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Accueil du site > Actualités > Technologies > Et la réhabilitation des sciences, c’est pour quand ?

Et la réhabilitation des sciences, c’est pour quand ?

Vous savez peut être que nos écoles d’ingénieurs ont de plus en plus de mal à trouver des candidats à l’entrée chez eux. Heureusement, la liste d’inscrits aux examens d’entrée étant traditionnellement très longue, il en reste suffisamment pour pouvoir remplir les promotions. Cette désaffection est néanmoins préoccupante pour l’avenir de notre industrie qui les utilisent une fois leur diplôme obtenus.

Si par ailleurs vous avez l’occasion de discuter avec les enseignants de ces écoles d’ingénieurs, ils vous diront tous que le niveau a fortement baissé, qu’il reste un tiers d’élèves de très bonne qualité, un second tiers d’élèves corrects sans plus et que le tiers restant est quasiment indigne du titre d’ingénieur.Autre difficulté les dit élèves semblent avoir beaucoup de difficultés à se concentrer sur un sujet, à l’approfondir et à pouvoir en faire un compte rendu compréhensible. De nos jours on préfère survoler les problèmes que de s’y attaquer sérieusement. Enfin une lacune qui est devenu catastrophique mais pour laquelle les professeurs semblent totalement résignés, celle de l’orthographe.

Tout ceci n’est pas surprenant dans une société dont les personnalités phares sont des "faiseurs de vents", hommes politiques journalistes, faux spécialistes de toute sorte, ONG’istes, voire syndicalistes. Toutes personnes qui semblent bien voire très bien gagner leur vie sans exercer de véritables responsabilités au sens des responsabilités que l’on rencontre dans l’industrie ou le commerce:celles de la responsabilité d’une production et de sa sécurité, ou de ventes ou encore d’un résultat financier. Tout sauf la technique trop contraignante et qui demande trop d’efforts pour l’apprendre et la maitriser.

Sur ce sujet j’ai eu l’occasion de lire une chronique de l’ancien Ministre de l’Education Nationale, Luc Ferry, qui suggérait que le Ministère de la Culture et ses Ministres successifs s’intéressent à la Culture scientifique et qu’au lieu de dépenser depuis des décennies ses budgets pour financer les médias, le théâtre d’avant garde voire le show bizz , ils commencent à faire mieux connaitre les sciences et techniques qui, qu’on le veuille ou non, mènent le monde dans lequel nous vivons.

Et de commenter qu’alors que les scientifiques devraient éclairer les débats sur l’environnement ou sur les défis de l’innovation, ce sont effectivement les beaux parleurs de tous poils qui ont accès au petit écran ou à la radio et qui ne connaissent pas les problèmes autrement que superficiellement qui tiennent le haut du pavé médiatique et forment les opinions des français.

Alors on les réhabilite les études scientifiques ou bien on compte sur les pays émergents pour assurer le développement et la fabrication des objets et produits y compris sophistiqués et hautement technologiques qui nous entourent ?


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14 réactions à cet article    


  • pragma 5 décembre 2009 16:08

    Vous évoquez la responsabilité... Mais ce mot a -t’il le même sens pour tous ?

    Il semble que la responsabilité revendiquée de tel ou tel politique, ou journaliste, ou haut fonctionnaire, ne repose que sur le niveau hiérarchique qu’il a réussi à atteindre pour parler au nom des autres...Comment est-il réellement sanctionné s’il a dit ou fait n’importe quoi, et entraîné des catastrophes économiques ou sociales ?

    Il semble que la responsabilité de l’ingénieur de terrain, et il en reste, heureusement, soit beaucoup plus concrète. Au delà d’un droit à l’erreur, s’il foire, il est viré, tout simplement.
    Probablement, il est plus facile de vivre si l’on ne risque rien.

    Les formations supérieures littéraires ou psychologiques, par exemple, si elles parviennent à déboucher sur un emploi, ou plus exactement sur un poste budgété, sont recherchées pour beaucoup parce qu’elles n’induisent pas un niveau de responsabilité concrète et sanctionnable au niveau professionnel.

    A propos, au moment où les anti-tout condamnent le retrait d’une heure de cours d’histoire-géo en terminale scientifique, ne peut-on pas se demander s’il ne serait pas nécessaire d’ajouter une heure de vie pratique dans les classes générales, de telle manière que les jeunes aient au moins une idée de ce qu’est une unité de mesure, un volt, un kilowatt-heure, par exemple ? Car ils sont franchement nuls !
    Ne serait-ce pas plus utile, à choisir, que de connaître la vie de Platon ou la situation exacte de Novossibirsk ?


    • Polemikvictor Polemikvictor 5 décembre 2009 16:10

      Entierement d’accord avec vous,faut il parler dédadence ?


      • zelectron zelectron 5 décembre 2009 17:06

        Les spères du pouvoir (de l’extrême gauche à l’extrême droite) se « foutent » du métier et du savoir des Ingénieurs. Effectivement pour eux tout s’achète, mais du fait qu’ils ne disposent pas de cette précieuse culture, ils se fient à des charlatans, diplômés es-pochettes surprise d’internet, cajoleurs et flatteurs de tous poils, bidouilleurs de tableaux « excel » bidons avec production de camemberts et courbes ahurissantes de fausses exactitudes. Même Lauvergeon et ses DRH sont tombés dans le piège, on voit le résultat là-haut en Finlande. Quand à Progmachin-chose il s’est peut-être mis à la loi d’ohm, mais pas forcément en en tirant TOUTES les implications : lui aussi, issu d’un milieu où l’on bouffe des « ingés » connards qui n’y comprennent rien et coûtent trop cher, va se casser les dents sauf à utiliser l’argent de la nation...
        Je suis hélas d’accord avec « çafaitdésordre » (pseudo de ça dérange ?) l’article est juste et non polémique : c’est un constat-réquisitoire sans appel.


        • docdory docdory 5 décembre 2009 17:31

          @ Ça dérange


          Entièrement d’accord avec votre article. Ce qui m’inquiète le plus , c’est le manque d’intérêt des maths qui sont enseignées au collège.
          Lorsque j’étais au collège, en 1968 , les exercices de maths consistaient à faire des démonstrations , ce qui est rarement le cas pour mes enfants qui sont respectivement en 5ème et 3ème.
          A noter que les maths qu’ils font sont souvent des « recettes de cuisine » , les maths sont plus étudiées pour leurs applications que pour le raisonnement qui les sous-tend.
          Le type de mathématiques que je faisais à l’époque en 6 ème( théorie des ensembles ) était bien plus formateur intellectuellement et logiquement. A noter qu’ils étudient des fonctions sans avoir préalablement étudié les « ensembles » , ce qui me paraît mettre la charrue avant les boeufs. Comment comprendre ce qu’est une fonction si on n’a pas de connaissance de la logique ensembliste, mystère ...
          Ce qu’il y a aussi de grave , en France , c’est que la moindre péripétie de l’équipe de France de football occupe la moitié d’un journal télévisé ( et quinze jours non stop si c’est une victoire en coupe du monde ) , alors qu’un français prix Nobel ,c’est au maximum 3 minutes , avec un « journaliste » qui ne fait même pas semblant d’essayer de comprendre la nature des travaux ayant justifié le prix Nobel ! ( Il y a trente ans , il y avait 20 minutes d’explications sérieuses par François de Closets )





          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 5 décembre 2009 22:29

            L’enseignement des maths au collège s’est dégradé qualitativement lorsque l’idéologie du collège unique s’est développé et que parallèlement on a instauré les PEGC, anciens instituteurs, comme professeurs de collège.

            Petit dialogue avec un PEGC en 1970-71 : Lui : il ne faut pas expliquer quand on enseigne les maths ; Moi : pourquoi donc ? ; Lui : parce que certains risqueraient de ne pas comprendre ; Moi : mais les autres ? Lui : ceux-là, ils s’en sortiront toujours.

            On a rarement aussi bien mis en évidence la volonté délibérée de nivellement par le bas.

            Un élève du même collège, dans MA classe de 4e : je ne savais pas qu’il y avait des choses à comprendre en maths.


          • Gollum Gollum 5 décembre 2009 17:38

            Alors on les réhabilite les études scientifiques ou bien on compte sur les pays émergents pour assurer le développement et la fabrication des objets et produits y compris sophistiqués et hautement technologiques qui nous entourent ?


            Vous avez tout dit dans cette phrase absolument scandaleuse. La désaffection des jeunes pour les sciences provient en grande partie de ce que celles-ci ne servent plus que les intérêts à courte vue des techniciens, technocrates et autres hommes de puissance prométhéens dont le brave peuple a plus que marre..

            La Science, la vraie, celle qui est désintéressée et qui n’a pour but que la connaissance est morte depuis bien longtemps.. 
            Avant les mécènes donnaient du fric aux génies pour enrichir, au sens noble, le monde. Maintenant les scientifiques sont les larbins des maîtres du monde... et je pense que c’est devenu irréversible jusqu’à la prochaine catastrophe..

            • Internaute Internaute 6 décembre 2009 13:39

              « ...dont le brave peuple a plus que marre.. »

              Mais non, on les adore ! 95% des élus sont ré-élus.



            • amipb amipb 6 décembre 2009 18:36

              Le compte en banque peut s’évanouir bien plus vite que le savoir. Et sans savoir, difficile de renflouer alors son compte en banque.


            • perlseb 5 décembre 2009 17:51

              Ingénieur électricien de formation j’ai fait du balayage pendant mes 10 mois d’armée puis 2 ans 2/3 (32 mois) de chômage avant de trouver dans l’informatique.

              Mon travail n’a jamais été intéressant : j’ai beaucoup changé de poste, parfois en interne, ou en démissionnant. En informatique, c’est très souvent improductif, donc totalement inintéressant : on modifie les systèmes d’information pour des changements arbitraires de fiscalité ou de normes comptables, ou simplement par obligation commerciale (fin de support d’une version qui marchait bien, mieux que la nouvelle, mais ne rapportait plus à son éditeur).

              L’ingénieur est un métier qui se délocalise donc j’incite les jeunes techniciens dans l’âme à faire artisan (peut-être des études techniques pour la culture personnelle) mais un bon CAP pour travailler à son compte et pas être piégé par le salariat.

              En France, il ne reste, petit à petit, que des métiers de proximité. C’est pourquoi on peut gagner et gérer bien mieux sa vie en étant artisan plutôt qu’en étant ingénieur. Ce n’est pas parce que l’on est bon en math et en sciences physiques que l’on est mauvais en travail manuel. Laissez les chinois et les indiens faire ingénieur : les multinationales n’ont aucun intérêt à dépenser 5 fois plus en France pour le même travail de recherche/développement.

              Il me tarde que le niveau de vie des chinois soit l’égal du notre pour que l’on puisse à nouveau avoir du travail intéressant en France. Pour moi, c’est trop tard.


              • PhilVite PhilVite 6 décembre 2009 11:45

                Très bien dit.

                Même constat et même conclusion.

                L’organisation du monde (décidée par qui et où ??) fait que le destin de la France semble être de devenir un grand parc d’attraction pour touristes en goguette.

                Pourquoi former des ingénieurs ici, alors qu’il suffit d’apprendre quelques rudiments d’anglais pour bien recevoir les travailleurs chinois lors de leurs courtes vacances.
                Remarquez, il va peut-être falloir se mettre au chinois ? Là ce sera moins cool !!


              • L'enfoiré L’enfoiré 5 décembre 2009 20:56

                @L’auteur,
                Bravo pour avoir remis les pendules à l’heure.


                • Internaute Internaute 6 décembre 2009 13:36

                  Bien d’accord avec l’article.

                  Ferry est un hypocrite car c’est bien l’Education Nationale qui a sabré les études scientifiques. L’enseignement des maths a été quasiment supprimé du lycée et des filières scientifiques universitaires pour ne pas freiner les plus faibles, et ceci est une volonté du ministère. Alors Ferry, vous m’excuserez mais il peut aller se rhabiller. De toutes manières les élèves n’ont pas besoin de connaître l’histoire des sciences mais les sciences elles-mêmes.

                  Les scientifiques ont un rôle bien plus important sur la vie des gens que les politiques. Celui qui a inventé les cristaux liquides, les détergents, la télévision ou Internet a surement eu plus d’influence sur l’humanité que Pujadas, Clinton ou Mandela. Cependant, personne ne connaît leurs noms.


                  • Deneb Deneb 6 décembre 2009 16:45

                    La plupart des ingenieurs aujourd’hui ne font que cocher les cases sur les cheq-listes estamillés « iso 9001 - qualité ». La plupart des taches que l’on leur confie sont administratives ; au lieu de faire leur métier créativement, ils deviennent les bureaucrates.

                    Ca me fait penser à une aneccdote de la guerre froide : les cosmonautes n’arrivaient pas écrire avec un stylo-bille dans l’apesanteur. Tandis que les Americains aient investi des millions de dollars dans les recherches pour trouver un stylo qui puisse ecrire dans l’espace, les Russes ont tout simplement embarqué quelques crayons...


                    • Rough 6 décembre 2009 16:47

                      Tout à fait d’accord !

                      Le manque de culture générale scientifique est sidérant, que ce soit chez nos politiques ou pire chez les journalistes....quant à la population dans son ensemble c’est la cata...il suffit de voir la montée des peurs irrationnelles (vaccins, chimie, nucléaire...) et l’engouement croissant pour les fumisteries intellectuelles des médecines douces à l’astrologie...et j’en passe...

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