent surtout à tout maitriser jusqu’au jour où ...........

                Franchement je n’ai plus aucune confiance dans ces scientifiques !


                • friedrich 21 mai 2010 19:07

                  Si les scientifiques pensaient « éthique » on n’ en serait même pas à la roue... Il y a 500 000 ans des malins ont fabriqué du feu, pis on a brulé des sorcières avec... Bin oui ma bonne dame, c’ est comme ça...


                • slipenfer 21 mai 2010 20:25

                   friedrich
                  Rien de personnel.
                  Tu feras moins le malin quand il pleuvra des tobs.
                  a moins que aime les averses smiley


                • friedrich 21 mai 2010 22:54

                  Evolution... la vie maintenant maitrise son code - la morale actuelle n’ est qu’ une viellerie de cette même vie pour la survie du groupe - next step - les fossiles disparaitrons, comme toujours.


                • Timst Timst 22 mai 2010 00:56

                  Non non mais il a raison ce type, la science c’est le diable incarné, on devrait tout arrêter des fois que quelqu’un utiliserait la technologie à mauvais escient pour tous nous espionner et nous exploiter dans un futur dystopique. C’est déjà arrivé, hein !


                  Non ? Ah bon.

                  Sérieusement, j’en ai ras le bol de tous ces annonciateur de l’apocalypse qui nous ressortent la vielle rengaine de « la siense é devennu fol il fo larété » à chaque découverte scientifique plus ou moins importante. Si on les écoutait, on serait encore à chasser les antilopes à coup de cailloux avant de mourir à 25 ans, mais heureusement, on les écoute pas.

                • jullien 21 mai 2010 18:03

                  Aujourd’hui, une grande « découverte » a été faite : le comportement moutonnier de la presse française.
                  Faites comme je l’ai fait l’expérience de lire sur les sites web de quatre, cinq journaux ou plus encore les articles rapportant les résultats des scientifiques dirigés par Craig Venter. On retrouve les mêmes mots à la même place ou presque.
                  Comique de répétition ?


                  • robespierre55 robespierre55 21 mai 2010 19:01

                    @ l’auteur :

                    Désolé de doucher votre enthousiasme mais tout cela relève du gadget. Cher et technologiquement abouti, mais gadget tout de même.

                    M. C. Venter est un habile escroc, bien connu pour avoir bidonné ses premiers résultats sur le séquençage du génome humain lors de la course qui l’opposait à un consortium international moins avide que lui pour breveter les séquences. Il a perdu mais des naïfs (riches) ont continué à lui faire confiance.
                    Les résultats présentés par son équipe ne sont que l’extrapolation de tentatives plus ou moins abouties de recréer l’expression de gènes de manière autonome. C’est louable et les moyens dont il dispose lui ont permis de présenter un modèle ébouriffant. Au premier abord.
                    Votre CV montre que votre culture scientifique, au moins en matière de biologie est quelque peu rudimentaire. Vous ne devriez pas vous aventurer sur un terrain que vous ne connaissez pas. La vulgarisation est une affaire d’expert.

                    Au total, votre prose est sincère mais vous manquez de repères et, par conséquent, votre article est dangereux pour ceux qui n’ont pas les moyens d’en faire une analyse critique.
                    En parcourant le fil seul M. Bouseux semble avoir compris l’étendue du désastre. Certains émettent des doutes d’honnêtes hommes, ce qui devrait vous questionner.

                    Merci, toutefois, d’évoquer un questionnement essentiel.


                    • docdory docdory 21 mai 2010 19:03

                      @ Bouzeux 


                      Assez d’accord avec votre analyse : ce n’est qu’une simple prouesse d’ingénieur , et non pas une « vie artificielle » .
                      Ce qui aurait été plus intéressant , ça aurait été de créer une bactérie non existante très simplifiée , avec un génome minimaliste , pour tester par exemple quel serait le génome minimal indispensable à l’autonomie et à la reproduction d’un microorganisme ultra simplifié .
                      Nous sommes loin de ce concept .

                      • Deneb Deneb 21 mai 2010 19:12

                        Docdory : je n’arrive pas à vous plusser (bug ?), mais c’est comme si...


                        • Bouzeux 21 mai 2010 20:21

                          Je ne voudrais pas être trop dur avec l’auteur de l’article qui fait ça bénévolement et est certainement de bonne foi. Par contre quand on lit de le monde :

                          « construire un génome entier et s’en servir pour prendre les commandes d’un être vivant »

                          Ou l’express :

                          « Créer une bactérie dont l’ADN est fabriqué par l’homme ? C’est possible. »

                          qui cite sans commenter :

                          « étape importante scientifiquement et philosophiquement »

                          Alors qu’il se sont contenté de réécrire un génome existant et de la placer dans une cellule existante. Pour analogie, supposons que nous ne sachions rien des voitures, et que quelque copie le moteur d’une voiture pièce par pièce sans rien y comprendre et place ce moteur dans une autre voiture (à la place du moteur d’origine), penserions nous qu’il s’agit là d’une grande avancée dans notre compréhension des voitures ?

                          En fait nous comprenons en parti comment une cellule fonctionne, mais on est encore loin d’avoir tout compris.

                          Pour information, ce domaine s’appelle la biologie synthétique :

                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Biologie_synthétique

                          Un exemple classique est la construction d’une oscillateur, qui est composé de quatre gènes et dont le design fait appelle à des notions beaucoup plus profondes à mon avis que celles utilisées pour recopier un génome.

                          http://en.wikipedia.org/wiki/Repressilator


                          • docdory docdory 21 mai 2010 21:17

                            @ Bouzeux 

                            Merci de votre commentaire et de vos liens d’un exceptionnel intérêt .

                          • maow maow 21 mai 2010 20:29

                            > "(...) il amorce aussi une remise en question philosophique et religieuse de première importance.« 

                            Allons allons, un peu de sérieux.... smiley
                            Si quelqu’un remet en cause sa religion ou ses croyances pour une »invention", c’est qu’il a bien peu de foi. ^^ En quoi le fait que l’homme soit capable de reproduire artificiellement la vie (si c’est vraiment le cas) remettrait en cause une religion ? De mon point de vue, le concept de Dieu n’est pas en opposition avec la science.

                            Je n’adhère à aucune religion (ce qui ne signifie pas que je n’ai pas de croyances), mais j’ai trouvé cette phrase assez présomptueuse et risible. smiley On essaye de donner de l’importance aux découvertes scientifiques comme on peut, n’est-ce pas ? smiley

                            Le véritable progrès viendra quand tout le monde sur cette Terre aura de quoi vivre décemment. smiley


                            • maow maow 21 mai 2010 20:31

                              "Le véritable progrès viendra quand tout le monde sur cette Terre aura de quoi vivre décemment."

                              Et la science n’aidera en rien à celà.


                              • L'enfoiré L’enfoiré 21 mai 2010 20:35

                                Maow,
                                 Vivre décemment ?
                                Qu’est ce que vous entendez par là ?
                                Juste pour orienter ma réponse.  smiley


                              • maow maow 18 août 2010 00:33

                                Désolé d’être aussi tardif dans ma réponse, je ne regarde qu’occasiellement les réponses données à mes commentaires (ceux-ci étant des avis personnels, je ne vois pas l’intérêt d’en débattre smiley ).

                                Par « vivre décemment », j’entend vivre avec de la nourriture et un logement de manière suffisante, mais non excessive.
                                En gros, la science ne peut (pour moi) rien apporter à celà. Elle reste donc, dans mon esprit, quelque chose de secondaire, alors que donner la priorité à l’humain par-dessus n’importe quel autre concept, reste le plus important.

                                En gros, la science c’est beau, c’est intéressant, mais c’est loin d’être une priorité dans le monde qui nous concerne. Car la science a beau être aussi avancée qu’on veuille bien le dire, elle ne guérit pas l’exclusion, la création de la pauvreté, l’ignorance, l’égoïsme, etc, créés par notre mode de vie.

                                La première science dont nous devrions faire l’éloge, est la science humaine, ce qui comprend entre autres la compassion, le pardon, l’entraide, etc. Et ceci aiderait bien plus le monde que la « science » au sens où on le comprend aujourd’hui.


                              • maow maow 18 août 2010 00:34

                                « occasionnellement » est le mot qu’il fallait comprendre. smiley


                              • L'enfoiré L’enfoiré 21 mai 2010 20:33

                                @L’auteur,
                                 On prévoit la première application pour 2011. Ici, nous sommes encore au niveau de la molécule. Le cerveau et le IRM. L’IA, la robotique...
                                 Les nanotechnologies vont plus loin encore et apportent l’approche de l’atome.
                                 Le 21ème siècle s’annonce plein de ressources.
                                 smiley


                                • Deneb Deneb 21 mai 2010 22:26

                                  Villistia, n’est-il pas l’heure de se coucher ?


                                • L'enfoiré L’enfoiré 22 mai 2010 16:40

                                  Vili,

                                   Bien sûr que quand on s’approche des choses, on ne reste pas sans y bouger.
                                   Quand tu t’approches d’une jeune blonde ou une belle brune, ça te laisse sans bouger ?  smiley


                                • Nicolas-royaliste 21 mai 2010 20:50

                                  Bravo !
                                  Encore une belle invention conne ! Derrière les belles paroles de progrès scientifique, tout cela permettra en fait aux Américains de mettre au point des belles armes biologiques bien dégoutantes !
                                  Ils créeront des cellules toxiques artificielles capables de relâcher du gaz toxique.

                                  Afghans et Irakiens louez la science !


                                  • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 22 mai 2010 22:11

                                    C’est une excellente nouvelle !

                                    Voici la démonstration formelle qu’il est effectivement parfaitement possible de créer la vie artificiellement, en laboratoire, et donc la preuve que Raël, le contacté le plus célèbre du monde, a raison depuis plus de 35 ans face au monde entier.

                                    Quand on maitrise parfaitement la science du vivant, les étapes de la création d’une nouvelle espèce sont les suivantes :
                                    1) Conception théorique, assistée par ordinateur, du nouveau génome
                                    2) Expression du génome ainsi conçu par bio-ingénierie

                                    L’étape cruciale réalisée par Craig Venter et son équipe, performance extraordinaire forçant le respect et l’admiration, et digne de toutes les louanges, concerne bien évidemment le point numéro 2.

                                    Quand on ne maitrise pas parfaitement la science du vivant, ce qui est le fait de nos scientifiques même les plus avancés, on procède de la manière suivante :
                                    1) On réalise à l’identique, ou presque, mais artificiellement, un génome pré-existant
                                    2) On en tire des conclusions et on fait progresser la compréhension du vivant

                                    Ce qui permet d’avancer vers une parfaite maîtrise du vivant.

                                    Voici la démonstration qu’il est possible de créer la vie en laboratoire. Quoi d’étonnant quant on sait que c’est comme cela que toute vie sur Terre a été créée, par nos Créateur les Elohim dont il est question dans les livres religieux anciens.

                                    Trop bien !!! 
                                     smiley

                                    L’heure du triomphe de la vérité se rapproche...


                                    • Lachésis 23 mai 2010 11:49

                                      pas la peine de s’affoler, le danger est bien moindre de ce qu’imagine ici l’auteur de cet article.

                                      concrètement : on savait déjà bricoler des gènes depuis un bout de temps. Si on avait voulu créer un bacille de la peste multi-résistant aux antibio croisé avec un mode de propagation plus simple, je pense qu’on aurait pu le faire depuis longtemps.

                                      Cette cellule artificielle sait faire :

                                      rien.

                                      tout est recouvert de bactéries. Notre peau, nos intestins, tout ce qui nous entoure... quelque soit notre hygiène. Ces bactéries dites « commensales » (elle n’offrent pas d’avantage particulier ni de problèmes) occupent le terrain. Leur nombre et leur génome leur donneront un avantage pour les ressources, s’adapter aux changements de conditions... Et une telle bactérie étrangère ne pourra pas s’implanter aisément.

                                      Des expériences ont été menée en domaine agricole pour améliorer la qualité des sols en y amenant de nouvelles bactéries. Le succès a été très mitigés, les bactéries amenées ne réussissant pas à supplanter les anciennes. Et il ne s’agissait pas de bactéries artificielles.

                                      bref, ce n’est pas cette invention là qui conditionnera la prochaine catastrophe biochimique :)

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