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Futura, l’immeuble qui fait conjuguer le futur au présent

Futura est un immeuble de 50 étages situé au plein cœur de l’année 2020. Une caméra à vision futuriste balaye les us et coutumes de ses habitants. Un article pour découvrir ce que le wagon de nouvelles technologies nous réserve pour demain. (L’article est à compléter. A vous de jouer les indiscrets et raconter ce que font les habitants des autres appartements. Pour imaginer ce futur, ne vous privez pas d’aller fouiller dans les cartons des chercheurs.)

Les murs ont des yeux et des oreilles (appt. 123)
Au 123, toutes les surfaces de l’appartement sont dynamiques. Les vitres s’obscurcissent et se transforment en écran, les murs dissimulent également des écrans qui se commandent en tapotant sur les murs. Grâce à ces multiples nocrans (nocrans : écrans qui ne ressemblent pas à des écrans), Raouf est en relation permanente avec le monde entier. Pour échanger avec Mylène, il préfère utiliser la projection holographique qui lui donne l’impression que sa douce et tendre est à côté de lui et non à des milliers de kilomètres. Certains jours, voire tous les jours, sa compagne manque considérablement de chaleur. Il s’en console en utilisant les interfaces haptiques qui lui procurent un indéniable plaisir.

Des objets bavards (appt. 436)
Quand Marc arrive devant sa porte, un simple clin d’œil suffit pour qu’elle s’ouvre et en même temps allume les divers écrans. Le mur du salon lui indique que Lydie est à trois kilomètres et qu’elle va donc arriver dans une dizaine de minutes. Pas de souci pour les courses, car la liste des achats de sa compagne apparaît. Il visualise ensuite l’activité de l’immeuble et voit que Sophia, la locataire du 432 a lancé une invitation à destination des amoureux de Kant pour échanger autour d’une phrase du philosophe : "Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison." Ce n’était pas prévu, mais comme il voit que Lydie a quelques amis disponibles ce soir, il confirme l’invitation.

La nuit porte conseil (appt. 625)

Finch ne se remet pas du départ de Dom. Il se console en vidant une bouteille de whisky. Quand il a absorbé une bonne quantité de liquide, il saute sur le clavier et envoie des messages incendiaires à Dom, sa famille, ses amis. Quand il appuie sur envoi, un message s’affiche en indiquant : "La nuit porte conseil”. Le clavier a détecté que Finch n’était pas dans son état normal et qu’il était donc préférable de différer l’envoi.

Ma maison dans DoubleVie (appt. 824)

Macumba rêve d’aller habiter loin d’ici. Pour elle, cette tour de 50 étages manque de hauteur car tous les habitants sont concentrés sur leur nombril. Pendant tous ses temps libres, Macumba visite des maisons dans DoubleVie, l’univers virtuel qui clone la vie réelle. Aujourd’hui, par peur de l’inconnu et du différent, DoubleVie est devenu le monde virtuel le plus fréquenté. Même si Macumba n’aime pas ce virtuel trop réel qui lui donne un tournis ubiquitaire très désagréable, elle n’a pas le choix avec les drastiques économies d’énergie votées dernièrement. Elle se fait une raison. Les maisons à vendre de DoubleVie sont des répliques parfaites de celles existantes, elle ne sera pas déçue.

Plus belle que moi (appt. 17)

Quand Noémie va dans son placard, un tailleur-pantalon clignote. Elle le prend machinalement. Son armoire ayant consulté son agenda, elle lui propose une tenue en adéquation avec son programme de la journée. Une fois prête, Noémie trouve qu’elle a une sale tête. Elle clique sur son miroir de beauté pour voir comment elle serait après une rectification du faciès. Cela lui donne envie même si elle craint d’une part cette symétrie parfaite propre de cette nouvelle beauté, d’autre part de ressembler après à tant d’autres. 

Des soins à domicile (appt. 14)
Michèle a 96 ans, mais elle vit toujours chez elle. Ses enfants ne se font pas de souci. Si elle tombe, une infirmière de l’immeuble va accourir. Si elle saute un repas, ils seront alertés par le pucage des plats livrés par la conciergerie de l’immeuble. Si les divers taux analysés en continu dévient de la normalité, un télémédecin viendra aux nouvelles. Mais, ils aiment surtout voir qu’elle ne s’ennuie jamais. Cet après-midi, elle réfléchit sur la manière d’améliorer la vie des chiens robots avec des copines qui vivent aux quatre coins du monde. Grâce à sa participation à ce groupe, son cher Médor peut bénéficier des tout derniers progrès de la rugissante technologie.

Plus près de toi mon Dieu (appt. 47)
Stan n’a jamais douté de l’existence de Dieu théoriquement, mais pratiquement c’est une autre histoire. Souvent, il se dit que le grand créateur, s’il existait, n’aurait pas été aussi laxiste. Il aurait mis un coût de gomme sur la solitude du chacun devant son écran, rempli la gourde de ceux qui meurent de soif, supprimé ces tsunamis qui détruisent des milliers de vie dans l’indifférence totale... Il se rassure néanmoins en cliquant sur son e-Dieu. Ce crucifix électronique est plus ou moins luminescent en fonction du nombre de personnes qui l’ont branché. Ce soir, il se rassure, il n’est vraiment pas seul à prier à un monde meilleur. 

Mauvais calcul (appt. 562)
Ichem a l’âme en fête. Il commande une pizza à E.Pizza. Leurs avatars commerciaux sont plus entreprenants. Manque de chance, ce soir, Miss P. lui annonce qu’elle ne peut pas lui livrer sa commande, car il n’a pas fait son exercice quotidien. Il s’offusque, hurle en disant qu’il avait changé de chaussures en milieu de journée et que, de ce fait, une partie de ses déplacements n’ont pas été enregistrés. Miss P. continue à sourire et à lui proposer une salade.

Sortons couvert (appt. 584)
Ralph est agacé. Le parapluie connecté à la météo clignote pour lui indiquer qu’il doit le prendre. Ses copains qui ont reçu un message leur signalant qu’il n’avait pas encore quitté son appartement, s’impatientent. Les plantes envoient des signaux de détresse pour raconter qu’elles ont soif et qu’il doit leur servir quelques verres d’eau. Ses chaussures se sont positionnées vers la porte et l’attendent pour lui indiquer le chemin du café où il doit retrouver ses amis. Cette agitation machinale le désespère en lui rappelant qu’Eva l’a viré de ses amis. Depuis quelques semaines, il ne partage plus son fil de vie. Un seul fil vous manque et la planète est dépeuplée, dit-on. Ralph en fait aujourd’hui la douloureuse expérience. Quand elle l’a quitté, Eva lui a dit qu’ils allaient rester amis. Elle tient ses promesses. Elle l’invite souvent à ses dîners. Il apprécie, mais quand on aime, le réel ne suffit pas.

Ils positivent (appt. 278)

Certains jours, Frénille et Martin regrettent leur choix énergétique. Futura2020 est un immeuble à énergie positive : les habitants consomment moins d’énergie qu’ils n’en produisent. Les Martin ont pris l’option énergie maximum qui produit de l’énergie pour ceux qui ont pris énergie minimum ou nulle. S’ils sont fiers de contribuer au bien collectif, certains soirs ils aimeraient dîner ou lire autrement qu’en pédalant ou en ramant.

Liste de mariage (appt. 111)
Luis s’amuse de l’excitation de Léa. Ils ont été vraiment été gâtés pour leur mariage. Leur fabricante imprime un nombre incalculable d’objets. En homme responsable et aimant, Luis surveille du coin de l’œil les opérations. Si cette impression 3D des objets est désormais courante, les accidents subsistent. Dernièrement, un couple a été étouffé par les cadeaux de sa liste de mariage. L’imprimante avait augmenté l’échelle des objets.
En même temps, Luis regrette un peu ce gâchis consumériste. Demain va arriver son cadeau de mariage personnel : une nanofabricante. Fini les placards bondés, l’encombrement par des objets inutiles dont on pourrait avoir besoin un jour, on jette ses vieilles baskets, charge un modèle sur le réseau, le met à ses goûts et quelques secondes plus tard, on peut l’utiliser.

Côté jardin (appt. 112)
Laurent est en colère, le locataire du 714 s’est lancé dans la production de montsantrolls. Bipommes (pommes à deux queues), saladières (salade dont la forme extérieure forme un saladier), poiterre (croisement pomme de terre, poireaux pour faire la soupe), onanas (fruit pour maigrir), toolmates (tomates portant un logo)... Ce wisigoth produit des fruits et légumes génétiquement modifiés à la pelle. Son jardin étant situé sur le bout de toit voisin au sien, il craint pour sa propre production.

Panoptisme numérique (appt. 342)
Max habitant du 342 a été élevé aux réseaux sociaux. Très jeune, il avait des milliers d’amis sur Facebook, aujourd’hui il ne manque pas une occasion pour revoter. Quand il rencontre quelqu’un dans l’ascenseur, il demande : "Tu veux bien être mon ami." Si la personne opine du chef ou sourit, il peut suivre son fil de vie et tout connaître de sa vie. Quand il voit que, chez ses voisins, le menu ou les personnes présentes sont sympa, Max sonne pour s’inviter. On lui refuse rarement. Même si Max respire l’ennui, on a trop peur des rumeurs qu’il peut faire courir. Le dernier qui ne lui a pas ouvert la porte a été obligé de déménager quelques jours plus tard. L’étonnant à Futura est que cette transparence obligatoire est l’horreur pour certains, mais les autres s’en arrangent. Ils pensent que grâce à cette hyperconnaissance de l’autre, cette surveillance généralisée, on vit plus en sécurité.

Des rires en coin (appt. 28)
Georges est un original. Dans son appartement, il n’y a aucun mur écran, objets parlants, imprimante 3D. Il y a juste des meubles, des livres et des tableaux de peinture. Souvent il invite ses amis les "refuzTic" à des soirées. Ils parlent, discutent, rient jusqu’à fort tard. On les entend, mais personne ne sait ce qu’ils se disent. Les voisins doivent se contenter d’imaginer. Imaginer n’est pas habituel à Futura, mais, comme l’imagination est la meilleure compagnie de transport du monde, ils imaginent que les copains de Georges se racontent de merveilleuses histoires. Depuis quelque temps, Georges est devenu le locataire le plus apprécié de Futura.

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6 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 12 novembre 2008 13:04

    Article sympa smiley


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 novembre 2008 13:16

      Génial,

      Je suis installé dans mon cocon, devant la baie vitrée ensoleillée, et d’une simple phrase, j’enclenche la lecture des codes. Je dis " à boire ". mon robot table désserte sur roulette se gare devant le distributeur de boissons fraiches et en extrait un peu dans chaque verres, afin de me proposer un certain choix. Il se dirige ensuite vers la cafetière et en percutant l’interrupteur, fait tomber deux sucres dans une tasse qui est sortie chaude, et, se dirige tout droit vers ma douce retraite, ne prenant pas la peine d’éteindre derrière lui puisqu’il travaille dans le noir. Il intercepte, en passant, mon courrier. Il a beau être silencieux, il me réveille d’un léger sifflement, simplement parce que je n’ai pas réagi dans la minute suivant son arrivée. A peine ai-je dit merci qu’il s’en va faire la vaisselle...Mieux qu’une femme... !


      • Anne-Caroline Paucot Anne-Caroline Paucot 12 novembre 2008 13:27

        Mieux qu’une femmme ! Ne me faites pas peur, vous n’aurez tout de même pas la vulgarité de comparer une femme à un robot peu efficace ?


        • Emmanuel 12 novembre 2008 14:00

          Non seulement il est probable que, vu comme c’est barré, les préoccupations de l’humanité en 2020 ne fasse pas grand cas des "interfaces haptiques qui procurent des plaisirs indéniables" ou des "tailleurs-pantalon qui clignotent dans les placards" mais je ne suis même pas sûr qu’aujourd’hui même et malgré le poison consumériste auquel nous avons été biberonnés depuis plus d’une génération cela fasse rêver quiconque d’avoir des "plantes qui envoient des signaux de détresse" ou de se voir "refuser une pizza parce qu’on n’a pas fait son exercice quotidien"

          Une vision de l’avenir purement délirante donc en plus d’être cauchemardesque (ce à quoi nous n’échapperons sans doute pas de toute façon !)
          En attendant, si comme vous le dite sur votre site, "Si on ne peut prédire le futur, on peut l’inventer" prions pour que l’humanité soit préservée des gens qui pensent comme vous. Moi votre vision me rappelle le film "soleil vert" : des atrefacts technologiques masquant un monde en décomposition.


          • Emile Red Emile Red 12 novembre 2008 14:20

            Je vous plusserai à 10 puissance 10 s’il était possible, Emmanuel.

            Vision apocalyptique d’un devenir hideux, et l’auteur s’amuse avec quelques experts bien intentionnés à cadenasser les chaines pour empaqueter nos illusions et le futur de nos enfants.

            Bonjour demain...


          • CMB 30 décembre 2009 12:40

            J’avoue beaucoup aime le paragraphe sur « soins à domicile ». J’ai la chance d’avoir une conciergerie d’entreprise et c’est très agréable de prendre 20 minutes de pause et de passer chez le coiffeur ou de le laisser s’occuper d’une réservation de restaurant

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