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Accueil du site > Actualités > Technologies > Existence et adaptation, un dilemme actuel dans un monde pragmatique

Existence et adaptation, un dilemme actuel dans un monde pragmatique

Exister est-ce s’adapter ?

La théorie darwinienne de l’évolution dit que les espèces se transforment grâce à l’efficience de mutations génétiques transmises de génération en génération, sous la contrainte de la pression adaptative.

On peut donc admettre que s’adapter, c’est se transformer, et qu’on risque de ne plus exister si on n’a pas bénéficié des mutations convenable. Le on désigne bien entendu l’espèce en question. Donc, s’adapter pour continuer à exister, et exister en se transformant.

Le paradigme darwinien conçoit l’existence d’une manière radicalement différente par rapport à ce qui fut pensé au Moyen Age. Pour quelques théologiens, l’existence était même un accident, seul l’essence avait statut de nécessité. Pour Darwin, les accidents, autrement dit les aléas du milieu ainsi que les mutations de l’espèce, constituent l’essence même de la transformation conduisant aux individus ayant franchi les étapes du temps. Le darwinisme ne serait-il pas une théologie inversée, sans Dieu, mais avec la matière mutante et le milieu ?

Le monde moderne ne cesse de parler d’adaptation. Dans le sens de transformation. Un pays qui ne s’adapte pas aux conditions du commerce international risque de dépérir, et de perdre son rang. C’est un message qu’on entend souvent de la part des politiques. On devrait en conclure qu’exister en bonne position nécessite de s’adapter, du moins pour ce qui concerne les affaires de l’entreprise, de la marchandise et des situations professionnelles.

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Notre histoire a connu trois phases majeures pour ce qui relève de l’adaptation en tant que, premièrement, notion porteuse de vérité et de sens sur le monde ; deuxièmement, notion à visée praxique susceptible de guider les actions de l’homme en société.

Epoque de Dieu : Au Moyen Age, l’idée d’adaptation n’a pas cours. Excepté en théologie. L’homme choisit entre le bien et le mal. Justification de Dieu selon les œuvres. Ce n’est pas vraiment de l’adaptation, celle-ci supposant un environnement et Dieu justement, n’est pas un corps et encore moins un milieu naturel. Quant aux espèces vivantes, la question de l’adaptation ne se pose pas. Elles existent parce qu’elles ont été crées par Dieu. Et si Dieu le voulait, il en supprimerait quelques-unes, ainsi que le pensait Ockham, inventeur du rasoir bien connu.

Epoque du Sujet et de l’homme : Peu à peu, l’homme développe les techniques. Sans parler d’adaptation, l’idée que le temps est l’allié de l’homme se fait jour. Et la transformation de l’humain et de la société prend place comme idée dans les esprits. Ce qui intéresse les philosophes classiques, le Locke à Leibniz et Spinoza, c’est l’action, et encore plus le Sujet et son entendement. Un triplet moderne : agir, vouloir et entendre. Et la raison comme instrument de prédilection. Transformer la société, agir... l’adaptation, elle y est présente mais elle passe en arrière-fond, et n’est pas identifiée comme un problème philosophique.

Demain peut-être meilleur que l’aujourd’hui à condition d’œuvrer. Le travail du négatif, de l’opposition, devient l’essence même de la métamorphose. La figure d’une humanité démiurge et prométhéenne apparaît tout au long de cette période innovante qui allait imposer définitivement la puissance de l’Occident et engendrer une modification des conditions d’existence sans précédent. Les Etats et les grandes entreprises se conjuguent pour adapter l’homme aux machines. Cela ne se fait pas sans mal. Il se produit une réaction inhumanitaire (contraction de immunitaire et humanitaire). L’homme refuse de se plier aux impératifs des machines, mais comme ce ne sont pas tous les hommes, mais une classe, alors avec l’aide des Etats policiers, l’adaptation devient forcée et l’on explique que c’est au nom de desseins supérieurs et collectifs et que le prix à payer vaut bien cet effort d’adaptation. C’est un schème qui s’est manifesté dans toutes les nations avancées, avec plus ou moins de violence, avec des formes propres, des styles, des idéologies, des projets, des finalités...

Cette période a duré jusque dans les années 1960. A ce moment, le pouvoir séducteur du système, avec ses objets, ses promesses de confort matériel, ses réalisations... tous ces éléments et bien d’autres ont fait que l’homme s’est peu à peu adapté à ce mode d’existence matérielle très bien signifié par la formule american way of life. Les USA ayant été en pointe depuis le tournant de 1900. Ils n’ont pas quitté la pole position.

Epoque du technocosme : Que signifie l’adaptation de nos jours ? Pour sûr que celle notion n’a pas été bien étudiée par les philosophes qui en sont encore à tourner autour du Sujet. L’adaptation est en vérité un processus similaire à ce qui se passe dans la Technique. Les philosophes ont-ils tout compris de la Technique ? Non !

En vérité, cette question de l’adaptation est d’une redoutable simplicité qui cependant, recèle quelques subtilités métaphysiques. Tout se joue sur le plan de la quatrième hypostase, celle de la matière qui en fait, correspond aux corps, à la chair, aux interactions, à la technique.

Sur le plan physique, l’adaptation se décrit comme un ajustement d’un individu à son environnement. Ce qui nous donne un dispositif, au sens de Gestell. En règle générale, l’ajustement est réciproque car l’individu se situe aussi comme un élément composant le milieu. Etre adapté permet d’agir dans un milieu et de s’y sentir chez soi ou presque. C’est un élément important pour ne pas dire essentiel de la condition humaine. Pourrait-on dire que l’essence de l’adaptation n’a rien de l’adaptation en paraphrasant la fameuse formule d’Heidegger consacrée à l’essence de la Technique ? C’est bien possible mais cela sort pour l’instant du cadre physique et dira-t-on, positif, objectif.

Une réflexion pertinente entendue dans un café philo permet de mieux cerner la question de l’adaptation sur un plan anthropologique. Un citoyen d’Anvers confia en effet que l’apprentissage du néerlandais est une condition nécessaire pour s’ouvrir à l’ensemble des possibilités d’existence dans cette grande ville, et que le fait de s’en tenir à la langue française impose de vivre dans une sorte de ghetto. Cette remarque dit l’essentiel de la condition de l’homme comme être ayant de choix de s’adapter à un type d’existence dépendant d’un milieu ou d’un autre (l’animal n’a pas le choix, c’est sa condition sine qua non pour survivre dans un milieu naturel et unique pour ses congénères et les autres espèces).

La question de l’adaptation nous reverrait presque vers Aristote et sa conception du métèque dont le propre est de ne pas être adapté et donc inapte à l’existence citoyenne, pas plus que le barbare d’ailleurs.

S’adapter c’est donc s’ouvrir un champ de possibilités d’existence. Les exemples comme celui ici proposé sont en nombre incalculable. Ce qu’il faut bien saisir, c’est ce qu’on entend par existence adaptée, il s’agit uniquement de pouvoir évoluer physiquement dans un milieu, d’interagir, d’avoir un accès aux flux, aux événements, aux marchandises, bref, s’ouvrir vers un monde et s’y brancher (Ce qui ne veut pas dire en tirer joie, plaisir ou bonheur). Cette parenthèse permet d’introduire le second pôle car on ne s’adapte pas simplement pour s’adapter mais en vue d’un intérêt particulier, d’un profit, d’un bénéfice que l’on attend, soit en terme économique, soit en terme de plaisir, de satisfaction de désir. En règle générale, l’adaptation à finalité économique sert à se connecter aux flux monétaires, on est rémunéré pour une tâche. L’adaptation à finalité hédonique représente le point de vue de l’usager, du consommateur. Et l’une ne va pas sans l’autre. Toute adaptation est chez l’homme, seul ou en association, finalisée, intentionnelle, intéressée.

Le propre de nos sociétés hypermodernes est d’avoir démultiplié à l’infini le nombre de possibles d’existences, de cercles, de bulles comme on le dit maintenant depuis la canonisation de ce terme par Peter Sloterdijk. Ce phénomène n’est pas propre aux sociétés occidentales, et ne date pas de la révolution capitaliste. L’homme a une capacité d’invention de formes et de situation. Il dépasse de loin l’animal. Aristote fut étonné par cette intelligente dextérité de la main humaine, capable d’effectuer des gestes techniques en nombre important. Et pourtant, ce n’est qu’une patte animale dont les cinq appendices sont modifiés.

La suite on la connaît. Les machines de plus en plus perfectionnées ont secondé la main de l’homme et l’énergie naturelle a prolongé sa force physique. Homme et nature se sont adaptées au service d’un objectif fixé par l’homme. Et maintenant, ce sont les individus qui doivent s’adapter à un environnement artificiel. Voici l’ère des milieux techniques. Un impératif, se former. On ne dit plus apprendre. L’ère de l’apprentissage est derrière nous. Il faut des formations, des qualifications pour évoluer dans les milieux techniques et acquérir les moyens permettant d’être adapté dans les espaces de consommation et les milieux sociaux.

Formation mais aussi normes techniques. Le système édicte des règles auxquelles doivent obéir les objets et les services. Tout doit être ajusté, parfait. Il y a presque une obsession de la perfection. Spectre du zéro défaut en vue. Ainsi que de l’efficience maximisée. L’Etat lui-même doit se réformer. Litanie des discours politiques sur la nécessaire adaptation de la France. Mais pour quelle fin ? Car une règle universelle ne sera jamais transgressée, celle de toute intention sous-tendant une volonté d’adaptation. Et cette intention, c’est certainement la compétitivité économique. Vendre dans le système marchand mondial, et vendre mieux, sinon régresser, perdre sa position et réduire son PIB. Tout paraît clair. Exister c’est s’adapter, s’adapter c’est mieux vivre ! Cette formule résume la condition hypermoderne. Le fétichisme de la marchandise analysé par Marx est dépassé. Il existe actuellement une forme complexifiée de fétichisme, celle de l’accès. Comme par exemple aux premières représentations, à Cannes, à Deauville, devant tel palace quand arrive Madonna ou Mikaël, ailleurs, pour un événement, une éclipse de soleil qu’il ne faut pas rater, devant sa chaîne câblée, un lieu branché... accéder, adapté pour ne pas être filtré par le physionomiste. Décidément, pour être il faut en-être. Nouvelle modalité du Dasein inertie. En-être !

La période dans laquelle nous sommes entrés est marquée par la place grandissante de l’adaptation qui semble occuper de beaucoup les individus, autant dans la population qu’au niveau des élites. Etre adapté est devenu un enjeu majeur, autant que pouvait l’être l’idéologie socialiste ou le souci de la Nation à une époque pas si éloignée que cela. Et si le monde était autant désir d’en-être que volonté de puissance. Autrement dit l’issue évidente de la civilisation comme champ d’expérience métaphysique, et l’homme devant gérer et user de ses désirs et de sa volonté d’agir, d’avoir une emprise pour se sentir être. Le système et sa logique de l’adaptation comme dévoilement de l’expression infinie des désirs. L’homme fait de substance technique et désirante.

L’adaptation renvoie à son versant négatif, l’inadaptation, que l’on peut définir aussi comme exclusion. Etre dans le milieu ou en dehors. Façonner son milieu pour s’y sentir mieux et jouir de multiples plaisirs, se sentir chez soi dans sa bulle. On n’est plus très loin des dérives individualistes et communautaristes contemporaines. Etre adapté dans un milieu est toujours associé à l’inadaptation dans un milieu différent.

La diversification des milieux artificiels due aux progrès techniques prolonge en l’amplifiant la diversité naturelle des conditions d’existence dépendant des zones géographiques. Ce qui caractérise cependant l’homme, c’est son cerveau et son intelligence, instruments dotés d’une plasticité adaptative considérable.

Les pratiques politiques de la Troisième République visaient à adapter les individus à un ensemble de pratiques et de norme, l’usage d’une langue française unique étant à cet égard bien significatif. L’instruction publique en étant un autre aspect marquant. Pourquoi ? Est-ce la nécessité de faire de la société un milieu homogène ? Et que dire de l’emploi généralisé du costume avec son universelle cravate ? Finis les uniformes extravagants. Le monde des élites doit montrer la voie, autant administrative qu’esthétique. Mais être adapté c’est aussi faire de l’homme un moyen s’insérant de manière plus efficace dans un système de fins. On sait bien que les intentions de Jules Ferry envers l’instruction étaient de former des individus dotés de qualifications citoyennes (comme ont dit travailleur qualifié de nos jours) afin d’être efficaces dans cette compétition sans merci et cette rivalité centenaire avec l’Allemagne, rivalité d’ailleurs amplifiée par l’humiliation subie en 1870. Le grand projet moderne, imaginé plus que conçu, juste après la Renaissance, fut d’utiliser la Nature pour changer la condition matérielle de l’existence. Mais cela n’a pas suffit et l’homme fut utilisé pour servir des fins projetées par une minorité qui néanmoins, a toujours cru œuvrer pour le bien commun.

Le champ des adaptations dans les milieux sociaux et techniques n’est pas neutre. Il s’insère dans la logique de l’œuvre et des moyens. L’adage dit qu’il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour. Une autre formule dirait qu’il n’y a pas de politique mais que des preuves de desseins politique. L’homme a été le champ d’expérimentation de transformations sociétales menées par les Etats modernes puis post et hyper modernes. Si derrière quelques événements historiques on a du mal à saisir le sens et les intentions réelles imputables à des Sujets, en analysant les mesures de formations, de réforme, de régulation, de fiscalisation, de réglementations, de promotion de normes dans les champs multiples des pratiques consuméristes et productives, alors on devrait pouvoir déceler quelques desseins assez bien identifiables. Pourquoi s’adapte-t-on et surtout quel sens accorder à un type donné d’adaptation, que celui-ci soit le fait d’un individu ou mieux encore d’un Etat et d’une population. A quoi cela sert ? Qui en tire profit et intérêt ? En cette matière, rien n’est neutre ni gratuit. Un bénéfice est obligatoirement escompté de cette praxis qui est mûrement réfléchie, pensée, conçue, délibérée, décidée en dernier ressort. S’il est un champ où l’homme se positionne comme être voué à choisir, c’est l’adaptation. Mais l’accommodation fait si bien les choses que ces choix passent à l’arrière plan. Et alors on se dit qu’on n’a pas le choix. C’est peut-être vrai après tout, sur le plan général, on suit la modernisation un peu comme un animal obéit à son instinct. Quelque part, le progrès moderne s’accompagne d’une perte par l’homme de certaines facultés qui naguère, le plaçaient comme un Sujet émancipé, un Sujet en état de majorité comme disait si bien Kant, formulant cette maxime symbole du tournant des Lumières « aies le courage de te servir de ton entendement ! ».

Mais dispose-t-on encore d’un entendement en ce monde sur-informé et terriblement complexe. Ne pourrait-on dire : « apprends à entendre, tu deviens peu à peu affecté de surdité intellectuelle ! ». La darwinanalyse serait alors une méthode pour discerner le sens et le pourquoi des mesures que l’on nous propose ou pire, nous impose, souvent au nom de notre propre intérêt revendiqué par d’autres que nous. La formule suivante en dit long : « Les Français attendent... ceci, cela... ».

Comment élaborer la darwin-analyse et quel est son sens ontologique ?

La Daseinanalyse se conçoit comme une analyse de l’existence vécue et éprouvée par une conscience dans un corps renvoie à la troisième hypostase, celle de l’âme. Mais pas l’âme en tant que sujet autonome. La modernité impose de concevoir les influences réciproques entre hypostases si bien que l’être de la conscience se fond sans se confondre avec l’être du monde ambiant, autrement dit la chair-monde. Et de cet entrelacs conscience/monde découle une possibilité d’analyse qui, ayant échoué pour remplir les objectifs assignés par Heidegger (accéder au sens de l’Etre), se présente comme digne d’intérêt pour comprendre la situation psychique d’un sujet dans toute sa dimension. Autant dire qu’on s’est déplacé des cimes de la philosophie (éclaircir l’être) pour pénétrer dans l’abîme du sujet (spéléologie de soi-même).

 

La Darwinanalyse serait alors le point de vue complémentaire issue d’une photographie analytique du monde, de l’action, des expressions formatées, réglées et régulée, bref, les différentes manifestations reposant sur la quatrième hypostase, celle de la matière et des milieux techniques, adaptés et opératoires. La darwinanalyse tente d’élucider les causes faisant que, premièrement, on désire ou on veut s’adapter à un environnement avec les contraintes et les efforts que cela nécessite ; deuxièmement à l’inverse, on refuse de s’adapter, parce que l’effort est jugé trop intense, voire vain eu égard aux bénéfices escomptés, voire enfin carrément inutile.

L’adaptation en société serait en quelque sorte un moyen de répandre les innovations et les transformations, mais trop d’adaptation serait antagoniste vis-à-vis des inventions futures. Le nouveau constituerait une perturbation de grande amplitude face au présent et son fonctionnement en vitesse de croisière, mais s’il permet de monter la puissance, alors il est bien accepté. La tradition et l’ancien représentent aussi un frein à l’efficacité. Quelque part, on pourrait voir dans le réformisme forcené non pas la marque d’un progrès mais le lieu de confrontation entre deux forces défendant des intérêts opposés. D’un côté, le maintien d’une situation acquise et de l’autre le souci de modifier une configuration qui exerce une sorte de friction vis-à-vis d’un objectif qui n’est autre que la croissance. Et comme il n’y a pas une mais des secteurs de croissance, alors le système impose des adaptations sectorielles, des couplages et des branchements organisés en réseaux car sans interfaces bien ajustées, un secteur ne peut croître. Nul ne peut prospérer matériellement sans prendre souci de s’adapter aux différentes fonctionnalités techniques du système économique. En fin de compte la darwin-analyse ne nous apprend rien de nouveau. Dans son acception première elle n’est qu’une redite des sciences économiques. Elle permet de mettre en relation les moyens observés et les fins projetées par la classe qui est aux commandes. Est-ce bien utile au citoyen ? Il s’adapte lui aussi et tire son épingle du jeu... jeu où du reste, il y a un nombre substantiel de perdant, de laissés pour compte, on va dire d’inadaptés.

La deuxième acception de la Darwinanalyse concerne la sociologie. A travers les normes et les modes, le désir de se fondre dans l’air du temps, de jouer les caméléons, réponds au souci d’être en sécurité face à l’inquiétude de l’existence singulière, sous le regard des autres ou bien le miroir de sa propre conscience prête à lancer cet anathème : pourquoi es-tu différent des autres ? A l’inverse, une minorité d’individus tentent d’échapper au mimétisme contemporain et font tout pour se faire remarquer. Si c’est pour écrire de telles banalités, la Darwinanalyse ne présente aucun intérêt.

Mais n’il y a-t-il pas un usage disons plus ontologique de la darwin-analyse. L’homme s’adapte au système et le système le lui rend bien en redoublant la pression, exerçant par ce biais une forme très actuelle de servitude volontaire. Il faut dire que de nos jours, la servile adaptation impose un dévouement corps et âme, avec accessoires et postures obligatoires. L’individu doit être compatible, voire même rigide. Rien de neuf depuis l’époque des contremaîtres, sauf le look. Finie la blouse grise. L’Homme est devenu pour une part un moyen. Pour quel enjeu, quel est l’horizon social à qui profite de deal adaptatif ? Certes, le progrès technologique est indubitable mais il se fait en canalisant le formatage humain dans un sens précis, au détriment d’une autre orientation, spirituelle ? Ethique ?

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Nous y voilà. Au cœur du projet moderne occidental. Deux ordres et un écart sans cesse accentué, puis réduit. Dans son traité sur l’efficience, François Julien a très bien explicité ce schéma hérité de la pensée grecque et notamment d’Aristote. La gestion des moyens et des fins repose sur deux facultés bien distinctes, mais toutes deux propres à l’être humain.

Premièrement, la volonté entendue comme faculté de désirer le bien fixe les finalités à laquelle doit être subordonnée en principe la praxis. Celle-ci relève de l’ordre des moyens. Et donc deuxièmement, la faculté de choisir et de délibérer permet de spécifier quels seront les moyens adéquats mis en œuvre, étant entendu que c’est l’efficacité qui sert de critère.

On voit se dessiner cette ligne de partage entre (A) le point de vue qu’on dira éthique, celui des finalités, des délibérations de l’individu en position de maître d’ouvrage, qui réfléchit sur la qualité morale des fins poursuivies. Ceci est-il bon pour l’homme, pour la cité ? A cela, on pourrait ajouter aussi les qualités esthétiques lorsqu’il s’agit d’un artiste qui juge des fins souhaitées, le beau et dans une configuration plus moderne, le sens, l’émotion esthétique, l’intensité, l’impact de l’œuvre ; et (B) le point de vue technique. La qualité des moyens, en terme de choix réfléchi, raisonné, portant à la fois sur le type de moyen et sur l’efficacité qu’on escompte. Il est évident que la délibération sur les moyens ne fait pas entrer en ligne de compte les questions morales. Certes, des hommes peuvent être utilisés comme outils dans la mise en œuvre des moyens, mais comme les fins voulues sont pensée comme étant bonnes, collectivement s’entend, alors la fin bonne justifie des moyens contestables s’ils étaient utilisés dans un autre contexte. Par exemple, tuer un homme gratuitement ou se faire tuer est condamnable, mais si c’est dans le contexte du guerre, alors ce même acte est entendu autrement car la finalité reste la sécurité de la cité qui pour son bien, doit se défendre contre ses ennemis.

La pensée antique témoigne ainsi d’un pragmatisme éthique, et sera suivie par la pensée médiévale sous l’égide du christianisme. La question des fins reste cruciale, sauf que ces fins sont repoussées dans un temps indéfini et dépendent d’une guest star assez spéciale, Dieu. Cela n’empêche pas de poursuivre des fins dans le royaume temporel. Même sous le pouvoir de Dieu, l’homme n’en reste pas moins épris de gloire et intéressé par le luxe.

Notre époque est celle de la division/articulation des fins dans un monde hypercomplexe fait de technologie et de quête de profit. De plus en plus, les processus adaptatifs se développent, imposés par l’individu ou par les règles du système. Partant de ce constat, la Darwinanalyse identifie au travers de ces mécanismes le signe d’une humanité aux désirs grandissants, cernant avec précision les sources et motifs de ces intentions désirantes, derrière lesquelles se situent des intentions de profit, de satisfaction. Comme disait Deleuze, le monde est devenu une machine désirante. Et le capitalisme, un système qui doit son salut à la nature humaine, issue de la matière, et flexible autant que malléable pour les maîtres du système d’exploitation.


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13 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 22 mai 2007 14:16

    Belle et profonde analyse... qui me donne envie de parler d’inadaptation, d’activité, de passivité et de leurs rapports dialectiques, et ce sur le plan social (mais on pourrait appliquer cette dialectique à d’autres domaines).

    Toute société secrète ses adaptés et ses inadaptés. Les premiers se caractérisent par leur adhésion consciente ou inconsciente au consensus normatif dominant, les seconds par leur rejet ou leur impuissance à opérer cette adhésion.

    C’est là qu’interviennent les notions d’activité et de passivité.

    Les adaptés actifs, généralement une minorité, non seulement acceptent le consensus normatif dominant, mais s’y insèrent d’une manière créative, en amenant leur pierre à l’édifice collectif, et éventuellement en étant aux avant-postes pour faire évoluer ce consensus de l’intérieur.

    Les adaptés passifs, eux, se contentent de souscrire au consensus normatif dominant parce que c’est pour eux la solution la plus facile, mainstream & co. Ce sont les monsieur-tout-le-monde plus ou moins invertébrés, fruits dociles et méritants de leur milieu et de leur époque. Ils nourrissent secrètement la peur panique de se retrouver de l’autre côté de la frontière qui sépare les adaptés vainqueurs des inadaptés-vaincus, autrement dit de tomber dans la catégorie suivante :

    Les inadaptés passifs, lesquels, soit pour des raisons personnelles (manque de talent ou d’intelligence, etc.) ou extrapersonnelles (conditionnements génétique, social, culturel, familial, économiques) ne parviennent pas à adhérer au consensus normatif dominant et à s’y faire valoir. Ce sont les pauvres, les parias, les losers, les ratés, les exploités, les exclus... qui dans leurs rêves les plus fous ne songent qu’à parvenir à faire partie de la catégorie précédente.

    Et puis il y a les inadaptés actifs. Ceux-là sont tout simplement opposés au consensus normatif dominant de leur milieu et de leur époque. Ils y sont opposés parce qu’ils sont porteurs d’autres valeurs inintégrables dans l’ici-et-maintenant, valeurs soit réactionnaires, soit révolutionnaires, valeurs ancrées soit dans un passé qu’ils veulent ressusciter, soit dans un avenir dont ils sot les guetteurs, soit dans un autre présent ; de toute façons ils sont profondément inactuels, puisque l’adaptation commande de négocier avec l’actuel. Tout en étant ultra-minoritaires, ils peuvent avoir raison contre le consensus dominant auquel il s’opposent résolument ou qui les indiffèrent absolument, selon les tempéraments et les circonstances.

    Ce sont souvent eux les vrais découvreurs. Comme par exemple Henri Laborit qui écrivait : “Etre bien dans sa peau, c’est forcément entrer en conflit avec le milieu social. Quant on ne peut pas s’adapter aux autres, il ne reste que la fuite : c’est la seule chance de survivre. En fuyant, on peut rester soi-même, et jouer avec son imaginaire”.

    Bref soyons des inadaptés actifs dans cette société complètement dingue et malade...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 mai 2007 17:56

      Intelligent commentaire Marsu,

      Cette distinction entre adapté actif et inadapté actif renvoie, selon ma compréhension, à la différence entre le Monarque et l’Anarque (lire Eumeswil ou alors le traité du rebelle de Jünger). L’inadapté actif est en fait adapté à lui-même, sculpté librement, et peut-être suradapté par rapport à des normes sociales qui elles, sont propagé par le Monarque moderne (Sarko en est un exemple) qui façonne ses citoyens au service d’une efficacité...

      Bref, tout un programme entre socio, philo, anthropo


    • Marsupilami Marsupilami 22 mai 2007 19:33

      @ Bernard

      C’est exactement ça. L’inadapté actif est un suradapté d’une autre temporalité.

      Et merde...


    • Marie Pierre 22 mai 2007 23:21

      @ Bernard et Marsu,

      Merci à vous deux pour vos analyses, très brillantes. Je reste très pessimiste : verra-t-on l’être humain certifié ISO XXX, on y tend... hélas. Je m’y refuse, je garde toujours la lueur qui me guide, une lueur libertaire, une lueur de rébellion quels que soient ceux qui nous dirigent. Je reconnais que c’est de plus en plus difficile car nous entrons dans une ère de formatage, ère du connement correct où tout est légiféré, suspecté d’outrage envers telle ou telle catégorie d’individus qui s’est empressée de se regrouper et de se labelliser pour se protéger

      Je ne veux pas de la certification ISO, je veux rester libre de mes mots, libre de me foutre de qui j’ai envie.

      Combien de poètes seraient forcés au silence aujourd’hui ? Car l’adaptation va à une mise aux normes généralisée, ne tolérant même plus ce que tu appelles, Marsu, à juste titre, les inadaptés actifs. Ces derniers étant considérés non plus comme marginaux, plus ou moins sympas, mais comme des hors la loi, justifiant les poursuites pénales à leur encontre.


    • Marsupilami Marsupilami 23 mai 2007 10:30

      @ Marie Pierre

      D’accord avec toi. Mon analyse est structurelle, en ce sens qu’elle peut s’adapter (ouaf !) à toutes les sociétés. On peut la pondérer en y introduisant différents dosages entre ces quatre catégories. Dans nos sociétés postmodernes de l’image, du formatage techno-matérialiste et du vide spirituel, le poids du consensus normatif devient écrasant (comme il l’était d’ailleurs à l’ère religieuse, mais sans l’espace du sacré cette fois). Les adaptés passifs deviennent des clones individualistes moutonniers et consuméristes happés et formatés par le matraquage publicitaire-télévisuel. Les inadaptés passifs morflent très salement. Quant aux inadaptés actifs (poètes, chercheurs, penseurs marginaux, créateurs hors-normes, porteurs de visions du monde radicalement étranges et dérangeantes), ils ont intérêt à être très très résistants en ces temps d’uniformisation mondialisée et de techno-formatage.

      Mais comme dit Laborit, la désadaptation est le seul moyen de sauver sa peau et son âme et de conserver sa liberté d’esprit.


    • aquad69 22 mai 2007 15:04

      Bonjour, Bernard et Marsu,

      à vous lire, et ce depuis un certain temps, j’ai l’impression de discerner en vous une contradiction :

      D’un côté vous ne remettez pas en question la modernité de notre Monde, l’occident technique et ses concepts philosophiques matérialistes en est le centre et doit le rester, et de l’autre vous parlez de « société complètement dingue et malade », ou alors vous regrettez « une autre orientation, spirituelle ? Ethique ? »

      Soyons cohérents : si le progrès est une grande et belle chose, et si les anciennes cultures traditionnelles ne doivent pas être prises au sérieux car nous avons aujourd’hui trouvé mieux, alors nous vivons actuellement, d’ores et déjà dans une société fondée sur la science, cad sur un savoir supérieur à tout ce qui a existé auparavant sur cette planète.

      Nous habitons dans la société la plus parfaîte que jamais, et nous sommes donc plus heureux, plus épanouis, plus dignes et plus lucides que tous nos ancêtres !

      Alors, pourquoi ce spleen ?

      De toute façon, l’évolution et les scientifiques nous enseignent que, comme n’importe quel animal, toute la vocation humaine se résumerait à la transmission de nos gènes, et que tout notre génie trouverait sa source dans la psychologie des singes Bonobos...

      Pas de quoi faire un fromage de la vérité humaine, donc ; pourquoi garder encore de vieilles choses comme les cathédrales et les temples du monde ? Nous ferions mieux de les raser, et de les transformer en camping avec animations...

      Et pourquoi râler contre le sécuritaire génétique ? C’est tellement plus efficace...

      Cordialement Thierry


      • Marsupilami Marsupilami 22 mai 2007 15:27

        @ Aquad69

        Ouaf ! Ouais, bourré de contradictions que je suis, ça évite la pensée unique... D’ailleurs mon Mac fonctionne à la bougie de cire et c’est une posture typique d’inadapté grincheux et pas reconnaissant que d’écrire des trucs pareil avec un ordi, produit glorieux de la technoscience matérialiste sans âme.

        « Pourquoi garder encore de vieilles choses comme les cathédrales et les temples du monde ? Nous ferions mieux de les raser, et de les transformer en camping avec animations... », dis-tu.

        Pas d’accord. Ça rapporterait pas assez. Raser tout ça et les transformer en gigantesques centres commerciaux avec laboratoires intégrés d’invention de gadgets techno inutiles et polluants, plutôt. Faut être adapté-moderne !


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 mai 2007 18:00

        Contradiction ? Et pourquoi pas dans un sens hégélien. Une contradiction qui ferait évoluer la donne technique, normative et politicienne, vers un usage spirituel de la technique. Dans mon billet, je parle d’adaptation dans un sens qui dépasse la biologie et la technique, l’adaptation comme un phénomène voulu et ordonné par les directeurs de la société. Je ne crois pas que cela apporte un bonheur, du moins généralisé.


      • aquad69 23 mai 2007 09:29

        Bonjour Bernard,

        là-dessus, je suis bien d’accord avec vous...

        Thierry


      • erdar 22 mai 2007 16:43

        Bonjour Professeur Dugué,

        Tout d’abord je tiens à préciser que le contenu est lourd mais rempli de reflexions pertinentes.

        J’avais déjà réflechi sur le théme de l’adaptation mais pas dans votre sens. Etant issu de l’immigration première génération, je me suis posé la question suivante qu’elle est ma limite d’adaptation sans être assimilé ?

        Il y a manifestement un problème de cet ordre lorsque l’on aborde cette idée d’adaptation. Comme vous l’aurez compris, je ne suis pas du genre à oeuvrer dans le sens de l’assimilation et pour cause, je pense qu’un être essayant de devenir une autre personne se ment à lui même et refoule par la même occasion la nature de sa propre existence. Autant dire qu’il y a un déséquilibre psychique et mental lorsqu’une personne à la volonté de s’approprier une identité qui n’est résoluement pas la sienne, dans tous les cas le constat en ce qui me concerne est de ne pas être un français assimilé ? Au passage, cela me fait bien rire le ministère de l’immigration et de l’assimilation nationale smiley .... N’oublions pas que la laïcité respecte les croyances et ceux qui prônent l’assimilation sont de nature anti-républicaine, peut être que la france n’a jamais été républicaine, c’est à suivre...

        Pour revenir à la théorie de l’évolution (darwinanalyse) , il y en a une qui me paraît plus adéquate que l’autre. Je pense à celle de l’évolution par palier. En effet si l’on prend cette hypothèse, il y a un mécanisme d’attente ou d’inertie qui s’impose, donc plus d’adaptation en vue. Donc si l’on va dans ce sens la marche d’adaptation motivé par le pragmatisme a sa limite, et pour revenir à la situation des inadaptés tout est en place pour éviter leur adaptation et ainsi garder une suprématie ou un avantage sur les groupes inadaptés. Imaginez un peuple adapté à tout faire, comment résorber les tâches nécessaires pour le bon fonctionnement du peuple qui sont bien sûr inadaptés à leur adaptation ?

        Et donc nous constatons qu’il y a dans la volonté d’adaptation un conflit d’intérêt concernant le pouvoir (de l’argent en l’occurence) et un conflit de vérité concernant ses croyances. Alors que le pragmatique oeuvre pour ses intérêts et dans ce cas, adapte sa croyance (mais la question est jusqu’où ?).

        Pour finir sur une meilleure note, je tennais à préciser que le pragmatisme est différent selon son environnement, c’est à dire qu’une persone franco-française à sa vérité et ses traditions et donc bien ancrées à sa vérité tandis qu’un humaniste (je sais c’est ringard par les temps qui courrent) n’a pas le même pragmatisme car oeuvrant dans le respect des valeurs différentes de la sienne.

        cordialement

        Erdal


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 mai 2007 18:05

          Merci pour cette réflexion accompagnée de témoignage.

          Il se pourrait qu’il y ait un léger contresens en parlant de darwinanalyse. Ce néologisme a été calqué sur la daseinanalyse de Binswanger.

          la darwinanalyse étudie les phénomènes d’ajustement et d’adaptation dans les sociétés. C’est d’actualité, très actuel, avec la politique qu’on nous promet mais aussi telle qu’elle a été préparée, ne serait-ce qu’avec ce néologisme d’employabilité, un maître mot dans le lexique de la darwinalyse.

          l’employabilité, c’est un peu le pendant de la compatibilité entre matériel technique, ex. Disque dur, carte mère, graphique, processus, Ram


        • prgrokrouk 22 mai 2007 19:34

          Le spécimen évolue par adaptation en exprimant ses possibles (imaginons un instant une épidémie qui emporte une majorité d’individus biologiques présents sur le site, à l’exception du PrGroKrouk : ses possibilités spécifiques originales lui auraient donné un avantage insoupçonné qui passait pour un désavantage réputé). C’est de toute évidence parfaitement impossible. Voyons donc pourquoi.

          1°) Qui est l’individu sujet à Exister ?

          Le spécimen ne représente pas l’espèce, puisqu’il est concurrent parmi d’autres spécimens, et concurrents d’individus de toutes espèces dans la vie en un environnement limité. Et c’est à ce point précis qu’il existe, alors qu’il n’est pas particulièrement spécifique, mais qu’il introduit une génération inédite, par exemple un livre, une cocotte en papier.

          Vu à travers toutes les autres déterminations, il n’est (ou je ne suis rien) que la terminaison de genre parmi son (mon) espèce. Alors ma santé intéresse un commerce (d’esclave ou d’organes, ou de « Travail ») plutôt que la médecine libérale libre d’accès et payante à 25€ disons...

          2°) L’environnement

          L’environnement présente des aspects qu’on décrit par une chaîne alimentaire en montrant combien chaque espèce est bien à sa place dans ce grand tout, et combien l’équilibre de cet ensemble, dynamique, est tourné vers une durée dépassant celle d’une partie des espèces (qui participent à son entretien et à sa diversité), et très au-delà, bien sûr, de l’échelle individuelle du composant hasardeux d’une espèce particulière.

          3°) L’évolutionnisme bien compris et son piège

          Dans une catégorie de vivants, le spécimen, cette terminaison, représente paradoxalement tout l’avenir, car il (ou elle aussi) assure la perpétuation du groupe ou de la tribu. Le biologiste Bolk rapprochait la durée de la période infantile de dépendance et d’élevage pour définir l’évolution avec une insistance nouvelle. Ce rapprochement est porteur d’un sens particulier quant à la validité de la théorie de l’évolution. Cette longueur de l’enfance, croissante avec le degré de développement encéphalique chez les mammifères, décrit par une incidence imprévue, négativement, un empire contraire à l’évolution, où l’on n’a pas ou plus à atteindre un âge adulte et pas de nécessité particulière de se reproduire, vu le nombre de possibilités potentielles. Cette situation « existe » dans d’autres types d’organisations vivantes. Les insectes.

          Nous voyons devant nous TOUT. Tout, sauf un monde. De sorte que s’adapter à RIEN, correspond surtout à la perte d’une possibilité d’adaptation de plus... de manière à exposer davantage d’individus à une mort déshumanisée et statistique qui sert un dessein spécifique de vie... mais pas celui que l’humanité avait incarné.

          Le mimétisme insecte caractérise les avancées de la mondialisation. En effet, les solutions vivantes ne sont pas infinies à partir de quelques acides sur une molécule spéciale dont je partage à 90% l’essence, avec une mouche. Ce type d’organisation spécifique est parfaitement programmable par les appareils administratifs (et sans cheminées nauséeuses) de la Technique.

          4°) L’existence, donnons lui une parole

          L’existence représente une terminaison vouée à la mort. L’existence est ce qui appartient à l’individu qui n’est plus déterminé par un but spécifique. Elle est particulièrement visée, et avec elle, la liberté et la vie privée de nos jours et dans le pays qui illustre le plus et le plus profondément une bataille préhistorique, antique, contre l’âge de Fer dont parlent les mythologies et les cosmologies. La Révolution française exprime aussi l’humanisme, encore, à la face d’une mondialisation qui involue. Je dis bien, qui INvolue. Il n’y a qu’à voir le degré de la critique, rien qu’ici, où tout le monde est allé à l’université ou équivalent... vous ne trouvez pas ça étrangement proche de phénomènes mimétiques à la René Girard (des « trois courants » d’opinion, s’il vous plaît !!! ...) ?

          Pour moi, la preuve en est dans le recul de millions en millions d’années pour apercevoir l’homme dans son état initial : il a vécu essentiellement à l’écart de la parole, du langage, et de l’Humanité. Donc il pourrait se rapprocher de formes de « communautarismes » et de « techno-bureaucraties » qu’on fait apparaître comme du miracle alors que cela représente une sorte de jugement dernier que l’humanité porte contre chacun de nous. Et qu’il est curieusement stérile de le dire, même.

          L’image d’Aristote sur le Caméléon, est très surprennante à moins qu’on ai bien lu ce que j’ai mis. Il me semble qu’il dénigrait aussi les sophistes, qui, voulant désigner un cheval, pouvait bien décrire un âne. Et comme je dis souvent moi-même : tout se ressemble, mais rien n’est pareil !

          Je serais donc partisan d’une moindre complexité de votre exposition, qui me semble prisonnière de bien des leurres. Ockham, venant en pensée à votre secours.


          • Boileau419 Boileau419 23 mai 2007 07:58

            Que signifie être adapté d’abord ?

            La notion est tellement vague et tellement difficile à mesurer que les tenants du (néo)darwinisme se rabattent sur la capacité à laisser une descendance. Les espèces adaptées sont celles qui laissent plus de survivants que les autres. Autrement dit, les survivants survivent ! On appréciera la profondeur...

            La sélection naturelle ne s’exerce qu’après les variations bénéfiques sans les expliquer le moins du monde. Là, c’est le règne du dieu Hazar. Le Hazar est grand et Darwin/ Dawkins sont ses prophètes !

            Le problème, c’est qu’aucune mutation fortuite n’a jamais abouti à un saut qualitatif. Même les espèces qui mutent souvent comme certaines mouches de laboratoire, n’acquièrent rien de vraiment révolutionnaire par ces changements. Bref, l’idée que les variations seraient dues à des modifications accidentelles du génome est une théorie qui n’a reçu aucune confirmation expérimentale jusqu’ici. Elle paraît hautement improbabble à tout esprit sans oeillères.

            A tout prendre, l’idée d’une Intelligence personnelle ou non comme source et vie de l’Univers paraît plus plausible et sûrment plus satisfaisante intellectuellement et émotionnellement.

            Enfin, la sélection ne peut aboutir qu’à éliminer, donc à réduire le nombre des espèces (ça se voit bien dans le domaine économique). Par conséquent, la théorie étriquée et bancale de Darwin, qui est dans son essence même une doctrine profondément fasciste, ne peut en aucun cas expliquer l’extraordinaire abondance de formes de vie sur la Terre.

            Lire le bouquin de Rémy Chauvin sur Darwin.

            http://www.biblisem.net/historia/chaudarw.htm

            Pour ceux qui savent l’anglais, le journaliste scientifique Richard Milton a un très bon site où il montre la faillite du darwinisme :

            http://www.alternativescience.com/

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