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Accueil du site > Actualités > Technologies > Free et le libéralisme

Free et le libéralisme

Une fois de plus le buzz a parlé. Pas besoin de larges placards publicitaires précédant un lancement, vous laissez planer le doute pendant des mois, vous entretenez une apparente difficulté à réaliser une promesse et vous organisez le show dévoilant la promesse tenue et au-delà ...

Vous êtes en plein dans le super buzz et tous les médias sont à vos pieds ou presque. Certes il en demeure qui doutent et commencent immédiatement à répandre le fiel de la supercherie ou coupent les cheveux en quatre, mais globalement l'effet est tonitruant. C'est bien à ce remue-ménage qu'est parvenu Xavier Niel, le patron de free en dévoilant hier au cours d'un meeting à la Steve Jobs les conditions de son arrivée sur le marché de la téléphonie mobile. Rarement l'arrivée d'un nouvel acteur sur le marché aura bénéficié d'un tel retentissement médiatique.

Nombreux sont ceux qui avaient suivi la saga de l'obtention de licence, celle du 4ème opérateur, puis le secret bien gardé et la longue attente ont fait le reste pour arriver au résultat d'hier. L'acquisition de la licence ne fut pas rien, certains prétendent, sans doute à juste titre, que le patron de free bien placé auprès de Nicolas Sarkozy, n'a pas ménagé ses relations privilégiées ? C'est aussi aller rapidement en besogne quand on écoute les mêmes nous chanter l'idylle présidentielle avec Bouygues. Ce dernier ne voit pas obligatoirement d'un bon œil l'arrivée d'une concurrence gênante. Au bout du compte, l'offre de free est assez révolutionnaire, en particulier son mini-forfait à 2 euros pour les plus modestes. Quand on connaît l'importance exagérée de cette nouvelle forme de vie sociale représentée par le mobile, les SMS, MMS et autres gadgets, en particulier chez les plus jeunes, on est obligé de reconnaître que Xavier Niel vient de faire en quelques minutes beaucoup plus pour le pouvoir d'achat que bon nombre de Cassandre. C'est en tous les cas "démocratiser l'usage du GSM et lutter contre la fracture numérique" tant évoquée. "Pourquoi direz-vous un tel intérêt autour de Free Mobile ? La réponse est peut-être à chercher du côté de ces foyers qui en viennent à réduire le budget alimentation ou vêtement pour maintenir les dépenses en téléphone portable." C'est ainsi ! La stimulation de la compétition dans le téléphone mobile n'est pas un luxe, en France. Les trois autres s'épargnaient, pratiquant le plus souvent une concurrence limitée souvent difficile à distinguer réellement . Au travers de forfaits "multiples et variés" souvent relativement incompréhensibles, les 3 premiers mastodontes dégageaient des marges importantes : une pseudo concurrence pas toujours en rapport avec le "qualité-prix" satisfaisant pour les clients. Nous mesurerons dans les mois qui viennent la réalité des bénéfices jusque-là engrangés par les "classiques" à l'aune des ajustements à la baisse qu'ils ne vont pas manquer de proposer. Xavier Niel est tout sauf un pauvre, c'est la 3ème fortune de France. Il est originaire d'une famille modeste et il a eu le génie de deviner les évolutions de la demande de ces "modestes" en ajustant son offre à cette demande, en violant parfois la "loi du milieu". Il est urgent d'attendre encore un peu avant de crier victoire, mais c'est aussi une manière de démontrer que le libéralisme n'a pas que du mauvais. C'est tellement rare de pouvoir le faire qu'il ne faut pas s'en priver quand il y a matière.

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10 réactions à cet article    


  • jeanpaul01fr 11 janvier 2012 13:08

    L’article est très juste. Mais de là à parler de libéralisme bénéfique, il y a un pas que je ne franchirai pas...


    • Xtf17 xtf17 11 janvier 2012 17:41

      Exactement.
      Pour rappel :
      Le libéralisme est un mode de répartition des richesses (par la loi du marché).
      Le capitalisme est un mode de production des richesses (par la possession d’un capital).

      Ces deux concepts ont chacun leurs excès dans lesquels l’humain n’est qu’au service de l’économie, et non le contraire : l’ultra-libéralisme, et le capitalisme accumulatif financier, notamment transnational.

      Nos malheurs sociaux résultent d’abord du fonctionnement libéral : la loi du marché ne pouvant par définition pas être humaine, puisque vous, moi, n’avons aucun pouvoir dessus.

      Mais alors que la propriété privée est fondée sur le travail personnel, la propriété capitaliste est fondée sur le travail d’autrui. Il y a donc une différence fondamentale en termes de projets et d’enrôlements.

      Pour s’installer et se reproduire, la propriété capitaliste doit justement anéantir la propriété privée basée sur le travail personnel, à l’aide de deux mécanismes.
      • Le premier mécanisme est le déclencheur : l’expropriation du peuple travailleur et l’appropriation des richesses produites (vol, imposition, libéralisme…). Ce mécanisme s’est mis en place progressivement depuis plusieurs siècles et a permis de concentrer les terres puis les capitaux entre les mains de quelques-uns. Difficile de revenir en arrière aujourd’hui.
      • Le second mécanisme est un mécanisme d’auto-entretien : l’exploitation du travail d’autrui, autrement dit le salariat, combiné au libéralisme qui oriente la répartition des richesse produites.

      Et l’évolution du capitalisme allant dans le sens de sa concentration entre quelques mains, et de sa mondialisation, elle entrelace tous les peuples dans la dépendance au réseau du marché universel. Cette exploitation empêche alors chacun de reprendre la propriété privée de son travail.

      Seuls les propriétaires capitalistes, les détenteurs du pouvoir, décident aujourd’hui comment répartir les richesses. La boucle est bouclée et le système s’auto-entretien.

      A venir, un article sur comment chacun à son échelle peut enrayer le système, sur le principe de Gulliver, les micro-résistances aux micro-tyrannies quotidiennes (pour les impatients voir les développements faits par Michel Onfray sur la question).


    • SysATI 11 janvier 2012 13:18

      « Nombreux sont ceux qui avaient suivi la saga de l’obtention de licence, celle du 4ème opérateur, puis le secret bien gardé et la longue attente ont fait le reste pour arriver au résultat d’hier. L’acquisition de la licence ne fut pas rien, certains prétendent, sans doute à juste titre, que le patron de free bien placé auprès de Nicolas Sarkozy, n’a pas ménagé ses relations privilégiées ? »


      Niels et Sarkozy copains ? Vérifie tes sources car c’est plutôt l’inverse et de très loin....

      Sarkozy à tout fait pour empêcher Free d’obtenir la 4eme licence (normal, c’est un copain de Martin Bouygues) et également tout fait pour éviter qu’il puisse reprendre Le Monde qui était en faillite.



      • ObjectifObjectif 11 janvier 2012 13:19

        Le vrai problème est le détournement du mot « libéralisme » par une oligarchie, alimentée par le détournement de la création monétaire par les banquiers privés, qui s’attribuent les crédits entre eux (80% des crédits des 3 banques islandaises étaient accordés aux propriétaires des banques...), qui sont au courant de tous les projets industriels innovants (car les entrepreneurs doivent tout dévoiler quand ils demandent... un crédit), qui les achètent avec leur crédits en les enterrant s’ils dérangent, qui se partagent les marchés, qui contrôlent les médias et financent les campagnes électorales. Et ils appellent cela « libéralisme » ?

        La seule originalité de Xavier Niel, c’est qu’il peut financer ses passions.

        Le plus surprenant, c’est qu’il soit encore vivant, sans cancer...


        • John_John John_John 11 janvier 2012 13:44

          C’est ainsi que le libéralisme devrait tout le temps fonctionner si l’Etat ne mettait pas des bâtons dans les roues des entrepreneurs... Les oligarques n’existent que grâce à leur collusion avec le pouvoir étatique, sur un marché libre ils se feraient bouffer par la concurrence comme Free qui remet en cause l’oligopole Orange-SFR-Bouygues. Mais les thuriféraires de l’etat-nounou n’ont pas fini de vouer un culte à leurs vieilles lunes socialistes, avec des opposants aussi bêtes les oligarques ont encore de beaux jours devant eux.


          • Scual 11 janvier 2012 14:09

            Dans un capitalisme bien réglementé et surveillé, tout les acteurs seraient obligé d’agir de manière bénéfique à la société...


            • Micka FRENCH Micka FRENCH 11 janvier 2012 16:32

              Des nouvelles de l’Ecossaise...

              Et ne ratons pas la semaine prochaine l’offre illimitée d’EDF-AREVA et de Carrefour-Auchan-Leclerc...

              Micka FRENCH sur le Web....
              http://mickafrench.unblog.fr


              • Marc Bruxman 11 janvier 2012 18:33

                Effectivement le libéralisme est bénéfique dès que la concurrence PEUT s’exercer. Ceci exclue les marchés ou la concurrence est impossible :

                • Si vous libéralisez les autoroutes, personne ne construira un deuxiéme Paris-Lyon parallèle au premier. La concurrence est impossible et donc ce genre de projets devraient rester sous « délégation de service public » ; Un appel d’offre est lançée et la boite qui offre le plus de dividendes à l’état en fonction d’un objectif de services publics à tenir gagne.
                • Si vous libéralisez mais limitez artificiellement via des licences le nombre d’acteurs et que celui ci est trop petit, un oligopole se crée. Mais dès que le nombre d’acteur devient trop grand, cet oligopole ne peut plus tenir.

                Merci quand même à Xavier Niel pour avoir tenue la promesse de Sarkozy : Du pouvoir d’achat pour les français. Mon forfait iphone vient de faire du régime ! ! ! Bye bye Orange !


                • wesson wesson 12 janvier 2012 01:25

                  bonjour l’auteur,

                  la réalité des tarifs très serrés de free sont du à la structure capitalistique « familiale » de la société. Elle est détenue pour une très grande part par les employés, et Niel lui même en détient une confortable majorité qui lui permet d’y faire la loi sans risque d’être contredit.

                  Bref, comparativement aux 3 autres players, Free distribue peu de dividendes (en proportion) et consacre une bonne part de ses bénéfices à l’investissement interne. C’est surtout cela qui permet à Free de faire des prix qui cartonnent. Chez les autres, c’est le pillage standard des ressources de la société par les actionnaires, ce qui ne peut déboucher que sur les ententes illicites au détriment des utilisateurs afin de maintenir les prix dans une fourchette permettant à la boite de lui faire cracher 15% de ROE...

                  Tant que Niel fera la loi chez Free et n’aura pas subitement envie d’acheter un truc à 3 milliards d’€, et que la structure capitalistique de la société sera inchangée, free pourra offrir des prix ultra concurrentiels. Dès lors que l’un de ces paramètres changera, il y aura entente entre les opérateurs, et les prix vont remonter.

                  En attendant, comme ce n’est pas les actionnaires des historiques qui vont se serrer la ceinture, il va y avoir probablement un certain dégât chez ces opérateurs. Je pense tout particulièrement à Bouygues, qui une fois Sarkozy mis hors d’état de nuire risque de se faire piquer le château par le romanichel !

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