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Accueil du site > Actualités > Technologies > Et si les usines contribuaient au développement durable ?

Et si les usines contribuaient au développement durable ?

Difficile d'imaginer un monde où l'on associerait industrie et développement durable. Pourtant la numérisation de l'industrie (usine du futur, industrie 4.0...) semble ouvrir de nombreuses portes à un tel schéma. A quoi ressemblerait cette industrie où compétitivité et respect de l'homme et de son environnement seraient tout simplement de bons amis ?

Green IT 2.0 {JPEG}

Depuis déjà quelques années, de nombreux chercheurs se sont intéressés au "Green Computing". Il s'agissait de réduire l'emprunte écologique des technologies de l'information et la communication (TIC). Aujourd'hui, un nouveau stade est franchi, il s'agit d'utiliser les TIC comme leviers du développement durable.

L'"IT for Green" (ou Green IT 2.0) est le terme le plus souvent employé lorsque l'on parle des TIC comme leviers du développement durable. Il s'agit d'une démarche d’amélioration continue qui vise à réduire l’empreinte économique, écologique et sociale d’un produit ou d’un service et à créer de la valeur à l'aide des TIC.

Les usines du futur : Industrie 4.0

Pour visualiser cette idée, il faut appréhender les usines du futur dans leur contexte : l'industrie 4.0. Ce terme fait référence aux technologies et concepts d’organisation de la chaine de valeur. Il s'agit d'une nouvelle vision d’une industrie ayant un moyen de production plus intelligent (Smart Factories) qui se caractérise par l’usage des technologies de systèmes cyber physique (cyber-physical system - CPS), de l’internet des objets (Internet of Things – IoT) et de l’internet des services (Internet of Services – IoS).

Du coup, lorsque l'on fait entrer les TIC à un tel niveau dans l'usine, il n'y pas de limite apparente à les positionner à toutes les étapes de la chaîne de valeur industrielle. En effet que ce soit au niveau de l’innovation (idée, avant-projet, faisabilité concept…), de l’ingénierie (design, simulation, proto-typage…), de la production (fabrication, usinage…) ou des services transversaux (logistique, service client, maintenance…), il est possible d’agir sur les systèmes pour y intégrer des données de durabilité.

Les TIC semblent donc être le levier idéal pour conduire l'industrie vers plus de durabilité.

Le Green IT 2.0 dans les usines du futur

Des machines qui communiquent entre elles grâce à l'Internet des objets cela existe déjà. Pour schématiser : la machine A est capable de communiquer en temps réel son processus de fabrication à une machine B. La machine B va donc analyser ce processus physique, en créer une copie virtuelle et, à partir de cette copie, être capable de prendre des décisions et donner des instructions aux autres machines. Cela existe déjà. L'usine du futur est en marche mais il faut qu'elle emporte avec elle la notion de développement durable.

A partir de l'exemple précédent, intégrons une grosse base de données contenant de l'information liée au problématiques de développement durable.

Alors que la machine A communique toujours son processus de fabrication, la machine B va lui proposer une nouvelle façon de concevoir (éco-conception par exemple) et la paramètrer en fonction. Mais elle ne va pas s'arrêter là, elle va également proposer à une machine C un processus d'achat et des fournisseurs responsables associés à ce processus. En simulané, grâce à la communication de cette information en temps réel, une machine D pourra proposer un processus logistique plus responsable et la machine E communiquera sur le processus de fin de vie du produit... et ainsi de suite jusqu'à atteindre le plus haut niveau de durabilité possible.

Mais cette façon de voir l'Industrie de demain ne sera possible que par l'intégration de données de durabilité dans les systèmes d'information des usines.

Une opportunité à ne pas louper

L’Industrie se numérise pour répondre à ses problématiques quotidiennes et futures et cela représente une réelle opportunité d'implémenter des "données durables". Certains des outils déjà utilisés aujourd'hui contribuent ou peuvent contribuer à améliorer son niveau de durabilité. Cependant, l’utilisation des TIC comme levier de développement durable n’est pas une pratique systématique, voire rarissime.

Il reste encore beaucoup de travail de recherche et d'innovation pour savoir ce que feront les machines F et suivantes. Cependant, il est certain que l'intégration de données durables dans les systèmes d'information des usines contribueront à leur développement tout en prenant en compte les besoins des générations futures.

 


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23 réactions à cet article    


  • jocelyne 7 juillet 2015 09:37

    Pour le moment, les nouveau robots « androidiques » intelligents cela donne ça , au moins on a réussi à clairement reproduire un comportement bien humain....


    • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 16:16

      @jocelyne

      Bonjour Jocelyne,

      Je ne connais pas les systèmes d’information utilisés chez ce constructeur, ni même la cause de la défaillance qui a pu conduire à cette tragédie, mais je suis convaincu qu’il faut continuer à faire avancer les données de ces technologies pour que cela ne se reproduise plus.

      C’est dans ce sens que va mon article. Il s’agit de penser les automates de production de demain comme des machines ayant la capacité à analyser des données de durabilité pour prendre en compte l’humain et son environnement.

      Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet article et d’y avoir réagit.

      Bien Cordialement,

      Pierre-Henry DODART

    • hunter hunter 7 juillet 2015 19:43

      @Pierre-Henry DODART

      Bonjour,

      D’ici quelques années, l’incident relaté par Jocelyne en se produira plus, pour la simple et bonne raison que (vous le savez, je le sais aussi), la main d’œuvre humaine aura complètement disparu des manufactures !

      en fait, il y a quelques années que ça aurait pu être mis en place déjà !
      La mise en place est retardée pour raisons socio-économiques.

      Adishatz

      H/


    • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 21:20

      @hunter

      Bonjour Hunter,

      Cela va effectivement dans le sens de l’histoire. Les métiers manuels de la chaîne de production industrielle sont amenés à disparaître au profit de métier de supervision des machines intelligentes.

      La mise en place n’est pas retardée, elle n’est pas encore possible dans beaucoup de secteurs d’activité car le MTM (machine to machine) nécessite de nombreux algorithmes complexes qui demande beaucoup de travaux de recherche et développement.

      Là où la machine peut remplacer l’homme aujourd’hui, elle le fait déjà dans la plupart des structures industrielles.

      Merci beaucoup pour votre contribution et d’avoir pris le temps de lire l’article.

      Bien cordialement,

      ¨Pierre-Henry DODART

    • Ruut Ruut 13 juillet 2015 16:34

      @Pierre-Henry DODART
      ça s’appelle sous traitance.


    • Robert GIL Robert GIL 7 juillet 2015 11:14

      dans un système capitaliste, les usines du futur comme celle d’aujourd’hui privilégieront les dividendes de leurs actionnaires ... si on peur y incorporer du ’développement durable" pour se faire un peu de pub et une bonne image tant mieux, sinon tant pis : le profit passe avant tout !


      • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 16:21

        @Robert GIL

        Bonjour Robert,

        Peut-être que vous avez raison. Je ne sais pas de quoi est fait le futur et j’espère qu’il ne sera pas comme vous le décrivez.

        Cela ne m’empêche pas de penser qu’il est important de prendre en compte les problématiques de développement durable car au delà de la pub, la prise en compte des données de durabilité au sein des usines pourraient permettre un meilleur impact sur l’humain et son environnement.

        Merci à vous d’avoir pris le temps de lire cet article et d’y réagir.

        Bien cordialement,

        Pierre-Henry DODART

      • mmbbb 7 juillet 2015 13:42

        Lorsque l IPhone 6 est sorti il y avait une queue de 2 heures d’attente a Lyon au centre la confluence Un objet a 1000 € deja obsolete puisque Apple pense au developpement durable c’est a dire sortir l’ultime version qui rendra les possesseur de la derniere has been Les fetichistes ont meme campe et il faut un service d’ordre afin de reguler la demande nouvelle religion paienne de l’idolatrie de l’objet Je suis Snob comme le dit la chanson de B VIAN le nec le plus ultra est toujours avoir les derniers objets Hihg Tech Quant aux cadavres ( cartes meres de nos ordi et autres debris ) ils vont finir dans des contrees lointaines polluees les populations qui n’ont aucune protection Rien ou presque n’est de developpement durable puisque quelque soit le domaine il faut sans cesse du changement de la nouveaute et le marketing s’en charge


        • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 16:34

          @mmbbb

          Bonjour Mmbbb,J’entends votre propos et comme vous je condamne le principe obsolescence programmée. Cependant ce type de pratique est contraire au développement durable qui préconise « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins ».Cela signifie, entre autre, que le gaspillage des ressources et le non respect des êtres humains n’entre pas dans ce champs.


          Les entreprises, dans le notre modèle économique actuel (économie de marché) ont besoin de croissance pour perdurer. Je ne peux pas lutter contre cela. Cependant, ce que je peux faire, et c’est le thème de l’article que j’ai rédigé, c’est d’introduire des données de durabilité dans les systèmes d’information des entreprises pour maîtriser les impacts sur l’homme et son environnement.

          Merci à vous d’avoir pris le temps de lire cet article et d’y avoir réagit.

          Bien cordialement,

          Pierre-Henry DODART

        • mmbbb 7 juillet 2015 19:01

          @Pierre-Henry DODART  Je voulais simplement souligner qu il y a un décalage entre le comportement compulsif du consommateur  et ce changement ouhaite J’habite pres de Lyon les quais du rhone ont ete amanagés Je puis vous dire qu’ un vendredi matin rejoignant le centre le ville ces espaces etaient de veritables depotoir De surcropit le Rhone sert aussi de poubelle Et pourtant ce sont souvent des jeunes et moins  jeunes ayant une certaines  education Les pelouses sont des cendriers je ne m’arrete jamais Et si vous faites un sonadge  auprès de ces fêtards ils vous repondrons qu ils sont  ecolo  nul doute Et ce pays la france est souille par negligeance  Il est vrai qu il est commun de condamner les grands groupes les multinationales mais in fine le citoyen  a son echelle n’a pas un comportement des plus exemplaires  Vous avez du pain sur la planche selon une expression populaire 


        • hunter hunter 7 juillet 2015 19:38

          @mmbbb

          Ce que vous dites est exact et se vérifie aussi beaucoup au bord des routes nationales et départementales, sur les aires d’autoroute, en lisière de forêt quand la forêt est très proche d’une agglomération, etc, etc.....

          Une amie brésilienne qui connaît la France depuis plus de 30 ans, quand elle vient dorénavant, ne reconnaît plus le pays ! Elle prétend qu’il y a 30 ans, il n’y avait pas tous ces détritus partout.......le pays est envahi de détritus...les gens sont des cochons, et ceci est insultant pour les cochons en fait !

          Adishatz

          H/


        • mmbbb 7 juillet 2015 20:04

          @hunter merci excusez pour les fautes je pianote trop vite et je loupe souvent les touches En complement de mon propos je fais de la montagne et helas celle ci n’est pas epargnée 


        • hunter hunter 7 juillet 2015 20:26

          @mmbbb
          pas grave, ne vous inquiétez pas. Merci pour l’info sur les montagnes, que je ne pratique pas.

          Bonne soirée

          H/


        • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 21:29

          @mmbbb

          Rebonjour Mmbbb,

          Merci pour votre retour. J’ai effectivement de bonnes années de travail devant moi et c’est avec plaisir que j’essaierai de contribuer modestement à un monde plus durable en faisant entrer quelques données de durabilité au sein des usines.

          La numérisation de l’industrie incluant la notion de développement durable (qui prend en compte les volets environnementaux, sociétaux et économiques) ne se fera que si les mentalités suivent. Il est important que toutes les parties prenantes soient convaincues de l’intérêt et de l’importance du développement durable.

          Il m’est impossible de changer le consommateur quels qu’ils soient, par contre je peux m’attacher à changer le mode de production des usines pour que l’impact de la consommation soit moins dévastateur.

          Merci une nouvelle fois pour votre réaction à cet article.

          Bien cordialement,

          Pierre-Henry DODART

        • Ruut Ruut 13 juillet 2015 16:35

          @mmbbb
          Essaye de faire tourner youtube sur Windows 95 ?


        • floyd floyd 7 juillet 2015 19:03

          Pour ceux qui sont intéressés par l’intégration du développement durable dans l’économie, je leur recommande vivement de lire le dernier livre de Jean Staune : ’les clés du futur’. Cela très longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi inspirant. Dans la première partie du livre, il montre en autre les aspects positifs et négatifs de la révolution scientifique et technologique. Il propose pour le futur une écologie positive et humaniste. Par exemple il montre que la vision réductionniste et mécaniste de la science classique fait que nous utilisons souvent qu’un seul aspect d’une ressource, alors qu’il est possible avec les techniques modernes d’utiliser cette ressource pour de multiples usages Il parle dans la deuxième partie du livre de sociétés éthiques qui ont réussi à concilier l’économie, mais également le social et l’environnement. C’est un des très rares livres qui ont contribué à changer ma vision du monde.


          • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 7 juillet 2015 21:34

            @floyd

            Bonjour Floyd,

            Merci beaucoup pour ce message très positif. J’espère qu’en lisant mon article vous y avez également vu la possibilité d’un monde où les usines peuvent, grâce aux systèmes d’information, prendre en compte des données environnementales et humaines pour prendre les meilleures décisions possibles en termes d’impacts globaux.

            Merci également pour l’ouvrage que vous nous conseillez. Pour ma part, j’essaierai de prendre le temps de le lire car la description que vous en faites et vraiment très positive.

            Un dernier merci pour votre contribution et le temps que vous avez pris pour lire mon article.

            Bien cordialement,

            Pierre-Henry DODART

          • Jean Keim Jean Keim 8 juillet 2015 08:32

            Il faut parfois ne pas perdre le fil conducteur, derrière une technologie il y a des hommes, quels sont leurs objectifs : actuellement par une sorte de gangrène épidémique c’est le profit.

            Donc une technologie « TIC » dépend de concepteurs et de programmateurs qui font ce que leurs employeurs leur demandent.
            Je ne sais pas si une seule initiative initialement respectueuse a échappé à la marchandisation, c’est le cas du développement durable, de l’alimentation bio, des énergies alternatives, de beaucoup d’associations caritatives ayant prospérées, d’une idée politique, etc..


            • Jean Keim Jean Keim 9 juillet 2015 07:20

              @Jean Keim
              ... Le profit ... avant tout et à outrance CQFD.


            • Jean Keim Jean Keim 9 juillet 2015 07:21

              @Jean Keim
              ... Le profit ... avant tout et à outrance CQFD.


            • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 9 juillet 2015 10:00

              @Jean Keim

              Bonjour Monsieur Keim,


              Votre propos me parle et je le comprends. Force est de constater que le profit est au centre des préoccupation des entreprises. Intrinsèquement, le profit n’est pas nécessairement un mal mais quand il devient la base d’une stratégie « court terme », aux dépends des hommes et de leur environnement, il commence à poser problème.

              L’objectif de mes travaux est d’intégrer des données de durabilité dans les systèmes d’information des usines afin que l’industrie, dans sa numérisation, n’oublie pas de prendre en compte l’humain et son environnement.

              A plus long terme, on peut imaginer une usine intelligente capable de prendre les meilleures décisions pour les humains en terme de durabilité. Concrètement, il s’agirait de transformer le profit personnel « court terme » en profit global « long terme ».

              Ma vision, et elle n’engage que moi, est qu’il sera possible grâce aux TIC de mettre en place une production durable (agile et évolutive en « temps réel ») sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins.

              Merci à vous d’avoir pris le temps de lire cet article et d’y avoir réagit.

              Bien cordialement,

              Pierre-Henry DODART

            • Ruut Ruut 13 juillet 2015 16:30

              C’est le travail du politique d’associer industrie et écologie.


              • Pierre-Henry DODART Pierre-Henry DODART 13 juillet 2015 17:05

                @Ruut


                Bonjour Ruut,

                A mon humble avis, seul, le politique n’est pas en mesure d’associer industrie et écologie. Les industries sont très diverses et complexes. Ce travail doit se faire main dans la main. Et, avant que le politique exerce son autorité, il faut que les industriels « mettent la main à la patte ».

                Les moyens d’agir du politique « se limitent » essentiellement à mettre en place une réglementation de plus en plus contraignante. La démarche de développement durable ne doit pas être une contrainte mais une opportunité.

                L’objet de mon article est surtout de dire qu’il y a de réelles opportunités pour les industries à se numériser en intégrant des données de durabilité.

                Merci une nouvelle fois d’avoir pris la peine de lire mon article.

                Bien cordialement,

                Pierre-Henry DODART


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