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Fragilité économique de Web 2.0

La récente Web 2.0-Expo marque une étape dans la maturation de ce mouvement à la mode. Marquée par la participation de près de 15.000 personnes (payantes), elle montre que la tendance s’étend hors du cercle restreint des “early adopters” prêts à essayer tout ce qui porte le sceau “new“.

Elle est aussi, et pour ces mêmes raisons, l’occasion de se demander ce qui va se passer maintenant, notamment en termes économiques.

La première question posée (elle est récurrente) est de savoir si nous sommes dans une bulle. Les corollaires étant qu’elle devrait éclater un jour et qu’on aimerait bien savoir quand.

C’est l’opinion du célèbre chroniqueur John Dvorak pour qui la Web 2.0-Expo qui s’est tenue à San Francisco fin avril a été marquée “par des sessions dans lesquelles on ne parlait que d’exit strategies”. Une stratégie prévoyant de revendre l’entreprise vite plutôt que de la développer. Un signe inquiétant comme l’indique le titre de son article : “Web 2.0 donne déjà des signes d’^etre une bulle 2.0 “.

Très critique de Web 2.0, l’analyste et prévisionniste Mark Anderson ne croit pas qu’il s’agit d’une bulle sur le point d’éclater. Les "capital risqueurs" diversifient leurs investissements et les start-up se lancent aujourd’hui avec beaucoup moins d’argent qu’il y a dix ans. Mais il est convaincu que la plupart des milliers de boîtes qui se lancent finiront très vite au cimetière des illusions perdues comme toujours après l’euphorie d’un nouveau marché.

A ceux qui s’interrogent sur l’efficacité d’un tel modèle, les humoristes répondent que ça fonctionne exactement avec le même degré d’efficacité que les spermatozoïdes, qui ont fait leurs preuves.

Quant, au fond, Anderson constate que “l’argent de la publicité est le seul argent nouveau” depuis 2000, Il l’a écrit dans sa newsletter Strategic News Service (payante) du 20 avril. Et Google, dont John Battelle a dit lors de la Web 2.0 Expo qu’elle est “l’oxygène” du mouvement, n’a en fait qu’une seule source de revenus : l’argent de la pub. “En d’autres termes, les gens ne payent pas pour toutes ces nouvelles choses qui brillent, c’est la pub qui paye”.

Il n’y a donc que deux stratégies pour les entrepreneurs : “monétiser le trafic (eyeballs) ou vendre à ceux qui peuvent le faire”. Ils ne peuvent obtenir de l’argent que d’entreprises susceptibles de les acquérir. Cela donne, selon Anderson, des “sociétés à sept clients”. Car il faut ajouter à cela que 80% environ de l’argent mobilisé par la pub va aux dix sites les mieux placés (dont plusieurs sont différents visages d’une même entreprise).

En gros, tout ce nouveau Web 2.0 qui fascine de plus en plus de gens est hyperfragile.

Nous verrons demain qu’il y a aussi des sources d’espoir, même dans le domaine économique.

A suivre ?

par Francis Pisani (son site) lundi 7 mai 2007 - 4 réactions
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